Alimentation animale : technologie et législation
40 cardsCe cours présente les procédés de production des aliments pour animaux (obtentions, traitements thermiques, fabrication des aliments composés) ainsi que le cadre législatif français et européen (classification, matières premières, additifs, OGM, étiquetage, cahiers des charges, aliments diététiques et médicamenteux, agriculture biologique).
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Technologie et Législation de l'Alimentation Animale
Ce document synthétise les principes fondamentaux de la technologie de production et de la réglementation des aliments pour animaux, couvrant les processus de transformation des matières premières, les traitements techniques, la fabrication des aliments composés, et l'ensemble du cadre législatif européen.
Production et Importances Économiques
L'alimentation animale représente un secteur économique majeur. En France, plus de 2 millions de tonnes d'aliments pour animaux de compagnie sont produites annuellement, avec environ 50 % destinés à l'export. Pour les animaux d'élevage, la production atteint près de 21 millions de tonnes. Pour les chiens et chats, les principaux constituants sont les protéines animales transformées et graisses, les produits carnés, et les matières végétales amylacées. Pour les animaux de production, les ingrédients majeurs incluent les graines oléoprotéagineuses (26 %), le maïs (14 %), l'orge (14 %), et divers tourteaux et coproduits agro-alimentaires.
Distinction Terminologique
Les matières premières sont des éléments simples, non mélangés (additifs possibles). Les aliments pour animaux désignent « toute substance ou produit, y compris les additifs, transformés, partiellement transformés ou non transformés, destinés à l'alimentation des animaux par voie orale ». Le terme denrée alimentaire est réservé à l'alimentation humaine.
I. Technologie de Production
A. Processus d'Obtention des Matières Premières
Les matières premières végétales peuvent provenir de plusieurs origines :
- Récolte simple : grains, pailles de céréales
- Conservation simple : foins séchés, ensilages obtenus par fermentation lactique (cf. fourrages conservés)
- Déshydratation : luzerne, produits laitiers déshydratés
- Processus complexes : concentrés protéiques de luzerne obtenus par séchage artificiel, centrifugation, et traitement thermique
Coproduits de l'Agro-Industrie
Les processus de transformation destinés à l'alimentation humaine génèrent des coproduits valorisés en alimentation animale :
- Lait : résidus de frommagerie
- Viande et poisson : résidus d'abattoir ou de pêche
- Fruits et légumes : conserveries
- Pommes de terre : féculerie, frites, purées
- Betteraves : sucrerie, distillerie
- Céréales : meunerie, brasserie, distillerie, amidonnerie
- Graines oléagineuses : trituration
Attention : Un grain est un fruit, distinct de la graine qui est la partie germinative d'un fruit.
Trituration et Extraction d'Huile
La trituration des graines oléagineuses produit des tourteaux selon différentes méthodes :
- Pression à froid : produit un tourteau fermier plus gras (10-30 % matière grasse), préserve mieux les acides gras
- Pression à chaud : rendement supérieur, tourteau avec ~8 % matière grasse
- Extraction par solvant (cyclohexane) : produit un tourteau déshuilé (~1-2 % matière grasse), mais l'huile ne peut être certifiée biologique
B. Traitements Thermiques et Physiques
Les traitements modifient les propriétés des matières premières pour améliorer la conservation, réduire la toxicité, optimiser la consommation ou l'efficacité nutritive.
Expansion
Procédé thermique utilisant une vaporisation brutale (280-300 °C, 90-120 secondes) de l'eau contenue dans le produit, provoquant son éclatement. Augmente la surface d'attaque par les enzymes et améliore la digestibilité.
Floconnage
Laminage d'une matière première cuite à basse pression (92-96 °C, 10-20 min) qui la réduit en morceaux minces. Améliore la digestibilité et l'indice de conversion en augmentant la surface de contact avec les enzymes digestives.
Infranisation
Utilise les infra-rouges pour cuire la matière première. Offre les mêmes avantages que le floconnage, avec une technique de cuisson différente.
Toastage
Chauffage à chaleur sèche qui détruit les facteurs antinutritionnels des graines oléoprotéagineuses (protéases, lectines, facteurs antitrypsiques). Réduit modérément la dégradabilité ruminale des protéines, améliorant leur digestibilité.
Extrusion
Associe chauffage, compression et cisaillement via une filière munie d'une vis sans fin. Applicable à une matière première isolée ou à un ensemble de matières premières pour fabriquer des aliments composés (croquettes).
Appertisation
Traitement thermique associé à un conditionnement étanche (conserve, boîte aluminium). Couramment utilisé pour les aliments humides destinés aux carnivores.
Pasteurisation, Thermisation et Stérilisation
- Stérilisation UHT (140-145 °C, 2-10 sec) ou classique (115 °C, 15-20 min) : destruction de toutes les bactéries pathogènes incluant les spores
- Pasteurisation basse (63 °C, 30 min) ou haute (72 °C, 15 sec) : destruction des bactéries
- Thermisation (65-68 °C, 15-30 sec) : destruction d'une grande partie des flores banales
Avantages des Traitements Thermiques
- Dégradation des germes et substances indésirables
- Modification de la structure du grain d'amidon, améliorant l'efficacité de la digestion
- Modification de la structure quaternaire des protéines, diminuant leur dégradation microbienne dans le rumen
- Altération cellulaire augmentant la digestibilité
Inconvénients des Traitements Thermiques
- Formation de complexes de Maillard (réactions entre sucres réducteurs et protéines) : non digestibles, couleur brune, goût modifié, diminution de la digestibilité protéique
- Risque d'oxydation des acides gras essentiels et production de composés cancérigènes
- Pour les monogastriques : modification de la structure protéique peut être contre-productive
C. Fabrication des Aliments Composés
Les aliments composés sont des « mélanges d'au moins deux matières premières (comprenant ou non des additifs) destinés à l'alimentation animale par voie orale ». Ils peuvent être :
- Aliments complets : formulés pour assurer une ration journalière complète
- Aliments complémentaires : teneur élevée en certaines substances, nécessitent d'autres aliments pour une ration équilibrée
- Aliments minéraux : contiennent au moins 40 % de cendres brutes (résidu d'incinération = matière minérale)
Processus Général de Fabrication
- Réception et contrôle chimique/sanitaire des matières premières
- Stockage et broyage si nécessaire
- Pesage selon formulation
- Mélange des matières premières
- Conditionnement/traitement (granulation, extrusion, appertisation)
- Ensachage ou livraison vrac
- Contrôle conformité physique/chimique/sanitaire
- Livraison
Granulation (Pressage/Agglomération)
Pour les animaux de production, les aliments sont régulièrement livrés sous forme de granulés. La granulation offre plusieurs avantages :
- Diminution de volume par agglomération
- Homogénéisation de l'aliment composé (contrairement aux farines qui se déshomogénéisent par gravité)
- Fluidité de transfert améliorée (camion au silo, silo à l'auge)
- Absence de poussières
- Réduction du tri par les animaux, forçant l'ingestion de la totalité de la ration
Extrusion pour les Croquettes
Le mélange de farines est incorporé dans un extrudeur produisant une très forte augmentation de pression (possible seulement si contient au moins 20 % d'amidon). Un enrobage peut être appliqué ensuite. L'étiquetage figurera sur le sachet (livraison ensachée) ou sur un document d'accompagnement (livraison vrac).
II. Réglementation de l'Alimentation Animale
A. Principes Généraux et Organisation
La réglementation vise à garantir que les produits destinés à l'alimentation constituent une marchandise saine, loyale et propre à la commercialisation, en assurant :
- Conformité à leurs usages
- Sécurité pour les animaux et le consommateur de produits d'origine animale
- Efficacité
Organisation :
- Textes français : lois, décrets, arrêtés (www.legifrance.com)
- Textes européens : directives (à transcrire localement) et règlements (immédiatement applicables) (http://eur-lex.europa.eu)
- Distinction : Aliments pour animaux = « Feed » ; denrées alimentaires = « Food »
Le règlement principal concernant la mise sur le marché des aliments pour animaux harmonise la législation à l'échelle européenne en modifiant les définitions des catégories d'aliment et les dispositions sur les additifs.
B. Classification des Aliments pour Animaux
- Matières premières : aliments ne résultant pas d'un mélange (additifs possibles)
- Additifs : substances destinées à influencer favorablement les aliments, la digestion, les performances ou l'environnement
- Aliments composés : mélanges d'au moins deux matières premières
- Aliments complets
- Aliments complémentaires
- Aliments diététiques (objectifs nutritionnels particuliers)
- Aliments médicamenteux
C. Les Matières Premières
Matière première = aliments ne résultant pas d'un mélange (présence possible d'additifs).
Les matières premières utilisables sont listées en catégories au « Catalogue communautaire des matières premières ». Une matière première doit être toujours nommée de la même façon ; un nom ne doit désigner qu'une matière première pour éviter toute confusion. La définition doit décrire sans ambiguïté :
- La nature biologique (espèce, formule chimique, partie de plante/animal)
- Le procédé technologique appliqué
Tout produit hors catalogue mis sur le marché doit être notifié aux autorités. Les matières premières doivent avoir une pureté supérieure à 95 % (impuretés naturelles inoffensives, résidus < 0,5 %, cendres insolubles < 2,2 %).
Matières Premières Interdites
Interdictions générales :
- Matières fécales, urines, contenu de l'appareil digestif
- Peaux traitées par substances tannantes
- Semences traitées par produits phytopharmaceutiques
- Bois et dérivés
- Boues de stations d'épuration urbaines
- Déchets solides urbains (ordures ménagères, emballages)
- Farines animales impures (produits d'équarrissage, produits impropres à la consommation humaine)
- Déchets de cuisine et de table (sauf animaux familiers et à fourrure)
Sous-produits animaux (R999/2001, 1069/2009, 56/2013) :
- Principe de non-cannibalisme : interdiction de donner à des porcs des produits transformés d'origine porcine (transmission de maladies)
- Carcasses : doivent être propres à la consommation humaine. Les carcasses d'animaux malades morts naturellement deviennent impropres à la consommation (équarrissage obligatoire après visite vétérinaire)
- Autorisations/interdictions variables selon l'espèce et son devenir
- Ex 1 : Interdiction des protéines animales transformées chez les ruminants (sauf poisson avant sevrage)
- Ex 2 : Interdiction des protéines de ruminant chez les animaux destinés à la consommation humaine
Substances Indésirables
Certaines substances sont considérées comme indésirables et leur présence doit respecter des seuils de tolérance variables selon l'animal et le type d'aliment :
- Substances minérales : arsenic, plomb, mercure, cadmium, nitrites
- Produits naturels : aflatoxines, acide cyanhydrique, gossypol
- Produits chimiques : pesticides, dioxines
- Impuretés botaniques : plantes ou parties toxiques (hallucinogènes, mortelles pour les animaux)
D. Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)
Les OGM sont des organismes « dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne s'effectue pas naturellement par multiplication et/ou recombinaison naturelle ». À l'échelle mondiale, les cultures OGM concernent essentiellement le coton, le soja, le maïs et le colza (99 % en surface). La seule culture OGM autorisée dans l'UE est le maïs MON810 (résistance aux insectes). Aucune culture OGM n'est autorisée en France, mais de nombreux OGM sont autorisés à l'importation au sein de l'UE.
Les règlements (CE) 641/2004 et 1830/2003 fixent les règles de traçabilité et d'étiquetage. Lorsqu'un produit contient des OGM ou produits dérivés, cela doit apparaître sur l'étiquetage même si l'ADN a été dénaturé ou est quasi absent (huiles raffinées).
Autorisation en Alimentation Animale
- Exigences d'innocuité (animal et consommateur) et procédure d'autorisation
- Si > 0,9 % OGM ou < 0,9 % non fortuit : mention « génétiquement modifié » après chaque matière première ou en bas de page
Classification pour le Consommateur (Droit Français)
Le décret 2012-128 définit trois catégories d'étiquetage « sans OGM » :
- Ingrédients végétaux : « sans OGM » si < 0,1 % OGM (présence fortuite inévitable, si variété OGM existe)
- Ingrédients apicoles : « sans OGM dans un rayon de 3 km » si nectar non-OGM et aliments complémentaires sans OGM
- Ingrédients animaux : « nourri sans OGM » ou « issu d'animaux nourris sans OGM » (lait/œufs) avec mention du seuil (< 0,1 % ou < 0,9 %)
On ne peut pas étiqueter un produit « sans OGM » si aucun OGM n'existe pour cette matière première.
E. Les Additifs
Le règlement (CE) 1831/2003 définit les additifs pour l'alimentation animale comme des « substances, micro-organismes vivants ou préparations destinées à influencer favorablement les aliments, la digestion, les performances des animaux, la qualité des produits animaux ou les rejets polluants ».
Les prémélanges sont des mélanges d'additifs entre eux ou avec des supports.
Autorisation et Conditions
Aucun additif ne peut être mis sur le marché sans autorisation assurant :
- Pas d'effet néfaste sur la santé animale, humaine ou l'environnement
- Un effet positif avéré sur l'aliment, l'animal ou l'environnement
- Liste positive des espèces/catégories d'animaux destinataires et teneurs min/max autorisées
- Aucun effet médicamenteux (sauf coccidiostatiques et histomonostatiques)
- Autorisations valables 10 ans, renouvelables
Depuis le 1er janvier 2006, les additifs antibiotiques à effet facteur de croissance sont interdits dans l'alimentation des animaux producteurs de denrées (prévention des antibiorésistances).
Catégories d'Additifs
- Additifs technologiques : conservateurs, antioxydants, émulsifiants, stabilisants, épaississants, gélifiants, liants, additifs pour ensilage, adsorbants, dénaturants de mycotoxines
- Additifs sensoriels : colorants, substances aromatiques
- Additifs nutritionnels : vitamines, provitamines, oligo-éléments, acides aminés, urée et dérivés
- Additifs zootechniques : améliorateurs de digestibilité, stabilisateurs de flore intestinale, substances réduisant les rejets polluants
- Coccidiostatiques et histomonostatiques : substances agissant contre les coccidies (distinction importante !)
Distinctions Réglementaires
Additifs technologiques : incorporés aux aliments intentionnellement.
Auxiliaires technologiques : utilisés pour un objectif technologique pendant le traitement, mais la présence dans le produit final est non intentionnelle. L'aliment peut contenir des résidus techniquement inévitables n'ayant pas d'effet néfaste.
Limites de Concentration
Matières premières et aliments complémentaires : teneur en additifs ne doit pas dépasser 100 fois la teneur maximale autorisée pour aliments complets (5 fois pour coccidiostatiques/histomonostatiques).
Déclaration Obligatoire
Les additifs suivants doivent être déclarés :
- Additifs « à risque » (toxicité mise en évidence à forte dose)
- Additifs zootechniques
- Urée et dérivés
- Coccidiostatiques et histomonostatiques
- Additifs « mis en avant » sur l'étiquette
La liste positive des additifs autorisés est exhaustive et consultable en ligne (https://food.ec.europa.eu/safety/animal-feed/feed-additives/eu-register_en).
F. L'Étiquetage
Les règlements et directives sur l'étiquetage sont synthétisés par la FEDIAF et la FEFAC dans des codes de bonnes pratiques.
Catégorisation et Dénomination
L'étiquetage doit comporter la mention :
- « Aliment complet pour animaux »
- « Aliment complémentaire pour animaux »
- « Aliment minéral pour animaux »
- « Aliment d'allaitement » (le cas échéant)
Pour animaux familiers autres que chiens/chats, les mentions peuvent être remplacées par « aliment composé pour animaux ».
Mentions Obligatoires pour Tous les Aliments
- Nom ou raison sociale du responsable
- Numéro d'agrément (si utilisation d'additifs)
- Numéro de lot (traçabilité)
- Date de durabilité minimale
- Quantité
- Additifs : catégorie/groupe fonctionnel + nom + quantité (liste partielle possible ; liste exhaustive sur demande)
Mentions Obligatoires pour Aliments Composés
- Catégorie : « Aliment complet pour animaux », « Aliment d'allaitement complet » ou « Aliment complémentaire pour animaux »
- Espèce/catégorie d'animaux destinataires
- Mode d'emploi
- Matières premières :
- Animaux producteurs de denrées : liste individuelle des MP en ordre décroissant de poids
- Animaux familiers : liste par catégories en ordre décroissant
- Teneur exacte des MP mises en avant (ex : « riche en bœuf » > 14 %)
- Indication des MP issues d'OGM (> 0,9 %)
- Composition chimique : protéines brutes, cellulose brute, etc. (règles variables selon type d'aliment et animal)
Mentions Facultatives
- Marque commerciale, pays de production
- Allégations de composition ou propriétés
- Acides aminés, oligo-éléments, vitamines (teneurs totales)
- Valeur énergétique ou protéique (si méthode officielle)
Mentions Interdites
- Propriétés courantes (communes à tous les aliments)
- Propriétés de prévention ou traitement de maladie (sauf aliments diététiques/médicamenteux avec démonstration scientifique)
Remarques pratiques :
- Les matières premières sont listées par ordre décroissant de pourcentage. Si affichée individuellement, elle apparaît en premier.
- L'eau, si importante, doit figurer dans la composition chimique.
- Le pays de production n'est pas obligatoire.
- Les propriétés « courantes » ne peuvent être revendiquées.
- Pour revendiquer une fonction thérapeutique, le fabricant doit apporter des preuves scientifiques.
G. Cas Particulier des Aliments Diététiques
Aliment diététique = « aliment qui vise des objectifs nutritionnels particuliers » = aliment distingué nettement des aliments courants et médicamenteux, formulé pour satisfaire les besoins nutritionnels spécifiques d'animaux dont les processus d'assimilation, absorption ou métabolisme sont (ou risquent d'être) perturbés.
Les objectifs nutritionnels particuliers (ONP) sont définis dans une liste positive exhaustive. Un aliment ne peut être commercialisé que si sa destination et ses objectifs figurent à la liste. La liste contient actuellement 44 ONP :
- 17 spécifiques aux chiens et chats
- 7 aux ruminants
- 3 aux porcins
- 6 aux volailles
- 7 aux équins
- 7 multi-espèces (tous animaux ou certaines espèces)
Pour atteindre un ONP, le fabricant utilise des listes de matières premières et d'additifs autorisés sans obligation de démontrer l'efficacité.
Étiquetage Spécifique
- Qualificatif « diététique »
- Objectif nutritionnel (parmi la liste positive)
- Caractéristiques essentielles du produit
- Constituants importants/spécifiques
- Durée d'utilisation recommandée
- Mode d'emploi incluant l'équilibre de la ration quotidienne
- Dans la plupart des cas : « Il est recommandé de demander l'avis d'un vétérinaire avant utilisation »
Dérogations pour Aliments Complémentaires Diététiques
Un aliment complémentaire diététique visant une fonction particulière peut dépasser 100 fois la teneur maximale en additif (ex : zinc pour sabots/onglons/peau) jusqu'à un maximum de 500 fois (à l'exception des bolus).
Distinction importante : Les ONP ne sont pas des « allégations ». Une allégation est une particularité mise en avant ne figurant pas à la liste des ONP. Le fabricant doit alors fournir un dossier de preuves évalué par les autorités.
H. Cas Particulier des Aliments Médicamenteux
Un aliment médicamenteux est un « aliment prêt à être directement administré aux animaux sans transformation supplémentaire, constitué d'un mélange homogène d'un ou plusieurs médicaments vétérinaires ou produits intermédiaires et de matières premières pour aliments des animaux ou d'aliments composés ».
Le règlement (UE) 2019/4, entré en application le 28 janvier 2022, modifie le statut de l'aliment médicamenteux qui passe de « médicament vétérinaire » à « aliment à statut particulier ». Ainsi :
- Les activités dépendent du Code rural et de la pêche maritime (CRPM) et non du Code de la santé publique
- L'agrément pour fabrication est obtenu auprès de la DDPP (Direction Départementale Protection Populations) et non de l'ANMV (Agence Nationale Médicament Vétérinaire)
L'aliment médicamenteux est délivré uniquement sur ordonnance lors d'une maladie diagnostiquée ou d'un symptôme observé. L'ordonnance (non renouvelable) indique :
- Durée de traitement
- Durée de validité
- Taux d'incorporation du médicament vétérinaire
- Quantité d'aliment médicamenteux
- Ration quotidienne/proportion de la ration
I. Agriculture Biologique
La réglementation pour l'élevage bio comprend le règlement 889/2008 (UE) et le cahier des charges français (CCF) pour les espèces non gérées par 889/2008 (lapin, escargot, poulettes, autruches, aquaculture).
Contraintes d'Élevage
- Herbivores : accès permanent à pâturage (sauf impossibilité météo, dérogation hivernale possible), au moins 50 % d'aliments de la ferme, fourrage ≥ 60 % ration (50 % début lactation)
- Porcs/volailles : accès permanent à fourrages, > 30 % d'aliments bio de la ferme ou autres sources bio
Matières Premières et Additifs
- Matières premières biologiques ou autorisées en bio
- Interdiction de coproduits traités chimiquement ou résultant d'extraction chimique (porcs/volailles)
- Interdiction des aliments OGM
- Liste d'additifs autorisés seulement
- Interdiction des acides aminés de synthèse
- Vitamines de synthèse autorisées seulement si non disponibles naturellement
Étiquetage Bio (UE 642/2021)
- Logo bio si > 95 % des MP bio
- Mention « utilisable en agriculture biologique » si < 95 % des MP bio
- Pourcentages totaux (matière sèche) de MP « bio », « en conversion », « conventionnelles »
- Noms des MP « bio » et « en conversion »
J. Autres Cahiers des Charges
Parmi les cahiers des charges officiels reconnus par l'INAO (Institut National Origine et Qualité) :
- AOP (Appellation d'Origine Protégée) : production, transformation et élaboration doivent être entièrement sur un territoire donné (plus restrictif)
- IGP (Indication Géographique Protégée) : seulement une partie de la production/transformation sur le territoire
- Label Rouge : gage de qualité supérieure, obligations sur les moyens et les résultats
D'autres cahiers des charges sont créés par des associations (ex : Bleu Blanc Cœur) ou des entreprises (laiteries, distribution).
Résumé des Points Clés
- Les processus technologiques (expansion, floconnage, extrusion, traitement thermique) modifient la structure et la digestibilité, avec avantages (amélioration nutritive) et inconvénients (complexes de Maillard, oxydation).
- La fabrication d'aliments composés suit un processus rigoureux de contrôle chimique et sanitaire, avec granulation pour les animaux de production.
- Les matières premières doivent être listées au catalogue communautaire, avec pureté > 95 %, et certaines sont interdites (fécales, tannées, OGM non autorisés).
- Les additifs nécessitent une autorisation préalable garantissant innocuité et efficacité, répartis en 5 catégories (technologiques, sensoriels, nutritionnels, zootechniques, coccidiostatiques/histomonostatiques).
- L'étiquetage impose la mention du type d'aliment, espèce destinataire, matières premières en ordre décroissant, composition chimique et additifs obligatoires.
- Les aliments diététiques visent des objectifs nutritionnels particuliers (44 ONP listés) nécessitant formulation spécifique selon listes positives.
- Les aliments médicamenteux sont délivrés sur ordonnance et relèvent du code rural depuis 2022.
- L'agriculture biologique impose matières premières bio/autorisées, interdiction OGM et additifs limités, avec étiquetage spécifique et logo bio si > 95 % MP bio.
- AOP, IGP, Label Rouge et cahiers des charges privés offrent des garanties qualité supplémentaires.
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