chap 1 Relations hôte-bactérie et virulence
20 carteExploration des différentes relations hôte-bactérie, des mécanismes de virulence et des interactions avec le système immunitaire.
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Relation Hôte-Bactérie
Ce document explore les diverses interactions entre les bactéries et leur hôte, les mécanismes de défense de l'hôte et les stratégies de pathogénicité bactérienne, ainsi que la progression des maladies infectieuses.
I. Les différentes relations hôte-bactérie
Les bactéries entretiennent des relations variées avec leur environnement et leurs hôtes, allant de la coexistence pacifique à l'agression pathologique.
1. Bactéries saprophytes
Capables de vivre librement dans les milieux naturels.
Se nourrissent de matières organiques inertes (pas vivant).
Exemples : bactéries environnementales, bactéries du microbiote humain (qui peuvent devenir pathogènes dans certaines conditions).
Exemples courants : E. Coli, S. aureus.
2. Bactéries symbiotiques
La symbiose est une association physique indispensable entre deux espèces différentes (endo- ou ecto-symbiose).
Mutualisme : Bénéfice réciproque pour les deux espèces.
Commensalisme : La bactérie tire profit de son hôte sans lui causer de dommage (ex: flore cutanée).
Parasitisme : La bactérie porte atteinte à son hôte, pouvant provoquer une maladie.
3. Bactéries pathogènes
Une bactérie pathogène est capable de provoquer une infection, entraînant des manifestations cliniques ou biologiques.
Pathogènes spécifiques : Responsables d'une maladie définie et toujours identique (ex: botulisme, tuberculose).
Pathogènes opportunistes : Normalement non pathogènes, mais peuvent le devenir en cas de :
Déséquilibre de la flore normale.
Affaiblissement des défenses de l'hôte (ex: immunodéprimés, corticothérapie).
Migration vers un autre territoire corporel.
4. Pouvoir pathogène et virulence
Pouvoir pathogène : Notion qualitative. Capacité à provoquer une infection (oui ou non).
Virulence : Notion quantitative. mesure l'intensité du pouvoir pathogène, est déterminée par des facteurs génétiques (souvent portés par les plasmides bactériens, parfois par les chromosomes).
Trois caractéristiques : pouvoir invasif (capacité à se répandre), infectieux (créer un foyer pathogène) et toxinogène (capacité à produire des toxines).
La virulence est mesurée expérimentalement par la Dose Létale 50 (DL).
II. Interactions système immunitaire-bactéries
L'issue d'une infection dépend de l'équilibre entre les facteurs bactériens et la réponse de l'hôte.
1. Facteurs influençant le développement d'une infection
Facteurs liés à la bactérie :
Dose infectante.
Rapidité de croissance.
Facteurs de virulence.
Facteurs liés à l'hôte :
Facteurs génétiques.
Facteurs environnementaux.
Ces interactions mènent à la mise en place d'une défense antimicrobienne.
2. Réponse antimicrobienne non spécifique (innée)
Cette réponse est toujours antérieure/avant à la réponse spécifique et est indépendante du micro-organisme infectant. Elle s'oppose à la pénétration, à la persistance et à la multiplication des agents infectieux.
Barrières anatomiques : Protection mécanique, chimique et biologique.
Réaction inflammatoire : Localisée, elle implique les polynucléaires puis les macrophages pour la phagocytose des micro-organismes.
Cytokines et facteurs plasmatiques : À l'origine de la fièvre et des troubles métaboliques (premiers symptômes), visant à induire la lyse bactérienne, assistés par les cellules "natural killer".
Cette défense est efficace contre les bactéries non pathogènes, mais insuffisante contre les pathogènes.
3. Réponse antimicrobienne spécifique (adaptative)
Cette réponse dépend d'un antigène, c'est-à-dire d'un agent pathogène spécifique.
Réponse humorale (= immunité par production d'anticorps) :
Neutralisation des exotoxines bactériennes.
Rôle dans la phagocytose, facilitée par les macrophages.--> Lyse bactérienne.
Immunité locale dépendante du site d'infection.
Immunité à médiation cellulaire :
Activation des macrophages et des lymphocytes T.
Amplification de la réaction inflammatoire.
III. Pouvoir pathogène lié aux bactéries
1. Généralités
a) Caractéristiques des facteurs de pathogénicité
Nombreux et variés, ils sont dirigés contre les moyens de défense de l'hôte cad que la bactérie ne va pas produire plus de facteurs si l'hôte ne se défend pas.
Leur production est conditionnée et induite en réponse aux défenses de l'hôte.
Ils sont caractéristiques d'une espèce bactérienne donnée, leur fréquence dépend de leur propriété.
Grande variété moléculaire.
Souvent regroupés dans des "îlots de pathogénicité".
b) Types de facteurs de pathogénicité
Ces facteurs sont classés en fonction de leur rôle dans le processus infectieux :
Pouvoir de colonisation, d'invasion et de multiplication (nécessite la présence de la bactérie) :
Facteurs d'adhésion et d'invasion.
Système de captation du fer.
Enzymes extracellulaires.
Capsule.
Pouvoir toxinogène : Endotoxines ou exotoxines. Les toxines seules peuvent produire une infection (intoxication) --> d'ou l'intérêt pour la bactérie d'en produire.
c) Comportement des bactéries change
Le comportement bactérien varie en fonction des facteurs de pathogénicité exprimés :
Multiplication locale et synthèse de toxines.
Envahissement de la muqueuse.
Dissémination dans l'organisme (sanguine ou lymphatique), pouvant conduire à une infection généralisée.
2. Facteurs d'envahissement
a) Facteurs d'adhésion
L'adhésion est une étape cruciale pour le pouvoir pathogène, permettant à la bactérie de se fixer aux cellules épithéliales de la muqueuse et d'éviter l'élimination.
Mécanisme de l'adhésion :
Les adhésines (facteurs d'adhésion) sont situées à la surface de la bactérie.
Les récepteurs aux adhésines sont situés à la surface de la cellule hôte.
Adhésines fimbriales : Facteurs d'adhésion filamenteux (pili ou fimbriae).
Plusieurs centaines par bactérie, répartis sur toute la surface.
Récepteurs cellulaires : glycoprotéines, glycolipides. --> gram -
Adhésines non fimbriales : Facteurs d'adhésion non filamenteux.
Protéines AFA : Adhésines Afa, M hémagglutinine (récepteur DAF cad pas d'adhésion sans ce récepteur).
Fibronectines (via intégrines).
Internalines, invasines, intimines. --> gram - et gram +
Adhésines spécifiques des bactéries Gram+ : Acides téichoïques et lipotéichoïques.
Capsules et slimes --> Interactions faibles mais nombreuses. --> gram - et gram +
Les biofilms présentent une forte adhésion aux surfaces et sont problématiques en milieu hospitalier et industriel. --> gram - et gram +
b) Facteurs de colonisation
Les bactéries développent des stratégies pour concurrencer la flore commensale et résister aux mécanismes de défense de l'hôte afin de coloniser les tissus.
Production de substances inhibitrices.
Captation du fer (croissance).
Production d'IgA protéases.
Production de structures permettant l'agrégation des bactéries entre elles (colonie).
c) Facteurs d'invasion et de multiplication intracellulaire (2 types de multiplication)
Multiplication extracellulaire : Le pouvoir pathogène est lié au contact cellulaire (cad sans contact, la cellule n'est pas infecté) ou à la sécrétion de toxines.
Multiplication intracellulaire (invasion) :
Vie intravacuolaire ou intracytosolique.
Parasites obligatoires ou facultatifs.
Cellules cibles des bactéries à multiplication intracellulaire :
Cellules
Bactéries
Macrophages
Legionella spp, Salmonella spp, Mycobactéries, Listeria monocytogenes
Cellules endothéliales
Listeria monocytogenes, Rickettsia spp, Coxiella spp, Brucella spp, Bartonella spp
Entérocytes (intestin)
Listeria monocytogenes, E. coli entéroinvasifs, Shigella spp
Cellules épithéliales conjonctivales & génitales
Chlamydia trachomatis
Cellules épithéliales respiratoires
Chlamydia pneumoniae, Chlamydia psittaci
Érythrocytes
Bartonella spp
Polynucléaires
Ehrlichia spp
Entrée dans la cellule :
Interaction étroite et spécifique entre invasine et intégrine, induisant une phagocytose par la cellule quoi qu’il arrive apres l’interaction entre intégrine et invasine.
Mécanisme déclencheur (Trigger mechanism ) : Induction d'une polymérisation de l'actine G cellulaire, formation de filaments d'actine F et de pseudopodes, entraînant l'ingestion de la bactérie par la cellule.
Mécanisme en fermeture éclair (Zipper mechanism) : Recouvrement de la bactérie par la cellule.
Régulation de la polymérisation de l'actine et des modifications du cytosquelette.
3. Enzymes extracellulaires
Ces enzymes jouent un rôle dans la virulence, le pouvoir invasif et la dissémination bactérienne. Elles sont souvent caractéristiques des espèces (surtout Gram+).
Activités diverses : thrombokinases, élastases, protéases, lipases, collagénases, estérases, hyaluronidases, catalases, coagulases, DNAse, etc.
4. Facteurs de résistance au système immunitaire
a) Résistance à la phagocytose par un macrophage
Capsule.
Protéines Yop : Produites par la bactérie, elles paralysent les cellules phagocytaires.
Échappement du phagosome : Lyse de la vacuole par production de toxines ou de protéines.
Protéines induisant l'apoptose.
b) Résistance au TNF- (facteur de nécrose tumorale)
Le TNF- est une cytokine produite par les macrophages activés,cytokine qui est impliquée dans la réponse immunitaire et dans l'inflammation contre la bactérie.
Inactivation de l'induction de la transcription du gène codant pour le TNF- par les protéines Yop P et Yop J.
c) Résistance à la réponse anticorps
Variation des antigènes de surface : Pour échapper à la reconnaissance immunitaire (ex: variations antigéniques de la flagelline, de la piline).
Fixation de protéines aux immunoglobulines : Ex: Protéine A de S. aureus.
Composés de surface mimant ceux de l'hôte : Non reconnus par le système immunitaire.
5. Pouvoir toxinogène
Une toxine est une molécule produite par la bactérie, responsable de signes cliniques et de lésions, parfois à distance du foyer infectieux. Une bactérie peut produire une ou plusieurs toxines, et leur présence seule suffit à induire la maladie (c une intoxication, et non infection).
Deux catégories de toxines :
Exotoxines : Produites pendant la croissance bactérienne et libérées.
Endotoxines : Uniquement chez les Gram-, la plus connue est le lipide A (LPS), fixée à la bactérie et libérée lors de sa lyse.
a) Les exotoxines
Caractéristiques :
Protéines solubles produites par bactéries Gram+ et Gram-.
Généralement libérées pendant la croissance bactérienne et pouvant migrer vers des tissus ou cellules cibles.
Thermolabiles.
Très toxiques même à faibles concentrations.
Associées à des maladies spécifiques (dont elles portent souvent le nom).
Non pyrogènes (donne pas de fièvre).
Intérêt en médecine.
Deux caractéristiques spécifiques:
Fortement immunogènes : Induisent la production d'anticorps neutralisants (antitoxines).
Inactivables par la chaleur ou des substances chimiques : Perte du pouvoir toxique mais conservation des propriétés antigéniques (anatoxines --> vaccin).
Structure des exotoxines : Modèle AB :
Sous-unité A : Sous-unité enzymatique, responsable de l'effet toxique.
Sous-unité B : Sous-unité fixatrice, responsable de la liaison aux récepteurs des cellules cibles (peut être une seule sous-unité B (structure AB) ou 5 B formant une structure AB5).
L'entrée dans la cellule se fait par formation de pores ou endocytose.
Classification des exotoxines selon le site affecté :
Neurotoxines : Tissus nerveux (Clostridium botulinum, Clostridium tetani, S. aureus, B. cereus).
Entérotoxines : Muqueuses intestinales (Vibrio cholerae, E. coli, Salmonella sp, Klebsiella sp).
Cytotoxines : Tout type de tissus (Shigella sp, S. aureus, Clostridium difficile).
Classification des exotoxines selon le mode d'action :
ADP-ribosylation : Inhibition de protéines cellulaires (toxine cholérique, toxine diphtérique, toxine coquelucheuse).
Activation de l'adénylate cyclase : Synthèse d'AMPc (toxine adénylate cyclase de Bordetella sp, ExoY de P. aeruginosa).
Autres modes d'action : Activité phospholipasique C (C. perfringens), formation de pores (S. pyogenes), glucosylation (toxines A et B de C. difficile).
Classification des exotoxines selon la relation structure-activité :
Toxines cytolytiques : Lyse des membranes cellulaires par formation de pores (leucocidines et hémolysines) ou par des phospholipases.
Superantigènes : Activation polyclonale des lymphocytes T, entraînant une réponse inflammatoire excessive (entérotoxines staphylococciques, TSST-1, toxines érythrogènes).
b) Les endotoxines
L'endotoxine est le LPS (Lipopolysaccharide).
Fixée à la bactérie, elle est libérée lors de sa lyse.
L'élément toxique est le lipide A.
Caractéristiques :
Thermostables.
Toxiques à des concentrations élevées.
Faiblement immunogènes.
Non spécifiques d'une maladie : responsables du choc endotoxinique.
Pyrogènes (fièvre).
6. Conservation, atténuation et exaltation de la virulence
Conservation : Maintien des caractères de virulence sans modification.
Méthodes : Inoculation à l'animal, congélation à -70°C ou -80°C, lyophilisation.
Atténuation : Perte de la capacité de virulence.
Peut être spontanée ou provoquée expérimentalement.
Exaltation : Augmentation de la virulence par passages répétés sur une espèce animale sensible.
IV. La maladie infectieuse
1. Déterminants de la maladie infectieuse
Pour induire une maladie, un agent pathogène doit être capable de :
Être transporté vers l'hôte.
Adhérer et coloniser ou envahir l'hôte.
Se multiplier à la surface ou à l'intérieur de l'hôte.
Échapper aux mécanismes de défense de l'hôte.
Posséder la capacité de nuire à l'hôte.
2. Les périodes d'une maladie infectieuse
Incubation | Invasion | Période d'état | Terminaison |
Période entre la contamination et l'apparition des symptômes. Pas d'immunité. | Signes et symptômes non spécifiques. Contagiosité maximale. Mise en place de l'immunité. | Phase sévère de la maladie. Signes et symptômes spécifiques. Réponse immune active. | Convalescence et guérison, complication ou rechute. |
3. Terminologie des maladies infectieuses
Maladie sporadique : Ne survenant qu'occasionnellement (ex: tétanos).
Maladie épidémique : Propagation rapide dans une zone ou une population donnée (ex: choléra).
Maladie pandémique : Dissémination à très grande échelle (ex: peste).
Maladie endémique : Permanente mais localisée (ex: fièvre typhoïde).
Maladie nosocomiale : Survenant en milieu hospitalier (ex: E. coli, S. aureus, P. aeruginosa).
4. Origine de l'agent infectieux
La source est le lieu à partir duquel l'agent pathogène peut être transmis à l'hôte, et le réservoir est le lieu où il peut se répliquer, = ou pas =. La contamination de l'hôte par l'agent pathogène est direct ou indirect (vecteur).
5. Modes de transmission à l'être humain
Aérosol : Microparticules inhalées ; nécessite la proximité entre le générateur et l'hôte récepteur (toux, éternuements, pulvérisations d'eau).
Contact :
Contact direct : contact interhumain (lésions cutanées, contact sexuel, placenta, baisers...).
Contact indirect : Objets contaminés.
Vecteurs :
Vecteur passif : Vecteur inanimé (aliments, eau).
Vecteur actif : Organisme vivant (transmission mécanique, hébergement ou biologique).
6. Pathogenèse
a) Infections localisées
Infections du tractus respiratoire : Bacille de Koch (inhalation de microgouttelettes lors de la toux).
Infections cutanées et cutanéo-muqueuses : S. aureus (infections suppuratives superficielles ou profondes).
Infections digestives : Shigella (ulcérations de la muqueuse intestinale et réaction inflammatoire).
Infections transplacentaires : Listeria monocytogenes (suite à une bactériémie maternelle après contamination digestive).
Infections hémato-méningées : Neisseria meningitidis (passage de la voie hématogène puis de la barrière hémato-méningée).
Infections conjonctivales : Pseudomonas aeruginosa (nécessite une effraction initiale, entraînant la destruction des tissus oculaires).
b) Infections généralisées
Infections par voie sanguine : S. aureus (diffusion hématogène possible vers des foyers d'infections secondaires).
Infections par voie nerveuse : Clostridium tetani (sécrétion d'une neurotoxine qui s'accumule dans la moelle épinière).
Infections par voie digestive : Listeria monocytogenes (franchissement de l'épithélium intestinal au niveau de l'intestin grêle).
7. Excrétion des micro-organismes
Les voies d'excrétion sont multiples :
Cutanée | Respiratoire | Fécale | Salivaire | Urinaire | Lacrymale | Génitale |
Sérosité, pus | Toux, éternuement | Selles, vomissement | Toux, parole, éternuement | Urines | Larmes | Exsudat urétral ou vaginal |
Description Détaillée des Relations Hôte-Bactérie et de la Pathogénicité Bactérienne
Cette note explore en profondeur les diverses interactions entre les bactéries et leurs hôtes, les mécanismes de défense de l'hôte, et les stratégies de virulence bactérienne. Elle détaille également les phases et la terminologie des maladies infectieuses ainsi que les modes de transmission.I- Les Différentes Relations Hôte-Bactérie
Il existe une multitude de façons dont les bactéries interagissent avec leur environnement et d'autres organismes, y compris les êtres humains. Ces relations peuvent être catégorisées en fonction de leur impact sur l'hôte.1. Bactéries Saprophytes
Les bactéries saprophytes sont des micro-organismes qui se nourrissent de matières organiques inertes. Elles représentent une composante essentielle des écosystèmes, participant activement à la décomposition et au recyclage des nutriments.- Habilitées à la vie libre: Ces bactéries peuvent survivre et se multiplier indépendamment dans des environnements naturels tels que le sol, l'eau et l'air.
- Nutrition: Elles tirent leur énergie et leurs nutriments de substances organiques mortes ou en décomposition.
- Exemples: Nombreuses bactéries environnementales.
- Rôle chez l'hôte: Certaines saprophytes sont aussi des hôtes habituels de l'homme, où elles constituent une partie de la microbiote normale sans causer de dommages dans des conditions physiologiques normales.
- Potentiel pathogène: Bien que généralement inoffensives, certaines peuvent devenir pathogènes sous certaines conditions. Par exemple, Escherichia coli (E. coli) et Staphylococcus aureus (S. aureus) sont des commensaux fréquents qui peuvent provoquer des infections graves si l'équilibre est perturbé ou si elles atteignent un site corporel stérile.
2. Bactéries Symbiotiques
La symbiose est une association physique étroite et indispensable entre deux espèces différentes, qui peut prendre plusieurs formes selon la nature de l'interaction.- Définition de la Symbiose: Une association où les deux organismes vivent en contact étroit, bénéficiant (ou non) l'un de l'autre. Elle peut être endosymbiose (un organisme vit à l'intérieur de l'autre) ou ectosymbiose (un organisme vit à l'extérieur de l'autre).
- Types de Symbiose:
- Mutualisme: Cette relation est caractérisée par un bénéfice réciproque pour les deux espèces. Par exemple, les bactéries du microbiote intestinal humain qui aident à la digestion des aliments et à la synthèse de vitamines, tandis que l'hôte leur fournit un environnement stable et des nutriments.
- Commensalisme: Dans ce type de symbiose, la bactérie tire profit de l'hôte sans l'affecter positivement ou négativement de manière significative. La flore cutanée, par exemple, utilise les ressources de la peau sans la perturber.
- Parasitisme: Il s'agit d'une relation où la bactérie (le parasite) porte atteinte à son hôte pour son propre bénéfice. C'est la relation qui se manifeste par l'apparition d'une maladie.
3. Bactéries Pathogènes
Une bactérie pathogène est capable de provoquer une infection, entraînant des manifestations cliniques (symptômes visibles) ou biologiques (altérations détectables par des analyses).- Pathogènes Spécifiques: Ces bactéries sont responsables d'une maladie bien définie et constante, présentant toujours les mêmes caractéristiques cliniques.
- Exemples:
- Clostridium botulinum, responsable du botulisme.
- Mycobacterium tuberculosis, agent de la tuberculose.
- Exemples:
- Pathogènes Opportunistes: Normalement non pathogènes, ces bactéries sont capables de le devenir dans certaines conditions favorables à leur virulence ou défavorables à l'hôte.
- Déséquilibre de la flore normale: Une perturbation du microbiote (par exemple, suite à un traitement antibiotique) peut permettre à ces bactéries de proliférer et de causer des infections.
- Affaiblissement des défenses de l'hôte: Les individus immunodéprimés (par exemple, personnes atteintes du SIDA, receveurs de greffes, patients sous corticothérapie prolongée ou chimiothérapie) sont particulièrement vulnérables.
- Migration dans un autre territoire: Une bactérie du microbiote intestinal, comme E. coli, devient pathogène si elle migre vers la voie urinaire et provoque une infection urinaire.
4. Pouvoir Pathogène et Virulence
Ces deux termes sont fondamentaux pour caractériser la capacité infectieuse d'une bactérie, mais ils ont des significations distinctes.- Pouvoir Pathogène (Notion Qualitative): C'est la capacité intrinsèque d'une bactérie à provoquer une maladie. Une bactérie est soit pathogène, soit non pathogène.
- Virulence (Notion Quantitative): Elle mesure l'intensité du pouvoir pathogène. C'est l'expression du potentiel nuisible de la bactérie, déterminée par des facteurs génétiques spécifiques.
- Caractéristiques de la Virulence:
- Pouvoir Invasif: Capacité de la bactérie à pénétrer et à se propager dans les tissus de l'hôte, et à y créer un foyer pathogène.
- Pouvoir Infectieux: Capacité de la bactérie à s'établir et à se multiplier dans l'organisme de l'hôte.
- Pouvoir Toxinogène: Capacité de la bactérie à produire des toxines qui endommagent l'hôte.
- Mesure Expérimentale: La virulence est souvent mesurée par la Dose Létale 50 () ou Dose Infectante 50 ().
- . Une faible indique une forte virulence, car seule une petite quantité de bactéries est nécessaire pour causer la mort ou l'infection chez la moitié des sujets testés.
- Localisation des gènes de virulence: Les gènes codant pour les facteurs de virulence peuvent être situés sur des chromosomes bactériens ou, plus fréquemment, sur des plasmides, de petits éléments d'ADN extrachromosomiques qui peuvent être facilement transférés entre bactéries. Cette facilité de transfert contribue à la propagation de la virulence.
- Caractéristiques de la Virulence:
II- Interactions Système Immunitaire-Bactéries
Le développement d'une infection et la réponse de l'hôte sont le résultat d'une interaction complexe entre la bactérie et le système immunitaire.1. Facteurs influençant le développement d'une infection
Plusieurs éléments, liés à la bactérie ou à l'hôte, déterminent la probabilité et la gravité d'une infection.- Facteurs liés à la bactérie:
- Dose infectante: La quantité de micro-organismes nécessaire pour initier une infection. Plus elle est faible, plus la bactérie est potentiellement infectieuse.
- Rapidité de croissance: Les bactéries se multipliant rapidement peuvent submerger les défenses de l'hôte plus efficacement.
- Facteurs de virulence: Les molécules et mécanismes permettant à la bactérie d'adhérer, d'envahir, d'échapper au système immunitaire et de provoquer des dommages (toxines, enzymes, capsule...).
- Facteurs liés à l'hôte:
- Facteurs génétiques: Prédispositions génétiques à certaines infections ou à une réponse immunitaire plus ou moins efficace.
- Facteurs environnementaux: Santé générale (nutrition, stress), âge, présence de maladies sous-jacentes (diabète, maladies chroniques), traumatismes, hygiène, conditions socio-économiques.
2. Réponse Antimicrobienne Non Spécifique (Innée)
Cette réponse constitue la première ligne de défense de l'organisme et agit de manière générale, indépendamment du type de micro-organisme. Elle précède toujours la réponse spécifique.- Barrières Anatomiques: Protection physique, chimique et biologique contre la pénétration des agents infectieux.
- Mécanique: Peau intacte, muqueuses, cils vibratiles (voies respiratoires).
- Chimique: pH acide de l'estomac et de la peau, enzymes (lysozyme dans les larmes et la salive), sécrétions muqueuses.
- Biologique: Microbiote commensal qui entre en compétition avec les pathogènes pour les nutriments et les sites d'adhérence.
- Réaction Inflammatoire: Une réponse locale rapide à une lésion tissulaire ou une infection. Elle implique:
- Polynucléaires: Notamment les neutrophiles, qui sont les premières cellules à arriver sur le site de l'infection.
- Macrophages: Cellules phagocytaires qui arrivent après les neutrophiles pour ingérer et digérer les micro-organismes et les débris cellulaires.
- Phagocytose: Processus par lequel les cellules immunitaires engloutissent et détruisent les bactéries.
- Cytokines et Facteurs Plasmatiques:
- Cytokines: Molécules de signalisation produites par les cellules immunitaires (ex: interleukines, interférons) qui régulent la réponse immunitaire et l'inflammation. Elles peuvent induire la fièvre (ex: IL-1, TNF-) et d'autres troubles métaboliques, constituant les premiers symptômes apparents de l'infection.
- Facteurs Plasmatiques: Système du complément, un ensemble de protéines plasmatiques qui, une fois activées, peut lyser directement les bactéries, opsoniser les pathogènes pour faciliter leur phagocytose, et attirer d'autres cellules immunitaires.
- Cellules "Natural Killer" (NK): Lymphocytes qui reconnaissent et tuent les cellules infectées par des virus ou des cellules tumorales, mais peuvent aussi contribuer à la lyse bactérienne, surtout en synergie avec les cytokines.
3. Réponse Antimicrobienne Spécifique (Adaptative)
Cette réponse est plus lente à se mettre en place mais est très puissante et développe une mémoire immunitaire. Elle est dépendante de l'identification d'antigènes spécifiques du pathogène.- Immunité Humorale (par production d'anticorps):
- Neutralisation des exotoxines bactériennes: Les anticorps (antitoxines) peuvent lier et inactiver les toxines bactériennes, les empêchant d'exercer leurs effets néfastes sur les cellules de l'hôte.
- Rôle dans la phagocytose: Les anticorps peuvent opsoniser les bactéries (les recouvrir), facilitant grandement leur reconnaissance et leur phagocytose par les macrophages et autres cellules phagocytaires.
- Lyse bactérienne: Les anticorps peuvent activer le système du complément, conduisant à la formation du complexe d'attaque membranaire qui perfore et lyse les bactéries.
- Immunité locale: La production d'anticorps IgA sur les surfaces muqueuses (intestin, voies respiratoires) est cruciale pour l'immunité au site d'infection.
- Immunité à Médiation Cellulaire:
- Activation des macrophages: Les lymphocytes T auxiliaires () activent les macrophages, augmentant leur capacité à tuer les bactéries intracellulaires.
- Activation des lymphocytes T cytotoxiques (): Ceux-ci reconnaissent et détruisent les cellules de l'hôte infectées par des bactéries intracellulaires, limitant ainsi la propagation de l'infection.
- Amplification de la réaction inflammatoire: Les lymphocytes T produisent des cytokines qui amplifient la réponse inflammatoire, recrutant davantage de cellules immunitaires sur le site d'infection.
III- Pouvoir Pathogène Lié aux Bactéries
Le pouvoir pathogène des bactéries est le résultat d'un arsenal sophistiqué de facteurs leur permettant de coloniser l'hôte, d'envahir ses tissus, de se multiplier et d'échapper à sa défense immunitaire.1. Généralités
Comprendre les caractéristiques générales des facteurs de pathogénicité est crucial.a) Caractéristiques des Facteurs de Pathogénicité
Ces facteurs sont des outils que les bactéries ont développés pour interagir avec l'hôte à leur avantage.- Nombreux et variés: Ils ciblent spécifiquement les mécanismes de défense de l'hôte.
- Production conditionnée et induite: Les bactéries ne produisent pas ces facteurs en permanence. Leur expression est souvent régulée et induite en réponse aux signaux de l'environnement de l'hôte ou aux tentatives de défense de ce dernier. Cela permet à la bactérie d'économiser de l'énergie.
- Caractéristiques d'une espèce bactérienne: Chaque espèce ou souche pathogène possède un ensemble spécifique de facteurs de virulence qui contribuent à sa pathogénicité particulière.
- Fréquence dépendante de la propriété: La fréquence d'une maladie peut être liée à la présence ou l'expression de certains facteurs de virulence.
- Grande variété moléculaire: Ces facteurs peuvent être des protéines, des lipides, des polysaccharides, etc., offrant une diversité de fonctions.
- Regroupés dans des "îlots de pathogénicité": Les gènes codant pour les facteurs de virulence sont souvent regroupés sur le chromosome bactérien ou sur des plasmides, formant des "îlots de pathogénicité". Ces îlots peuvent être acquis par transfert horizontal de gènes, permettant à des bactéries non pathogènes de devenir virulentes.
b) Types de Facteurs de Pathogénicité
Ces facteurs peuvent être classés selon leur rôle dans le processus infectieux.| Rôle dans le processus infectieux | Exemples de Facteurs | Description |
| Pouvoir de colonisation, d'invasion et de multiplication | Facteurs d'adhésion et d'invasion | Permettent à la bactérie de se fixer aux cellules de l'hôte, de pénétrer les tissus et de se propager. |
| Système de captation du fer | Le fer est un nutriment essentiel pour la croissance bactérienne. Les bactéries pathogènes développent des systèmes (sidérophores) pour voler le fer aux protéines de l'hôte (transferrine, lactoferrine). | |
| Enzymes (protéases, hyaluronidases) | Dégradent les tissus de l'hôte, facilitant la dissémination et la multiplication. | |
| Capsule | Couche polysaccharidique externe qui protège la bactérie de la phagocytose. | |
| Pouvoir toxinogène | Endotoxines | Partie de la paroi cellulaire des bactéries à Gram négatif (LPS) libérée lors de la lyse bactérienne, provoquant des effets systémiques. |
| Exotoxines | Protéines solubles sécrétées par les bactéries, agissant souvent à distance du site d'infection, très puissantes. |
c) Comportement des Bactéries Change
L'expression des facteurs de pathogénicité peut réguler le comportement global de l'infection.- Multiplication locale + synthèse de toxines: La bactérie peut se multiplier au site d'entrée et y produire des toxines qui agissent localement ou se disséminent.
- Envahissement de la muqueuse: La bactérie peut pénétrer les couches épithéliales.
- Dissémination dans l'organisme: Via le sang (bactériémie pouvant évoluer en septicémie) ou la lymphe, conduisant à une infection généralisée.
2. Facteurs d'Envahissement
Ces facteurs permettent aux bactéries de pénétrer l'hôte et de se propager.a) Facteurs d'Adhésion
L'adhésion est la première étape cruciale de toute infection, permettant à la bactérie de se fixer aux cellules de l'hôte et d'éviter d'être éliminée (par le flux urinaire, le péristaltisme intestinal, le mucus).- Mécanisme de l'Adhésion:
- Adhésines: Protéines ou glycoprotéines situées à la surface de la bactérie.
- Récepteurs aux adhésines: Molécules spécifiques (glycoprotéines, glycolipides) à la surface des cellules de l'hôte. L'adhésion est une interaction spécifique clé-serrure.
- Adhésines Fimbriales (Pili ou Fimbriae):
- Filaments protéiques rigides ou flexibles, présents par centaines sur la surface de nombreuses bactéries (principalement Gram-).
- Se lient à des glycoprotéines ou glycolipides spécifiques sur la surface des cellules hôtes.
- Exemple: Pili de type 1 d'E. coli fixant le mannose sur les cellules uro-épithéliales.
- Adhésines Non Fimbriales:
- Protéines d'adhésion non filamenteuses, présentes chez les bactéries Gram+ et Gram-.
- Protéines AFA (Adhesines Afa, M hémagglutinine): Se lient à des récepteurs comme le DAF (Decay-Accelerating Factor).
- Fibronectines: Des protéines de la matrice extracellulaire auxquelles certaines bactéries (ex: S. aureus) peuvent se lier via des intégrines cellulaires.
- Internalines, invasines et intimines: Protéines bactériennes qui interagissent avec des récepteurs cellulaires, déclenchant l'internalisation de la bactérie.
- Adhésines Spécifiques des Bactéries Gram+:
- Acides téichoïques et lipotéichoïques: Polymères de la paroi cellulaire des Gram+ qui peuvent servir de molécules d'adhésion.
- Capsules et Slimes: Couches polysaccharidiques externes qui, en plus de la protection, peuvent faciliter des interactions d'adhésion faibles mais nombreuses, contribuant à la formation de biofilms.
- Biofilms: Communautés bactériennes adhérentes à une surface et entourées d'une matrice extracellulaire polymérique.
- Forte adhésion: Les biofilms sont caractérisés par une forte adhésion aux surfaces (ex: cathéters, implants médicaux, dents).
- Problématiques en milieu hospitalier et industriel: Ils confèrent une résistance accrue aux antibiotiques et au système immunitaire, posant de graves problèmes dans les infections nosocomiales et la contamination industrielle.
- Concurrence avec la flore commensale: Les bactéries pathogènes doivent rivaliser avec le microbiote résident pour les nutriments et les sites d'adhérence.
- Résistance aux mécanismes de défense: Elles doivent également échapper à l'immunité innée et adaptative.
- Stratégies de colonisation:
- Production de substances inhibitrices: Certaines bactéries produisent des bactériocines ou d'autres composés qui inhibent la croissance d'espèces concurrentes.
- Captation du fer: Comme mentionné, les sidérophores sont essentiels pour l'acquisition du fer, limitant sa disponibilité pour l'hôte et les autres bactéries.
- Production d'IgA protéases: Enzymes qui clivent les immunoglobulines A (IgA) sécrétoires, une importante ligne de défense des muqueuses.
- Production de structures permettant l'agrégation: Facilitent la formation de microcolonies et de biofilms, augmentant la résistance.
- Types de Multiplication Bactérienne:
- Multiplication Extracellulaire: La plupart des bactéries se multiplient dans l'espace extracellulaire. Leur pouvoir pathogène est alors lié au contact cellulaire direct (adhésion, enzymes de surface) ou à la sécrétion de toxines.
- Multiplication Intracellulaire (Invasion): Certaines bactéries entrent dans les cellules hôtes pour se multiplier. Elles peuvent vivre de manière:
- Intravacuolaire: Dans des compartiments intracellulaires (phagosomes non fusionné, vacuoles). Ex: Legionella spp., Salmonella spp.
- Intracytosolique: Dans le cytoplasme de la cellule hôte après échappement des vacuoles. Ex: Listeria monocytogenes, Shigella spp.
- Parasites Obligatoires ou Facultatifs:
- Obligatoires: Ne peuvent se reproduire qu'à l'intérieur de cellules vivantes (ex: Chlamydia spp., Rickettsia spp.).
- Facultatifs: Peuvent se reproduire à l'intérieur ou à l'extérieur des cellules hôtes (ex: Listeria monocytogenes, Salmonella spp., Mycobacterium tuberculosis).
- Cellules Cibles des Bactéries à Multiplication Intracellulaire:
Cellules Bactéries Macrophages Legionella spp, Salmonella spp, Mycobactéries, Listeria monocytogenes Cellules endothéliales Listeria monocytogenes, Rickettsia spp, Coxiella spp, Brucella spp, Bartonella spp Entérocytes Listeria monocytogenes, E. coli entéroinvasifs, Shigella spp Cellules épithéliales conjonctivales & génitales Chlamydia trachomatis Cellules épithéliales respiratoires Chlamydia pneumoniae, Chlamydia psittaci Érythrocytes Bartonella spp Polynucléaires Ehrlichia spp - Mécanismes d'Entrée des Bactéries dans les Cellules:
L'entrée dans la cellule hôte est un processus actif orchestré par la bactérie, souvent en manipulant le cytosquelette de l'hôte.
- Interaction étroite et spécifique: Implique des protéines bactériennes appelées invasines qui interagissent avec des récepteurs cellulaires (souvent des intégrines).
- Phagocytose induite par la cellule: Suite à l'interaction invasine-intégrine, la cellule hôte est "trompée" et induit sa propre phagocytose de la bactérie.
- Induction d'une polymérisation de l'actine G cellulaire: L'interaction déclenche des signaux intracellulaires qui activent la polymérisation de l'actine G en filaments d'actine F.
- Formation de pseudopodes: Ces filaments d'actine remodèlent la membrane cellulaire, formant des extensions (pseudopodes) qui engloutissent la bactérie.
- Mécanisme de la fermeture éclair (Zipper mechanism): Caractéristique de Listeria monocytogenes. Les invasines bactériennes (Internalines) se lient aux intégrines de la cellule hôte, entraînant une "fermeture éclair" progressive de la membrane autour de la bactérie.
- Mécanisme par effet de gâchette (Trigger mechanism): Caractéristique de Salmonella Typhimurium. La bactérie injecte des protéines effectrices dans la cellule hôte via un système de sécrétion de type III, induisant des changements massifs et rapides dans le cytosquelette d'actine, provoquant la formation de grandes protubérances membranaires qui englobent la bactérie.
- Régulation de la polymérisation de l'actine et des modifications du cytosquelette: Le contrôle de ces processus est essentiel pour l'internalisation réussie des bactéries.
- Rôle dans la virulence: Ces enzymes augmentent le pouvoir invasif et la dissémination de la bactérie.
- Caractéristiques: Souvent spécifiques à l'espèce, fréquemment retrouvées chez les Gram positifs mais aussi chez les Gram négatifs.
- Activités diverses:
- Thrombokinases / Fibrinolysines (ex: staphylokinase, streptokinase): Dégradent le réseau de fibrine, aidant la bactérie à échapper aux caillots qui tentent de l'encercler.
- Élastases, Protéases, Lipases, Collagénases: Dégradent les protéines, lipides et collagène des tissus conjonctifs, facilitant la pénétration et la propagation.
- Estérases: Dégradent les esters.
- Hyaluronidases: "Facteur de dissémination", dégradent l'acide hyaluronique, composant majeur de la matrice extracellulaire, permettant à la bactérie de se frayer un chemin entre les cellules.
- Catalases: Neutralisent les espèces réactives de l'oxygène produites par les phagocytes.
- Coagulase (ex: S. aureus): Coagule le plasma sanguin, formant une enveloppe de fibrine autour de la bactérie, la protégeant de la phagocytose et de la réponse immunitaire.
- DNase: Dégrade l'ADN de l'hôte, potentiellement pour faciliter sa dissémination ou dégrader le NET (Neutrophil Extracellular Trap).
- Capsule: Couche polysaccharidique externe qui empêche la reconnaissance et l'ingestion par les phagocytes en rendant la surface bactérienne moins "collante" et en masquant les antigènes accessibles aux anticorps ou au complément.
- Protéines Yop (Yersinia spp.): Produits par la bactérie, ces protéines sont injectées dans les cellules phagocytaires et provoquent leur paralysie ou apoptose, empêchant la phagocytose.
- Échappement du phagosome: Certaines bactéries, une fois phagocytées, s'échappent du phagosome (la vésicule qui les contient) vers le cytoplasme de la cellule hôte, où elles sont protégées des enzymes lysosomales (ex: Listeria monocytogenes, Shigella spp.). Elles y parviennent en produisant des toxines (ex: listériolysine O pour Listeria) ou des protéines qui dégradent la membrane du phagosome.
- Protéines induisant l'apoptose: Certaines bactéries peuvent induire la mort programmée (apoptose) des cellules phagocytaires.
- Inactivation de l'induction de la transcription du gène codant pour le TNF-: Certaines bactéries peuvent bloquer la production de TNF- par les macrophages.
- Protéines Yop P et Yop J (Yersinia spp.): Ce sont des exemples de protéines qui interfèrent avec les voies de signalisation menant à la production de TNF-, réduisant ainsi la réponse inflammatoire de l'hôte.
- Variation des antigènes de surface: Les bactéries peuvent modifier leurs antigènes de surface (par recombinaison génétique ou mutation) pour échapper à la reconnaissance par les anticorps préexistants. Exemples:
- Variations antigéniques de flagelline: Protéine constitutive des flagelles.
- Variations antigéniques de piline: Protéine constitutive des pili.
- Fixation de protéines à des immunoglobulines: Certaines bactéries produisent des protéines capables de se lier à la partie Fc (fragment cristallisable) des anticorps de l'hôte (IgG), les empêchant de reconnaître et de cibler la bactérie.
- Exemple: Protéine A de S. aureus qui se lie au Fc des IgG, les orientant "à l'envers" et empêchant leur fonction d'opsonisation et de reconnaissance par les phagocytes.
- Composés de surface mimant ceux de l'hôte: Certaines bactéries incorporent des molécules similaires à celles de l'hôte dans leur propre surface (mimétisme moléculaire). Le système immunitaire de l'hôte ne les reconnaît alors pas comme étrangères, évitant une réponse immunitaire.
- Définition de la Toxine: Molécule bactérienne qui provoque des effets pathologiques, parfois à distance du foyer infectieux.
- Caractéristiques:
- Une bactérie peut produire une ou plusieurs toxines.
- La présence de la bactérie vivante n'est pas toujours obligatoire pour induire la maladie; la toxine seule peut suffire (cas des intoxications alimentaires où la toxine est ingérée sans la bactérie).
- Deux Catégories Principales de Toxines:
- Exotoxines: Protéines solubles sécrétées activement par la bactérie pendant sa croissance ou libérées lors de sa lyse.
- Endotoxines: Composants de la paroi cellulaire des bactéries à Gram négatif (le lipopolysaccharide, LPS) qui sont libérés principalement lorsque la bactérie meurt et se lyse. Le lipide A est la partie toxique du LPS.
- Caractéristiques Générales:
- Protéines solubles: Produites par des bactéries à Gram- et Gram+.
- Libérées pendant la croissance: Généralement sécrétées activement par la bactérie en vie.
- Transport à distance: Peuvent voyager du site d'infection vers d'autres tissus ou cellules cibles, expliquant des symptômes systémiques sans dissémination bactérienne.
- Thermolabiles: Sensibles à la chaleur, la plupart sont inactivées par des températures modérées.
- Très fortes toxicités: Actives à de très faibles concentrations.
- Associées à des maladies spécifiques: Souvent désignées par le nom de la maladie qu'elles causent (ex: toxine diphtérique, toxine cholérique).
- Non pyrogènes: Ne provoquent pas directement de fièvre (contrairement aux endotoxines).
- Intérêt en médecine: Leur spécificité et leur immunogénicité les rendent importantes pour le développement de vaccins (anatoxines).
- Deux Caractéristiques Spécifiques:
- Fortement Immunogènes: Provoquent une forte réponse immunitaire, entraînant la production d'anticorps neutralisants (antitoxines) qui peuvent bloquer l'action de la toxine.
- Inactivables en Anatoxines: Elles peuvent être traitées par la chaleur ou des substances chimiques (formol) pour perdre leur pouvoir toxique tout en conservant leurs propriétés antigéniques. Les anatoxines sont utilisées comme vaccins (ex: vaccin tétanique, diphtérique).
- Structure: Modèle AB: De nombreuses exotoxines suivent cette structure modulaire.
- Sous-unité A (Activité): La sous-unité enzymatique, responsable de l'effet toxique une fois à l'intérieur de la cellule cible.
- Sous-unité B (Binding): La sous-unité fixatrice, responsable de la reconnaissance et de la liaison aux récepteurs spécifiques à la surface des cellules cibles.
- Peut être une seule sous-unité B (structure A-B, ex: Toxine diphtérique) ou un anneau de cinq sous-unités B (structure AB5, ex: Toxine cholérique).
- Entrée dans la cellule: Après fixation, la toxine pénètre la cellule par formation de pores dans la membrane cellulaire ou par endocytose (internalisation de la toxine par la cellule).
- Classification des Exotoxines (selon le site affecté):
- Neurotoxines: Ciblent les tissus nerveux.
- Clostridium botulinum (toxine botulique): Empêche la libération d'acétylcholine, provoquant une paralysie flasque.
- Clostridium tetani (toxine tétanique): Bloque la libération de neurotransmetteurs inhibiteurs, provoquant une paralysie spastique (tétanos).
- Certaines toxines de S. aureus et B. cereus peuvent avoir des effets neurologiques.
- Entérotoxines: Ciblent les muqueuses intestinales, provoquant diarrhées, vomissements.
- Vibrio cholerae (toxine cholérique): Active l'adénylate cyclase, augmentant la production d'AMPc et la sécrétion d'eau et d'ions.
- Entérotoxines d'E. coli, Salmonella sp, Klebsiella sp.
- Cytotoxines: Endommagent diverses cellules et tissus de l'organisme.
- Shigella sp (toxine Shiga): Inhibe la synthèse protéique cellulaire.
- Cytotoxines de S. aureus (hémolysines, leucocidines).
- Clostridium difficile (toxines A et B): Endommagent la muqueuse intestinale.
- Neurotoxines: Ciblent les tissus nerveux.
- Classification des Exotoxines (selon le mode d'action):
- ADP-ribosylation: Mécanisme commun où la toxine transfère un groupement ADP-ribose à des protéines cellulaires clés, inhibant leur fonction.
- Toxine cholérique, toxine diphtérique, toxine coquelucheuse.
- Activation de l'adénylate cyclase: Augmente les niveaux d'AMP cyclique (AMPc) dans la cellule, perturbant la signalisation cellulaire et l'équilibre ionique.
- Toxine adénylate cyclase de Bordetella sp (pertussis toxin), ExoY de P. aeruginosa.
- Autres modes d'action:
- Activité phospholipasique C (C. perfringens -toxine): Dégrade les phosphoglycérolipides de la membrane cellulaire.
- Formation de pores (S. pyogenes streptolysine O): Crée des perforations dans les membranes cellulaires.
- Glucosylation (toxines A et B de C. difficile): Ajout d'un résidu sucre à des protéines Rho GTPases, ce qui perturbe le cytosquelette d'actine des cellules épithéliales intestinales.
- ADP-ribosylation: Mécanisme commun où la toxine transfère un groupement ADP-ribose à des protéines cellulaires clés, inhibant leur fonction.
- Classification des Exotoxines (selon la relation structure-activité):
- Toxines cytolytiques: Endommagent directement la membrane cellulaire, provoquant la lyse.
- Formation de pores: Créent des canaux dans la membrane cellulaire (ex: hémolysines, leucocidines).
- Leucocidines & Hémolysines: Toxines lysant les leucocytes (globules blancs) et les érythrocytes (globules rouges), respectivement.
- Phospholipases: Enzymes qui dégradent les phospholipides, composants majeurs des membranes cellulaires.
- Superantigènes: Toxines qui activent de manière non spécifique un grand nombre de lymphocytes T.
- Se lient simultanément au complexe majeur d'histocompatibilité (CMH) de classe II des cellules présentatrices d'antigène et au récepteur des lymphocytes T (TCR) d'une manière qui ne dépend pas de la spécificité de l'antigène.
- Cela conduit à une activation polyclonale massive des lymphocytes T, provoquant une libération excessive de cytokines (tempête de cytokines) et une réponse inflammatoire généralisée et potentiellement mortelle (choc toxique).
- Exemples: Entérotoxines staphylococciques (principales causes d'intoxications alimentaires staphylococciques), TSST-1 (Toxine du Choc Toxique Staphylococcique), toxines érythrogènes (causant le syndrome du choc toxique streptococcique et l'érythème du scarlatine).
- Toxines cytolytiques: Endommagent directement la membrane cellulaire, provoquant la lyse.
- Endotoxine = LPS: Fait partie intégrante de la membrane externe des bactéries Gram négatif.
- Libérée lors de la lyse bactérienne: Principalement libérée lorsque la bactérie meurt et se décompose, que ce soit par le système immunitaire de l'hôte ou par l'action d'antibiotiques.
- Élément toxique = Lipide A: La partie lipidique du LPS qui ancre le LPS dans la membrane externe de la bactérie et est responsable des effets toxiques. Le polysaccharide O variable est immunogène mais moins toxique.
- Caractéristiques:
- Thermostables: Résistantes à la chaleur, contrairement à la plupart des exotoxines.
- Toxiques à des concentrations élevées: Moins puissantes que les exotoxines à poids égal, mais leurs effets systémiques peuvent être graves.
- Faiblement immunogènes: Bien qu'elles puissent être reconnues par le système immunitaire, la réponse n'est souvent pas aussi protectrice ou spécifique que pour les exotoxines, en raison de la variabilité du polysaccharide O et de la nature conservée du lipide A.
- Non spécifiques d'une maladie: Le LPS de différentes bactéries Gram négatif produit des effets cliniques similaires (fièvre, hypotension, choc), menant au choc endotoxinique (ou choc septique).
- Pyrogènes: Prophylaxie bactérienne, c'est-à-dire qu'elles induisent la fièvre en stimulant la libération de cytokines pro-inflammatoires (IL-1, TNF-) par les macrophages.
- Conservation de la Virulence: Maintenir la souche bactérienne avec ses caractéristiques pathogènes intactes.
- Inoculation à l'animal: Les passages répétés sur un animal sensible peuvent maintenir la virulence, mais peuvent aussi, paradoxalement, l'atténuer à la longue.
- Congélation à -70°C ou -80°C: Permet de stocker les bactéries sur de longues périodes sans perte significative de virulence.
- Lyophilisation: Séchage sous vide à basse température, une autre méthode de conservation à long terme.
- Atténuation de la Virulence: Perte de la capacité pathogène, souvent souhaitée pour le développement de vaccins.
- Atténuation spontanée: Peut survenir naturellement par mutations génétiques ou par culture prolongée in vitro dans des conditions non sélectives pour la virulence.
- Atténuation provoquée expérimentalement: Méthodes de laboratoire pour réduire la virulence (ex: passages répétés sur un milieu de culture artificiel, exposition à des agents mutagènes, manipulation génétique). Les souches atténuées sont utilisées dans les vaccins vivants atténués.
- Exaltation de la Virulence: Augmentation de la capacité pathogène d'une souche.
- Passages répétés sur une espèce animale sensible: En infectant séquentiellement des animaux d'une espèce très sensible, les souches les plus virulentes sont sélectionnées, augmentant la virulence globale de la souche.
- Être transporté vers l'hôte: Atteindre un hôte susceptible (modes de transmission).
- D'adhérer et de coloniser ou d'envahir l'hôte: S'établir et pénétrer les tissus.
- De se multiplier à la surface ou à l'intérieur de l'hôte: Atteindre une charge bactérienne suffisante pour provoquer la maladie.
- D'échapper aux mécanismes de défense de l'hôte: Survivre et proliférer malgré l'immunité.
- De posséder la capacité de nuire à l'hôte: Par la production de toxines, la destruction cellulaire ou l'induction d'une réponse inflammatoire excessive.
- Maladie Sporadique: Ne survient qu'occasionnellement et de manière isolée dans une population. Ex: Tétanos (infection suite à une blessure, sans transmission interhumaine).
- Maladie Épidémique: Propagation rapide et non habituelle d'une maladie dans une zone géographique ou une population donnée, dépassant les niveaux attendus. Ex: Épidémie de choléra, de grippe saisonnière.
- Maladie Pandémique: Dissémination d'une maladie à très grande échelle, affectant plusieurs continents ou le monde entier. Ex: La Peste noire historique, la pandémie de grippe H1N1, la COVID-19.
- Maladie Endémique: Présence constante et prévisible d'une maladie dans une zone géographique ou une population spécifique à un niveau stable. Ex: Fièvre typhoïde dans certaines régions du monde, la grippe aviaire dans certaines régions.
- Maladie Nosocomiale (ou Infectieuse Associée aux Soins): Infection contractée en milieu hospitalier ou lors de soins, n'étant ni présente ni en incubation au moment de l'admission du patient. Ex: Infections par E. coli, S. aureus (SARM), Pseudomonas aeruginosa (en particulier chez les patients immunodéprimés ou intubés).
- Réservoir humain: Les humains malades ou porteurs asymptomatiques (ex: Salmonella typhi chez les porteurs sains, virus du SIDA).
- Réservoir animal: Animaux domestiques ou sauvages (zoonoses). Ex: Rage (chiens, chauves-souris), grippe aviaire (oiseaux).
- Réservoir environnemental: Sol, eau, plantes. Ex: Clostridium tetani dans le sol, Legionella pneumophila dans l'eau.
- Aérosol (Transmission aérienne):
- Microparticules inhalées: Particules fines () en suspension dans l'air, capables de rester en suspension longtemps et de parcourir de longues distances.
- Source: Toux, éternuements, parole, pulvérisations d'eau (douches, systèmes de climatisation).
- Exemples: Tuberculose (Mycobacterium tuberculosis), grippe, rougeole.
- Contact:
- Contact direct: Transmission interhumaine directe.
- Contact peau-à-peau (lésions cutanées, gale).
- Contact sexuel (IST comme chlamydiae, gonorrhée).
- Transmission materno-fœtale (placenta, accouchement, allaitement).
- Baisers, poignées de main.
- Contact indirect: Transmission via un objet ou une surface contaminée (fomites).
- Objets ou surfaces contaminés (poignées de porte, jouets, instruments médicaux).
- Exemples: Rhinovirus (rhume, via les mains contaminées et objets), S. aureus.
- Contact direct: Transmission interhumaine directe.
- Vecteurs: Organismes ou véhicules qui transportent l'agent pathogène.
- Vecteur passif (inanimé): Le pathogène est transporté sans se multiplier ni se développer.
- Aliments contaminés (ex: Salmonella dans les œufs).
- Eau contaminée (ex: Vibrio cholerae).
- Vecteur actif (Organisme vivant): Implique un arthropode ou autre animal.
- Transmission mécanique: Le vecteur transporte l'agent pathogène sur ses pattes ou son corps sans qu'il y ait de multiplication ou de développement significatif (ex: mouches sur la nourriture).
- Hébergement ou biologique: Le pathogène se multiplie ou subit un stade de développement essentiel dans le vecteur avant d'être transmis à l'hôte. Le vecteur est donc lui-même infecté.
- Ex: Moustiques (Paludisme, Dengue), Tiques (Maladie de Lyme), Puces (Peste).
- Vecteur passif (inanimé): Le pathogène est transporté sans se multiplier ni se développer.
- Infections du tractus respiratoire:
- Ex: Tuberculose par Mycobacterium tuberculosis (Bacille de Koch).
- Mécanisme: Inhalation de microgouttelettes infectieuses de personne à personne lors de la toux, des éternuements. L'infection se localise principalement dans les poumons mais peut ensuite se disséminer.
- Infections cutanées et cutanéo-muqueuses:
- Ex: Infections par S. aureus.
- Mécanisme: Pénétration via des brèches cutanées. Peut provoquer des infections superficielles (impétigo, folliculite) ou plus profondes (furoncles, abcès).
- Infections digestives:
- Ex: Shigellose par Shigella spp.
- Mécanisme: Ingestion de bactéries qui adhèrent et envahissent les entérocytes du côlon, provoquant des ulcérations de la muqueuse intestinale et une forte réaction inflammatoire (colite dysentérique).
- Infections transplacentaires: Transmission de la mère au fœtus via le placenta.
- Ex: Listériose par Listeria monocytogenes.
- Mécanisme: Souvent suite à une bactériémie chez la mère après une contamination digestive, la bactérie traverse le placenta et infecte le fœtus, conduisant à des complications graves (mort fœtale, avortement, infection néonatale).
- Infections hémato-méningées: Infections qui atteignent le système nerveux central.
- Ex: Méningite par Neisseria meningitidis.
- Mécanisme: Bactérie passe de la voie hématogène (sang) puis franchit la barrière hémato-méningée pour infecter les méninges (membranes entourant le cerveau et la moelle épinière).
- Infections conjonctivales:
- Ex: Kératite bactérienne par Pseudomonas aeruginosa.
- Mécanisme: Nécessite souvent une effraction initiale de la cornée (lentilles de contact, traumatisme). Peut entraîner une destruction rapide des tissus oculaires.
- Infections par voie sanguine (bactériémie):
- Ex: Septicémie à S. aureus.
- Mécanisme: La bactérie pénètre dans la circulation sanguine et se dissémine dans tout l'organisme, pouvant entraîner des foyers d'infections secondaires dans des organes distants (endocardite, ostéomyélite, abcès).
- Infections par voie nerveuse:
- Ex: Tétanos par Clostridium tetani.
- Mécanisme: La bactérie produit une neurotoxine (tétanospasmine) qui remonte le long des nerfs périphériques jusqu'à la moelle épinière, provoquant des contractions musculaires spasmodiques.
- Infections par voie digestive avec diffusion systémique:
- Ex: Listériose par Listeria monocytogenes.
- Mécanisme: Après ingestion, la bactérie franchit l'épithélium intestinal (souvent au niveau de l'intestin grêle) et peut ensuite se disséminer par le sang vers d'autres organes (cerveau, placenta).
b) Facteurs de Colonisation
Une fois adhérentes, les bactéries doivent établir une colonie et résister aux mécanismes de défense de l'hôte.c) Facteurs d'Invasion et de Multiplication Intracellulaire
L'invasion est la capacité d'une bactérie à pénétrer les cellules ou les tissus de l'hôte.3. Enzymes Extracellulaires
De nombreuses bactéries produisent des enzymes qui dégradent les tissus de l'hôte, facilitant leur propagation et l'obtention de nutriments.4. Facteurs de Résistance au Système Immunitaire
Les bactéries ont développé de multiples stratégies pour échapper ou contrecarrer les défenses immunitaires de l'hôte.a) Résistance à la Phagocytose par un Macrophage
La phagocytose est un mécanisme crucial de la défense innée. Les bactéries pathogènes ont plusieurs moyens d'y échapper.b) Résistance au TNF- (Facteurs de Nécrose Tumorale)
Le TNF- est une cytokine pro-inflammatoire majeure produite par les macrophages activés, essentielle à la réponse immunitaire.c) Résistance à la Réponse Anticorps
Les bactéries ont des stratégies pour éviter d'être neutralisées ou éliminées par les anticorps de l'hôte.5. Pouvoir Toxinogène
Les toxines sont des molécules produites par les bactéries qui sont directement responsables de l'apparition de signes cliniques et de lésions.a) Les Exotoxines
Les exotoxines sont des protéines bactériennes très puissantes.b) Les Endotoxines
L'endotoxine la plus connue est le Lipopolysaccharide (LPS) des bactéries à Gram négatif.6. Conservation, Atténuation et Exaltation de la Virulence
La virulence bactérienne n'est pas statique; elle peut être maintenue, diminuée ou augmentée selon les conditions.IV- La Maladie Infectieuse
La maladie infectieuse est le résultat d'une interaction complexe entre l'agent pathogène, l'hôte et l'environnement.1. Déterminants de la Maladie Infectieuse
Pour qu'une infection se transforme en maladie, plusieurs conditions doivent être remplies. Il faut que l’agent pathogène soit capable de:2. Les Périodes d'une Maladie Infectieuse
Une maladie infectieuse évolue typiquement en plusieurs phases distinctes.| Incubation | Invasion | Période d'état | Terminaison |
| Période entre la contamination (contact avec l'agent pathogène) et l'apparition des premiers symptômes. La bactérie se multiplie silencieusement. | Phase où les premiers signes et symptômes apparaissent, souvent non spécifiques (fatigue, légère fièvre, maux de tête). La contagiosité est souvent maximale. Le système immunitaire commence à se mettre en place. | Phase la plus sévère de la maladie, avec des signes et symptômes spécifiques et intenses. La réponse immune est pleinement active. | Phase de régression des symptômes, convalescence et guérison. Des complications (séquelles) ou des rechutes (réapparition de la maladie) sont possibles. |
3. Terminologie des Maladies Infectieuses
La classification des épidémies aide à comprendre l'étendue et la dynamique de la propagation des maladies.4. Origine de l'Agent Infectieux (Réservoir)
Le réservoir est le lieu (vivant ou non vivant) où l'agent pathogène vit, se réplique et à partir duquel il peut être transmis à l'hôte.5. Modes de Transmission à l'Être Humain
La compréhension des modes de transmission est essentielle pour la prévention et le contrôle des maladies infectieuses.6. Pathogénèse (Localisation des Infections)
Les infections peuvent être localisées à un organe ou se généraliser à l'ensemble du corps.a) Infections Localisées
L'agent pathogène reste confiné à un site spécifique.b) Infections Généralisées
L'agent pathogène se propage à travers l'organisme, affectant plusieurs systèmes ou organes.7. Excrétion des Microorganismes
Les agents pathogènes sont excrétés de l'hôte par diverses voies, constituant des sources potentielles de contamination pour d'autres individus. Ces voies sont les portes de sortie par lesquelles l'agent pathogène peut se répliquer et être transmis à un nouvel hôte.| Voie d'Excrétion | Mode d'Éjection | Exemples d'Agents Pathogènes |
| Cutanée | Sérosité (liquide des cloques), pus (abcès, furoncles), desquamation de la peau. | Staphylococcus aureus (abcès cutanés), Herpes simplex virus (vésicules). |
| Respiratoire | Toux, éternuement, parole (gouttelettes et aérosols). | Mycobacterium tuberculosis, Streptococcus pneumoniae, virus de la grippe. |
| Fécale | Selles, vomissements. | Salmonella spp., Shigella spp., E. coli entéropathogènes, Vibrio cholerae, Rotavirus. |
| Salivaire | Salive lors de la toux, parole, éternuement, baisers. | Virus d'Epstein-Barr (mononucléose), Virus de la rage. |
| Urinaire | Urines. | Leptospira spp., certains E. coli uropathogènes (si infection urinaire haute). |
| Lacrimal | Larmes. | Certains adénovirus (conjonctivites). |
| Génitale | Exsudats urétraux ou vaginaux, sperme, sécrétions cervicales. | Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis, Treponema pallidum (syphilis), virus de l'Herpès génital. |
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