Gestion des ressources sous pression
50 carteAnalyse des tensions et solutions pour une gestion durable des ressources naturelles, notamment l'eau et l'alimentation, face à une population mondiale croissante.
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LES RESSOURCES SOUS PRESSION : TENSIONS ET GESTION
Les ressources, qu'elles soient naturelles ou matérielles, sont des capitaux exploitables par une société pour créer des richesses. Une ressource n'existe que s'il y a un besoin social. Ces besoins se divisent en besoins primaires (survie : alimentation, eau, air, éducation, santé) et besoins secondaires (qualité de vie, démocratie, droits humains), et leur nature varie selon le niveau de développement des sociétés.
1. La distribution inégale de l'eau et de la nourriture : sources de tensions
La répartition inégale des ressources en eau et en nourriture engendre des tensions majeures à l'échelle mondiale, que les sociétés peinent à gérer pour satisfaire les besoins d'une population croissante.
1.1. L'eau : une ressource essentielle sous contrainte
L'eau potable représente seulement 2,5 % de l'eau totale sur Terre, le reste étant impropre à la consommation ou à l'agriculture. Malgré ce volume considérable, cette ressource est inégalement disponible et fait face à des pressions importantes.
Constat mondial :
Environ 2,2 milliards de personnes n'ont pas accès à l'eau potable.
1,2 milliard d'habitants sont en situation de stress hydrique (moins de 1 700 m³/hab./an)
1,6 milliard sont en situation de pénurie d'eau (moins de 1 000 m³/hab./an), selon l'OMS en 2017.
17 pays font face à un risque "extrêmement élevé" de manque d'eau, utilisant plus de 80 % de leurs ressources disponibles.
Pays en risque "extrêmement élevé" de stress hydrique :
1. Qatar
6. Libye
10. Émirats Arabes Unis
14. Pakistan
2. Israël
7. Koweït
11. Saint-Marin
15. Turkménistan
3. Liban
8. Arabie Saoudite
12. Bahreïn
16. Oman
4. Iran
9. Érythrée
13. Inde
17. Botswana
5. Jordanie
Conséquences du manque d'accès à l'eau :
Problèmes sanitaires graves : 2,6 millions de morts chaque année dues à des maladies liées à l'eau insalubre (choléra, paludisme, diarrhées).
Impact économique : perte moyenne de 6 à 14 % du PIB dans les pays à risque, avec des conséquences agricoles significatives (perte de quoi nourrir 170 millions de personnes due à la pollution de l'eau).
Symptômes de déshydratation : épuisement, étourdissement, difficultés de concentration, peau sèche, crampes musculaires, mauvaise haleine, sautes d'humeur, douleurs, maux de tête.
1.2. La nourriture : un droit fondamental compromis
La sous-nutrition se caractérise par une consommation inférieure à 2 200 calories/jour (FAO), bien que le seuil de 2 500 calories/jour soit de plus en plus considéré.
Statistiques mondiales (2023) :
Le nombre de personnes menacées par la faim n'a jamais été aussi élevé.
281 millions de personnes dans 59 pays sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
673 millions de personnes souffrent de sous-alimentation chronique en 2024 (8,2 % de la population mondiale).
2,5 milliards de personnes (35-40%) sont en situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave.
En Afrique, la part des personnes sous-alimentées continue de grimper (307 millions en 2024).
Situations critiques :
Pays où la population est la plus touchée par la faim (en %) :
Gaza : 100 %
Soudan du Sud : 63 %
Yémen : 56 %
Pays avec le plus grand nombre de personnes exposées à l'insécurité alimentaire élevée (2023) : République Démocratique du Congo, Nigeria, Soudan, Afghanistan, Éthiopie, Yémen, Syrie, Bangladesh, Pakistan, Myanmar.
Causes de l'insécurité alimentaire :
Conflits et guerres.
Intempéries, réchauffement climatique et sécheresse.
Forte inflation et baisse du pouvoir d'achat.
Conséquences de la faim et sous-alimentation :
Impacts sur la santé et le développement humain à tous les stades de l'existence.
Malnutrition aiguë, carences, maladies.
Vulnérabilité accrue des populations.
2. Facteurs, risques et enjeux liés aux ressources
Plusieurs facteurs complexes interagissent pour aggraver la pression sur les ressources en eau et en nourriture.
2.1. Facteurs environnementaux et démographiques
Irrégularité des précipitations et sécheresse :
Particulièrement prononcée dans les pays pauvres des zones intertropicales, accentuée par le réchauffement climatique.
Répercussions directes sur les réserves d'eau et la production agricole (ex: irrégularité au Sahel).
Pression démographique :
La population mondiale augmente de 85 millions d'habitants chaque année.
Explosion démographique dans certaines régions (ex: Sahel : population multipliée par 3 d'ici 2050, avec un indice de fécondité de 6,5).
Cette croissance exerce une demande excessive sur les terres, entraînant leur surexploitation.
Surexploitation des terres :
Augmentation des troupeaux et extension des surfaces cultivées.
Rotation de jachère trop rapide, empêchant la régénération des sols.
Pâturage excessif, feux de brousse épuisant les sols.
Déforestation, érosion éolienne et hydrique.
Perte irréversible de productivité biologique dans les écosystèmes fragiles.
Désertification : processus de dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, résultant de divers facteurs, y compris les variations climatiques et les activités humaines.
2.2. Facteurs socio-économiques et politiques
Faible développement économique :
Basse productivité agricole dans les pays pauvres (ex: Mali : 650 kg de céréales/ha contre 10 tonnes en France).
Manque d'accès aux intrants (pesticides, engrais), faible mécanisation et irrigation limitée.
Orientation agricole vers des cultures spéculatives d'exportation au détriment des cultures vivrières.
Gaspillage et surconsommation :
Prélèvements massifs et gaspillage d'eau et de nourriture dans les pays développés et émergents.
Consommation d'eau virtuelle : l'eau nécessaire à la production de biens et services (ex: 15 450 litres d'eau pour 1 kg de bœuf).
Urbanisation galopante :
Réduction des terres arables cultivables.
Augmentation de la consommation d'eau et de nourriture due à l'amélioration des conditions de vie.
Pollution :
Pratiques culturales nuisibles, rejets industriels et domestiques.
La pollution de l'eau est très difficile à inverser.
Crises politiques et mauvaise gouvernance :
Guerres et conflits internes ravagent les infrastructures, détruisent les sources d'eau et les stocks alimentaires.
L'absence de gouvernance efficace sur l'eau exacerbe les problèmes.
2.3. Enjeux multiples
Enjeu économique :
Garantir l'accès à l'eau et à la nourriture pour le développement des populations et des pays.
Éviter le gaspillage.
Enjeu environnemental :
Préserver la qualité et la quantité des ressources en eau douce.
Protéger et reconstituer les écosystèmes aquatiques et marins.
Les menaces principales sont la dégradation de la qualité, la raréfaction et la perturbation des écosystèmes.
Enjeu social :
Assurer un accès abordable et équitable à l'eau et à la nourriture.
Concilier les usages et les acteurs.
La transition nutritionnelle dans les pays émergents (ex: Chine) augmente la demande et les prix mondiaux, rendant les produits de base inaccessibles aux plus pauvres.
Enjeu géostratégique :
Éviter la confiscation des ressources par quelques acteurs.
Partager équitablement les ressources pour prévenir les tensions et maintenir la paix mondiale.
L'eau peut devenir un instrument de pouvoir.
Risques de confrontations et d'affrontements pour les ressources, pouvant entraîner des « émeutes de la faim » et des mouvements migratoires.
2.4. L'eau comme facteur de conflits
Conflits d'accès : liés à la difficulté d'obtenir de l'eau potable due à sa confiscation ou surutilisation.
Conflits d'aménagement : concernant les équipements, infrastructures ou projets d'urbanisme.
Conflits d'usage : concurrence autour d'une ressource ou d'un espace.
Conflits environnementaux : résultant de projets d'aménagement, nuisances ou pollutions.
Exemples de tensions géopolitiques :
Syrie-Turquie-Irak (bassins du Tigre et de l'Euphrate) : projets de barrages turcs menaçant l'approvisionnement en aval.
Israël-Territoires palestiniens : accès très inégal à l'eau.
Pays riverains du Nil, du Niger, du Sénégal.
3. L'urgence de la réaction : la mise en œuvre de solutions
Face à ces défis, des solutions doivent être mises en œuvre pour une gestion durable des ressources.
3.1. Vers une gestion durable de l'eau
Approche quantitative :
Réduire la consommation et le gaspillage dans les pays développés (ex: un WC consomme 6 à 12 litres, une douche 30 à 100 litres).
Augmenter les disponibilités et les infrastructures d'accès à l'eau salubre dans les pays en développement.
L'OMS préconise un minimum vital de 20 litres d'eau/jour/personne, et 50 litres pour vivre décemment.
Les barrages peuvent lutter contre les crues, produire de l'énergie et améliorer la qualité des eaux, mais peuvent avoir des impacts écologiques et sociaux négatifs.
Approche qualitative :
Protéger les réserves d'eau des polluants.
Gérer l'irrigation et l'utilisation des produits chimiques.
Freiner la pollution industrielle et domestique en évitant les rejets.
Développer des campagnes d'information pour le bon usage de l'eau.
Traiter l'eau polluée pour qu'elle ne réintègre pas le cycle naturel (stations d'épuration).
Mobilisation internationale :
L'ONU promeut l'accès à l'eau potable et à l'assainissement (OMD n°7c, ODD n°6).
Journée mondiale de l'eau le 22 mars.
Décennie internationale d'action « L'eau et le développement durable » (2018-2028).
ONG et associations (ex: 1001 Fontaines, Eau sans Frontières Internationale) agissent pour l'accès à l'eau dans les pays en développement.
Les Forums mondiaux de l'eau (ex: Bali 2024) visent à échanger des connaissances, mobiliser les acteurs et trouver des solutions aux défis hydriques.
3.2. Solutions contre les déséquilibres alimentaires
Solutions d'urgence :
Recours au marché mondial via les importations pour les pays déficitaires en céréales.
Accroître et cibler l'aide alimentaire d'urgence, avec l'intervention d'organisations comme
Ces notes explorent les défis liés à la gestion des ressources, en particulier l'eau et l'alimentation, face à une population mondiale croissante et à des enjeux environnementaux, économiques et géopolitiques complexes.
I. Les ressources sous pression : constats et définitions
Une ressource est un capital (naturel ou matériel) exploitable par une société pour créer des richesses. Il n'y a pas de ressource sans besoin, ce qui signifie que les ressources sont créées en fonction des nécessités humaines.
Les besoins primaires sont essentiels à la survie (alimentation, eau, air de qualité, éducation, santé).
Les besoins « seconds » concernent la qualité de vie, la démocratie, le respect des droits humains. Ces besoins varient selon le niveau de développement des sociétés.
A. La répartition inégale de l'eau et de la nourriture
La question centrale est de savoir comment gérer ces ressources inégalement réparties pour satisfaire les besoins d'une population mondiale en augmentation constante, sujet de tensions et de défis de gestion complexes.
1. L'eau : une ressource vitale sous tension
Constat mondial : Environ 2,2 milliards de personnes n'ont pas accès à l'eau potable. Seulement 2,5 % de l'eau sur Terre est potable.
Stress hydrique et pénurie d'eau :
Stress hydrique : moins de 1 700 m³/hab./an.
Pénurie d'eau : moins de 1 000 m³/hab./an.
17 pays sont confrontés à un risque "extrêmement élevé" de manque d'eau, utilisant plus de 80% de leurs ressources disponibles (ex: Qatar, Israël, Libye).
1,2 milliard d'habitants sont en situation de stress hydrique, et 1,6 milliard en situation de pénurie d'eau (OMS, 2017).
Conséquences :
Problèmes sanitaires: 2,6 millions d'habitants meurent chaque année à cause de maladies liées à l'eau insalubre (choléra, paludisme, diarrhées).
Impact économique et agricole : perte de 6 à 14 % du PIB dans les pays à risque, et perte de nourriture suffisante pour 170 millions de personnes due à la pollution de l'eau.
2. La nourriture : défis de la sous-nutrition et de l'insécurité alimentaire
Définition de la sous-nutrition (FAO) : Moins de 2 200 calories/jour (ou 2 500 calories/jour selon les critères actuels).
Statistiques mondiales :
1 personne sur 10 souffre de disette (1 500 calories/jour).
3 personnes sur 10 souffrent de sous-alimentation (environ 2 000 calories/jour).
3 personnes sur 10 ont une ration énergétique suffisante mais manquent de protéines.
Insécurité alimentaire aiguë : En 2023, 281 millions de personnes dans 59 pays en étaient affectées.
Pays les plus touchés en pourcentage de la population : Gaza (100%), Soudan du Sud (63%), Yémen (56%).
Causes de l'insécurité alimentaire :
Conflits et guerres
Intempéries, réchauffement climatique et sécheresse
Inflation et baisse du pouvoir d'achat
Chiffres marquants (2024) :
673 millions de personnes souffrent de sous-alimentation chronique (8,2% de la population mondiale), chiffre en légère baisse.
L'Afrique (307 M), l'Asie (323 M) et l'Amérique latine (34 M) sont les continents les plus touchés.
2,5 milliards de personnes souffrent d'insécurité alimentaire modérée ou grave (accès insuffisant à des aliments sains et nutritifs).
II. Facteurs, risques et enjeux liés aux ressources
A. Facteurs environnementaux et démographiques
Irrégularité des précipitations et sécheresse : Particulièrement dans les pays pauvres des zones intertropicales, exacerbées par le réchauffement climatique. Cela affecte les réserves en eau et la production agricole (ex: Sahel).
Pression démographique : La population mondiale augmente de 85 millions d'habitants par an, exerçant une pression croissante sur les ressources. Au Sahel, avec un taux de fécondité de 6,5, la population pourrait tripler d'ici 2050.
Surexploitation des terres : La pression démographique et l'augmentation des troupeaux entraînent un pâturage excessif et la déforestation, menant à la désertification et à la perte de productivité biologique des sols.
B. Facteurs socio-économiques et politiques
Faible développement économique :
Mauvaises récoltes dans les pays pauvres (ex: Mali : 650 kg de céréales/ha contre 10 tonnes en France) dues au manque de moyens pour l'engrais, les pesticides et l'irrigation.
Orientation agricole vers des cultures spéculatives d'exportation au détriment des cultures vivrières.
Gaspillage important dans les pays développés ou émergents.
Urbanisation galopante : Réduit les terres cultivables et augmente la consommation d'eau et de nourriture.
Pollution : Pratiques culturales nuisibles, rejets polluants industriels et domestiques dégradent la qualité de l'eau.
Crises politiques : Les guerres et les conflits internes détruisent les infrastructures et les stocks de nourriture, tandis que la mauvaise gouvernance empêche une gestion efficace des ressources.
C. Enjeux multiples des ressources
1. Enjeu économique
Favoriser l'accès à l'eau et à la nourriture, et éviter le gaspillage. Un pays ou une population sans accès suffisant à ces ressources est handicapé dans son développement.
2. Enjeu environnemental
Les activités humaines dégradent la qualité de l'eau douce, raréfient les réserves et perturbent les écosystèmes aquatiques.
L'un des défis majeurs est de préserver la qualité et la quantité de l'eau tout en respectant l'environnement.
3. Enjeu social
Assurer un accès abordable et équitable à l'eau et à la nourriture.
9/10 pays partagent 60% des ressources d'eau douce mondiale (Brésil, Russie, Canada, etc.), ce qui souligne les inégalités.
La "transition nutritionnelle" (ex: Chine) augmente la demande mondiale, faisant grimper les prix des produits alimentaires de base, rendant ces produits inaccessibles aux plus pauvres.
4. Enjeu géostratégique
Éviter la confiscation des ressources par quelques acteurs et promouvoir un partage équitable pour prévenir les tensions.
Un monde où 2 milliards de personnes n'ont pas accès à l'eau potable est un monde dangereux. L'eau peut devenir un instrument de pouvoir.
Les besoins croissants en eau et nourriture augmentent les risques de confrontations (ex: émeutes de la faim en 2008, flux migratoires).
Des conflits liés à l'eau existent (ex: Syrie-Turquie-Irak pour le Tigre et l'Euphrate, pays riverains du Nil, Niger, Sénégal). Les territoires palestiniens dépendent fortement d'Israël pour leur accès à l'eau, avec une grande inégalité de consommation.
III. L'urgence de la réaction : solutions et gestion
A. Vers une gestion durable de l'eau
1. Approche quantitative
Réduction de la consommation et du gaspillage : Dans les pays développés, la consommation dépasse largement les seuils vitaux (20 litres/jour/personne selon l'OMS). Les États-Unis consomment 250 litres, la France entre 130 et 160 litres.
Augmentation de l'accès à l'eau : Dans les régions défavorisées, cela passe par des infrastructures pour une eau salubre.
2. Approche qualitative
Protection des réserves : Lutter contre les polluants, gérer l'irrigation, réduire les produits chimiques et la pollution industrielle.
Principes clés : Éviter de polluer l'eau, car "l'eau est très facile à polluer, mais très difficile à « dépolluer »".
Actions concrètes : Ne pas jeter de déchets toxiques, réduire l'usage de produits chimiques en agriculture.
Traitement des pollutions : Les stations d'épuration sont essentielles dans les Pays Industrialisés et les Pays en Développement.
B. Mobilisation internationale pour l'eau
ONU : Objectifs de Développement Durable (ODD n°6) : garantir l'accès de tous à l'eau potable et à l'assainissement durable d'ici 2030.
Journée mondiale de l'eau : Chaque 22 mars.
Décennie internationale d'action : 2018-2028, "L'eau et le développement durable".
Associations et ONG : Ex : 1001 Fontaines (accès à l'eau potable dans les PED), Eau sans frontières Internationale (zones rurales des PED).
Forum mondial de l'eau : Évènement triennal (ex: Bali 2024) pour échanger des connaissances, mobiliser les acteurs et trouver des solutions aux défis mondiaux de l'eau (pénurie, pollution, changement climatique).
C. Solutions contre les déséquilibres alimentaires
1. Solutions d'urgence
Recours au marché mondial : Importations pour couvrir les besoins. Cependant, les greniers de la planète sont inégalement répartis (Europe, Amérique du Nord, Inde, Chine ont d'importantes productions).
Aide alimentaire : Accroître et cibler l'aide d'urgence (ONU - PAM, États, particuliers). Les pays en crise nécessitent une aide extérieure.
Politiques de sanctions et pressions internationales : Pour mettre fin aux conflits, souvent liées aux régions les moins pacifiques du monde (ex: Afghanistan, Syrie, Irak, Yémen).
2. Solutions à long terme
Révolutions agricoles :
Révolution Verte : Développée à partir des années 1960 avec des variétés à hauts rendements, irrigation, engrais chimiques, pesticides, mécanisation. Elle a permis d'augmenter significativement la production céréalière et de réduire les importations.
Limites : Appauvrissement des sols, pollution, salinisation due à l'excès d'irrigation, baisse des nappes phréatiques, impact négatif sur la biodiversité. N'a pas toujours bénéficié aux paysans les plus pauvres.
Révolution Doublement Verte : Centrée sur des pratiques agroécologiques visant à restaurer la fertilité des sols, supprimer les pesticides, conserver les semences locales (ex: approche de l'UBINIG au Bangladesh). Elle favorise les polycultures, augmente les rendements et les revenus des petits agriculteurs.
Politiques agricoles locales et marchés équitables : Soutien à l'agriculture locale, fin des subventions agricoles dans les pays développés qui faussent les marchés.
Gestion des terres : Mettre fin au détournement des céréales pour d'autres fonctions que l'alimentation, et lutter contre l'accaparement des terres (landgrabbing).
Politiques environnementales : Lutter contre le réchauffement climatique (ex: Conférences des Parties - COP) et la disparition de la biodiversité.
Partenariat international : Engagement fort à travers des initiatives comme les OMD et les ODD pour une coopération mondiale.
D. Obstacles et perspectives
Malgré les objectifs fixés (éradiquer la faim d'ici 2030), des défis majeurs persistent. La FAO a besoin de financements considérables, qui sont loin d'être atteints comparativement aux subventions agricoles des pays riches ou aux dépenses militaires mondiales.
Lutter contre la faim et la pénurie d'eau nécessite une approche holistique :
Lutte contre le dérèglement climatique et la perte de biodiversité.
Sortir l'alimentation des accords de libre-échange.
Lutter contre la pauvreté.
Changer de modèle agricole vers des pratiques durables (circuits courts, bio, respect de la nature).
IV. Synthèse et leçons clés
Les ressources en eau et alimentation sont inégalement réparties et sous forte pression en raison de l'accroissement démographique et des modèles de consommation.
Les tensions qui en découlent ont des dimensions économiques, environnementales, sociales et géostratégiques.
Des solutions existent, allant des actions d'urgence aux transformations structurelles (gestion durable de l'eau, transitions agricoles, coopération internationale).
La mise en œuvre effective de ces solutions dépend d'une volonté politique forte et d'une allocation adéquate des ressources pour un développement plus équitable et durable.
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