Théories de l'évolution biologique et biodiversité

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Synthèse des théories de l'évolution biologique, de Darwin au néo-darwinisme, incluant les créationnismes et les idées reçues.

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Question
Quelle est la croyance principale du créationnisme « jeune terre » ?
Réponse
Le monde aurait été créé en 6 jours et la Terre serait âgée de seulement 6000 ans, en contradiction totale avec la science.
Question
Donnez un contre-exemple anatomique à l'idée que « la nature est bien faite ».
Réponse
Le point aveugle dans l'œil humain, une imperfection de conception qui n'existe pas chez le poulpe, par exemple.
Question
Quel est le principe central de la théorie de Lamarck ?
Réponse
Le transformisme, basé sur la transmission à la descendance des caractères acquis par un individu au cours de sa vie.
Question
Quels sont les deux piliers de la théorie de l'évolution de Darwin ?
Réponse
1. La variabilité des caractères au sein d'une espèce. 2. La sélection naturelle des individus les plus aptes à survivre.
Question
Comment définit-on la spéciation allopatrique ?
Réponse
La formation de nouvelles espèces suite à l'apparition d'une barrière géographique qui isole des populations.
Question
Quel est le titre complet de l'ouvrage fondateur de Darwin et sa date de publication ?
Réponse
« L’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la survie », publié en 1859.
Question
L'homme a-t-il une place à part dans l'évolution ?
Réponse
Non, dans la théorie de l'évolution, l'homme n'a aucune place à part et aucune espèce n'est considérée comme supérieure.
Question
Quelle théorie Georges Cuvier a-t-il avancée pour expliquer les fossiles ?
Réponse
La théorie des catastrophes successives : des extinctions de masse suivies de nouvelles créations divines pour repeupler la Terre.
Question
Qu'est-ce que la Théorie Synthétique de l'Évolution (ou néo-darwinisme) ?
Réponse
La synthèse entre la sélection naturelle de Darwin et la génétique (mendélienne et des populations).
Question
Avec quelle notion l'évolution est-elle souvent confondue à tort ?
Réponse
Avec l'historicité ou une marche vers le progrès, ce qui revient à porter un jugement de valeur sur les espèces.
Question
Que postule le créationnisme du « dessein intelligent » ?
Réponse
Il nie les mécanismes de l'évolution, affirmant que seule une intelligence supérieure peut guider et expliquer ce phénomène.
Question
Que désigne l'expression « struggle for life » (lutte pour l'existence) ?
Réponse
La compétition entre les individus pour des ressources limitées, qui est le moteur de la sélection naturelle.
Question
Quelle fut la contribution majeure du botaniste Hugo de Vries ?
Réponse
Il fut le premier à nommer et définir les mutations comme des transformations brusques, spontanées et héréditaires.
Question
Qui a été le premier à proposer un système de classification non utilitariste ?
Réponse
Aristote, en se basant sur les attributs objectifs des organismes, considérant l'homme comme la quintessence de la nature ordonnée.
Question
Selon Lamarck, comment un organe se développe-t-il ou s'atrophie-t-il ?
Réponse
Par le principe de l'usage et du non-usage, résumé par la formule : « la fonction crée l'organe ».
Question
Qu'est-ce que la dérive génétique ?
Réponse
La modification aléatoire de la fréquence des allèles, particulièrement influente dans les populations de petite taille.
Question
Quelle est la définition biologique actuelle de l'évolution ?
Réponse
La modification de la fréquence des allèles au sein d'une population au fil des générations.
Question
Quelle est l'unique source de matériel génétique entièrement nouveau ?
Réponse
La mutation, une transformation spontanée et héréditaire de l'ADN, qui est la matière première de l'évolution.
Question
Quel est le sens fondamental du mot « évolution » en biologie ?
Réponse
Un changement perpétuel auquel le vivant est soumis, n'admettant aucun jugement de valeur ni de finalité de progrès.
Question
Pourquoi l'idée « l'évolution n'est qu'une théorie » est-elle une idée reçue ?
Réponse
Car une théorie scientifique sert à expliquer un ensemble de faits vérifiables, à l'instar de la théorie de la gravité.
Question
Que répond la science à l'adage « la nature est bien faite » ?
Réponse
La théorie de l'évolution n'attribue aucune intention à la nature ; les adaptations sont le résultat de la sélection, pas d'un plan parfait.
Question
En quoi la crosse aortique humaine illustre-t-elle une « contrainte historique » ?
Réponse
Son trajet vers l'avant est hérité de nos ancêtres aquatiques et est inefficace pour irriguer les organes situés à l'arrière.
Question
Qui est considéré comme le père de la nomenclature binomiale moderne ?
Réponse
Le naturaliste suédois Carl von Linné, qui était cependant fixiste et croyait les espèces immuables depuis la Genèse.
Question
Qu'est-ce que la sélection sexuelle selon Darwin ?
Réponse
Un mécanisme évolutif où certains attributs sont sélectionnés car ils augmentent les chances de reproduction en attirant les partenaires.
Question
Quelle est la définition biologique de l'espèce ?
Réponse
Un ensemble d'individus qui sont interféconds, c'est-à-dire capables de se reproduire et d'avoir une descendance fertile.

Anthropologie : Évolution des espèces

L'anthropologie étudie l'être humain sous tous ses aspects, y compris son évolution biologique. La théorie de l'évolution des espèces est un pilier fondamental pour comprendre l'origine et le développement de l'humanité.

Introduction : L'origine des espèces

L'ouvrage fondateur de la théorie de l'évolution est « L’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la survie », publié par Charles Darwin en 1859. Ce texte établit la théorie scientifique de l'évolution des espèces vivantes à partir d'autres espèces, principalement par sélection naturelle. Il est à noter que le mot « évolution » était absent de la première édition, Darwin ayant initialement privilégié le terme de « préservation » ; il fut ajouté dans la sixième édition en 1872.

Les sens du mot « évolution »

  • L'évolution désigne un changement d'un système que l'on peut suivre (ex: évolution d'une maladie, d'une société, du climat), sans nécessairement en expliquer les mécanismes.

  • Elle est souvent confondue avec le récit ou la reconstitution des événements passés, ou avec l'historicité.

  • Une confusion commune est le passage du discours scientifique à un jugement de valeur, assimilant l'évolution à une marche vers le progrès ou à une hiérarchie des espèces.

Définition de l'évolution

L'évolution est un changement perpétuel auquel est soumis le vivant, n'admettant pas de jugement de valeur. Aucune espèce n'est supérieure ou plus évoluée qu'une autre, et l'homme n'y a pas une place à part. Ce processus aboutit au foisonnement de la vie sur notre planète, partant de la variabilité des organismes et produisant aussi bien de la régularité que du changement, sans jamais de fin tant qu'il y a du vivant.

C'est une théorie générale de la biologie, de la paléontologie et de l'anthropologie, construite à partir de faits observés. La théorie darwinienne est la seule théorie valide aujourd'hui, bien que souvent incomprise, notamment dans la sphère médiatique.

Les courants créationnistes

Les courants créationnistes proposent des explications alternatives à l'origine des espèces.

Créationnisme métaphysique

  • Affirme qu'une puissance divine a créé ou crée en permanence la matière et l'esprit.

  • Échappe au domaine de compétence de la science.

  • Respecte l'autonomie de la science et est compatible avec l'acceptation des réalités scientifiques.

Créationnisme comme théorie scientifique

  • Conteste la capacité de la science à expliquer l'origine des êtres vivants.

  • Introduit le divin dans le champ d'explication scientifique, ne respectant ni la nature ni l'autonomie de la science.

Trois grandes tendances du créationnisme scientifique :

  1. Créationnisme « jeune terre » :

    • Explication de la création du monde par les textes religieux (création en 6 jours, Terre âgée de 6000 ans).

    • En contradiction totale avec les données scientifiques.

  2. Créationnisme « vieille terre » :

    • Explication des origines du monde et des hommes par les textes religieux, mais les jours de la création durent plus longtemps que 24 heures.

    • Permet d'intégrer les temps longs, mais reste en contradiction avec les données scientifiques.

  3. Créationnisme « dessein intelligent » :

    • Ne nie pas l'évolution, mais nie les mécanismes de l'évolution.

    • Affirme que la science ne peut pas expliquer l'évolution, car seule une intelligence supérieure, guidant l'évolution de manière immédiate et interventionniste, peut en rendre compte.

    • En inadéquation avec les données scientifiques disponibles.

Les idées reçues concernant la théorie de l'évolution

« L'évolution n'est qu'une théorie »

  • En science, une théorie explique un ensemble de faits et d'observations vérifiables par l'expérience (ex: théorie de la gravité, de la relativité).

  • Une théorie n'est pas figée ; elle peut être développée ou réfutée par de nouvelles découvertes. Il ne faut pas confondre la théorie de l'évolution avec les faits d'évolution.

  • Après plus de 150 ans d'avancées scientifiques (découverte des gènes, de l'ADN, embryologie, phylogénie), la théorie darwinienne reste la seule valide.

« La nature est bien faite »

  • Cette idée s'oppose à des adages comme « la nature est cruelle » ou « la perfection n'est pas de ce monde ».

  • La théorie de l'évolution n'attribue aucune intention à la nature et n'induit pas une amélioration continue ou un progrès.

  • Le mécanisme de sélection est loin d'être parfait : certains caractères peuvent être contingents, inutiles, voire contraignants, et persister avant de se révéler défavorables.

  • Le coût de la sélection est élevé : la survie est l'exception, la mort est la règle. L'harmonie apparente masque le coût élevé de la sélection naturelle.

Exemples illustrant que la nature n'est pas « bien faite » :

Observation

Explication / Réalité

Insecte butinant le nectar

L'adéquation entre l'insecte et la fleur (l'insecte se nourrit, la fleur est fécondée) est le résultat d'une coévolution sur de longues périodes, au prix de nombreuses disparitions d'espèces. On n'observe aujourd'hui que ce que la sélection naturelle a conservé.

Anatomie de l'œil

L'impression de perfection de l'œil humain est contredite par l'existence d'un point aveugle, contrairement à l'œil du poulpe. L'œil est apparu plusieurs fois dans l'évolution, et sa forme actuelle est le résultat d'une longue histoire.

Crosse aortique

La crosse aortique humaine effectue un virage à 180° qui semble insensé (orientation vers l'avant alors que les organes à irriguer sont vers l'arrière). Ce trajet est une contrainte historique héritée de l'évolution des vertébrés (cœur avec un seul ventricule chez les ancêtres, oxygénation par les branchies).

Bassin de la femme

L'accouchement humain est l'un des plus difficiles chez les mammifères, avec un coût élevé en vies (800 décès par jour liés à la grossesse/accouchement selon l'OMS en 2020). Cela est dû à l'augmentation de la contrainte fœto-pelvienne avec l'évolution de la bipédie et l'augmentation du volume cérébral.

Les théories expliquant la biodiversité

Aristote

  • Premier penseur antique à réaliser des observations de la nature (« histoire naturelle »).

  • Sa philosophie fut une référence pour l'Occident chrétien.

  • Proposa une classification non utilitariste, basée sur des attributs objectifs des organismes.

  • Considérait la nature comme ordonnée, l'être vivant y participant, et l'homme en étant la quintessence.

  • Croyait que l'univers a toujours existé, sans création ni origine.

  • Adhéra à l'essentialisme : les choses possèdent une essence.

À la Renaissance

  • Époque de progrès scientifiques, culturels et artistiques.

  • Émergence de nouvelles méthodes : observation directe, expérimentation.

  • Les grandes expéditions ont découvert de nouvelles flores et faunes, nécessitant un système de classification.

  • Plusieurs systèmes de classification furent proposés par les botanistes à partir du XIIe siècle.

Créationnisme : Carl von Linné

  • Naturaliste suédois qui a posé les bases du système moderne de nomenclature binomiale.

  • A répertorié, nommé et classé l'essentiel des espèces vivantes connues à son époque (sans prendre en compte le registre fossile).

  • Était fixiste : croyait que les espèces vivantes furent créées par Dieu lors de la Genèse et n'ont pas varié depuis.

Créationnisme : Georges Cuvier

  • Professeur au Muséum d'Histoire naturelle et au Collège de France.

  • Était fixiste et s'opposait à Lamarck.

  • Expliquait les extinctions d'espèces fossiles par des catastrophes successives, suivies de nouvelles créations (pas moins de 27 créations). Cette idée fut reprise par le créationnisme « dessein intelligent ».

  • Sa théorie fut refusée par Buffon, qui privilégiait les « causes lentes » et le rassemblement d'espèces voisines en familles issues de la diversification d'une espèce unique.

Évolutionnisme : Jean-Baptiste de Lamarck

Concept

Description

Théorie du transformisme

Exposée dans « Philosophie zoologique » (1809), elle propose une transformation des espèces au cours du temps, réfutant la fixité des espèces.

Transformisme des espèces

  • Auto-adaptation active des organismes grâce à une « volonté interne » ou « force interne » en réponse aux variations du milieu.

  • Le milieu et ses variations induisent les transformations des individus.

  • Transmission à la descendance des acquis de l'individu.

Principes de la théorie

  • Les êtres vivants sont adaptés à leur milieu.

  • Ils se modifient face à des variations durables de leur milieu de vie. Pas d'extinction, les espèces se transforment en d'autres.

  • Transformation des espèces par modification du corps selon l'usage/non-usage : la fonction crée l'organe (organes utiles se développent, inutiles s'atrophient).

  • Transformations graduelles et difficilement perceptibles.

  • Transformations acquises transmises à la descendance (hérédité des caractères acquis).

Complexification

L'évolution va dans le sens d'une complexification croissante des êtres vivants.

Exemple : allongement du cou de la girafe

La girafe, forcée de brouter les feuilles à la cime des arbres, a développé son cou par l'usage, et ce caractère acquis est transmis à sa descendance.

Objections et critiques

  • Les variations des individus au sein de l'espèce ne sont pas forcément adaptatives.

  • L'hérédité des caractères acquis n'a jamais été démontrée.

  • Les mécanismes de la transformation sous l'influence du milieu n'ont jamais été démontrés.

  • Argumentation purement spéculative, sans base expérimentale.

Évolutionnisme : Geoffroy Saint-Hilaire

Concept

Description

Naturaliste

Au Muséum d'Histoire naturelle, il considérait que l'idée de transformation des espèces s'appuyait sur de solides observations d'anatomie comparée.

Observations d'anatomie

  • Loi des corrélations anatomiques : les organes conservent toujours entre eux les mêmes relations.

  • Loi de permanence : aucun organe nouveau ne se crée.

  • Loi du balancement : un organe ne peut se développer qu'au détriment d'un autre.

  • L'unité des plans d'organisation des animaux suggère que des espèces peuvent provenir d'une espèce primitive par développement d'un organe aux dépens d'un autre.

Évolutionnisme : Charles Darwin

Concept

Description

Biographie

  • Études de médecine à Édimbourg (1825), puis théologie à Christ's College (1827).

  • Recommandé comme naturaliste, il embarque à 22 ans sur le Beagle pour un voyage de 5 ans.

Voyage sur le Beagle

  • Cartographie des côtes de l'Amérique du Sud.

  • Observations de la diversité naturelle et des formations géologiques.

  • Rapporte des milliers de spécimens et de nombreuses observations, qui lui permirent d'élaborer sa théorie 20 ans plus tard.

Principes de la théorie

  • Les individus d'une même espèce manifestent une variabilité héréditaire.

  • Cette variabilité est le matériau du changement évolutif.

  • Les ressources du milieu de vie limitent l'excédent des populations.

Mécanismes évolutifs proposés

  • Compétition entre individus et espèces pour les ressources limitées (gîtes, nourriture).

  • Conduit à la sélection naturelle des individus les plus aptes à vivre dans un milieu donné (adaptation).

  • Évolution par transformation lente et graduelle des espèces.

  • Reproduction des individus sélectionnés assurant la continuité de l'espèce et la transmission des caractères favorables.

  • Les espèces qui se ressemblent dérivent probablement d'un ancêtre commun.

Sélection sexuelle

Mécanisme supplémentaire à la sélection naturelle, où la transmission d'attributs spectaculaires/attractifs pour le partenaire (ex: plumage des oiseaux, queue de paon) favorise la reproduction.

Exemple : allongement du cou de la girafe

Les variations de longueur du cou existent au sein d'une population. Les individus au cou le plus long peuvent atteindre les feuilles inaccessibles aux autres, augmentant leurs chances de survie et de transmission de ce caractère.

Bilan

  • Compétition entre individus d'une espèce douée de variabilité (« struggle for life »).

  • Le milieu de vie joue un rôle de sélection.

Objections et critiques

  • Pas d'explication satisfaisante de la variation et de la variabilité des espèces.

  • Pas d'explication satisfaisante de l'hérédité, ni de démonstration de l'hérédité des caractères acquis (comme Lamarck).

Première théorie scientifique de l'évolution

Basée sur des observations rigoureuses, une expérimentation personnelle et une analyse critique des travaux des éleveurs (sélection artificielle).

Évolutionnisme : Le mutationnisme de De Vries

  • Les mutations, déjà perçues au XVIIIe siècle (Lamarck, Darwin), sont nommées et définies par De Vries.

  • Ce sont des transformations spontanées, brusques et héréditaires.

  • De nouvelles espèces apparaissent brusquement sans formes intermédiaires par macro-mutations, et sont immédiatement stables.

  • La sélection naturelle ne retient que ce qui est adapté au milieu.

  • Cette théorie s'oppose au transformisme graduel et lent de Lamarck et Darwin.

Évolutionnisme : Génétique généalogique de Morgan

  • Le gène est le support de l'hérédité, localisé sur les chromosomes.

  • Les relations entre gènes et caractères sont connues, et des cartes de distribution des gènes sur les chromosomes sont établies.

  • Les mécanismes du changement évolutif sont attribués uniquement à la mutation.

  • Pas d'orientation de l'évolution sous l'influence du milieu ; la sélection naturelle de Darwin n'est pas prise en compte.

  • Bilan : un mutationnisme sans sélection naturelle, mais avec un support et une explication à l'hérédité.

  • Critiques :

    • Issues des zoologistes et paléontologues, car la zoologie et la paléontologie révèlent des lignées, alors que les mutations sont aléatoires et brusques.

    • Les transformations progressives des lignées fossiles contredisent l'argument de brutalité des mutations.

    • Les directions de transformation maintenues sur de longues périodes contredisent le caractère aléatoire des mutations.

Évolutionnisme : Génétique évolutive des populations

Concept

Description

Auteurs

Fischer, Haldane, Wright (années 1920).

Travaux

Observations de la fréquence des allèles et suivi de leurs variations au fil des générations.

Échelle des populations

Les processus évolutifs sont ramenés à des changements de fréquence allélique, influencés par l'environnement et la sélection naturelle.

Critique

Question du lien entre les changements de fréquence allélique au sein des populations et les faits évolutifs, soulevée par les naturalistes, systématiciens et paléontologues.

Évolutionnisme : La théorie synthétique = Néo-darwinisme

Concept

Description

Synthèse évolutive

  • Terme inventé par Huxley (1942).

  • Unifie les connaissances de la biologie (biochimie, génétique, cytologie, physiologie du développement, écologie), de la géologie (radiochronologie, tectonique globale) et de l'analyse mathématique.

  • Instrument de travail évolutif, intégrant les dernières découvertes.

Principes : conciliation de la génétique mendélienne et de la sélection naturelle

  • Unité évolutive : la population.

  • Deux modalités évolutives :

    • Anagénèse : transformation lente et continue d'une espèce.

    • Cladogénèse : scission d'une lignée ancestrale en deux lignées descendantes.

  • Mécanismes du changement : mutations (changements aléatoires et brusques).

  • Orientation du changement évolutif : attribution d'une valeur adaptative et sélective à toute mutation (positive si avantage, négative si désavantage). Les transformations sont triées par le milieu.

  • Effet amplificateur du temps : accumulation des changements minimes au fil des générations, produisant des transformations majeures. Les mutants favorisés envahissent la population, qui évolue vers une autre espèce.

Critiques

  • Issues des paléontologues, systématiciens, embryologistes.

  • Question du lien entre les changements de fréquence allélique et les changements évolutifs ou phénotypiques.

  • La théorie synthétique a ignoré la génétique du développement, passant directement du gène à l'organisme. La solution est d'intégrer la génétique du développement.

Évolutionnisme : Améliorations postérieures à la théorie synthétique = Néo-darwinisme

  • Découverte de l'ADN en 1953 : avancée notable pour les sciences de l'évolution.

  • Essor de la biologie moléculaire (milieu du XXe siècle) : séquençage et comparaison du matériel génétique de différentes espèces.

  • Théorie des équilibres ponctués : propose l'existence de longues périodes de stabilité des espèces, suivies de brefs épisodes de spéciation où se concentrent les changements évolutifs. Cette théorie bouscule la vision des changements lents et graduels.

  • Aujourd'hui : la plupart des scientifiques adoptent une position intermédiaire, reconnaissant la coexistence du gradualisme et des équilibres ponctués.

L'évolution biologique

Définition

L'évolution biologique est la modification de la fréquence allélique au cours du temps. C'est un phénomène évolutif situé au niveau génétique, mettant l'accent sur les allèles plutôt que sur les seules manifestations phénotypiques observables, sous l'action des forces de l'évolution. L'évolution peut avoir lieu au niveau génétique sans produire immédiatement un changement phénotypique visible, en raison des relations complexes entre allèles dominants et récessifs.

Caractéristiques fondamentales du processus évolutif

  • L'évolution concerne des fréquences (proportions d'allèles) au sein d'un groupe, impliquant qu'elle se produit au niveau de la population et non de l'individu.

  • L'évolution affecte des caractères particuliers : certains peuvent évoluer tandis que d'autres restent stables. La population ne change pas de manière uniforme.

  • L'évolution se déploie nécessairement sur plusieurs générations, impliquant un changement de fréquence allélique. Pour la détecter, il faut comparer les fréquences alléliques d'une génération à l'autre.

Les forces de l'évolution

Force

Description

Recombinaison génétique

  • Se produit lors de la méiose, avec les échanges de matériel génétique.

  • Crée de la variation et réarrange les variations déjà présentes, sans produire de nouveau matériel génétique.

  • Bien que non classiquement considérée comme une force de l'évolution, elle joue un rôle essentiel en fabriquant la matière première sur laquelle les autres processus évolutifs agissent.

Mutation

  • Seule source de matériel génétique entièrement nouveau, survenant la plupart du temps lors de la réplication de l'ADN.

  • Les mutations affectant les gamètes sont pertinentes pour l'évolution. Si elles touchent des segments codants ou régulateurs, elles peuvent avoir un impact profond.

  • Peuvent être ponctuelles (un seul point de l'ADN) ou de grande ampleur (déplacement de portions de chromosomes, duplication ou perte chromosomique entière).

  • Leurs causes ne sont pas toutes connues (agents externes comme radiations, produits chimiques ; beaucoup sont spontanées).

  • Ne sont pas forcément délétères : beaucoup sont neutres, certaines peuvent être avantageuses.

  • Les variations créées par mutation sont soumises aux autres forces de l'évolution.

Sélection naturelle

  • Augmentation en fréquence des allèles bénéfiques dans une population au cours du temps.

  • Il existe en permanence une variation d'un caractère et des allèles le codant au sein d'une population.

  • La compétition pour la survie entraîne une reproduction plus nombreuse de certains organismes. Les individus possédant les caractères les plus favorables dans un environnement donné engendrent davantage de descendants qui héritent de ces caractères avantageux.

  • La fréquence de l'allèle favorable augmente au fil des générations.

Dérive génétique

  • Changement aléatoire des fréquences alléliques, lié au hasard des transmissions lors de la reproduction sexuée.

  • D'autant plus forte que la taille de la population est faible. Dans une petite population, les fluctuations aléatoires peuvent être rapides et conduire à la fixation ou à la disparition d'un allèle.

  • Conduit à la réduction de la diversité génétique à long terme au sein des populations et à l'augmentation de la divergence entre populations isolées par accumulation de hasards différents.

Effet fondateur

  • Forme particulière de dérive génétique survenant lorsqu'un petit nombre d'individus issus d'une grande population donnent naissance à une nouvelle population isolée (après migration, catastrophe, etc.).

  • Les fondateurs ne représentent pas forcément la diversité génétique de la population d'origine, et leur descendance aura des fréquences alléliques différentes.

Flux génétique

  • Échanges de gènes entre populations auparavant relativement isolées.

  • Peut avoir des effets marqués lorsque l'une des populations possède des allèles absents de l'autre, ou lorsque les tailles des deux populations sont très différentes.

  • Un petit groupe peut être fortement dilué ou, inversement, exercer une influence disproportionnée.

Les mécanismes de l'évolution : La spéciation

La spéciation intervient quand un groupe d'individus se scinde en sous-groupes qui n'ont plus d'échanges de gènes. Cela peut être dû à des raisons géographiques, des changements de comportements, ou des raisons écologiques/phénologiques (calendrier des événements périodiques du cycle de vie). Il y a alors divergence des populations sous l'effet de la dérive et de la sélection naturelle, jusqu'au moment où elles ne peuvent plus se reproduire entre groupes.

Types de spéciation :

  • Spéciation allopatrique : après une séparation géographique.

  • Spéciation péripatrique : concerne une population périphérique qui diverge rapidement.

  • Spéciation parapatrique : populations voisines évoluant différemment le long d'un gradient.

  • Spéciation sympatrique : la divergence se produit dans la même zone géographique grâce à des préférences écologiques ou sexuelles différentes à l'intérieur de la population.

Deux définitions de l'espèce

Définition biologique

  • Critère d'interfécondité : une espèce rassemble tous les individus qui sont interféconds (reproduction entre eux et descendance viable et fertile).

  • Critères d'isolement reproductif : séparation reproductive des représentants des autres espèces.

  • C'est une réalité biologique observable et testable.

  • Limites :

    • Hybrides (certains sont fertiles, d'autres non).

    • Difficulté de vérification du critère d'isolement reproducteur pour toutes les espèces.

    • Inapplicable aux espèces à reproduction asexuée.

    • Inapplicable sur le registre fossile (isolement reproducteur impossible à vérifier).

Définition morphologique = phénotypique

  • Caractéristiques morpho-anatomiques : une espèce rassemble tous les individus qui partagent un ensemble stable de caractéristiques morpho-anatomiques permettant leur reconnaissance et leur distinction des autres espèces.

  • C'est un concept très pratique, notamment pour la taxinomie en paléontologie, et la seule définition utilisable pour les taxons fossiles.

  • Limites :

    • Espèces jumelles : espèces très proches morphologiquement mais différentes génétiquement.

    • Variations intraspécifiques : des variations importantes au sein d'une même espèce peuvent conduire à la séparer en deux espèces là où il n'y en aurait qu'une.

    • Subjectivité de la méthode pour apprécier la ressemblance entre individus, bien que la biométrie moderne apporte une approche plus objective.

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