Jugement moral et comportements sociaux

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Ce cours explore le développement du jugement moral et des comportements prosociaux et antisociaux chez l'enfant, des premières évaluations sociales du nourrisson aux stades avancés du raisonnement moral, ainsi que les origines et conséquences de l'agressivité.

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Question

la morale : définition et origines

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ensembles de règles qui permettent aux être humain de vivre harmonieusement dans le groupe social dont ils font partie

  • morale guide le comportement humain (ex: juste /injuste)
Question

règles morales

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respecter autrui / interdiction de faire du mal

Question

Jugement moral

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Réponse

jugement effectué sur les comportements des autres personnes comme étant bien ou mal, mais aussi sur leur façon de se comporter avec les autres personnes.

Question

Dilemme de Heinz

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Auteur(s) / année Kohlberg (1984)
Objectif Étudier le raisonnement moral à partir d'un dilemme fictif opposant critères légaux et moraux.
Méthode
Récit : Heinz ne peut réunir que 1000 des 2000 dollars exigés par un pharmacien pour un médicament vital pour sa femme ; le pharmacien refuse un paiement différé ; Heinz casse la vitrine et vole le médicament.
Question posée : « Heinz devait-il faire cela ? »
Résultats
Les réponses recueillies servent de corpus pour identifier différents registres de justification morale.
Conclusion
Ce dilemme constitue l'un des outils princeps du modèle de Kohlberg pour étudier les stades du développement du raisonnement moral.

Question

Modèle de Kohlberg (1963,1969)

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Réponse

S'inspire de la théorie piagétienne (respect unilatéral vs mutuel):

  • jusque vers 7-8 ans : respect unilatéral suppose une relation entre individus non égaux, l'un subit et l'autre exerce la contrainte moral (respect de l'enfant pour l'adulte, du cadet pour l'aîné..) --> ce type de respect produit une morale de l'obéissance
  • à partir de 8 ans : respect mutuel suppose le respect des conventions entre individus moralement égaux --> type de respect produit une morale dans laquelle le bien prédomine sur le devoir pur.
    Développement actif de structures de raisonnement pour réfléchir à des dilemmes moraux
    Méthode : corpus de réponses à des dilemmes moraux présentés (histoires fictives..) où s'opposent des critères de nature légale/morale.
Question

Modèle de Kohlberg (1963,1969): registres

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Réponse

Face à des dilemmes moraux : on invoque préférentiellement certains registres de justification qui découlent de notre structure de raisonnement moral.
Ces registres évoluent avec :

  • augmentation d'abstraction/décentration
  • augmentation de la complexité des expériences sociales
  • Découverte que certains types de raisonnement ≠ adapté
  • conflits cognitifs de loyauté (famille vs loi)$
  • déséquilibres cognitifs : restructuration
Question

Modèle de Kohlberg (1963,1969): les différents niveaux & stades

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  1. Niveau préconventionnel (3-8 ans)
    stade 1 : éviter la punition (3-6 ans)
    stade 2: intérêt personnel (6-8 ans)
  2. Niveau conventionnel (8-13 ans)
    stade 3 : faire plaisir aux autres (8-10ans)
    stade 4: loi&ordre (10-13 ans)
  3. Niveau postconventionnel (13 ans -> adulte)
    stade 5: contrat social (après 13 ans)
    stade 6 : principe (après 20 ans)
Question

Le dilemme du tramway (versions impersonnelle et personnelle)

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Auteur(s) / année Foot (1967) ; Thomson (1976)
Objectif:
Étudier le conflit entre morale utilitariste (maximiser les vies sauvées) et morale déontologiste (respecter des principes intangibles).
Méthode
Version impersonnelle : actionner un levier pour dévier un tramway et sauver 5 personnes au prix d'une seule.
Version personnelle : pousser un homme sur la voie pour arrêter le tramway et obtenir le même résultat.
Résultats : Dans le scénario impersonnel, la plupart des enfants et des adultes choisissent d'actionner le levier ; dans le scénario personnel, la majorité refuse de pousser la personne.
Conclusion : La différence entre les deux scénarios s'explique par l'engagement émotionnel : actionner un levier entraîne une faible charge émotionnelle, alors que pousser physiquement une personne vers sa mort implique une charge émotionnelle bien plus importante

Question

L'importance des intentions : le scénario « Moral luck »

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Auteur(s) / année Young, Cushman, Hauser & Saxe (2007)
Méthode : Comparaison de deux récits :
(1) Grace pense mettre un produit toxique dans le café de sa collègue mais il s'agit en réalité de sucre inoffensif (intention de nuire, sans conséquence) ;
(2) Grace pense mettre du sucre mais il s'agit réellement de poison, et sa collègue meurt (conséquence tragique sans intention négative).
Résultats : Les participants jugent moralement pire de tenter de blesser quelqu'un sans y parvenir que de blesser quelqu'un accidentellement.
Conclusion Le jugement moral accorde davantage d'importance aux croyances et intentions des personnes qu'aux seuls résultats de leurs actions.

Question

Comportements prosociaux : Partage et coopération à 3 ans

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Auteur(s) / année : Hamann, Warneken, Greenberg & Tomasello (2011)
Échantillon Enfants de 3 ans.
Méthode :
Deux conditions : coopération (les enfants doivent coopérer pour obtenir les récompenses) vs condition parallèle (chacun agit de son côté) ; récompenses inégales entre les enfants (3 jouets vs 1 jouet).
Résultats 75 % de partage en condition de coopération, contre 25 % en condition parallèle.
Conclusion Dès 3 ans, avoir coopéré à l'obtention d'une ressource favorise le comportement de partage ultérieur de cette ressource.

Question

Comportements prosociaux : Partage et coopération

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Dès 3 ans :
Notre espèce est très sensible aux partages justes et équitables des ressources disponibles, d'autant plus chez un groupe où les membres ont été amenés à coopérer dans l'exécution d'une tâche.

Question

Jugement moral : Évaluation sociale chez les bébés préverbaux

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Auteur(s) / année Hamlin, Wynn & Bloom (2007)
Objectif : Déterminer si les enfants préverbaux sont capables d'émettre un jugement social en observant le comportement social d'autrui.
Échantillon Deux groupes d'âge (6 mois et 10 mois), répartis sur 3 expériences.
Méthode:
Expérience 1 (28 enfants) : habituation à une scène animée mettant en jeu un grimpeur (rond), un aideur (triangle) et un gêneur (carré), puis choix entre l'aideur et le gêneur.
Expérience 2 (24 enfants) : même procédure, mais le grimpeur est remplacé par un objet inanimé (contrôle perceptif).
Expérience 3 (32 enfants) : choix entre l'aideur et un personnage neutre, puis entre le gêneur et le neutre.
Résultats
Expérience 1 : préférence majoritaire et significative pour l'aideur (100 % à 6 mois, 87,5 % à 10 mois).
Expérience 2 : absence de préférence (33 % à 6 mois, 50 % à 10 mois), montrant que la préférence de l'expérience 1 repose sur des facteurs sociaux et non perceptifs. Expérience 3 : préférence pour l'aideur face au neutre (87,5 % aux deux âges) et préférence pour le neutre face au gêneur (87,5 % aux deux âges).
Conclusion :
Les nourrissons préverbaux évaluent les individus selon leur comportement envers autrui ; cette capacité pourrait servir de fondement à la pensée et à l'action morales, et son apparition précoce soutient l'hypothèse que l'évaluation sociale est une adaptation biologique.
Préférer l'aide / rejeter obstacle traduisent des jugements sociaux valorisant coopération & condamnant l'entrave aux objectifs d'autrui = base du jugement moral.
Limites Une revue de littérature portant sur 27 études (Holvoet, Scola, Arciszewski & Picard, 2016) retrouve la préférence pour l'agent prosocial dans une majorité de cas (17 études sur 19), mais la reproductibilité reste sensible à des détails méthodologiques fins (présentation aléatoire vs en alternance, enregistrements EEG, etc.).

Question

Modèle de Kohlberg (1963-69) : différents niveaux & stades
Niveau préconventionnel : stade 1&2

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Réponse

La personne se décide en fct de ses intérêt personnels et des risques encourus
Stade 1 : 3 à 6 ans (éviter la punition) = obéissance : les règles sont situées hors de l'individu, les conséquences concrètes suffisent à déterminer la qualité morale d'un acte. (c'est mal/bien si puni/récompensé)
Stade 2 : 6 à 8 ans ( intérêt personnel) = individualisme : satisfaction de ses intérêts personnels et immédiats. Autrui = moyen de procéder à un échange social de type égoïste et pragmatique ; donnant-donnant.

Question

Modèle de Kohlberg (1963-69) : différents niveaux & stades
Niveau conventionnel : stade 3&4

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Réponse

La personne renonce à son intérêt propre pour suivre les règles de son grp ( famille, amis, société)
stade 3 : 8 à 10 ans ( faire plaisir aux autres) = relations/attentes mutuelles : répondre aux attentes de son entourage. Un comportement est moral si il fait plaisir aux personnes qui comptent pour lui.
stade 4: 10 à 13 ans ( loi&ordre) = conscience du système social : respecter la loi, contribuer au bien de la société. Le respect des règles sociétales & de l'autorité devient prépondérant.

Question

Modèle de Kohlberg (1963-69) : différents niveaux & stades
Niveau post-conventionnel : stade 5&6

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Réponse

La personne possède une autonomie morale :
stade 5 : contrat social, utilitarisme & droits individuels ( après 13 ans )= respecter le contrat social prévoyant le bien-être de tous , le respect des lois

  • conscience que les règles/valeurs sont relatives à un grp donné mais que certaines valeurs / droits doivent être maintenus indépendamment de l'avis de la majorité (liberté, vie,...)
    stade 6 : principes éthiques&universels (après 20 ans ) = adhère explicitement à des principes moraux qu'il considère comme personnellement élaborés et comme des critères d'évaluation devant s'appliquer universellement.
Question

Le jugement moral
Le modèle de l'intuition sociale

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Auteur(s) / année Haidt (2001, 2007)
Objectif : Proposer une origine affective, plutôt que purement rationnelle, du jugement moral.
Méthode : Modèle théorique fondé sur l'intuition sociale (« Social intuitionist model ») distinguant :

  • (1) une réaction immédiate aux situations problématiques (comportements d'autrui sont jugés acceptables ou nn)
  • et (2) des aspects cognitifs plus tardifs venant justifier ou rationaliser le jugement déjà formé.
    Conclusion : L'origine des jugements moraux résiderait dans la résonance affective produite par la situation, et non dans un raisonnement objectif préalable.
Question

Les comportements prosociaux : définition

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Réponse

actes volontaires dirrigés vers autrui, ds le but de lui apporter un bénéfice ou d'améliorer son bien-être.

  • aide, réconfort, partage, coopération
  • universelss, pas limités à l'être humain
  • 12 mois -2 ans
  • coincide avec : émergence connaissance de soi / capacité à discriminer, anticiper émotions des autres / premiers jugements qui s'accompagnent d'un sentiment de honte, fierté, timidité.
Question

Comportements prosociaux :
L'aide instrumentale spontanée chez le tout-petit

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Auteur(s) / année Warneken & Tomasello (2006, 2007)
Échantillon:

  • 2006 : 24 enfants de 18 mois (10 tâches expérimentales).
  • 2007 : 24 enfants de 14 mois (6 tâches expérimentales).
    Méthode : L'enfant est mis en présence d'un adulte, inconnu, rencontrant des difficultés à atteindre un but dans diverses situations (ex. objet qui tombe).
    Résultats : Dès 18 mois, les enfants aident spontanément l'adulte à atteindre son objectif dans diverses situations ; à 14 mois, l'aide instrumentale existe mais n'est pas encore généralisée à toutes les situations.
    Conclusion : Un enfant de 14-18 mois aide spontanément un adulte en difficulté, même inconnu, avant même de parler ; il comprend le but de l'autre et est motivé à l'aider à l'atteindre.
    B) Effet de la récompense matérielle sur la motivation à aider
    Auteur(s) / année Warneken & Tomasello (2008)
    Résultats: L'ajout d'une récompense matérielle (bonbon, bon point) diminue la motivation ultérieure de l'enfant à aider spontanément.
    Conclusion : La motivation prosociale précoce serait de nature intrinsèque, et non dépendante d'un renforcement extrinsèque.
Question

Comportements prosociaux : langage

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le développement du langage permet une meilleure compréhension & une description plus aisée de ses états émotionnels et de ceux qui l'entourent

Question

Comportements antisociaux/agressifs

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formes très diverses et parfois difficiles à identifier :
8 catégories d'agression selon si elle est :

  • physique /verbale ( exprimées par des gestes ou paroles)
  • active ou passive (omettant intentionnellement ou non de réaliser une action prosociale)
  • directe ou indirecte ( victime = physiquement présente ou non)
Question

Comportements antisociaux/agressifs : Développement

  • 0-24 mois
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Réponse

naissance à 24 mois , précurseur du comportement agressif

  • capacité d'identifier expression colère sur visage parent
  • colère en réponse à une frustration
  • émotion qui se manifeste par des : pleurs/trépignements/coups de pieds/projection d'objets
  • augmentation de la fréquence de ces comportements jusqu'à 18-24 mois .
Question

Comportements antisociaux/agressifs : Développement

  • 18-24 mois
  • 24-36 mois
  • après 3 ans
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Réponse

18-24 mois :

  • enfants commencent à rentrer en conflit avec leurs pairs lors du partage de jouets/espaces communs.
  • manifestations agressives = svt physiques/nn verbales (pousser, tirer, frapper)
    Comportements = + frustration / incapacité à réguler ses émotions plutôt qu'une intention malveillante consciente
    24-36 mois :
  • comportements agressifs se diversifient : verbaux (cris/menaces simples), parfois indirects( s'éloigner, exclure un pair)
  • agression physique reste fréquente mais tend à diminuer à mesure que le langage et les compétences sociales se développent.
    après 3 ans :
  • agression physique devient moins fréquente pour la majorité
  • une minorité continue d'utiliser la force physique régulièrement = 10/15%
Question

Comportements antisociaux/agressifs : origines multiples

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Réponse
  1. influence :
  • contextes socio-économiques & familiaux ( pratiques parentales non-adéquates/non sécurisantes ou un contexte socio-éconimique défavorable).
  • la personnalité de l'enfant (impulsif, faible régulation émotionnelle).
  1. Rôle important du contexte familial & de l'imitation:
  • enfants rejetés par leurs parents = + hostiles/agressifs que les autres
  • imitation des comportements sociaux : expérience de bandura
Question

effets des comportements agressifs sur les relations sociales

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Réponse
  • enfants : antipathie envers les autres enfants agressifs , entraînant des conséquences négatives sur leurs intéractions sociales futures.
  • enfants rejetés deviennent plus agressifs / évitants envers les autres, - prosociaux/coopératifs
  • avec âge, enfants dont comportements agressifs fréquents = tendance à s'associer avec autres enfants agressifs , et seront donc + rejetés.
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