Science de l’éducation 2

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Histoire de l'École en France : De Charlemagne à nos jours

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Domanda
Quelle loi de 1833 a rendu l'école primaire obligatoire pour les garçons dans les communes de plus de 500 habitants ?
Risposta
La loi de 1833 qui a rendu l'école primaire obligatoire pour les garçons dans les communes de plus de 500 habitants est la Loi Guizot, votée le 28 juin 1833.
Domanda
Quelle réforme de 1975 a conduit à la création du "collège unique" ?
Risposta
La réforme Haby de 1975.
Domanda
Quelle nouvelle épreuve orale a été introduite au Baccalauréat avec la réforme de 2019 ?
Risposta
Le Grand Oral a été introduit avec la réforme du Baccalauréat de 2019.
Domanda
Quelle mesure du décret Berthoin de 1959 a étendu la scolarité obligatoire ?
Risposta
Le décret Berthoin de 1959 a étendu la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans.
Domanda
Citez les trois principes fondamentaux des lois scolaires de Jules Ferry.
Risposta
Les trois principes fondamentaux des lois scolaires de Jules Ferry sont : la gratuité, la laïcité et l'obligation.
Domanda
Quel philosophe des Lumières défendait l'éducation du peuple, contrairement à Voltaire ?
Risposta
Diderot.
Domanda
Quelle invention du XVe siècle a rendu les livres plus abordables et stimulé la lecture ?
Risposta
L'imprimerie de Gutenberg.
Domanda
Quel empereur a réorganisé l'école en France en 789 ?
Risposta
Charlemagne
Domanda
Décrivez brièvement la structure duale de l'enseignement sous la IIIe République.
Risposta
Sous la IIIe République, l'enseignement était structuré en deux réseaux distincts : l'ordre primaire, ou "école du peuple", destiné à la majorité des enfants jusqu'à 12-13 ans, et l'ordre secondaire, ou "école des notables", dispensé dans les lycées et réservé à une élite sociale. Ces deux systèmes étaient régis par des administrations, des programmes et des corps enseignants différents, avec très peu de passerelles entre eux.
Domanda
Quelle est l'une des raisons principales de la troisième explosion scolaire (1985-1995) ?
Risposta
L'une des raisons principales de la troisième explosion scolaire (1985-1995) est la création du baccalauréat professionnel en 1985, en réponse à un besoin de diplômes professionnels intermédiaires.
Domanda
Quel était l'un des objectifs majeurs de l'école de la République après la défaite de 1870-1871 ?
Risposta
Après la défaite de 1870-1871, l'un des objectifs majeurs de l'école de la République était de former le citoyen et le soldat, en développant l'esprit de patriotisme et en unifiant la nation.
Domanda
Quelle est la durée de l'instruction obligatoire en France depuis la loi de 2019 ?
Risposta
Depuis la loi de 2019, l'instruction est obligatoire en France de 3 à 16 ans.
Domanda
Quel diplôme national universitaire en 3 ans, reconnu au grade licence, a été créé en 2021 ?
Risposta
Le Bachelor universitaire de technologie (BUT) a été créé en 2021. C'est un diplôme national universitaire en 3 ans reconnu au grade licence.
Domanda
Comment la mise en place de l'École unique a-t-elle transformé le mode de socialisation des jeunes ?
Risposta
La mise en place de l'École unique a considérablement étendu le rôle de l'école dans la socialisation des jeunes, réduisant l'influence de la famille et de l'entreprise. Elle a également conduit à une homogénéisation (relative) des conditions d'existence et des mœurs des jeunes, quel que soit leur milieu social.
Domanda
Quel est le rôle du diplôme sur le marché du travail depuis les années 1960 ?
Risposta
Depuis les années 1960, le rôle du diplôme sur le marché du travail s'est considérablement renforcé et généralisé. Il est devenu indispensable pour l'accès à l'emploi, agissant comme la meilleure protection contre le chômage, les bas salaires et la précarité. Cette évolution est due à la salarisation croissante du monde du travail et au besoin grandissant de postes qualifiés. Cependant, le diplôme est devenu moins suffisant qu'auparavant pour garantir un emploi ou un salaire élevé, et son rôle d'"ascenseur social" est de plus en plus contesté.

CHAPITRE 1 : Histoire de l'éducation en France

L'éducation en France a une histoire riche et complexe, marquéepar des figures emblématiques et des réformes profondes qui ont façonné le système tel que nous le connaissons aujourd'hui.

a. L'école avantla IIIème République

Bien que Charlemagne et Jules Ferry soient souvent associés à la fondation de l'école en France, l'institution éducative a des racines bien plus anciennes et a évolué à travers les siècles.

789 : Charlemagne réinvente l'école

  • Origine de l'école: L'école existait depuis 3000 av. J.-C., bien avant Charlemagne.

  • Objectifs de Charlemagne :

    • Augmenter le niveau de connaissances dans son empire.

    • Renforcer les valeurs religieuses, car il croyait que la lecture et l'écriture en latin rapprocheraient l'empire du "royaume de Dieu".

  • Contexte : Très peu de personnes savaient lire et écrire à cette époque, principalement les moines quidétenaient les livres.

  • Mesures prises :

    • Ouverture d'une école dans chaque monastère.

    • Instruction confiée aux abbés et évêques pour les garçons de bonne naissance destinés aux ordres ou au clergé.

    • Enseignements principaux : lecture, grammaire (pour prêcher), écriture (pour recopier les ouvrages), chant (pour la liturgie), calcul (pour le calendrier religieux).

  • Innovation : La minuscule caroline :

    • Ancienne écriture :mérovingienne (lettres majuscules, longue à tracer).

    • Nouvelle écriture : minuscule caroline (plus lisible et facile à reproduire), imposée par Charlemagne pour généraliser l'instruction.

Époque moderne : éducation rime avec religion

  • Renaissance : L'école reste élitiste, réservée à la noblesse et la haute bourgeoisie.

  • Importance de l'imprimerie (1450) :

    • Invention par Johannes Gutenberg.

    • Avant: livres manuscrits, très chers (objets de luxe).

    • Après : livres plus abordables, stimulant l'apprentissage de la lecture (moins de 10% de la population savait lire avant).

  • XVIe siècle : Ouverture de collèges dans les grandesvilles, démocratisant l'enseignement malgré les coûts élevés.

Les Lumières, entre instruction élitiste et publique

  • XVIIIe siècle : Le mouvement des Lumières promeut la diffusion du savoir.

  • Points de vue opposés surl'éducation :

    • Voltaire : Favorable à une éducation limitée au souverain et à l'élite, craignant que des paysans instruits se détournent de leur labeur ("essentiel qu'il y ait des gueux ignorants").

    • Diderot et Condorcet :

      • Diderot : Prône l'éducation du peuple pour "civiliser" la nation.

      • Condorcet : Propose en 1792 un projet d'instruction publique basé sur l'égalité, lalaïcité et la liberté, estimant que des citoyens instruits sont nécessaires à la souveraineté nationale. Ce projet n'aboutira pas en raison de la guerre.

  • XIXe siècle : L'idée de généraliser l'enseignement primaire progresse et contribue au développement du sentiment national. Le siècle est marqué par des confrontations entre laïcs et religieux concernant l'enseignement.

  • Premier Empire (Napoléon) :

    • Mise en place d'une institution scolaire autonome pour le secondaire (lycées) et le supérieur (universités).

    • 1808 : Réintégration du Baccalauréat sous sa forme actuelle.

      • Première session (1809) : 31 candidats admis.

      • Examen oral sans évaluation chiffrée (mentions de "très bien" à "mal").

    • Le primaire reste sous le contrôle de l'Église.

  • Monarchie de Juillet :

    • Loi Guizot (28 juin 1833) : Première loi sur l'enseignement primaire.

      • Autorise les particuliers à organiser des écoles primaires (liberté d'enseignement partielle).

      • Obligation scolaire pour les garçons dans les communes de plus de 500 habitants.

      • Choix laissé libre entre enseignement religieux ou laïc, l'Église conservant un rôle prépondérant.

  • Second Empire :

    • Loi Duruy (10 avril 1867) : Étend l'obligation scolaire aux écoles de filles.

    • Loi Falloux (1850) :

      • Organisation des académies au niveau départemental (recteur et conseil académique).

      • Renforce le rôle des religieux en autorisant l'enseignement catholique et leur accorde une grande part dans l'organisation de l'enseignement (évêques membres de droit des conseils d'académie,surveillance conjointe du curé et du maire, possibilité de mutation d'un instituteur par l'évêque).

La Troisième République

Les lois scolaires de la Troisième République ont jeté les bases du système éducatif moderneen France, caractérisé par la gratuité, la laïcité et l'obligation scolaire.

  • Lois Ferry (1881-1882) : Instauration des principes fondamentaux :

    • Gratuité (16 juin 1881) : Condition préalable à l'obligation.

    • Obligation scolaire de 6 à 13 ans (28 mars 1882).

    • Laïcité : Suppression de l'instruction religieuse des programmes, remplacée par l'instruction morale et civique.L'enseignement religieux est autorisé en dehors des heures et locaux scolaires.

  • Transformation des contenus :

    • Objectif précédent : alphabétisation (lire/écrire).

    • Avec Jules Ferry : Mission de l'école primaire étendue à la transmission de savoirs, savoir-faire et valeurs pour former des citoyens d'un pays moderne.

  • Les "hussards noirs de la République" (instituteurs) :

    • Apprentissage de la lecture, écriture (maîtrise de la langue nationale, audétriment des patois) et du calcul.

    • Notions de base : histoire, géographie (Le Tour de France de deux enfants), leçons de choses, économie ménagère (filles), bricolage (garçons).

    • Formation du citoyen républicain : morale républicaine (laïcisant la morale chrétienne), patriotisme.

    • Contexte historique : La défaite de 1870-1871 et la perte de l'Alsace-Lorraine ont renforcé la nécessité de créer un État-nation uni (cartes degéographie avec ces régions en violet, couleur de deuil).

  • L'école, formatrice du citoyen et du soldat :

    • Éducation militaire et patriotique omniprésente : gymnastique (exercices militaires), histoire et géographie (amour de lapatrie), morale (respect de la loi), instruction civique (citoyen-soldat).

    • Nouveaux manuels et revues pédagogiques exaltant le patriotisme.

    • Certaines municipalités organisaient des "bataillons" armés pour les garçons, entraînés parles instituteurs le dimanche. Citation de Jean Macé : "L'important, c'est de commencer tout de suite et de donner aux campagnes de France le spectacle de leurs enfants se préparant, dès l'école, à défendre le sol de la patrie..."

  • Programmes hebdomadaires (30 heures) :

    • Français : 2 heures/jour.

    • Disciplines scientifiques (calcul, sciences) : 1,5 heure/jour.

    • Géographie, histoire, instruction civique : 1 heure/jour.

    • Quotidien : gymnastique, lecture morale.

    • Hebdomadaire : dessin, travaux manuels, chant (2-3 leçons).

  • Résultats :

    • L'analphabétisme a presque disparu au début du XXe siècle.

    • En 1935, 50% des élèves quittent le primaire sans le CEP (réservé aux "bons élèves" préparés par l'instituteur).

  • Limites de la démocratisation :

    • Jules Ferry n'a pas démocratisé l'enseignement secondaire.

    • Des bourses existaient pour des élèves méritants des milieux populaires, mais la séparation sociale restait forte dans le secondaire.

      • L'école de Jules Ferry est l'école primaire du peuple.

      • L'enseignement secondaire (payant jusqu'en 1930) était de fait réservé aux enfants de la bourgeoisie, évitant le brassage social.

b. La structuration de l'enseignement sous la IIIème République

Le système éducatif sousla IIIe République était dual, avec deux ordres distincts s'adressant à des populations différentes.

Contenu de la IIIème République

  • Réseaux de l'enseignement :

    • L'ordre primaire

    • L'ordre secondaire

  • École duale : Les deux ordres étaient distincts et ne se suivaient pas comme aujourd'hui.

  • L'ordre primaire : L'"école du peuple"

    • Scolarise les enfants jusqu'à 12-13 ansdans des écoles primaires et élémentaires.

    • Permettait des scolarités prolongées en cours complémentaires, écoles primaires supérieures, ou écoles normales (instituteurs/institutrices).

  • Organisation pédagogique de l'école élémentaire (loi du 28 mars 1882) :

    • Classe enfantine : 1 à 2 ans (entrée à 5 ou 6 ans).

    • Cours élémentaire : 2 ans (7 à 9 ans).

    • Cours moyen : 2 ans (9à 11 ans).

    • Cours supérieur : 2 ans (11 à 13 ans).

  • Certificat d'Études Primaires (CEP) :

    • Préparé la dernière année du cours supérieur.

    • Premierdiplôme pour les carrières administratives, services publics, collectivités territoriales ("ce qu'il n'est pas permis d'ignorer").

    • Seuls les élèves ayant des chances de réussir étaient présentés.

  • Débouchés de l'école primaire :Ouvrier, agriculteur, petit artisan, petit commerçant, petit employé.

  • L'ordre secondaire : L'"école des notables"

    • Dispense l'enseignement dans des lycées jusqu'à la fin des années 1920.

    • Administrations, corps d'inspecteurs, modes d'enseignement, statuts et carrières des enseignants très différents entre les ordres.

    • Très rare de passer d'un système à l'autre.

    • Jules Ferry : Père de l'école primaire obligatoire du peuple, pas de l'école unique.

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Le système scolaire sous la Troisième République

L'ordre du secondaire

  • Accès :

    • Accueil d'une très petitefraction de la population.

    • Entrée en 11ème (actuel CP), sortie en terminale.

    • Parents bourgeois pouvaient mettre leurs enfants en privé avant la 6ème si pas de place au lycée.

    • Lycées peu nombreux, situés dans les centres des grandes villes.

  • Coût :

    • Payant jusqu'en 1930, nécessitant des ressources financières.

    • Gratuité mise en place après 1930, mais remplacée par un examen d'entrée en 6ème (jusqu'aux années 1960).

    • Bourses principalement attribuées à la petite bourgeoisie urbaine (petits commerçants, artisans, employés).

  • Proportion des scolarisés :

    • De l'XVIIIe siècle à l'entre-deux-guerres : environ 1% de la population totale bénéficiait de l'enseignement secondaire.

    • Taux de bacheliers : 1% (1880), 2% (1920), 3,5% (1939), 4% (1945).

    • Années 1930 : 4 à 5% des enfants d'une génération entraient dans le secondaire.

L'ordre du primaire

  • Instruction obligatoire : Pour les enfants des deux sexes,de 6 à 13 ans.

  • Lieux d'enseignement : Établissements primaires/secondaires, écoles publiques/libres, ou à domicile (par le père ou personne choisie).

  • Rythme scolaire : 5 jours/semaine ;jeudi et dimanche jours de repos.

  • Diversification des enseignements (Lois Ferry) :

    • Priorité : lire, écrire, compter.

    • Nouvelles matières : mathématiques, géométrie, sciences physiques et naturelles, travail manuel, dessin, chant, gymnastique.

  • Volonté d'encyclopédisme :

    • compensates the brevity of schooling.

    • Objectif : Assurer l'acquisition des connaissances jugées nécessaires pour entrer dans la vie active.

    • Principe de l'enseignement "concentrique" : Répartition en trois divisions (élémentaire, moyen, supérieur, chacun 2 ans). Le même programme est revu et approfondi à chaque division.

  • Discipline :

    • Maîtres sévères : bonnet d'âne, punitionslourdes, retenues, châtiments corporels (coups de bâton).

  • Commission municipale scolaire : Instituée dans chaque commune pour surveiller et encourager la fréquentation scolaire.

  • Règlement pédagogique (arrêté du 27 juillet 1882) :

    • Très précis, détaillant l'organisation et les programmes par matières et niveaux.

MATIERES DE L'ENSEIGNEMENT.

COURS ÉLÉMENTAIRE.

COURS MOYEN.

COURS SUPÉRIEUR.

Lecture.

Alphabet, épellation, lecture courante dans un livre.

Lecture courante dans les livres avec explication.

Lecture dans les livres,avec explication et compris rendus.

Écriture.

Principes de l'écriture.

Cursive grosse, moyenne et fine.

Cursive, ronde et liliarde.

Langue française.

Exercices élémentaires d'orthographe - Dictées d'un genre simple au tableau.

Exercices d'orthographique. Dictées sur entier.

Application raisonnée des règles de la grammaire sur des textes classiques. Exercices de rédaction d'un genre simple

Calcul.

Principes de la numération: exercices pratiques sur les quatre règles (nombres entiers).

Exercices sur les quatre règles (nombres entiers et décimaux).

Étude raisonnée de l'arithmétique (nombres entiers et décimaux). (Fractions ordinaires). - Applications aux opérations pratiques.

Système métrique.

Nom et usage des mesures métriques.

Exercices pratiques sur les différentes mesures.

Applications du système métrique à la mesure des volumes et des surfaces.

Leçons de choses.

Enseignement par l'aspect (cartes murales, images solides géométriques, reproductions au tableau noir).

Histoire de France.

Entretiens et récits surles principaux personnages et les grands faits.

faits Suits des faits depuis les origines jusqu'à nos jours.

Revision rapide des grands faits jusqu'à la guerre de 100 ans. Histoire développée depuis la guerre de 100 ansjusqu'à nos jours.

Géographie

Notions de géographie générale; définitions.

Notions sommaires sur les cinq parties du monde et sur l'Europe en particulier.

Géographie physique, politique, agricole, industrielle et commerciale de laFrance.

Dessin.

Éléments de dessin linéaire.

Dessin linéaire.

Dessin linéaire et d'ornement.

Chant.

Continuation des chants de la salle d'asile.

Études des principes.

Rédaction de morceaux à une voix ou de chœurs.

Exercices de mémoire.

Fables ou morceaux choisis très-simples, en vers ou en prose.

Morceaux choisis dans des textesclassiques.

Morceaux choisis dans des textes classiques.

Couture.

Premiers éléments de couture.

Travaux de couture usuelle.

Travaux de couture usuelle.

Gymnastique.

*

*

*

Instruction morale et civique.

*

*

*

Instruction religieuse.

Catéchisme et récits de l'Histoire sainte.

Catéchisme et récits de l'Histoire sainte.

Catéchisme et récits sur l'Ancien et le Nouveau Testament.

Règlement pédagogique des écoles primaires de Maine-et-Loire, Bulletin de l'Instructionprimaire, janvier-février 1882, PER 3-23/4

L'enseignement primaire supérieur et les cours complémentaires

  • Poursuite d'études après le CEP : Possible dans l'enseignement primaire supérieur.

    • Écoles primaires supérieures (EPS) : Durée de 4 ans.

    • Cours complémentaires (CC) : Durée de 2 ans.

  • Accessibilité :

    • Ces écoles étaient gratuites.

    • Accès limité : Présentes uniquement dans les villes, nécessitant des internats onéreux.

    • Seule l'élite des enfants du peuple y accédait.

  • Débouchés : Devenir instituteur ou accéder à des emplois d'encadrement intermédiaires.

L'enseignement professionnel

  • Contexte : Difficile à décrire avant la Seconde Guerre mondiale.

  • Responsabilité : Assurée par les communes et le patronat.

c. Le rôle éducatif de l'école

L'école de la IIIème République avait des missions éducatives variées, allant de la formation du citoyen à l'inculcation des bonnes pratiques d'hygiène.

Former le citoyen et le soldat

  • Omniprésence de l'éducation militaire et patriotique :

    • Gymnastique : Exercices militaires.

    • Histoire et Géographie : Faire aimer la patrie.

    • Morale : Respect de la loi et des institutions.

    • Instruction civique : Préparer le citoyenà être un soldat prêt au sacrifice.

    • Présent également dans les dictées, lectures, rédactions.

  • Influence des manuels et revues : Exaltent l'amour de la patrie et unifient la France parle patriotisme.

  • Initiatives locales : Certaines municipalités organisaient des "bataillons" armés pour les garçons des écoles communales, souvent encadrés par les instituteurs le dimanche.

L'hygiène à l'école

  • L'école comme terrain des politiques sanitaires :

    • Promotion de l'hygiène et prévention des fléaux (alcoolisme, violence conjugale, scoliose, myopie, maladies contagieuses) auprès des futurs citoyens.

    • Lois scolaires de 1881-1882: Outil pour asseoir le régime.

  • Lutte antialcoolique :

    • Considéré comme une cause de dégénérescence de la jeunesse et de la défaite de 1870.

    • Affiches, manuelsscolaires et phrases de morale utilisés.

    • Circulaire du 9 mars 1897 : Introduction de la lutte antialcoolique dans les programmes.

  • Architecture des locaux scolaires :

    • Clairs et aérés grâce à de nombreuses fenêtres.

  • Rôle de l'enseignant :

    • Veiller à la propreté de la classe.

    • Inculquer l'hygiène corporelle (cheveux courts/attachés, blouse protectrice).

    • Corriger les mauvaises habitudes :

émorisation intensive de dates, personnages, événements.

  • Géographie : Exercice de mémoire fastidieux (situer départements, nommer fleuves, altitudes).

Chérir la patrie

  • Leçon de morale :

    • Moment clé de la journée, fil conducteur des autres matières.

    • Enseigne les règles de la civilité.

    • Morale exigeante : culte du travail, du devoir, de la sobriété, de la vertu, de la prévoyance, de la persévérance.

  • Manuels scolaires : Œuvrent à élever le patriotisme de l'écolier pour en faire un "Citoyen soldat".

L'éveil des vocations

  • Dessin :

    • Enseigné, mais considérécomme moins fondamental.

    • Exercices souvent répétitifs, peu propices à la création artistique.

  • Couture (pour les filles) :

    • Place importante à l'école primaire du début du siècle.

    • La "marque" (tissu carréavec nom de l'élève) : symbole de l'initiation à l'entretien du trousseau, consécration du savoir-faire domestique.

  • "Science du ménage" :

    • Approche plus proche du conditionnement que de l'enseignement.

    • Renforce l'idée de l'infériorité féminine et l'idéal de renoncement/abnégation, plutôt que l'émancipation. Exalte la femme idéale et parfaite.

La distribution des prix

  • Origine : Fort essor dans les collèges parisiens au XVIIe siècle.

  • Récompenses : Le livre (prestiges des Jésuites) et la boîte de compas (cadeaux classiques des parents fortunés).

Le Certificat d'Études(Primaires)

  • Passage : À 13 ou 14 ans.

  • Taux de réussite :

    • 1900 : 20% des élèves de l'école primaire l'obtiennent.

    • 1939 : 50%.

  • Utilité :

    • Pour les ouvriers, agriculteurs : peu utile concrètement, mais forte valeur symbolique.

    • Indispensable pour : service public (chemins defer, poste), employés de bureau (banques).

d. Répartition de la population scolarisée dans les différents secteurs de l'enseignement

Une enquête sur les jeunes nés en 1921 (âgés de 11 à 17 ans) a révélé la répartition suivante :

  • 80% : Enseignement primaire seulement.

  • 10% : Enseignement primaire supérieur.

  • 6,5% : Enseignement secondaire.

  • 3,5% : École d'enseignement professionnel.

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Quelle est l'utilité de l'École pour trouver unemploi sous la IIIe République ?

  • Lien entre diplôme et emploi :

    • Enquête FQP 1985 (cohorte 1913-1934) : 34% des garçons et 37% des filles quittent l'école sans diplôme.

    • Le diplôme avait un rôle limité dans l'embauche (par exemple, pour les femmes, souvent une "dot scolaire").

    • Pour les hommes, seulement un tiers avait un diplôme "utile" pour l'embauche.

    • Exemple : Les contremaîtres (agents de maîtrise) avaient souvent un certificat d'études, mais celui-ci n'était pas demandé à l'embauche. Sa possession témoignait d'une maîtrise essentielle à des tests d'entreprise facilitant l'accès aux postes d'encadrement.

  • Socialisation :

    • Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, la socialisation était assurée par trois institutions équivalentes : la famille (transmission des savoirs professionnels pour agriculteurs et ouvriers), l'école et l'entreprise (embauche par cooptation).

    • Ce dispositif sera profondément modifié à partir des années 1960.

2. Des années 1930 aux années 1960 : Le cloisonnement entre les deux écoles se fissure

Cette période marque une transition avec une remise en question progressive de la séparation rigide entre l'enseignement primaire et secondaire.

  • Changement de dénomination : Le ministère de l'Instruction publique devient le ministère de l'Éducation Nationale le3 juin 1932.

  • Exigence du brevet supérieur : Pour les instituteurs.

  • Examen d'entrée en sixième (1933-1934) :

    • Créé suite à la décisionde rendre l'accès aux classes secondaires publiques progressivement gratuit.

    • Examen écrit uniforme pour évaluer si l'élève a une instruction suffisante pour entrer en 6ème.

  • Front Populaire (1936) :

    • Jean Zay (ministre de l'Éducation) prolonge l'obligation scolaire à 14 ans, ce qui augmente le nombre d'élèves. Cette "classe de fin d'études primaires" prépare à la vie active.

    • Les enseignants obtiennent une grande liberté d'initiative.

  • Idée de "l'école unique" (1937) :

    • Jean Zay propose de passer d'une organisation par "ordres" (primaire/secondaire) à une organisation par "degrés" selon l'âge.

    • Objectif : Une école unique où tous les enfants suivraient une scolarité commune jusqu'à 14 ans au moins.

  • Réorganisation par degrés :

    • 1er degré : Classes élémentaires des lycées et collèges rattachées à la direction du premier degré.

    • 2ème degré : Écoles primaires supérieures rattachées au second degré.

    • Conséquence : La proportion de jeunes d'origine populaire accédant au second degré passe de 9% à 33%.

Les cours complémentaires restent dans le premier degré et continuent à préparer des élèves au concours des écoles normales.

  • Après les cours complémentaires : Accès possible aux classes de seconde des lycées (filières menant au baccalauréat desciences expérimentales).

  • Démocratisation sous la IVe République (1944-1958) :

    • Allongement de la durée des études.

    • Forte demande populaire : Public des cours complémentaires augmente de plus de 225% entre 1948 et 1958, composé aux deux tiers d'élèves d'origine populaire.

  • Réforme inachevée : La Seconde Guerre mondiale interrompt la mise en œuvre de la réforme de Jean Zay. L'idée d'"école unique" ne se concrétisera qu'après-guerre.

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Le système scolaire après 1936

3. La mise en place de l'École unique

La période d'après-guerre a vu la concrétisation de l'idée d'une "école unique", jetant les bases du collège et lycée modernes.

a. Le décret Berthoin de 1959

Laréforme Berthoin établit le troisième régime de scolarisation, unifiant l'accès à l'école pour tous les jeunes.

  • Contexte :

    • Jean-Marie Berthoin : Ministre du Général de Gaulle, expert proche du patronat.

    • Rapport pourle CNPF (1955) : Alerte sur le manque de main-d'œuvre qualifiée.

    • Arrivée au pouvoir de De Gaulle : Demandes d'élever le niveau de qualification des jeunes.

  • Motivation de la réforme : Rupture avec le recrutement scolaire basé sur le milieu social, favorisant désormais les mérites individuels et les aptitudes (terme mentionné 23 fois dans le décret).

  • Implications : Mise en place de dispositifs d'évaluation etd'orientation des élèves.

  • Quatre mesures essentielles du décret Berthoin :

    1. Scolarisation obligatoire jusqu'à 16 ans : Prolonge l'obligation de 13 (Jules Ferry) à 14 ans (Front Populaire). Cette mesure assure que la plupart des élèves dépassent le primaire.

    2. Intégration des cours complémentaires dans l'enseignement secondaire : Les CC deviennent des collèges d'enseignement général (CEG). La séparation primaire/secondaire disparaît après l'école primaire ; tous accèdent au secondaire (collège).

    3. Suppression des petites classes des lycées : Les classes du CP aux lycées deviennent des écoles primaires.

    4. Suppression de l'examen d'entrée en sixième.

  • Développement des collèges d'enseignementgénéral (CEG) :

    • Construction massive de CEG, souvent en bâtiments préfabriqués (familièrement appelés "collèges Pailleron" suite à un incendie en 1973).

  • Trois types de collèges (avant la réforme Haby) :

    1. CES (Collèges d'Enseignement Secondaire) : Enseignement classique, reprennent les classes de la 6ème à la 3ème des anciens lycées.

    2. CEG (Collèges d'Enseignement Général) : Regroupent les anciennes écoles primaires supérieures et les cours complémentaires.

    3. CET (Collèges d'Enseignement Technique) : Anciennes écoles pratiques du commerce et de l'industrie (EPCI).

avant le décret Berthoin

après le décret Berthoin

lycées (classes de la 6e à la 3e)

CES

écoles primaires supérieures
cours complémentaires

CEG

EPCI

CET

  • Deux types de lycées (après les collèges) :

    • Lycées classiques.

    • Lycées d'enseignement professionnel (LEP) : Accueil desélèves à partir de la 5ème (pour CAP) ou 3ème (pour BEP).

b. La réforme Haby de 1975

La réforme Haby vient parachever l'établissement de l'École unique en unifiant les collèges.

  • Auteur : René Haby, ministre de l'Éducation nationale (1974-1978) sous Valéry Giscard d'Estaing.

  • Contenu : Unifie tous les types de collèges existants.

  • Nom : Connue sous le titre de "réforme du collège unique".

  • Contestation : Encore contestée par certains enseignants (sondage 2002 : 54% la contestent).

c. Les conséquences générales de la mise en place de l'École unique

La transformation du mode de socialisation des jeunes : la place grandissante de l'École par rapport à la famille et à l'entreprise.

  • Avant la IIIe République : Socialisation équilibrée entrefamille, école et entreprise.

  • Avec l'École unique (années 1960) :

    • L'école prend une place prépondérante et hégémonique.

    • Les jeunes passent plus de temps à l'école (y compris le maternel)et moins en famille.

    • La scolarité prolongée réduit le temps passé en entreprise.

    • Le proverbe "C'est en forgeant qu'on devient forgeron" est moins pertinent, l'école devenant le préalable à l'apprentissage professionnel.

    • La famille devientune instance de soutien à la socialisation scolaire, le destin du lignage étant lié à la réussite scolaire.

L'homogénéisation (au moins relative) des conditions d'existence des jeunes quel que soit leur milieu social.

  • Avant lesannées 1960 : Multiples "jeunesses" distinctes.

  • Avec l'École unique :

    • Mélange des classes sociales dans les écoles des quartiers.

    • Homogénéisation des mœurs : style vestimentaire uniforme, développement de goûts musicauxcommuns (ex: rock).

    • Phénomènes "trans-classistes" traduisant cette homogénéisation.

La deuxième explosion scolaire (1958-1972)

  • 1ère explosion scolaire : Lois Ferry (écoleprimaire obligatoire).

  • 2ème explosion scolaire : Réforme Berthoin (1959), massification de l'enseignement secondaire.

    • 1958-1963 : Effectifs de 6ème +59%, 4ème +108%.

    • 1963-1973 : Effectifs du 1er cycle (collège) +74%.

  • Ralentissement : La croissance ralentit à partir de 1973. La réforme Haby (1975) unifie les collèges maisne gonfle pas les effectifs.

Le resserrement du lien entre diplôme et emploi à partir des années 1960 : le diplôme devient de plus en plus nécessaire.

  • Avant les années 1960 : Le lien diplôme/emploi existait maisétait moins généralisé (un jeune sur trois utilisait son diplôme pour la recherche d'emploi).

  • Après les années 1960 : Extension de la relation diplôme/emploi à toute la population. Le diplôme devient essentiel pour l'accès au marché du travail.

  • Explications:

    1. Salariat croissant : Les employeurs se fient au diplôme pour évaluer les compétences des salariés, contrairement aux travailleurs indépendants.

    2. Besoin de postes qualifiés : Pendant les Trente Glorieuses, l'industrialisation et le développement des servicesaugmentent la demande de qualifications.

  • Tableau : Dispersion des salaires pour un diplôme donné (1970-1985)

Sexe

Femmes

Hommes

Niveau de diplôme

1970

1977

1985

1970

1977

1985

Grande école

45,0

34,3

39,4

40,9

44,4

39,4

Licence

32,9

31,8

28,7

51,2

47,7

35,4

Baccalauréat

29,6

30,4

29,9

45,6

41,9

38,3

CAP

35,8

31,9

30,8

37,1

35,0

33,1

Sans diplôme

32,6

25,4

25,6

31,0

29,1

28,6

Source : Insee, Enquêtes Formation-Qualification Professionnelle de 1970, 1977 et 1985. Lecture : En moyenne, pour l'ensemble des femmes diplômées d'une grande école, le coefficient de variation (rapport de l'écart-type à la moyenne) est passé de 45,0% en 1970 à 39,4% en 1985.

  • Interprétation :

    • Homogénéisation des salairespour un diplôme donné : Le lien entre diplôme et emploi se renforce.

    • Plus le diplôme est élevé, plus la dispersion des salaires est grande, offrant un éventail de choix plus large.

    • En 1980, le bac seul offre moins de possibilités d'accèsau statut de cadre qu'en 1954 (62,1% vs 50,6%). Le diplôme devient plus nécessaire.

Le resserrement de l'échelle des salaires suivant le diplôme (vers moins d'inégalités).

  • Tableau : Rapport du salaire moyen d'un niveau de diplôme donné au salaire moyen du CAP (1970-1985)

Sexe

Femmes

Hommes

Niveau de diplôme

1970

1977

1985

1970

1977

1985

Grande école

2,36

2,53

2,49

3,08

3,47

3,20

Médecine

2,56

2,64

2,11

3,00

3,47

3,20

Licence, maîtrise

1,93

1,53

1,44

2,44

1,83

1,68

Bac +2

1,63

1,43

1,46

1,77

1,41

1,36

Bac général

1,41

1,25

1,17

1,64

1,46

1,32

BEPC

1,19

1,06

1,06

1,23

1,18

1,16

CAP, BEP

1,00

1,00

1,00

1,00

1,00

1,00

CEP

0,87

0,91

0,93

0,98

0,97

1,00

Sans diplôme

0,76

0,79

0,80

0,80

0,82

0,84

Source : Insee, Enquêtes Formation-Qualification Professionnelle de 1970, 1977 et 1985. Lecture : En 1970, le salaire moyen des femmes diplômées d'une grande école valait2,36 fois le salaire moyen des détentrices d'un CAP.

  • Interprétation :

    • Écrasement de la hiérarchie des salaires : Réduction globale des inégalités salariales.

    • Lediplôme garantit moins qu'avant un salaire très élevé, mais il est de plus en plus nécessaire et moins suffisant.

L'effet de la crise de l'emploi.

  • Tableau : Évolution des rangs occupés dans la hiérarchie dessalaires selon le diplôme et le sexe (en %)

Sexe
Niveau de diplôme

Femmes

Hommes

1970

1977

1985

1970

1977

1985

Font partie des 10% les moins bien payés :

Sans diplôme

24,5

19,7

25,3

15,3

26,8

30,4

CEP

10,8

12,5

16,1

8,8

10,7

10,2

CAP

14,2

19,2

20,9

17,9

12,2

15,8

BEPC

5,0

9,3

14,6

3,5

8,5

6,5

Font partie des 10% les mieux payés :

Bac général

14,1

7,2

6,1

16,3

11,2

17,3

DEUG

28,5

43,0

45,5

29,1

16,2

14,7

BTS, DUT

49,6

36,2

19,4

41,2

31,7

18,0

Licence, maîtrise

51,8

54,4

28,4

40,4

39,1

29,9

Médecine

93,6

89,2

71,1

100,0

84,6

72,1

Grande école

75,0

100,0

100,0

92,9

100,0

92,1

Source : Insee, Enquêtes Formation-Qualification Professionnelle de 1970, 1977 et1985. Champ : Salariés ayant une expérience professionnelle courte (5 ans ou moins). Lecture : En 1970, 24,5% des femmes sans diplôme faisaient partie des 10% des femmes les moins bien payées.

  • Interprétation :

    • Augmentation du risque de bas salaires pour les sans-diplôme : Le pourcentage d'hommes sans diplôme dans les 10% les moins bien payés double entre 1970 et 1985 (15,3% à 30,4%).

    • La crise de l'emploi accentue la nécessité du diplôme.

    • Les femmes sont particulièrement touchées.

d. La massification du lycée (1985-1995) et la période de stagnation qui suit (1995-2003)

La troisième explosion scolaire.

  • Contexte :

    • 1ère explosion : École obligatoire (Lois Ferry).

    • 2ème explosion : Réforme Berthoin (1958-1972), massification du collège.

    • Stagnation des effectifs de 1972 à 1985.

  • 3ème explosion scolaire (1985-1995) :Massification du lycée et de l'université.

    • Taux de bacheliers : 36% (1985) à 62% (1995).

    • Actuellement : 85% des jeunes scolarisés à 18ans, près de 70% accèdent à la terminale.

    • Plus d'un jeune sur deux entre dans l'enseignement supérieur.

img-3.jpeg

La période 1995-2003.

  • Nouvelle stagnation des effectifs après la 3ème explosion scolaire.

  • Taux d'accès aux différents paliers scolaires stables, les variations d'effectifs sont principalement dues à la démographie.

img-4.jpeg

Source: Note d'information, n°02-58, Ministère de l'Éducation Nationale - Direction de la programmation et du développement, décembre 2002, «Les effectifs du supérieur ne progressent plus depuis la rentrée 1996 », Maël Theulière, p. 2 - ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/nl0258.pdf

Les raisons de la troisième explosion scolaire

  • Jean-Pierre Chevènement (ministre de l'Éducation nationale 1984-1986) : Lance l'objectif de 80% d'une génération au niveau du bac en 1985 (contre 36% à l'époque).

  • Arguments de Chevènement :

    1. Moderniser la France.

    2. Lutter contre le chômage des jeunes par l'amélioration de la formation.

  • Raisons du succès :

    1. Mobilisationdes familles :

      • Indicateurs alignés entre milieux sociaux : l'école est le premier sujet de conflit familial (2/3 des familles), évoquée quotidiennement (2/3 des familles).

      • Temps d'aide scolaire : 1h/enfant/jour, quelque soit le milieu social (enquête INSEE/INED 1992).

      • L'échec scolaire ne peut plus être imputé au manque de mobilisation des familles défavorisées.

    2. Création du baccalauréat professionnel (1985) :

      • Réponse à un rapport de l'UIMM (1984) signalant un manque de diplômes professionnels entre BEP et BTS.

      • Préparation en 2 ans après un CAP ou BEP.

      • Grand succès : un BEP sur deux poursuiten bac pro.

      • Premiers bacheliers professionnels en 1987 (environ 15% du total). Orientations fréquentes vers le BTS.

      • Cette progression dans l'enseignement technologique et professionnel est la première cause de la croissance des effectifs.

    3. Limitation des redoublements :

      • Jean-Pierre Chevènement encourage la limitation des redoublements.

      • Décret de 2015 : Redoublement réservé à des situations "exceptionnelles".

      • Conséquence : Taux d'illettrisme élevé en3ème (10-15%).

Quelques dates encore

8 avril 2002

  • Réforme LMD : Harmonisation des diplômes universitaires européens (licence, master, doctorat) et adoption du système européen de crédits (ECTS) pour faciliter la mobilité.

23 avril 2005

  • Loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école :

    • Instauration d'un socle commun de connaissances et de compétences obligatoire.

    • IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) doivent devenir des écoles universitaires.

10 août 2007

  • Loi sur les libertés et les responsabilités des universités (LRU) :

    • Autonomie budgétaire et de gestion des ressources humaines pour les universités.

    • Possibilité pour les universités de devenir propriétaires de leurs biens immobiliers (d'ici le1er janvier 2013).

En 2009

  • Création du site web "Admission Post-Bac (APB)" : Service du ministère de l'Enseignement supérieur pour l'affectation des lycéens de terminale au supérieur.

8 juillet 2013 : Loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République

  • Introduction du socle commun de connaissances, de compétences et de culture : "La scolarité obligatoire doit garantir à chaque élève les moyens nécessaires à l'acquisition d'un socle commun de connaissances, de compétences et de culture..." Ce cadre vise la poursuite d'études, la construction professionnelle et la citoyenneté.

En 2013

  • Loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche :

    • Création de nouveaux regroupements universitaires.

    • Remplacement de l'AERES par le Haut Conseil pour l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES).

En 2018

  • Le baccalauréat est largement démocratisé, servant de certification pour l'accès aux études supérieures.

  • Loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants (ORE): Remplace APB par Parcoursup (système de vœux et candidatures en ligne pour l'accès au supérieur).

Décembre 2018

  • Ordonnance autorisant des établissements expérimentaux à réformer la première année commune aux études de santé (PACES) en 2019.

2019 : la réforme du Lycée général

Cette réforme majeure marque la fin des séries générales traditionnelles et introduit les spécialités.

  • Fin des sériesgénérales : Remplacées par 12 enseignements de spécialités.

  • Choix des spécialités :

    • Fin de Seconde : Choix de 3 spécialités pour la Première et la Terminale.

    • Fin de Première : Abandon d'une spécialité pourla Terminale (2 spécialités conservées).

  • Liste des spécialités :

    • Humanités, littérature et philosophie (HLP)

    • Arts (Histoire des arts, théâtre, arts plastiques, etc.)

    • Biologie & écologie (lycées agricoles seulement)

    • Histoire Géographie, Géopolitique et Sciences politiques (HGGSP)

    • Langues Littératures et cultures étrangères et régionales (LLCER)

    • Littérature, Langues et culture de l'Antiquité (LLCA)

    • Mathématiques

    • Numérique et Sciences informatiques (NSI)

    • Physique-Chimie

    • Sciences de la vie de la Terre (SVT)

    • Sciences de l'ingénieur (SI)

    • Sciences économiques et sociales (SES)

  • Sélectivité en Première : Le passage en Première générale est plus sélectif, exigeant des compétences dans toutes les disciplines du tronc commun.

Les autres nouveautés de la réforme du Bac

  • E3C (Évaluations Communes d'épreuves continues) :

    • Instaurées pour les matières du tronc commun.

    • Deux sessions en Première, une en Terminale.

  • Contrôle continu : 10% de la note finale est basée sur les bulletins scolaires (toutes matières sauf E3C et Français).

  • Grand Oral : Nouvelle épreuve.

  • Impact de la crise sanitaire : Le Bac 2020 a été validé en contrôle continu, annonçant une plus grande importance du contrôle continu pour les années suivantes.

2020 : un Bac hors du commun

  • Annulation des épreuves écrites et orales : Due à l'épidémie de Covid-19.

  • Notation : Intégralement en contrôle continu.

  • Impact sur les épreuves de Première : Bac Français et spécialité abandonnée également évalués en contrôle continu.

  • Taux de réussite exceptionnel : 95,7% d'admis (contre 88,1% en 2019).

2021 : les derniers ajustements

Cette année a été marquée par de nombreux ajustements de la réforme et par l'influence persistante de la crise sanitaire.

En Première

  • E3C remplacées par EC (Évaluations Communes) :

    • Nouvelles modalités, plus de liberté pour les établissements concernant les dates et sujets.

    • Annoncé en début d'année comme une adaptation à l'enseignement hybride.

    • Finalement, les EC ont été annulées et remplacées par une évaluation en contrôle continu permanent. Les élèves de Première du Bac 2021 n'auront connu ni les E3C ni les EC.

  • Bac Français : Préservé.

En Terminale

  • GrandOral inauguré : Les bacheliers de 2021 sont les premiers à passer cette épreuve orale.

  • Prise en compte des notes de Première : Les notes des EC de Première (puis celles du contrôle continu) et les notes du Bac Français sont utilisées pour le calcul final.

  • Adaptations spécifiques pour 2021 (crise sanitaire) :

    • Épreuves de spécialité : Évaluées en contrôle continu.

    • Bac Français : Sujet multiple proposé.

    • Philosophie : Seule la meilleure note (épreuve finale ou contrôle continu) a été retenue.

2022 : le nouveau Bac enfin inauguré !

En juin 2022, le nouveau format complet du baccalauréat est mis en œuvre, avec une partsignificative de contrôle continu.

  • Composition du Bac : 40% de contrôle continu et 60% d'épreuves terminales.

En Première

  • Contrôle continu (moyenne annuelle):

    • Matières du tronc commun : Histoire-géographie, LVA et LVB, EPS, Enseignement scientifique, Enseignement moral et civique (EMC).

    • Coefficient : 6 (3 en Première, 3 en Terminale) pour la plupart ; 2 pour l'EMC (1 en Première, 1 en Terminale).

    • Spécialité abandonnée : Coefficient 8.

    • Enseignements optionnels : Coefficient 4 (depuis Première) ou 2 (seulement en Terminale).

  • Épreuve defin de Première : Seulement le Bac Français (EAF).

En Terminale

  • Contrôle continu (moyenne annuelle) :

    • Matières du tronc commun (identiques à la Première).

    • Coefficients identiques (ex: Histoire-géographie : 3 pour la Terminale, complétant le 3 de Première).

    • Enseignements optionnels : De même, coefficient 4 (depuis Première) ou 2 (seulement en Terminale).

  • Épreuves terminales(fin d'année) :

    • Philosophie : Coefficient 8.

    • Grand Oral : Coefficient 10.

    • Spécialités : Coefficient 16 pour chacune des deux épreuves.

  • Déroulement : L'examen du baccalauréat s'étend désormais sur les deux dernières années du lycée (Première et Terminale).

LOI n° 2019-791 du 26 juillet 2019 pour une école de la confiance

  • Instruction obligatoire : De 3à 16 ans.

  • Formation obligatoire : Pour tout jeune jusqu'à ses 18 ans.

En 2020

  • Loi de programmation de la recherche (LPR) pour 2021-2030 : Concerne le financement et l'organisation de la recherche et de l'enseignement supérieur.

En 2021

  • Création du Bachelor universitaire de technologie (BUT) : Diplôme national universitaire en 3 ans, reconnu au grade delicence. Formation sélective, accessible aux bacheliers généraux et technologiques.

e. Une démocratisation de l'accès aux savoirs, mais une persistance des inégalités.

  • Niveau moyen des élèves : En constante amélioration.

  • Inégalités persistantes : L'écart se creuse entre un groupe de tête performant et une population moins nombreuse mais plus démunie.

f. Les effets de l'élévation du niveau de formation sur l'emploi.

  • Chômage : L'élévation du niveau de formation n'a pas réduit le chômage, contrairement à l'argument de Chevènement.

  • Utilité du diplôme :

    • Devient une très forte nécessité pour obtenir un emploi.

    • Reste la meilleure protection contrele chômage, les bas salaires et la précarité.

    • Mais il n'est plus suffisant pour garantir l'emploi.

  • Système méritocratique : L'éducation est perçue comme un "ascenseur social" (permettant aux moins favorisés d'accéder à des classes sociales supérieures). Cependant, ce rôle est de plus en plus remis en question par les sociologues de l'éducation.

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