Stratégies de révision pour les notions philosophiques
Aucune carteGuide condensé des 17 notions du programme de philosophie, incluant définitions de base, sens originaux, références essentielles (Aristote, Spinoza, Freud, Popper, Marx, Rousseau, Pascal, Austin) et exemples illustratifs pour enrichir les dissertations et maximiser les points au bac.
Philosophie : 17 notions clés pour le Baccalauréat
Cette note propose une synthèse exhaustive des 17 notions philosophiques essentielles au programme du baccalauréat. Pour chaque notion, nous explorerons ses définitions de base, des sens plus originaux pour enrichir l'argumentation, des références philosophiques clés et des exemples concrets et percutants.
1. La Nature
- Sens de base : La nature désigne tout ce qui n'est pas produit ou modifié par les êtres humains. Cela inclut les éléments de l'environnement (arbres, ciel, animaux, etc.) qui existent indépendamment de l'action humaine.
- Sens original (Nature humaine) : Il est également crucial de considérer la nature humaine, c'est-à-dire ce qui est inné, spontané ou universel en l'homme. Par exemple, le langage est-il naturel ou artificiel ? La liberté et les émotions relèvent-elles de notre nature ? Réfléchir à la nature humaine permet d'ouvrir une troisième partie originale dans une dissertation sur la nature.
- Référence philosophique : Aristote, dans La Physique, propose une vision téléologique de la nature. Pour lui, la nature n'est pas passive, mais une force animée d'un désir ou d'une puissance orientée vers un but. La graine « désire » devenir un arbre, le feu « désire » s'élever. Cette idée que la nature tend vers une fin peut être très utile pour aborder des sujets complexes.
- Exemple : Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) et des techniques comme CRISPR (les "ciseaux génétiques") posent la question des limites de l'intervention humaine sur la nature. Produire des poissons plus gros (dorades japonaises), des moustiques résistants au paludisme, ou même des humains protégés contre le VIH, interroge ce qui est encore "naturel". Est-ce dangereux ? Cet exemple permet d'aborder les liens entre nature et technique.
2. La Justice
- Sens de base : La justice est souvent comprise comme un équilibre ou une manière de rendre à chacun sa part. Elle se manifeste par la distribution de biens ou par l'application de peines.
- La justice distributive : concerne la répartition équitable des ressources, des droits ou des devoirs.
- La justice pénale : concerne la sanction des infractions et la punition des coupables.
- Sens original (Justice restaurative) : La justice restaurative offre une perspective innovante. Elle vise à faire dialoguer victimes et auteurs de crimes pour favoriser la compréhension mutuelle et la réparation, en complément ou en alternative à la justice punitive traditionnelle. Elle a montré son efficacité pour réduire la récidive et améliorer le bien-être des victimes.
- Référence philosophique : Aristote, dans l'Éthique à Nicomaque, souligne que l'application stricte de la loi ne suffit pas toujours à la justice, car les lois sont générales et ne peuvent anticiper toutes les situations particulières. Il introduit la notion d'équité (l'epieikeia), qui consiste à adapter la loi au cas spécifique pour rendre une justice plus juste et humaine. Il distingue ainsi le "juste selon la loi" du "juste dans ce cas-là".
- Exemple : Le film Douze hommes en colère de Sidney Lumet est un exemple classique pour illustrer les défis de la justice. Il montre comment un juré (le douzième homme) sème le doute sur une décision de culpabilité hâtive, mettant en lumière le danger d'une justice expéditive et l'importance du doute raisonnable et de la délibération dans le système judiciaire.
3. L'Art
- Sens de base : L'art est couramment associé aux œuvres des artistes (peinture, musique, sculpture, etc.), visant la beauté ou l'expression.
- Sens original :
- L'art comme savoir-faire : L'art peut aussi désigner une habileté, une technique, un savoir-faire. Par exemple, l'art de faire des pâtes, l'artisanat, ou les arts martiaux. Cette distinction permet d'élargir la réflexion au-delà de la sphère purement esthétique.
- L'art contemporain : Ce mouvement artistique bouscule les définitions traditionnelles en proposant des œuvres qui ne sont ni nécessairement belles ni difficiles à produire techniquement. Il cherche à provoquer une réflexion sur la nature même de l'art, le choc et l'interrogation primant sur l'esthétique classique.
- Référence philosophique : Aristote, dans La Poétique, affirme que l'art imite la nature (mimésis). Cependant, il précise que cette imitation n'est pas une simple copie, mais une révélation. L'œuvre d'art ne reproduit pas le réel, elle le fait apparaître sous un nouveau jour, nous apprenant quelque chose de nouveau et procurant un plaisir de reconnaissance.
- Exemples :
- Pour l'art classique et le savoir-faire : Les Bergers d'Arcadie de Poussin, un tableau classique illustrant l'harmonie et la beauté, avec des bergers méditant devant une inscription.
- Pour l'art contemporain et la remise en question : Play-Doh de Jeff Koons, une sculpture monumentale en métal qui évoque des morceaux de pâte à modeler. Cet exemple interroge : est-ce que des matériaux quotidiens peuvent être de l'art ? Où se trouve la valeur artistique ?
4. La Liberté
- Sens de base : La liberté est la capacité de faire ce que l'on veut.
- Sens originaux :
- La liberté politique : Dans une société, la liberté n'est pas l'absence de toute contrainte, mais la capacité d'agir dans le respect des lois et des droits des autres. Elle se distingue de la liberté "naturelle" où l'individu est seul.
- La liberté intérieure : C'est la capacité d'agir selon sa volonté profonde, plutôt que de céder aux désirs impulsifs du moment. L'exemple du toxicomane illustre cette distinction : est-il libre s'il cède à son désir de drogue, ou s'il parvient à y résister pour suivre sa volonté d'arrêter ? La liberté intérieure consiste à obéir à sa volonté plutôt qu'à ses désirs.
- Référence philosophique : Spinoza, notamment dans sa Lettre à Schuller, soutient une vision déterministe. Pour lui, la liberté est une illusion. Nos actions sont déterminées par des causes complexes (biologiques, psychologiques, sociales) dont nous ignorons la plupart. Ne connaissant pas ces causes, nous nous croyons libres. La vraie "liberté" consisterait à comprendre les raisons de nos actions, même si elles sont déterminées.
- Exemple : Le transhumanisme propose de modifier l'être humain par la technique pour le libérer de ses limites naturelles (maladie, mort, capacités intellectuelles). Est-ce une forme de liberté ultime, ou une aliénation ? Cet exemple permet d'aborder les questions de liberté, nature et technique.
5. La Technique
- Sens de base : La technique est un savoir-faire, un ensemble de règles et de gestes appris et répétés pour atteindre un but (ex: la technique du tourage en pâtisserie). Ce sens est similaire à l'art comme savoir-faire.
- Sens original (Objets techniques) : La technique englobe aussi les objets techniques produits par ces savoir-faire (internet, vaccins, outils). Distinguer le savoir-faire (la manière de faire) des objets techniques (les produits) permet d'affiner l'analyse, par exemple en se demandant si "la technique rend heureux" en se penchant sur l'impact des savoir-faire ou des objets techniques.
- Référence philosophique : Le mythe de Prométhée raconté par Platon illustre l'origine de la technique. Les humains, initialement fragiles et dépourvus de défenses naturelles, ont reçu de Prométhée le feu et le savoir-faire technique. Cette puissance technique est une compensation à notre impuissance naturelle, nous permettant de survivre et de dominer notre environnement.
- Exemple : Les exemples utilisés pour la nature et la liberté (OGM, transhumanisme) sont aussi pertinents ici, montrant la capacité humaine à transformer son environnement et même sa propre nature.
6. La Vérité
- Sens de base : La vérité est ce qui correspond à la réalité (vérité-correspondance). Elle est souvent le résultat d'une recherche, comme celle menée par les scientifiques, journalistes ou juges.
- Sens original (Vérité religieuse) : La vérité religieuse est une vérité révélée, qui n'est pas prouvée par la raison ou l'expérience, mais reçue par la foi ou l'illumination. Considérer cette forme de vérité permet d'explorer les limites de la démonstration et d'aborder la question sous un angle différent.
- Référence philosophique : Kant, dans la Critique de la raison pratique, considère la vérité comme une valeur suprême, plus importante que le bonheur ou la justice. Pour Kant, mentir détruit la confiance et rend impossible la vie collective. Il est donc un devoir moral absolu de toujours dire la vérité, même si les conséquences sont difficiles.
- Exemple : L'histoire vraie de Jean-Claude Romand est un exemple extrême des conséquences dévastatrices du mensonge. Ayant construit toute sa vie sur une imposture (se faisant passer pour un médecin), l'effondrement de son château de cartes a mené à un drame familial, illustrant l'importance vitale de la vérité dans les relations humaines.
7. La Religion
- Sens de base : La religion est avant tout une croyance en Dieu ou en des divinités. Elle implique aussi des pratiques (fêtes, pèlerinages), des règles de vie (pardon, charité) et des valeurs morales.
- Sens original (Appartenance sociale) : Une religion est aussi une communauté, un groupe social auquel on appartient. Cette dimension sociale de la religion, en tant que facteur d'identité et de lien, peut être un point de départ pour une troisième partie originale.
- Référence philosophique : Freud, dans L'Avenir d'une illusion, propose une explication psychologique de la religion. Il la décrit comme une consolation, un mécanisme de défense face à l'angoisse et à l'impuissance humaines. La croyance en un Dieu tout-puissant, protecteur et aimant, est assimilée à une projection du désir enfantin d'avoir des parents protecteurs, offrant sécurité et sens à l'existence. Cette référence peut aussi être utilisée pour la vérité ou le bonheur.
- Exemple : Le film Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge) met en scène un soldat chrétien objecteur de conscience qui refuse de porter une arme et de tuer, mais s'engage sur le front comme médecin et sauve de nombreuses vies. Cet exemple illustre la force de la foi et les conflits de devoirs que peut engendrer la religion. Il est à noter qu'aujourd'hui, environ 85% de l'humanité déclare avoir une religion.
8. La Science
- Sens de base : La science est une démarche rigoureuse visant à connaître les lois générales du monde par une méthode et des expériences systématiques.
- Sens original (Sciences humaines) : Les sciences humaines (histoire, psychologie, sociologie) étudient l'humain. Bien qu'elles utilisent des méthodes scientifiques, leurs résultats sont souvent moins précis ou généralisables que ceux des sciences exactes. Aborder les sciences humaines permet d'élargir le débat sur la scientificité.
- Référence philosophique : Karl Popper, dans La Logique de la découverte scientifique, propose le critère de réfutabilité pour distinguer la science de la non-science. Une théorie est scientifique si elle peut potentiellement être prouvée fausse par l'expérience. Si une affirmation ne peut pas être testée ou réfutée (ex: "Dieu existe", "les désirs inconscients"), elle n'appartient pas au domaine de la science.
- Exemple : La phrénologie, très populaire au XIXe siècle, prétendait déterminer les traits de caractère à partir de la forme du crâne. Elle est un excellent exemple de ce qui était considéré comme une science à une époque, avant d'être discrédité. Elle montre que les connaissances scientifiques sont provisoires et évoluent, et que ce qui est tenu pour vrai un jour peut être réfuté le lendemain.
9. Le Travail
- Sens de base : Le travail est une activité souvent pénible ou contraignante, effectuée pour subvenir à ses besoins, qu'il soit physique ou intellectuel.
- Sens original (Travail émotionnel) : Le travail émotionnel désigne l'effort conscient ou inconscient pour gérer ses propres émotions et celles des autres dans un cadre professionnel ou social (sourire à un client, consoler un ami, encourager un enfant). Il est particulièrement pertinent dans les métiers de service et peut constituer une troisième partie très originale.
- Référence philosophique : Karl Marx, dans Le Capital, voit le travail comme l'activité fondamentale de l'être humain. C'est par le travail que l'homme transforme le monde et se réalise lui-même. Cependant, dans le capitalisme, le travail peut devenir aliénant, déshumanisant et source de souffrance, détruisant l'humanité au lieu de la développer (ex: les usines du XIXe siècle).
- Exemple : Le récit de la Genèse offre deux visions du travail. Initialement, dans le Jardin d'Éden, le travail est une activité agréable et créatrice. Après la Chute, il devient une punition et une souffrance. Cet exemple permet de discuter des ambivalences du travail : source de réalisation, de lien social et de revenus, mais aussi de contrainte et de déplaisir.
10. Le Bonheur
- Sens de base : Le bonheur est un état de satisfaction durable, à distinguer du plaisir qui est une satisfaction momentanée.
- Sens originaux : Pour une dissertation, on peut différencier :
- Le bonheur individuel : ma propre satisfaction.
- Le bonheur des autres : la contribution au bien-être collectif.
- Référence philosophique : Kant, dans les Fondements de la métaphysique des mœurs, considère le bonheur comme une idée indéterminée, un idéal de l'imagination. Nous ne savons pas précisément ce qui nous rendrait durablement heureux, et sa recherche est guidée par l'empirisme plutôt que par la raison. Pour Kant, le bonheur n'est pas un devoir ; le devoir, lui, est clair et impératif, et souvent difficile.
- Exemple : Rousseau, dans ses Confessions, évoque son séjour aux Charmettes comme la période la plus heureuse de sa vie. Cet exemple littéraire illustre un bonheur simple fait de plaisirs modestes (nature, musique, affection). Il peut servir à montrer qu'il est possible de connaître des moments de bonheur, même si Kant le considère comme un idéal fuyant.
11. Le Temps
- Sens de base : Le temps est la mesure du changement, la dimension dans laquelle tout se transforme, passe et évolue.
- Sens original (Accélération sociale du temps) : L'accélération sociale du temps ne signifie pas que le temps s'écoule plus vite objectivement, mais que notre rapport au temps est caractérisé par une pression à vivre plus de choses en moins de temps. Cela se manifeste dans le fast food, le speed dating, les formats courts sur internet, la multiplication des expériences professionnelles ou personnelles. Ce phénomène est lié aux innovations techniques et à une transformation de notre mode de vie.
- Référence philosophique : Sénèque, dans De la brièveté de la vie, critique le gaspillage du temps. Il souligne que les hommes accordent plus de valeur à leur argent qu'à leur temps, qu'ils laissent s'écouler sans s'en préoccuper, se dispersant dans des futilités ou le "zèle des occupations" (la manie du travail). Le temps est la seule chose qui nous appartient vraiment, et sa perte est irréparable. Cette référence peut aussi s'appliquer aux notions de travail et de bonheur.
- Exemple : L'exemple de l'accélération sociale du temps est en soi un exemple pertinent. Il illustre comment notre société nous pousse à une consommation rapide et multiple des expériences, souvent sous l'impulsion des innovations techniques.
12. L'État
- Sens de base : L'État (avec une majuscule) est l'organisation politique d'une société, détenant le pouvoir de réguler la vie collective. Il est une puissance incroyable qui peut imposer des lois, lever des impôts ou sanctionner.
- Sens originaux : Pour une dissertation, on peut distinguer :
- L'État répressif : Qui assure l'ordre par la contrainte, la police, la justice et l'emprisonnement.
- L'État providence : Qui intervient pour assurer le bien-être de ses citoyens (hôpitaux, écoles, aides sociales).
- Référence philosophique : Rousseau, dans le Second Discours (Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes), soutient que l'État n'est pas naturel. À l'origine, les hommes vivaient isolés. La nécessité de vivre ensemble face aux catastrophes ou pour survivre a conduit au chaos et à la violence. L'État a été inventé comme une solution artificielle pour fixer des règles et instaurer l'ordre social.
- Exemple : Le président argentin Javier Milei, avec ses idées libertariennes, illustre la théorie de l'État minimal. Son programme de réduction drastique des ministères (éducation, santé), de libéralisation (port d'armes, vente d'organes) pose la question de l'étendue souhaitable du rôle de l'État dans la société.
13. Le Devoir
- Sens de base : Le devoir est une obligation, ce que l'on doit faire.
- Sens originaux : On peut distinguer trois types de devoirs :
- Les devoirs légaux : imposés par la loi (ex: aller à l'école, ne pas tuer).
- Les devoirs sociaux : règles de bonne conduite en société (ex: dire bonjour, céder sa place).
- Les devoirs moraux : impératifs de la conscience (ex: faire le bien, ne pas être cruel).
- Référence philosophique : Rousseau, dans l'Émile ou De l'éducation, affirme que nous avons en nous une voix du devoir moral ou de la conscience, qu'il appelle l'arbitre infaillible du bien et du mal. Cette voix intérieure nous guide, et pour Rousseau, elle a toujours raison.
- Exemple : Le film Tu ne tueras point (déjà mentionné pour la religion) est un excellent exemple de conflit de devoirs. Le soldat doit à la fois servir son pays (devoir de citoyen) et respecter son devoir de croyant (ne pas tuer). Son choix d'aller à la guerre sans armes, tout en sauvant des vies, illustre la complexité des dilemmes moraux.
14. La Conscience
- Sens de base : La conscience est la capacité de se rendre compte, de savoir, d'être lucide.
- Sens originaux : Pour une dissertation, on peut distinguer trois formes de conscience :
- La conscience du monde : La perception et la compréhension de notre environnement (ex: avoir conscience de l'écran devant soi).
- La conscience de soi : La connaissance de sa propre existence, de son identité, de ses pensées et émotions.
- La conscience morale : La capacité à distinguer le bien du mal et à évaluer ses propres actions et celles des autres (ex: avoir conscience qu'il ne faut pas frapper son petit frère).
- Référence philosophique : Rousseau, dans l'Émile, décrit la conscience comme un guide intérieur, un instinct divin qui nous indique ce qui est juste ou injuste. Pour Rousseau, cette voix de la conscience est en même temps la voix de Dieu et celle de la nature. C'est une référence très versatile.
- Exemple : La Déclaration de Cambridge sur la conscience (2012) est un exemple contemporain. Des scientifiques de renommée mondiale ont affirmé que de nombreux animaux possèdent une forme de conscience similaire à celle des humains, remettant en question la singularité de la conscience humaine et ouvrant le débat sur l'éthique animale.
15. L'Inconscient
- Sens de base : L'inconscient peut désigner ce qui est perçu sans que nous en ayons conscience (ex: images subliminales).
- Sens original (Psychanalyse) : En psychanalyse, l'inconscient est un ensemble de désirs refoulés, des pulsions (appelées le Ça par Freud). Ces désirs sont aveugles, amoraux et agissent sans que nous en ayons connaissance. Ils peuvent être découverts par des techniques comme l'analyse des rêves. Séparer ces deux sens (perceptions inconscientes vs. désirs inconscients) permet de structurer une analyse.
- Référence philosophique : Freud, dans Le Moi et le Ça, explique que l'inconscient est un réservoir de pulsions brutes. Une partie de ces désirs est refoulée et échappe à notre conscience. Nous pouvons désirer la mort de quelqu'un sans le savoir, par exemple. Pour Freud, l'inconscient est actif et influence fortement notre comportement.
- Exemple : La vision aveugle (blindsight) est un phénomène neurologique où des personnes, bien que se déclarant aveugles suite à une lésion cérébrale, sont capables de détecter ou d'identifier des objets dans leur champ de vision sans en avoir conscience. Cela illustre la notion de perception inconsciente, où des informations visuelles sont traitées par le cerveau sans atteindre la conscience.
16. La Raison
- Sens de base : La raison est la capacité de réfléchir, l'intelligence qui nous permet de penser logiquement.
- Sens originaux : On peut distinguer :
- La raison théorique : Sa fonction est de distinguer le vrai du faux, de connaître le monde (ex: comprendre qu'il n'est pas possible d'être en Chine et à Paris en même temps).
- La raison pratique : Sa fonction est de distinguer le bien du mal, de déterminer ce qui est raisonnable d'un point de vue moral ou éthique (ex: ne pas rester sur TikTok à 2h du matin avant le bac).
- Référence philosophique : Pascal, dans ses Pensées, met en évidence les limites de la raison seule. Il affirme qu'on connaît des choses non seulement par la raison, mais aussi par le cœur (intuition, sentiment). « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » Pour Pascal, la raison est utile mais elle a besoin de connaissances immédiates qui viennent d'ailleurs. Il dénonce les « deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison. »
- Exemple : Les biais cognitifs sont des raccourcis mentaux qui influencent notre jugement sans que nous en ayons conscience. L'optimisme biaisé (90% des gens pensent conduire mieux que la moyenne) est un exemple. Ces biais montrent que nous sommes moins rationnels que nous le pensons, même lorsque nous réfléchissons, et que notre intelligence peut être "tordue" sans notre connaissance.
17. Le Langage
- Sens de base : Le langage est la capacité à communiquer par des signes, qu'ils soient vocaux (parole), écrits ou gestuels.
- Sens original (Actes de langage) : Le philosophe Austin, dans Quand dire, c'est faire, met en évidence que le langage ne sert pas seulement à décrire le monde (énoncés constatifs). Il peut aussi accomplir des actions (énoncés performatifs). Dire « Tais-toi ! » est un ordre. Insulter quelqu'un, c'est faire quelque chose. Quand un juge dit « Le procès est ouvert », il ouvre effectivement le procès par la seule énonciation. Cette perspective du langage-action ou des actes de langage peut être très utile pour une troisième partie.
- Référence philosophique : Austin est la référence clé sur ce sujet, avec son concept d'actes de langage et la distinction entre énoncés constatifs et performatifs, qui souligne la dimension active et transformative du langage.
- Exemple : L'exemple du singe bonobo Kanzi, qui a appris à communiquer en utilisant des symboles (le yerkish) sur un clavier, est fascinant. Il parvient à exprimer des désirs complexes, à commenter son environnement et même à faire des blagues ou à mentir. Cela interroge la nature du langage et la singularité humaine dans son utilisation. Cet exemple peut aussi servir pour la notion de vérité en montrant qu'il peut mentir.
Conclusion et Conseils
Ces 17 notions constituent la base du programme de philosophie. Il est essentiel de maîtriser pour chacune :
- Un sens de base et un sens original pour diversifier votre argumentation.
- Une référence philosophique avec le nom de l'auteur, le titre de l'œuvre et l'idée principale.
- Un exemple concret et "stylé" qui illustre la notion et peut impressionner le correcteur.
La capacité à jongler entre ces éléments et à les articuler de manière cohérente dans une dissertation est la clé de la réussite. N'oubliez pas que la philosophie invite à la réflexion critique et à la remise en question des évidences, donc osez explorer les sens originaux et les exemples qui sortent des sentiers battus pour enrichir votre propos.
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