Analyse critique des médias et de la propagande
Aucune carteCe document explore les mécanismes de la propagande et de la désinformation dans les médias, en analysant des exemples historiques et contemporains. Il examine également les stratégies de lutte contre ces phénomènes, notamment à travers des politiques européennes et des initiatives de vérification des faits.
Le cours aborde la lecture critique de l'actualité en examinant les concepts, les mots et les idées qui la façonnent. Il explore la manière dont l'information est présentée, les mécanismes de la propagande, la manipulation de l'opinion publique et le rôle des médias dans les sociétés contemporaines. Il fournit des outils pour dissocier le vrai du faux et se conclut par une discussion sur la légitimité des médias à "transcrire le réel".
La théorie : Concepts, mots, idées
Toute lecture critique de l'actualité n'est pas nécessairement inspirée
Une lecture critique ne garantit pas la vérité, et un média grand public n'est pas forcément dans l'erreur.
Parler de l'actualité, c'est analyser la manière dont elle est racontée. Le contenu est lié au support (journal, TV, internet).
La confiance joue un rôle : les canaux fiables sont perçus comme informer, les autres comme de la propagande.
Il faut éviter d'utiliser le mot « propagande » à mauvais escient.
Paradoxes de la critique gouvernementale lors de la crise Covid-19 (Annexe 1 et 2)
Dénoncer l'impossibilité de critiquer tout en le faisant.
Se plaindre d'atteintes à la liberté d'expression tout en l'exerçant.
Critiquer la mise en scène du pouvoir en utilisant soi-même des artifices visuels.
S'insurger contre la communication du pouvoir, alors que tout pouvoir communique.
Qualifier les sources pro-thèse de « vérité révélée » et les sources contraires de « à la botte du pouvoir ».
Ignorer la multiplicité des oppositions au pouvoir.
Agir comme s'il n'y avait qu'une seule bonne manière d'agir.
Imposer sa vérité comme une évidence.
Simplifier excessivement des problèmes complexes.
Utiliser des formules théâtrales pour des situations inédites (ex: la crise Covid-19).
Critiquer le gouvernement pour vouloir réguler la désinformation, tout en ayant le droit d'exprimer son point de vue.
Malgré ces paradoxes, il y a des vertus (ex : témoigner sur qui parle, mises en scène). L'effet Dunning-Kruger (ou effet de surconfiance) peut expliquer ces comportements.
Le perpétuel chantage à la propagande : Retour sur la mécanique générale de la propagande
Un esprit critique est nécessaire face aux instruments critiques, pour éviter l'abus de la notion de « propagande ».
Il s'agit d'un équilibre délicat entre esprit critique et éviter le scepticisme de principe ou le conspirationnisme.
La propagande est efficace quand elle est adaptée à son époque et à la mentalité des gens (ex : propagande soviétique, Annexes 3, 4, 5 & 6).
Chaque propagande se présente comme une lutte contre la propagande adverse, toujours perçue comme majoritaire et dominante.
Cette observation ne concerne pas que la propagande, mais aussi des intellectuels comme Raymond Aron (« L'opium des intellectuels », 1955), Jean-Paul Sartre et Roland Barthes (« Mythologies », 1957). Chacun se qualifiait de minoritaire malgré leur influence.
Raymond Aron critiquait les intellectuels français de l'époque pour leur complaisance envers les régimes communistes, cherchant une « religion » dans l'Histoire (Annexes 7 & 8).
Jean-Paul Sartre, en réponse à Aron, dénonçait le conformisme social de la bourgeoisie.
Roland Barthes (Annexes 9) expliquait que la société est structurée par des mythes créés par les médias et la publicité, qui transforment un signe en vérité et remplacent l'explication par des formules. Ces mythes véhiculent des valeurs dominantes sans les nommer.
Méfiance générale à l'encontre de la propagande : l'heure du décryptage tous azimuts
Décrypter le décryptage
Les décryptages actuels doivent eux-mêmes être analysés critiquement.
Des exemples montrent que certains décryptages, bien qu'ils cherchent la vérité, ne sont pas exempts de simplifications excessives ou de biais (ex : Annexe 10).
La « culture du raccourci » (Annexe 11) simplifie la complexité en « très gentils » et « très méchants », utilisant des montages tendancieux.
Décortiquer est nécessaire, mais ne pas croire qu'une vérité unique se cache derrière chaque artifice décrypté.
Le cas de « Deux siècles de rhétorique réactionnaire » (Albert Hirschman, 1992) montre les travers de la rhétorique réactionnaire (inanité, mise en péril, effet pervers), mais aussi ceux de la rhétorique progressiste (sens de l'Histoire, gentils vs méchants).
Les limites de la déconstruction
Jacques Derrida (« Lettre à un ami japonais », 1985) estimait qu'une définition de la déconstruction est impossible car elle se prête elle-même à l'exercice déconstructeur. La déconstruction développe une méfiance envers les mots et les certitudes (Annexe 12).
Michel Foucault (« Les mots et les choses », 1966) théorisait l'apparition récente de « l'homme » dans le savoir, résultant d'une mutation culturelle (Annexe 13).
La déconstruction révèle le caractère normé du langage, mais ne révèle pas nécessairement une vérité ultime.
L'exemple du Dictionnaire des idées reçues de Flaubert illustre les mécanismes réflexes de pensée. Ce sont des instruments de mise en perspective, pas des « accoucheurs de vérité ».
Un narratif contre un autre ? L'accusation mutuelle de langue de bois dans le débat actuel
Dans un débat houleux, il est difficile de déterminer qui dit vrai.
L'exemple de Frédéric Lordon critiquant Emmanuel Macron (17 mars 2019) met en lumière l'accusation de destruction du langage (ex: supprimer des lits pour améliorer les soins, démanteler le code du travail pour les garanties des salariés). Lordon dénonce un remplacement du « mensonge » par une destruction plus profonde du sens des mots.
Souvent, un « décryptage » remplace un langage par un autre, tout aussi subjectif.
Remplacer « libéralisme moderne » par « capitalisme sauvage » ou « réformes nécessaires » par « recul social » ne fait que substituer un point de vue à un autre.
Il n'y a pas une « langue de bois contre la vérité », mais des opinions qui s'affrontent, chacune prétendant détenir la vérité.
Dénoncer le « politiquement correct » ou « le conformisme ambiant » ne fait souvent que promouvoir son propre point de vue.
On peut débusquer les arnaques de langage (ex : « objectif de régularisation » pour le sort des êtres humains, « réussite différée » pour l'échec scolaire, « procédures d'éloignement » pour les expulsions).
Remonter aux traductions directes ne dévoile pas la vérité, mais offre un autre regard sur la même réalité.
Déconstruire un discours ne le disqualifie pas nécessairement. En prétendant décrypter, on manipule ou influence aussi (Annexe 14 & 15).
Le décrypteur n'impose pas la vérité mais offre un autre angle de vue.
Qu'est-ce que la langue de bois ?
Souvent, la langue de bois est le discours politique que l'on n'approuve pas.
Exemple : dire « il faut mettre tous les problèmes sur la table sans tabous, dans un souci de rassemblement citoyen » ne dit rien de concret (Annexe 13, 14, 15 & 16).
La langue de bois (Annexe 14) parvient à dissimuler le vide, transformant l'utilisateur en « génie de la répartie » grâce à des astuces et tics de langage.
Dans une dictature, la propagande dit que tout va bien ; dans une démocratie, la langue
de bois dit que tout va mal.
Dans une démocratie, l'élu se présente comme le porte-parole, obligé de noircir le tableau pour montrer son empathie aux électeurs potentiels.
Les opposants au pouvoir parlent davantage, ce qui accentue l'impression que « rien ne va ».
Ce phénomène s'apparente à la crainte d'Alain Peyrefitte en 1965 : une campagne électorale permanente, la « foire d'empoigne ».
La langue de bois fonctionne comme une « propagande inversée », martelant que rien ne va (Annexe 16).
Méfiance générale à l'encontre de la propagande : qu'est-ce, au juste, que la propagande ?
La propagande est la diffusion massive d'une idéologie (système d'idées prédéfini) par tous les moyens disponibles pour influencer l'opinion publique sur un sujet politique, social ou religieux. C'est un contrôle méthodique des esprits (Source 17 et 18).
Toute persuasion politique ou message de masse n'est pas de la propagande.
Dans les dictatures du XXe siècle, la propagande était assumée (ex: Pravda en URSS, Ministère de l'Éducation du peuple et de la Propagande du Reich).
La propagande actuelle est plus sournoise, diffuse, vicieuse.
Caractéristiques de la propagande (Source 19 et 20)
Culte du chef : meneur infaillible, seul recours, qui se montre protecteur.
Monde simplifié : réduit à « eux » et « nous ».
Diabolisation de l'ennemi : déshumanisation, le Mal absolu.
Utilisation de la peur : pour mobiliser les foules.
Références à des figures d'autorité : experts, scientifiques (ex: « science soviétique »).
Appel à l'histoire nationale et aux mythes fondateurs : (ex: Rome antique, Vercingétorix, Jeanne d'Arc).
Glissements sémantiques : euphémismes (ex: « frappes aériennes » pour bombardements) ou étiquettes péjoratives (ex: « fasciste », « ultralibéral »).
Symboles nationaux : pour valoriser l'union et le patriotisme.
Argument du bon sens et de la « banalité » : pour emporter l'adhésion unanime.
Elle privilégie les mots d'ordre clairs, les notions simples, les solutions évidentes, faisant appel à l'émotion plutôt qu'à la raison.
Le message est répété en boucle, les enjeux sont exagérés, tout est dramatisé. Une idée fausse mais claire a plus de puissance qu'une idée vraie mais complexe (Source 21).
Méfiance générale à l'encontre du totalitarisme : qu'est-ce, au juste, que le totalitarisme ?
Pour Hannah Arendt, le totalitarisme est plus qu'un régime politique ; il englobe le fascisme et le communisme. Elle l'analyse comme un phénomène de « masses ».
Les masses sont des groupes déstructurés, amorphes, nés du capitalisme qui détruit les solidarités. L'homme de masse se caractérise par l'isolement.
Le totalitarisme dilue l'individu et assure la prédominance d'un parti avec une idéologie et une structure sectaire (Source 22, 23, 24, 25, 26, 27 & 28).
Il s'appuie sur une folie collective entretenue par de grands rites, plus que sur une conviction personnelle.
Pour le membre, le parti est tout. Les partis totalitaires sont des « sociétés secrètes établies au grand jour ».
L'essence du totalitarisme réside dans la « désolation », caractérisée par la conjonction de la terreur, de l'idéologie et des masses.
La terreur supprime la « liberté extérieure » (liberté d'action).
L'idéologie totalitaire supprime la liberté intérieure : elle est omniexplicative, ésotérique, se veut cohérente malgré les faits, et justifie l'action par un prétendu sens de l'Histoire (source 30). Elle condamne des catégories d'hommes comme « ennemis objectifs ».
Cette double fermeture déshumanise l'homme, conduisant à la « mort de l'humain » (Annexe 17).
Les principaux reproches traditionnellement faits aux médias
Les médias seraient un objet de consommation comme un autre : La fabrique du consentement et la « propagande capitaliste ».
Les techniques de manipulation de l'opinion existent aussi dans les démocraties (désinformation, propagande), et sont nées aux États-Unis, notamment avec la publicité.
Ces procédés visent à « fabriquer du consentement » ou à « violer les foules par la propagande » (Source 31).
Edward Bernays (1891-1995), père de la propagande politique institutionnelle et des relations publiques, a théorisé la manipulation consciente et intelligente des masses (Source 32 & 33).
Il considérait que la masse est incapable de paix et de bonheur seule, nécessitant une élite pour la contrôler à son insu (gouvernance de l'ombre).
Ses leitmotivs étaient « Créer du besoin, du désir et créer du dégoût pour tout ce qui est vieux » et « Fabriquer du consentement », « dompter cette grande bête hagarde qui s'appelle le peuple ».
Bernays manipule l'opinion à des fins politiques ou publicitaires. Il a contribué à faire basculer l'opinion publique américaine en faveur de la guerre en 1917, pour la première fois avec une commission (Commission Creel).
Walter Lippmann, membre influent de cette commission, a décrit ce travail comme une « révolution dans la pratique de la démocratie », où une « minorité intelligente » fabrique le consentement pour protéger le peuple, simple « spectateur » (Source 34).
L'industrie des relations publiques est née de l'idée que l'opinion publique devait être scientifiquement fabriquée et contrôlée.
Après la Première Guerre mondiale, il fallait créer des besoins pour la machine industrielle. Bernays a créé de nouveaux concepts pour stimuler la consommation (Source 35 & 36), comme le petit déjeuner « eggs and bacon », la mode des pianos à domicile, ou les bibliothèques intégrées (Source 37).
Il a également œuvré pour l'American Tobacco Company afin de faire fumer les femmes, en associant la cigarette à un symbole de liberté et de pouvoir (Annexe 38).
Une analyse critique d'un document sur Bernays (Annexe 18) révèle les biais dans le décryptage : choix de témoins unilatéraux (Noam Chomsky), formules atténuantes, mise en scène émotionnelle, absence de contradictions. Le document expose des points de vue plutôt que la vérité (Source 39).
Les médias fonctionneraient comme des nudges.
Les nudges sont des incitations douces qui visent à changer un comportement.
Le livre « Nudge » (2008) de Richard Thaler (Prix Nobel d'économie) et Cass Sunstein s'appuie sur l'économie comportementale.
L'économie comportementale postule que l'homme n'est pas rationnel et que ses décisions sont influencées par des biais cognitifs et des réflexes émotionnels (Source 40).
Les nudges ont été utilisés dans les politiques publiques (ex : alimentation saine, recyclage, dons d'organes).
Ils déconstruisent la croyance en la rationalité des décisions.
Nous sommes influencés par des biais : le biais du temps présent (privilégier la satisfaction immédiate), le biais de confirmation (chercher à confirmer ses propres croyances), le biais d'autocomplaisance (s'attribuer les réussites), le biais de conformisme (faire comme les autres), le biais de favoritisme intragroupe, le biais de négativité (donner plus de poids aux informations négatives) (Source 41).
Les nudges sont peu coûteux et efficaces (ex : empreintes vertes pour inciter à jeter les déchets au Danemark, patch UV de La Roche-Posay, pointillés sur les fromages Caprice des Dieux pour la taille des portions) (Source 42).
La méthode est qualifiée de « paternalisme libertarien » car elle organise des choix sans les forcer.
La transparence est la clé pour éviter la manipulation. La fin justifie les moyens (Source 43).
Les critiques soulignent que les nudges sont des manipulations similaires à celles des publicitaires.
Le slogan du nudge pourrait être : « Vous ne regretterez pas d'avoir été manipulés. »
Le reproche : c'est un « gouvernement des experts », pensant que « la démocratie, c'est bien gentil, mais que les gens font n'importe quoi » (Source 44).
Les grands penseurs critiques des médias
Neil Postman, « Se distraire à en mourir » (1985)
Ce livre analyse la domination du divertissement dans l'espace public et l'impact des médias sur une société dédiée à la distraction (Source 45).
Postman ne se focalise pas sur le contenu, mais sur la forme de transmission des médias, qui est avant tout le divertissement.
« Quand un peuple devient un auditoire et les affaires publiques un vaudeville, la nation court un grand risque. »
Il montre comment nous en venons à adorer les technologies qui détruisent notre capacité de penser.
Il distingue trois âges des médias : l'oral (mémorisation), l'écrit (démonstration, analyse), l'image (destruction de l'espace-temps, perception discontinue, manque de recul critique).
L'image nous ferait percevoir les faits comme un spectacle (cirque, foire).
Le flot continu d'informations inutiles de l'ère de l'électricité et de la télévision mène à une régression : la quantité remplace la qualité, la facilité d'accès engendre la paresse.
Les politiciens, autrefois orateurs et écrivains, argumentaient pour convaincre. Aujourd'hui, la politique est formatée par l'image (Source 46).
Le constat de Postman est pessimiste : l'information continue est une illusion néfaste. « L'offre a vaincu la demande ».
Il critique la télévision non pas pour ce qu'elle offre comme divertissement, mais parce que tous les sujets sont traités sous cette forme (Source 47).
Il faut prendre conscience des dangers des médias, dès l'école, pour les maîtriser.
L'information télévisuelle est décontextualisée, elle ne nous pousse pas à l'action mais offre un sujet de conversation (Source 48 & 49).
La musique dans les JT crée une ambiance qui nous rassure, nous faisant croire que les événements sont aussi peu liés à la réalité qu'une scène de théâtre.
Le télégraphe a légitimé l'information hors de tout contexte, valorisant la nouveauté plus que sa fonction.
La télévision simplifie l'information à l'excès, la vide de sa substance, la dépouille de son contexte, la conditionnant à l'amusement. Pour Postman, la télévision est huxleyenne (Source 49, 50, 51 & 52).
Neil Postman, « Technopoly. Comment la technologie détruit la culture » (1992)
Citation frappante de 1992 : la technologie accroît l'information, met les mécanismes de contrôle à rude épreuve, entraînant une perte de sens, de mémoire et de capacité à imaginer l'avenir (Source 52 & 53). Cette description préfigurait l'ère d'Internet et des smartphones.
Postman (technocritique) dénonce la soumission des notions fondamentales de la culture (liberté, vérité, intelligence) aux machines.
Il distingue trois ères :
Civilisations de l'outil : technologies soumises à l'ordre religieux et moral.
Technocratie : conflit entre rationalité scientifique et idéologie religieuse (ex : Galilée).
Technopoly (XXe siècle) : la technique subordonne toute pensée, le lien entre information et aspirations humaines est rompu (Source 54).
Le « syndrome de Frankenstein » : les machines créées pour un but limité changent nos habitudes de pensée (ex : télescope, téléphone).
La technopoly est une société qui croit que l'objectif principal de la pensée humaine est l'efficacité, que le calcul technique est supérieur au jugement humain, et que les affaires sont mieux guidées par des experts (Source 55).
La technologie modifie notre définition de la pensée, réduisant l'homme à un animal évolué et l'esprit à un système de traitement de l'information.
Mario Vargas Llosa, « La civilisation du spectacle » (2015)
Llosa critique la banalisation des arts et des lettres, le triomphe de la presse people, et la frivolité politique comme symptômes d'une sacralisation du divertissement (Source 55).
La culture, autrefois outil de formation, est remplacée par la primauté du spectacle, conduisant à la distraction de la conscience morale, intellectuelle et politique.
Il dénonce les « fausses icônes », les « denrées périssables de l'esprit », la « décadence morale » et l'« aveuglement ».
Il cite l'exemple de Chris Ofili (sculptures sur bouse d'éléphant, ŒUVRE blasphématoire) et de Frédéric Martel (Mainstream) pour illustrer la décadence culturelle, où le succès n'est plus lié au mérite artistique mais au marketing et à l'arnaque (Source 56 & 57).
Il déplore la disparition de la distinction entre culture et inculture, et l'abolition de toute hiérarchisation des savoirs (Source 57).
Il questionne la pérennité des œuvres d'art contemporain face aux classiques.
Llosa souligne que le progrès scientifique (œuvre de spécialistes) ne doit pas être confondu avec le niveau culturel (œuvre d'individus cultivés). La sur-spécialisation réduit les passerelles entre les gens (Source 58 & 59).
Son ouvrage est critiqué pour son manque de structure et la subjectivité de ses jugements (ex : Duchamp vs. Hirst).
Llosa ne définit pas le périmètre de la « vraie culture », affaiblissant ses arguments.
Marshall McLuhan, « Pour comprendre les médias : les prolongements technologiques de l'homme » (1964)
Pour McLuhan, un média est tout ce qui amplifie les facultés humaines et contribue à construire un environnement social, culturel, et de nouvelles formes de pensée (Source 60).
La notion dépasse les médias de communication (ex: la roue, les vêtements, le train, la monnaie sont des médias).
Il retrace l'histoire de l'humanité à travers trois âges des médias (« La Galaxie Gutenberg ») (source 61):
L'âge tribal : oralité, ouïe dominante.
L'ère Gutenberg : alphabet, écriture, imprimerie, primauté de l'œil.
L'ère Marconi : électricité, électronique, prolongation du système nerveux, relations instantanées à l'échelle planétaire (« village global »).
McLuhan soutient que la technique crée l'organisation sociale et détermine les comportements, étant le moteur principal de l'histoire. Il s'oppose au déterminisme social.
Bien que critiqué, son apport est de souligner la « non-neutralité » du média technique dans la communication (Source 62).
Umberto Eco, « La guerre du faux » (1983)
Cet ouvrage (« Chronique raisonnée de nos nouvelles mythologies ») explore la capacité à saisir du sens là où l'on ne voit que des faits. Il s'inscrit dans le sillage des « Mythologies » de Roland Barthes (Source 62).
« La guerre du faux » consiste à « apprendre à écouter les discours cachés ».
Eco explore l'« hyperréalité » aux États-Unis, où l'imagination veut la chose vraie mais préfère le Faux Absolu (ex : Disneyland, zoos) (Source 62).
Dans « Numéro Zéro » (2015), Eco explore la problématique des fake news. Il montre comment le faux s'insinue dans le discours journalistique par les mots eux-mêmes et la manipulation (Source 63).
Il évoque l'agenda-setting (hiérarchisation des nouvelles pour imposer une interprétation).
La presse, soumise à la logique du marché, construit une information alignée sur sa ligne éditoriale (ex: « Ne suscitons pas de complexes d'infériorité dans le public ») (Source 63 & 64).
Les médias construisent des pseudo-réalités, des faux aux apparences véridiques.
Aujourd'hui, l'objectif n'est plus de former l'opinion, mais de consommer des « petites opinions instantanées ».
La pratique : Instruments pour dissocier le vrai du faux, l'information de la manipulation
Qu'est-ce qui fait qu'on croit ce qu'on croit ? L'apport de la psychologie cognitive.
La Fondation Descartes étudie le lien entre le fonctionnement de la pensée humaine et la croyance aux fake news (Source 65 & 66).
ARTICLE 1 : L'EXPOSITION PRÉALABLE AUGMENTE LA PERCEPTION DE L'EXACTITUDE DES FAKE NEWS. (Gordon Pennycook, Tyrone D. Cannon, et David G. Rand)
Des études montrent que la répétition d'une information la rend plus crédible : c'est l'« effet d'illusion de vérité ». Cela s'explique par la facilité d'accès à la mémoire, interprétée comme un signe de crédibilité (Source 67).
Cet effet peut s'appliquer aux fake news en ligne.
Expérience : une première étude teste l'effet de répétition sur des informations fausses ou fantastiques (ex : « la Terre est un carré parfait ») et sur des informations dont l'exactitude est difficile à connaître a priori (Source 68).
Résultat : l'illusion de vérité ne fonctionne pas sur des informations improbables, mais fonctionne sur des informations fausses dont l'exactitude est difficile à déterminer a priori.
Une seconde étude (Source 69 & 70) examine si la répétition rend les individus crédules aux fake news, même avec des avertissements (« douteux »).
Les participants croient davantage aux fake news répétées, même labellisées « douteuses ». Le label atténue, mais n'annule pas l'effet de répétition (Annexe 71).
Une troisième étude (Source 72 & 73) confirme que l'effet perdure après une troisième exposition, y compris pour les fake news labellisées.
Conclusion : l'exposition répétée aux fake news accroît leur crédibilité, même avec des mises en garde (Source 74 & 75). D'autres mécanismes cognitifs sont impliqués.
ARTICLE 2 : LA SENSIBILITÉ AUX FAKE NEWS PARTISANES EST MIEUX EXPLIQUÉE PAR UN DÉFAUT DE RAISONNEMENT QUE PAR UN RAISONNEMENT MOTIVÉ. (Gordon Pennycook et David G. Rand)
Il y a une tendance à croire davantage aux fake news proches de sa sensibilité politique (Source 75).
Deux théories :
Théorie classique du raisonnement : deux mécanismes cognitifs :
Analytique : lent, délibératif, demande un effort.
Intuitif : rapide, précipité, peu coûteux.
La croyance aux fake news s'expliquerait par un manque d'attention et d'effort intellectuel.
Théorie du raisonnement motivé : le raisonnement analytique peut renforcer la croyance aux fake news en justifiant les positions initiales (ex : Dan Kahan et le changement climatique).
Expérience : 1463 participants sont classés politiquement et soumis à des informations (fake news ou vérifiées) pro-Clinton ou pro-Trump.
Le Cognitive Reflection Test (CRT) est utilisé pour évaluer le type de raisonnement (intuitif vs analytique) (Source 77).
Hypothèse :
Si raisonnement motivé : les analytiques croiront plus aux fake news politiques.
Si raisonnement classique : les analytiques seront moins crédules face aux fake news.
Résultat : les participants les plus analytiques sont les plus sceptiques, indépendamment de leurs préférences politiques. Les intuitifs sont plus crédules (Source 78 & 79).
Conclusion : le raisonnement analytique aide à distinguer les fake news. La question reste de savoir si les compétences analytiques peuvent être apprises et utilisées par les individus intuitifs (Source 80).
ARTICLE 3 : LA CROYANCE AUX FAKE NEWS EST ASSOCIÉE AU DÉLIRE, AU DOGMATISME, AU FONDAMENTALISME RELIGIEUX ET À LA RÉDUCTION DE LA PENSÉE ANALYTIQUE. (M. Bronstein, G. Pennycook, A. Bear, D. G. Rand, T. Cannon)
Méthodologie : 948 participants évaluent 24 informations (12 fake news, 12 vérifiées) et passent des tests de délire, dogmatisme, fondamentalisme religieux, ainsi que le CRT (Source 80).
Résultat : il existe un lien statistique entre la croyance aux fake news et le délire, le dogmatisme et le fondamentalisme religieux. La pensée intuitive est attirée par les fake news, la pensée analytique y résiste davantage (Source 81).
Les modes médiatiques de debunkage (ou « démystification »). L'exemple de « Canal Détox » de l'INSERM, et de « Désintox » d'Arte.
« Canal Détox », de l'INSERM
Série de vidéos et textes pour décoder l'actualité scientifique et vérifier les informations dans le domaine des sciences de la vie et de la santé (Source 82).
Exemple : la fertilité et les idées reçues (Source 83).
L'infertilité touche 1 couple sur 4, avec des causes multiples (sociétales, environnementales, médicales).
L'âge de la maternité recule, la fertilité optimale étant à 25 ans.
Des facteurs environnementaux (perturbateurs endocriniens) sont suspectés, ainsi que des comportements (alcool, tabac, obésité).
Aucune recette miracle ou aliment magique n'a prouvé son efficacité contre l'infertilité (Source 84 & 85).
Les affirmations sur les réseaux sociaux (fruits, ananas, œuf, vitamine B9) sont souvent erronées ou exagérées. Seule une hygiène de vie satisfaisante est recommandée.
Exemple : le défi « sans sucre » (Source 85 & 86).
Les sucres ajoutés sont partout dans les produits industriels (77% des aliments étudiés en France en contiennent).
Il existe différents types de sucres : ajoutés, libres, naturellement présents (Source 87).
La consommation excessive de sucres est dangereuse pour la santé (maladies cardiovasculaires, caries, obésité) (Source 88).
Les défis « sans sucre » peuvent avoir des effets positifs s'ils évitent les sucres libres tout en maintenant un régime équilibré (fruits, légumes, produits céréaliers) (Source 89 & 90).
Les promesses sont parfois exagérées (ex : perte de poids garantie). L'obésité est complexe, multifactorielle.
Réguler les pics de glycémie n'a pas de sens pour la population générale, seulement pour les personnes diabétiques. Les astuces populaires (éviter le sucre au petit-déjeuner, manger des légumes en premier) ne sont pas basées sur des preuves solides pour tous (Source 91).
Les compléments alimentaires pour la « detox anti-sucres » ou la régulation de la glycémie (chrome, etc.) sont mis en doute par les autorités sanitaires (Source 92).
La vraie solution : regarder le Nutri-Score, éviter les aliments ultra-transformés, avoir une activité physique régulière (PNNS) (Source 92 & 93).
« Désintox », sur Arte
Émission qui « passe au radar l'actu, et démêle le vrai du faux » (Source 93).
Exemples : la première image de Bachar Al-Assad en Russie, les bons résultats de Bruno Retailleau sur l'immigration (Annexe 23 & 24).
3 films de critique de la transmission d'informations
« Les nouveaux chiens de garde » (2012, puis 2022) de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat
Le film dénonce l'appartenance de la plupart des médias à des groupes industriels ou financiers liés au pouvoir (Source 95 & 96).
Il accuse les journalistes, éditorialistes et experts médiatiques d'être des « gardiens de l'ordre social », évangélistes du marché.
Il est inspiré du livre de Serge Halimi (1997), lui-même inspiré de Paul Nizan (1932).
Critique du film : bonne dénonciation de la connivence journalistes-politiques-financiers, des origines sociales communes, du cercle restreint d'experts économiques (Source 97).
Limites : le film utilise la « massue » plutôt que l'« aiguillon », mélange charge polémique et pensée argumentée, utilise des extraits décontextualisés, ne donne pas le droit de réponse (Source 98).
Le format du reportage est critiqué pour son côté brouillon et sa longueur (Annexe 99).
Il est reproché au film d'être politisé lui-même (répétez les idées de Nizan, intervenants de gauche). Les critiques reconnaissent néanmoins le caractère stimulant du documentaire, malgré une structure fragile et un militantisme assumé (Source 100).
« La fabrique de l'ignorance » (2021) de Pascal Vasselin et Franck Cuvelier
Le documentaire explore comment la science est instrumentalisée pour nier la science (ex : dangers du tabac, changement climatique, pesticides et abeilles) (Source 101 & 102).
Il révèle des stratégies industrielles (dès les années 1950) pour semer le doute et l'ignorance, notamment en finançant des études scientifiques concurrentes.
Les industries utilisent la science contre la science pour éviter les réglementations et les poursuites judiciaires (Source 102 & 103).
Il dénonce aussi la tactique de dénigrement de la « fausse science » (sciences environnementales, épidémiologie).
L'agnotologie (science de la production d'ignorance) est un champ de recherche lié (Naomi Oreskes, Mathias Girel).
Les réseaux sociaux amplifient la désinformation dans des « communautés toutes d'accord » (David Chavalarias) (Source 104).
Critique du film : bien que puissant dans la dénonciation des stratégies de lobbying, il est critiqué pour son manque de recul face à l'instrumentalisation des mêmes procédés par des idéologies politiques ou mouvements militants (écologistes ultra). Le film ne prend pas en compte que la critique peut aussi venir d'autres partis politiques (Source 105).
« Bolloré, un ami qui vous veut du bien ? » (2016) de Tristan Waleckx et Mathieu Rénier
Ce reportage a entraîné une plainte du groupe Bolloré contre France Télévisions pour « dénigrement », réclamant 50 millions d'euros de préjudice.
La question litigieuse : le reportage relève-t-il du droit de la presse ou du droit du commerce ? (Source 106).
Le reportage met en lumière les activités africaines du groupe Bolloré (huile de palme, conditions de travail) et son influence médiatique.
Bolloré a été débouté de sa plainte en diffamation et condamné à payer des frais de procédure (Source 107). Ces plaintes sont considérées comme des « procédures-bâillons » visant à intimider les journalistes.
Les auteurs du reportage ont reçu le Prix Albert-Londres (Annexe 108).
Le reportage met en lumière les ressorts du pouvoir de Bolloré : concessions portuaires, réseaux d'influence, conditions de travail, utilisation des médias comme outils d'influence (Source 109).
Les modes politiques de debunkage (ou « démystification »). L'exemple des politiques européennes de lutte contre la propagande.
La propagande est définie comme un processus délibéré de persuasion pour obtenir des réponses souhaitées par les propagandistes avant délibération libre. Elle peut inclure des éléments falsifiés (désinformation) (Source 109 & 110).
Le diagnostic européen
Deux tiers des citoyens européens rencontreraient de fausses nouvelles chaque semaine.
La propagande est un problème pour la démocratie.
Qui diffuse la propagande en Europe ? (Source 110 & 111)
Le Kremlin : principale menace, propagande anti-européenne visant à déstabiliser.
La Chine : relai et soutien du Kremlin (moins direct).
Le terrorisme jihadiste : groupes armés non-étatiques (Al-Qaïda, Daech) utilisant les technologies de communication pour recruter et intimider (Source 112).
L'extrême droite : groupuscules suprémacistes, néo-nazis, conspirationnistes (QAnon) diffusant des discours anti-démocratiques (Source 113).
Comment lutter ? Identifier, supprimer, contrer (sans faire de contre-propagande)
Identifier et connaître : l'UE agit comme un forum de coordination, promeut la recherche et le renseignement (Europol contre la propagande terroriste) (Source 114 & 115).
Supprimer : l'UE contraint les plateformes à supprimer rapidement les contenus terroristes (1 heure après injonction). Cette règle s'applique à tous les fournisseurs présents sur le territoire.
Contrer : l'UE refuse la contre-propagande, préférant déconstruire (debunker) et promouvoir des voix modérées et des discours alternatifs positifs sur les valeurs démocratiques européennes. La task force East StratCom a pour objectif de mieux expliquer les valeurs de l'UE. L'UE cherche également à former les citoyens à résister aux discours partiaux et erronés (Source 118 & 119).
Défis : la double approche (UE et États membres) peut créer des incohérences et diluer les responsabilités. Les technologies évoluent rapidement, rendant la suppression difficile (Source 120).
Autres dispositions pour dissocier le vrai du faux
« Une inoculation psychologique pour contrer les « fake news » » (Laure Belot, Le Monde, sept. 2022)
La désinformation en ligne reste un problème majeur.
Une équipe de chercheurs a développé une méthode d'« inoculation psychologique » : exposer à de fausses nouvelles à faible dose pour stimuler l'immunité à la désinformation (comme un vaccin) (Source 121 & 122).
Les vidéos présentent des techniques de manipulation et les décryptent. Elles améliorent la reconnaissance des techniques de manipulation.
Cette solution pourrait être plus efficace que le fact-checking au cas par cas.
Un autre problème majeur est le rôle des algorithmes des plateformes qui diffusent les fausses informations (Source 123).
Désinformation en ligne : l'UE adopte un nouveau code de conduite pour les plates-formes et réseaux sociaux (Le Monde, juin 2022)
Meta, Google, Twitter, Microsoft, TikTok s'engagent à assécher les revenus de la désinformation (Source 123 & 124).
Ils s'engagent à éviter la publicité près des contenus conspirationnistes, à mieux coopérer avec les fact-checkers et à être plus transparents.
L'objectif n'est pas de retirer les infox (liberté d'expression), mais de promouvoir les sources fiables.
Ils promettent de lutter contre les faux comptes, les bots, les usurpations d'identité et les deepfakes malveillants. Une task force est chargée d'évaluer les engagements (Source 124).
« Vers une épidémie de « vrake news », ces vraies infos qualifiées de fausses par ceux que ça arrange ? » (Nicolas Santolaria, Le Monde, mai 2022)
Le néologisme « vrake news » (vrai + fake) désigne une réalité tangible présentée comme fausse par un pouvoir autocratique (Source 125).
Exemple : l'emprisonnement en Égypte de personnes dénonçant l'inflation, qualifiée de « fausse information » alors que les faits économiques la corroborent (Source 125).
Alors que la fake news édifie une réalité alternative en présentant le faux comme vrai, la vrake news nie les évidences et invalide le vrai (Source 126).
Un cas emblématique, qui ne date pas d'hier, à propos de la légitimité des médias à « transcrire le réel » : la polémique Pierre Bourdieu / Daniel Schneidermann (1996)
En 1996, le sociologue Pierre Bourdieu critique l'émission « Arrêt sur images » (France 5), affirmant qu'elle ne peut pas critiquer la télévision car elle utilise les mêmes dispositifs (égalité du temps de parole, prime à la « grande gueule », débats comme du catch) (Source 126 & 127).
Bourdieu se sent « abusé » et dénonce la manipulation de l'émission qui reprend des extraits de ses interventions pour régler ses comptes avec lui.
Il y voit un instrument de domination : la télévision, instrument de communication, est un instrument de censure qui cache en montrant (Source 128 & 129).
Il critique le présentateur qui impose sa problématique, coupe la parole et distribue les signes d'importance, se plaçant en porte-parole du public.
Il dénonce les inégalités réelles masquées par un souci d'équilibre formel, favorisant les « professionnels de la parole » et les « médiatiques » (Source 130 & 131).
Un narratif contre un autre : le cas récent de l'assassinat du jeune Thomas (novembre 2023)
L'assassinat de Thomas à Crépol a suscité deux interprétations divergentes : « parfum de guerre civile » pour les uns, « tragique fait divers » pour les autres (Source 131).
Des médias du groupe Bolloré sont accusés d'imposer un récit de « conflit de civilisation » pour illustrer leurs thèses politiques (« ils font du Gramsci »).
Alexis Pichard critique ces médias pour construire une « réalité parallèle » à partir d'éléments réels.
Chaque camp accuse l'autre de propagande (cf. la « propagande gauchiste » vs. la « propagande anxiogène »).
La vérité n'est pas toujours « au milieu ». S'indigner et prendre parti est un principe démocratique, mais accuser l'autre de propagande bloque le débat.
Nous entrons alors dans une « culture du pur slogan » (ex : campagne MR) (Source 132).
Controverse sur le Président Macron et la « labellisation des médias »
Emmanuel Macron, après les élections de 2017 et 2018, suggère une loi contre les fausses informations pendant les périodes électorales (Source 135, 136 & 137).
Il avait jugé « intéressante » l'initiative Journalism Trust Initiative de Reporters sans frontières pour certifier les médias respectant une déontologie (Source 138 & 139).
La presse de Bolloré a attaqué Emmanuel Macron pour son plaidoyer en faveur de la « labellisation », y voyant une « dérive liberticide » et une menace sur le « free speech » (Source 136).
Macron a précisé qu'il ne s'agissait pas d'un « label d'État » ni d'un « ministère de la vérité ».
Critique : en faisant des recommandations, le président prend le risque d'être perçu comme juge et partie, alimentant la défiance des complotistes.
Macron est aussi critiqué pour sa relation de défiance avec la presse, privilégiant ses propres relais (Facebook Live, vidéos de l'Élysée) et limitant l'accès aux journalistes (Source 140 & 141).
Il est accusé d'avoir « banalisé » le rachat du Journal du dimanche par Bolloré et d'avoir cherché à s'allier avec la vedette de CNews, Pascal Praud.
Conclusion : l'éducation et le développement de l'esprit critique sont plus efficaces que n'importe quel « label » pour lutter contre les fake news (Source 141).
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