Traces du passé mouvementé de la Terre
24 cartesÉtude des traces laissées par le passé géologique de la Terre, incluant la formation des chaînes de montagnes (orogenèses), la fragmentation et la réunion des continents, ainsi que la formation et l'évolution des océans. Ce cours aborde les ceintures orogéniques, les rifts continentaux, l'océanisation, la paléogéographie et l'âge des roches continentales.
24 cartes
Les traces du passé mouvementé de la Terre
L'étude de la Terre révèle un passé dynamique, marqué par la formation et la disparition de chaînes de montagnes ainsi que par le mouvement incessant des continents. Ces phénomènes sont décryptés grâce à la paléogéographie, qui reconstitue les géographies passées, et l'analyse des roches continentales, dont l'âge peut atteindre plusieurs milliards d'années.
I. Les domaines continentaux et leur histoire
1. Des domaines continentaux d'âges variés
Contrairement à la lithosphère océanique qui est continuellement recyclée par subduction et ne dépasse pas 200 Ma, les roches continentales peuvent être très anciennes, certaines datant de 4,28 Ga, proches de l'âge de la Terre (4,55 Ga). Cette longévité s'explique par la faible densité de la lithosphère continentale, qui reste en surface malgré les déformations qu'elle subit. La tectonique des plaques, telle que nous la connaissons, aurait débuté il y a au moins 2,1 Ga, laissant des indices de fragmentation, de divergence et de collision.
2. Les ceintures orogéniques
L'orogenèse est le processus de formation des chaînes de montagnes, principalement résultant de la convergence et de la collision entre plaques lithosphériques. Ces chaînes, appelées ceintures orogéniques, sont des alignements de montagnes formées lors d'une même orogenèse.
- Les ceintures récentes, comme la ceinture alpine et l'Himalaya (formées à l'ère Tertiaire depuis -65 Ma), présentent un relief marqué et résultent de la fermeture d'anciens océans (ex: la Téthys).
- Les ceintures plus anciennes, telles que la chaîne hercynienne (fin de l'ère primaire), ont un relief peu marqué en raison de l'érosion prolongée. Elles sont identifiables par des roches métamorphiques (issues de la compression), des roches magmatiques exhumées, des failles inverses et des chevauchements.
L'étude de ces ceintures permet d'établir une chronologie des cycles orogéniques, qui décrivent la formation puis la disparition (par érosion) des chaînes de montagnes. Parmi les orogenèses identifiées, on compte la Grenvilienne, la Panafricaine, la Calédonienne, l'Hercynienne, la Laramide et l'Alpine.
II. Le cycle de Wilson : fragmentation et regroupement des continents
Le géologue John Tuzo Wilson a proposé un modèle cyclique d'évolution de la Terre, alternant des phases de regroupement des masses continentales en un supercontinent (comme la Pangée il y a 300 Ma) et des phases de dislocation de ce supercontinent, un processus appelé cycle de Wilson. Ce cycle comprend plusieurs étapes clés :
- Fracturation continentale : Début de la fragmentation d'un continent.
- Océanisation : Formation d'un nouvel océan entre les continents fragmentés.
- Subduction : Disparition de la lithosphère océanique sous une autre plaque.
- Collision continentale : Regroupement des continents et formation de chaînes de montagnes.
III. Fragmentation des continents et océanisation
1. Les rifts continentaux : lieux de fragmentation
Un rift continental est une déchirure de la lithosphère continentale dans un contexte de divergence. Ce processus conduit à la séparation de deux masses continentales et à la formation d'un nouvel océan. Un exemple actuel est le rift Est-Africain (les Afars).
Les caractéristiques d'un rift continental sont :
- Une tectonique en distension : étirement et amincissement de la lithosphère continentale, créant un fossé d'effondrement.
- Des failles normales listriques : ces failles délimitent des blocs basculés, sous lesquels reposent des sédiments anté-rift (formés avant le rift).
- Des sédiments syn-rift : accumulations de roches détritiques ou d'évaporites dans le fossé d'effondrement, formées en même temps que le rift.
- Une activité magmatique : l'amincissement de la lithosphère entraîne une remontée de l'asthénosphère, provoquant un volcanisme basaltique en surface.
- Une activité sismique : nombreux séismes superficiels liés aux mouvements des blocs le long des failles.
Si l'étirement se poursuit, la croûte continentale se rompt, et un nouvel océan se forme avec une dorsale. Les marges continentales, alors appelées marges passives, deviennent peu actives sismiquement et magmatiquement, et des sédiments post-rift s'y déposent.
2. Du rift à l'océanisation
Le processus de fragmentation passe par plusieurs stades :
- Stade fossé d'effondrement / rift : Caractérisé par des failles normales, des blocs basculés et une lithosphère continentale amincie (ex: les Afars).
- Stade jeune océan : La croûte continentale est séparée, et une nouvelle croûte océanique se forme au niveau d'une dorsale (ex: la mer Rouge). Des sédiments post-rift commencent à se déposer sur les marges passives.
- Stade océan : L'océan s'élargit, avec des marges passives bien développées (ex: l'Atlantique).
IV. Les ophiolites : vestiges des océans disparus
1. Nature des ophiolites
Les ophiolites sont des fragments de lithosphère océanique retrouvés à la surface des continents. Elles se présentent sous forme d'assemblages ordonnés de roches, de la surface vers la profondeur :
- Basaltes en coussins (pillow lavas).
- Gabbros.
- Péridotites (souvent serpentinisées par métamorphisme d'hydratation).
Ces roches présentent souvent un métamorphisme d'hydratation (ex: péridotites serpentinisées avec serpentine, gabbros en faciès amphibolites ou schistes verts) lié à l'hydrothermalisme de dorsale.
2. Contexte de mise en place des ophiolites
Les ophiolites sont interprétées comme des témoins de la fermeture d'anciens océans. Elles forment des zones de suture entre des blocs continentaux, indiquant une collision. Leur mise en place peut se faire de deux manières :
- Ophiolites d'obduction : La lithosphère océanique est charriée sur la lithosphère continentale avant la collision, échappant ainsi à la subduction (ex: ophiolites du Chenaillet dans les Alpes).
- Ophiolites de subduction : Des fragments de lithosphère océanique subissent une subduction avant d'être exhumés lors de la collision continentale. Ces roches montrent des minéraux caractéristiques d'un métamorphisme de haute pression-basse température (ex: métagabbros du faciès schistes bleus avec glaucophane ou éclogite avec grenat et jadéite, comme au Mont Viso dans les Alpes).
Conclusion
Les continents portent les marques d'une histoire géologique complexe, jalonnée par des cycles orogéniques successifs. La présence de ceintures orogéniques et de complexes ophiolitiques témoigne de l'alternance de phases de fragmentation continentale (rifts) et d'ouverture océanique, suivies par des phases de fermeture océanique (ophiolites) et de collision continentale (orogenèse). Ces phénomènes, dictés par la tectonique des plaques, sont essentiels pour comprendre l'évolution du visage de la Terre à travers les âges.
Lancer un quiz
Teste tes connaissances avec des questions interactives