Océans et Espace : Conquête et Rivalités
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Idée générale : Les Océans et l'Espace, des Espaces de Conquête et de Rivalités
Depuis l'Antiquité, les hommes explorent et conquièrent les océans, rejoints par l'espace depuis les années 1950. Ces expansions visent le développement économique, l'affirmation de puissance et le contrôle stratégique, menant à des rivalités internationales et à la recomposition des équilibres géopolitiques. La mer et l'espace sont bien plus que des milieux naturels ; ce sont des constructions culturelles et juridiques.
🌊 1. La mer : un espace sous contrôle juridique
L'« océan mondial » est l'étendue d'eau salée reliant toutes les mers.
La Convention de Montego Bay (1982) organise la souveraineté et l'exploitation des mers :
Mer territoriale (jusqu'à 12 milles marins) : pleine souveraineté de l'État côtier.
Zone contiguë (12 à 24 milles) : droit de contrôle et de surveillance.
ZEE (Zone Économique Exclusive) (jusqu'à 200 milles) : exploitation des ressources (pêche, hydrocarbures, minerais).
Haute mer (au-delà de la ZEE) : patrimoine commun de l'humanité, pas de souveraineté nationale.
L'enjeu est de partager une ressource mondiale tout en évitant les conflits.
🚀 2. L'espace : la nouvelle frontière
Conquête lancée pendant la Guerre froide (course États-Unis/URSS).
Aujourd'hui, de nouvelles puissances (Chine, Inde) et acteurs privés (SpaceX) émergent.
Le Traité de l'espace (1967) interdit l'appropriation nationale, mais l'exploitation commerciale reste débattue.
🌍 3. Océans & espace : points communs
Ce sont des milieux hostiles (absence d'oxygène, températures extrêmes, pression/apesanteur).
Ils nécessitent des technologies de pointe (satellites, GPS, radars, combinaisons).
Ce sont des espaces encore largement méconnus (moins de 20 % des fonds marins cartographiés, horizon de l'espace observable à 45 milliards d'années-lumière).
💡 4. Enjeux contemporains
Économiques : ressources halieutiques et minières, tourisme, câbles sous-marins.
Stratégiques : routes maritimes (détroits, passages arctiques), stations spatiales, satellites (télécommunication, observation militaire).
Juridiques : conflits de souveraineté (mer de Chine méridionale), frontières ZEE/haute mer.
Axe 1 : Enjeux diplomatiques et coopération
La conquête des océans et de l'espace est source de rivalités. L'absence de statut juridique clair a renforcé la nécessité de définir leur gouvernance. L'exploration et la gestion de ces espaces exigent des investissements financiers considérables et des technologies de pointe, rendant la coopération indispensable pour atteindre des objectifs communs et garantir une gestion négociée, malgré les inégalités entre États.
La Station Spatiale Internationale (ISS) : Outil de coopération ou d'affirmation des puissances ?
Outil de coopération :
La coopération spatiale prime souvent sur les tensions terrestres.
Les nations n'ont pas toujours les moyens d'avoir leurs propres stations et dépendent technologiquement et économiquement de l'exploitation collective.
La mise en commun des technologies de pointe est essentielle pour construire des engins performants (ex : Rover Curiosity avec laser français).
Elle permet de réduire les coûts exorbitants des projets spatiaux.
Nécessité de coopérer pour des projets non rentables comme la gestion des débris spatiaux (syndrome de Kessler).
Outil d'affirmation de la puissance :
Les tensions géopolitiques (guerre en Ukraine) peuvent affecter la collaboration (menace russe de suspendre les collaborations et de détruire l'ISS).
La NASA est globalement indépendante grâce à son budget important, ce qui peut fragmenter la recherche des concurrents.
La participation de l'Europe à l'ISS valorise ses compétences scientifiques plutôt que de simplement financer des projets américains.
Les États-Unis craignent les transferts technologiques, expliquant le refus de la Chine de participer à ce type de projet.
Jalon 2 : Rivalités et coopérations dans le partage, l'exploitation et la préservation des ressources des mers et des océans
Les surfaces marines représentent 70,8% du globe. Malgré les avancées technologiques, les profondeurs océaniques restent peu explorées.
Le droit de la mer :
Vise à définir la gouvernance juridique des mers et océans, couvrant la navigation, l'exploration, l'exploitation des ressources, la conservation et la recherche scientifique.
C'est le seul droit international applicable de manière unique à l'ensemble des parties du monde.
Sa rédaction est le fruit de longues négociations diplomatiques et de coopérations internationales.
La chronologie de gestion des mers montre une évolution des rivalités vers la coopération :
Avant 1945 : liberté d'exploration vs. thalassocraties (XVIIe). Le principe de 3 milles marins limite l'influence des pays avec littoraux au profit des grandes puissances maritimes.
1950-1980 : Rivalités post-Seconde Guerre mondiale entre pays développés et nouveaux pays indépendants. L'ONU organise les 1ère (1958) et 2ème (1960) Conférences sur le Droit de la Mer, qui échouent sur l'élargissement des eaux territoriales. Cependant, un processus de construction de règles internationales est enclenché, promouvant l'idée de la mer comme bien commun à l'humanité (appel d'A. Pardo en 1967).
1973-1982 : La 3ème Conférence de l'ONU aboutit à la signature de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (CNUDM) à Montego Bay en 1982.
Conséquences de la CNUDM :
Création des ZEE (12-200 milles), source de multiplication de conflits et de militarisation (ex : Mer de Chine méridionale).
Découpe de la Haute mer : liberté de navigation et survol, pêche, fonds marins réglementés par l'AIFM (Autorité Internationale pour les Fonds Marins).
Création du TIDM (Tribunal International du Droit de la Mer) en 1996.
La CNUDM protège les ressources minérales mais pas les écosystèmes marins.
1982-2020 : L'ONU convoque la Conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine en 2017 pour compléter la CNUDM. Cela aboutit au Traité BBNJ (Marine Biodiversity of Areas Beyond National Jurisdiction), signé en 2023 par 88 pays, visant une gestion commune de la biodiversité en haute mer et la création d'Aires Marines Protégées.
À retenir pour le bac
Océan et Espace = espaces de puissance mondiale.
Ils nécessitent coopération internationale mais sont aussi sources de conflits.
La domination dépend des capacités scientifiques, technologiques et économiques des États.
Schéma 12/24/200 milles (mer territoriale / zone contiguë / ZEE) et dates clés (1494, 1522, 1529, 1982) sont essentiels.
Insister sur la course aux ressources et le rôle des nouvelles puissances (Chine, Inde, entreprises privées).
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