Chronic Hemodialysis Course Notes
Nessuna cartaComprehensive notes on chronic hemodialysis, covering definitions, anatomy and physiology, the hemodialysis process, peritoneal dialysis, and patient care, including dietary and treatment guidelines.
Hémodialyse Chronique : Définitions, Prise en Soins et Implications
L'hémodialyse chronique est une méthode de traitement de suppléance rénale essentielle pour les patients souffrant d'insuffisance rénale chronique (IRC) terminale. Ce traitement vise à suppléer les fonctions vitales des reins défaillants, notamment l'élimination des déchets métaboliques et la régulation de l'équilibre hydro-électrolytique et acido-basique. Comprendre l'anatomie et la physiologie rénale, les différents types d'insuffisance rénale, les techniques de dialyse et la prise en charge globale du patient est fondamental pour une approche thérapeutique efficace.
1. Définitions et Rappels Anatomo-physiologiques Rénaux
L'appareil urinaire comprend généralement deux reins, deux uretères, une vessie et un urètre. Les reins, des organes rétropéritonéaux en forme de haricot, mesurent en moyenne 12 cm de long, 6 cm de large et 3 cm d'épaisseur, pesant environ 150g chacun. Ils sont situés de manière symétrique dans l'abdomen, sous le foie pour le droit et sous la rate pour le gauche.
1.1. Circulation Sanguine Rénale
Le sang afflue vers le rein via l'artère rénale, une ramification directe de l'aorte abdominale. Après filtration, le sang est collecté par la veine rénale, qui se jette dans la veine cave inférieure. Les reins sont également dotés d'un réseau lymphatique drainant vers les ganglions lymphatiques du hile rénal et autour de l'aorte et de la veine cave.
1.2. Structure du Rein
- La capsule : enveloppe externe protectrice.
- Le parenchyme rénal : contient environ un million de néphrons, les unités fonctionnelles responsables de la filtration du sang et de la production d'urine.
- Les calices et le bassinet : cavités internes qui collectent l'urine après sa formation par les néphrons. L'urine s'écoule ensuite vers l'uretère.
1.3. Fonctions du Rein
Les reins accomplissent une multitude de fonctions vitales, tant exocrines qu'endocrines :
- Rôle de filtre (fonction exocrine) :
- Élimination des déchets métaboliques (urée, créatinine, acide urique, etc.) produits par les aliments et les muscles.
- Régulation des minéraux essentiels (potassium, sodium, calcium, etc.).
- Maintien de l'équilibre hydrique de l'organisme (équilibre entre l'absorption quotidienne et l'élimination par la diurèse, les selles, la sudation et la respiration).
- Maintien de l'équilibre acido-basique du sang.
- Production d'enzymes, d'hormones et de vitamines (fonction endocrine) :
- La rénine : indispensable à la régulation de la tension artérielle.
- L'érythropoïétine (EPO) : agit sur la moelle osseuse pour stimuler la production de globules rouges, assurant ainsi le transport de l'oxygène.
- Le calcitriol (forme active de la vitamine D) : permet l'absorption intestinale du calcium et sa fixation osseuse.
2. L'Insuffisance Rénale : Aiguë et Chronique
L'insuffisance rénale (IR) se manifeste par une altération des fonctions rénales. On distingue deux formes principales : aiguë et chronique, avec des caractéristiques et pronostics différents.
2.1. Insuffisance Rénale Aiguë (IRA)
L'IRA est une altération brutale et soudaine de la fonction rénale. Elle est souvent réversible si elle est traitée rapidement.
- Causes :
- Ischémie rénale (chute transitoire de la pression artérielle due à une hémorragie, une infection généralisée, une intoxication).
- Blocage des voies urinaires hautes (lithiases, par exemple).
- Mécanisme : Une privation temporaire de sang peut endommager les néphrons, mais ils retrouvent généralement leur fonction normale en quelques jours si la cause est levée.
- Traitement : Souvent réversible, mais peut nécessiter une dialyse temporaire pour éliminer les déchets métaboliques accumulés.
2.2. Insuffisance Rénale Chronique (IRC)
L'IRC est une diminution progressive et permanente de la fonction rénale, caractérisée par une baisse du débit de filtration glomérulaire (DFG) en dessous de . Cette maladie est irréversible et évolue lentement sur le long terme.
- Évolution : Longtemps silencieuse, elle progresse sans guérison possible.
- Conséquences : Diminution des fonctions exocrines et endocrines des reins.
- Stade terminal (Stade 5) : Nécessite un traitement de suppléance rénale par dialyse et/ou greffe rénale.
- Prévention de l'aggravation : Ralentissement de la progression par le contrôle de facteurs comme l'hypertension artérielle, le diabète, l'obésité et les maladies cardiovasculaires.
2.3. Causes de l'Insuffisance Rénale Chronique (IRC)
Les causes de l'IRC sont variées, les principales étant les néphropathies vasculaires et diabétiques :
- Néphropathies vasculaires : Hypertention artérielle (HTA) ou athérome.
- Néphropathies diabétiques.
- Néphropathies héréditaires : Polycystose rénale, syndrome d'Alport.
- Glomérulonéphrites chroniques.
- Néphrectomies (ablation d'un rein).
- Maladies systémiques : Lupus, amylose, myélome, vascularites.
- Néphropathies de reflux.
- Néphrites interstitielles chroniques : Obstructives, métaboliques, toxiques, médicamenteuses.
2.4. Comparaison IRA et IRC
| Caractéristique | Insuffisance Rénale Aiguë (IRA) | Insuffisance Rénale Chronique (IRC) |
| Début | Brutal | Progressif |
| Réversibilité | Généralement réversible | Irréversible |
| Traitement de suppléance | Dialyse temporaire si nécessaire | Dialyse et/ou greffe rénale (stade terminal) |
| Évolution | Peut revenir à la fonction normale | Diminution progressive et permanente |
3. Prise en Soins du Patient en IRC
La prise en charge du patient en IRC est complexe et pluridisciplinaire, visant à gérer les symptômes, ralentir la progression de la maladie et améliorer la qualité de vie.
3.1. Conséquences de l'Insuffisance Rénale
L'accumulation de déchets et les déséquilibres résultant de la perte de fonction rénale engendrent de multiples symptômes :
- Accumulation de déchets : Augmentation de l'urée , troubles digestifs, troubles neurologiques, asthénie.
- Diminution/Disparition des urines : Œdèmes des membres inférieurs, œdème aigu du poumon (OAP).
- Rétention hydrosodée : Hypertension artérielle (HTA), OAP.
- Hyperkaliémie (augmentation du potassium) : Douleurs des membres inférieurs, fatigabilité musculaire, troubles cardiaques (ECG modifié).
- Anémie : Liée au déficit en EPO, se manifestant par pâleur, essoufflement et fatigue.
- Troubles du métabolisme phosphocalcique : Diminution du calcium, augmentation du phosphore, baisse de la vitamine D. Cela entraîne une hyperparathyroïdie secondaire, une hypercalcémie, hyperphosphorémie et une carence en vitamine D.
- Bouleversement du quotidien : Régime alimentaire strict, modification des habitudes de vie, impact sur le travail et la vie familiale. Nécessite une acceptation de la chronicité et un deuil de la vie d'avant.
3.2. Symptômes de l'Insuffisance Rénale
Les signes d'insuffisance rénale sont souvent peu spécifiques, rendant le diagnostic insidieux. Le dépistage précoce peut se faire par une simple bandelette urinaire (dosant l'albumine).
- Signes de surcharge hydrosodée :
- Œdèmes (paupières, membres inférieurs, prenant le godet).
- Essoufflement avec ou sans désaturation.
- Œdème aigu du poumon (OAP).
- Hypertension artérielle (HTA).
- Troubles digestifs : Nausées, vomissements, amaigrissement.
- Troubles neurologiques/musculaires : Fourmillements, crampes (liés au potassium).
- Prurit (démangeaisons).
- Signes d'anémie : Pâleur, essoufflement, diminution du périmètre de marche, fatigue.
- Diminution du volume des urines.
3.3. Surveillance Biologique
Le diagnostic et le suivi reposent sur des examens biologiques :
- Augmentation de la créatinine et de l'urée sanguine :
- Créatinine : pour les hommes ; pour les femmes.
- Urée : chez l'adulte.
- Anémie : Taux d'hémoglobine bas (normes : homme, femme). Anémie sévère si .
- Surveillance régulière :
- Hémoglobine et bilan biochimique (potassium, albumine, phosphore, calcium) toutes les deux semaines.
- Bilan biologique plus large mensuel, trimestriel, semestriel et annuel.
- Indicateurs de dialyse : Épuration de l'urée, taux de potassium avant et après dialyse.
3.4. Rôle de l'Infirmier(ère) (IDE) dans la prise en charge
Le rôle infirmier est central et comprend :
- Éducation thérapeutique : Règles hygiéno-diététiques, surveillance des œdèmes, gestion de la restriction hydrique, surveillance de l'abord vasculaire (FAV ou cathéter).
- Adhésion thérapeutique : Assurer la compréhension de la maladie et des traitements.
- Surveillance clinique : Contrôle de la tension artérielle, saturation en , état des œdèmes (poids sec).
- Préparation et suivi des séances de dialyse : Montage des générateurs, calcul de l'ultrafiltration, branchement, surveillance horaire des constantes, restitution du sang.
- Gestion des traitements spécifiques : Anticoagulants, traitements phosphocalciques, vitamines, anti-hypertenseurs.
- Dialogue et soutien : Accompagner le patient dans l'acceptation de la maladie chronique et de ses bouleversements.
3.4.1. Surveillance du Poids Sec et Ultrafiltration
Le poids sec est le poids "idéal" du patient sans excès de liquide, déterminé par le néphrologue (via BCM, proBNP, échographie cardiaque, radiographie thoracique, tolérance du patient). C'est une estimation évolutive.
La quantité d'ultrafiltration à réaliser lors d'une séance est calculée comme suit :
Une pesée précise à l'entrée, idéalement sur la même balance, est cruciale. Un patient anurique doit avoir du poids à perdre ; l'absence de perte de poids doit faire rechercher une erreur ou une autre cause.
4. Hémodialyse
L'hémodialyse est une technique d'épuration extra-rénale qui substitue la fonction de filtration des reins en utilisant une circulation extracorporelle.
4.1. Principes de l'Hémodialyse
C'est une circulation extracorporelle du sang à travers un circuit externe. Elle utilise une membrane artificielle semi-perméable (rein artificiel ou dialyseur) assurée par une machine (générateur), et une solution d'échanges appelée dialysat. Ce traitement élimine les toxines et régule l'équilibre hydro-électrolytique.
Une séance dure en moyenne 4h, 3 fois par semaine.
4.2. Composants Essentiels du Système d'Hémodialyse
- Centrale d'eau avec osmoseur : Système de triple filtration qui purifie l'eau des impuretés via une membrane.
- Générateur avec circuit :
- Produit en continu le dialysat.
- Assure la circulation sanguine extracorporelle.
- Contrôle, monitorise et sécurise la séance.
- Évalue les performances d'épuration et la stabilité hémodynamique.
- Rein artificiel (dialyseur) : Contient un faisceau de fibres creuses où circule le sang, baignant dans le dialysat qui circule à contre-courant. La membrane semi-perméable permet le passage de l'eau et des électrolytes (molécules de ), mais retient les protéines et les éléments figurés du sang (globules rouges, blancs, plaquettes). Le choix du filtre dépend de la prescription médicale.
- Dialysat : Solution stérile et apyrogène fabriquée à partir d'eau ultrapure, de bicarbonate et de concentré d'électrolytes.
4.3. Mécanismes de Transfert en Dialyse
Les transferts de solutés et d'eau à travers la membrane semi-perméable se font selon trois principes physiques :
- Diffusion : Mouvement passif des solutés du milieu le plus concentré (sang) vers le moins concentré (dialysat) grâce à un gradient de concentration. Épuration des petites molécules.
- Convection : Entraînement des solutés au travers de la membrane par le mouvement de l'eau, sous l'effet d'un gradient de pression hydrostatique. Épuration des petites et moyennes molécules.
- Ultrafiltration : Élimination de l'eau et du sodium accumulés entre deux séances, par gradient de pression.
4.4. Types de Techniques d'Hémodialyse
Plusieurs techniques d'épuration extra-rénale peuvent être utilisées, souvent combinant diffusion et convection :
- Hémodialyse (HD) : Transfert majoritairement diffusif des électrolytes ; transfert convectif pour le sodium et l'eau (ultrafiltration).
- Hémofiltration (HF) : Transfert purement convectif des solutés. Nécessite une solution de substitution (réinjection) pour éviter une réduction excessive du volume plasmatique.
- Hémodiafiltration (HDF) : Combine les avantages de l'HD (diffusion des petites molécules) et de l'HF (convection des molécules de moyen poids moléculaire). Le liquide de réinfusion est de qualité pharmaceutique, stérile et apyrogène ().
- Biofiltration sans acétate (AFBK) : Type d'HDF avec un faible volume de réinjection, donc principalement diffusif avec une légère convection, et un profil de potassium spécifique. Utilisée notamment avec la machine Artis Evosys.
- Ultrafiltration isolée (UFi) : Élimination d'eau uniquement, principalement utilisée en dialyse aiguë.
En dialyse chronique (ex : Hôpital Larrey), les techniques prédominantes sont l'HD, l'HDF et l'AFBK.
4.4.1. Dispositifs Spécifiques
- Prisma et Prismaflex : Utilisés pour l'épuration continue et lente (HDF ou UF isolée), offrant une meilleure tolérance hémodynamique sur 24h.
- Plasmaphérèse : Échanges plasmatiques avec substitution (plasma frais congelé, albumine, voluven) pour éliminer les anticorps circulants (maladies auto-immunes, neurologiques, rejet de greffe).
- Prisma mars couplée à Prisma épuration hépatique : Élimination des déchets via un circuit fermé à l'albumine.
- Artis Evosys: Utilisé pour l'AFBK et l'HD.
4.5. Abords Vasculaires pour l'Hémodialyse
Un accès vasculaire fiable est vital pour les patients dialysés, permettant un débit sanguin minimal de (voire ). Deux principales voies d'abord sont utilisées :
4.5.1. La Fistule Artério-Veineuse (FAV)
La FAV est la voie d'abord de référence.
- Types de FAV :
- FAV autologue : Anastomose chirurgicale d'une artère avec une veine du patient, le plus souvent à l'avant-bras.
- FAV prothétique : Utilisation d'une prothèse synthétique (téflon-gortex) ou d'origine bovine pour créer un pontage artério-veineux.
- Ponction : Deux ponctions par séance avec des aiguilles de gros calibre (17G, 16G, voire 15G).
- Compression post-séance : Indispensable pour créer un point de coagulation.
- FAV jeune : minutes.
- FAV mature bien évoluée : minutes.
- FAV mature compliquée : à minutes.
La compression doit être douce mais ferme, manuelle et privilégier la capacité du patient à le faire lui-même. Des bracelets de compression peuvent être utilisés.
- Règle des 6 pour la FAV :
- 6 semaines avant la première ponction après création.
- 6 mm de profondeur.
- 6 mm de diamètre.
- Surveillance de la FAV (Rôle IDE majeur) :
- Aspect général : État cutané, souffle (audible au stéthoscope), thrill (vibrations palpables), œdème de la main.
- Complications :
- Sténose/Thrombose : Surveillance du thrill et des pulsations, observation du trajet de la FAV.
- Anévrismes : Surveillance de leur taille et évolution (échographie Doppler).
- Ischémie distale / "syndrome de vol" : Surveillance de la main (œdème, rougeur, paresthésies).
- Zones blanches : Retards de cicatrisation, modification des points de ponction, éducation pour l'application de patchs Emla.
- Infection : Érythème, œdème, écoulement, douleurs.
- Hématome : Post-ponction ou post-compression.
- Allergie : Au pansement ou aux crèmes anesthésiantes.
- Pansement hémostatique : Post-ablation des aiguilles.
- Examens complémentaires : Échographie Doppler de la FAV et Transonic (tous les 6 mois si pas de problèmes, plus fréquemment si besoin ou post-chirurgie).
- Bras "protégé" : Pas de ponction veineuse, ni de gaz du sang du côté de la FAV.
4.5.2. Le Cathéter de Dialyse
Le cathéter est utilisé en urgence, lorsque le réseau vasculaire ne permet pas une FAV, ou en attente de la maturation d'une FAV.
- Types :
- Temporaires : Non tunnelisés (KT de dialyse aiguë ou d'urgence, Vascath), pour IR aiguë.
- Définitifs : Tunnélisés (KT de dialyse chronique), pour IR chronique.
- Sites d'implantation : Fémoral, jugulaire, sous-clavier (non tunnelisés) ou jugulaire (tunnélisés).
- Modèles de cathéters tunnellisés :
- Cathéter de Canaud : Deux branches distinctes introduites en jugulaire, fixées par un haubanage.
- Cathéter de type Palindrome : Une seule branche à deux lumières, fixée par un "cuff" sous-cutané, souvent en jugulaire jusqu'à l'oreillette droite.
- Surveillance et Risques liés au Cathéter :
- Risque infectieux majeur : Œdème, chaleur, rougeur, écoulement, douleur, fièvre, tunnelite. Nécessite une réfection stérile du pansement hebdomadaire, désinfection en 4 temps. En cas d'infection localisée avérée (branches sortantes du tunnel, écoulement purulent), il faut prévenir le médecin, réaliser des prélèvements bactériologiques et hémocultures, et envisager l'ablation du KT.
- Risque d'embolie gazeuse : Lié aux manipulations fréquentes.
- Risque allergique.
- Perte d'efficience : Recirculation, mauvais débit, KT positionnel.
- Observation locale : Surveillance de l'émergence, aspect cutané et fonctionnement.
4.6. Déroulement d'une Séance d'Hémodialyse Chronique (Rôle IDE)
En salle de dialyse, la ratio est d'1 IDE pour 4 patients et 1 AS pour 8 patients.
- Avant l'arrivée du patient :
- Mise en bain et vérification des générateurs (prescription médicale : générateur, rein artificiel, bain de dialyse, durée de séance, natrémie, bicarbonate).
- Montage des générateurs, installation et rinçage des circuits CEC (on line ou au NaCl).
- Préparation du box patient et des sets de branchement.
- À l'arrivée du patient :
- Observation de l'état général (démarche, essoufflement, asthénie).
- Pesée du patient et calcul de l'ultrafiltration avec le poids sec.
- Prise des constantes (TA, température).
- Branchement :
- 2 ponctions pour la FAV.
- Branchement stérile pour les KT.
- Prélèvements biologiques si prescrits.
- Pendant la séance :
- Surveillance horaire des constantes et des paramètres du générateur (débit sang, pressions artérielle/veineuse, VSR, débit d'UF, PTM, dialysance).
- Relevé de la recirculation et de l'hémoglobine sur le générateur (première surveillance), si besoin volume d'infusion.
- Surveillance des données biologiques (hémoglobine, kaliémie, NFS, CRP, dosages anticoagulants, antirejets...).
- Suivi des traitements et des rendez-vous médicaux (notamment pour les patients inscrits sur liste de greffe).
- À la fin de la séance :
- Préparation du matériel pour la séance suivante (dossiers, petit matériel).
- Restitution du sang du patient présent dans la CEC.
- Fermeture du KT avec verrous ou compression des FAV.
- Dernière prise des constantes et administration des médicaments prescrits (EPO, vitamine C).
- Pesée finale.
- Réfection des box.
4.7. Risques et Complications pendant la Séance
- Hypovolémie : Crampes, céphalées, bâillements, troubles digestifs, hypotension artérielle (hypoTA) pouvant aller jusqu'au malaise et perte de connaissance. Surveiller la tension artérielle horairement et la clinique du patient (sueur, pâleur, malaise).
- Prise en charge : Pour crampes, étirement ; pour chutes de TA, position de déclive, arrêt de l'UF, bolus, restitution.
- Déconnexion : Liée au branchement du patient à la CEC (aiguilles ou cathéters).
- Surveillance : Abord vasculaire, pansement stérile (KT), pressions sur la CEC, alarmes du générateur.
- Coagulation du circuit : Liée à la CEC.
- Surveillance : Hémoglobine du patient, pression veineuse et PTM sur le générateur. Respect de l'anticoagulation (bolus en début de séance).
- Urgence : Si débranchement d'aiguille sur FAV, restitution par l'aiguille restante (si les deux, compression et NFS). Sur KT : alerte majeure, risque d'embolie gazeuse (position déclive, masque à haute concentration, chariot d'urgence, restitution, NFS).
5. Dialyse Péritonéale
La dialyse péritonéale est une autre technique de suppléance rénale qui utilise le péritoine du patient comme membrane semi-perméable.
5.1. Principes de la Dialyse Péritonéale
Le péritoine est une membrane composée de deux feuillets (pariétal et viscéral) avec un espace virtuel appelé cavité péritonéale. Son afflux sanguin important et sa grande surface vasculaire (environ ) en font une membrane d'échange idéale. Un cathéter à demeure tunnélisé, implanté chirurgicalement (souvent au cul-de-sac de Douglas, s'abouchant en para-ombilical), permet d'introduire un dialysat dans cette cavité.
Les échanges entre le sang et le dialysat dans la cavité péritonéale reposent sur les mêmes principes que l'hémodialyse :
- Diffusion : Les déchets urémiques et les ions () passent du sang (plus concentré) vers le dialysat.
- Ultrafiltration et Convection : Sont utilisées pour réguler la volémie et le pH sanguin.
La dialyse péritonéale ne peut s'effectuer que si le patient conserve une certaine diurèse résiduelle, car le péritoine n'extrait pas l'eau aussi efficacement que le rein artificiel. Le temps de stase (temps d'infusion) du dialysat est ajusté à la perméabilité du péritoine.
5.2. Types de Dialyse Péritonéale
- Dialyse Péritonéale Continue Ambulatoire (DPCA) :
- Quatre échanges manuels par jour (par le patient ou une infirmière).
- à litres de dialysat sont infusés manuellement dans le péritoine.
- La stase est permanente.
- Dialyse Péritonéale Automatisée (DPA) :
- Réalisée toutes les nuits, pendant le sommeil du patient, via une machine appelée cycleur.
- Durée de à heures.
- Offre une grande souplesse horaire et permet une autonomie diurne au patient.
5.3. Le Cathéter de Dialyse Péritonéale
Le cathéter est placé chirurgicalement au bloc opératoire et implanté près de l'ombilic, en contact avec le péritoine. Il est utilisable environ un mois après l'intervention.
6. Régime et Traitements en IRC
Le régime alimentaire et les traitements médicamenteux sont cruciaux pour les patients dialysés et demandent une grande adhésion thérapeutique.
6.1. Régime Alimentaire Spécifique
Ce régime est contraignant et repose sur plusieurs principes :
- Restriction hydrique : Tous les aliments contiennent de l'eau, mais les boissons sont limitées à environ par jour (3 grands verres), plus bol au petit-déjeuner.
- Astuces contre la soif : Sucer des glaçons ( glaçons = ), privilégier les boissons chaudes, limiter les boissons sucrées, utiliser un brumisateur.
- Restriction sodée (sel) : Le sel entretient la soif et retient l'eau.
- Conseils : Cuisiner sans sel, utiliser des herbes aromatiques (persil, ail, sauce tomate...), éviter l'excès de poivre et d'épices qui augmentent la soif.
- Restriction potassique : Éviter les aliments riches en potassium.
- Aliments à éviter : Chocolat, cacao, légumes secs (lentilles, pois chiches, haricots blancs), fruits secs (raisins, bananes, figues, dattes), chips, frites, Coca-cola, boissons light, épinards, pommes de terre, champignons, choux, betteraves, banane, melon, noix de coco, pastèque, marrons, châtaignes, kiwi, prune, raisins, cerise, pêche, figue.
- Conseils : Une seule crudité par repas (légume ou fruit cru). Faire tremper les légumes crus longtemps dans l'eau avant cuisson.
- Exception : Manger des aliments riches en potassium pendant la première heure de dialyse permet leur élimination durant la séance.
- Prise de Kayexalate : À prendre en milieu de repas, les jours sans dialyse.
- Alimentation riche en protéines : Pour prévenir la dénutrition.
- Ne pas sauter de repas (même les jours de dialyse) ; une collation est souvent donnée pendant la séance.
6.2. Exemples de Menus Hypokaliémiques
| Déjeuner | Dîner |
|---|---|
| Artichaut vinaigrette | Escalope de veau grillée |
| Rosbeef, spaghettis au beurre | Endive braisée |
| Fromage blanc | Fromage |
| Ananas au sirop | Poire caramel |
| Salade de tomates | Omelette |
| Daurade au four, Riz safran | Courgettes sautées |
| Pêche au sirop | Yaourt, tarte aux pommes |
| Taboulé | Steak haché, chou-fleur persillade |
| Poulet sauté aux carottes | Gruyère |
| Petit suisse et fraises | Pêche Melba |
6.3. Traitements Médicamenteux Spécifiques en Dialyse
Les patients dialysés nécessitent une pharmacothérapie adaptée pour gérer les complications de l'IRC.
- Antihypertenseurs :
- Amlor (Amlodipine)
- Aprovel (Irbesartan)
- Atacand (Candesartan)
- Cardensiel/Cardiocor (Bisoprolol)
- Coversyl (Perindopril)
- Eupressyl (Urapidil)
- Tareg (Valsartan)
- Temerit (Nebivolol)
- Tenormine (Atenolol)
- Fluidifiants sanguins (Anticoagulants) :
- Lovenox (Enoxaparine sodique) : Prévention de la formation de thrombus dans le circuit extracorporel en début de séance de dialyse.
- Previscan (Coumadine) : Prévention des complications thrombo-emboliques (cardiopathies emboligènes, valvulopathies, infarctus du myocarde compliqués, TVP, EP). Prise le soir, dosage INR.
- Xarelto (Rivaroxaban) : Anticoagulant de nouvelle génération, per os, même utilisation que Coumadine.
- Brilique (Ticagrelor) : Prévention des événements athérothrombotiques, en association avec AAS, per os.
- Équilibrer le Potassium :
- KAYEXALATE (Polystyrène sulfonate de sodium) : Traitement de l'hyperkaliémie. Poudre à prendre heures avant ou après d'autres traitements oraux.
- Éliminer l'eau et le Sel (Diurétiques) :
- LASILIX (Furosémide) : Utilisé avant le stade terminal de l'IRC pour maintenir une diurèse résiduelle, ou pour l'HTA et la rétention hydrosodée. Per os, à domicile.
- Équilibre Phosphocalcique :
- Calcidia/Caltrate (Carbonate de calcium) : Traitement curatif et préventif de l'ostéodystrophie rénale. Après restitution et à domicile.
- Renvela (Carbonate de Sevelamer) : Contrôle de l'hyperphosphorémie. Per os, pendant les repas.
- Un-alfa (Alphacalcidol) : Traitement curatif et préventif de l'ostéodystrophie rénale, rachitismes. Per os, à domicile.
- Velphoro (Oxyhydroxyde Sucro-ferrique) : Contrôle du taux de phosphate sérique. Pendant les repas, à domicile.
- Carences en Vitamines :
- Acide ascorbique (Laroscorbine) : Prévention de l'avitaminose C.
- Speciafoldine (Acide folique) : Carence en vitamine B9 et anémie.
- ZymaD/uvedos (Cholécalciférol) : Traitement et/ou prophylaxie de la carence en vitamine D.
- Prurit :
- Zyrtec (Cétirizine) : Traitement des rhinites allergiques et urticaire.
- Kapruvia (Difelikefaline) : Traitement du prurit modéré à sévère.
- Thyroïde :
- Mimpara (Cinacalcet) : Hyperparathyroïdie secondaire, cancer de la parathyroïde.
- Antalgiques :
- Doliprane (Paracétamol) : Douleurs légères à modérées, fièvre.
- Acupan (Néfopam) : Douleurs aiguës, notamment post-opératoires.
- Lyrica (Prégabaline) : Douleurs neuropathiques périphériques et centrales.
- Neurontin (Gabapentine) : Douleurs neuropathiques périphériques (ex : diabétique, post-zostérienne).
- Oxynorm (Oxycodone) : Douleurs sévères (cancéreuses).
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