Chapitre 4
Nessuna cartaFonctions du tube digestif, ses glandes et sa structure histologique.
Le Tube Digestif : Anatomie Fonctionnelle, Histologie et Physiologie
Le tube digestif est un système complexe responsable de la transformation des aliments ingérés en nutriments absorbables par le corps et de l'élimination des déchets. Ce processus implique plusieurs étapes clés et des structures tissulaires spécialisées.
Les Fonctions Essentielles du Tube Digestif
Le tube digestif assure six fonctions principales :
Ingestion : Introduction de la nourriture dans la cavité buccale.
Propulsion : Déplacement des aliments le long du tube digestif par la déglutition (volontaire et involontaire) et le péristaltisme (contractions rythmiques des muscles lisses) [Source 3].
Fragmentation mécanique : Préparation physique des aliments pour la digestion chimique, incluant la mastication (mélange avec la salive), le malaxage dans l'estomac, et la segmentation (contractions rythmiques locales) dans l'intestin [Source 3].
Digestion chimique : Dégradation moléculaire des aliments par des enzymes sécrétées par les glandes salivaires, l'estomac, le pancréas et le foie [Source 3].
Absorption : Passage des produits de la digestion (nutriments, vitamines, minéraux, eau) de la lumière du tube digestif vers le sang ou la lymphe, principalement dans l'intestin grêle et le gros intestin (pour l'eau) [Source 4].
Défécation : Évacuation des substances non digérées ou non absorbées sous forme de fèces par l'anus [Source 5]. Les fibres de cellulose, par exemple, ne sont pas digérées [Source 5].
Structures Glandulaires Associées et Flore Intestinale
En plus du tube lui-même, plusieurs glandes et la flore intestinale jouent un rôle crucial :
Glandes salivaires [Source 6]
Système neuroendocrine diffus du TD (DNES) [Source 6]
Pancréas [Source 6]
Foie [Source 6]
Flore intestinale (intestin grêle et gros intestin) [Source 7]
Organisation Générale de la Paroi du Tube Digestif
La paroi du tube digestif est typiquement organisée en quatre couches concentriques de l'intérieur vers l'extérieur : la muqueuse, la sous-muqueuse, la musculeuse et l'adventice/séreuse.
La Muqueuse
La muqueuse est la couche la plus interne et est en contact direct avec les aliments. Elle se compose de :
Épithélium : Type varie selon la localisation (ex: pavimenteux stratifié non kératinisé dans l'œsophage, prismatique simple dans l'estomac et l'intestin).
Chorion (lamina propria) : Tissu conjonctif lâche sous l'épithélium, souvent riche en tissu lymphoïde [Source 8].
Muscularis mucosae : Fine couche de muscle lisse, généralement composée de fibres circulaires internes et longitudinales externes [Source 8].
La Sous-muqueuse
Située sous la muscularis mucosae, la sous-muqueuse est un tissu conjonctif riche en vaisseaux sanguins et lymphatiques. Elle contient également le plexus nerveux de Meissner [Source 9].
La Musculeuse
C'est la couche principale responsable de la motilité du tube digestif. Elle est généralement formée de deux couches concentriques de muscle lisse [Source 10] :
Circulaire interne
Longitudinale externe
Le plexus nerveux d'Auerbach (ou plexus myentérique) est localisé entre ces deux couches musculaires [Source 10].
L'Adventice ou la Séreuse
Adventice : Tissu conjonctif dense liant le tube digestif aux structures environnantes [Source 11].
Séreuse : Tissu conjonctif recouvert par le péritoine, présent dans les sections intrapéritonéales du tube digestif [Source 11].
Vascularisation du Tube Digestif
Les artères forment trois plexus au niveau de la paroi du TD [Source 13] :
Un plexus sous-séreux.
Un plexus intramusculaire.
Un plexus sous-muqueux.
Des branches artérielles horizontales se distribuent dans la musculeuse et la sous-muqueuse, tandis que des branches verticales irriguent la muqueuse. Le réseau capillaire du chorion est très développé et fenêtré [Source 13]. Les veinules se collectent dans la sous-muqueuse et rejoignent les veines mésentériques, qui s'abouchent dans la veine porte hépatique [Source 13].
L'Œsophage
L'œsophage est un tube musculaire de 25 cm reliant la cavité buccale à l'estomac (cardia) [Source 14]. Il est divisé en quatre segments : cervical, thoracique, diaphragmatique et abdominal [Source 14].
Histologie de l'Œsophage
Muqueuse :
Épithélium : Pluristratifié pavimenteux non kératinisé (environ 100 assises cellulaires) [Source 15].
Couche basale germinative (cellules neuroendocrines).
Couche médiane très épaisse (grandes cellules à noyau euchromatique).
Couche superficielle pavimenteuse (peu de kératohyaline, desquamation luminale) [Source 15].
Chorion : Tissu conjonctif épais avec replis (papilles) riches en élastine et amas lymphocytaires (production d'IgA) [Source 16].
Muscularis mucosae : Couche longitudinale de muscle lisse, n'est bien nette que dans la partie terminale de l'œsophage et absente dans le quart supérieur [Source 17].
Sous-muqueuse : Couche épaisse de conjonctif dense irrégulier, riche en élastine [Source 20]. Contient des glandes tubulo-acineuses (muqueuses et séreuses qui produisent le lysozyme) et, dans sa partie terminale, un plexus veineux sous-muqueux drainé par la veine porte (risques de varices œsophagiennes) et le plexus de Meissner [Source 20, 21].
Musculeuse : Variation de la composition musculaire le long de l'œsophage [Source 22].
Tiers supérieur : Deux couches de muscle strié squelettique à disposition irrégulière (sphincter pharyngo-œsophagien).
Tiers médian : Mélange de muscle lisse et strié, avec une augmentation de la proportion de muscle lisse vers l'estomac.
Tiers inférieur : Deux couches régulières de muscle lisse, épaissies au niveau du sphincter œsophagien inférieur (sphincter gastro-œsophagien) pour empêcher le reflux gastrique [Source 22].
Adventice : Tissu conjonctif lâche, contient des fibres élastiques reliant l'œsophage au diaphragme [Source 23].
Fonctions de l'Œsophage
Transport du bol alimentaire par péristaltisme et lubrification par le mucus [Source 25].
Réchauffement du bol alimentaire.
Limitation du reflux gastrique par le sphincter œsophagien [Source 25].
Pathologies de l'Œsophage
La dysfonction du sphincter gastro-œsophagien peut provoquer un reflux de sécrétions acides de l'estomac, entraînant des inflammations chroniques (œsophagite de reflux), des ulcérations, et des difficultés de déglutition (dysphagie) [Source 26]. Une exposition chronique peut entraîner une métaplasie (transformation en épithélium de type intestinal) appelée muqueuse de Barrett, qui peut évoluer vers des structures néoplasiques [Source 26]. Une hernie hiatale est une cause fréquente de reflux œsophagien [Source 26].
L'Estomac
L'estomac, situé entre l'œsophage et le duodénum, est une poche capable de s'étendre jusqu'à 3 litres [Source 27]. Sa fonction est d'homogénéiser la nourriture, d'initier sa digestion et de la délivrer au duodénum sous forme de chyme [Source 27].
Anatomie Régionale de l'Estomac
L'estomac comprend les régions suivantes [Source 28] :
Le Cardia (jonction avec l'œsophage).
Le Fundus (partie supérieure dilatée).
Le Corps (partie principale).
Le Pylore, subdivisé en : antre pylorique, canal pylorique et sphincter pylorique [Source 28].
Lorsque vide, la muqueuse présente des replis appelés rugae [Source 27].
Histologie de l'Estomac
La muqueuse gastrique est caractérisée par son épithélium de surface qui s'invagine pour former des fovéoles (cryptes), se prolongeant en glandes tubuleuses [Source 30]. La structure de la muqueuse varie selon les régions [Source 29] :
Glandes Cardiales (Cardia)
Les cryptes sont espacées et parallèles, prolongeant des glandes tubuleuses ramifiées [Source 31]. La muqueuse est de faible hauteur (0,3 mm), avec la zone basale occupant 50% de sa hauteur [Source 31].
Surface et isthme : Cellules muqueuses de surface.
Glandes cardiales : Cellules muqueuses du cardia, quelques cellules pariétales, cellules souches [Source 32]. Le mucus produit est basique et protège le bas œsophage du reflux acide [Source 59].
Glandes Fundiques (Corps et Fundus)
Les cryptes sont serrées, parallèles, se prolongeant par des glandes tubuleuses simples ou ramifiées très serrées, donnant un aspect compact à la muqueuse [Source 34]. La hauteur de la muqueuse est de 1 à 1,5 mm, et la zone basale occupe 4/5 de la hauteur [Source 34]. Le chorion est peu développé [Source 34].
Surface : Cellules muqueuses de surface.
Collet : Cellules mucoïdes du collet, quelques cellules bordantes (pariétales), cellules souches [Source 35].
Zone basale : Cellules bordantes (pariétales) plus abondantes dans la partie supérieure de la glande, cellules principales (zymogènes) plus abondantes dans la partie inférieure, cellules entéroendocrines (argentaffines), cellules souches [Source 35].
Glandes Pyloriques (Pylore)
Les cryptes sont largement espacées, souvent divisées et prolongées par des glandes tubuleuses ramifiées et entrecroisées [Source 37]. La hauteur de la muqueuse est de 0,4 à 0,5 mm, et la zone basale n'occupe qu'un tiers profond [Source 37]. Le chorion est visible et la muscularis est épaisse, donnant un aspect festonné (en "chou-fleur") [Source 37].
Surface et isthme : Cellules muqueuses de surface.
Glandes pyloriques : Cellules muqueuses du pylore (synthèse de lysozyme), rares cellules pariétales, cellules argentaffines (gastrine), cellules souches [Source 38]. Le mucus basique tamponne partiellement le chyle avant son passage dans le duodénum [Source 59].
Types Cellulaires Spécifiques de la Muqueuse Gastrique
Cellules muqueuses de surface : Cellules cylindriques avec de nombreux granules de mucus dans le pôle apical, sécrétant en continu [Source 40]. Elles produisent des glycoprotéines et des mucopolysaccharides neutres formant un film protecteur. Ces cellules contiennent de l'anhydrase carbonique et produisent de l'HCO, qui est sécrété côté luminal pour maintenir un pH d'environ 7 dans le mucus, protégeant l'épithélium de l'acide chlorhydrique gastrique (pH 1,5) [Source 40].
Cellules mucoïdes du collet : Cellules pyramidales plus petites, produisant des glycoprotéines et des mucopolysaccharides acides qui lubrifient les cellules glandulaires [Source 44].
Cellules souches : Petites et indifférenciées, elles se divisent activement et peuvent donner naissance à tous les types de cellules épithéliales gastriques [Source 45, 47]. Le renouvellement de l'épithélium de surface est d'environ 3-4 jours [Source 45].
Cellules bordantes (pariétales/oxyntiques) : Grosses cellules ovales riche en mitochondries et en REL, avec des invaginations profondes de la membrane plasmique (canalicules intracellulaires) [Source 48]. Elles possèdent de nombreuses pompes ioniques et canaux transmembranaires (pompes à protons, Na/K ATPase, H/K ATPase, Cl) [Source 48]. Elles produisent l'HCl de l'estomac et le facteur intrinsèque (glycoprotéine) essentiel à l'absorption de la Vitamine B12. Une carence en facteur intrinsèque (comme dans la gastrite auto-immune) entraîne une anémie pernicieuse [Source 48].
Cellules principales (zymogènes) : Cellules cylindriques avec REG et Golgi très développés, remplies de granules de zymogène (pôle apical) [Source 55]. Elles sécrètent le pepsinogène (proenzyme inactive convertie en pepsine par le pH acide, digérant les protéines) et la chymosine (rennine, coagulant les protéines du lait) [Source 56].
Cellules entéroendocrines (argentaffines) : Présentent une polarité inversée (sécrétion vers le pôle basal) [Source 60]. Elles font partie du Système Neuro-Endocrine Diffus (DNES) et produisent des hormones polypeptidiques comme la gastrine, la sécrétine, la cholécystokinine, la motiline, l'histamine, etc. [Source 62]. Ces hormones régulent le métabolisme de l'eau et des ions, les sécrétions enzymatiques, la motilité, la croissance de la muqueuse et la production d'autres hormones [Source 62]. L'hypergastrinémie peut entraîner une hypersécrétion acide, des gastrites et des ulcères (ex: syndrome de Zollinger-Ellison) [Source 65].
Mécanisme de Production de l'HCl par les Cellules Pariétales
Diffusion du CO sanguin dans les cellules bordantes [Source 53].
Action de l'anhydrase carbonique libérant H [Source 53].
Transport actif de Cl dans les cellules bordantes [Source 53].
H et Cl sont transportés vers les canalicules et sécrétés dans la lumière par des pompes ioniques [Source 53].
HCO diffuse passivement vers le sang, puis vers les cellules muqueuses de surface pour la production de mucus alcalin [Source 53].
La production d'HCl est stimulée par la gastrine, l'acétylcholine et l'histamine, et inhibée par la somatostatine [Source 53].
Autres Couches de l'Estomac
Chorion : Réduit dans le corps et le fundus, plus développé dans le cardia et le pylore. Contient fibroblastes, polynucléaires et lymphocytes (parfois en nodules lymphoïdes) [Source 68].
Muscularis mucosae : Fine dans le corps et le fundus, épaissie dans le cardia et le pylore où elle se compose de trois couches (longitudinale interne, circulaire moyenne, longitudinale externe) [Source 69, 70]. Ses contractions favorisent l'expulsion des sécrétions [Source 69].
Sous-muqueuse : Épaisse, conjonctif dense irrégulier, contient vaisseaux sanguins et lymphatiques, ainsi que le plexus de Meissner [Source 71].
Musculeuse : Comprend trois couches de muscle lisse: oblique interne (corps et fundus), circulaire moyenne (très développée aux sphincters), longitudinale externe [Source 72]. Le plexus d'Auerbach est entre les couches musculaires [Source 72].
Séreuse : Conjonctif très fin recouvert du péritoine (grand épiploon) [Source 73].
Fonctions de l'Estomac
Réservoir du bol alimentaire (volume extensible jusqu'à 3 litres) [Source 76].
Achève la fragmentation mécanique (musculature stomacale développée).
Débute la digestion enzymatique des protéines (rôle de la pepsine).
Coagulation des protéines du lait (rôle de la chymosine).
Production du facteur intrinsèque pour l'absorption de la Vitamine B12.
Premier site d'absorption directe de l'eau, des ions, du glucose et de certaines substances pharmacologiques (ex: aspirine) [Source 76].
Rôle endocrine/paracrine (cellules argentaffines du DNES) [Source 76].
Pathologies de l'Estomac
Ulcères gastriques : Érosion ou perforation de la muqueuse, exposant les tissus sous-jacents aux sucs gastriques [Source 77]. Peut être causée par ingestion d'objets ou de substances irritantes (alcool, caféine) [Source 77].
Helicobacter pylori : Bactérie flagellée colonisant le mucus gastrique, produisant de l'ammoniaque pour élever le pH local et des protéases qui dégradent les cellules (ulcères peptiques) [Source 78]. Associée aux ulcères peptiques et aux adénocarcinomes gastriques [Source 78].
L'Intestin Grêle
L'intestin grêle est un tube de 6-7 mètres de long reliant le pylore au côlon, composé du duodénum, du jéjunum et de l'iléon [Source 80]. Il est spécialisé dans l'absorption et la digestion des aliments grâce aux enzymes intestinales, pancréatiques et hépatiques [Source 80].
Amplification de la Surface d'Absorption
L'intestin grêle amplifie sa surface d'absorption (jusqu'à 200 m) à plusieurs niveaux [Source 81] :
Nombreuses anses intestinales.
Plissements circulaires de la sous-muqueuse : valvules conniventes de Kerkring ou plica circulares (multiplient par 3 la surface, surtout visibles dans le jéjunum, s'estompent dans l'iléon) [Source 81].
Plissement de l'épithélium de la muqueuse : villosités intestinales (multiplient par 10 la surface) [Source 81].
Microvillosités des entérocytes (bordure en brosse / plateau strié, multiplient par 600 la surface) [Source 81].
Histologie de l'Intestin Grêle
Muqueuse
Elle est formée par les villosités intestinales et les glandes de Lieberkühn [Source 82]. L'épithélium de revêtement est prismatique simple, reposant sur une membrane basale [Source 82].
Épithélium des Villosités
Il comprend deux types cellulaires principaux [Source 85] :
Entérocytes : Cellules prismatiques simples (25 µm de haut) avec de nombreuses microvillosités apicales et un cell coat abondant (environ 3000 microvillosités/cellule, 200 millions/mm) [Source 85]. Ils sont reliés par des complexes de jonctions importants. Les entérocytes absorbent les glucides, acides aminés, lipides, vitamines et ions, et contiennent de nombreux enzymes [Source 85].
Cellules caliciformes : Cellules à pôle muqueux ouvert, moins nombreuses que les entérocytes, mais leur proportion augmente vers le côlon [Source 85, 96]. Elles sécrètent continuellement du mucus formant un gel protecteur à la surface épithéliale [Source 96].
Cellules argentaffines (entéroendocrines) : Peu nombreuses dans les villosités [Source 96].
Glandes de Lieberkühn
Ce sont des invaginations de l'épithélium en continuité avec les villosités [Source 98]. Elles contiennent [Source 98] :
Entérocytes et Cellules caliciformes.
Cellules indifférenciées (cellules souches) : Les plus abondantes, elles se divisent activement par mitose et se différencient en différents types cellulaires [Source 99]. Elles migrent vers la villosité (mécanisme de "tapis roulant") et meurent par apoptose à l'apex, renouvelant entièrement l'épithélium intestinal tous les 2 à 5 jours [Source 99].
Cellules de Paneth : Groupées par petits amas au fond des glandes, elles synthétisent des protéines antimicrobiennes (lysozyme, défensines), des facteurs de croissance (EGF) et le TNF pro-inflammatoire [Source 99].
Cellules du DNES (entérochromaffines) : Sécrètent des hormones régulatrices [Source 98, 102].
Cellules M à cholécystokinine (CCK) : stimulent la sécrétion de bile et d'enzymes pancréatiques, inhibent la gastrine [Source 102].
Cellules D à somatostatine : inhibent la production d'HCl [Source 102].
Cellules S à sécrétine : augmentent la sécrétion de bicarbonate par le pancréas et de mucus basique par les glandes de Brünner [Source 102].
Chorion de l'intestin grêle
Il forme l'axe des villosités et contient le chylifère central (capillaire lymphatique borgne), des artérioles et un réseau capillaire dense [Source 104]. Il renferme des macrophages, polynucléaires et lymphocytes, pouvant s'organiser en follicules lymphoïdes (plaques de Peyer, surtout dans l'iléon) [Source 104]. Il contient des terminaisons nerveuses du plexus de Meissner [Source 104].
Muscularis mucosae de l'intestin grêle
Base de la muqueuse, formée de deux fines couches de muscle lisse (circulaire interne et longitudinale externe) [Source 105]. Elle émet des prolongements musculaires dans l'axe de la villosité [Source 105].
Sous-muqueuse de l'intestin grêle
Forme l'axe des valvules conniventes. Riche en vaisseaux sanguins et lymphatiques, et contient les éléments nerveux du plexus de Meissner [Source 107].
Duodénum : Contient les glandes de Brünner, invadant toute la sous-muqueuse et la partie basale du chorion [Source 107]. Ces glandes tubuleuses produisent un mucus alcalin pour neutraliser l'acidité du chyme gastrique et des facteurs de croissance (EGF) stimulant la prolifération des entérocytes [Source 107, 109].
Jéjunum et Iléon : Dépourvue de glandes de Brünner [Source 108].
Musculeuse de l'intestin grêle
Comprend une couche circulaire interne épaisse et une strate longitudinale externe plus mince [Source 110, 111]. Leurs contractions alternées contrôlent le mouvement du bol alimentaire (trituration et péristaltisme) sous le contrôle du plexus nerveux d'Auerbach [Source 110].
Séreuse
Recouvre l'intestin grêle, comme dans l'estomac.
Fonctions d'Absorption de l'Intestin Grêle
L'absorption est la fonction principale des entérocytes et est liée aux propriétés de leur membrane microvilleuse [Source 89].
Équilibre hydro-électrolytique : Assuré par l'absorption d'eau liée à l'absorption de Na (et Cl) et de glucose (co-transport Na/glucose) [Source 89].
Glucides : L'amidon est digéré par les amylases salivaires et pancréatiques. Les disaccharides (maltose, saccharose, lactose) sont hydrolysés par des oligosaccharidases des microvillosités. Les sucres simples (hexoses) entrent dans l'entérocyte et passent dans le sang [Source 91]. La cellulose n'est pas digérée [Source 91].
Protéines : Digestion débutée dans l'estomac par la pepsine, poursuivie dans l'intestin par les enzymes pancréatiques (trypsine, chymotrypsine, élastase, carboxypeptidase) [Source 92]. L'entérokinase et les aminopeptidases des microvillosités dégradent les oligopeptides en di- et tripeptides, puis en acides aminés qui rejoignent la circulation sanguine [Source 92].
Lipides : Triglycérides émulsionnés par les sels biliaires et hydrolysés en acides gras et monoglycérides par la lipase pancréatique [Source 94]. Ces éléments forment des micelles qui diffusent dans les microvillosités des entérocytes [Source 94, 95]. À l'intérieur, ils sont estérifiés en triglycérides dans le REL, puis convertis en chylomicrons (complexes lipides-protéines) dans le Golgi, et libérés dans les chylifères centraux (vaisseaux lymphatiques) [Source 94, 95].
Ions et Vitamines : Le Ca est absorbé activement sous le contrôle de la parathormone et de la vitamine D3 [Source 96]. Le fer, phosphate, iode, cuivre, et toutes les vitamines sont également absorbés activement [Source 96].
Différences Régionales de l'Intestin Grêle
Duodénum : Caractérisé par les glandes de Brünner dans la sous-muqueuse [Source 114, 116].
Jéjunum : Présente de hautes valvules conniventes et des villosités très développées, avec de nombreux entérocytes et peu de cellules caliciformes [Source 114, 116].
Iléon : Dépourvu de valvules, villosités plus courtes et trapues, épithélium plus riche en cellules caliciformes, et présence de plaques de Peyer (nodules lymphoïdes) [Source 114, 116].
Système Immunitaire des Muqueuses Intestinales
Les muqueuses du tube digestif constituent une énorme surface (env. 400 m) et sont dotées d'un système immunitaire spécifique (GALT) comprenant 80% des cellules immunitaires de l'organisme [Source 117]. Ce système doit faire la distinction entre pathogènes et flore commensale [Source 117].
Cellules M (Microfolds) : Dispersées parmi les entérocytes, elles captent les antigènes et les transfèrent aux macrophages et lymphocytes T helper [Source 117, 124].
Plaques de Peyer : Follicules lymphoïdes majeurs du GALT, localisés dans le chorion et la sous-muqueuse, surtout dans l'iléon et le côlon [Source 124]. Les lymphocytes B activés dans ces centres germinatifs migrent et se différencient en plasmatocytes producteurs d'IgA [Source 124].
Immunoglobulines A (IgA) : Synthétisées par les plasmatocytes [Source 120]. Elles sont transportées à travers les cellules épithéliales par transcytose et empêchent la pénétration des pathogènes en les agglutinant et en les retenant dans les sécrétions (immuno-exclusion) [Source 118, 120].
Cellules de Paneth : Avec leur activité bactéricide (lysozyme, défensines), elles contribuent à la protection [Source 121].
Flore intestinale symbiotique : Protège également contre les organismes pathogènes [Source 121].
Pathologie connexe
La maladie de Crohn est une inflammation chronique du tube digestif (souvent iléon distal et gros intestin), d'origine auto-immune, provoquant douleurs abdominales, diarrhées et ulcères [Source 126].
Le Gros Intestin
Le gros intestin prolonge l'intestin grêle jusqu'au rectum (1,3 m de long) [Source 127]. Il comprend le caecum (+ appendice), le côlon (ascendant, transverse, descendant, sigmoïde), le rectum, le canal anal et l'anus [Source 127]. Sa fonction majeure est l'absorption de l'eau, du Na, des vitamines et des minéraux [Source 128].
Histologie du Gros Intestin
Muqueuse : Absence de valvules et de villosités [Source 129]. Présence de glandes de Lieberkühn profondes (0,5 à 0,7 mm) [Source 129].
Épithélium : Nombreuses cellules caliciformes, peu d'entérocytes (cellules absorbantes) [Source 129, 130]. Les entérocytes absorbent activement le Na (sous contrôle des minéralocorticoïdes) et l'eau [Source 129].
Glandes de Lieberkühn : Principalement formées de cellules caliciformes. Le fond contient des cellules souches, entéroendocrines et quelques cellules de Paneth [Source 129].
Chorion : Contient des follicules lymphoïdes (plaques de Peyer) [Source 129].
Sous-muqueuse : Similaire à celle de l'intestin grêle, sans glandes, mais avec des plaques de Peyer [Source 131].
Musculeuse : Deux couches [Source 132].
Couche circulaire interne bien développée.
Couche longitudinale externe discontinue, formant trois faisceaux appelés bandelettes coliques (taeniae coli) [Source 132, 133].
Fonctions du Gros Intestin
Digestion : Dégradation des matières non digérées par la flore bactérienne colique, produisant des gaz (H, CO, CH) [Source 134].
Absorption : Réabsorption essentielle d'eau et d'ions pour l'équilibre hydro-électrolytique, transformant les résidus en fèces semi-solides [Source 134]. Absorption de médicaments (anesthésiques, stéroïdes) par voie rectale [Source 134].
Sécrétion : Production de mucus pour protéger la paroi et faciliter le mouvement des fèces [Source 134].
Motricité : Brassage et propulsion des matières fécales vers le rectum [Source 134].
Appendice
Diverticule du caecum, avec une lumière étroite et tortueuse, moins de glandes de Lieberkühn que le côlon [Source 135]. Le chorion est riche en follicules lymphoïdes débordant dans la sous-muqueuse, rendant la muscularis mucosae discontinue [Source 135].
Rectum et Canal Anal
Rectum : Partie terminale du gros intestin, muqueuse épaisse avec glandes de Lieberkühn bien développées qui disparaissent au niveau du canal anal [Source 136].
Canal anal : Divisé en trois zones [Source 137, 140, 141, 142].
Zone anorectale : Disparition des glandes de Lieberkühn, épithélium stratifié non kératinisé. La muscularis mucosae est réduite, formant les colonnes de Morgagni. Le chorion se confond avec la sous-muqueuse et contient le plexus hémorroïdal interne. Le sphincter anal interne est formé par l'épaississement de la musculeuse interne.
Zone anocutanée : Kératinisation progressive, absence de follicules pileux et de glandes sudoripares. Le sphincter anal externe est strié.
Marge anale : Zone cutanée riche en mélanocytes, épithélium pluristratifié kératinisé avec glandes anales et follicules pileux.
Pathologies du Gros Intestin
Maladie de Hirschsprung (mégacôlon congénital) : Absence de ganglions nerveux au niveau du rectum due à une mutation empêchant la migration et la différenciation des cellules des crêtes neurales [Source 145]. Entraîne des troubles de la motricité, difficultés de défécation et distension abdominale [Source 145].
Maladie de Chagas : Affection parasitaire qui a un effet toxique sur certains ganglions nerveux (œsophage, côlon), entraînant un manque de coordination des contractions musculaires et la formation de mégaœsophages et de mégacôlons [Source 146].
Amibiase : Infection parasitaire causant des nécroses de l'épithélium colo-rectal, entraînant des saignements et une diarrhée sévère pouvant aboutir à la déshydratation mortelle [Source 147].
Système Nerveux Entérique (SN Entérique)
Le tube digestif est innervé par le système nerveux autonome, comprenant des éléments extrinsèques (fibres sympathiques et parasympathiques via le nerf vague) et intrinsèques [Source 150].
Le SN entérique, intrinsèque au tube digestif, est composé de deux plexus nerveux [Source 150] :
Le plexus sous-muqueux de Meissner (dans la sous-muqueuse).
Le plexus myentérique d'Auerbach (entre les deux couches de la musculeuse).
Ces plexus contrôlent la motilité (péristaltisme) et les activités sécrétoires de chaque segment du TD, en interaction avec le DNES [Source 150].
Cellules Interstitielles de Cajal (ICC)
Les ICC forment un réseau tridimensionnel entre et dans les faisceaux de fibres musculaires lisses [Source 152]. Elles sont considérées comme les pacemakers de la fréquence des contractions musculaires dans l'estomac, l'intestin et le côlon [Source 152].
Caractéristiques des ICC [Source 153] :
Nombreuses mitochondries.
Absence de filaments de myosine.
Contacts synaptiques avec les nerfs entériques qui modulent leur activité pacemaker.
Jonctions GAP les reliant aux cellules musculaires lisses.
Réflexes du Tube Digestif
Des mécanorécepteurs et chimiorécepteurs dans la paroi du TD sont stimulés par l'étirement, l'osmolarité, le pH, ou les produits de digestion [Source 149]. L'activation de ces récepteurs déclenche des réflexes [Source 149] :
Réflexes longs : Impliquent le SNC et le système nerveux autonome.
Réflexes courts : Activent le système nerveux entérique.
Points Clés à Retenir
Le tube digestif réalise l'ingestion, la propulsion, la fragmentation mécanique, la digestion chimique, l'absorption et la défécation.
Sa paroi est organisée en muqueuse, sous-muqueuse, musculeuse et adventice/séreuse, dont les structures varient selon les organes.
L'œsophage assure le transport et la protection contre le reflux.
L'estomac mélange les aliments, initie la digestion des protéines et produit un mucus protecteur.
L'intestin grêle est le site principal d'absorption, avec une surface amplifiée par les valvules conniventes, les villosités et les microvillosités.
Le gros intestin absorbe principalement l'eau et les électrolytes, jouant un rôle crucial dans l'équilibre hydrique.
Le système nerveux entérique, avec les plexus de Meissner et d'Auerbach, et les cellules de Cajal, assure la motilité et la régulation des sécrétions.
Le GALT (système immunitaire associé aux muqueuses) protège l'intestin des pathogènes tout en tolérant les antigènes alimentaires et la flore commensale.
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