Définition et classification des médicaments

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Ce document explique la définition légale des médicaments, leurs classifications (pharmacodynamique, thérapeutique, ATC), ainsi que les différentes catégories comme les médicaments biologiques, immunologiques, et les dispositifs médicaux.

Définition du Médicament et des autres Produits de Santé

Les produits de santé sont des éléments essentiels de l'action médicale, guidés par le principe fondamental de ne pas nuire (primum non nocere). Leur utilisation implique un risque, ce qui souligne l'importance d'évaluer leur utilité.

Garanties spécifiques des Produits de Santé

  • Preuve de leur efficacité et de leurs bénéfices supérieurs aux risques.

  • Fabrication contrôlée sous des normes strictes.

  • Traçabilité complète de toutes les opérations, des matières premières au patient.

Définition Légale du Médicament

Selon l'article L5111-1 du Code de la Santé Publique, un médicament est :

« Toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ou animales ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l'homme ou chez l'animal ou pouvant leur être administrée, en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique. »

Nature de la Substance

  • Il peut s'agir d'un principe actif ou d'une composition de plusieurs substances.

  • Origine des substances actives :

    • Naturelle (extraits) :

      • Végétale : digitale, curare, colchique, if.

      • Animale : insuline, hormones, héparine.

      • Humaine : hormones, immunoglobulines.

      • Minérale : minéraux-ions (fer), platine.

    • Synthétique ou hémi-synthétique (produit naturel modifié).

    • Biotechnologies : médicaments produits à partir d'organismes vivants (cellules, gènes).

Portée de la Définition

  • Commune aux médicaments à usage humain et vétérinaire.

  • Uniforme dans tous les pays européens, conformément au droit européen.

Deux Notions Essentielles Indépendantes

Pour qu'un produit soit défini comme un médicament, il suffit que l'une des deux notions suivantes soit présente :

  1. Notion de Présentation : « Toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives... »

    • Objectif : lutter contre le charlatanisme.

  2. Notion de Fonction : « Tout produit pouvant être administré [...] en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique. »

    • Implique des preuves de conséquences biologiques après administration.

Cette approche vise à soumettre tous les produits à visée médicale à des normes d'évaluation et de contrôle rigoureuses.

Objectifs d'un Traitement Médicamenteux

  • Prévenir l'apparition d'une maladie.

  • Traiter une maladie :

    • La faire disparaître.

    • Atténuer ses symptômes.

    • Prévenir ou retarder ses complications (ex: antibiotiques).

  • Traiter un symptôme (concerne la majorité des médicaments).

  • Rétablir l'homéostasie (équilibre physiologique).

  • Modifier la physiologie (ex: sur le système cardiovasculaire).

  • Établir un diagnostic (ex: imagerie médicale).

Produits Spécifiques Aussi Considérés comme Médicaments

  • Certains produits luttant contre les effets du tabac : ceux qui suppriment l'envie de fumer ou réduisent l'accoutumance (ex: patches de nicotine).

  • Dérivés du sang stables : ceux issus du plasma sanguin (albumine, facteurs de coagulation). Ne sont pas inclus les produits labiles (globules, plaquettes).

  • Certains produits diététiques : ceux renfermant des substances chimiques ou biologiques conférant des propriétés thérapeutiques (ex: vitamine D et calcium pour l'ostéoporose) ou des propriétés de repas d'épreuve (ex: ingestion de glucose pour le diagnostic du diabète gestationnel).

Classification des Médicaments

Les médicaments peuvent être classés selon plusieurs critères :

Classification Pharmaco-chimique

  • Selon la relation structure chimique-activité biologique.

  • Exemples : Macrolides, dérivés imidazolés.

Classification Pharmacodynamique

  • Selon l'effet principal recherché.

  • Exemples : Inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (IEC), agonistes dopaminergiques.

Classification Thérapeutique

  • Selon l'utilisation clinique principale.

  • Exemples : Antihypertenseurs, antiviraux.

Classification ATC Réglementaire

La classification ATC (Anatomique, Thérapeutique et Chimique) est une classification universelle et internationale, définie par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

  • Avantages : Regroupe les propriétés thérapeutiques, le mécanisme d'action et les effets indésirables en fonction de la famille chimique du médicament.

Les 5 Niveaux de la Classification ATC (Exemple du Diazépam)

Niveau 1

Groupe anatomique principal (une lettre pour 14 groupes)

N

Système nerveux

Niveau 2

Groupe thérapeutique principal (deux chiffres)

N05

Psycholeptiques

Niveau 3

Sous-groupe thérapeutique/pharmacologique (une lettre)

N05B

Anxiolytiques

Niveau 4

Sous-groupe chimique/thérapeutique/pharmacologique (une lettre)

N05BA

Benzodiazépines

Niveau 5

Principe actif individuel ou association de principes actifs (deux chiffres)

N05BA01

Diazépam (Valium)

Principales Catégories de Médicaments

Les Spécialités Pharmaceutiques (CSP Art. L5111-2)

  • Préparation : Élaborées à l'avance par l'industrie pharmaceutique (médicament industriel). Doivent respecter les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF).

  • Présentation :

    • Sous un conditionnement particulier :

      • Conditionnement primaire : directement en contact avec le médicament (ex: plaquette d'aluminium).

      • Conditionnement secondaire : emballage externe (ex: boîte).

    • Respecte des règles de fabrication avec des informations minimales obligatoires (nom du médicament).

    • Sous une dénomination spéciale.

  • Chiffres : Représentent 98% des dispensations de médicaments (environ 8000 présentations).

  • Dénomination : Peut être un nom de fantaisie (marque) déposé par le fabricant ou une dénomination commune assortie de la marque ou du nom du fabricant.

La Dénomination Commune Internationale (DCI)

  • Définition : Appellation officielle reconnue mondialement (International Nonproprietary Name - INN), attribuée par l'OMS et liée à la classification ATC.

  • Exemples : PARACETAMOL.

  • Intérêt : remplace la dénomination chimique complexe (ex: paracétamol pour para-acétylaminophénol). Légères différences entre les langues (ex: Paracetamol vs paracétamol).

  • Normes : Suffixes communs pour les médicaments récents ayant des mécanismes identiques (ex: "-prazole" pour les inhibiteurs de la pompe à protons, "-navir" pour les inhibiteurs de la protéase du VIH, "-pril" pour les IEC, "-statine" pour les hypocholestérolémiants).

  • Législation : Tous les médicaments doivent avoir au minimum une DCI. Depuis 2015 en France, obligation de prescrire en DCI. La DCI doit être présente sur le conditionnement primaire et secondaire.

Le Nom de Fantaisie

  • Définition : Nom commercial ou nom de marque, attribué par le fabricant.

  • Exemples : DOLIPRANE®, Efferalgan®, AUGMENTIN®.

  • Avantages : Souvent plus simple que la DCI, un seul nom peut regrouper plusieurs substances.

  • Inconvénients : Risques de confusion et de surdosage lors d'automédication, car une même substance active peut être commercialisée sous des noms de fantaisie multiples dans un même pays (ex: plus de 170 spécialités pour le paracétamol).

Traçabilité des Spécialités Pharmaceutiques

  • Directive 2011/62/UE : Directive européenne visant à prévenir l'introduction de médicaments falsifiés dans la chaîne d'approvisionnement légale.

  • Sérialisation : Obligatoire depuis le 9 février 2019.

    • Dispositif d'inviolabilité sur chaque boîte (apposé par le fabricant, scanné par le pharmacien).

    • Identifiant unique (code DataMatrix™) sur chaque boîte de médicament sur ordonnance. Ce QR code contient le code produit, le numéro de lot, le numéro de série et la date d'expiration.

    • Alimente une base de données nationale et européenne pour le suivi depuis la fabrication jusqu'à la dispensation.

    • Applicable à tous les médicaments à prescription obligatoire et certains médicaments à prescription facultative présentant un risque de falsification.

Pharmacopée et Bonnes Pratiques

Pharmacopée

  • Contrôle qualité des médicaments : Ouvrage de référence qui regroupe les normes officielles juridiquement contraignantes pour le contrôle qualité des médicaments, axé sur les substances et matières premières.

  • Monographies : Précisent les modes de préparation et de contrôle des matières premières (principes actifs et excipients) et produits finis.

  • En France : Utilise les textes de la Pharmacopée européenne et de la Pharmacopée française (incluant le formulaire national pour les préparations standards).

  • Exemples : Glycérolé d'amidon, gélules de spironolactone pédiatriques, solution stérile de Céfuroxime pour injection intracamérulaire en PUI.

Bonnes Pratiques

  • Normes : S'appliquent au personnel, aux locaux et au matériel.

  • Bonnes Pratiques de Préparation (BPP) : Doivent être respectées pour les préparations magistrales, officinales et hospitalières (environnement, conditions d'hygiène). Guide de l'ANSM 2023.

  • Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) : Doivent être respectées pour les spécialités pharmaceutiques (conditions environnementales, qualification du personnel, des outils). Guide de l'ANSM 2023.

Les Préparations

Préparation Magistrale

Préparation Officinale/Hospitalière

Mode de préparation

Extemporanément, en pharmacie de ville (officine) ou d'hôpital (PUI).

À l'avance, en pharmacie d'officine ou en PUI, selon les indications de la Pharmacopée.

Patients concernés

Pour un malade déterminé (nominative).

Pour un ou plusieurs patients de l'établissement.

Déclaration

Pas d'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).

Déclaration à l'ANSM, mais pas d'AMM.

Bonnes pratiques

Doivent respecter les Bonnes Pratiques de Préparation (BPP).

Dispensation

Uniquement sur prescription médicale.

Condition

Ne peuvent être réalisées que s'il n'existe pas de spécialité pharmaceutique disponible avec AMM, ATU (Autorisation Temporaire d'Utilisation) ou autorisation temporaire d'importation en cas de rupture de stock.

Médicaments Immunologiques

Allergènes

  • Produit destiné à identifier ou modifier la réponse immunologique à un agent allergisant.

  • Utilisés pour diagnostiquer une allergie (ex: poussières, pollens, poils d'animaux).

Vaccins

  • Substance antigénique stimulant le système immunitaire pour une immunité active.

  • Contiennent un ou des microorganisme(s) ou fragment(s) injectés à faible dose sans provoquer la maladie.

  • Catégories :

    • Agents vivants atténués : microorganismes mutés ayant perdu leur caractère pathogène (ex: ROR, Varicelle).

    • Agents inactivés infectieux : détruits chimiquement ou thermiquement (ex: grippe, hépatite A, poliomyélite).

    • Polysaccharides/glycoprotéine : fragments de microorganismes (ex: diphtérie-tétanos, hépatite B, pneumocoque, méningocoque C, Haemophilus influenzae b).

    • ARNm : après injection, production d'une protéine virale déclenchant une réponse immunitaire et la production d'anticorps (ex: Covid-19).

Toxine

  • Substance fabriquée par une bactérie, neutralisée mais dont l'immunogénicité est maintenue pour une immunité active.

  • Utilisation :

    • Comme vaccin : toxine tétanique (anatoxine tétanique).

    • Comme médicament pharmacologique non immunologique : toxine botulique.

Sérum

  • Anticorps polyclonaux non purifiés, injectés directement pour une immunité passive (ne provoque pas de réaction immunitaire).

  • Exemples :

    • Sérum antidiphtérique (« antitoxine »).

    • Sérum anti-lymphocytaire (utilisé dans les greffes pour cibler les lymphocytes T).

Exemple du Beyfortus (Nirsevimab)

  • Définition réelle : Médicament biologique et non un vaccin ou un médicament immunologique.

  • Action : Empêche le virus (VRS) d'affecter les cellules, n'agit pas sur le système immunitaire.

  • Indication : Traitement contre la bronchiolite des nourrissons.

Médicaments Biologiques

  • Préparation : Substance active produite à partir d'une source biologique (biotechnologies/extraction biologique).

  • Sources : Cellules de mammifères (ex: cellules ovariennes de hamster chinois) ou de bactéries (ex: Escherichia coli) en culture.

  • Qualité : Nécessite des essais physiques, chimiques et biologiques, ainsi qu'une connaissance approfondie du processus de fabrication et de son contrôle.

  • Déclaration : AMM obligatoire.

  • Appellations : Parfois appelés « biomédicaments » ou « biothérapie ».

  • Exemples :

    • Protéines / glycoprotéines :

      • Anticorps monoclonaux (suffixe "-mab", ex: Rituximab).

      • Insulines recombinantes (pour le diabète, obtenues par génie génétique).

      • Interférons (ex: IFNα pour l'hépatite C, IFNβ pour la sclérose en plaques).

      • Facteurs de croissance hématopoïétiques (ex: érythropoïétine (EPO)).

Médicaments de Thérapie Innovante (MTI)

  • Spécialités pharmaceutiques : Regroupent les médicaments de thérapie génique, de thérapie cellulaire somatique, de l'ingénierie tissulaire et cellulaire, et les médicaments combinés (MTI + dispositif médical).

  • AMM Européenne : Par procédure centralisée.

  • MTI PP : MTI préparé ponctuellement pour un malade donné.

Exemple des Cellules CAR-T

  • Principe :

    1. Isolement de lymphocytes T par prise de sang.

    2. Mise en culture et modification génétique pour exprimer un récepteur CAR reconnaissant les cellules tumorales.

    3. Chimiothérapie pour diminuer les lymphocytes T du patient.

    4. Injection des lymphocytes CAR-T.

    5. Les lymphocytes CAR-T attaquent et détruisent les cellules cancéreuses.

  • Exemples :

    • Tisagenlecleucel (KYMRIAH®) : Indiqué dans les leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) à cellules B et le lymphome B à grandes cellules.

    • YESCARTA® : Lymphocytes T exprimant un récepteur antigénique chimérique ciblant le CD19, indiqué dans le lymphome B à grandes cellules.

Médicament Radiopharmaceutique

  • Définition : Médicament contenant un ou plusieurs isotopes radioactifs (radionucléotides) lorsqu'il est prêt à l'emploi.

  • Préparation : Réalisée sous la responsabilité d'un radiopharmacien.

  • Utilisation : À des fins diagnostiques ou curatives, dans un service de médecine nucléaire, sur prescription d'un médecin nucléaire.

  • Exemples :

    • Iode 131 : Traitement curatif (réduction des nodules thyroïdiens hyperactifs, hyperthyroïdie).

    • Gallium 67, Technétium 99m : Diagnostic (citrate de gallium pour le marquage de tumeurs, technétium pour la scintigraphie osseuse).

Médicament Expérimental

  • Définition : Tout principe actif sous une forme pharmaceutique ou placebo, expérimenté ou utilisé comme référence dans une recherche biomédicale.

  • Médicament placebo :

    • Utilisé à titre comparatif dans les essais cliniques.

    • Présentation semblable à un médicament mais ne contenant PAS de composé actif.

    • Différent de l'effet placebo (réponse psychologique et physiologique de l'organisme).

  • Cas Particuliers : Inclut des médicaments déjà sous AMM mais utilisés, présentés ou conditionnés différemment, pour une indication non autorisée, ou pour obtenir plus d'informations.

Médicament à Base de Plante

  • Définition : Médicament dont les substances actives sont exclusivement une ou plusieurs substances végétales, préparations à base de plantes, ou une association de plusieurs végétales.

  • Déclaration : Enregistrement auprès de l'ANSM, mais pas d'AMM.

  • Limites : Indications souvent floues et mal cadrées (« traditionnellement utilisé pour... ») car ils ne font pas l'objet d'essais comparatifs sur des groupes de patients (approche empirique).

Médicament Homéopathique

  • Définition : Médicament obtenu à partir de substances appelées souches homéopathiques, selon un procédé de fabrication homéopathique décrit par la pharmacopée (européenne, française ou autre état membre de l'UE). Peuvent contenir plusieurs principes actifs.

  • Exigences pour la mise sur le marché : Aucune base scientifique ni preuve d'efficacité. Enregistrement auprès de l'ANSM, mais pas d'AMM.

  • Sécurité : Présentent des degrés de dilution garantissant l'innocuité.

  • 3 Principes (décrits par Hahnemann au XVIIIe siècle) :

    • Similitude : mimer l'effet en utilisant une substance.

    • Globalité : prend en compte les caractéristiques de l'individu.

    • Infinitésimalité : fabrication par dilutions successives.

Les Dispositifs Médicaux (DM)

Selon l'Art. L5211 du Code de la Santé Publique, un DM est :

« Tout Instrument, appareil, équipement, matière, produit...ou autre article seul ou en association, y compris les accessoires et logiciels intervenant dans son fonctionnement destinés par le fabricant à être utilisés chez l’Homme à des fins médicales et dont l’action principale n’est pas obtenue par des moyens pharmacologiques ou immunologiques ni par métabolisme. »

Cette définition est conforme au droit européen.

Exemples de Dispositifs Médicaux

  • Instruments en chirurgie.

  • Appareils d'imagerie : scanner, IRM, échographie.

  • Dispositifs de soin : gants, seringues, tubulures, cathéters, compresses.

  • Dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (DMIV) : appareil de glycémie, réactifs de laboratoire.

  • Dispositifs médicaux implantables (DMI) : stent, stimulateur cardiaque, prothèse de hanche.

Classification Liée au Risque

Organisée en 4 classes (R. 665-6 du CSP) :

CLASSE I

Non stérile et sans fonction de mesurage, stérile, ou avec fonction de mesurage.

Risque faible

CLASSE IIa

Risque modéré

CLASSE IIb

Risque élevé

CLASSE III

Risque très sérieux

Réglementations

  • Nouvelles réglementations européennes depuis 2017 (DM 2017/745/UE, DMIV 2017/746/UE).

  • Pas d'AMM.

  • Marquage CE obligatoire pour tous les DM.

Marquage CE des DM

  • Rôle : Passeport technique du DM, attestant de sa conformité aux exigences essentielles définies par le règlement européen.

  • Exigences Essentielles :

    • Générales (pour tous les DM et DMIV).

    • Spécifiques (selon les caractéristiques techniques du DM ou DMIV).

  • Organisme Notifié : La conformité est vérifiée par une société spécialisée dans l'audit. En France, le G-MED est l'unique organisme notifié sous la supervision du Ministère de la Santé. Il existe d'autres organismes notifiés publics ou privés à l'étranger.

Principales Exigences Générales Vis-à-Vis des DM

  • Doivent être sûrs et efficaces : ne pas compromettre la sécurité des patients ou des utilisateurs, et les risques éventuels doivent être acceptables au regard des bénéfices.

  • Leurs caractéristiques et performances ne doivent pas être altérées pendant leur durée de vie, dans des conditions normales d'utilisation, de stockage et de transport.

  • Les risques connus, prévisibles et effets indésirables doivent être réduits au minimum et être acceptables. Cela inclut les risques liés aux caractéristiques ergonomiques et aux niveaux de formation des utilisateurs.

  • Les fabricants doivent établir, appliquer, documenter et maintenir un système de gestion des risques (norme ISO 14971:2019).

Surveillance des DM par l'ANSM

  • Matériovigilance et réactovigilance : Surveillance des incidents après la mise sur le marché.

  • Contrôles :

    • Ponctuels ou campagnes d'évaluation par gamme de produits.

    • Inspection des sites de fabrication pour vérifier la conformité aux exigences et au dossier technique du marquage CE.

    • Contrôle du fonctionnement de l'organisme notifié français.

    • Contrôle en laboratoire de la qualité des DM.

    • Contrôle de la publicité.

Autres Produits de Santé : Les Cosmétiques

  • Utilisation : Substance ou préparation destinée à être mise en contact avec diverses parties superficielles du corps humain (épiderme, ongles, cheveux, lèvres, organes génitaux externes, dents et muqueuses buccales).

  • Réglementation : Selon le règlement européen (n°1223/2009) applicable depuis 2013.

  • Intérêts : Nettoyer, parfumer, modifier l'aspect, protéger, maintenir en bon état, ou corriger les odeurs corporelles.

  • Déclaration : Pas d'autorisation préalable, mais le fabricant doit tenir à disposition de l'ANSM un dossier contenant la formule qualitative et quantitative, les conditions de fabrication et de contrôle, et les effets indésirables potentiels.

  • Surveillance : Par la commission de COSMÉTOVIGILANCE (ANSM). Tout professionnel de santé constatant un effet indésirable grave doit le déclarer sans délai. L'ANSM réalise des évaluations toxicologiques, des inspections, et émet des recommandations de bon usage.

Définition du Médicament et des autres Produits de Santé

Les produits de santé sont des éléments essentiels de l'action médicale, guidés par le principe fondamental de "primum non nocere" (d'abord, ne pas nuire). Ils doivent prouver leur efficacité, avec des bénéfices supérieurs aux risques, et bénéficier d'une fabrication contrôlée et d'une traçabilité rigoureuse.

Définition Légale du Médicament

Selon l'article L5111-1 du Code de la Santé Publique, un médicament est :

Toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l'homme ou chez l'animal ou pouvant leur être administrée, en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique.

« Toute » Substance

Un médicament peut être constitué d'un principe actif ou de plusieurs substances. L'origine de ces substances peut être :

  • Chimique naturelle (extraits) ou synthétique.

  • Végétale : ex. digitale, curare, colchique, if.

  • Animale : ex. insuline, hormones, héparine.

  • Humaine : ex. hormones, immunoglobulines.

  • Minérale : ex. minéraux-ions (fer), platine.

  • Synthétique ou hémi-synthèse (produit naturel + radicaux).

  • Biotechnologies : médicaments produits à partir d'organismes vivants (cellules, gènes).

Cette définition est commune aux médicaments à usage humain et vétérinaire, et est conforme au droit européen, assurant son application dans tous les pays d'Europe.

Deux Notions Essentielles Indépendantes

La définition légale du médicament repose sur deux notions suffisantes pour qu'un produit soit qualifié de médicament :

  1. Notion de Présentation : « Toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives... »

    • Ceci permet de lutter contre le charlatanisme.

  2. Notion de Fonction : « Tout produit pouvant être administré [...] en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique. »

    • Il doit exister des preuves de conséquences biologiques après administration.

La présence d'une seule de ces deux notions suffit à définir un produit comme un médicament, l'objectif étant de soumettre tous les produits à visée médicale à des normes d'évaluation et de contrôle.

Objectifs d'un Traitement Médicamenteux

Les médicaments ont plusieurs objectifs thérapeutiques :

  • Prévenir l'apparition d'une maladie.

  • Traiter une maladie :

    • La faire disparaître.

    • Atténuer ses symptômes.

    • Prévenir ou retarder ses complications (ex. antibiotiques).

  • Traiter un symptôme (concerne la majorité des médicaments).

  • Rétablir l'homéostasie (équilibre physiologique).

  • Modifier la physiologie (ex. système cardiovasculaire).

  • Établir un diagnostic (ex. imagerie médicale).

Produits Également Considérés comme Médicaments

Certains produits, malgré leur nature spécifique, sont juridiquement considérés comme des médicaments :

  • Produits luttant contre les effets du tabac : ceux présentés comme supprimant l'envie de fumer ou réduisant l'accoutumance (ex. patchs de nicotine).

  • Dérivés du sang stables : issus du plasma sanguin (ex. albumine, facteurs de coagulation). Les dérivés du sang labiles (cellules) ne sont pas des médicaments.

  • Certains produits diététiques : ceux qui renferment des substances conférant des propriétés thérapeutiques (ex. vitamine D et calcium pour l'ostéoporose) ou des propriétés de repas d'épreuve (ex. hyperglycémie per os pour le diagnostic du diabète gestationnel).

Classification des Médicaments

Méthodes de Classification

  • Pharmaco-chimique : selon la relation structure chimique-activité biologique (ex. macrolides, dérivés imidazolés).

  • Pharmacodynamique : selon l'effet principal (ex. inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine, agonistes dopaminergiques).

  • Thérapeutique : selon l'utilisation clinique principale (ex. antihypertenseurs, antiviraux).

  • ATC réglementaire : Universelle et internationale, définie par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Classification ATC : Les 5 Niveaux (Exemple du Diazépam)

La classification ATC (Anatomique, Thérapeutique, Chimique) regroupe les propriétés thérapeutiques, le mécanisme d'action et les effets indésirables du médicament, car elle dépend de sa famille chimique.

Niveau 1

Groupe anatomique principal (1 lettre pour 14 groupes)

N

Système nerveux

Niveau 2

Groupe thérapeutique principal (2 chiffres)

N05

Psycholeptiques

Niveau 3

Sous-groupe thérapeutique/pharmacologique (1 lettre)

N05B

Anxiolytiques

Niveau 4

Sous-groupe chimique/thérapeutique/pharmacologique (1 lettre)

N05BA

Benzodiazépines

Niveau 5

Principe actif individuel ou association (2 chiffres)

N05BA01

Diazépam (Valium)

Principales Catégories de Médicaments

Les Spécialités Pharmaceutiques (CSP Art. L5111-2)

Les spécialités pharmaceutiques sont préparées à l'avance par l'industrie pharmaceutique (médicaments industriels) et doivent respecter les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF).

  • Présentation :

    • Sous un conditionnement particulier (primaire et secondaire) avec des informations minimales obligatoires.

    • Sous une dénomination spéciale.

  • Elles représentent 98% des dispensations de médicaments, avec environ 8000 présentations.

  • Dénomination :

    • Un nom de fantaisie déposé par le fabricant.

    • Une dénomination commune assortie d'une marque ou du nom du fabricant.

La Dénomination Commune Internationale (DCI)

La DCI (ou INN : International Nonproprietary Name) est attribuée par l'OMS, en lien avec la classification ATC. Elle remplace la dénomination chimique (ex. paracétamol pour para-acétylaminophénol) et présente des différences minimes entre les langues.

  • Normes : Des suffixes communs sont utilisés pour les médicaments récents ayant des mécanismes identiques (ex. -prazole pour les inhibiteurs de la pompe à protons, -navir pour les inhibiteurs de la protéase du VIH, -pril pour les IEC, -statine pour les hypocholestérolémiants).

  • Législation : Tous les médicaments doivent avoir au minimum une DCI. En France, depuis 2015, la prescription en DCI est obligatoire. La DCI doit être présente sur le conditionnement primaire et secondaire.

Le Nom de Fantaisie

Le nom de fantaisie est le nom commercial ou de marque, attribué par le fabricant (ex. DOLIPRANE®, Efferalgan®, AUGMENTIN®).

  • Avantages : Souvent plus simple que la DCI, un seul nom peut regrouper plusieurs substances.

  • Inconvénients : Risques de confusion et de surdosage lors d’automédication, car une même substance active (ex. paracétamol) peut être commercialisée sous de multiples noms de fantaisie (environ 170 spécialités différentes pour le paracétamol).

Traçabilité des Spécialités Pharmaceutiques

La Directive 2011/62/UE vise à prévenir l'introduction de médicaments falsifiés dans la chaîne d'approvisionnement légale. Depuis le 9 février 2019, la sérialisation est obligatoire :

  • Chaque boîte de médicament à prescription obligatoire et certains médicaments à risque de falsification doit avoir un identifiant unique (code DataMatrix™).

  • Cet identifiant contient le code produit, le numéro de lot, le numéro de série et la date d'expiration.

  • Il est apposé par le fabricant et scanné par le pharmacien, alimentant une base de données nationale et européenne pour le suivi.

  • Un dispositif d'inviolabilité (ex. dim plastique, système cartonné) doit être présent.

Pharmacopée et Bonnes Pratiques

Pharmacopée

La pharmacopée est un ouvrage de référence pour le contrôle qualité des médicaments, axée sur les substances et matières premières. Elle regroupe des normes de qualité officielles juridiquement contraignantes et des monographies précisant les modes de préparation et de contrôle.

  • En France : Texte de la Pharmacopée européenne et de la Pharmacopée française, qui inclut le formulaire national (compositions de préparations standards). Exemples : glycérolé d'amidon, gélules de spironolactone pour la pédiatrie fabriquées manuellement, solution stérile de Céforoxime pour injection intracamérulaire en PUI.

Bonnes Pratiques

Il existe des normes pour le personnel, les locaux et le matériel.

  • Bonnes Pratiques de Préparation (BPP) : Doivent être respectées pour les préparations magistrales, officinales et hospitalières (environnement, conditions de réalisation, normes d'hygiène).

  • Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) : Doivent être respectées pour les spécialités pharmaceutiques (conditions environnementales, qualification du personnel et des outils).

Préparations

Préparation Magistrale

Préparation Officinale/Hospitalière

Mode de préparation

Extemporanément, en pharmacie de ville ou d'hôpital.

À l'avance, en pharmacie d'officine (officinale) ou à l'hôpital (hospitalière), selon les indications de la Pharmacopée.

Patients concernés

Pour 1 malade déterminé (nominative).

Pour un ou plusieurs patients de l'établissement.

Déclaration

Pas besoin d'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).

Déclaration à l'ANSM, mais pas besoin d'AMM.

Bonnes pratiques

Doivent respecter les Bonnes Pratiques de Préparation (BPP).

Dispensation

Uniquement sur prescription médicale.

Condition

Ne peuvent être réalisées que s'il n'existe pas de spécialité pharmaceutique disponible avec AMM, ATU, ou autorisation temporaire d'importation en cas de rupture de stock.

Médicaments Immunologiques

Ces médicaments agissent sur le système immunitaire.

  • Allergènes : Produits destinés à identifier ou modifier la réponse immunologique à un agent allergisant (ex. poussières, pollens, poils d’animaux).

  • Vaccins : Substances antigéniques qui stimulent le système immunitaire pour une immunité active.

    • Agents vivants atténués : Perte de caractère pathogène par mutation (ex. ROR, Varicelle).

    • Agents inactivés infectieux : Destruction chimique ou thermique (ex. grippe, hépatite A, poliomyélite).

    • Polysaccharides/glycoprotéines : Fragments de micro-organismes (ex. diphtérie tétanos, hépatite B, pneumocoque).

    • ARNm : Induisent la production de la protéine virale, déclenchant une réponse immunitaire et la production d'anticorps (ex. Covid-19).

  • Toxine : Substance bactérienne utilisée comme vaccin après neutralisation de ses propriétés toxiques mais maintien de son immunogénicité (ex. toxine tétanique). La toxine botulique est un médicament pharmacologique et non immunologique.

  • Sérum : Anticorps polyclonaux non purifiés injectés directement, provoquant une immunité passive.

    • Anticorps particulier : ex. sérum antidiphtérique.

    • Ensemble d'anticorps : ex. sérum anti-lymphocytaire (utilisé dans les greffes).

Médicaments Biologiques

Ce sont des substances actives produites à partir d'une source biologique, souvent par biotechnologies (cellules de mammifères ou bactéries en culture), car ce sont des molécules complexes.

  • Qualité : Nécessite des essais physiques, chimiques et biologiques combinés, ainsi qu'une connaissance du procédé de fabrication.

  • Déclaration : AMM obligatoire.

  • Appellations : Parfois appelés « biomédicaments » ou « biothérapie ».

  • Exemples :

    • Anticorps monoclonaux (suffixe -mab, ex. Rituximab).

    • Insulines recombinantes (utilisées dans le diabète).

    • Interférons (ex. IFN pour l'hépatite C, IFN pour la sclérose en plaque).

    • Facteurs de croissance hématopoïétiques (ex. érythropoïétine (EPO)).

    • Le Beyfortus (Nirsevimab) est un médicament biologique contre la bronchiolite, mais pas un vaccin, car il n'agit pas sur le système immunitaire.

Médicaments de Thérapie Innovante (MTI)

Les MTI regroupent :

  • Les médicaments de thérapie génique.

  • Les médicaments de thérapie cellulaire somatique.

  • Les médicaments de l'ingénierie tissulaire et cellulaire.

  • Les médicaments combinés de thérapie innovante (associant MTI et dispositif médical).

Ils bénéficient d'une AMM européenne par procédure centralisée. Il existe des MTI préparés ponctuellement (MTIPP) pour un malade donné.

Exemple des cellules CAR-T

Le principe des cellules CAR-T (ex. Tisagenlecleucel (KYMRIAH®), YESCARTA®) est le suivant :

  1. Isolement de lymphocytes T par prise de sang.

  2. Mise en culture et modification génétique pour exprimer un récepteur CAR reconnaissant les cellules tumorales.

  3. Chimiothérapie pour diminuer les lymphocytes T du patient.

  4. Injection des lymphocytes CAR-T modifiés qui s'attaquent aux cellules tumorales.

  5. Destruction des cellules cancéreuses.

Ils sont indiqués dans les leucémies aiguës lymphoblastiques à cellules B et les lymphomes B à grandes cellules.

Médicaments Radiopharmaceutiques

Ce sont des médicaments contenant un ou plusieurs isotopes radioactifs (radionucléotides) lorsqu'ils sont prêts à l'emploi. Leur préparation est sous la responsabilité d'un radiopharmacien et leur utilisation se fait à des fins diagnostiques ou curatives, dans un service de médecine nucléaire, sur prescription d'un médecin nucléaire.

  • Exemples :

    • Iode 131 : traitement curatif (réduction de nodules thyroïdiens hyperactifs, hyperthyroïdie).

    • Gallium 67, Technétium 99m : diagnostic (marquage de tumeurs, scintigraphie osseuse).

Médicaments Expérimentaux

Un médicament expérimental est tout principe actif sous une forme pharmaceutique ou un placebo, expérimenté ou utilisé comme référence dans une recherche biomédicale.

  • Médicament placebo : Utilisé à titre comparatif dans les essais cliniques, il a une présentation semblable à celle d'un médicament mais ne contient pas de composé actif. Il est différent de l'effet placebo, qui est une réponse psychologique de l'organisme.

  • Cas particuliers : Peuvent inclure des médicaments bénéficiant déjà d'une AMM mais utilisés différemment, pour une indication non autorisée, ou pour obtenir plus d'informations.

Médicament à Base de Plante

Tout médicament dont les substances actives sont exclusivement une ou plusieurs substances végétales ou préparations à base de plantes. Ils sont enregistrés auprès de l'ANSM mais n'ont pas d'AMM, et leurs indications sont souvent qualifiées de « traditionnellement utilisées pour... », car elles ne font pas l'objet d'essais comparatifs.

Médicament Homéopathique

Tout médicament obtenu à partir de substances appelées souches homéopathiques, selon un procédé de fabrication homéopathique décrit par les pharmacopées. Ils peuvent contenir plusieurs principes actifs.

  • Exigences pour la mise sur le marché : Aucune base scientifique ni preuve d’efficacité, enregistrement auprès de l'ANSM mais pas d'AMM.

  • Sécurité : Présentent des degrés de dilution garantissant l’innocuité.

  • 3 Principes (Hahnemann) :

    • Similitude : mimer l’effet en utilisant une substance qui produit des symptômes similaires chez une personne saine.

    • Globalité : prend en compte les caractéristiques de l’individu.

    • Infinitésimalité : fabrication par dilutions successives.

Les Dispositifs Médicaux (DM)

Selon l'article L5211 du Code de la Santé Publique, un dispositif médical est :

Tout instrument, appareil, équipement, matière, produit... ou autre article seul ou en association, y compris les accessoires et logiciels intervenant dans son fonctionnement, destinés par le fabricant à être utilisés chez l’Homme à des fins médicales et dont l’action principale n’est pas obtenue par des moyens pharmacologiques ou immunologiques ni par métabolisme.

Cette définition est conforme au droit européen.

Exemples

  • Instruments en chirurgie.

  • Appareils d’imagerie (scanner, IRM, échographie).

  • Dispositifs de soin (gants, seringues, cathéters).

  • Dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (DMIV, ex. appareil de glycémie, réactifs de laboratoire).

  • Dispositifs médicaux implantables (DMI, ex. stent, stimulateur cardiaque, prothèse de hanche).

Classification liée au Risque (R. 665-6 du CSP)

Les DM sont classés en 4 catégories :

  • Classe I : Risque faible (non stérile et sans fonction de mesurage, stérile, avec fonction de mesurage).

  • Classe IIa : Risque modéré.

  • Classe IIb : Risque élevé.

  • Classe III : Risque très sérieux.

Réglementations et Marquage CE

De nouvelles réglementations européennes (DM 2017/745/UE, DMIV 2017/746/UE) sont en vigueur depuis 2017. Il n'y a pas d'AMM pour les DM, mais le marquage CE est obligatoire.

Marquage CE

Le marquage CE est le passeport technique du DM, attestant de sa conformité aux exigences essentielles définies par le règlement européen. Cette conformité est vérifiée par un organisme notifié (ex. G-MED en France).

Principales Exigences Générales vis-à-vis des DM

  • Sûrs et efficaces : Ne doivent pas compromettre la sécurité des patients ou utilisateurs, avec un rapport bénéfice/risque acceptable.

  • Caractéristiques et performances : Ne doivent pas être altérées pendant la durée de vie du dispositif, dans des conditions normales d'utilisation, de stockage et de transport.

  • Risques connus, prévisibles et effets indésirables : Réduits au minimum, incluant les risques liés aux caractéristiques ergonomiques et au niveau de formation des utilisateurs. Acceptables au regard des bénéfices.

  • Les fabricants doivent établir, appliquer, documenter et maintenir un système de gestion des risques (Norme ISO 14971:2019).

Surveillance par l'ANSM

  • Matériovigilance et réactovigilance : Surveillance des incidents après leur mise sur le marché.

  • Contrôles : Ponctuels ou par campagnes, inspection des sites de fabrication, contrôle de l'organisme notifié, contrôle en laboratoire et de la publicité.

Autres Produits de Santé : Les Cosmétiques

Selon le règlement européen n°1223/2009 (applicable depuis 2013), un cosmétique est une substance ou préparation destinée à être mise en contact avec diverses parties superficielles du corps humain (épiderme, systèmes pileux et capillaires, ongles, lèvres, organes génitaux externes, dents et muqueuses buccales).

  • Intérêts : Nettoyer, parfumer, modifier l'aspect, protéger, maintenir en bon état ou corriger les odeurs corporelles.

  • Déclaration : Pas d’autorisation préalable, mais le fabricant doit tenir à disposition de l’ANSM un dossier contenant la formule, les conditions de fabrication et de contrôle, ainsi que les effets indésirables potentiels.

  • Surveillance : Par la commission de Cosmétovigilance (ANSM). Tout professionnel de santé doit déclarer sans délai tout effet indésirable grave suspecté d'être dû à un cosmétique. L'ANSM réalise des évaluations toxicologiques, inspections, contrôles et émet des recommandations de bon usage.

Points Clés à Retenir

  • Les produits de santé sont soumis à des exigences strictes d'efficacité, de sécurité et de traçabilité.

  • La définition légale du médicament inclut les notions de présentation et de fonction, chacune suffisante pour qualifier un produit de médicament.

  • La classification ATC est un système universel à 5 niveaux pour organiser les médicaments.

  • Les spécialités pharmaceutiques sont des médicaments industriels, tandis que les préparations sont réalisées spécifiquement pour un patient ou un établissement.

  • Les médicaments immunologiques, biologiques, de thérapie innovante et radiopharmaceutiques constituent des catégories spécifiques avec des modes d'action et de réglementation distincts.

  • Les dispositifs médicaux (DM) ne sont pas des médicaments au sens pharmacologique mais sont strictement réglementés par le marquage CE et la matériovigilance.

  • Les cosmétiques, bien que destinés à des fins esthétiques ou d'hygiène, sont également sous surveillance (Cosmétovigilance).

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