Systèmes moteur et somatosensoriel

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Présentation des systèmes moteur et somatosensoriel, incluant la plasticité motrice, les neurones miroirs, et le rôle du toucher dans la cognition sociale.

Ce document explore les systèmes moteur et somatosensoriel, en commençantpar des rappels sur le contrôle moteur, la plasticité cérébrale et l'apprentissagemoteur. Il aborde ensuite le concept des neurones miroirs et leur rôle controversé, avant de plonger dans le système somatosensoriel, dela perception du stimulus au rôle du toucher dans la cognition sociale.

1. Rappels

Le cortex est composé de différentes aires spécialisées dans le contrôle et la perception :

  • Cortex prémoteur

  • Cortex préfrontal

  • Aire motrice supplémentaire

  • Cortex moteur primaire

  • Cortex somesthésique

  • Cortex pariétal postérieur

La hiérarchie des mouvements montre une activation cérébrale différente selon la complexité de l'action :

  • Mouvement simple (ex: pousser un levier) : Activation du cortex somatosensoriel primaire et du cortex moteur primaire.

  • Mouvement séquentiel (ex: séquence motrice) : Activation du cortex prémoteur.

  • Mouvement complexe (ex: tracer un chemin dans un labyrinthe) : Activation du cortex préfrontal, cortex temporal et cortex pariétal.

La planification d'un mouvementsuit un cheminement précis :

  1. L'information visuelle localise la cible.

  2. Les aires motrices du lobe frontal planifient et commandent le mouvement.

  3. La moelle épinière transmet l'information au membre.

  4. Les motoneurones propagent le message aux muscles.

  5. Les récepteurs sensoriels envoient un message au cortex sensoriel pour confirmer l'action.

Le système de contrôle de l'action est basé sur des modèles internes, permettant l'adaptation et la prédiction des mouvements.

2. Plasticité et Apprentissage moteur

Effet de la rééducation sur la représentation corticale

Après une lésion cérébrale, la rééducation joue un rôle crucial dans le maintien de la représentation corticale. Une rééducation précoce permet de prévenir une perte de mouvement et une diminution de la représentation corticale du membre affecté.

Influence de l'apprentissage d'une nouvelle habileté motrice

L'apprentissage moteur modifie l'organisation de la carte corticale. Des études ont montré que l'entraînement à une tâche motrice difficile entraîne une expansion de la représentation corticale des doigts par rapport à une tâche simple, reflétant les modifications neuronales nécessaires à l'acquisition de l'habileté.

3. Système miroir

Mise en évidence des neuronesmiroirs

Les neurones miroirs sont des neurones qui déchargent à la fois lorsque l'on effectue une action et lorsqu'on observe une action similaire effectuée par autrui. Ils ont été initialement découverts dans le cortex prémoteurlatéral ventral des singes.

Ces neurones sont activés par :

  • Des actions dirigées vers un but (atteindre, saisir, tenir).

  • L'observation d'actions similaires réalisées par des agents biologiques.

Ilsse trouvent dans l'aire F5 (homologue de l'aire de Broca) et dans le cortex pariétal inférieur (PF/7b).

Rôles des neurones miroirs

Les neurones miroirs pourraient permettre à l'observateur de :

  • Comprendre directement le but des actions d'autrui.

  • Développer une compréhension "à la première personne" des intentions motrices.

Cependant, les singes imitent le but plutôt que les mouvements individuels, ce qui soulève des questions sur le rôle exact de ce système dans l'imitation. Chez l'homme, le système miroir est actif lors de l'observation de mouvements individuels.

Controverse chez les humains

L'existence et le rôle des neurones miroirs chez l'homme sont débattus. Certains estiment que l'activation des mêmes zones par IRMf lors de l'observation et de l'exécution d'une action n'est pas suffisante pour prouver l'existence d'un mécanisme miroir. Il pourrait s'agir de populations distinctes de neurones visuels et moteurs.

Influence de l'expertise sur l'activation du système miroir

Des études ont montré que l'expertise dans une activité (ex: danse) module l'activation des régions du système miroir. Les experts montrent une plus grande activité des régions du système miroirlorsqu'ils observent des actions qu'ils maîtrisent, par rapport aux non-experts.

Impact de l'expérience multisensorielle sur la perception des actions d'autrui

L'entraînement multisensoriel (physique + visuel + auditif) àdes séquences de mouvements influence l'activation cérébrale. Une expérience croissante avec un mouvement observé mène à une activation accrue du cortex prémoteur gauche, du gyrus temporal supérieur et du sillon intrapariétal bilatéral, régions faisantpartie du réseau d'observation de l'action.

4. Système Somatosensoriel

a) Du stimulus à la perception

Le système somatosensoriel est responsable de la collecte et de l'intégration de l'information sensorielle provenant du corps.

1. Les récepteurs sensoriels

Les récepteurs sensoriels sont spécialisés dans la transduction de l'énergie sensorielle en activité neuronale. Chaque système réagit à une forme d'énergie spécifique :

  • Vision : Photorécepteurs (énergie lumineuse).

  • Audition : Récepteurs auditifs (ondes sonores en énergie mécanique).

  • Somatosensation : Récepteurs sensibles au toucher, à la pression, à la douleur (énergie mécanique).

  • Gustation et Olfaction : Récepteurs chimiques (molécules chimiques).

2. Les relais neuronaux

Chaque système sensoriel possède des récepteurs qui se connectent au cortex via une succession de 3 ou 4 neurones, se relayant dans :

  1. Lamoelle épinière

  2. Le tronc cérébral

  3. Le thalamus

  4. Le néocortex

3. Codage sensoriel et représentation

Le système somatosensoriel regroupe les mécanismes nerveux qui recueillent l'information sensorielle du corps. Il implique :

  • Récepteurs sensoriels : convertissent l'énergie externe en énergie électrochimique.

  • Transmission : messages afférents de la périphérie vers la moelle épinière ou le tronc cérébral, puisvers le thalamus et le cortex.

  • Perception : traitement des données au niveau du cortex.

Caractéristiques du stimulus codées par le récepteur

  • Localisation : Définie par le champ récepteur, larégion cutanée où un stimulus active un récepteur.

  • Modalité : Chaque récepteur est spécifique à un type de stimulus (ex: toucher léger, chaleur).

  • Intensité : Codée par l'amplitude du potentiel récepteur(phénomène local gradué), la fréquence de décharge et le nombre de récepteurs recrutés (codage de population).

  • Durée : Codée par la durée du potentiel récepteur. Un stimulus long peut entraîner un phénomène d'adaptation.

b) Différentes sous-modalités

La somesthésie comprend plusieurs sous-modalités :

  • Sensibilité mécanique (toucher, pression)

  • Sensibilité thermique (chaleur, froid)

  • Sensibilité chimique

  • Douleur (nociception)

L'organe sensoriel : la peau

La peau a une double fonction :

  • Protection : contre les dangers physiques, chimiques et thermiques.

  • Organe sensoriel : détecte les stimuli du monde extérieur.

Rôles du système somatosensoriel :

  1. Équilibre homéostatique (ex: température corporelle).

  2. Perception de stimuli potentiellement nocifs (ex: douleur).

  3. Identification d'objets et de matériaux par le toucher (ex: forme, texture).

  4. Proprioception : sens de la position du corps et des membres.

Les récepteurs tactiles

Différents types de fibres tactiles sont spécialisés pour des sensations spécifiques :

  • Fibres A-bêta : vibration, mouvement, pression, étirement, mouvement des poils longs.

  • Fibres A-delta : mouvementsdes poils courts (désagréable).

  • Fibres C : mouvements des poils courts (agréable), température.

Ces fibres sont associées à des récepteurs spécifiques :

  • Adaptation rapide:

    • FA-I (Corpuscules de Meissner) : changement de force du bout du doigt, discrimination de forme, stimuli en mouvement.

    • FA-II (Corpuscules de Pacini) : vibrations.

  • Adaptation lente :

    • SA-I (Cellules de Merkel) : force du bout du doigt, discrimination de forme.

    • SA-II (Corpuscules de Ruffini) : étirement.

Chaque récepteur sensoriel possède un champ récepteur, répondant à une partie spécifique du monde extérieur.

c) Codage spatial

Discrimination spatiale

La discrimination spatiale est évaluée par le test de discrimination de deux points, qui mesure la plus petite distance entre deux stimuli pourqu'ils soient perçus comme distincts. Cette capacité dépend de :

  • La densité des récepteurs.

  • La surface des champs récepteurs.

La discrimination spatiale est améliorée par les inhibitions latérales, unprocessus neuronal qui accentue le contraste entre des stimuli proches.

Traitement de l'information tactile au niveau cortical

La surface du cortex somesthésique primaire dédiée à une région du corps n'est pas proportionnelle à sa taille, mais à la quantité de récepteurs sensoriels.Cela conduit à l'existence de l'homonculus sensoriel.

Les aires somesthésiques comprennent :

  • Cortex somesthésique primaire (SI) et secondaire (SII).

  • Cortex pariétal (aires5 et 7).

Elles sont caractérisées par :

  • Quatre aires corticales distinctes (1, 2, 3a et 3b).

  • Une somatotopie (représentation spatialedu corps).

  • Une organisation en colonnes.

  • Une plasticité des cartes corticales sensorielles.

La plasticité des cartes corticales sensorielles a été démontrée par des expériences montrant la réorganisation du cortex après lasuppression des vibrisses chez la souris, où les régions corticales adjacentes s'étendent pour occuper l'espace laissé vacant.

d) Rôle du toucher dans la cognition sociale

Le toucher affectif

Il existe différents types de toucher :

  • Toucher discriminatif : Détecte la déformation physique de la peau, la douleur, la température. Médié par les fibres rapides.

  • Toucher affectif : Médié par les fibres C-tactiles. Il est associé à uneperception agréable, particulièrement à température corporelle et à une vitesse de caresse lente (1-10 cm/s).

Les fibres C-tactiles sont optimales pour des caresses à des vitesses comprises entre 1 et 10 cm/s, avecune relation en forme de U inversé. Une corrélation positive existe entre la fréquence de décharge des afférences C-Tactiles et le caractère agréable de la caresse. Ces fibres se trouvent principalement dans la peau velue.

Bases neurales du toucher affectif

Le toucher affectif active des régions différentes de celles du toucher discriminatif. Il est associé à une activation de l'insula postérieur plutôt que du cortex somatosensoriel. Des études d'imagerie et de lésion ont montré que le cortex operculo-insulaire controlatéral postérieur est causalement impliqué dans la perception du toucher CT-optimal comme plus agréable que le toucher CT-suboptimal.

Des lésions spécifiques de l'insula postérieure entraînent une réduction de la sensibilité à l'agréabilité du toucher affectif. De plus, la jonction fronto-insulaire antérieure droite est nécessaire pourpercevoir le caractère agréable du toucher CT-optimal sur l'avant-bras ipsilatéral.

Implications sociales du toucher

Le toucher est le premier sens à se développer et joue un rôle crucial dans la communication interpersonnelle et le développement. Le besoin de toucher augmente avec l'âge.

Le toucher affectif a un rôle important dans la communication interpersonnelle, transmettant des émotions (ex: colère, peur, dégoût, amour) et des intentions.

Synthèse et Points Clés

  • Le système moteurutilise une hiérarchie de structures cérébrales pour planifier et exécuter des mouvements, du simple au complexe.

  • La plasticité motrice permet au cerveau de se réorganiser en réponse à la rééducation après une lésion ou à l'apprentissage de nouvelles habiletés, changeant lescartes corticales.

  • Les neurones miroirs sont activés lors de l'exécution et de l'observation d'actions, et pourraient jouer un rôle dans la compréhension des intentions d'autrui, bien que leur rôle exact chez l'homme soit encore débattu.

  • L'expertise et l'expérience multisensorielle modulent l'activation du système miroir.

  • Le système somatosensoriel capte et traite l'information tactile, thermique et douloureuse via des récepteurs spécialisés et des voies neuronales hiérarchiques.

  • Les caractéristiques du stimulus (localisation, modalité, intensité, durée) sont codées par les récepteurs et traitées.

  • La discrimination spatiale dépend de la densité et de la taille des champs récepteurs, et est affinée par l'inhibition latérale.

  • Le cortex somatosensoriel présente une somatotopie (homonculus sensoriel) et une plasticité.

  • Il existe un toucher affectif (médié par les fibres C-tactiles) distinct du toucher discriminatif, ayant des bases neurales spécifiques (insula) et jouant un rôle essentiel dans la cognition sociale et la communication interpersonnelle.

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