Théories de l'attribution causale

40 cartes

Ce condensé explore les principales théories d'attribution en psychologie sociale, de Heider à Kelley, en passant par les modèles de Jones‑Davis et les études expérimentales, ainsi que le locus of control et les schémas causaux, illustrant comment les individus expliquent les comportements et événements.

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Question
Pour Jones et Davis, quelles sont les **deux conditions nécessaires** pour qu'un observateur attribue les effets d'un acte à l'acteur ?
Réponse
1) Les effets doivent être voulus par l'acteur (conscience des effets). 2) L'acteur doit être capable d'agir pour provoquer ces effets.
Question
Dans le modèle de Kelley (1967), que distingue-t-on entre **attribution interne** et **attribution externe** ?
Réponse
L'attribution interne renvoie aux dispositions de l'acteur ; l'attribution externe renvoie à l'environnement ou à la situation dans laquelle il agit.
Question
Quel est le **principe de co-variation** proposé par Kelley pour expliquer les attributions ?
Réponse
L'effet est attribué à la cause plausible avec laquelle il co-varie : présente quand l'effet est présent, absente quand l'effet est absent.
Question
Qu'est-ce que l'**attribution causale** selon la définition proposée en introduction ?
Réponse
Aller au-delà de l'observable pour lui donner sens, en inférant une cause à partir d'un comportement ou d'un événement.
Question
Qu'est-ce que le **paradigme action-attribution** de Jones et Davis décode à partir des effets d'une action ?
Réponse
Il décode les **intentions** et, au-delà, les **dispositions personnelles** (traits de caractère) de l'acteur à partir des effets de son action.
Question
Pourquoi la **liberté de choix** est-elle une condition essentielle dans le modèle de Jones et Davis ?
Réponse
Sans choix multiples, l'observateur ne peut pas distinguer si l'acte reflète une **disposition personnelle** ou une **contrainte situationnelle**. La liberté rend l'acte informatif sur la personne.
Question
Illustrez avec un exemple comment les **effets communs** et **effets spécifiques** révèlent les intentions chez Jones et Davis.
Réponse
Ex. du Dr X choisissant Yale ou Harvard : les **effets communs** (prestige, salaire) n'informent pas sur l'intention ; seuls les **effets spécifiques** (expérimentation vs interdisciplinarité) révèlent la disposition personnelle.
Question
Quels sont les **trois facteurs** variant ensemble dans l'analyse covariative de Kelley ?
Réponse
1. La **personne** (variation selon les acteurs), 2. Le **stimulus** (variation selon les cibles), 3. Les **circonstances** (variation selon les situations). L'effet est attribué à la cause avec laquelle il co-varie.
Question
Pourquoi les individus recourent-ils à des **schémas causaux** plutôt que d'analyser systématiquement la co-variation ?
Réponse
Par économie cognitive : face à un manque de temps ou d'information, ils utilisent des **schémas causaux** (raisonnements courts fondés sur l'expérience passée) — schème des causes nécessaires (événement rare) ou suffisantes (événement fréquent).
Question
Selon Kelley, quel type d'attribution (interne ou externe) est privilégié pour accéder aux propriétés stables du monde ?
Réponse
L'attribution **externe**, car elle seule permet d'atteindre les propriétés stables de l'environnement.
Question
Quel résultat de l'expérience de McArthur (1972) contredit l'idée que l'homme naïf suit exactement le modèle covariatif ?
Réponse
Les trois facteurs (distinctivité, consistance, consensus) n'ont pas la même importance pour les sujets — le consensus est souvent négligé.
Question
Décrivez le **schème des multiples causes nécessaires** et identifiez les situations où il s'applique.
Réponse
Schème où plusieurs causes sont nécessaires mais aucune n'est suffisante seule. Il s'applique aux événements **rares** ou inattendus.
Question
Comment le **principe d'augmentation** explique-t-il l'attribution d'un comportement contraire aux indications situationnelles ?
Réponse
Un comportement contre-indiqué par la situation est attribué aux **dispositions internes** de l'acteur (trait de caractère), car il a agi malgré les obstacles.
Question
Qu'est-ce qu'une **triade équilibrée** dans la théorie d'équilibre cognitif de Heider ?
Réponse
Triade où le produit des signes des relations est positif (p. ex. : « les amis de mes amis sont mes amis »).
Question
Pourquoi les théoriciens de l'attribution considèrent-ils l'humain comme un « **scientifique spontané** » ?
Réponse
Parce que l'homme de la rue possède une psychologie naïve qui lui permet d'inférer les causes des événements, comme le ferait un scientifique.
Question
Dans l'étude de Storms et Nisbett (1970), pourquoi les insomniaques ayant reçu une pilule « excitante » se sont-ils endormis plus tôt ?
Réponse
Ils attribuaient leur état d'excitation à la pilule plutôt qu'à leur anxiété, ce qui réduisait leur stress et facilitait l'endormissement.
Question
Quel est le **postulat central** du modèle de Jones et Davis (1965) concernant le lien entre conduite et personnalité ?
Réponse
L'observateur part de l'idée que si autrui émet une conduite, c'est parce qu'elle est directement liée à sa personnalité (déterminisme personnalique).
Question
Selon Jones et Davis, qu'appelle-t-on les **effets non communs** (ou effets discriminants) dans le paradigme action-attribution ?
Réponse
Effets propres à un acte et distincts des effets communs à d'autres actes possibles, permettant d'inférer une intention spécifique chez l'acteur.
Question
Quels sont les **trois postulats fondamentaux** partagés par les théories de Heider, Jones-Davis et Kelley ?
Réponse
1) Recherche de sens du monde ; 2) Attribution à des causes environnementales ou personnologiques ; 3) Comportement relativement logique.
Question
Dans l'étude de Storms et Nisbett (1970), quel était l'**effet inverse du placebo** observé chez les insomniaques ?
Réponse
Les sujets ayant pris une pilule présentée comme excitante s'endormaient plus tôt que ceux ayant pris une pilule présentée comme calmante.
Question
Qu'est-ce que la **distinctivité du stimulus** dans le modèle de Kelley ?
Réponse
Le comportement de l'acteur varie-t-il en fonction du stimulus ? Distinctivité élevée = le comportement ne se produit qu'avec ce stimulus précis ; faible = il se produit avec plusieurs stimuli.
Question
Comment définit-on la **consistance** du comportement dans le modèle covariatif de Kelley ?
Réponse
Degré auquel le comportement d'un acteur envers un stimulus se répète dans le temps et dans les situations (élevée s'il agit toujours de même, faible sinon).
Question
Que mesure le **consensus entre les pairs** dans l'analyse de co-variation de Kelley ?
Réponse
Degré auquel d'autres personnes réagissent de la même façon face au même stimulus (élevé si tous réagissent pareil, faible si l'acteur est le seul).
Question
Selon l'expérience de McArthur (1972), à quelles conditions attribue-t-on un comportement **à la personne** ?
Réponse
Lorsque le consensus est **faible**, la distinctivité est **faible** et la consistance est **forte**.
Question
Qu'indique une **faible consistance** dans l'interprétation du modèle de Kelley (McArthur, 1972) ?
Réponse
L'effet est attribué aux **circonstances** particulières plutôt qu'à la personne ou au stimulus.
Question
Qu'est-ce qu'un **schéma causal** selon Kelley ?
Réponse
Un « raisonnement court » issu de l'expérience passée, utilisé quand le temps ou l'information manquent pour une analyse complète (p. ex. schème des causes multiples).
Question
Expliquez le **schème des multiples causes nécessaires** dans les schémas causaux de Kelley.
Réponse
Schème selon lequel un événement rare est produit par l'intervention de **plusieurs causes**, **aucune n'étant suffisante** seule : toutes doivent être présentes simultanément pour que l'effet se produise.
Question
En quoi consiste le **principe d'élimination** dans l'analyse causale de Kelley ?
Réponse
Lorsqu'un effet a plusieurs causes possibles, le sujet **élimine toutes les autres** si une cause trouve un appui suffisant et plausible.
Question
Quel est le **principe d'économie** dans le processus attributionnel selon Kelley ?
Réponse
L'individu réduit sa recherche de causes en s'en tenant surtout à la **distinctivité** et/ou à la **consistance**, négligeant le consensus, pour des attributions rapides mais rustiques.
Question
Définissez le **principe d'augmentation** proposé par Kelley pour les attributions causales.
Réponse
Un comportement **contre-indiqué** dans une situation donnée conduit à attribuer l'action aux **dispositions internes** (traits de caractère) de l'acteur.
Question
Pourquoi l'**attribution causale** est-elle un domaine majeur d'étude en psychologie sociale ?
Réponse
Parce que les explications que nous donnons des événements et comportements ont un **impact direct sur nos attitudes**, nos comportements et nos jugements sociaux.
Question
Selon Heider, qu'est-ce qu'une **cognition** ?
Réponse
Une connaissance, opinion ou croyance concernant le milieu, soi-même ou son propre comportement (Festinger, 1957).
Question
Comment un **déséquilibre cognitif** incite-t-il l'individu à modifier son interprétation selon Heider ?
Réponse
Il cherche à restaurer l'équilibre en modifiant son environnement ou en changeant ses croyances et opinions.
Question
Selon Heider, quel rôle l'**intention** joue-t-elle dans l'attribution de responsabilité ?
Réponse
Elle est le facteur primordial pour attribuer une causalité personnelle et tenir l'acteur responsable de son acte.
Question
Comment l'**analyse factorielle implicite** selon Heider distingue-t-elle les forces personnelles des forces environnementales ?
Réponse
Elle distingue les **forces personnelles** (motivation, habileté, intention, effort) des **forces environnementales** (difficulté de la tâche). L'action résulte de l'interaction de ces deux types de facteurs.
Question
En quoi les **biais** ou **erreurs attributionnelles** remettent-ils en question le modèle normatif de Kelley ?
Réponse
Les biais (ex. négligence du consensus) montrent que le psychologue intuitif traite rarement toute l'information requise, s'écartant de l'idéal normatif de co-variation systématique.
Question
Donnez deux exemples où l'attribution causale a des **implications concrètes** sur les jugements ou comportements.
Réponse
1) L'échec attribué au **manque d'effort** (instable, contrôlable) motive à étudier plus ; attribué au **manque d'habileté** (stable, incontrôlable) démotive. 2) Tuer peut être jugé meurtre, légitime défense ou patriotisme selon l'explication causale.
Question
Comment l'**attribution causale** permet-elle aux individus de **prédire** et **maîtriser** leur réalité selon Heider ?
Réponse
En inférant des relations de causalité entre objets à partir des effets observables, ce qui permet d'organiser le chaos, d'anticiper les événements et d'agir sur l'environnement.
Question
Distinguez l'**auto-attribution** de l'**hétéro-attribution** et identifiez leur rôle respectif dans les théories présentées.
Réponse
**L'auto-attribution** (sur soi) est centrale chez Kelley et Weiner ; **l'hétéro-attribution** (sur autrui) est au cœur du modèle de Jones et Davis. Kelley rend compte des deux.
Question
Comment l'**analyse scientifique** que Kelley prête à l'observateur naïf utilise-t-elle la co-variation ?
Réponse
L'effet est attribué à la cause plausible avec laquelle il co-varie : si le comportement varie avec la personne (++), le stimulus (++) ou les circonstances (++).

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