Fibrome pleural: tumeurs rares et bénignes
100 carteLes tumeurs fibreuses de la plèvre sont rares et surviennent généralement après 40 ans. Elles sont le plus souvent bénignes, mais peuvent présenter une malignité locale, avec un risque de récidive après résection. Les fibromes pleuraux sont souvent asymptomatiques et découverts fortuitement lors d'une radiographie. L'exérèse chirurgicale est le traitement de choix. En imagerie, ils se manifestent comme une tumeur solitaire, sphérique ou ovoïde, bien limitée, située à la périphérie pulmonaire ou dans les scissures. Ils peuvent être mobiles avec la position du patient. La TDM montre une masse tissulaire bien limitée, parfois hétérogène, avec une prise de contraste variable. Le raccordement à la paroi peut être à angle obtus ou aigu. Les fibromes sont le plus souvent situés dans la moitié inférieure du thorax. L'imagerie ne permet pas de distinguer avec certitude les formes bénignes des formes malignes.
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Pathologie Pleurale : Fiche Récapitulative
Les affections de la plèvre représentent une part significative des hospitalisations en pneumologie, surtout en Afrique (20-25% des motifs). Environ 80% sont des pleurésies.
Manifestations
- Épanchements gazeux, liquidiens ou mixtes ( très fréquents).
- Lésion focale ou diffuse d'un ou des feuillets pleuraux ( épaississements, nodules).
1. Épanchements pleuraux
Radiographie Standard
- Opacité pleurale de densité hydrique basi-hémithoracique.
- Efface la coupole diaphragmatique.
- Limite supérieure concave (courbe de Damoiseau).
- Grande abondance : hémithorax sombre avec refoulement médiastinal.
Scanner (TDM)
- Densité liquidienne (0 à 20 UH), non rehaussée par l'iode.
- Collection liquidienne généralement postérieure avec un niveau curviligne.
-
Différentiation épanchement pleural vs intrapéritonéal
(aux bases) :
-
Signe du diaphragme :
- Pleural : périphérie de la convexité du diaphragme, postéro-interne.
- Intrapéritonéal : concavité du diaphragme.
-
Signe de l'interface :
- Ascite : interface nette avec foie/rate.
- Pleural : interface mal définie.
- Signe du pilier : liquide pleural déplace le pilier du diaphragme en avant/dehors.
- Prolongement interne pour le pleural, limité par le ligament coronaire pour l'intrapéritonéal.
-
Signe du diaphragme :
2. Épanchements Cloisonnés
- Dus à des adhérences entre feuillets viscéral et pariétal.
- Fréquents lors des pyothorax et hémothorax.
- Collection liquidienne lenticulaire, homogène, à bords réguliers.
- Déplace le parenchyme adjacent.
- Topographie fixe, non modifiée en décubitus latéral.
3. Empyème (Pus dans l'Espace Pleural)
- Généralement suite à un épanchement para-pneumonique exsudatif.
- Tendance au cloisonnement.
- Complications sans traitement : drainage vers la paroi ( empyème de nécessité) ou poumon ( fistule broncho-pleurale).
Radiologie
- Épanchement pleural cloisonné, collection liquidienne ou hydro-aérique lenticulaire.
- Non mobile, mais peut changer de forme avec la position.
- Raccordement à la paroi à angle obtus.
- Limité par feuillets pleuraux épaissis et rehaussés à l'iode.
- Refoule le poumon, les bronches et les vaisseaux sans les détruire.
Diagnostic Différentiel : Empyème vs Abcès Pulmonaire Périphérique
Essentiel car traitement différent (drainage externe pour empyème, antibiothérapie/drainage postural pour abcès).
| Empyème | Abcès Pulmonaire Périphérique | |
| Forme | Se moule sur la paroi, lenticulaire | Sphérique |
| Niveaux hydro-aériques | Longueurs différentes sur Rx orthogonales | Même dimension sur Rx orthogonales |
| Raccordement paroi | Angle obtus | Angle aigu |
| Effet sur parenchyme | Comprime poumon, bronches, vaisseaux | Remplace poumon, bronches/vaisseaux s'arrêtent brutalement |
| Paroi | Fine et régulière, limite nette avec le poumon | Épaisse et irrégulière, pas de limites nettes (entouré par pneumonie) |
| Signe spécifique | Signe du dédoublement pleural (écartement feuillets viscéral/pariétal) |
Cas difficiles : bulle sous-pleurale. Localisation supérieure inhabituelle doit alerter pour empyème.
4. Pneumothorax (Air Entre Feuillets Pleuraux)
Radiographie Standard (Verticale)
- Hyperclarté avasculaire (sans vaisseaux).
- Limitée en dedans par une opacité linéaire (plèvre viscérale décollée).
- Décollement visible à l'apex, puis région axillaire, voire médiastin.
- Fort volume : hémithorax totalement déshabité, moignon pulmonaire, médiastin refoulé controlatéral.
- Faible volume : cliché en expiration forcée nécessaire pour le visualiser.
- Pneumothorax sous tension : aspect de diaphragme continu possible.
Scanner (TDM)
- Diagnostic aisé : clarté aérique avasculaire en croissant (concave inf.).
- Air généralement en position antérieure et antéro-latérale (décubitus dorsal).
-
Permet de :
- Diagnostiquer petits pneumothorax.
- Différencier d'une bulle unique.
- Rechercher une cause : lésion sous-pleurale, histiocytose X, emphysème, BPCO, lésions cavitaires, épaississement viscéral.
Évolution et Complications
- Petits pneumothorax : repos, normalisation en 4-6 jours.
- Autres cas : exsufflation ou drainage.
- Chirurgie si 3ème récidive spontanée ou pathologie pulmonaire sous-jacente.
-
Complications et signes de gravité :
- Pneumothorax compressif : collapsus complet du poumon, déviation médiastinale controlatérale, aplatissement coupole homolatérale.
- Bride pleurale : opacité linéaire (surtout TDM).
- Hydropneumothorax : présence d'air et de liquide.
Étiologies
- Souvent idiopathique (primitif) par rupture de bulles apicales.
-
Secondaire (éléments évocateurs) :
- Syndrome bronchique : BPCO, asthme.
- Syndrome interstitiel : PID, pneumopathie infectieuse.
- Nécrose parenchymateuse : pneumopathie nécrosante, néoplasie.
- Iatrogène : chambre implantable, ventilation mécanique.
- Traumatisme : fracture costale.
5. Hydropneumothorax
- Souvent lié à une ponction pleurale antérieure.
- Témoigne d'une communication : plèvre/arbre bronchique (fistule), plèvre/œsophage, ou hémopneumothorax post-traumatique.
6. Loge de Pneumonectomie
- Espace pleural limité par la plèvre pariétale laissée en place.
- Contenu aérique initialement, puis se remplit progressivement de liquide (niveau hydro-aérique qui monte).
- Air disparaît en quelques semaines/mois (moyenne 3 mois).
- Loge normale : bord interne concave en dedans, paroi fine et régulière.
Complications
- Plus fréquentes si liquide persistant.
- Abaissement du niveau hydro-aérique ou réapparition d'air : fistule bronchopleurale ou œsophagopleurale.
- Augmentation de volume de la loge avec refoulement médiastinal ou modification de densité liquidienne : empyème ou récidive tumorale.
- Épaississement irrégulier des parois : même signification.
- Masse tissulaire dans la loge : récidive tumorale.
7. Lésions Focales de la Plèvre
A. Plaques Fibrohyalines (Amiante)
- Conséquence la plus fréquente d'exposition à l'amiante.
- Surviennent tardivement (plusieurs années après exposition).
- Localisation : plèvre pariétale, souvent bilatérale et asymétrique.
- Régions atteintes : postérieures et postéro-basales (6ème-10ème côtes). Apex et culs-de-sacs costo-diaphragmatiques respectés.
Radiographie Standard
- Épaississement pleural circonscrit, aplati ou nodulaire, en plateau parallèle à la paroi.
- Sensibilité/spécificité médiocres.
TDM HR
- Épaississement pleural tissulaire, parfois calcifié, circonscrit.
- Situé en dedans des côtes, séparé par une fine couche de graisse.
- Plus sensible que la Rx.
- Distingue des plaques d'un épaississement de la graisse extra-pleurale.
B. Calcifications Pleurales
- TDM les identifie aisément, distingue atteinte viscérale et/ou pariétale.
- Calcification = processus bénin (asbestose, tuberculose).
- Mésothéliomes : rarement associés (5-20% des cas).
- Calcifications fibreuses de l'asbestose : pariétales, nombreuses, linéaires ou punctiformes.
- Calcifications des fibrothorax (tuberculose) : pariétales et/ou viscérales, plus volumineuses.
C. Tumeurs Fibreuses de la Plèvre (Fibrome Pleural)
- Rares, tous âges (>40 ans).
- Le plus souvent bénignes (parfois nommées mésothéliomes bénins).
- Parfois malignité locale (récidive après résection dans 12% des cas).
- Pronostic bon après chirurgie d'exérèse.
- Souvent asymptomatique, découverte fortuite.
Radiographie
- Tumeur solitaire, sphérique ou ovoïde, parfois lobulée.
- Localisation : base du thorax, contre plèvre périphérique/scissurale.
- Bien limitée sur versant pulmonaire.
- Parfois mobile avec la position.
TDM
- Masse tissulaire bien limitée.
- Prise de contraste fréquemment hétérogène.
- Raccordement à la paroi : angle obtus (majorité des lésions pleurales), aigu ou mixte.
- Pas d'envahissement paroi/médiastin/parenchyme pulmonaire.
- Imagerie ne distingue pas fibrome bénin/malin de façon fiable.
D. Lipome Pleural
- Tumeur rare et asymptomatique, découverte fortuite.
- TDM : masse bien limitée, de densité graisseuse homogène (-50 à -150 UH).
- Si hétérogène avec composantes tissulaires plus denses : suspecter liposarcome.
E. Autres Tumeurs Rares
- Histiocytome malin fibreux, hémangio-péricytome pleural, divers sarcomes.
F. Endométriose Pleurale
- Manifestation : pneumothorax ou hémothorax cataméniaux (liés aux menstruations).
- TDM : épaississement pleural nodulaire avec épanchement.
G. Splénose
- Greffe spontanée de tissu splénique dans la plèvre après rupture traumatique rate + coupole diaphragmatique gauche.
- Nodules uniques ou multiples.
- Fixent le 99mTc et les globules rouges marqués.
H. Pseudotumeur Inflammatoire (Nodus Pleurale)
- Masse généralement basale, ronde/ovale/irrégulière (<4 cm).
- Apparaît après un épanchement.
- Évolution variable : disparition rapide ou persistance.
8. Lésions Diffuses de la Plèvre
A. Épaississement Pleural Diffus
- Radiographie : épaississement continu sur au moins 1/4 de la paroi thoracique.
- TDM : épaississement pleural de plus de 8 cm de hauteur, 5 cm axial, et >3 mm d'épaisseur (critères de Lynch).
- Difficile de distinguer bénin et malin.
Arguments en Faveur d'un Épaississement Pleural Malin (TDM)
Ces signes ont une bonne spécificité, mais une moindre sensibilité.
- Épaississement pleural circonférentiel (Spécificité 100%).
- Épaississement pleural nodulaire (Spécificité 94%).
- Épaississement de la plèvre pariétale > 1 cm (Spécificité 94%).
- Atteinte de la plèvre médiastinale (Spécificité 88%).
- Envahissement de la paroi thoracique ou du médiastin (très spécifique de malignité, mais peu sensible).
B. Mésothéliome Pleural Malignant
- Tumeur rare, principalement chez les travailleurs de l'amiante (80% des cas).
- Pas dose-dépendant contrairement aux autres manifestations de l'amiante.
- Âge : 50-70 ans, souvent homme.
- Latence très longue (moyenne 35 ans).
- Localisation principale : plèvre (rarement péritoine ou péricarde).
Radiographie
- 75% : épanchement pleural unilatéral (avec ou sans épaississement focal/diffus).
- 25% : épaississement pleural isolé sans épanchement.
- Extensions extra-pleurales tardives : tumeur parenchymateuse, péricardite, ganglions médiastinaux, destruction costale.
TDM (Signes sur 50 cas)
- Épaississement pleural (92%), scissural (86%).
- Épanchement pleural (74%).
- Perte de volume de l'hémithorax atteint (42%).
- Pas spécifique (peut se voir dans d'autres néoplasies pleurales).
- Meilleur bilan d'extension que la Rx (péricarde, médiastin, paroi, diaphragme).
- Sous-estime souvent l'extension loco-régionale.
Diagnostic Différentiel Mésothéliome vs Pathologie Pléurale Bénigne Liée à l'Amiante
- Pathologie bénigne : latence plus courte (10-20 ans).
- Prudence : un épanchement bénin peut être la 1ère manifestation d'un mésothéliome.
- Évocateurs de mésothéliome : épaississement nodulaire, unilatéral.
- Évocateur de bénin : atteinte bilatérale et symétrique.
C. Métastases Pleurales
- Tumeurs malignes de la plèvre les plus fréquentes.
- Origine : cancer bronchopulmonaire (36%), cancer du sein (25%).
- Extra-thoraciques : lymphome (10%), ovaires (5%), estomac (5%).
- Dans 10% des cas, point de départ inconnu.
Signes Radiographiques Évocateurs d'Épanchement Métastatique
- Massif et se reproduit rapidement après ponction.
- Bilatéral avec cœur de volume normal.
- Associé à nodules pulmonaires multiples ou lymphangite carcinomateuse.
- Associé à adénopathies hilaires.
- Épanchement important refoule le médiastin.
- Si pas de refoulement médiastinal : cancer bronchopulmonaire, atélectasie associée, médiastin fixé par adénopathies.
- Peut être associé à un épaississement pleural tissulaire (souvent masqué à la Rx, visible en TDM : irrégulier/nodulaire).
- Rarement tumeur pleurale isolée sans épanchement.
D. Localisations Pleurales des Lymphomes
- Plus fréquents au cours de l'évolution (vs diagnostic initial).
- Souvent associées à d'autres localisations.
- Atteinte : dépôts tumoraux sous-pleuraux et/ou épanchement pleural.
- Mécanismes épanchement : défaut de drainage lymphatique, obstruction canal thoracique, infiltration pleurale.
Imagerie
- Rx thoracique : épanchement pleural (modéré), dépôts sous-pleuraux (nodules, épaississements en plaques).
- TDM : meilleure analyse de l'atteinte pleurale solide.
- IRM : identifie plus de localisations pleurales que la TDM.
E. Épaississement Pleural Diffus Bénin (Asbestose, Tuberculose)
- Fibrose pleurale secondaire à l'organisation d'un épanchement.
- Causes principales : pleurésie tuberculeuse, empyème, hémothorax, pleurésie asbestosique bénigne.
Imagerie
- Ligne dense qui sépare le poumon aéré de la paroi.
- Peut être calcifiée (opacités linéaires parallèles à paroi/diaphragme/médiastin).
-
TDM :
- Épaississement régulier mais non nodulaire.
- Respecte la plèvre médiastinale, jamais circonférentiel.
- Plus sensible que la Rx pour les calcifications.
- Apprécie mieux l'extension et l'état du parenchyme.
- Évoque la cause : atteinte parenchymateuse (tuberculose/empyème), calcifications importantes (tuberculose), atteinte bilatérale (amiante).
- Aide à reconnaître l'atélectasie par enroulement (complication des épaississements asbestosiques).
F. Atélectasie par Enroulement
- Atteinte parenchymateuse ("round atelectasis").
- Se développe après une atteinte pleurale, notamment asbestosique.
- Aspect typique en queue de comète (déplacement arciforme des vaisseaux adjacents).
G. Fibothorax organisé chronique
- Se développe dans une poche pleurale chronique.
- Suspecter sur signes indirects : fistule broncho-pleurale (niveau hydro-aérique), majoration de l'épaississement pleural.
Pathologie Pleurales : Aide-Mémoire
Les affections de la plèvre représentent une part significative des motifs d'hospitalisation en pneumologie (20-25% en Afrique), avec près de 80% étant des pleurésies.
La pathologie pleurale peut se manifester par des épanchements (gazeux, liquidiens, mixtes) ou des lésions (focales, diffuses) des feuillets pleuraux.
I. Épanchements Pluraux
A. Épanchements Liquidiens (Pleurésie)
Radiographie standard :
Opacité pleurale hydrique basi-hémithoracique.
Efface la coupole diaphragmatique, limite supérieure concave (courbe de Damoiseau).
L'aspect dépend de l'abondance et de la topographie.
Épanchement de grande abondance → hémithorax sombre avec refoulement médiastinal.
TDM :
Densité liquidienne (0 à 20 UH), non rehaussée par l'injection d'iode.
Collection liquidienne en région postérieure avec un niveau curviligne.
Différenciation petit épanchement pleural vs intrapéritonéal :
Signe du diaphragme : pleural à la périphérie de la convexité (postéro-interne) ; intrapéritonéal dans la concavité.
Signe de l'interface : nette pour ascite avec foie/rate ; mal définie pour épanchement pleural.
Signe du pilier : liquide pleural peut déplacer le pilier en avant et en dehors.
Prolongement interne pour épanchement pleural ; limité en dedans par le ligament coronaire pour intrapéritonéal.
Empyème (pus dans l'espace pleural) :
Souvent précédé d'un épanchement para-pneumonique exsudatif.
Tendance au cloisonnement.
Radiologiquement : épanchement pleural cloisonné, collection lenticulaire, non mobile, se raccordant à la paroi à angle obtus.
Limitée par feuillets pleuraux épaissis et rehaussée par l'iode.
Refoule le poumon, les bronches et les vaisseaux sans les détruire.
Diagnostic différentiel avec abcès pulmonaire périphérique :
Empyème : paroi fine et régulière, limite nette avec le poumon, se moule sur la paroi, forme lenticulaire, se raccorde à angle obtus, comprime le poumon/bronches/vaisseaux, niveaux hydro-aériques de longueurs très différentes sur incidences orthogonales.
Abcès : paroi épaisse et irrégulière, pas de limites nettes avec le poumon (entouré de pneumonie), sphérique, se raccorde à angle aigu, remplace le poumon (bronches/vaisseaux s'arrêtent brutalement), niveaux hydro-aériques de même dimension sur incidences orthogonales.
Caractérisé par le signe du dédoublement pleural (écartement des feuillets viscéral et pariétal).
Attention aux cas difficiles (bulle sous-pleurale) ; localisation supérieure inhabituelle pour empyème.
Fistule bronchopleurale :
Souvent en relation avec une ponction pleurale antérieure ou communication entre plèvre et arbre bronchique.
Baisse du niveau hydro-aérique ou réapparition d'air dans loge liquidienne.
Pleurésies cloisonnées :
Adhérence entre feuillet viscéral et pariétal.
Fréquent lors des pyothorax et hémothorax.
Collection liquidienne lenticulaire, homogène, à bords réguliers, topographie fixe, non modifiée par la position.
B. Épanchements Gazeux (Pneumothorax)
Présence d'air entre les feuillets pleuraux.
RX standard (position verticale) :
Hyperclarté avasculaire limitée en dedans par opacité linéaire (plèvre viscérale décollée).
Décollement visible à l'apex, ou en forme de croissant basal.
Pneumothorax sous tension : aspect de diaphragme continu possible.
Faible abondance : mieux visualisé en expiration forcée.
Grande abondance (suffocant) : hémithorax totalement déshabité, moignon pulmonaire au hile, médiastin refoulé.
TDM :
Diagnostic aisé : clarté aérique avasculaire, en croissant à concavité inférieure.
Air en général à la partie antérieure et antéro-latérale des bases (en décubitus dorsal).
Permet de détecter les petits pneumothorax et de les différencier d'une bulle unique.
Recherche la cause (lésion sous-pleurale, emphysème, BPCO, etc.).
Évolution :
Petits : repos, normalisation en 4-6 jours.
Autres : exsuflation ou drainage.
Chirurgie : 3ème récidive spontané ou pathologie pulmonaire sous-jacente.
Complications/Signes de gravité :
Pneumothorax compressif : collapsus complet du poumon homolatéral, déviation médiastinale controlatérale, aplatissement coupole homolatérale.
Bride pleurale : opacité linéaire reliant les deux plèvres.
Hydropneumothorax : association de liquide et d'air.
Étiologies :
Le plus souvent idiopathique (rupture de bulles apicales).
Secondaire : BPCO, asthme, PID, pneumopathie nécrosante, néoplasie, iatrogène, traumatisme.
C. Hydropneumothorax
Présence de liquide et d'air.
souvent en relation avec une ponction pleurale antérieure.
Peut témoigner d'une communication entre plèvre et arbre bronchique (fistule) ou œsophage.
Ou hémopneumothorax post-traumatique.
D. Loge de Pneumonectomie
Espace pleural délimité par la plèvre pariétale après exérèse du poumon.
Initialement aérique, puis se remplit de liquide.
Niveau hydro-aérique qui monte progressivement, air disparaît en qqs mois.
Bord interne concave en dedans, paroi fine et régulière → loge normale.
Complications (plus fréquentes si liquide persiste) :
Abaissement du niveau hydro-aérique ou réapparition d'air : fistules bronchopleurale ou œsophago-pleurale.
Augmentation de volume avec refoulement médiastinal et/ou modification de densité : empyème ou récidive tumorale.
Épaississement irrégulier des parois : empyème ou récidive tumorale.
Masse tissulaire dans la loge : récidive tumorale.
II. Lésions Focales ou Diffuses des Feuillets Pleuraux
A. Plaques Pleurales (Amiante)
Conséquence la plus fréquente d'exposition à l'amiante (tardive, plusieurs années).
Localisation sur la plèvre pariétale, souvent bilatérales et asymétriques.
Régions postérieures et postéro-basales (6ème-10ème côtes) électivement atteintes.
Apex et culs-de-sac costo-diaphragmatiques respectés.
Radiographie : épaississement circonscrit, aplati ou nodulaire, en plateau. Sensibilité/spécificité médiocres.
TDM HR : épaississement tissulaire, parfois calcifié, circonscrit, séparé des côtes par fine couche de graisse. Plus sensible que RX.
B. Calcifications Pleurales
Évoquent un processus bénin (asbestose et tuberculose).
Mésothéliomes rarement associés (5-20%).
Asbestose : pariétales, nombreuses, linéaires ou punctiformes.
Fibrothorax (tuberculose) : pariétales et/ou viscérales, plus volumineuses.
C. Tumeurs Pleurales
Tumeurs fibreuses de la plèvre (Fibrome pleural) :
Rares, plus souvent bénignes (parfois malignité locale).
Pronostic bon après chirurgie d'exérèse.
Souvent asymptomatique.
Radiographie : tumeur solitaire, sphérique/ovoïde, taille variable, mobile, bien limitée.
TDM : masse tissulaire bien limitée, rehaussement hétérogène. Raccordement à la paroi à angle obtus ou aigu. Absence d'envahissement.
Imagerie ne distingue pas fiablement bénin/malin.
Lipome Pleural :
Rare, asymptomatique.
TDM : masse bien limitée, de densité graisseuse homogène (-50 à -150 UH).
Si hétérogène et contient des composantes tissulaires plus denses → liposarcome.
Autres tumeurs rares : histiocytome malin fibreux, hémangio-péricytome, divers sarcomes.
Endométriose pleurale :
Pneumothorax ou hémothorax cataméniaux (en rapport avec les menstruations).
Épaississement pleural nodulaire associé à un épanchement.
Splénose :
Greffe spontanée de tissu splénique dans la cavité pleurale après rupture traumatique de rate et coupole gauche.
Nodules uniques ou multiples, fixent le 99mTc et globules rouges marqués.
D. Épaississement Pleural Diffus
Définition :
Radiographie : épaississement continu sur au moins 1/4 de la paroi thoracique, avec ou sans oblitération des culs-de-sac.
TDM (critères de Lynch) : plus de 8 cm de hauteur, 5 cm dans le plan axial et plus de 3 mm d'épaisseur.
Bénin :
Fibrose pleurale secondaire à l'organisation d'un épanchement.
Principales causes : pleurésie tuberculeuse, empyème, hémothorax, pleurésie asbestosique bénigne.
Imagerie : ligne dense séparant poumon aéré de la paroi. Peut être calcifiée.
TDM : régulier mais non nodulaire, respecte la plèvre médiastinale, jamais circonférentiel. Plus sensible pour calcifications.
Asbestose : épaississement surtout du feuillet viscéral, moins fréquent que les plaques.
Malin (Mésothéliome pleural) :
Tumeur rare, principalement liée à l'exposition à l'amiante (80% des cas), avec longue latence (35 ans).
Atteint l'homme entre 50-70 ans.
Radiographie : 75% épanchement pleural unilatéral (avec ou sans épaississement focal/diffus) ; 25% épaississement isolé.
TDM (signes évocateurs) :
Épaississement pleural circonférentiel (100% spécificité).
Épaississement pleural nodulaire (94% spécificité).
Épaississement de la plèvre pariétale > 1 cm (94% spécificité).
Atteinte de la plèvre médiastinale (88% spécificité).
Perte de volume de l'hémithorax atteint, calcifications pleurales (rares), envahissement de la paroi thoracique.
Extension locorégionale vers le péricarde, médiastin, diaphragme.
Diagnostic différentiel avec pathologie bénigne : épaississement nodulaire, unilatéral évoquent mésothéliome. Bilatéral et symétrique évoque bénin.
Métastases pleurales :
Les plus fréquentes tumeurs malignes de la plèvre.
Origine : bronchopulmonaire (36%), sein (25%), lymphome (10%), ovaires, estomac.
Diagnostic : preuve cytologique ou histopathologique.
Signes radiographiques évocateurs :
Épanchement pleural massif, récidivant rapidement.
Épanchement bilatéral avec cœur normal.
Association épanchement + nodules pulmonaires multiples ou lymphangite carcinomateuse.
Association épanchement + adénopathies hilaires.
Épanchement important refoule le médiastin (si pas de refoulement → cancer bronchopulmonaire, atélectasie, médiastin fixé).
Épaississement pleural tissulaire irrégulier ou nodulaire (mieux visible en TDM).
Rarement tumeur pleurale isolée sans épanchement.
Localisations pleurales des lymphomes :
Plus fréquentes en cours d'évolution.
Dépôts tumoraux sous-pleuraux et/ou épanchement pleural (mécanismes variés).
Radiographie : épanchement modéré, dépôts sous-pleuraux (nodules, épaississements en plaques).
TDM : mieux analyse l'atteinte solide.
IRM : identifie plus de localisations que la TDM.
E. Atélectasie par Enroulement (Ronde)
Atteinte parenchymateuse se développant au décours d'une atteinte pleurale (asbestosique notamment).
Aspect typique en queue de comète par déplacement arciforme des vaisseaux adjacents.
F. Pseudo-Tumeur Inflammatoire
Masse basale, ronde, ovale ou irrégulière (< 4 cm) après un épanchement.
Évolution variable : disparition rapide ou persistance.
G. Tuberculose Pleurale
Les calcifcations des fibrothorax sont pariétales et/ou viscérales et plus volumineuses.
III. Conclusion
La TDM est essentielle pour le bilan, le diagnostic différentiel, et le suivi des pathologies pleurales.
Une bonne connaissance des signes radiologiques (RX et TDM) est cruciale pour la distinction entre affections bénignes et malignes.
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