UE 2.11 — Médicaments en pédiatrie
71 cartesRisques, pharmacocinétique et calculs de dose chez l'enfant.
38 cartes
De quels facteurs principaux dépend la posologie pédiatrique ?
De l’âge, du poids, parfois de la taille et de la surface corporelle, des fonctions rénale et hépatique, du médicament et de l’indication.
Quel risque spécifique présente la double dilution ?
Une erreur de calcul ou de manipulation peut entraîner une approximation du prélèvement et donc une dose incorrecte.
Quels types d’erreurs peuvent survenir lors de la préparation de comprimés ?
Erreurs de sélection, de répartition ou de comptage.
À partir de quel âge les comprimés et gélules peuvent-ils être ajoutés aux formes privilégiées ?
Dès 6 ans ; des mini-comprimés peuvent toutefois être utilisés dès 6 mois.
Pourquoi la réponse aux médicaments varie-t-elle selon l’âge de l’enfant ?
Parce que l’organisme se développe : les organes et leurs fonctions évoluent, modifiant la réponse aux traitements.
Quelles formes sont généralement privilégiées chez l’enfant de moins de 6 ans ?
Les sirops et autres formes liquides sont privilégiés, puis les sachets, comprimés à dissoudre et gouttes.
Pourquoi faut-il agiter une suspension buvable avant de prélever une dose ?
Pour remettre les particules en suspension et assurer une dose homogène, évitant inefficacité ou surdosage.
Pourquoi une forme injectable ne doit-elle pas être administrée par voie orale sans vérification ?
Tolérance et biodisponibilité orales non garanties : pH, osmolarité, concentration ou excipients peuvent entraîner intolérance, diarrhée ou toxicité locale.
Comment calcule-t-on le volume d’une solution à administrer ?
Volume à administrer = dose nécessaire en mg ÷ concentration de la solution en mg/mL.
À quoi l’IDE doit-il particulièrement veiller lors d’une administration pédiatrique ?
Au poids exact, à la concentration et au volume ; vérifier aussi identité, dose, unité, voie, horaire, allergies et contre-indications.
Comment calcule-t-on une dose prescrite en mg/kg ?
Dose à administrer = dose prescrite en mg/kg × poids de l’enfant en kg.
À quoi sert le Plan d’Investigation Pédiatrique (PIP) ?
Évaluer les besoins pédiatriques des nouveaux médicaments afin de favoriser leur développement et leur autorisation chez l’enfant.
Quel risque entraîne l’immaturité rénale du nouveau-né pour un médicament éliminé par le rein ?
Une accumulation du médicament, avec risque d’effets indésirables ou de toxicité si la dose n’est pas adaptée.
Pourquoi la vidange gastrique lente du nouveau-né peut-elle retarder l’effet d’un médicament oral ?
Elle retarde le temps nécessaire pour atteindre la concentration maximale, ce qui décale l’efficacité du médicament.
Quelles sont les cinq classes d’âge pédiatriques ?
Prématuré ; nouveau-né à terme (0–27 jours) ; nourrisson (28 jours–23 mois) ; enfant (2–11 ans) ; adolescent (12–17 ans).
Que désigne la pharmacocinétique ?
L’ensemble des processus par lesquels l’organisme agit sur un médicament : absorption, distribution, métabolisme et élimination.
Quels processus sont résumés par l’acronyme ADME ?
Absorption, distribution, métabolisme et élimination.
Quelle précaution prendre avant d’écraser ou d’ouvrir un médicament à libération modifiée ?
Consulter le résumé des caractéristiques du produit : certaines formes ne doivent pas être écrasées ou ouvertes, notamment celles à libération modifiée.
Pourquoi les nouveau-nés peuvent-ils présenter une fraction libre plus élevée de certains médicaments ?
Leur concentration en protéines de transport est faible : moins de médicament s’y lie, donc une fraction plus importante reste libre.
Que signifie prescrire un médicament hors AMM ?
Utiliser un médicament dont l’autorisation ne couvre pas l’indication prescrite ; la prescription relève alors de la responsabilité du médecin.
Pourquoi ne peut-on pas remplacer librement une cuillère-mesure par une autre ?
Leur volume varie selon le produit ; une conversion imprécise peut entraîner une dose inefficace ou excessive.
Que désigne la pharmacodynamie ?
L’ensemble des effets qu’un médicament exerce sur l’organisme.
Pourquoi de nombreux médicaments pédiatriques sont-ils utilisés hors AMM ?
Les essais pédiatriques sont peu nombreux, en raison d’un marché restreint et des difficultés de recherche chez l’enfant ; les traitements adaptés manquent donc souvent.
Quel moyen peut améliorer l’observance en réduisant le nombre de prises quotidiennes ?
Choisir une forme à libération modifiée ou prolongée, permettant généralement de limiter les prises à deux par jour.
Qui assume la responsabilité d’une prescription hors AMM ou sans AMM ?
Le prescripteur, dans les deux situations.
Quelle différence de demi-vie du diazépam illustre l’effet de l’âge sur le métabolisme ?
La demi-vie passe de 75 h chez le prématuré à 31 h chez le nouveau-né, puis 17 h chez l’adulte.
Quel constat principal l’étude PEDIAD a-t-elle fait sur les prescriptions pédiatriques hors AMM ?
58 % des prescriptions étaient hors AMM, notamment concernant les posologies ou les dilutions des injectables.
Quel risque pédiatrique est associé aux tétracyclines ?
Une dyschromie ou une hypoplasie dentaire.
Quels troubles neurologiques l’atropine peut-elle provoquer chez le nouveau-né ?
Des convulsions ; une tachycardie peut également survenir après l’administration de collyres.
Que faire en cas d’oubli d’une dose de Xaluprine ?
Sautez-la et attendez la prochaine prise ; ne prenez jamais une dose double pour compenser.
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Pourquoi faut-il éviter le pamplemousse pendant le traitement par Xaluprine ?
Le pamplemousse, en jus ou en pulpe, peut interagir avec le médicament.
Pourquoi la double dilution augmente-t-elle le risque d’erreur lors de l’administration injectable ?
Deux manipulations multiplient par deux le risque d’erreur et ajoutent une double approximation lors des dilutions.
À partir de quelle température de fièvre faut-il contacter un médecin pendant le traitement ?
À partir de 38 °C, contactez un médecin.
Quelle précaution solaire est recommandée en cas de photosensibilisation sous Xaluprine ?
Couvrez-vous avec un chapeau et des vêtements longs, et appliquez une crème solaire d’indice IP50+.
Quel est le risque de broyer un comprimé sans vérifier sa forme pharmaceutique ?
Une dose imprécise, notamment si le comprimé n’est pas sécable ou quadrisécable.
Quelle est l’indication de Xaluprine ?
Le traitement de la leucémie aiguë lymphoblastique chez les adultes, les adolescents et les enfants.
Comment faut-il préparer la suspension de Xaluprine avant son administration ?
Agiter vigoureusement pendant au moins 30 secondes pour redisperser la suspension, puis prélever la dose prescrite.
Combien de temps le flacon de Xaluprine peut-il être utilisé après ouverture ?
Jusqu’à 56 jours après ouverture.
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Fiche de révision
Pourquoi l’enfant est-il une population à risque ?
L’enfant n’est pas un adulte miniature. Son organisme en développement modifie profondément la réponse aux médicaments, faisant de la population pédiatrique une population à risque nécessitant une approche spécifique.
Les 5 classes d’âge pédiatriques
Il existe 5 classes d’âge : prématuré (< 37 SA), nouveau-né à terme (0-27 j), nourrisson (28 j-23 mois), enfant (2-11 ans), adolescent (12-17 ans). Elles guident prescriptions et recherche.
Prématurés
< 37 semaines d'aménorrhée
Nouveau-nés à terme
0-27 jours
Nourrissons
28 jours - 23 mois
Enfants
2-11 ans
Adolescents
12-17 ans
Les deux grands types de risques
Risques liés à la prescription : erreur de médicament, dose, calcul, médicament non adapté. Risques liés à l’administration : erreur de préparation, concentration, volume, voie, patient. Les erreurs de calcul touchent 26,7 % des infirmières et 10,4 % des médecins (Meier, 2001).
Pharmacocinétique et pharmacodynamie : concepts fondamentaux
- Pharmacocinétique/faʁ.ma.kɔ.si.ne.tik/nom féminin
Ce que l’organisme fait au médicament : étude de l’absorption, de la distribution, du métabolisme et de l’élimination (ADME).
- « La pharmacocinétique du paracétamol est modifiée chez le nouveau-né en raison de l'immaturité hépatique. »
- Pharmacodynamie/faʁ.ma.kɔ.di.na.mi/nom féminin
Ce que le médicament fait à l’organisme : étude des effets biochimiques et physiologiques du médicament et de son mécanisme d’action.
- « La pharmacodynamie des bêtabloquants diffère chez l'enfant car les récepteurs sont en cours de maturation. »
L’acronyme ADME résume la pharmacocinétique : Absorption, Distribution, Métabolisme, Élimination. Ces processus sont profondément influencés par l’âge.
Spécificités pharmacocinétiques de l’enfant
La répartition eau/graisse varie : eau extracellulaire 45 % du poids (NN), 25 % (1 an), 10-20 % (15 ans). Masse grasse : 1 % (prématuré), 15 % (NN), 25 % (1 an). Adaptation des doses nécessaire.
La fonction hépatique immature allonge les demi-vies (paracétamol : 22 h NN vs 8 h adulte ; amoxicilline : 4 h vs 1 h). Le métabolisme devient parfois plus rapide après les premiers mois.
Molécule | VS Demi-vie NN (h) | VS Demi-vie adulte (h) |
|---|---|---|
Amoxicilline | 4 | 1 |
Amikacine | 6 | 2 |
Salicylate | 10 | 5 |
Paracétamol | 22 | 8 |
La fonction rénale immature (bas débit sanguin, transport déficient) réduit l’élimination, risquant une accumulation toxique. La clairance est évaluée par la formule de Schwartz.
Barrière hémato-encéphalique et risques neurologiques
La BHE est inefficace chez le NN et le prématuré, mature vers 5 ans. Cela expose à des effets neurologiques graves : atropine → convulsions ; camphre/eucalyptus → neurotoxicité ; morphine → dépression respiratoire ; propranolol → cauchemars ; métoclopramide → syndrome extrapyramidal.
En résumé, l’enfant diffère par sa composition corporelle, l’immaturité hépatique et rénale, et l’absence de BHE efficace. Ces spécificités imposent une adaptation posologique rigoureuse (mg/kg, mg/m²) et une surveillance accrue.
Calcul de dose et conversions : maîtrise du risque IDE
Formules essentielles de calcul de dose
En pédiatrie, le calcul de dose est une étape critique car toute erreur peut entraîner un surdosage ou un sous-dosage grave. La formule de base est : dose à administrer (mg) = dose prescrite par kg × poids de l’enfant. Par exemple, si la prescription est de 10 mg/kg et que l’enfant pèse 20 kg, la dose nécessaire est de 200 mg.
Lorsque le médicament est sous forme liquide (solution buvable, suspension), la dose en mg doit être convertie en volume à administrer : volume (mL) = dose nécessaire (mg) ÷ concentration (mg/mL). Ainsi, pour la dose de 200 mg et une concentration de 20 mg/mL, le volume à prélever est de 10 mL.
| Paramètre | Formule | Unité |
|---|---|---|
| Dose à administrer | Dose prescrite (mg/kg) × Poids (kg) | mg |
| Volume à administrer | Dose nécessaire (mg) ÷ Concentration (mg/mL) | mL |
Conversions d’unités à connaître
Les erreurs de conversion sont une source fréquente de surdosage chez l’enfant. Les équivalences fondamentales sont : 1 g = 1000 mg et 1 mg = 1000 µg pour les masses ; pour les volumes, 1 L = 1000 mL. Il est impératif de vérifier la position de la virgule et l’unité utilisée dans la prescription.
Vérifications : les « bons » et la double vérification
Avant toute administration, l’infirmier(ère) doit contrôler les cinq « bons » : bon patient, bon médicament, bonne dose, bonne voie, bon moment. En pédiatrie, s’ajoutent des vérifications spécifiques : bon poids, bonne concentration, bon volume. L’âge et les allergies doivent également être systématiquement vérifiés.
La double vérification des calculs est une règle de sécurité : poser le calcul, vérifier le résultat, et faire contrôler par un tiers lorsque le protocole ou le médicament le nécessite (ex. médicaments à marge thérapeutique étroite). Cette pratique réduit le risque d’erreur humaine.
Exemple d’erreur mortelle
Un nourrisson de 6 kg est décédé à l’hôpital en 2009 suite à une erreur de débit de perfusion. L’infirmière et la puéricultrice avaient saisi un débit bien trop élevé sur le pousse-seringue. Cet accident illustre la nécessité absolue de vérifier chaque paramètre (débit, concentration, volume) avant de démarrer l’administration.
Sécurisation de la chaîne par l’IDE
Le rôle de l’infirmier(ère) dépasse le simple calcul : il(elle) sécurise toute la chaîne depuis la prescription jusqu’à la traçabilité. Cela inclut la vérification de l’identité, du poids, de la dose, de l’unité, de la concentration, du calcul, de la voie, de l’horaire et des contre-indications. En cas de doute, le calcul est refait et la double vérification appliquée.
Formes galéniques adaptées à l’enfant et observance
Chez l’enfant, la forme galénique du médicament doit être adaptée à l’âge, à la capacité de déglutition et au risque de fausse route. Le choix dépend également de la dose nécessaire et de la tolérance digestive. Avant 6 ans, les sirops et formes liquides sont privilégiés, car les comprimés sont contre-indiqués. Après 6 ans, on peut ajouter les comprimés et gélules, qui permettent une dose précise et un transport facile.
L’adaptation galénique comporte des dangers majeurs. Le broyage d’un comprimé à libération prolongée (LP), d’une gélule à enveloppe particulière ou d’une forme gastro-résistante entraîne une libération immédiate du principe actif, risquant un surdosage ou une inefficacité. La double dilution (pratique de reconstituer puis diluer un injectable) multiplie le risque d’erreur (2 manipulations, 2 approximations). Près de 15 % des cas d’injectables en pédiatrie concernent une double dilution, avec risque microbiologique et gaspillage. Les solutions buvables ne sont pas sans risque : il faut vérifier la concentration, la pipette doseuse, l’agitation (suspension) et la stabilité après reconstitution. L’administration d’un injectable par voie orale est déconseillée : pH, osmolarité, goût et biodisponibilité non évaluée peuvent provoquer des diarrhées, une toxicité locale ou une inefficacité.
Pour améliorer l’observance chez l’enfant, il est recommandé de : 1. Limiter le nombre de prises (si possible 2/jour, surtout si l’enfant est scolarisé) ; 2. Recourir aux formes à libération modifiée (LM ou LP) si la galénique le permet ; 3. Mélanger le médicament à de la nourriture ou une boisson (purée, confiture, jus de fruit), après avoir vérifié la compatibilité (interaction avec le lait ou le calcium, par exemple) ; 4. Ouvrir une gélule (si non gastro-résistante) et verser son contenu dans un aliment. En parallèle, les formes orales liquides imposent une information précise aux parents sur les cuillères mesure (1 cac = 5 mL, 1 cad = 10 mL) et l’agitation nécessaire pour les suspensions. L’ajout d’excipients (goût, couleur) facilite la prise mais nécessite une vigilance sur leur innocuité chez le jeune enfant.
En pratique, la sécurisation de la prise en charge passe par des contrôles systématiques : vérification du bon médicament, bon poids, bonne concentration, bon volume avant administration. La double vérification des calculs est obligatoire pour les préparations complexes ou les médicaments à risque. Les préparations magistrales hospitalières (gélules ou solutions buvables) offrent une adaptation précise du dosage mais posent des limites : stabilité limitée, absence d’étude pharmacocinétique, risque de contamination, et impossibilité de réaliser des formes LP.
Problématique de l’évaluation des médicaments en pédiatrie
Sous-évaluation des médicaments en pédiatrie
En Europe, plus de 50 % des médicaments prescrits aux enfants et adolescents n’ont pas fait l’objet d’une évaluation spécifique à ces classes d’âge. L’étroitesse du marché visé et la difficulté à mener des essais cliniques n’incitent pas les firmes pharmaceutiques à engager des recherches. Or, plus de 20 % des Européens sont des enfants (plus de 100 millions de personnes).
Les causes de cette sous-évaluation sont multiples : spécificité ou rareté des pathologies (HTA, insuffisance cardiaque), difficultés techniques (forme galénique adaptée, limite de détection des dosages sanguins), essais cliniques complexes (consentement des parents, tranches d’âge multiples), et faible motivation des firmes en raison du rendement financier insuffisant.
AMM, hors AMM, sans AMM
La notion d’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) en pédiatrie est complexe : une AMM peut être spécifique à une tranche d’âge, restreinte, ou ne concerner qu’une autre forme galénique. On distingue plusieurs situations :
- Hors AMM : médicament ayant une AMM pour une autre indication que celle prescrite chez l’enfant (ex. : AMM adulte utilisée chez l’enfant).
- Sans AMM : produit dépourvu de toute AMM chez l’enfant (nouveau, orphelin, importé).
- Dans les deux cas, la prescription est sous la responsabilité du prescripteur, avec des risques portant sur la posologie, la voie d’administration, la toxicité propre sur l’enfant en croissance, et la pharmacocinétique.
Les taux de prescriptions hors AMM sont très élevés : 94 % des prescriptions en soins intensifs, 67 % dans un service conventionnel, et 30 % en ville (source : Vidal Recos – Médicaments en Pédiatrie). Cette pratique expose à des risques accrus : posologies empiriques, voies d’administration non validées, absence de données de tolérance spécifiques.
Dispositifs réglementaires pour favoriser les études pédiatriques
Depuis 2007, un Plan d’Investigation Pédiatrique (PIP) est obligatoire pour tout nouveau médicament déposé en Europe. Ce plan vise à obliger les firmes à évaluer leur médicament chez l’enfant, avec un intéressement financier (période d’exclusivité prolongée).
Le Comité Scientifique Permanent de Pédiatrie de l’ANSM évalue chaque année les perspectives à partir des PIP fournis. L’European Paediatric Network (Réseau européen d’investigations cliniques pédiatriques) soutient la recherche et l’information du public via les bases EudraCT (essais cliniques) et EudraPharm (médicaments autorisés en pédiatrie).
Par ailleurs, des essais cliniques adaptés sont menés : respect de normes éthiques particulières (limitation des actes invasifs, prélèvements max. 1 % du volume sanguin total sur 3 à 4 semaines), supports de communication adaptés à l’enfant selon son niveau de compréhension, et inclusion de l’enfant lui-même (pas uniquement les parents). L’arrêté du 17 février 2021 encadre ces pratiques.
Exemples concrets : tolérance, effets indésirables et études de terrain
Étude PEDIAD (2001-2002) : difficultés d'administration
L'étude PEDIAD (Robert Debré, 14 CHU) a identifié 58 % de prescriptions hors AMM. Pour la voie orale, 8 % des médicaments per os étaient des injectables. Parmi les injectables, 50 % étaient hors AMM (posologie/dilution) et 15 % nécessitaient une double dilution, multipliant le risque d'erreur.
L'étude a relevé des modifications non conformes : 35,5 % des comprimés non sécables (acide folique) étaient coupés, 12,6 % des injectables (Cernevit, Phocytan) étaient administrés per os, et 35,5 % des dilutions étaient faites dans un autre médicament (ex. acide folique dans Ferrostrane).
Ces pratiques entraînent surdosage, inefficacité, toxicité locale (solutions hyperosmolaires : diarrhées, entérocolite ulcéronécrosante) et contamination. De plus, 38 % des doses injectables prélevées étaient inférieures au quart du dosage disponible, générant gaspillage et risque d'erreur d'étiquetage.
Passage facilité de la barrière hémato-encéphalique
Chez le nourrisson, la BHE immature facilite le passage de médicaments vers le SNC : atropine → convulsions ; camphre/eucalyptus → neurotoxicité ; morphine → dépression respiratoire ; propranolol → cauchemars ; métoclopramide → syndrome extrapyramidal. La maturation du SNC est complète vers 5 ans.
Classe médicamenteuse | VS Effet indésirable | VS Mécanisme / Cible | VS Contre-indication / Précautions |
|---|---|---|---|
Cyclines (tétracyclines) | Dyschromie dentaire, hypoplasie de l'émail | Fixation sur le calcium des dents en formation | CI < 8 ans |
Quinolones (fluoroquinolones) | Ossification des cartilages de conjugaison, épaississement des os longs | Atteinte du cartilage de croissance | CI chez l'enfant en croissance (sauf exception) |
Aminosides / Vancomycine | Ototoxicité (surdité, troubles de l'équilibre) | Fragilité de l'organe de Corti chez le nouveau-né | Surveillance de l'audition, adaptation des doses |
Dermocorticoïdes (usage prolongé) | Retard de croissance, hypertension intracrânienne | Passage cutané accru chez le nourrisson | Usage limité et surveillé |
Iode (topique) | Hypothyroïdie | Barrière cutanée inefficace chez le nouveau-né | Éviter chez le prématuré et le nouveau-né |
Actions d'amélioration pour sécuriser l'administration
Face à ces constats, les actions incluent le rappel des bonnes pratiques d'étiquetage, le refus d'utiliser des injectables par voie orale, et le développement de préparations magistrales (solutions buvables plutôt que gélules). La pharmacie clinique pédiatrique s'est structurée avec des entretiens pharmaceutiques de sortie (2017) et le projet STeP (2018) pour améliorer le lien ville-hôpital.
Des outils concrets ont été créés : brochures d'instauration, plans de prise personnalisés pour les parents, et fiches de liaison pour les pharmaciens d'officine, sécurisant ainsi la continuité des soins après hospitalisation.
Cas pratique : Xaluprine® (mercaptopurine) – information patient et sécurisation du parcours
Xaluprine® est une suspension orale de mercaptopurine (20 mg/mL, flacon de 100 mL) indiquée dans la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL). Prescription réservée aux spécialistes en hématologie, disponible en pharmacie de ville. Illustre la sécurisation du parcours thérapeutique pédiatrique.
Modalités de prescription et de délivrance
Prescription réservée aux spécialistes en hématologie, disponible en pharmacie de ville. Coordination hôpital-ville via brochures d'information patient et plans de prise personnalisés créés par la pharmacie hospitalière.
Conservation et stabilité
Conserver à température ambiante, à l'abri de l'humidité et de la chaleur. Stabilité 56 jours maximum après ouverture. Flacon fermé soigneusement.
Administration de la suspension
Une prise par jour le soir, au moins 1 heure avant ou 2 heures après lait/produits laitiers. Boire de l'eau après.
- 1
Agiter vigoureusement ≥ 30 secondes.
- 2
Porter des gants.
- 3
Prélever avec seringue graduée (violette 1 mL, blanche 5 mL).
- 4
Administrer dans la bouche.
Conduite en cas d'oubli ou de surdosage
Oubli : ne pas prendre la dose sautée, ne pas doubler. Surdosage : consulter immédiatement un médecin.
Effets indésirables et prévention
Effet | VS Prévention / Conduite |
|---|---|
Troubles hématologiques | Surveillance NFS ; signes d'infection ; lavage des mains |
Photosensibilisation | Vêtements longs, crème IP50+ ; lavage si contact |
Troubles digestifs (rares) | Repas légers, hydratation ; brosse à dents souple |
Troubles hépatiques | Surveillance biologique hebdomadaire ; ictère → médecin |
Fièvre ≥ 38°C | Contacter médecin ; éviter aspirine/AINS |
Port de gants obligatoire. Éviter automédication (millepertuis, pamplemousse) et vaccins vivants sans avis.
Outils de sécurisation du retour à domicile
Brochures patient (>112 validées), plans de prise personnalisés, fiches de liaison pour pharmaciens. Projet STeP (2018) avec entretiens pharmaceutiques de sortie systématiques.
Teste ta compréhension
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La réponse d’un enfant à un médicament peut varier avec l’âge, car ses organes et leurs fonctions évoluent.
Quel terme désigne ce que l’organisme fait au médicament ?
La pharmacodynamie décrit ce que le médicament fait à l’organisme.
Pour obtenir une dose en mg à partir d’une prescription en mg/kg, on multiplie la dose prescrite par kilogramme par le poids de l’enfant en kilogrammes.
Combien de milligrammes y a-t-il dans un gramme ?
Une solution buvable pédiatrique est sans risque dès lors qu’elle est liquide.
Quelle donnée est particulièrement importante pour calculer une posologie pédiatrique exprimée en mg/kg ?
Une double dilution est une pratique à risque, car elle ajoute des manipulations pouvant conduire à des erreurs.
Quelle tranche d’âge correspond à la classe « nourrissons » dans le découpage pédiatrique présenté ?
Les comprimés à libération modifiée peuvent être broyés sans précaution particulière pour faciliter leur administration à un enfant.
Texte à trous
- Dans l’acronyme ADME, la lettre M correspond au métabolisme.
- Chez l’enfant, le foie et les reins sont des organes dont la fonction est en maturation.
- Avant d’administrer un médicament liquide à un enfant, il faut vérifier sa concentration.
- Dans le découpage présenté, les enfants de 12 à 17 ans appartiennent à la classe des adolescents.
- Un médicament administré à un enfant sans autorisation spécifique chez l’enfant est décrit comme utilisé sans AMM.
- Pour calculer le volume d’une solution à administrer, on divise la dose nécessaire par la concentration.
- Une suspension buvable doit être agitée avant son administration.
- Chez le nouveau-né, l’immaturité du rein peut favoriser l’accumulation d’un médicament éliminé par voie rénale.
- Chez le nouveau-né, la vidange gastrique lente peut retarder le Tmax du médicament administré par voie orale.
- La prise de Xaluprine doit être espacée du lait et des produits laitiers d’au moins 1 heure avant la prise.
- Après ouverture, le flacon de Xaluprine peut être utilisé pendant 56 jours.
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