Typologies des conflits et résolutions
Aucune carteAnalyse des diverses formes de conflits – armés, intra‑étatiques, transnationaux – leurs motivations politiques, économiques, idéologiques et religieuses, ainsi que les modes de résolution classiques (cessez‑le‑feu, armistice, traité de paix) et les acteurs contemporains, des États aux groupes non‑étatiques, dans le contexte géopolitique actuel.
Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution
Ce cours examine la diversité des conflits contemporains, les théories classiques et modernes de la guerre, et les mécanismes complexes de construction de la paix dans un monde internationalisé. Il couvre l'évolution des formes de conflits du XVIIe siècle à nos jours, les acteurs impliqués, et les défis persistants de la résolution des conflits au Moyen-Orient.
I. Diversité et typologie des conflits
A. Classification selon l'intensité
Les conflits existent sur un spectre allant de simples désaccords à la guerre ouverte. Selon l'Institut de Heidelberg, le monde comptait 365 conflits en 2025.
- Conflit : opposition entre deux acteurs pouvant prendre des formes armées ou non
- Conflictualité : situation intermédiaire entre paix et guerre, caractérisée par diverses formes de violences
- Guerre : conflit armé entre deux ou plusieurs États (interétatique) ou à l'intérieur d'un État (intraétatique), caractérisé par sa violence, visible à ses conséquences (plus de 1000 morts annuels et nombre important de réfugiés)
- Paix : absence de guerre, voire d'absence de conflit
B. Classification géographique
Depuis la Guerre froide, on observe une raréfaction des guerres interétatiques conventionnelles au profit de conflits intraétatiques et transnationaux.
- Guerres interétatiques : oppositions directes entre États (moins fréquentes aujourd'hui)
- Guerres intraétatiques : conflits civils au sein d'un État, s'internationalisant de plus en plus
- Conflits transnationaux : oppositions indépendamment des frontières, motivées par des idéologies plutôt que des enjeux nationaux (terrorisme djihadiste)
C. Classification selon les motivations
Les guerres sont rarement monomotivées. Les principales causes incluent :
- Conflits politiques et territoriaux : conquête de terres (Louis XIV, Napoléon), leadership régional, indépendance nationale
- Conflits idéologiques : diffusion de modèles politiques (Révolution française, Guerre froide), régimes autoritaires versus aspirations démocratiques
- Conflits religieux et culturels : incompatibilité de groupes sociaux sur le même territoire (éclatement de la Yougoslavie), imposition de religion/culture dominante
- Conflits économiques et sociaux : appropriation de ressources (pétrole, eau, minerais), inégalités économiques, accès à l'océan
D. Modalités contemporaines de la guerre
Au-delà des guerres conventionnelles (affrontements militaires directs), existent des formes de conflictualité hybrides :
- Guerre commerciale : protectionnisme, tarifs douaniers
- Guerre scientifique : espionnage industriel
- Guerre idéologique : propagande, guerre de l'information
- Guerre spatiale : espionnage satellitaire
- Cyberguerre : piratage, hacking, virus informatiques
II. Diversification des acteurs
A. Acteurs étatiques traditionnels
- États et armées régulières : cœur du modèle clausewitzien. Quelques États (Costa Rica, Islande, Panama) n'ont pas d'armée permanente
- Coalitions et alliances : union des forces selon le principe « l'union fait la force » ou pour des raisons géostratégiques (Triple Entente, Axe Rome-Berlin-Tokyo, OTAN)
- Organisations internationales : SDN (1918) et ONU (1945) pour la sécurité collective
B. Acteurs non-conventionnels
- Sociétés militaires privées (SMP) : mercenaires logeant leurs services aux belligérants. Interdites en France depuis 2003 pour des raisons éthiques. Avantage : pas de maintien d'armée permanente ; inconvénient : manque de fidélité, risque de contre-pouvoir
- Groupes rebelles : civils contestataires menenant une guérilla (asymétriques face à des armées d'État)
- Groupes criminels : mafias, trafiquants (drogue, armes, humains), pirates. Acteurs civils devenant protagonistes du conflit
- Groupes terroristes : organisations djihadistes (Al-Qaïda, Daech) et autres mouvements radicalisés
III. Modes de résolution des conflits
A. Accords entre belligérants
- Capitulation : reconnaissance de défaite et acceptation de conditions du vainqueur (ex : Japon, 2 septembre 1945)
- Cessez-le-feu : suspension des hostilités, chacun restant sur ses positions
- Armistice : accord mettant fin aux hostilités avec conditions à respecter (ex : France-Allemagne, 11 novembre 1918)
- Traité de paix : accord politique déclarant la fin de la guerre, souvent après négociations multilatérales
B. Intervention d'acteurs extérieurs
La résolution est de plus en plus multilatérale : intervention d'États tiers, coalitions, ONU (casques bleus).
C. Conflits dans l'impasse
Certains conflits restent sans solution :
- Belligérants refusant de lâcher prise, communauté internationale divisée (conflit israélo-palestinien)
- Acteurs refusant toute négociation (groupes djihadistes)
D. Conception théorique de la paix
Johan Galtung (fondateur de l'irénologie) oppose :
- Paix négative : simple cessation des violences
- Paix positive : éradication des causes profondes de la violence
Bruno Arcidiacono identifie cinq types de paix historiques :
- Paix d'hégémonie : une puissance impose la paix (Napoléon 1807-1811, États-Unis post-1991)
- Paix d'équilibre : balance entre deux superpuissances équivalentes (Guerre froide)
- Paix fédérative : États s'organisent en fédération avec tribunaux et parlements supérieurs
- Paix confédérative : États conservent souveraineté, liés par contrat social (SDN, conception inefficace)
- Paix oligarchique : club de grandes puissances, unanimité requise pour agir (Congrès de Vienne, Conseil de sécurité ONU)
IV. Évolution de la guerre : du modèle clausewitzien aux conflits contemporains
A. Clausewitz et la théorie classique de la guerre
Carl von Clausewitz (1780-1831), officier prussien, théorise la guerre à partir des guerres napoléoniennes dans son ouvrage De la Guerre. Éléments clés :
- La guerre est un phénomène relationnel : implique au minimum deux acteurs politiques
- « La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens » : outil politique pour contraindre l'adversaire à exécuter notre volonté
- Guerres « réelles » : proportionnées aux moyens disponibles, s'arrêtent une fois l'objectif atteint (économie des forces)
- Guerres « absolues » : théoriquement, la guerre cherche à anéantir l'adversaire, utilisant toutes ressources disponibles (« montée aux extrêmes »)
- « Brouillard de la guerre » : part d'imprévisible inhérente au conflit
B. La Guerre de Sept Ans (1756-1763) : modèle de la « guerre réelle »
Conflit interétatique opposant Grande-Bretagne et Prusse contre France, Autriche et Russie.
- Causes multiples : géostratégiques (Silésie, domination coloniale), idéologiques (monarchies absolutistes vs. monarchies éclairées)
- Première « guerre mondiale » : batailles en Europe, Amérique du Nord, Antilles, Inde
- Alliances flexibles : se nouent et se dénouent selon intérêts politiques
- Résultat : Traité de Paris (1763) ; France perd colonies ; Grande-Bretagne devient première puissance mondiale ; Prusse affirme son statut
Illustre parfaitement la théorie clausewitzienne : politique prime sur militaire, négociations accompagnent la guerre, cessation une fois objectifs atteints.
C. Guerres dynastiques classiques (XVIIe-XVIIIe s.)
- Armées permanentes de professionnels et mercenaires, tailles limitées
- Objectifs territoriaux et financiers, non annihilation de l'adversaire
- Coût élevé incitant à la négociation
- Correspondent au modèle de la « guerre réelle » selon Clausewitz
V. Transformations de la guerre aux temps modernes (XIXe-XXe s.)
A. Révolution militaire et construction de l'État moderne
Transition du Moyen Âge aux Temps modernes caractérisée par :
- Croissance importante des effectifs militaires
- Place centrale des armes à feu
- Professionnalisation des soldats
- Augmentation drastique des coûts (armées permanentes)
- Transformation de la fiscalité (impôts permanents pour financer la guerre)
Lien étroit entre révolution militaire et construction d'un État moderne centralisateur et bureaucratique capable de monopoliser ressources et contrôler populations.
B. Guerres révolutionnaires et napoléoniennes (1792-1815) : vers la « guerre absolue »
Rupture majeure avec les guerres d'Ancien Régime :
| Critère | Guerres XVIIIe s. | Guerres révolutionnaires (1792+) |
| Nature | Guerres dynastiques | Guerres nationales |
| Armées | Effectifs limités, professionnels + mercenaires | Masses de citoyens (1793 : levée en masse ; 1798 : service militaire obligatoire) |
| Moteur | Raison, calculs politiques | Passion, idéologie révolutionnaire |
| Objectifs | Territoriaux et géostratégiques | Idéologiques (diffuser liberté, idéaux révolutionnaires) |
| Arrêt | Quand objectifs atteints | Anéantissement de l'adversaire (tyrannie, absence liberté) |
| Violence | Possible, contrôlée | Affirmée, privilégiée (paroles sanglantes Marseillaise) |
Conséquences : moyens disproportionnés (Grande Armée : 700 000 Français + 200 000 étrangers ; 2 millions conscrits mobilisés) ; violences extrêmes (massacres en Espagne) ; bilans humains terribles (France : 0,9-1 million morts ; alliés : ~2 millions). Néanmoins, guerre reste instrument politique ; négociations poursuivent en parallèle.
C. XIXe siècle : « petites guerres » et guerres coloniales
- « Petites guerres » liées au nationalisme : guérillas mobilisant civils armés (indépendance Grèce 1830, unification Italie et Allemagne)
- Guerres coloniales : supériorité technique européenne contre peuples colonisés ; objectifs géostratégiques et économiques
Conforment au modèle clausewitzien : outils politiques à fins géopolitiques.
D. Guerres mondiales du XXe s. : guerres absolues
Première Guerre mondiale (1914-1918) :
- Conflit interétatique national avec causes nationalistes (assassinat héritier Autriche-Hongrie, revanche française pour Alsace-Lorraine)
- Mobilisation totale : humaine (conscription massive), économique (industrie de guerre), financière, technologique, psychologique (propagande)
- Volonté d'anéantir l'adversaire (visible au Traité de Versailles imposant conditions draconiennes)
- Nuance : politique ne se soumet pas au militaire ; gouvernements conservent pouvoir décisionnel ; motivations restent principalement politiques
Seconde Guerre mondiale (1939-1945) :
- Dimension idéologique plus forte (nazisme vs. démocratie vs. communisme)
- Mobilisation totale encore plus extrême
- Véritable guerre absolue : idéologie prime sur politique ; gouvernements militaires remplacent gouvernements civils ; anéantissement physique de l'adversaire (génocide, crimes de guerre, bombes atomiques)
Sont-elles des guerres absolues ? Nuancé : politique persiste même en WWI ; WWI : logique d'anéantissement n'emporte pas (pas invasion Allemagne) ; WWII : anéantissement de l'ennemi beaucoup plus marqué.
E. Guerre froide (1947-1991) : remise en cause du modèle clausewitzien
Détente du modèle classique : opposition de deux idéologies (communisme vs. capitalisme libéral) transcendant frontières nationales. Mais reste guerre de puissances (États-Unis vs. URSS dominant scène internationale).
F. Guerres de décolonisation (1945-1975)
États colonisateurs affrontant populations civiles menenant guérilla : modèle asymétrique ébranlant Clausewitz. Conflit aussi inscrit en logique transnationale (soutien ONU, États-Unis, URSS ; soutien pays voisins).
VI. Les guerres « irrégulières » au XXIe s. : logiques transnationales
A. Remise en cause du modèle clausewitzien par Martin van Creveld
Historien israélien arguant que conception clausewitzienne est historiquement datée et sous-estime aspects sociaux et émotionnels. Prédit fin des guerres interétatiques conventionnelles au profit de guerres civiles, ethniques, religieuses. Pour van Creveld, facteurs actuels moins politiques qu'idéologiques, religieux, ethniques. Critique : politologue Dario Battistella conteste cette vision, montrant que motivations religieuses/ethniques peuvent cacher stratégies politiques.
B. Guerres irrégulières : définition multidimensionnelle
Caractéristiques juridiques :
- N'opposent pas acteurs ayant « droit » de faire la guerre
- Pas déclaration formelle de guerre
- Ne respectent pas droit international (protection civils, prisonniers, interdiction torture)
Caractéristiques stratégiques :
- Terrorisme, attentats, embuscades, guérilla
- Armes non-conventionnelles (camions missiles, armes chimiques)
Caractéristiques géographiques :
- Pas de ligne de front définie
- Transcendent frontières nationales
- Intraétatiques et/ou transnationales simultanément
Acteurs :
- Abolition distinction civil/soldat
- Groupes paramilitaires, enfants soldats
- Acteurs non-étatiques
C. Al-Qaïda et Daech : organisations terroristes djihadistes
Définitions :
- Terrorisme : utilisation de violence pour atteindre but politique, visant indifféremment civils et militaires
- Islamisme : courant politique (depuis années 1970) visant faire charia source unique du droit et de la société, instaurer État musulman régi par religieux
- Djihad : « effort sur soi-même » (djihad majeur) ou « combat pour défendre domaine islam » (djihad mineur) ; détourné par djihadistes radicaux en guerre sainte contre infidèles
Al-Qaïda (fondée 1988, Oussama Ben Laden) :
- Objectif : combattre États occidentaux (« croisés ») interfèrant affaires musulmanes
- Stratégie : djihad global, multifoyers insurrection, réseaux décentralisés
- Propagande : argumentation, idéologie, web
- Recrutement : sérieux, centralisé
- Attentats : planifiés ou spontanés de radicalisés autochtones
- Soutiens : Afghanistan, Pakistan, Yemen, branches régionales
Daech/État islamique (scission Al-Qaïda, proclame califat 2014) :
- Objectif : établir califat sur territoire donné (Irak-Syrie), lutte contre chiites (ennemis n°1)
- Stratégie : concentration territoriale, contrôle géographique explicite
- Propagande : facilement audible, réseaux sociaux (Twitter, Facebook)
- Recrutement : plus brouillon, civils radicalisés et volontaires étrangers
- Attentats et conquête militaire d'un territoire
- Soutiens : réseau alliés en Afghanistan, Pakistan, Philippines, Algérie
Sunnisme vs. Chiisme : scission historique sur succession Mahomet ; autorité de l'imam ; séparation pouvoir religieux/politique (chiites) vs. confusion (sunnites). Querelles moins religieuses que politiques.
Sont-elles clausewitziennes ?
| OUI (rupture avec Clausewitz) | NON (certaines continuités) |
| Pas guerres interétatiques, intraétatiques/transnationales | Daech a dimension territoriale et politique (création État) |
| Motivation idéologique (religieuse) prioritaire | Islamisme reste courant politique ; organisations hiérarchisées (allégeances politiques) |
| Acteurs non-étatiques, guerre asymétrique | Guerre absolue (fondamentalisme = pas compromis possible) |
| Armes détournées/non-conventionnelles | Interventions occidentales = guerre classique (forces limitées, pas nucléaire) |
| Propagande réseaux sociaux, choc visuel | Agressés répondent aux agressions |
| Occidentaux recourent à irrégularités (drones, assassinats, SMP) |
D. Autres formes de guerres irrégulières transnationales
- Piraterie liée au trafic (drogue, armes, animaux exotiques) en États faillis
- Guerres climatiques liées migrations, accaparement ressources rares (eau), contrôle territoires stratégiques
Motivations socio-économiques plutôt que politiques ; logique transnationale.
E. Les guerres interétatiques classiques ont-elles disparu ?
Raréfaction depuis 1991 pour deux raisons :
- Dissuasion nucléaire
- Succès relatif sécurité collective ONU
Mais persistent : conflits hérités non résolus (Inde-Pakistan, Chine-Taïwan, Corées) ; guerre Russie-Ukraine depuis 2022.
Nouvelles formes de guerres interétatiques :
- Guerres d'intervention dans États en conflit (Opération « Tempête du désert » 1991, opération Barkhane Mali 2013+)
- Guerres préventives (Irak 2003, justifié par armes destruction massive)
- Cyberguerres : virus informatiques contre programmes nucléaires (États-Unis + Israël contre Iran, Stuxnet et Flame 2010-2012)
- Robotisation : drones (surveillance + tirs), robots autonomes (transports, déminage) Avantages : rapidité, précision, pas d'états d'âme, moins coûteux financièrement et humainement. Utilisateurs : 102 États avec drones reconnaissance, ~40 armés ; principalement États budgets militaires élevés (États-Unis 14 000 brevets IA militaire 2019, Chine 5 000 ; Russie souhaite remplacer 1/3 effectifs par robots). Deuxième cercle : puissances technologiques (Israël, Corée Sud, Inde, Turquie, Iran, Pakistan, France, RU, Estonie). Changements : humain peut ne plus être dernier décisionnaire. Limites : autonomisation risquée (problèmes éthiques), hackabilité, menaces principes internationaux (précaution, proportionnalité). Opposition : ONG « Stop les robots tueurs » ; secrétaire ONU condamne « déshumanisation » ; trentaine États demandent interdiction préventive (Amérique latine, Maroc, Algérie, Égypte, Chine, Parlement européen) vs. 12 États puissants freinent accord (États-Unis, Royaume-Uni, Espagne, Suède, Pays-Bas, Belgique, Turquie, Australie, Russie, Corée Sud + double jeu Chine). France souhaite endiguement contrôlé juridiquement non-contraignant.
VII. Construction de la paix : processus complexe et pluriacteurs
A. Étapes du processus de paix
Progression : Guerre → Négociations → Fin hostilités (cessez-le-feu/armistice) → Traité de paix → Paix durable.
B. Acteurs de la construction de la paix
Acteurs étatiques :
- États belligérants
- États tiers voisins ou puissances régionales/mondiales arbitres
- Organisations internationales (SDN, ONU)
Acteurs société civile (rôle complémentaire croissant) :
- Autorités religieuses (papauté, Jean Paul II)
- ONG (Croix-Rouge depuis fin XIXe s., Amnesty, Promédiation)
- Opinions publiques via médias mondiaux
- Philanthropes influents (ex : Ted Turner, 1 milliard $ à ONU 1977)
- Grandes entreprises (puissance financière, lobbying, mais prudentes)
Avantages diplomatie civile : moyens non officiels (discrétion, flexibilité, rapidité), moins soumise pression opinion publique, suscite moins méfiance.
VIII. Traités et systèmes de paix du XVIIe au XXIe s.
A. Traités de Westphalie (1648)
Fin Guerre Trente Ans après 5 ans négociations. Présence 16 pays, 140 États et 38 villes Saint-Empire Romain Germanique, papauté comme médiateur.
Difficultés négociations : barrières linguistiques, ambassadeurs doivent consulter souverains (courrier lent, espionnage), distance entre villes, combats continuent pendant négociations.
Gagnants/perdants :
- Perdants : Habsbourg (affaiblis, 1/3 population perdue, autonomie États SERG augmentée)
- Gagnants : Suède (gains territoriaux), Provinces-Unies (indépendance), Suisse (indépendance), France (Metz, Toul, Verdun, Alsace ; puissance dominante Europe)
Révolution droit international : « ordre westphalien » reposant sur :
| Niveau juridique | Niveau diplomatique | Niveau géopolitique |
| État : seul détenteur souveraineté sur territoires/populations | Multilatéralisme (conférence puissances rivales) | Fin guerres religion entre États européens |
| Souveraineté intérieure (non-ingérence) | Égalité et indépendance États petits et grands | Paix collective durable par négociation et équilibre puissances |
| Souveraineté extérieure (pas autorité au-dessus État) | Notion frontière politique (ligne précise séparant territoires) | États indépendants, égaux, coopérant pour préserver paix |
| Droit international public énoncé |
Système persiste jusqu'à 1914 mais remise en cause : Révolution/Empire napoléonien brisent équilibre ; Congrès Vienne (1815) tente rétablir avec Sainte-Alliance ; XIXe s. nationalismes/impérialismes créent nouvelle rupture menant à WWI.
B. De la SDN à l'ONU : sécurité collective
Quatorze Points de Wilson (1918) fondent principes relations internationales :
- Diplomatie transparente
- Armements seulement pour sécurité intérieure
- Sécurité collective (tous nations solidaires)
- Protection petites nations vs. agressifs
- Droit peuples disposer d'eux-mêmes
- Non-ingérence puissances extérieures
Conserve États indépendants, souverains, égaux. Mais ensemble nations concourent respect paix mondiale (vs. grandes puissances se neutralisant dans système westphalien).
Société des Nations (SDN) (1920) :
- 45 membres originellement, ~60 progressivement
- Principes : interdiction guerre, respect droit international
- Structures : Assemblée générale (organe législatif annuel), Conseil (9 membres dont 5 permanents, exécutif), Secrétariat permanent
- Succès : réconciliation franco-allemande 1925 (Accords Locarno, entrée Allemagne 1926), Pacte Briand-Kellogg 1928 (guerre hors-la-loi)
- Échecs : trop peu pays (États-Unis, URSS absent), unanimité au Conseil paralyse, pas force armée internationale, impuissance face « coups de force » années 1930 (Italie annexe Éthiopie 1935 → sanction seulement économique)
ONU (1945) tirant leçons SDN :
- Charte signée 26 juin 1945, siège New-York
- 5 organes principaux :
- Assemblée générale (égalité souveraine, rôle consultatif)
- Conseil sécurité (11 membres dont 5 permanents : États-Unis, URSS, Chine, RU, France → prennent réellement décisions ; droit de veto aux permanents)
- Secrétariat général (exécution décisions)
- Conseil économique social
- Cour internationale de justice (La Haye)
- Force armée d'interposition (Casques bleus)
- Impuissance relative Guerre froide (1947-1991) due opposition deux permanents disposant veto ; espoir « nouvel ordre mondial » 1991 (Opération « Tempête du désert » impose paix)
- Mais opérations années 1990 jamais pleins succès (Rwanda 1994 génocide, Bosnie 1995)
C. ONU sous Kofi Annan (1997-2006)
Biographie : Ghanéen, études économie MIT, carrière quasi entière ONU (1962+), secrétaire général adjoint maintien paix (connaît échecs Rwanda 1994 et Bosnie 1995), 7e secrétaire général (soutien États-Unis), Prix Nobel paix 2001, reste figure internationale via fondation philanthropique (développement, lutte évasion fiscale), médiateur Kenya 2008, Syrie 2012.
Actions sous mandats :
- Priorité négociation, médiation, multilatéralisme
- Rejet intervention Irak 2003 (condamne guerre « illégale »)
- Reconnaissance 2005 principe « responsabilité protéger » (devoir ingérence si violations droits humains flagrantes)
- Casques bleus passe de 20 000 (1997) à 90 000 (2006)
- Exemples : MONUA Angola (1997-1999, 3 000 militaires, 500 civils, FdL guerre civile après 17 ans ; 1ères élections 2008), MINUSIL Sierra Leone (1999-2005, succès)
- Rapport Millénaire (2000) : engagement États réduction pauvreté, éducation, lutte sida, réchauffement climatique → « Objectifs millénaire développement »
- Réforme ONU : image modernisée, apparitions médias, cohérence coordination action onusienne
Critiques : critique conclusion impuissance Annan et ONU ; impuissance persistante, obsolescence.
D. Types opérations maintien paix ONU
- Prévention conflit (Peace Prevention) : médiation/arbitrage rapprocher belligérants et aider négociation règlement politique
- Imposition paix (Peace Enforcement) : forces armées imposent cessez-le-feu, forçant négociation
- Maintien paix (Peacekeeping) : travail quand cessez-le-feu sanctionné parties
- Consolidation paix (Peacebuilding) : appui développement infrastructures économiques, juridiques, sécuritaires, reconstruction États post-conflit
Missions souvent multidimensionnelles ; complexité situation amenuise différences ; rarement progression linéaire ; missions se transforment (ex : Timor Oriental 1999-2002).
E. Limites et défis ONU aujourd'hui
- Jamais intervient Moyen-Orient (région conflictuelle) : unilatéralisme américain, utilisation droit veto
- Budget insuffisant : sous-traite missions à ONG, organisations militaires régionales (OTAN, UE, Union Africaine)
- Impuissance reprochée : missions s'éternisent (Inde-Pakistan 60 ans, Liban 41 ans)
- Intervention Irak 2003 : échec ONU et Annan, remise en cause multilatéralisme/sécurité collective par grandes puissances
- « Guerre préventive » illégale depuis 1946 (droit d'ingérence) ; George Bush invoque armes destruction massive (fausses rumeurs)
- France oppose intervention Irak
- Réforme ONU nécessaire : Conseil sécurité pas représentatif (vainqueurs WWII 75 ans après, économiquement/démographiquement dépassés) ; droit veto paralyse (17 vetos 10 dernières années sur Moyen-Orient : Russie, Chine, parfois États-Unis)
IX. Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix
A. Enjeux et ressources du Moyen-Orient
Carrefour stratégique : contact Europe-Afrique-Asie ; détroits (Bab el-Mandeb, Ormuz) ; Canal de Suez (XIXe s., 1869) évitant tour Afrique. Convoitises depuis Moyen Âge (routes soie/Indes), accentuées aujourd'hui.
Ressources convoitées :
- Hydrocarbures : région pétrolière n°1 monde (60% réserves mondiales : Arabie Saoudite, Iran, Irak, EAU, Koweït ; 40% gaz naturel : Iran, Qatar, Arabie Saoudite, EAU)
- OPAEP (1968) : unir membres tarif export commun
- Conflits interétatiques pour appropriation (Iran-Irak 1988 ; Irak envahit Koweït 1990 ressources pétrolières)
- Dépendance énergétique Occidentaux → interventions jugées intéressées
- Chocs pétroliers (guerre Kippour 1973, révolution iranienne 1979) : enchérissement prix mondial, impacts économiques globaux
- Eau : ressource rare, climat aride, croissance démographique (80 à 400 millions entre 1950 et aujourd'hui), réchauffement climatique aggrave
- Fleuves (Tigre, Euphrate, Nil) ; nappes souterraines ; dessalement coûteux
- Israël contrôle accès Jourdain : Israélien 4× plus eau Palestinien
- Barrages Turquie-Syrie sur Euphrate-Tigre réduisent débit Syrie-Irak
Mosaïque culturelle :
Peuples :
- Arabes : 200 millions (péninsule arabique, Égypte)
- Perses : 65 millions (Iran)
- Turcs : 60 millions (Turquie)
- Juifs : ~6 millions (Israël créé 1947 ONU)
- Kurdes : 30 millions (sans État, sunnites, présents Turquie, Irak, Iran, Syrie, Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan)
Religions :
- Berceau trois monothéismes : judaïsme (Hébreux ~1200 av. JC, Jérusalem centre, Temple Yahvé, « mur lamentations »), christianisme (Jésus Palestine, crucifié Jérusalem), islam (La Mecque/Médine VIIe s., Mahomet Prophète)
- Jérusalem sainte trois religions → conflit israélo-palestinien (visite Ariel Sharon 2000 esplanade mosquées déclenche seconde intifada)
- Longue coexistence pacifique trois religions avant XXe s. ; conflits XXe s. surtout nationalistes expansion territoriale
- Islam domine : 240 millions musulmans → sunnites (85% islam monde), chiites (minoritaires islam mais concentrés Iran, Irak, Bahreïn)
- Luttes chiites-sunnites depuis mort Mahomet 632 ; exacerbées depuis révolution iranienne 1979 ; superposition différends politiques religieux (Iran chiite vs. Arabie Saoudite sunnite = lutte influence)
- Chrétiens minoritaires (Égypte 10% coptes, Liban 38% maronites, Syrie/Irak 3% orientaux) menacés djihadistes
- Juifs minoritaires région sauf Israël (6 millions 8 millions habitants) ; divisions (ashkénazes, sépharades, orthodoxes)
Instabilité régionale :
- Contestation frontières issues décolonisation : traçées puissances extérieures post-WWI et post-WWII lors démembrement Empire ottoman, pas respectant aspirations nationales/réalités économiques/historiques
- États multiculturels : Liban, Syrie, Irak, Israël → conflits intraétatiques
- Peuples sans État : Kurdes, Palestiniens
- Tensions nationalistes vives intra-étatiques et inter-étatiques
- États fragiles : régimes autoritaires (Turquie Erdogan, Syrie Bachar el-Assad) ; contestation pouvoirs (Syrie rebelles, Yemen islamisme, Égypte violences intercommunautaires)
- Inégalités sociales extrêmes surtout pétromonarchies (très riches via rente pétrolière vs. très pauvres)
B. 1945-1991 : conflits surtout interétatiques, enjeux des Grands
Guerre froide dans région :
- États-Unis : endiguement communisme, alliés Turquie, Iran (jusqu'1979), Arabie Saoudite, Jordanie, Irak, Israël
- 1945 : pacte Quincy États-Unis-Arabie Saoudite (hydrocarbures garantis vs. soutien politique/militaire)
- 1955 : Pacte Bagdad Royaume-Uni, Irak, Turquie, Pakistan, Iran contre URSS ; États-Unis intègre 1958
- Conflits armés : 1956 crise Canal Suez (Nasser Égypte nationalise canal, France/RU interviennent militairement, abandonnent sous pression États-Unis/URSS = symbole perte influence européenne, hégémonie américaine) ; 1958 intervention États-Unis Liban
- URSS moins présente : alliés Syrie, Yemen, Irak
- 1979 intervention URSS Afghanistan (apporter aide gouvernement communiste vs. moudjahidines) = coûteux, échoue (États-Unis arment rebelles afghans), retrait 1989, contribue ruine URSS
Mouvements non-alignés et panarabisme :
- Mouvements non-alignés (1955 Conférence Bandung 29 pays Afrique/Asie, Nasser, Nehru) : troisième voie ni bloc est ni ouest
- Panarabisme (Nasser) : unité monde arabe, indépendance URSS/États-Unis malgré proximité idéologique ; 1958 République Arabe Unie Égypte-Syrie-Yemen (Syrie Yemen retrait 1961)
- Fin années 1970 recul influence deux superpuissances : Iran perd (révolution islamique 1979 renverse shah allié Américains), régime iranien rejette deux modèles
- 1980-1988 guerre Iran-Irak échappe partiellement contrôle Grands
Conflit israélo-palestinien moteur instabilité :
- 1947-1948 : plan partage Palestine ONU (État juif, État arabe, Jérusalem internationale)
- Sionisme (Theodor Herzl fin XIXe s.) : création État Israël en Palestine pour Juifs mondiaux ; volonté Juifs quitter Europe post-holocauste nazi
- États arabes rejettent plan
- 14 mai 1948 proclamation Israël ; lendemain États arabes attaquent → première guerre israélo-palestinienne, Israël gagne
- Armistice 1949 : Israël gagne territoires ; Nakba (catastrophe) : exode massif Palestiniens, pas État palestinien (Cisjordanie annexée Jordanie, Gaza administration égyptienne)
- Conflit 2 peuples (Juifs, Palestiniens) même terre (Palestine) devient enjeu Guerre froide :
- Palestiniens + États arabes + URSS
- Israël + États-Unis ; armée Tsahal forte
- 1967 guerre Six-Jours : Égypte blocus naval, encercle Israël, Israël attaque militairement, gagne 6 jours, occupe Sinaï, Gaza, Cisjordanie, Jérusalem-Est
- ONU résolution 242 : retrait israélien « territoires occupés »
- 1973 guerre Kippour : 6 octobre Égypte-Syrie attaquent Israël (fête Yom Kippour) en Sinaï/Golan (occupés depuis 1967), semaine après Israël contre-offensive, pénètre Syrie, traverse Canal Suez ; cessez-le-feu ONU 25 octobre
- Fin années 1970 : divisions pays arabes (panarabisme finit), guerres contre Israël cessent
- 1978 Accords Camp David (États-Unis médiation) : paix Égypte-Israël, Israël restitue Sinaï, Égypte reconnaît Israël
- Autres pays arabes rejettent accord, excluent Égypte Ligue arabe 10 ans
- Fin volonté règlement par confrontation
- Années 1970+ conflit devient intraétatique (israélo-palestinien) : 1,5 million Palestiniens sous autorité Israël post-1967
- 1964 création OLP (Organisation libération Palestine) ; 1969 Yasser Arafat/Fatah prennent contrôle OLP ; lutte armée puis terrorisme (attentats JO Munich 1972) ; Israël répond force militaire
- 1970 « septembre noir » : Jordanie (roi Hussein améliore relations Israël) chasse combattants OLP, milliers morts, OLP se réfugie Liban
- 1975 Liban : milices chrétiennes vs. combattants OLP → guerre civile 15 ans
- 1987 première intifada : soulèvement Palestiniens territoires occupés (Cisjordanie, Gaza), « guerre pierres »
- Période : conflits quasi exclusivement interétatiques (sauf 1ère intifada) ; tentatives paix quasi inexistantes (deux Grands accroître influence) ; seuls mouvements non-alignés/panarabisme relèvent apaisement ; Accords Camp David suscitent espoirs limités
C. Années 1990+ : conflits asymétriques complexes, acteurs nombreux
Espoir « nouvel ordre mondial » :
- Première Guerre Golfe (1990-1991) : conflit interétatique classique
- 2 août 1990 Irak envahit Koweït
- Motivations irakiennes : politiques (refusent autorité intérieure), économiques (frontières contestées depuis indépendance 1923), territoriales (Koweït prétendu, accès mer covité, ressources)
- Motivations koweïtienne : politiques (refus ingérence), territoriales (attaqué)
- 24 novembre 1990 Résolution 678 ONU : ultimatum
- 24 février 1991 cessez-le-feu, 27 février fin hostilités
- Acteurs : coalition 34 États menée États-Unis (France, RU, alliés traditionnels, Arabie Saoudite, Égypte, Syrie) + mandat ONU ; moyens : bombardements (offensive française) + opérations terrestres rapides alliées
- Résultats : victoire pour ONU (affirmation droit ingérence vs. dictatures), pour États-Unis (victoire politique/militaire rapide + affirmation leadership), pour OTAN (capacité imposer interventions mais division entre parrains UK-US et opposants) ; pour Koweït (libération)
- Mais : augmentation sentiment anti-américain monde arabe
- Irak : 40 000 morts, destructions, révoltes civiles-kurdes réprimées Saddam Hussein au pouvoir
- Conséquence à long terme : Guerre Irak 2003
- Accords d'Oslo (1993) : début années 1990 relations Israël-OLP se détendent ; OLP n'exige plus destruction Israël mais retour réfugiés palestiniens ; début 1993 rencontres secrètes Norvège → 13 septembre 1993 accords Oslo signés Washington (Arafat, Rabin, Clinton médiation)
- Poignée mains symbole réconciliation historique
- Trois hommes prix Nobel paix 1994
- Prévisions : reconnaissance réciproque Israël-OLP, autorité palestinienne (pas statut État) sur Gaza et partie Cisjordanie (éducation, santé, police), zones mixtes, autorité israélienne ailleurs
- Rejet extrémistes deux camps
Enlisement processus paix :
- Tensions retour années 1990 :
- Côté israélien : Rabin assassiné 1995 fanatique juif, droite revient pouvoir 1996 (défavorable dialogue Palestiniens), colons juifs refusent partir, colonisation continue Cisjordanie-Golan
- Depuis 2002 : Israël bâtit « barrière séparation » (tracé ne suit pas ligne verte 1949) pour protection ; ligne verte = cessez-le-feu 1949, ~355 km, support plans paix 30 ans, supposée frontière futur État palestinien
- Côté palestinien : seconde intifada 2000, attentats-suicides radicaux, Gaza tenue Hamas (1987, refuses négociation, solution paix) depuis 2007 ; Hamas + Hezbollah (chiite libanais terroriste) prônent lutte armée soutien Iran
- Impasse paix depuis 2001 : tentatives multilatérales (States-Unis) → « plan siècle » Trump janvier 2020 sans succès
- Absence règlement plus favorable Israël
- Gouvernement Sharone-Netanyahou politique dure : réponses militaires attentats Hamas, colonisation progresse, acquisitions foncières partie arabe Jérusalem, refus État palestinien, priorité sécurité société israélienne
- Pays arabes : question palestinienne second plan (chaos Irak-Syrie) ; certains reconnaissent Israël (EAU, Maroc)
- Palestiniens : divisions internes (Fatah Cisjordanie vs. Hamas Gaza 2007+ combats), affaiblissement politique
- ONU : maintient position deux États, opposition colonisation israélienne, Palestine adhère UNESCO 2011 et observateur ONU 2012, mais tentatives bloquées États-Unis
- Critique États-Unis : font jeu Israël allié, préservent propres intérêts (pétrole) ; reproche accentué Trump (reconnaissance Jérusalem capitale Israël, transfert ambassade Tel Aviv-Jérusalem, « plan siècle » plaît Israéliens)
- Sentiment anti-américain arabe : incarné Oussama Ben Laden/Al-Qaïda, exacerbé montée islamisme
Montée islamisme déstabilise :
- Islamisme politique (années 1970+) : réislamiser sociétés, charia source unique droit/vie sociale, rejette démocratie/modernité/Occident
- Naissance Égypte 1928 (Frères musulmans) sous domination coloniale
- États post-indépendance créés modèle occidental : États laïcs, islam = religion, pas interfère politique
- 1979 révolution iranienne : tournant, islamistes au pouvoir, République islamique Iran
- Succès islamisme années 1980+ : Turquie 2002, Gaza 2006...
- Causes externes : humiliation défaites Israël, présence occidentale
- Causes internes : crise économico-sociale, régimes autoritaires/corrompus inefficaces, organisations islamistes pratiquent charité, éducation jeunesse
- Années 1990+ radicalisation islamisme : terrorisme, imams lancent fatwas tuer Américains/alliés (accusés piller richesses musulmans, souiller lieux saints, tuer musulmans)
- Attentats terroristes : plupart artisanaux (bombes, attentats-suicides lieux publics) sauf 11 septembre 2001 ; objectifs : terroriser Occident pour retrait Moyen-Orient, déstabiliser pouvoirs locaux imposer charia (État islamique Syrie-Irak)
- Cellules actives : Al-Qaïda ramifications, État islamique
- Formation : camps territoires contrôlés islamistes
- Financement : États (Iran, Syrie financent Hezbollah), activités illégales (trafic)
Après 11 septembre 2001 :
- George W. Bush lance « guerre globale contre terreur » vs. « États voyous »
- Octobre 2001 : ONU autorise guerre Afghanistan (traquer Ben Laden, renverser Talibans le protégeant)
- 2003 : ONU refuse intervention Irak (accusations armes destruction massive s'avèrent fausses), États-Unis lancent unilatéralement guerre Irak (19 mars-1er mai officiellement, 9 avril chute Saddam) : opération « Liberté irakienne »
- Juin 2004 pouvoir remis Irakiens, tensions sunnites-chiites-kurdes ; mai 2006 Nouri Al-Maliki chiite gouvernement stable ; Saddam pendu décembre 2006
- Américains occupent jusqu'2008, retraite complète fin 2011 ; Afghanistan fin 2014
- Conséquences : intervention étrangère attise sentiment anti-occidental = « impérialisme nouveau » ; image dégradée (scandale prison Abou Ghraib : 10 000+ Irakiens détenus 2003-2006 ; 70-90% innocents ; tortures Croix-Rouge)
- Armée US objet attentats-suicides islamistes
- Conflit asymétrique, pas arrêt guerre civile rapide, retrait 2011
- Bilan : 770 milliards $ États-Unis, ~4 000 morts coalition, ~460 000 Irakiens (30-40% effets indirects)
Guerre civile irakienne (2004-2013) → guerre État islamique (2014-2022) :
- Après retrait américain : guerre civile persiste
- Régime inefficace corrompu
- Maliki trop autoritaire, revendications « printemps arabe » intensifient
- Revenus pétroliers inégalement répartis
- État islamique Irak (djihadistes priorité lutter dominance chiite, influence iranienne) lance offensive été 2014
- Terreur, razzias, guerre asymétrique battent armée irakienne, facilement Bagdad
- Octobre 2014 : Daech proclame califat territoire Irak-Syrie
- Gouvernement irak appelle aide internationale
- ONU condamne actes terroristes Daech
- « Coalition contre Daech » objectif terminer projet territorial : moyens militaires (opération « Inherent Resolve »), contre-propagande, lutte financement terrorisme, lutte combattants terroristes étrangers, stabilisation-reconstruction territoires libérés
- 2019 : 80 États coalition menée États-Unis, pays européens
- Coalition pas mandatée ONU (pas Casques bleus), Irak porte plainte ONU
- Opérations suspendues janvier 2020, reprises ponctuellement fin 2024
- Daech perdu militairement aujourd'hui, tensions vives Irak demeurent
D. Aggravation récente situation très inquiétante
« Printemps arabe » (2010-2011) :
- Fin 2010 : mouvement contestation populaire régimes autoritaires Afrique Nord/Moyen-Orient, revendications politiques (démocratie) + socio-économiques (vie)
- Né Tunisie fin 2010, propagé printemps 2011
- Opposants hétérogènes peu structurés (libertés + partis islamistes anciens : Frères musulmans Égypte)
- Trois cas :
- Régime renversé : Égypte (31 ans Hosni Moubarak finit)
- Régime maintenu réformes : Jordanie (roi Abdallah change PM, augmente salaires, réduit prix, liberté expression)
- Régime maintenu répression violente : Syrie (Bachar el-Assad lance guerre « rebelles » → guerre civile non résolue)
- Résultat : élections victoires islamistes modérés (pas démocraties libérales espérées Occidentaux) au pouvoir Arabie Saoudite, Turquie, Iran, Gaza ; participation Liban-Irak
- Recul depuis 2021 Maghreb : Frères musulmans défaites Algérie-Maroc, Tunisie tourne page
Guerre civile syrienne (2011-2022) :
- Bachar el-Assad vs. plusieurs rebelles : organisation terroriste (Daech), minorité kurde indépendance (KRG), rebelles modérés/islamistes réclamant démocratisation
- Bilan : ~384 000 morts (116 000+ civils selon Observatoire droits humains 2020), 13 millions déplacés
- Décembre 2024 : régime Bachar renversé rebelles islamistes (tenait 70% territoire)
- Acteurs extérieurs : régionaux (Iran pro-Bachar, Arabie Saoudite pro-rebelles modérés) + internationaux antagonistes (États-Unis + coalition vs. Daech-Bachar ; Russie pro-Bachar-rebelles modérés)
- ONG présentes : 73 ONG Syrie créent SIRF (Forum régional ONG international) octobre 2019, alerte conséquences interventions militaires
Échec afghan :
- Retrait troupes américaines-OTAN été 2021 après 20 ans guerre (intervention octobre 2001)
- Reconquête Talibans très rapide
- Situation économico-humanitaire catastrophique
- Nouveau régime restreint libertés
- Risque groupes terroristes (Al-Qaïda)
Nouvelle flambée Israël-Hamas :
- Attaques terroristes Hamas 7 octobre 2023 → nouvelle flambée violence
Conclusion impasse paix :
- Depuis WWII : Proche/Moyen-Orient foyer tensions majeures, avenir peu encourageant
- Conflits perdurent Irak, Syrie, Afghanistan
- Peuples réclament vainement droits politiques, répression systématique (Kurdes notamment Turquie)
- États inquiètent : Iran programme nucléaire
- Montée islamisme toute région = crainte embrasement généralisé vs. Israël
- Stabilité seuls États autoritaires pas opposition (Arabie Saoudite)
- Politique occidentale implanter démocratie : semble échouée
- Moyen-Orient prouve impuissance ONU : voix moins écoutée, pas solutions, divisions Conseil sécurité
- Derniers 10 ans : 17 vetos Conseil sécurité Moyen-Orient (Russie-Chine surtout, parfois États-Unis)
- Autres acteurs : États région (domination régionale), puissances internationales (alliés, domination, intérêts économiques hydrocarbures → question USA stabilisatrice ou déstabilisatrice depuis 1945), milices-terroristes (conflit plus irrégulier), ONG (aide civils)
Résumé des enjeux actuels
Les conflits contemporains répondent à des logiques complexes mêlant acteurs étatiques et non-étatiques, motivations politiques, religieuses, économiques et sociales. Alors que le modèle clausewitzien traditionnel de guerres interétatiques s'érode face à la montée de conflits asymétriques et transnationaux, les tentatives de construction de paix via institutions internationales (ONU) montrent des limites persistantes. Le Moyen-Orient illustre ce paradoxe : riche en ressources stratégiques mais déchiré par des conflits multiples impliquant puissances régionales et internationales. L'avenir dépendra de la capacité à privilégier une paix positive (éradication causes violence) sur simple absence de guerre, et de la réforme des mécanismes de gouvernance mondiale pour adapter légitimité et efficacité aux réalités géopolitiques du XXIe siècle.
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