Fibrome utérin : Définition, Diagnostic et Traitement
20 carteCette note traite du fibrome utérin, une tumeur bénigne fréquente chez les femmes. Elle aborde sa définition, ses facteurs de risque, ses complications potentielles, son diagnostic (clinique et par imagerie comme l'échographie et l'IRM), ainsi que les différentes options de traitement, qu'elles soient médicamenteuses, physiques ou chirurgicales. La note souligne également l'importance de la surveillance et de la prise en charge précoce.
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Le Fibromyome Utérin (FU) : Fiche Récapitulative
Le fibromyome utérin est une tumeur bénigne fréquente, principalement chez la femme en âge de procréer, avec des implications diagnostiques et thérapeutiques importantes.1. Généralités et Définition
* **Définition** : Le Léiomyome (ou Myome, Fibrome) est une tumeur bénigne du muscle lisse et du tissu conjonctif de l'utérus. * **Intérêt Épidémiologique** : * Très fréquent chez la femme en âge de procréer (20% à >35 ans, 50% à 50 ans). * Plus fréquent chez la race noire. * **Intérêt Diagnostique** : Clinique, renforcée par imagerie (échographie et IRM). * **Intérêt Thérapeutique** : Traitement médicamenteux codifié, première cause d'hystérectomie en préménopause. * **Pronostic** : Favorable, mais complications fréquentes (fausse couche, métrorragies) et récidives possibles. * **Rappels anatomiques** : L'utérus est un organe musculaire de de long, de large, situé entre la vessie et le rectum, composé de 3 parties (corps, col, isthme) et 3 couches (périmètre, myomètre, endomètre).2. Étiopathogénie
* **Facteurs de Risque** : * Hyperœstrogénie relative * Race noire * Obésité * Nulliparité * Âge * **Mécanisme** : Implique une hyperœstrogénie (les œstrogènes sont nécessaires, mais pas suffisants pour le développement). * **Conséquences** : * Hypertrophie de l'endomètre * Altération de l'irrigation * Compression des organes pelviens.3. Anatomie Pathologique
* **Macroscopie** : Tumeur rose, lisse, arrondie, dure, régulière, souvent multiple et de taille variable. * **Microscopie** : Composée de léiomyocites et fibrocytes, entourée d'une pseudo-capsule. * **Évolution possible** : Involution, augmentation de volume, hémorragie, transformation.4. Étude Clinique et Formes Cliniques
* **Circonstances de Découverte** : Souvent asymptomatique (découverte fortuite) ou par symptômes : * Ménorragies (saignements abondants et prolongés) : principal signe. * Métrorragies (saignements en dehors des règles). * Ménométrorragies. * Pesanteur pelvienne (accentuée en station debout, calmée par le repos). * Signes de compression (pollakiurie, constipation). * **Interrogatoire** : Âge, nature des saignements, ATCD (nulliparité, diabète, THS, infertilité). * **Examen Physique** : * **Général** : Rechercher pâleur (anémie), état général, IMC, Constantes. * **Gynécologique** : * Inspection : Cicatrice, voussure sus-pubienne. * Palpation : Utérus augmenté de volume, ferme, bosselé. * Spéculum : Apprécier l'origine du saignement, état du col. * Toucher Vaginal : Utérus augmenté, ferme, bosselé, mobile, indolore (non compliqué). Transmission des mouvements au col. Col refoulé si fibrome antérieur. * Toucher rectal : Évalue les fibromes postérieurs ou intraligamentaires. * **Formes Cliniques** : * **Selon les tuniques** : * Sous-muqueux (cause ménorragies, peut pédiculé). * Interstitiel (intramural) (augmente le volume utérin). * Sous-séreux (peut causer dysurie/constipation par compression). * **Selon les segments** : Corpéal, isthmique, cervical. * **Asymptomatique** : Aucune manifestation clinique. * **Formes compliquées** : * Compression (uretères, vessie signes urinaires ; rectum ténesme). * Torsion de myome pédiculé : Douleur aiguë, nausées, vomissements, défense pariétale. * Nécrobiose aseptique : Douleur aiguë, fièvre (), myome mou et douloureux, leucocytose. * FU et Grossesse : FCS (1er trimestre), MAP, HPP, difficultés lors de l'accouchement.5. Diagnostic
* **Diagnostic Positif** : * Hémorragie (ménorragies). * Augmentation de volume utérin, contours réguliers ou irréguliers, avec transmission des mouvements du col. * Échographie : Zone(s) hypoéchogène(s) arrondie(s) à contours nets dans la paroi utérine. * **Examens Complémentaires** : * **À visée diagnostique** : * Échographie (trans-abdominale et trans-vaginale) : Examen de référence, visualise taille, nombre, localisation. * IRM : Examen le plus efficace pour la cartographie des fibromes, diagnostic différentiel avec adénomyose ou masses annexielles. * Hystéroscopie diagnostique : Examen clé pour évaluer le retentissement des fibromes sous-muqueux dans la cavité utérine. * **Classification FIGO** : * Sous-muqueux (Type 0 à 2 : pédiculé intracavitaire, <50% ou intramural). * Intramural ou interstitiel (Type 3 et 4 : au contact de l'endomètre ou intramural pur). * Sous-séreux (Type 5 à 7 : , <50% intramural, ou pédiculé). * Autres (Type 8 : cervical, ligamentaire, hybride). * **À visée pré-thérapeutique et terrain** : Bilan sanguin (NFS, bilan de coagulation, Gp/Rh, sérologies), radiographie pulmonaire, ECG. * **Diagnostic Différentiel** : * Grossesse (aménorrhée, HCG+, sac gestationnel à l'échographie). * Adénomyose (métrorragies cycliques, utérus augmenté de volume). * Cancer du col (métrorragie de contact, lésion bourgeonnante, histologie). * Cancer de l'endomètre (métrorragie noirâtre, hydrorrhée, hystéroscopie, histologie).6. Traitement
* **Objectifs** : Arrêter le saignement, guérir le fibrome, éviter les complications. * **Moyens et Méthodes** : * **Mesures générales** : Abstention et surveillance, soutien psychologique, gestion de l'anémie (transfusion si nécessaire). * **Moyens médicamenteux** : * Hormones : Progestatifs (lévonorgestrel), Agonistes LH-RH (triptoréline). * AINS (acide méfénamique) : Pour douleurs et ménorragies. * Traitement adjuvant : Sulfate ferreux (pour anémie), acide tranexamique (anti-fibrinolytique pour ménorragies). * **Moyens physiques** : * Embolisation artérielle. * HIFU (ultrasons focalisés de haute intensité). * **Chirurgie** (voie basse ou haute) : * Conservatrice : Myomectomie (cœlioscopie, hystéroscopie) (+++ si désir de grossesse). * Radicale : Hystérectomie (subtotale ou totale) (+++ après 35 ans en cas d'échec hormonal, ou >50 ans avec complications). * **Indications (Sélection)** : * Fibrome peu volumineux, proche de la ménopause : Abstention-surveillance. * Fibromes hémorragiques : Progestatifs et fer. * < 35 ans, gros fibromes + désir de grossesse : Myomectomie. * > 35 ans, échec hormonal : Hystérectomie totale avec conservation des annexes. * Complications après 50 ans : Hystérectomie + annexectomie. * Torsion aiguë : Laparotomie urgente. * Nécrobiose aseptique : AINS + antalgiques + antibiotiques + vessie de glace. * Fibrome sous-muqueux pédiculé : Hystéroscopie opératoire. * **Résultats et Surveillance** : * Le traitement ralentit l'évolution et les complications. * Risque de récidive élevé (> 50%) après myomectomie. * Surveillance clinique et paraclinique. * **Prévention** : * Primaire : Éviter les FDR. * Secondaire : Dépistage et prise en charge précoces. * Tertiaire : Prise en charge des complications.Conclusion
Le fibrome utérin est une tumeur bénigne fréquente, souvent asymptomatique, qui peut régresser à la ménopause. Les ménorragies sont le symptôme le plus fréquent. Il est important de noter que tout fibrome ne nécessite pas un traitement, et en cas de chirurgie, le geste doit être le moins mutilant possible.Le Fibromyome Utérin (FU) : Une Exploration Approfondie
Le fibromyome utérin, également connu sous les noms de fibrome, myome ou léiomyome, est une pathologie gynécologique bénigne très fréquente, se développant à partir du tissu musculaire lisse et du tissu conjonctif de l'utérus. Sa prévalence en fait un sujet d'intérêt majeur en gynécologie-obstétrique, notamment en raison de ses implications sur la fertilité et la qualité de vie des femmes. Ce document vise à explorer en détail tous les aspects du fibromyome utérin, depuis sa définition jusqu'à sa prise en charge thérapeutique.1. Généralités et Concepts Fondamentaux
1.1. Définition Détaillée
Le fibromyome utérin est une tumeur bénigne, c'est-à-dire une masse cellulaire non cancéreuse, qui se développe spécifiquement aux dépens du muscle utérin (le myomètre) et de son tissu conjonctif de soutien. Histologiquement, il est principalement constitué de cellules musculaires lisses hypertrophiées et hyperplasiques mélangées à des éléments fibreux. Autour de cette masse, le tissu utérin environnant se condense pour former une pseudocapsule bien définie. Cette pseudocapsule facilite chirurgicalement l'énucléation du fibrome en le distinguant clairement du myomètre sain. Contrairement aux tumeurs malignes, les fibromyomes ne métastasent pas et leur croissance est généralement lente. Cependant, leur taille et leur nombre peuvent varier considérablement, allant d'un grain de mil à des masses atteignant la taille d'une tête fœtale, parfois pesant plusieurs kilogrammes.1.2. Intérêt Clinique du Fibromyome Utérin
L'intérêt d'étudier le fibromyome utérin est multiple, touchant des aspects épidémiologiques, diagnostiques, thérapeutiques et pronostiques.- Intérêt Épidémiologique :
Le fibromyome est exceptionnellement fréquent chez les femmes en âge de procréer.
- À 20 ans, environ 3% des femmes présentent des fibromyomes.
- Ce chiffre augmente significativement pour atteindre 20% chez les femmes de plus de 35 ans (selon HEDON) et près de 50% chez les femmes de 50 ans (selon MARRET).
- Des études spécifiques, comme celle de SY, montrent que 52% des hystérectomies sont réalisées pour des fibromyomes, tandis que TRAORE rapporte une prévalence de 6,6% dans certaines populations.
- Intérêt Diagnostique : Le diagnostic combine l'examen clinique et l'imagerie. L'échographie pelvienne (par voies transabdominale et transvaginale) est l'examen de première intention, complétée si nécessaire par l'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), qui offre une cartographie précise des lésions.
- Intérêt Thérapeutique : Bien que souvent bénin, le fibrome peut nécessiter une intervention. Il existe désormais des traitements médicamenteux bien codifiés permettant de gérer les symptômes. Chirurgicalement, le fibrome représente la première indication d'hystérectomie chez les femmes en préménopause, soulignant l'impact significatif de cette pathologie sur la santé reproductive.
- Intérêt Pronostique : Le pronostic vital est généralement favorable puisqu'il s'agit d'une tumeur bénigne. Cependant, les fibromyomes peuvent être associés à des complications fréquentes telles que des fausses couches spontanées (FCS), des menaces d'accouchement prématuré (MAP), et l'hypofertilité. De plus, les récidives après exérèse chirurgicale sont possibles, ce qui nécessite une surveillance post-opératoire.
1.3. Rappels Anatomophysiologiques de l'Utérus
L'utérus est un organe central de l'appareil génital féminin, essentiel à la reproduction.L'utérus est un organe musculaire qui a un peu la forme d'une poire renversée. Il est situé dans la cavité pelvienne entre la vessie (devant) et le rectum (derrière).En dehors de la grossesse, il mesure environ 7 à 8 cm de long, 4 à 5 cm de large et 2 à 3 cm de profondeur. Anatomiquement, l'utérus se divise en trois parties principales :
- Le corps utérin : la partie la plus volumineuse, où se développent la plupart des fibromyomes.
- L'isthme : zone de transition étroite entre le corps et le col.
- Le col utérin : la partie inférieure qui s'ouvre dans le vagin.
- Le périmètre : couche externe séreuse, un prolongement du péritoine.
- Le myomètre : couche musculaire épaisse, où naissent les fibromes.
- L'endomètre : couche interne muqueuse qui tapisse la cavité utérine, subissant des modifications cycliques sous l'influence hormonale et étant le site d'implantation de l'embryon.
2. Étiopathogénie du Fibromyome Utérin
L'étiopathogénie du fibromyome est complexe et multifactorielle, impliquant une interaction entre des facteurs génétiques, hormonaux et environnementaux.2.1. Facteurs de Risque
Plusieurs facteurs sont associés à un risque accru de développer des fibromyomes utérins :- Hyperœstrogénie relative : Un déséquilibre en faveur des œstrogènes par rapport à la progestérone est souvent impliqué. Ce rapport élevé peut résulter d'une production excessive d'œstrogènes, d'une conversion accrue d'androgènes en œstrogènes (comme dans l'obésité), ou d'une insuffisance de progestérone.
- Race noire : Ce facteur est constamment retrouvé dans les études épidémiologiques. Les femmes noires ont tendance à développer des fibromes à un âge plus jeune, avec une plus grande taille, un nombre plus élevé et des symptômes plus sévères. Les raisons précises de cette disparité raciale ne sont pas entièrement élucidées mais pourraient impliquer des facteurs génétiques, des différences dans l'expression des récepteurs hormonaux, ou des facteurs environnementaux et de mode de vie.
- Obésité : Le tissu adipeux est un site de conversion des androgènes en œstrogènes via l'enzyme aromatase. Une masse grasse plus importante entraîne une production endogène d'œstrogènes plus élevée, favorisant potentiellement la croissance des fibromes.
- Nulliparité : C'est-à-dire l'absence d'antécédents de grossesse menée à terme. Les grossesses multiples semblent avoir un effet protecteur contre le développement des fibromes. Le mécanisme exact est incertain, mais pourrait être lié aux modifications hormonales importantes et à la restructuration du myomètre pendant la grossesse et le post-partum.
- Âge : Le risque de développer des fibromes augmente avec l'âge jusqu'à la ménopause, après quoi leur croissance tend à s'arrêter et ils peuvent même régresser. La période la plus à risque est entre 30 et 50 ans.
- Antécédents familiaux : La présence de fibromes chez la mère ou les sœurs augmente le risque, suggérant une composante génétique.
- Autres facteurs : L'hypertension artérielle, la consommation excessive de viande rouge, la consommation d'alcool, et la carence en vitamine D sont également étudiés comme des facteurs potentiels.
2.2. Mécanisme de Développement
Le mécanisme précis de la prolifération des myomes est complexe et n'est pas encore entièrement compris, mais il est clairement lié à l'activité hormonale.Il est complexe et reste encore mal connu, mais classiquement on rattache la prolifération des myomes à une hyperoestrogénie.Les points clés sont :
- Dépendance aux œstrogènes : Les œstrogènes sont essentiels au développement et à la croissance des fibromes. Ils agissent comme des facteurs de croissance, stimulant la division cellulaire et la production de matrice extracellulaire. La preuve en est qu'ils apparaissent toujours après la puberté, quand la production d'œstrogènes débute, et qu'ils se stabilisent ou régressent après la ménopause, quand la production d'œstrogènes diminue drastiquement. Cependant, les œstrogènes ne sont pas suffisants à eux seuls ; d'autres facteurs sont nécessaires.
- Rôle de la progestérone : Bien qu'on ait longtemps cru que les œstrogènes étaient les seuls coupables, il est désormais reconnu que la progestérone joue également un rôle crucial, voire pro-croissance, dans beaucoup de fibromes. Les récepteurs à la progestérone sont souvent surexprimés dans les fibromes, et l'ovulation (qui produit de la progestérone) est associée à une phase de croissance.
- Hyperoestrogénie relative : Cette condition est souvent associée à des dysovulations (troubles de l'ovulation), une insuffisance lutéale (corpus luteum ne produisant pas suffisamment de progestérone), ou l'obésité. Dans ces situations, le déséquilibre œstrogènes/progestérone peut favoriser la prolifération myomateuse.
- Facteurs génétiques et moléculaires : Des anomalies chromosomiques (notamment les translocations t(12;14)) et des mutations génétiques (comme MED12) sont identifiées dans une proportion significative de fibromes, suggérant une base génétique à leur développement. Des facteurs de croissance (IGF-1, EGF, TGF-β) et des cytokines sont également impliqués.
2.3. Conséquences Physiopathologiques des Fibromes
La présence de fibromes peut entraîner diverses conséquences sur l'utérus et les organes avoisinants :- Hypertrophie de l'endomètre : Surtout en cas de fibromes sous-muqueux ou intramuraux proches de la cavité, cela peut augmenter la surface endométriale et la vascularisation, favorisant les saignements utérins anormaux.
- Altération de l'irrigation utérine : La croissance du fibrome peut modifier le flux sanguin utérin, parfois avec des conséquences sur la fonction endométriale ou le développement fœtal en cas de grossesse.
- Compression des organes du pelvis : En fonction de leur taille et de leur localisation, les fibromes peuvent comprimer la vessie (entraînant des symptômes urinaires), le rectum (causant constipation ou ténesme), ou les uretères (pouvant provoquer une hydronéphrose).
3. Anatomie Pathologique
L'étude anatomopathologique des fibromes permet d'en confirmer la bénignité et de caractériser leur structure.3.1. Macroscopie
À l'examen macroscopique, les fibromes se présentent typiquement comme :- Des tumeurs ou masses de couleur rose pâle à grisâtre.
- De consistance ferme à dure, parfois élastique.
- De forme arrondie ou ovoïde, avec une surface généralement lisse et régulière.
- Ils sont souvent multiples, rarement solitaires.
- Leur taille varie considérablement, du grain de mil (quelques millimètres) à la tête fœtale (plusieurs dizaines de centimètres), et ils peuvent être groupés.
- La présence de la pseudocapsule permet de les distinguer facilement du myomètre environnant.
- À la coupe, ils ont un aspect blanc-nacré, tourbillonnant ou fasciculé.
3.2. Microscopie
L'examen microscopique révèle les caractéristiques cellulaires des fibromyomes :- Ils sont composés de léiomyocytes (cellules musculaires lisses) et de fibrocytes (cellules du tissu conjonctif) agencés en faisceaux irréguliers, souvent entrelacés.
- Ces cellules présentent peu de mitoses et pas d'atypies nucléaires significatives, confirmant la bénignité de la lésion.
- Le tissu conjonctif est riche en collagène.
- La pseudocapsule visible macroscopiquement correspond à une zone dense de fibres collagènes et de vaisseaux sanguins comprimés autour du fibrome.
3.3. Évolution et Transformations
Les fibromyomes peuvent subir diverses transformations, la plupart bénignes :- Involuer : Après la ménopause ou un traitement hormonal, leur taille peut diminuer.
- Augmentation de volume : Liée à la stimulation hormonale ou à des dégénérescences.
- Hémorragie : Au sein du fibrome, notamment lors de dégénérescence rouge (souvent pendant la grossesse).
- Différentes transformations :
- Dégénérescence hyaline : La plus fréquente, remplaçant les cellules par un tissu hyalin.
- Dégénérescence kystique : Formation de cavités remplies de liquide.
- Dégénérescence myxoïde : Accumulation de matériel mucoïde.
- Dégénérescence rouge : Souvent observée pendant la grossesse, due à une nécrose ischémique (infarctus hémorragique). Elle se manifeste par une douleur aiguë et de la fièvre.
- Dégénérescence calcifiante : Dépôt de sels de calcium, surtout après la ménopause ou des épisodes de nécrose.
- Très rare transformation sarcomateuse (< 0,5%), donnant naissance à un léiomyosarcome. Cela doit être suspecté devant une croissance rapide et inexpliquée d'un fibrome, en particulier après la ménopause.
4. Étude Clinique du Fibromyome Utérin
L'étude clinique est essentielle pour poser le diagnostic, évaluer la symptomatologie et identifier les complications.4.1. Type de Description (TDD)
Le cas typique de description est celui d'un fibrome utérin à développement pelvien chez une femme de 35 ans.4.1.1. Circonstances de Découverte
Les fibromes sont fréquemment asymptomatiques et peuvent être découverts fortuitement :- Lors d'un examen gynécologique systématique.
- À l'occasion d'une échographie pelvienne réalisée pour une autre raison.
- Ou plus classiquement, ils se révèlent par des symptômes comme les métrorragies (saignements utérins anormaux) ou une sensation de pesanteur pelvienne.
4.1.2. Évaluation Initiale Rapide (pour les cas compliqués ou hémorragiques)
En cas de symptômes aigus, hémorragiques ou de signes de choc, une évaluation rapide est cruciale :- Appel à l'aide.
- Vérification du Glasgow (état de conscience).
- Appréciation de la coloration (pâleur cutanéomuqueuse).
- Mesure des constantes vitales (tension artérielle, pouls, fréquence respiratoire).
- Si un état de choc est présent (hypotension, tachycardie, pâleur), une réanimation immédiate est nécessaire.
- Si l'état est stable, l'exploration diagnostique se poursuit.
4.1.3. Interrogatoire Approfondi
L'interrogatoire est une étape clé et doit être systématique :- Identité : âge de la patiente (critère important pour l'évolution et la stratégie thérapeutique).
- Signes fonctionnels :
- Saignements utérins :
- Ménorragie : principal signe révélateur, caractérisé par des saignements menstruels abondants, prolongés (> 7 jours) et/ou trop fréquents.
- Métrorragie : saignements d'origine endo-utérine survenant en dehors des règles.
- Ménométrorragie : combinaison des deux, avec des règles abondantes et prolongées, associées à des saignements irréguliers entre les cycles.
- Pesanteur pelvienne : Sensation de poids ou de gêne dans le bas-ventre. Elle est souvent accentuée par la fatigue, en fin de journée, ou par la station debout prolongée, et est soulagée par le repos en décubitus (allongée).
- Signes de compression des organes de voisinage :
- Pollakiurie : besoin fréquent d'uriner, dû à l'irritabilité vésicale par compression du fibrome antérieur sur la vessie.
- Constipation : par compression digestive si le fibrome est postérieur et appuie sur le rectum.
- Rarement des douleurs lombaires ou une hydronéphrose par compression urétérale.
- Douleurs : pelviennes chroniques, dysménorrhée (règles douloureuses), dyspareunie (douleurs pendant les rapports sexuels).
- Troubles de la fertilité : difficulté à concevoir, fausses couches à répétition.
- Saignements utérins :
- Antécédents :
- Médicaux : diabète (influence sur le métabolisme des œstrogènes).
- Obstétricaux : nulliparité (facteur de risque reconnu), antécédents de fausse couche spontanée (FCS) à répétition.
- Gynécologiques : infertilité, traitements hormonaux substitutifs (THS), contraception hormonale (bien que souvent protectrice, leur impact sur des fibromes préexistants est à considérer).
- Chirurgicaux : notamment toute chirurgie utérine antérieure.
- Familiaux : notion de fibrome chez les proches (mère, sœurs), suggérant une prédisposition génétique.
4.1.4. Examen Physique
L'examen clinique est crucial pour objectiver les signes et orienter le diagnostic.- Examen général :
- Évaluation de l'état général (EGC).
- Recherche d'hypocoloration cutanéomuqueuse (pâleur) suggérant une anémie due à des saignements chroniques.
- Prise des constantes vitales.
- Calcul de l'IMC (l'obésité est un facteur de risque).
- Recherche d'anémie, de fièvre (en cas de nécrobiose aseptique), et du degré d'obésité.
- Examen des seins systématique, comparatif et méthodique, à la recherche d'anomalies (nodules, écoulements).
- Examen des autres appareils : cardiovasculaire (TA, pouls, antécédents de phlébite), pulmonaire.
- Examen gynécologique :
- Inspection : Recherche de cicatrices abdominales, ou d'une voussure sus-pubienne (bombement) en cas de fibrome volumineux.
- Palpation abdominale : Le fond utérin peut apparaître lisse et régulier, ou au contraire, déformé par des bosselures en cas de fibromes multiples ou volumineux.
- Examen au spéculum :
- Permet d'apprécier la présence et l'origine d'un saignement (utérin ou cervical).
- Évalue l'état macroscopique du col.
- Permet de réaliser des frottis cervico-utérins (dépistage des lésions précancéreuses et du cancer du col).
- Peut parfois visualiser un fibrome sous-muqueux pédiculé qui apparaît à travers l'orifice cervical, pouvant être noirâtre, sphacélé et à tort confondu avec un cancer.
- Dans le cas d'un fibrome utérin pelvien antérieur, le col peut être refoulé en arrière.
- Toucher vaginal (TV) : Doit être pratiqué à vessie vide.
- Retrouve un col refoulé en arrière dans les fibromes antérieurs.
- Le corps utérin est augmenté de volume, de consistance ferme, avec un contour régulier ou bosselé selon le siège et le nombre des fibromes.
- Il est plus ou moins mobile et indolore dans les formes non compliquées.
- Un signe caractéristique est la transmission des mouvements : les mouvements imprimés au col utérin se transmettent au corps de l'utérus, et inversement (l'utérus et ses fibromes forment un bloc).
- Au niveau des annexes (ovaires et trompes), le TV apprécie leur état, la souplesse et la sensibilité des culs-de-sac vaginaux pour éliminer d'autres pathologies.
- Toucher rectal (TR) : Complémentaire du TV, il permet d'apprécier l'état des paramètres (tissus de soutien de l'utérus) et de détecter un fibrome utérin postérieur ou intraligamentaire qui pourrait être difficile d'accès par le TV.
4.1.5. Examens Complémentaires
Ces examens sont essentiels pour confirmer le diagnostic, caractériser les fibromes et évaluer leur retentissement.A Visée Diagnostique :
- Échographie : C'est l'examen de référence, réalisable par voie transabdominale et/ou transvaginale.
- Elle visualise le(s) myome(s) comme une zone hypoéchogène (plus sombre que le myomètre normal), arrondie, à limites nettes.
- Peut montrer des zones internes liquédiennes bien définies en cas de nécrobiose aseptique ou des zones internes hyperéchogènes (plus claires) en cas de calcification.
- Les fibromes sous-séreux sont généralement les plus faciles à identifier.
- Les fibromes interstitiels ou intramuraux peuvent entraîner une déformation de la paroi utérine ou une augmentation globale du volume utérin.
- IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) : L'examen le plus efficace pour une cartographie précise.
- Permet de caractériser le siège (localisation), le nombre, la taille des fibromes et les éventuelles transformations (dégénérescences).
- Elle est également très utile pour le diagnostic différentiel avec l'adénomyose (infiltration de l'endomètre dans le myomètre) et les masses annexielles (kystes ovariens).
- Améliore la visualisation de la cavité utérine, l'ostium tubaire et les fibromes sous-muqueux, ce qui est crucial pour planifier une exérèse par hystéroscopie ou laparoscopie.
Classification des Fibromyomes Utérins (Classification FIGO révisée) :
Cette classification est basée sur la localisation des fibromes par rapport aux différentes couches de l'utérus et est essentielle pour la prise en charge.- Fibromes Sous-muqueux (affectant la cavité utérine) :
- Type 0 : Pédiculé intracavitaire (entièrement dans la cavité utérine).
- Type 1 : < 50% intramural (une partie du fibrome est dans le myomètre, mais moins de la moitié).
- Type 2 : 50% intramural (plus de la moitié du fibrome est implantée dans le myomètre).
- Fibromes Intramuraux ou Interstitiels (entièrement au sein du myomètre) :
- Type 3 : 100% intramural, au contact de l'endomètre (déforme la cavité sans y faire saillie majeure).
- Type 4 : Entièrement intramural (situé au centre de la paroi utérine, loin de l'endomètre et de la séreuse).
- Fibromes Sous-séreux (faisant saillie vers la surface externe de l'utérus) :
- Type 5 : Sous-séreux, 50% intramural.
- Type 6 : Sous-séreux, < 50% intramural.
- Type 7 : Sous-séreux pédiculé (lié à l'utérus par un fin pédicule).
- Autres Types (Type 8 et Hybrides) :
- Type 8 : Autre localisation, par exemple fibromes parasites (ayant perdu leur attache utérine et recevant leur vascularisation d'un autre site), cervicaux (dans le col), intraligamentaires (entre les feuillets du ligament large), ou dans le ligament rond.
- Types Hybrides : Affectent à la fois l'endomètre et la séreuse (ex: Type 2-5).
- Hystéroscopie diagnostique : C'est une exploration endoscopique directe de la cavité utérine, réalisée en introduisant une optique fine par l'orifice cervical. Elle est l'examen-clé pour évaluer précisément le retentissement des fibromyomes sous-muqueux sur la cavité utérine, leur taille, position et l'accessibilité à une résection.
A Visée Pré-Thérapeutique (ou préopératoire) :
Ces examens visent à évaluer l'état général de la patiente avant d'envisager un traitement plus invasif.- Groupage sanguin et Rhésus (GS FRH), Numération Formule Sanguine (NFS) pour évaluer l'anémie et les cellules sanguines.
- Bilan de coagulation (TP, TCK, plaquettes) : pour s'assurer de l'absence de troubles de la coagulation avant une intervention, Crase sanguine.
- Sérologies infectieuses (VIH, Ag HBS).
- Glycémie, Transaminases (bilan hépatique).
- Bilan biologique préopératoire complet (NFS, glycémie, plaquettes, TP, TCK, Gp/Rh, RAI - Recherche d'Agglutinines Irrégulières).
- Radiographie pulmonaire et Électrocardiogramme (ECG), surtout pour les patientes de plus de 40 ans ou présentant des comorbidités.
4.1.6. Évolution du Fibromyome
L'évolution des fibromes est très variable :- Elle dépend de leur taille, de leur type et des facteurs hormonaux.
- Un tiers des fibromyomes sont bien tolérés et peuvent permettre à la femme d'atteindre la ménopause sans symptômes majeurs, où ils régresseront naturellement.
- Évolution favorable : Sous traitement médicamenteux (qui vise à réduire la taille ou à contrôler les symptômes) ou après exérèse chirurgicale, le pronostic est généralement bon.
- Évolution défavorable : Sans traitement adapté, des complications peuvent survenir, altérant la qualité de vie et/ou la fertilité.
4.2. Formes Cliniques
Les fibromes peuvent se manifester sous différentes formes, influencées par l'âge, la localisation et la présence de complications.4.2.1. Fibromes chez la Femme Ménopausée
FU chez la ménopausée : tableau clinique identique.Bien que les fibromes aient tendance à régresser après la ménopause en raison de la chute drastique des œstrogènes, la découverte de fibromes à cet âge, ou la persistance de symptômes s'ils étaient déjà présents, nécessite une attention particulière. Un fibrome symptomatique ou en croissance rapide après la ménopause doit faire rechercher une complication (dégénérescence sarcomateuse, bien que rare) ou une autre source de stimulation œstrogénique.
4.2.2. Selon les Tumeurs (Localisation)
Le type de fibrome (sous-muqueux, interstitiel, sous-séreux) détermine largement les symptômes.- Fibrome sous-muqueux : Souvent le plus symptomatique.
- Signes fonctionnels (SF) : Principalement des saignements utérins abondants (ménorragies, métrorragies) par augmentation de la surface endométriale et perturbation de la contractilité utérine. Peut provoquer de l'infertilité ou des fausses couches.
- Signes physiques (SP) : L'utérus peut être augmenté de volume. Au spéculum, un fibrome pédiculé peut être visible.
- Signes paracliniques (SPC) : Bien visualisé à l'échographie, et l'hystéroscopie est essentielle pour sa caractérisation et sa classification (FIGO 0, 1, 2).
- Fibrome interstitiel (ou intramural) : Au sein du myomètre.
- SF : Peut entraîner une augmentation importante du volume de l'abdomen, des douleurs pelviennes, et des troubles du cycle si volumineux.
- SP : Utérus volumineux, bosselé, ferme.
- SPC : Échographie et IRM sont efficaces pour les identifier et évaluer leur taille et leur nombre (FIGO 3, 4).
- Fibrome sous-séreux : En périphérie de l'utérus, faisant saillie vers la cavité péritonéale.
- SF :
- Rarement cause de saignements importants.
- Symptômes de compression : dysurie (difficulté à uriner) ou pollakiurie si le myome est antérieur et comprime la vessie.
- Constipation ou ténesme si le myome est postérieur et comprime le rectum.
- Douleurs pelviennes si volumineux ou en cas de torsion (surtout s'il est pédiculé).
- SP : Masse irrégulière palpable à l'abdomen ou au TV.
- SPC : Échographie et IRM les visualisent bien (FIGO 5, 6, 7).
- SF :
4.2.3. Selon les Segments Utérins
- Fibrome corporéal : La localisation la plus fréquente, dans le corps de l'utérus.
- Fibrome isthmique : Situé dans l'isthme utérin, peut entraîner une gêne ou des dysménorrhées.
- Fibrome cervical : Rare (5-10% des cas), situé dans le col de l'utérus. Peut gêner l'accouchement, causer des dyspareunies ou des saignements.
4.2.4. Fibrome Asymptomatique
Beaucoup de fibromyomes ne causent aucun symptôme et sont découverts fortuitement. Dans ces cas, l'abstention thérapeutique avec simple surveillance est souvent de mise, surtout si la ménopause est proche.4.2.5. Formes Compliquées
Les complications du fibromyome justifient souvent une intervention.- Compression :
- Compression des uretères et de la vessie : Entraîne des signes urinaires (pollakiurie, dysurie, infections urinaires récurrentes). En cas de compression urétérale importante, risque d'hydronéphrose. Les fibromes intraligamentaires peuvent particulièrement compresser les uretères.
- Compression du rectum : Causes de ténesme (envie constante d'aller à la selle) et d'épreintes (douleurs abdominales à type de coliques) voire de constipation.
- Compression des vaisseaux ou nerfs : Un myome dans le ligament large peut entraîner un œdème aux membres inférieurs homo-latéral par compression veineuse ou lymphatique.
- Les culs-de-sac vaginaux peuvent être comblés par le volume du fibrome.
- SPC : Échographie et IRM permettent d'évaluer la compression et ses conséquences.
- Torsion d'un myome pédiculé :
- Survient principalement avec les fibromes sous-séreux ou sous-muqueux pédiculés.
- SF : Douleur aiguë, brutale et intense, souvent localisée, puis continue. Peut être accompagnée de nausées et vomissements.
- SP : Défense pariétale (contracture des muscles abdominaux), palpation d'un myome douloureux et tendu.
- SPC : Échographie montre un myome avec des signes de dévascularisation ou d'œdème.
- Nécrobiose aseptique (ou dégénérescence rouge) :
- Survient typiquement pendant la grossesse. Due à une ischémique aiguë du fibrome.
- SF : Douleur abdominale aiguë, soudaine, intense et localisée. Fièvre modérée (38-39°C) sans signes infectieux.
- SP : Utérus augmenté de volume, myome plus mou à la palpation et très douloureux.
- SPC : Échographie peut montrer une image en cocarde (anneau hypoéchogène avec centre hyperéchogène) ou une zone d'hypoéchogénicité centrale. La biologie montre souvent une leucocytose et une élévation de la CRP.
- Fibrome utérin et grossesse : Les fibromes peuvent avoir des conséquences néfastes sur la grossesse.
- Au premier trimestre : Risque accru de fausse couche spontanée (FCS) par altération de l'implantation ou de la vascularisation.
- Aux deuxième et troisième trimestres : Augmentation du risque de menace d'accouchement prématuré (MAP) et d'accouchement prématuré (PP), de présentation fœtale anormale, de procidence du cordon.
- Pendant le travail et le post-partum : Anomalies de la dynamique utérine rendant le travail irrégulier ou inefficace (dystocie dynamique), risque accru d'hémorragie du post-partum (HPP) par atonie utérine, et dans des cas extrêmes, un décès fœtal.
5. Diagnostic
5.1. Diagnostic Positif
Le diagnostic positif du fibromyome repose sur une triade d'éléments :- La présence de saignements utérins anormaux (ménorragies, métrorragies) comme signe fonctionnel principal.
- À l'examen physique, un utérus augmenté de volume, aux contours réguliers ou irréguliers par des bosselures, ferme et mobile. Un signe clé est la transmission des mouvements imprimés au col vers le corps utérin, et inversement, indiquant que l'utérus est solidaire de la masse.
- La confirmation échographique : zone(s) arrondie(s) dans la paroi utérine, légèrement hypoéchogène(s) par rapport au myomètre normal, et à contours nets.
5.2. Diagnostic Différentiel
Il est crucial de distinguer le fibromyome d'autres masses pelviennes ou causes de saignements utérins.| Condition | Signes Fonctionnels | Signes Physiques | Signes Paracliniques | Différenciation Clé du Fibromyome |
|---|---|---|---|---|
| Grossesse | Aménorrhée secondaire, signes sympathiques de grossesse (nausées, seins tendus). | Utérus augmenté de volume (globuleux, mou), perception de contractions indolores (Noble +), ramollissement de l'isthme (Hegar +). | HCG sanguins/urinaires positifs, échographie montrant un sac gestationnel intra-utérin, embryon avec activité cardiaque. | Absence de spécificité du fibrome (pas d'aménorrhée, pas de signes sympathiques). |
| Adénomyose | Métrorragies cycliques persistantes (dysfonctionnelles), dysménorrhée souvent intense et progressive. | Utérus augmenté de volume de façon homogène, douloureux à la palpation et diffus, moins ferme que le fibrome. | Échographie : myomètre hétérogène, zones hyperéchogènes/hypoéchogènes diffuses, kystes myométriaux. IRM : zones de jonction épaissie, images en "points blancs". | L'adénomyose est une infiltration diffuse de l'endomètre dans le myomètre, non une masse isolée bien capsulée. |
| Cancer du col | Métrorragies de contact (après rapports), leucorrhées fétides. | Lésion bourgeonnante, ulcérée, ou végétante visible au spéculum au niveau du col utérin. | Histologie (biopsie du col) indispensable, montrant des cellules malignes. | Le fibrome est intra-utérin, le col peut être repoussé mais n'est pas le siège de la tumeur. |
| Cancer de l'endomètre | Métrorragies post-ménopausiques, métrorragies chez la femme en âge de procréer, hydrorrhée (écoulement aqueux), pyométrie. | Saignement d'origine endo-utérine, utérus parfois de taille normale, parfois légèrement augmenté de volume. | Hystéroscopie avec biopsie dirigée, curetage biopsique de l'endomètre, histologie confirmant le carcinome. Échographie : épaississement de l'endomètre. | Le fibrome est une masse myométriale, pas une lésion endométriale proliférante maligne. |
Exemples d'autres diagnostics différentiels :
- Kyste ovarien ou tumeur annexielle : Palpé comme une masse distincte de l'utérus. L'échographie et l'IRM permettront de localiser l'origine annexielle de la masse.
- Tumeur maligne utérine (léiomyosarcome) : Rare. Suspectée en cas de croissance rapide et inexpliquée du fibrome, surtout après la ménopause. Le diagnostic de certitude est histologique (après exérèse).
- Polypes endométriaux : Petites excroissances de l'endomètre, causant des saignements irréguliers. Diagnostiqués par hystéroscopie.
6. Traitement du Fibromyome Utérin
Le traitement du fibromyome dépend de plusieurs facteurs : l'âge de la patiente, son désir de grossesse, la taille et la localisation des fibromes, la sévérité des symptômes et la présence de complications. L'approche peut être conservatrice (médicale, myomectomie) ou radicale (hystérectomie).6.1. Traitement Curatif
6.1.1. Buts du Traitement
- Arrêter le saignement : Priorité en cas d'hémorragie importante ou d'anémie.
- Guérir le fibrome : Soit par régression (médicamenteuse), soit par exérèse chirurgicale.
- Éviter les complications : Prévenir la nécrobiose, la torsion, la compression, ou les conséquences sur la fertilité et la grossesse.
- Soulager les symptômes : Diminuer les douleurs, la pesanteur et améliorer la qualité de vie.
- Préserver la fertilité : Surtout chez les femmes nullipares avec un désir de grossesse.
6.1.2. Moyens et Méthodes
Mesures Générales :
- Abstention et surveillance : Pour les fibromes asymptomatiques, de petite taille, ou chez les femmes proches de la ménopause.
- Hospitalisation : En cas de complications aiguës (hémorragie sévère, douleur intense).
- Voie Veineuse (VV) : Mise en place si saignement important.
- Soutien psychologique : Pour les patientes souffrant de symptômes chroniques ou d'infertilité.
- Oxygénothérapie (O2) : Si anémie sévère ou choc hypovolémique.
- Transfusion sanguine : En cas d'anémie aiguë symptomatique ou hémorragie sévère.
Moyens Médicamenteux :
- Hormones :
- Progestatifs : Ex: lévonorgestrel. Utilisés en continu du 5ème au 25ème jour du cycle ou en continu. Ils visent à contrecarrer l'action œstrogénique et à réduire les saignements. Action variable sur la taille du fibrome.
- Agonistes de la LH-RH (GnRH) : Ex: triptoréline (Décapeptyl), goséréline (Zoladex). Ils induisent une ménopause artificielle en bloquant la production gonadique d'œstrogènes et de progestérone. Ils entraînent une réduction temporaire de la taille des fibromes (30-50%) et des saignements. Utilisés souvent en préopératoire pour réduire la taille des fibromes et l'anémie, ou avant la ménopause. Effets secondaires : bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, ostéoporose (si usage prolongé).
- Modulateurs sélectifs des récepteurs à la progestérone (SPRMs) : Ex: ulipristal acétate (Esmya). Utilisés pour réduire les saignements et la taille des fibromes. Sont très efficaces mais leur utilisation est limitée dans le temps en raison de préoccupations hépatiques.
- AINS (Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens) : Ex: acide méfénamique (Ponstyle).
- Utilisés pour soulager les douleurs liées aux fibromes (dysménorrhées, pesanteur) et à la nécrobiose aseptique.
- Efficaces également pour réduire le volume des ménorragies fonctionnelles en diminuant la production de prostaglandines utérines.
- Posologie : 2 gélules 1 à 3 fois par jour, dès le 1er jour des règles, pendant 2 à 5 jours maximum.
- Traitement adjuvant :
- Sulfate ferreux (Fer) : 1 comprimé 2 fois par jour. Indispensable pour corriger l'anémie ferriprive due aux saignements chroniques.
- Transfusion sanguine : En cas d'anémie sévère et mal tolérée par la patiente.
- Antifibrinolytiques : Ex: acide tranexamique (Exacyl).
- Efficaces pour réduire les ménorragies en inhibant la fibrinolyse de l'endomètre, stabilisant ainsi le caillot sanguin.
- Posologie : 2 à 4g par jour, ou 2 comprimés ou 1 ampoule buvable 3 ou 4 fois par jour.
Moyens Physiques (Interventions Mini-invasives) :
- Embolisation artérielle utérine (EAU) :
- Procédure radiologique interventionnelle. Consiste à injecter des microparticules dans les artères utérines pour bloquer l'apport sanguin aux fibromes, entraînant leur nécrose et leur réduction de taille.
- Efficace sur les saignements et la masse. Bonnes chances de préserver l'utérus. Peut être envisagée chez les femmes qui n'ont plus de désir de grossesse ou qui veulent éviter la chirurgie.
- Complications : douleurs post-embolisation, syndromes post-embolisation (fièvre, nausées), risque d'ischémie utérine, risque sur la fertilité encore débattu.
- HIFU (High-Intensity Focused Ultrasound) / Ultrasons focalisés de haute intensité :
- Technique non invasive utilisant des ultrasons pour détruire thermiquement le tissu fibromateux sous contrôle échographique ou IRM.
- Préserve l'utérus mais n'est pas adaptée à tous les types ou tailles de fibromes.
Moyens Chirurgicaux :
La chirurgie peut être réalisée par voie basse (vaginale) ou haute (abdominale, laparoscopie).- Chirurgie conservatrice (visant à préserver l'utérus) :
- Myomectomie : Excision du ou des fibromes uniquement, en laissant l'utérus en place.
- Par coelioscopie (laparoscopie) : pour les fibromes sous-séreux ou interstitiels, notamment si le désir de grossesse est présent. Moins invasive qu'une laparotomie.
- Par hystéroscopie : pour les fibromes sous-muqueux (FIGO 0, 1, 2) qui font saillie dans la cavité utérine. Permet une exérèse directe de l'intérieur de l'utérus, sans incision abdominale.
- Par laparotomie : pour les fibromes très volumineux, multiples, ou difficiles d'accès par cœlioscopie. C'est l'approche la plus invasive mais peut être nécessaire dans certains cas complexes.
- Myomectomie : Excision du ou des fibromes uniquement, en laissant l'utérus en place.
- Chirurgie radicale (ablation de l'utérus) :
- Hystérectomie : Ablation de l'utérus. C'est le traitement définitif du fibromyome, éliminant tout risque de récidive.
- Hystérectomie subtotale : Le corps utérin est retiré, mais le col est laissé en place. Moins de complications urinaires et fonctionnelles, mais risque de persistance de saignements cycliques liés au col et risque de cancer du col.
- Hystérectomie totale : Retrait complet de l'utérus, y compris le col. Élimine tout risque ultérieur de pathologie utérine ou cervicale (sauf si les ovaires sont conservés, il n'y a plus de risque ovarien lié à l'utérus, mais les ovaires peuvent développer des kystes ou tumeurs).
- L'hystérectomie peut être réalisée par laparotomie, par coelioscopie (assistée ou non d'un robot), ou par voie vaginale. Le choix dépend de la taille de l'utérus, de l'expérience du chirurgien et des préférences de la patiente.
- En cas de conservations des ovaires, il n'y a pas de ménopause chirurgicale. Si les ovaires sont retirés (annexectomie bilatérale), la patiente entre en ménopause chirurgicale.
- Hystérectomie : Ablation de l'utérus. C'est le traitement définitif du fibromyome, éliminant tout risque de récidive.
6.1.3. Indications Thérapeutiques
Les indications sont personnalisées en fonction de la situation clinique :- Fibromes peu volumineux et asymptomatiques, proches de la ménopause :
- Généralement, pas de traitement actif. Une simple abstention thérapeutique et surveillance régulière sont recommandées, car ils régresseront après la ménopause.
- Fibromes hémorragiques (ménorragies, anémie) :
- Première ligne : Traitement médical par progestatifs et supplémentation en fer. Antifibrinolytiques peuvent être ajoutés.
- Si échec du traitement médical ou saignement sévère : Embolisation utérine, ou myomectomie pour préserver l'utérus, ou hystérectomie si le désir de grossesse est absent.
- Chez la femme jeune (< 35 ans) avec désir de conception et fibromes volumineux ou symptomatiques :
- La myomectomie est le traitement de choix pour préserver la fertilité. Elle permet d'enlever les fibromes tout en conservant l'utérus intact.
- Pré-traitement par agonistes LH-RH pour réduire la taille des fibromes et faciliter l'acte chirurgical.
- Avant la ménopause, en cas d'échec du traitement hormonal ou de fibromes très symptomatiques/volumineux altérant la qualité de vie :
- L'hystérectomie totale est une option, avec conservation des annexes (ovaires et trompes) pour éviter une ménopause chirurgicale précoce si elles sont saines.
- Complications après 50 ans :
- L'hystérectomie avec annexectomie (ablation des ovaires) est souvent envisagée, car la conservation ovarienne à cet âge présente moins d'intérêt et il y a un risque de pathologie ovarienne.
- Fibrome associé à un prolapsus utérin et post-ménopause :
- Hystérectomie totale associée à une cure du prolapsus pour traiter les deux pathologies simultanément.
- Fibromes sous-muqueux pédiculés :
- L'hystéroscopie opératoire est le traitement de choix car elle est mini-invasive et permet une résection directe par voie naturelle.
- Torsion aiguë d'un FU sous-séreux pédiculé :
- Urgence chirurgicale. Requiert une laparotomie ou laparoscopie urgente pour détorsion et myomectomie du fibrome tordu.
- Nécrobiose aseptique (dégénérescence rouge) :
- Traitement conservateur initialement : AINS, antalgiques, éventuellement antibiotiques (bien que non infectieux, parfois en prévention), et application d'une vessie de glace sur l'abdomen. La chirurgie est rarement nécessaire sauf si les symptômes sont intolérables ou en cas de doute diagnostique.
6.1.4. Résultats et Surveillance
- Les traitements médicaux et chirurgicaux modernes permettent généralement de ralentir l'évolution des fibromes et de contrôler les complications hémorragiques ou compressives.
- Cependant, l'exérèse chirurgicale des myomes (myomectomie) ne met pas à l'abri de récidives dans plus de 50% des cas, surtout si la femme est jeune et expose toujours ses myomectomies à une stimulation hormonale. C'est pourquoi la surveillance est essentielle.
- Surveillance clinique : Bilan des symptômes, examen gynécologique régulier.
- Surveillance paraclinique : Échographies de contrôle pour évaluer la taille des fibromes résiduels ou l'apparition de nouveaux.
6.2. Prévention
Bien qu'il soit difficile de prévenir complètement l'apparition des fibromes en raison de la composante génétique et hormonale, des stratégies sont possibles :- Prévention primaire : Vise à réduire l'exposition aux facteurs de risque modifiables.
- Éviction des FDR connus tels que l'obésité (par une alimentation équilibrée et l'exercice physique), la consommation excessive d'alcool, de viande rouge.
- Correction de la carence en vitamine D.
- Prévention secondaire : Dépistage précoce et prise en charge rapide des symptômes ou des fibromes.
- Examens gynécologiques réguliers et échographies chez les femmes à risque (antécédents familiaux, race noire).
- Prévention tertiaire : Prise en charge des complications pour minimiser leur impact et éviter les récidives.
- Suivi post-myomectomie rigoureux.
- Gestion des symptômes résiduels.
Conclusion
Le fibrome est une tumeur bénigne, banale du myomètre, fréquente, surtout chez femme de race noire. Il peut être asymptomatique et régressif avec la ménopause. Le signe fonctionnel est essentiellement représenté par les ménorragies. A noter que tout fibrome n'exige pas de mesures thérapeutiques. En cas de chirurgie, le geste doit être moins mutilant que possible.En somme, le fibromyome utérin est une pathologie très courante, majoritairement bénigne, mais dont les manifestations cliniques peuvent affecter significativement la qualité de vie et la capacité reproductive des femmes. Sa prise en charge doit être individualisée, allant de la simple surveillance à des interventions chirurgicales complexes, avec un principe directeur : privilégier les solutions les moins invasives et les plus conservatrices, en particulier chez les femmes desiring une grossesse future. La compréhension de son étiopathogénie, de ses différentes formes cliniques et de ses complications est fondamentale pour un diagnostic précis et une gestion thérapeutique optimale.
Fibromyome Utérin (FU) - Fiche Récapitulative
Le fibromyome utérin est une tumeur bénigne fréquente, se développant à partir du tissu musculaire lisse et conjonctif de l'utérus, souvent chez les femmes en âge de procréer.1. Généralités
- Définition: Le Fibromyome utérin (ou fibrome, myome, léiomyome) est une tumeur bénigne de l'utérus (se développe à partir du myomètre).
- Intérêt épidémiologique:
- Très fréquent chez les femmes en âge de procréer: 3% à 20 ans, 20% à 35 ans, 50% à 50 ans.
- Plus fréquent chez la race noire.
- Intérêt diagnostique: Diagnostic principalement clinique, complété par l'imagerie (échographie, IRM).
- Intérêt thérapeutique: Existence de traitements médicamenteux codifiés. Peut être la première indication d'hystérectomie en préménopause.
- Pronostic: Généralement favorable, mais risque de complications (fausse couche, accouchement prématuré) et de récidives après exérèse.
2. Étiopathogénie
- Facteurs de risque:
- Hyperœstrogénie relative (dysovulation, insuffisance lutéale, obésité).
- Race noire.
- Obésité.
- Nulliparité.
- Âge.
- Mécanisme: Implication de l'hyperœstrogénie, nécessaire mais non suffisante (les fibromes apparaissent après la puberté et régressent après la ménopause).
- Conséquences possibles:
- Hypertrophie de l'endomètre.
- Altération de l'irrigation locale.
- Compression des organes pelviens.
3. Anatomie Pathologique
- Macroscopie: Tumeur de forme arrondie, couleur rose, lisse, dure, et de taille variable. Souvent multiples.
- Microscopie: Composé de léiomyocytes, fibrocytes, entouré d'une pseudo-capsule.
4. Étude Clinique
- Circonstances de découverte:
- Souvent asymptomatique (découverte fortuite lors d'un examen systématique).
- Saignements (ménorragies, métrorragies, ménométro-rragies).
- Pesanteur pelvienne (signe majeur, accentuée en fin de journée, soulagée au repos).
- Signes de compression (pollakiurie, constipation).
- Interrogatoire: Recherche âge, antécédents médicaux (diabète), obstétricaux (nulliparité, FCS), familiaux, et ATCD gynécologiques (infertilité, THS, contraception).
- Examen Physique:
- Général: Évaluation de l'état général, recherche d'hypocoloration (anémie), IMC.
- Gynécologique:
- Inspection: Cicatrices, voussure sus-pubienne.
- Palpation: Utérus déformé par des bosselures, taille augmentée.
- Spéculum: Apprécie l'origine du saignement, aspect du col. Un fibrome sous-muqueux pédiculé peut apparaître à l
FIBROMYOME UTÉRIN (FU) : La Fiche Réflexe
Le fibromyome utérin (ou fibrome, myome, léiomyome) est une tumeur bénigne de l'utérus, originaire du tissu musculaire lisse et conjonctif. Fréquent chez la femme en âge de procréer, il peut être source de complications et d'infertilité.1. Généralités et Intérêt
- Définition : Tumeur bénigne du myomètre (muscle utérin) et du tissu conjonctif utérin.
- Intérêt Épidémiologique : 'orifice cervical.
- Toucher vaginal: Utérus augmenté de volume, ferme, bosselé, mobile et indolore (formes non compliquées). Col refoulé.
- Toucher rectal: Permet d'apprécier les fibromes postérieurs ou intraligamentaires.
- Seins & autres: Examen systématique des seins. Évaluation cardiovasculaire et pulmonaire. Recherche d'anémie, fièvre (nécrobiose), obésité.
5. Examens Complémentaires
- À visée diagnostique:
- Échographie (examen de référence):
- Voie transabdominale et transvaginale.
- Visualise les myomes comme des zones hypoéchogènes, arrondies, à limites nettes.
- IRM (le plus efficace pour la cartographie): Précise siège, nombre, taille, transformation, et diagnostic différentiel (adénomyose, masses annexielles).
- Classification FIGO des fibromyomes utérins (selon le siège):
- Sous-muqueux: Type 0 (pédiculé intracavitaire) à Type 2 (≥ 50% intramural).
- Intramural ou interstitiel: Type 3 (100% intramural, au contact de l'endomètre) et Type 4 (pur intramural).
- Sous-séreux: Type 5 (≥ 50% intramural) à Type 7 (pédiculé sous-séreux).
- Autres: Type 8 (parasite, cervical, hybride).
- Hystéroscopie diagnostique: Exploration endoscopique de la cavité utérine pour é
- Très fréquent : 20% des femmes de + de 35 ans ; 50% de 50 ans.
- Plus fréquent chez la race noire.
- Intérêt Diagnostique : Clinique et imagerie (échographie, IRM).
- Intérêt Thérapeutique : Traitement médical codifié, chirurgie (première indication d'hystérectomie en pré-ménopause).
- Pronostic : Favorable, mais complications et récidives fréquentes.
- Rappel Anatomique : Utérus = organe musculaire en forme de poire inversée, entre vessie et rectum. Comprend corps, col, isthme, 3valuer le retentissement des fibromyomes sur la cavité.
- Échographie (examen de référence):
- À visée pré-thérapeutique: Bilan biologique (GS FRH, hémogramme, transaminases, bilan d’hémostase, sérologies HIV/AGHBS, glycémie).
- Explorant le terrain: Bilan préopératoire (NFS, glycémie, plaquettes, TP, TCK, Gp/Rh, RAI), Rx pulmonaire, ECG.
6. Évolution et Formes Cliniques
- Évolution:
- Favorable (⅓ des cas): Bien tolérés, régressent à la ménopause ou sous traitement/exérèse.
- Défavorable (sans traitement): Complications possibles.
2. Étiopathogénie
- Facteurs de Risque (5 à connaître) :
- Hyperœstrogénie relative
- Race noire
- Obésité
- Nulliparité
- Âge
- Mécanisme : Complexe, lié à l'hyperoestrogénie (les œstrogènes sont nécessaires, mais pas suffisants). Apparaît post-puberté, régresse après ménopause.
- Conséquences : Hypertrophie de l'endomètre, altération de l'irrigation, compression des organes pelviens.
3. Anatomie Pathologique
- Macroscopie : Masse rose, lisse, arrondie, dure, régulière. Souvent multiples et de taille variable.
- Microscopie : Léiomyocytes, fibrocytes, pseudocapsule.
- Extension : Peut involuer, augmenter de volume
- Formes cliniques:
- Selon la localisation (sous-muqueux, interstitiel, sous-séreux, cervical, isthmique, corporéal).
- Fibromes asymptomatiques (découverte fortuite).
- Fibromes chez la ménopausée (tableau clinique similaire).
- Formes compliquées:
- Compression: Urétérale (signes urinaires), rectale (ténesme, épreintes), membres inférieurs (œdème si intraligamentaire).
- Torsion de myome pédiculé: Douleur aiguë, nausées, vomissements, défense pariétale.
- Nécrobiose aseptique: Douleur aiguë, fièvre (38-39°C), myome augmenté, saigner, ou se transformer.
4. Étude Clinique et Diagnostic
- Circonstances de Découverte : Souvent asymptomatique. Découverte lors d'un examen systématique, échographie, métrorragie, ou pesanteur pelvienne.
- Interrogatoire :
- Âge
- Signes fonctionnels :
- Ménorragie : saignements abondants et prolongés (principal signe révélateur).
- Métrorragie : saignements en dehors des règles.
- Ménométrorragie.
- Pesanteur pelvienne : due à la compression (pollakiurie, constipation), accentuée par la fatigue/ de volume, mou et douloureux. Aspect en cocarde à l'échographie.
- Fibrome et grossesse:
- 1er trimestre: Fausses couches spontanées (FCS).
- 2e/3e trimestres: Menace d'accouchement prématuré (MAP), Présentations anormales (PP).
- Accouchement: Travail irrégulier, dystocie dynamique, hémorragie du post-partum (HPP), décès.
7. Diagnostic Différentiel
- Devant une masse pelvienne:
- Grossesse: Aménorrhée, signes sympathiques, HCG+, sac gestationnel à l'échographie. station debout.
- ATCD : médicaux (diabète), obstétricaux (nulliparité, FCS répétées), familiaux (fibrome), gynécologiques (infertilité, THS, CH).
- Examen Physique :
- Général : Évaluation de l'état général, anémie, IMC.
- Gynécologique :
- Inspection : cicatrice, voussure sus-pubienne.
- Palpation : utérus volumineux, déformé, bosselé.
- Spéculum : apprécie le saignement, état du col. Le col peut être refoulé.
- Toucher vaginal : utérus augmenté de volume, ferme, contour régulier/bosselé, mobile et indolore (formes non compliquées). Transmission des mouvements utéro-cervicaux.
- Toucher rectal : évalue les paramètres, fibrome postérieur/intraligamentaire.
- Examen des seins et autres appareils (cardio-art
- Adénomyose: Métrorragies cycliques, utérus volumineux, confirmé par échographie/IRM.
- Cancer du col: Métrorragies de contact, lésion bourgeonnante, diagnostic histologique.
- Cancer de l'endomètre: Métrorragies noirâtres, hydrorrhée, diagnostic par hystéroscopie et histologie.
8. Traitement
- But: Arrêter le saignement, guérir le fibrome, éviter les complications.
- Moyens:
- Généraux: Abstention surveillance (petits FU asymptomatiques), hospitalisation (si choc ou complication), soutien psychologique, O2, transfusion.
- Médicamenteux:
- Progestatifs (exériel, veineux, pulmonaire).
- Examens Complémentaires :
- À visée diagnostique :
- Échographie (transabdominale et transvaginale) : Examen de référence. Myome = zone hypoéchogène arrondie à limites nettes.
- IRM : Examen le plus efficace pour la cartographie exacte (siège, nombre, taille, transformation), diagnostic différentiel (adénomyose).
- Classification FIGO du fibromyome utérin :
- Sous-muqueux : Type 0 (pédiculé intracavitaire), Type 1 ( intramural: lévonorgestrel)
- Agonistes LH-RH (ex: triptoréline/Décapeptyl)
- AINS (acide méfénamique): Pour douleurs et ménorragies.
- Adjuvants: Sulfate ferreux (anémie), transfusion sanguine.
- Antifibrinolytiques (acide tranexamique): Efficaces sur les ménorragies fonctionnelles.
- Physiques:
- Embolisation artérielle.
- HIFU (Ultrasons focalisés de haute intensité).
- Chirurgie (voie basse ou haute):
- Conservatrice: Myomectomie (par cœlioscopie,), Type 2 ( intramural).
- Intramural/Interstitiel : Type 3 (100% intramural, au contact endomètre), Type 4 (intramural).
- Sous-séreux : Type 5 ( intramural), Type 6 ( intramural), Type 7 (pédiculé).
- Autre : Type 8 (parasite, hybride).
- Hystéroscopie diagnostique : Exploration endoscopique pour apprécier le retentissement intra-cavitaire.
- Bilan pré-thérapeutique et terrain : NFS, glycémie, plaquettes, TP, TCK, Gp/Rh, RAI, sérologies (VIH, AGHBS), transaminases, bilan cardiovasculaire, radio pulmonaire, ECG.
- À visée diagnostique :
- Radicale: Hystérectomie (subtotale ou totale) – si échec TTT hormonal ou femme en préménopause sans désir de grossesse.
- Indications:
- Absence de traitement: FU peu volumineux, stable, proche de la ménopause.
- Progestatifs et fer: FU hémorragiques.
- Myomectomie: Femme avant 35 ans, FU volumineux avec désir de conception.
- Hystérectomie totale avec conservation des annexes: É
- Formes Cliniques :
- Selon les tuniques : Sous-muqueux (TDD), interstitiels (utérus volumineux), sous-séreux (dysurie, constipation).
- Selon les segments : Corporeal, isthmique, cervical.
- Asymptomatique : Clinique muette.
- Formes compliquées (3 à connaître) :
- Compression : Uretères, vessie (signes urinaires), rectum (ténesme), œdème membres inférieurs (si dans le ligament large).
- Torsion de myome pédiculé : Douleur aiguë, nausées, vomissements, défense pariétale.
- Nécrobiose aseptique : Douleur aiguë, fièvre (), myome mou et douloureux, image en cocarde à l'écho, leucocytose.
- FU et Grossesse : Risque de FCS (1er trimestre), MAP, accouchement prématuré (2ème/3ème trimestres), Dystocie dynamique, Hémorragie du post-partum.
5. Diagnostic Différentiel (3 à discuter)
- Grossesse : Aménorrhée, signes sympathiques, Noble+, HCG+, sac gestationnel à l'échographie.
- chec traitement hormonal avant la ménopause.
- Hystérectomie + annexectomie: Complications après 50 ans.
- Hystérectomie + cure de prolapsus: FU + prolapsus + ménopause.
- Hystéroscopie: FU sous-muqueux pédiculés.
- Laparotomie urgente: Torsion aiguë du FU.
- AINS + antalgiques + antibiotiques + vessie de glace: Nécrobiose aseptique.
- Résultats: Le traitement ralentit l'évolution et les complications. La myomectomie ne prévient pas toujours les récidives (> 50%).
- Surveillance: Clinique et paraclinique.
- Prévention:
- Primaire: Éviction des facteurs de risque.
- Secondaire: Dépistage et prise en charge précoce.
- Tertiaire: Gestion des complications.
Conclusion
Le fibromyome utérin est une tumeur bénigne fréquente du myomètre. Il peut être asymptomatique et régresser à la ménopause. Les ménorragies constituent le principal signe fonctionnel. Tout fibrome ne nécessite pas de traitement; en cas de chirurgie, le geste doit être le moins mutilant possible.Adénomyose : Métrorragies cycliques, utérus augmenté de volume, diagnostic échographique/IRM.6. Traitement
- Buts : Arrêter le saignement, guérir le fibrome, éviter les complications.
- Moyens Généraux : Abstention/surveillance, hospitalisation, soutien psychologique, O2, transfusion.
- Moyens Médicamenteux :
- Hormones : Progestatifs (lévonorgestrel), Agonistes LH-RH (triptoréline).
- AINS (acide méfénamique) : Pour douleurs et ménorragies.
- Adjuvants : Sulfate ferreux (anémie), transfusion sanguine.
- Antifibrinolytiques (acide tranexamique) : Efficaces sur les ménorragies fonctionnelles.
- Moyens Physiques : Embolisation artérielle, HIFU (Focused Ultrasound de Haute Intensité).
- Chirurgie (Voie Basse ou Haute) :
- Conservatrice : Myomectomie (par cœlioscopie, hystéroscopie) – préserve l'utérus.
- Radicale : Hystérectomie (subtotale ou totale) – ablation de l'utérus.
- Indications (Principes à énoncer) :
- FU peu volumineux, stable, proche ménopause : Pas de traitement.
- FU hémorragiques : Progestatifs et fer.
- Avant 35 ans + FU volumineux + désir de conception : Myomectomie.
- Avant ménopause + échec traitement hormonal : Hystérectomie totale avec conservation des annexes.
- Complications après 50 ans : Hystérectomie + annexectomie.
- FU + prolapsus + ménopause : Hystérectomie + cure du prolapsus.
- FU sous-muqueux pédiculés : Hystéroscopie.
- Torsion aiguë du FU : Laparotomie urgente.
- Nécrobiose aseptique : AINS + antalgiques + antibiotiques + vessie de glace.
- Résultats et Surveillance : Le traitement ralentit l'évolution mais les récidives sont fréquentes (> 50%) après exérèse. Surveillance clinique et paraclinique.
- Prévention :
- Primaire : Éviter les FDR.
- Secondaire : Dépistage et PEC précoce.
- Tertiaire : PEC des complications.
Conclusion
Le fibrome est une tumeur bénigne banale du myomètre, fréquente, surtout chez la femme de race noire. Il peut être asymptomatique et régressif avec la ménopause. Le symptôme principal est la ménorragie. Tout fibrome n'exige pas un traitement. En cas de chirurgie, le geste doit être le moins mutilant possible.Inizia un quiz
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