Actes administratifs unilatéraux : identification et régime

100 cards

Ce cours décrit les critères permettant de qualifier un acte administratif unilatéral (unilatéralité, caractère juridique, rattachement à une activité administrative) ainsi que sa typologie (réglementaire, individuel, mixte) et le régime juridique qui encadre sa naissance, sa forme, sa publication, son exécution, son retrait ou son abrogation, incluant les notions de compétence, de motivation, de contrôle du juge administratif et les effets du privilège du préalable.

100 cards

Review
Question
Qu'est-ce qu'une circulaire réglementaire et est-elle susceptible de REP?
Answer
Une circulaire réglementaire complète le droit existant en ajoutant des dispositions. Elle est susceptible de REP si ses dispositions sont impératives, créant des effets notables sur les destinataires.
Question
Qu'est-ce que la compétence ratione materiae?
Answer
La compétence matérielle vérifie que la personne publique agit dans le cadre de ses attributions et de son champ de compétence.
Question
Quand un acte produit-il des effets de droit?
Answer
Un acte produit des effets de droit lorsqu'il modifie l'ordonnancement juridique, affectant ainsi la situation juridique des intéressés en leur accordant des droits ou en leur imposant des contraintes.
Question
Que constitue un défaut de motivation pour un acte administratif?
Answer
Un défaut de motivation constitue un vice de forme de l'acte administratif, pouvant entraîner son annulation.
Question
Donnez un exemple d'acte unilatéral qui ne fait pas grief.
Answer
Les actes préparatoires, tels que les avis ou les renseignements, ne produisent pas d'effets de droit et sont donc insusceptibles de recours. Les mesures d'ordre intérieur sont également exclues du recours contentieux.
Question
Quelles sont les exceptions à l'obligation de motivation prévues par le CRPA?
Answer
Le CRPA (art. L211-6) prévoit deux exceptions : le cas d'urgence absolue et le cas de secret. Dans ces situations, la motivation n'est pas immédiatement requise, mais l'administré peut la demander.
Question
Qu'est-ce qu'un acte mixte?
Answer
Un acte mixte se situe entre l'acte réglementaire et l'acte individuel ; son contenu concerne une situation particulière.
Question
Quelles sont les conditions de la délégation de pouvoir?
Answer
La délégation de pouvoir doit être prévue textuellement par une décision publiée, être partielle et déterminée. Elle n'est pas personnelle mais liée à la fonction.
Question
Quel est le principe général concernant la non-rétroactivité des actes administratifs?
Answer
Un acte administratif n'a pas d'effet rétroactif. Il ne peut pas s'appliquer à des situations antérieures à sa publication ou notification, sauf exceptions (acte illégal retiré dans les 4 mois, décision obtenue par fraude).
Question
Qui peut créer des AAU réglementaires?
Answer
Les AAU réglementaires peuvent être créés par toutes les autorités administratives disposant d'une compétence réglementaire : le Président, le Premier Ministre, certains ministres, les exécutifs locaux (maire, président de conseil général/région), et les détenteurs spécialisés dans un secteur (ex: président d'université).
Question
Qu'est-ce qu'une circulaire interprétative et est-elle susceptible de REP?
Answer
Une circulaire interprétative commente des dispositions juridiques existantes sans modifier l'ordonnancement juridique. Elle n'impose aucune contrainte nouvelle et n'accorde aucun droit, affectant ainsi le statut juridique de personne. Par conséquent, elle est insusceptible de REP (Recours pour Excès de Pouvoir).
Question
Quelles sont les deux conséquences du rattachement de l'acte à une activité administrative?
Answer
Les actes hors activité administrative ne sont pas considérés comme des actes administratifs. De plus, certains actes unilatéraux, bien que créant des effets de droit et liés à une activité administrative, peuvent être qualifiés d'administratifs même s'ils n'émanent pas de l'administration.
Question
Quelles sont les deux conclusions importantes concernant le REP des actes de droit souple et la notion de 'faisant grief'?
Answer
  • Le REP peut être exercé contre les actes de droit souple, même s'ils ne sont pas décisoires.
  • La notion de "faisant grief" n'est plus synonyme de "décisoire", mais englobe les actes ayant des effets notables ou impératifs.
Question
Quelles sont les deux exceptions à la compétence ratione materiae?
Answer
Les deux exceptions à la compétence ratione materiae sont : l'incompétence territoriale et l'incompétence temporelle.
Question
Qu'est-ce que la compétence ratione loci?
Answer
La compétence ratione loci, ou compétence territoriale, vérifie que la personne publique agit dans le ressort géographique où elle est habilitée à intervenir.
Question
Quels sont les différents types d'avis que l'administration peut demander lors d'une consultation préalable?
Answer
L'administration peut solliciter un avis "simple" (facultatif, non contraignant), un avis "obligatoire" (requis mais non contraignant), ou un avis "conforme" (qui s'impose à l'administration).
Question
Que permet le mécanisme de substitution de motif selon l'arrêt Mme Halal de 2004?
Answer
Il permet au juge de substituer un motif illégal par un autre motif valable pour sauver la décision administrative, corrigeant ainsi des illégalités sans annuler l'acte.
Question
Qu'est-ce que le privilège du préalable?
Answer
Le privilège du préalable permet à l'administration d'imposer unilatéralement sa volonté sans avoir recours au juge pour rendre ses actes exécutoires. Les administrés doivent obéir immédiatement.
Question
Dans quels deux cas le principe du contradictoire préalable s'impose-t-il (CRPA)?
Answer
Le principe du contradictoire préalable s'impose pour les décisions individuelles motivées (art. L211-2 CRPA) et pour les décisions qui prennent en considération la personne, telles que les sanctions disciplinaires.
Question
Quand un acte réglementaire prend-il effet en général?
Answer
En général, un acte réglementaire prend effet le lendemain de sa publication, sauf disposition législative spécifique. Sa date d'effet peut être différée par l'acte lui-même ou par un autre règlement.
Question
Qu'est-ce qu'un acte juridique?
Answer
Un acte juridique est une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit. Il se distingue de l'acte matériel, qui vise des réalisations concrètes sans intention de créer des effets juridiques.
Question
Quel est l'effet de la délégation de signature sur la compétence du délégant?
Answer
Le délégant conserve sa compétence. Il peut toujours décider dans le domaine délégué, car il n'y a pas de transfert juridique.
Question
Que se passe-t-il si l'administration ne demande pas un avis obligatoire?
Answer
Si l'administration ne demande pas un avis obligatoire, la décision est entachée d'un vice de procédure. Lors d'un recours pour excès de pouvoir (REP) contre cette décision, l'avis lui-même peut être contesté par exception d'illégalité.
Question
Dans quels cas l'administration est-elle tenue d'abroger un acte individuel non créateur de droit?
Answer
L'administration doit abroger un acte individuel non créateur de droit s'il est devenu illégal ou sans objet en raison de circonstances postérieures à son édiction, à condition qu'un administré en fasse la demande et que l'illégalité n'ait pas cessé.
Question
Selon l'art L242-1-CRPA, sous quelles conditions l'administration peut-elle abroger ou retirer une décision créatrice de droit illégale?
Answer
L'administration peut abroger ou retirer une décision créatrice de droit illégale si l'intervention a lieu dans un délai de 4 mois suivant sa prise. Des exceptions existent, notamment pour les décisions dont le maintien est subordonné à une condition non remplie, ou si le retrait remplace la décision par une plus favorable sans nuire aux tiers.
Question
Quelle décision du CE a posé historiquement le caractère administratif de l'acte et la possibilité de REP?
Answer
L'arrêt du CE Dame Lamotte (1950) a historiquement établi le caractère administratif de l'acte et ouvert la possibilité du recours pour excès de pouvoir (REP) contre tout acte administratif, même sans texte prévoyant ce recours.
Question
Que se passe-t-il si un acte administratif est pris par un auteur incompétent?
Answer
L'acte est vicié pour cause d'incompétence, ce qui constitue une illégalité externe. Le juge administratif peut relever d'office cette incompétence et annuler l'acte.
Question
Selon l'arrêt du CE de 2020, quels documents de portée générale sont susceptibles de REP?
Answer
Selon l'arrêt du CE de 2020, les documents de portée générale émis par des autorités publiques sont susceptibles de REP s'ils ont des effets notables sur les droits ou la situation des personnes chargées de les mettre en œuvre, notamment les documents impératifs ou les lignes directrices.
Question
Qui peut créer des AAU réglementaires?
Answer
Les autorités administratives dotées d'une compétence réglementaire : le Président, le Premier Ministre, certains ministres, les exécutifs locaux (maire, président de Conseil général/région), et les détenteurs spécialisés (ex: président d'université).
Question
Comment les actes individuels se situent-ils par rapport à la hiérarchie des normes?
Answer
Les actes individuels doivent respecter les actes réglementaires, auxquels ils sont subordonnés selon la hiérarchie des normes.
Question
Quelle est la règle concernant le délai de recours en cas d'absence ou d'erreur dans l'indication des voies et délais de recours, selon l'arrêt Czabaj de 2016?
Answer
Arrêt Czabaj (2016) : Le délai de recours est limité à un an, même en l'absence ou en cas d'erreur des voies et délais de recours, sauf circonstances particulières.
Question
Dans le cas d'une décision implicite de rejet, que peut demander le destinataire?
Answer
Le destinataire peut demander la communication des motifs de la décision, dans le délai de recours contentieux de 2 mois. Cette demande est possible même en cas d'urgence absolue.
Question
L'administrateur peut-il renoncer au privilège du préalable?
Answer
Non, l'administrateur ne peut jamais renoncer au privilège du préalable. Il doit assurer l'exécution de ses décisions en toutes circonstances.
Question
Quelle est la différence entre l'abrogation et le retrait d'un acte administratif?
Answer
L'abrogation met fin à un acte pour l'avenir. Le retrait met fin à un acte pour l'avenir et pour le passé, avec les mêmes effets qu'une annulation contentieuse.
Question
Un acte unilatéral peut-il avoir plusieurs auteurs?
Answer
Oui, un acte unilatéral peut avoir plusieurs auteurs, car la distinction entre acte unilatéral et plurilatéral ne dépend pas du nombre d'auteurs, mais de la situation juridique du destinataire, qui ne doit pas être aussi auteur de l'acte pour qu'il soit unilatéral.
Question
Qu'est-ce qu'un acte juridique qui fait grief?
Answer
Un acte juridique qui fait grief est une manifestation de volonté, émanant d'une autorité compétente, qui affecte la situation juridique d'une ou plusieurs personnes en leur accordant des droits ou en leur imposant des contraintes.
Question
Qu'est-ce qu'un acte juridique susceptible de REP?
Answer
Un acte juridique susceptible de REP est un acte qui modifie l'ordonnancement juridique, affectant la situation juridique d'une ou plusieurs personnes en leur accordant des droits ou en leur imposant des contraintes. Il s'agit d'une décision exécutoire s'appliquant automatiquement.
Question
Selon l'arrêt du CE de 2002, Duvignères, quelles dispositions des circulaires sont susceptibles de REP?
Answer
Les dispositions impératives des circulaires sont considérées comme faisant grief et sont donc susceptibles de REP. Les dispositions non impératives ne le sont pas.
Question
Quelle décision du CE a posé historiquement le caractère administratif de l'acte et la possibilité de REP?
Answer
L'arrêt du Conseil d'État de 1950, "Dame Lamotte", a établi le caractère administratif de l'acte et affirmé que le recours pour excès de pouvoir (REP) est ouvert contre tout acte administratif, même en l'absence de texte le prévoyant explicitement.
Question
Quelle est la définition d'un acte administratif unilatéral réglementaire (règlement)?
Answer
Un acte administratif unilatéral réglementaire, ou règlement, est un acte aux dispositions générales et impersonnelles, fixant une règle applicable identiquement à tous dans une catégorie. Il crée du droit et une nouvelle situation juridique.
Question
Quelles sont les conséquences d'une compétence d'ordre public pour un acte administratif?
Answer
Une compétence d'ordre public implique que le juge peut soulever d'office l'incompétence de l'auteur de l'acte. Les parties peuvent l'invoquer à tout moment, rendant l'acte susceptible de recours pour excès de pouvoir (REP) pour incompétence.
Question
La délégation de pouvoir est-elle fréquente et quel est son effet sur la compétence du délégant?
Answer
La délégation de pouvoir est peu fréquente. Elle entraîne une perte totale de compétence pour le délégant, qui devient incompétent dans le domaine délégué.
Question
Qu'est-ce que la compétence ratione temporis?
Answer
La compétence ratione temporis signifie que l'autorité qui prend un acte doit posséder cette compétence au moment précis où elle agit. Elle ne peut agir ni avant ni après la période légale de sa compétence, sauf prolongation exceptionnelle pour assurer la continuité du service public.
Question
Quelle est la langue obligatoire pour la rédaction d'un acte administratif?
Answer
La rédaction des actes administratifs doit se faire en français, conformément à l'arrêt du CE de 2003, Association Avenir de la langue française.
Question
Sur quoi repose la distinction entre un acte unilatéral et un acte plurilatéral?
Answer
La distinction repose sur la participation du destinataire à l'élaboration de l'acte. Si le destinataire est aussi auteur, l'acte est plurilatéral (ex: contrat). Sinon, il est unilatéral.
Question
Quelles sont les conditions pour qu'un acte de droit souple soit susceptible de REP selon les arrêts du CE de 2016, Société NC numéricable et Société Fairvesta?
Answer
Un acte de droit souple est susceptible de REP s'il est pris par une autorité de régulation et qu'il est décisoire, impératif, ou a des effets notables sur ses destinataires.
Question
Quelles sont les décisions individuelles qui doivent être motivées selon la loi de 1979?
Answer
La loi de 1979 impose la motivation pour toute décision individuelle défavorable ou dérogatoire aux lois et règlements. Le CRPA étend cette obligation aux décisions restreignant des libertés publiques.
Question
Dans quels cas la CEDH a-t-elle exigé un effet suspensif pour un recours?
Answer
La CEDH a exigé un effet suspensif pour les recours dans les cas graves de risques de dommages irréversibles et d'exposition à des traitements inhumains et dégradants (CEDH, 2012, S. c/ France).
Question
Comment sont distinguées les circulaires selon l'arrêt du CE de 1954, Notre-Dame du Kreisker?
Answer
Selon l'arrêt Notre-Dame du Kreisker (1954), les circulaires sont distinguées en circulaires interprétatives, qui commentent des dispositions juridiques existantes et sont insusceptibles de REP, et circulaires réglementaires, qui ajoutent des dispositions nouvelles au droit en vigueur.
Question
Quelle est la caractéristique principale des actes individuels par rapport aux actes réglementaires?
Answer
Les actes individuels créent une situation juridique nouvelle qui est personnelle et subjective, s'adressant à des personnes nommément désignées ou identifiables. Ils sont subordonnés aux actes réglementaires.
Question
La délégation de pouvoir est-elle personnelle?
Answer
Non, la délégation de pouvoir n'est pas personnelle. Elle est liée à la fonction et non à la personne qui l'exerce. Le délégant perd sa compétence au profit du délégataire.
Question
Quels sont les droits fondamentaux de la défense concernant les décisions ayant un caractère de sanction?
Answer
Le principe du contradictoire préalable impose que la personne soit informée des griefs et puisse demander la communication de son dossier, conformément aux arrêts Trompier-Gravier et Aramu.
Question
Quel est l'effet juridique de la publication pour un AAU réglementaire?
Answer
La publication d'un AAU réglementaire le rend opposable. Sans publication, il n'est pas opposable aux administrés, même s'ils en ont connaissance. L'acte prend effet le lendemain de la publication.
Question
Que se passe-t-il sans publication pour un AAU réglementaire?
Answer
Sans publication, un acte administratif unilatéral réglementaire n'est pas opposable aux administrés, même s'ils en ont eu connaissance. Ils ne pourraient donc pas s'en prévaloir.
Question
Quelles sont les conditions pour qu'un acte de droit souple soit susceptible de REP selon les arrêts du CE de 2016, Société NC numéricable et Société Fairvesta?
Answer
Un acte de droit souple est susceptible de REP s'il est pris par une autorité de régulation et s'il est décisoire, impératif, ou a des effets notables sur ses destinataires.
Question
Selon la doctrine publiciste, quels sont les trois éléments constitutifs pour la qualification d'un acte administratif unilatéral?
Answer
Les trois éléments constitutifs de la qualification d'un acte administratif unilatéral, selon la doctrine publiciste, sont : sa unilatéralité, le fait qu'il s'agisse d'un acte juridique ou faisant grief, et qu'il soit rattaché à une activité administrative.
Question
Quels sont les deux critères permettant à une personne privée de prendre un acte administratif?
Answer
Une personne privée peut prendre un acte administratif si elle exécute une mission de service public ou si elle fait usage de prérogatives de puissance publique.
Question
Les actes individuels s'adressent-ils à une ou plusieurs personnes spécifiquement désignées?
Answer
Non, les actes administratifs unilatéraux non réglementaires, aussi appelés actes individuels, s'adressent à une ou plusieurs personnes nommément désignées ou identifiables, et créent une situation juridique personnelle et subjective.
Question
Que doit mentionner l'administration lorsqu'une décision individuelle est notifiée?
Answer
L'administration doit mentionner les voies et délais de recours, ainsi que le nom, la qualité et l'adresse de l'agent en charge du dossier, sauf risque de sécurité.
Question
Quels sont les deux critères permettant à une personne privée de prendre un acte administratif?
Answer
Pour qu'une personne privée puisse prendre un acte administratif, elle doit soit exécuter une mission de service public, soit faire un usage de prérogatives de puissance publique.
Question
Quelles sont les trois conditions imposées par le CE pour une sanction administrative?
Answer
Le CE impose trois conditions : la sanction doit être prévue par la loi, ne jamais entraîner de peine privative de liberté, et être soumise à un contrôle juridictionnel.
Question
En principe, l'administration doit-elle obtenir l'autorisation d'un juge pour recourir à la force?
Answer
En principe, oui. L'administration doit obtenir l'autorisation d'un juge (pénal ou administratif) pour recourir à la force, sauf en cas de loi l'autorisant, d'urgence justifiée, ou de voie de fait.
Question
Quelle est la qualification donnée par le juge administratif à une décision individuelle de l'administration insusceptible de tout recours contentieux?
Answer
La qualification donnée est celle de Mesures d'ordre intérieur (MOI), qui sont des décisions individuelles de l'administration insusceptibles de recours contentieux.
Question
Qu'est-ce qu'un acte administratif unilatéral (AAU) selon la conclusion fournie?
Answer
Un acte administratif unilatéral (AAU) est un acte de droit public, non juridictionnel, qui régit le comportement de personnes, lesquelles ne sont jamais juridiquement auteurs. Il est soit réglementaire (général et impersonnel), soit individuel (personnel et subjectif). Il doit émaner d'une autorité compétente et produire des effets de droit, tout en étant rattaché à une activité administrative.
Question
Quelle est la différence principale entre un acte juridique et un acte matériel?
Answer
Un acte juridique vise à produire des effets de droit, modifiant l'ordonnancement juridique. Un acte matériel vise une réalisation concrète, une exécution physique, sans produire d'effets juridiques.
Question
Qu'est-ce que la compétence en droit administratif?
Answer
La compétence est l'habilitation légale à prendre un acte administratif unilatéral (AAU), impliquant un pouvoir et une obligation d'agir. Elle est d'ordre public et se divise en compétence ratione materiae, ratione temporis, et ratione loci.
Question
Quels sont les trois éléments de la compétence en droit administratif?
Answer
Les trois éléments constitutifs de la compétence sont : ratione materiae (domaine), ratione temporis (moment), et ratione loci (territoire).
Question
Que prévoit le CRPA concernant l'obligation de motivation?
Answer
Le CRPA impose la motivation pour les décisions individuelles restreignant les libertés publiques (art. L211-2), qui doit être écrite, circonstanciée, et énoncer les considérations de droit et de fait. Une simple lettre type est insuffisante.
Question
Un REP est-il suspensif en principe?
Answer
Non, le REP n'est pas suspensif en principe (art L4-CJA), sauf exceptions prévues par la loi ou le juge. La CEDH exige un effet suspensif pour les cas graves de dommages irréversibles.
Question
Comment se fait la publication pour les actes administratifs individuels?
Answer
La publication des actes administratifs individuels se fait par notification à chaque personne concernée. Les actes défavorables sont opposables dès réception, tandis que les actes favorables entrent en vigueur à la signature.
Question
Quelles sont les trois solutions graduées en cas de refus d'obéir à un acte administratif?
Answer
En cas de refus d'obéissance à un acte administratif, trois solutions graduées existent : l'action pénale (amende pour contraventions), la sanction administrative (prononcée par l'administration, encadrée par la loi, sans peine de prison), et l'exécution forcée (avec ou sans autorisation du juge selon l'urgence ou la loi).
Question
Quels sont les deux types de voie de fait identifiés par la décision Bergoend de 2013?
Answer
La décision Bergoend distingue la voie de fait par manque de droit (décision hors attributions) et la voie de fait par manque de procédure (exécution forcée irrégulière d'une décision légale).
Question
Quelles sont les deux conséquences du rattachement de l'acte à une activité administrative?
Answer
Le rattachement à une activité administrative entraîne : 1) l'exclusion des actes pris par l'administration hors de cette activité (ex: gestion du patrimoine privé). 2) la qualification d'actes administratifs pour certains actes unilatéraux de droit privé s'ils produisent des effets de droit.
Question
Selon l'évolution de la jurisprudence en 2019 (Mme Le Pen), à quels actes de droit souple la solution du CE s'étend-elle?
Answer
L'arrêt Mme Le Pen (2019) étend la possibilité de recours pour excès de pouvoir à tous les actes de droit souple, indépendamment de l'autorité administrative qui les émet.
Question
Selon l'évolution de la jurisprudence en 2019 (Mme Le Pen), à quels actes de droit souple la solution du CE s'étend-elle?
Answer
L'arrêt Mme Le Pen (2019) étend le REP à tous les actes de droit souple, indépendamment de l'autorité administrative qui les émet.
Question
Les règlements sont-ils toujours créateurs de droit?
Answer
Non, les règlements ne sont pas toujours créateurs de droit. Seuls les règlements réglementaires, qui fixent une règle générale et impersonnelle, créent une situation juridique nouvelle. Les actes administratifs unilatéraux non réglementaires (individuels) créent une situation juridique personnelle et subjective.
Question
La délégation de signature est-elle accordée à une personne nommément désignée ou à la fonction?
Answer
La délégation de signature est accordée à une personne nommément désignée et n'entraîne pas de transfert juridique de compétence.
Question
Que doit contenir une motivation écrite et circonstanciée?
Answer
Une motivation écrite et circonstanciée doit énoncer les considérations de droit et de fait qui fondent la décision administrative. Une simple lettre type est insuffisante.
Question
Quel est le principe général concernant l'obligation de motivation des actes administratifs?
Answer
En principe, l'administration n'est pas tenue de motiver ses actes. Cependant, la loi de 1979 et le CRPA imposent la motivation pour les décisions individuelles défavorables ou restreignant des libertés, sous peine d'annulation.
Question
Dans quels cas l'administration peut-elle recourir à une exécution d'office sans autorisation préalable du juge?
Answer
L'administration peut recourir à l'exécution d'office sans autorisation judiciaire si la loi l'autorise, en cas d'urgence, ou pour contraindre un récalcitrant si aucune autre voie de droit n'est possible.
Question
Quel est le principe concernant l'abrogation d'un acte individuel créateur de droit?
Answer
Un acte individuel créateur de droit ne peut être abrogé que sous conditions : illégalité dans les 4 mois, ou si le maintien est subordonné à une condition non remplie, ou sur demande du bénéficiaire s'il n'y a pas d'atteinte aux tiers.
Question
Un acte individuel non créateur de droit peut-il être abrogé à l'initiative de l'administré?
Answer
Oui, un acte administratif unilatéral non créateur de droit peut être abrogé à l'initiative de l'administré, pour tout motif et sans délai. L'administration est également tenue de l'abroger s'il devient illégal ou sans objet (Art. L243-1 et L243-2 CRPA).
Question
Selon l'arrêt du CE de 2020, quels documents de portée générale sont susceptibles de REP?
Answer
Selon l'arrêt du CE de 2020, les documents de portée générale sont susceptibles de REP s'ils ont des effets notables sur les droits ou la situation des personnes chargées de les mettre en œuvre, tels que les documents impératifs ou les lignes directrices.
Question
Quelles sont les deux types de règles que doit respecter un acte administratif pour être légal?
Answer
Un acte administratif doit respecter les règles de compétence (ratione materiae, temporis, loci) et de forme (rédaction en français, signature, visa, motivation) pour être légal.
Question
Que signifie la présomption de légalité pour un acte administratif?
Answer
Un acte administratif bénéficie d'une présomption de légalité tant qu'il n'est pas retiré, abrogé, suspendu ou annulé. L'administration n'a pas besoin de juge pour le rendre exécutoire.
Question
Quels sont les deux modes par lesquels l'administration peut mettre fin elle-même à un acte?
Answer
L'administration peut mettre fin elle-même à un acte par abrogation (disparition juridique pour l'avenir) ou par retrait (disparition juridique pour l'avenir et le passé, comme une annulation contentieuse).
Question
Quelles sont les modalités de publication pour les collectivités territoriales depuis 2021?
Answer
Depuis 2021, les communes de plus de 3 500 habitants, les départements et les régions peuvent publier leurs actes administratifs dématérialisés.
Question
Que prévoit l'art R610-5-CP concernant les violations des décrets et arrêtés de police?
Answer
Les violations des décrets et arrêtés de police sont passibles d'une amende de contravention de 2ème classe (maximum 150 €) selon l'article R610-5 du Code pénal.
Question
Que prévoit l'art L243-1-CRPA concernant l'abrogation des actes réglementaires?
Answer
L'article L243-1 du CRPA prévoit que les actes réglementaires peuvent être abrogés pour tout motif et sans condition de délai, car ils ne créent pas de droits individuels. Cette règle, issue de la jurisprudence, confirme la mutabilité des règlements pour adapter le service public.
Question
Où sont généralement publiés les actes réglementaires?
Answer
Les actes réglementaires sont généralement publiés au Journal Officiel de la République Française (JORF), qui est désormais publié électroniquement. Les collectivités territoriales peuvent utiliser la publication dématérialisée.
Question
Que commet l'administration si elle ne respecte pas les conditions de l'exécution d'office?
Answer
Si l'administration ne respecte pas les conditions de l'exécution d'office, elle commet une voie de fait. Celle-ci peut être par manque de droit (décision hors de ses attributions) ou par manque de procédure (exécution gravement irrégulière).
Question
Que se passe-t-il si le juge administratif annule un acte?
Answer
Si le juge administratif annule un acte, celui-ci est réputé n'avoir jamais existé. L'annulation a donc une disparition rétroactive de l'acte. Le juge peut moduler ces effets pour concilier légalité et sécurité juridique.
Question
Les actes réglementaires non créateurs de droit peuvent-ils être abrogés?
Answer
Oui, les actes réglementaires non créateurs de droit peuvent être abrogés. Ces actes, de par leur nature générale et impersonnelle, ne confèrent pas de droits individuels et peuvent être modifiés ou abrogés pour tout motif et sans délai, conformément à la jurisprudence (Arrêt CE, 1907, Compagnie des chemins de fer de l'Est) et au CRPA.
Question
Les règlements sont-ils toujours créateurs de droit?
Answer
Non, les règlements ne sont pas toujours créateurs de droit. Seuls les actes administratifs unilatéraux réglementaires sont toujours créateurs de droit et créent une nouvelle situation juridique. D'autres actes, comme les circulaires interprétatives, n'ont pas cet effet.
Question
L'administration a-t-elle l'obligation d'abroger un acte réglementaire illégal ou dépourvu d'objet?
Answer
Oui, l'administration a l'obligation d'abroger expressément un acte réglementaire s'il est illégal ou dépourvu d'objet, quelle que soit l'origine de cette situation (antérieure ou postérieure à l'acte), sauf si l'illégalité a cessé. (Art. L243-2 CRPA, JP : Despujol 1930, Compagnie Alitalia 1989).
Question
Les actes individuels s'adressent-ils à une ou plusieurs personnes spécifiquement désignées?
Answer
Non, les actes individuels s'adressent à une ou plusieurs personnes nommément désignées ou identifiables, pouvant inclure un acte collectif.
Question
Quelles sont les deux conclusions importantes concernant le REP des actes de droit souple et la notion de 'faisant grief'?
Answer
1. Le REP est possible pour les actes de droit souple, même s'ils ne sont pas décisoires. 2. La notion de "faisant grief" ne doit plus être confondue avec le caractère décisoire de l'acte.
Question
Quelle est la caractéristique principale des actes individuels par rapport aux actes réglementaires?
Answer
Les actes individuels créent une situation juridique nouvelle, mais celle-ci est personnelle et subjective, s'adressant à une ou plusieurs personnes nommément désignées ou identifiables. Les actes réglementaires sont généraux et impersonnels.
Question
Comment les actes individuels se situent-ils par rapport à la hiérarchie des normes?
Answer
Les actes individuels sont subordonnés aux dispositions réglementaires selon la hiérarchie des normes. Ils doivent donc les respecter.
Question
Quelle est la définition d'un acte administratif unilatéral réglementaire (règlement)?
Answer
Un acte administratif unilatéral réglementaire (règlement) est un acte aux dispositions générales et impersonnelles. Il fixe une règle applicable à tous les membres d'une catégorie et crée une situation juridique nouvelle.

Les Instruments et le Contentieux de l'Action Administrative

Le droit administratif encadre l'action de l'administration, qu'elle se manifeste par des actes unilatéraux, des contrats ou par sa responsabilité en cas de dommages. Ce domaine est caractérisé par des règles spécifiques, souvent dérogatoires au droit privé, et un système juridictionnel propre.

Partie 1 : Les Instruments de l'Action Administrative

Les instruments de l'action administrative sont principalement les actes administratifs unilatéraux (AAU) et les contrats administratifs.

Chapitre 1 : Les Actes Administratifs Unilatéraux (AAU)

Un acte administratif unilatéral (AAU) est un acte juridique non juridictionnel, soumis au droit administratif et au contrôle du juge administratif, destiné à produire des effets de droit sans le consentement de ses destinataires comme co-auteurs.
Section 1 : La Notion d'AAU
L'identification d'un AAU repose sur trois critères cumulatifs :
  • L'unilatéralité de l'acte : Il se distingue des contrats. Bien qu'il puisse avoir plusieurs auteurs (collectif) ou être consenti par son destinataire, ce dernier n'en est jamais juridiquement l'auteur.
  • Un acte juridique ou faisant grief : L'acte doit exprimer la volonté d'une autorité compétente et produire des effets de droit en modifiant l'ordonnancement juridique ou la situation juridique des intéressés. Un acte « faisant grief » est susceptible d'un recours pour excès de pouvoir (REP). Certains actes, comme les actes préparatoires ou les mesures d'ordre intérieur (MOI), ne font pas grief. Cependant, les circulaires réglementaires et les actes de droit souple à effets notables peuvent faire l'objet d'un REP.
  • L'acte rattaché à une activité administrative : L'acte doit servir à la gestion des affaires publiques. Ce critère s'applique même si l'acte n'émane pas directement d'une personne publique, comme lorsqu'une personne privée exécute une mission de service public avec des prérogatives de puissance publique (PPP).
Section 2 : La Typologie des AAU
Les AAU se classent principalement en deux catégories :
  • Les AAU réglementaires : Aussi appelés règlements, leurs dispositions sont générales et impersonnelles, créant une règle applicable à une catégorie de personnes (ex: décret autorisant un médicament). Ils sont toujours créateurs de droit.
  • Les AAU non réglementaires (ou individuels) : Ils créent une situation juridique nouvelle, mais personnelle et subjective, visant une ou plusieurs personnes nommément désignées ou identifiables (ex: liste de reçus à un concours). Ils doivent respecter les dispositions réglementaires.
  • Il existe également des actes mixtes, qui se situent entre les deux, avec un contenu concernant une situation particulière mais pouvant s'appliquer généralement.

Chapitre 2 : Le Régime Juridique de l'AAU

Le régime juridique de l'AAU encadre sa naissance, sa vie et sa disparition.
Section 1 : La Naissance de l'AAU
La naissance d'un AAU est conditionnée par la compétence de son auteur et le respect de règles de forme et de procédure.
  • La compétence est d'ordre public et se divise en :
    • Compétence ratione materiae : L'auteur doit agir dans son domaine d'attribution, sauf en cas de délégation de pouvoir (transfert de compétence) ou de délégation de signature (simple outil d'organisation).
    • Compétence ratione temporis : L'autorité doit être compétente au moment de la prise de l'acte.
    • Compétence ratione loci : L'acte ne peut être pris que sur le territoire où l'autorité est compétente.
  • La forme de l'acte : Les règles formelles et procédurales visent la transparence administrative. L'acte doit être rédigé en français, précédé de visas et signé. L'administré a le droit de connaître l'agent instructeur. La notification doit mentionner les voies et délais de recours, sinon le recours est possible dans un "délai raisonnable" (généralement un an, selon CE, 2016, Czabaj).
  • L'obligation de motivation : En principe, les décisions défavorables ou dérogatoires doivent être motivées. La motivation doit être écrite, circonstanciée, et énoncer les considérations de droit et de fait. Des exceptions existent en cas d'urgence absolue ou de secret.
  • La consultation préalable : L'administration peut devoir consulter un organisme pour obtenir un avis, qui peut être simple, obligatoire ou conforme. Le non-respect de cette procédure constitue un vice.
  • Le contradictoire préalable : Principe général du droit qui s'impose pour les décisions individuelles motivées et les sanctions disciplinaires.
Section 2 : La Vie de l'AAU
La vie de l'AAU est marquée par le privilège du préalable, sa publication et son exécution forcée.
  • Le privilège du préalable : Règle fondamentale qui permet à l'administration d'imposer unilatéralement sa volonté sans autorisation judiciaire. L'acte bénéficie d'une présomption de légalité et doit être obéi immédiatement (CE, 1982, Huglo). Un REP n'est pas suspensif par principe.
  • La publication des AAU réglementaires : Essentielle pour leur opposabilité. L'acte entre en vigueur le lendemain de sa publicité, sauf exceptions.
  • La notification des AAU individuels : La publication se fait par notification à chaque personne concernée. Elle est obligatoire pour les actes défavorables et rend l'acte opposable dès réception.
  • Les actes à caractère non rétroactif : Un AAU ne dispose que pour l'avenir, sauf exceptions, principe posé par le CE, 1948, Société du journal d'Aurore.
  • L'exécution forcée : Si l'administré refuse d'obéir, l'administration peut recourir à l'action pénale, la sanction administrative, ou l'exécution forcée. Cette dernière est en principe autorisée par un juge, sauf si la loi l'autorise ou en cas d'urgence (TC, 1902, Société immobilière Saint-Just). En cas de non-respect des conditions, l'administration commet une voie de fait.
Section 3 : La Disparition de l'AAU
La disparition d'un AAU peut être due à son annulation par le juge (rétroactive) ou par l'administration elle-même via abrogation ou retrait.
  • L'abrogation : Disparition juridique de l'acte pour l'avenir.
    • Pour les actes non créateurs de droit (réglementaires ou individuels), l'abrogation est possible sans condition de délai (CRPA, art. L243-1). L'administration peut être tenue d'abroger un acte illégal ou sans objet.
    • Pour les actes créateurs de droit (individuels), l'abrogation n'est possible que s'ils sont illégaux et dans un délai de 4 mois, ou sans délai si une condition n'est plus remplie, ou à la demande du bénéficiaire sous certaines conditions (CRPA, art. L242-1 et suivants).
  • Le retrait : Disparition juridique de l'acte pour l'avenir et pour le passé (rétroactive).
    • Pour les actes non créateurs de droit, le retrait est possible en cas d'illégalité dans un délai de 4 mois. Des exceptions existent pour les sanctions, actes obtenus par fraude, ou subventions dont les conditions ne sont pas respectées.
    • Pour les actes créateurs de droit, le retrait est possible s'ils sont illégaux et dans un délai de 4 mois. Des exceptions similaires à l'abrogation existent (subventions, demande du bénéficiaire, recours administratif préalable).

Titre 2 : Les Contrats Administratifs

Le contrat administratif se distingue du contrat civil par son originalité et son déséquilibre au profit de l'intérêt général.
Chapitre 1 : L'Identification du Contrat Administratif
L'identification se fait par la loi ou par des critères jurisprudentiels.
  • Les origines du contrat administratif : Historiquement contestée, son existence est consacrée par l'arrêt Blanco (TC, 1873) qui met en avant le critère du service public. Il se caractérise par un déséquilibre entre les parties, l'intérêt général primant sur l'intérêt privé.
  • Le contrat administratif par identification légale : La loi qualifie certains contrats d'administratifs, notamment les marchés publics, les marchés de partenariats et les contrats de concessions, basés sur un critère organique (présence d'une personne morale de droit public) selon l'article L6 du Code de la commande publique.
  • Le contrat administratif par identification jurisprudentielle : Repose sur des critères cumulatifs.
    • Critère organique : La présence d'une personne publique partie au contrat est nécessaire, mais pas toujours suffisante. Des exceptions existent, comme la théorie de la personne privée transparente (CE, 2007, Commune de Boulogne-Billancourt) ou la théorie du mandat (CE, 1975, SERM). Le contrat peut aussi être l'accessoire d'un contrat de droit public.
    • Critères matériels alternatifs :
      1. Le lien du contrat avec le service public ou les travaux publics (ex: exécution, modalité, participation à un SP).
      2. La présence d'une clause caractérisant un rapport de droit public (anciennement clause exorbitante du droit commun), conférant à la personne publique des prérogatives impliquant un régime exorbitant (TC, 2014, Société AXA France IARD).
      3. L'application d'un régime juridique exorbitant du droit commun (rare).
Chapitre 2 : Le Régime Juridique des Contrats Administratifs
Le régime juridique des contrats administratifs confère à l'administration des pouvoirs et des devoirs exorbitants.
  • La formation du contrat administratif :
    • La compétence : La personne publique doit avoir la compétence matérielle, temporelle et territoriale pour contracter. Sa représentation par une personne physique habilitée est cruciale, faute de quoi le contrat est nul.
    • La liberté de contracter : Bien qu'elle existe, elle est encadrée par la prolifération des contrats nommés et leurs conditions spécifiques.
    • Le contenu du contrat : L'objet doit être possible, déterminé et déterminable. La cause doit être licite.
    • La forme du contrat : Bien que le principe soit la liberté de forme, l'écrit est souvent imposé pour les marchés publics et contrats de concession.
    • Le respect de l'ordre public contractuel : Le contrat ne peut déroger à l'ordre public (ex: missions régaliennes).
    • La durée du contrat : Les engagements perpétuels sont interdits.
  • Les pouvoirs exorbitants de l'administration : Ces pouvoirs déséquilibrent la relation contractuelle au profit de l'intérêt général (art. L6 Code de la commande publique).
    • Le pouvoir de résiliation unilatérale pour motif d'intérêt général : L'administration peut mettre fin au contrat sans effet rétroactif pour des motifs d'intérêt général (ex: modification des besoins du service public), sous réserve d'indemnisation du cocontractant.
    • Le pouvoir de modification unilatérale du contrat pour motif d'intérêt général : Basé sur le principe de mutabilité du contrat, l'administration peut modifier unilatéralement le contrat sans l'accord du cocontractant si l'intérêt général le justifie. Ce pouvoir est limité aux éléments non substantiels du contrat et ouvre droit à indemnisation (CE, 1985, Union des transports publics urbains et régionaux).
    • Les pouvoirs de direction et de contrôle : L'administration guide et surveille l'exécution du contrat, par exemple via des ordres de service ou des rapports d'activité.
    • Le pouvoir de sanction : L'administration peut imposer des sanctions pécuniaires (pénalités), coercitives (exécution aux frais du cocontractant défaillant) ou résolutoires (résiliation pour faute).
  • L'obligation exorbitante pour le cocontractant d'exécuter le contrat : Contrairement au droit privé, le cocontractant ne peut pas invoquer l'exception d'inexécution pour se soustraire à ses obligations, sauf cas de force majeure ou clauses contractuelles spécifiques sous contrôle de l'intérêt général (CE, 1925, Sieur Dolfini).
  • Les théories indemnitaires originales : Visent à préserver la stabilité du contrat face à des risques.
    • La théorie de l'imprévision (CE, 1916, Compagnie générale d'éclairage de Bordeaux) : Indemnisation du cocontractant face à un aléa économique imprévisible, extérieur et qui bouleverse temporairement l'équilibre du contrat (ex: pandémie de COVID-19).
    • La théorie des sujétions techniques imprévues : Indemnisation face à un aléa matériel ou technique imprévu (CE, 2003, Commune de LENS).
    • La théorie du fait du prince (CE, 1920, Fromasol) : Indemnisation due à une mesure imprévisible prise par l'administration cocontractante, générant un préjudice anormal et spécial.
    • La théorie de la force majeure : Cause d'irresponsabilité contractuelle pour le cocontractant en cas d'aléa irrésistible, imprévisible et extérieur.

Partie 2 : Le Contentieux Administratif

Le contentieux administratif est régi par des juridictions spécifiques et des procédures adaptées à l'action publique.

Chapitre 1 : Les Juridictions Administratives

Le système juridictionnel administratif est dualiste, avec des juridictions générales et spécialisées, distinctes du juge judiciaire.
Section 1 : Les Juridictions Administratives Générales
Elles se composent des Tribunaux Administratifs (TA), des Cours Administratives d'Appel (CAA) et du Conseil d'État (CE).
  • Les Tribunaux Administratifs (TA) : Juges de droit commun en première instance, compétents pour la plupart des litiges administratifs.
  • Les Cours Administratives d'Appel (CAA) : Juges d'appel des décisions des TA.
  • Le Conseil d'État (CE) : Au sommet de l'ordre administratif, il a un rôle consultatif essentiel (projets de loi, ordonnances, décrets) et un rôle contentieux en cassation pour les décisions des CAA. Il est aussi juge de première et dernière instance pour les actes administratifs les plus importants.
Section 2 : Les Juridictions Administratives Spécialisées
Ces juridictions ont une compétence d'attribution définie par les textes, comme la Cour des comptes, la Cour de discipline budgétaire et financière, ou la Cour nationale du droit d'asile.
Section 3 : Compétence du Juge Judiciaire en Matière Administrative
Le juge judiciaire peut être compétent pour les actes administratifs dans des cas spécifiques :
  • Matières réservées par nature : Protection des libertés individuelles (art. 66 de la Constitution) et les cas de voie de fait, bien que la jurisprudence Bergoend (TC, 2013) ait restreint la voie de fait aux atteintes à la liberté individuelle ou à l'extinction du droit de propriété.
  • Compétence par voie légale : Lois spécifiques attribuant compétence au juge judiciaire (ex: responsabilité de l'État pour fautes des enseignants, accidents de véhicules administratifs).
Section 4 : Le Tribunal des Conflits
Le Tribunal des Conflits résout les difficultés de compétence entre l'ordre judiciaire et administratif. Composé paritairement de conseillers d'État et de la Cour de cassation, il statue sur les conflits positifs (l'administration conteste la compétence du juge judiciaire) et négatifs (aucune juridiction ne s'estime compétente), et sur le fond en cas de décisions contradictoires.

Chapitre 2 : Les Recours Contentieux

Les recours contentieux permettent de contester les actes de l'administration.
Section 1 : Les Branches des Recours
  • Le contentieux de l'annulation : Principalement le recours pour excès de pouvoir (REP), qui vise l'annulation totale ou partielle d'un AAU pour illégalité. Il s'agit d'un procès fait à l'acte, protégeant le droit objectif. L'annulation est rétroactive et a un effet erga omnes (CE, 1950, Dame Lamotte).
  • Le contentieux de l'interprétation et l'appréciation de légalité : Le juge interprète le sens d'un acte ou statue sur sa conformité aux règles juridiques (question préjudicielle).
  • Le contentieux de pleine juridiction : Le juge a des pouvoirs plus étendus (annulation, réformation, condamnation pécuniaire). Il protège les droits subjectifs et concerne notamment les contentieux contractuels, de responsabilité quasi délictuelle, fiscaux ou électoraux.
  • Le contentieux de la répression : Le juge administratif agit comme un juge pénal (ex: contraventions de grande voirie).
Section 2 : La Recevabilité et l'Examen des Recours Contentieux
La recevabilité d'un recours est soumise à des conditions strictes.
  • La nature de l'acte : Seules les décisions administratives (explicites ou implicites) faisant grief sont attaquables.
  • La qualité du requérant : Le requérant doit avoir la capacité et un intérêt à agir direct, personnel, certain et réel. Les groupements et fonctionnaires ont un intérêt spécifique.
  • La forme : Requête écrite en français, déposée auprès de la juridiction, avec l'acte attaqué. Le ministère d'avocat est souvent obligatoire.
  • Le délai : Généralement 2 mois à compter de la publicité de l'acte. Ce délai est franc et peut être prorogé une seule fois par un recours administratif préalable.
L'examen du recours contentieux est une procédure contradictoire, écrite et inquisitoriale, avec des étapes précises (enregistrement, communication des pièces, rapporteur, rapporteur public, délibéré).
Section 3 : L'Efficacité des Recours Contentieux
L'efficacité dépend des procédures d'urgence et des effets des décisions du juge.
  • Les référés (procédures d'urgence) : Juge unique qui peut prendre des mesures rapides (référé précontractuel, contractuel, conservatoire, instruction, provision, suspension, liberté) sous conditions d'urgence ou d'atteinte grave à une liberté fondamentale.
  • Les effets des décisions : Les décisions sont exécutoires et ont l'autorité de la chose jugée.
    • En cas de rejet d'un REP, l'autorité de la chose jugée est relative.
    • En cas d'annulation, l'acte disparaît rétroactivement de l'ordre juridique avec effet erga omnes, bien que le juge puisse moduler ces effets dans le temps pour concilier légalité et sécurité juridique.

Chapitre 3 : Le Recours pour Excès de Pouvoir (REP)

Le REP est un recours propre au droit administratif, permettant d'obtenir l'annulation d'AAU pour illégalité. Il est un contentieux objectif, un procès fait à l'acte visant à sauvegarder la légalité.
Section 1 : Les Conditions de Recevabilité du REP
Elles sont similaires à celles des recours contentieux en général : contestation d'un AAU, respect du délai de 2 mois, et intérêt à agir du requérant.
Section 2 : Les Cas d'Ouverture du REP (Illégalités)
Les illégalités sont classées en illégalités externes et internes.
  • Les illégalités externes :
    • L'incompétence : L'auteur de l'acte n'avait pas la compétence matérielle, territoriale ou temporelle pour le prendre. C'est un vice grave d'ordre public.
    • Les vices de forme et de procédure : Non-respect des règles de présentation ou d'élaboration de l'acte. Seuls les vices substantiels, ayant une incidence sur la décision, entraînent l'annulation.
  • Les illégalités internes :
    • Le détournement de pouvoir : L'administration a utilisé son pouvoir dans un but autre que celui pour lequel il lui a été conféré (CE, 1875, Pariset).
    • La violation de la loi : Directement (non-respect d'une norme de fond) ou indirectement (illégalité relative aux motifs).
      • Contrôle des motifs de droit : L'acte est pris hors du champ d'application de la loi, manque de base légale, ou interprétation erronée de la règle de droit.
      • Contrôle des motifs de fait : Vérification de l'exactitude matérielle des faits (CE, 1916, Camino) et de leur qualification juridique. Le degré de contrôle varie (normal, restreint pour le pouvoir discrétionnaire - erreur manifeste d'appréciation, CE, 1953, Denizet, ou maximum pour la police administrative - nécessité, adaptation, proportionnalité, CE, 1933, Benjamin).

Partie 3 : La Responsabilité Administrative

La responsabilité administrative, née de l'arrêt Blanco (TC, 1873), repose sur des règles jurisprudentielles distinctes du droit civil.

Chapitre Unique : Les Cas et les Régimes de Responsabilité Administrative

La responsabilité de l'administration vise à réparer les dommages causés par son action.
Section 1 : Le Fait Générateur
La responsabilité peut être engagée pour faute ou sans faute.
  • La responsabilité pour faute : Engage la personne publique pour un manquement à une obligation.
    • Distinction faute personnelle et faute de service : La faute de service engage la responsabilité de l'administration (juge administratif), tandis que la faute personnelle engage la responsabilité de l'agent (juge judiciaire). La faute de service peut être anonyme (dysfonctionnement du service) ou signée (attribuée à un agent mais non détachable du service).
    • La faute simple : Manquement à une obligation préexistante. Suffisante dans la plupart des cas.
    • La faute lourde : Faute d'une particulière gravité, exigée dans certains domaines complexes (services de police, service public de la justice) mais dont le périmètre s'est réduit au profit de la faute simple (CE, 1992, Époux V pour le médical ; CE, 2008, Ministre de la justice c/ M. et Mme Z pour le pénitentiaire).
    • La faute présumée : Le lien de causalité entre le fait du service et le préjudice suffit, la charge de la preuve de non-faute incombe à l'administration (ex: dommages de travaux publics pour les usagers, service hospitalier).
  • La responsabilité sans faute : Plus favorable aux victimes, elle se divise en responsabilité pour risque et pour rupture d'égalité devant les charges publiques.
    • La responsabilité pour risque (CE, 1895, Cames) : L'administration doit réparer un dommage causé par son action, même sans faute, si elle crée un risque spécial (choses et activités dangereuses, voisinage dangereux, méthodes dangereuses, dommages accidentels de travaux publics, collaborateurs occasionnels du service public, reliquat dans le secteur hospitalier).
    • La responsabilité pour rupture d'égalité devant les charges publiques : L'administration fait supporter à certains administrés des charges particulières au nom de l'intérêt général, créant un préjudice spécial et anormal.
Section 2 : Le Lien de Causalité
Un lien de causalité adéquate (théorie majoritairement retenue par le juge administratif) doit exister entre le fait générateur et le préjudice. Ce lien peut être rompu par la faute de la victime, le fait d'un tiers, la force majeure ou le cas fortuit.
Section 3 : Le Préjudice
Le préjudice doit être direct, certain (actuel ou futur, y compris la perte de chance), et peut être matériel ou immatériel. Il doit être spécial (concernant une ou un groupe de personnes) et anormal (dépassant les charges normales de la collectivité). La réparation s'effectue en équivalent monétaire (dommages et intérêts).
Section 4 : La Personne Responsable
  • La théorie du cumul de faute (CE, 1911, Anguet) : En présence d'une faute de service et d'une faute personnelle, la victime peut demander réparation de tous ses préjudices à l'administration, devant le juge administratif.
  • Le cumul de responsabilités (CE, 1918, Époux Lemonnier) : La responsabilité de l'administration peut être engagée même sans faute de service, si la faute personnelle de l'agent est liée au service. La victime a alors le choix d'agir contre l'administration ou l'agent.
  • L'action récursoire : L'administration, après avoir indemnisé la victime pour une faute personnelle de l'agent, peut se retourner contre cet agent pour obtenir le remboursement des sommes versées.

Podcasts

Listen in app

Open Diane to listen to this podcast

Start a quiz

Test your knowledge with interactive questions