Spinal Cord and Spinal Nerves Anatomy
50 cartesDetailed breakdown of the spinal cord and associated nerves, including protective structures, anatomical regions, and functional pathways.
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La moelle épinière, les nerfs spinaux et la somesthésie
La moelle épinière et les nerfs spinaux sont des éléments cruciaux du système nerveux central et périphérique, jouant un rôle fondamental dans l'homéostasie en orchestrant des réponses réflexes rapides à divers stimuli. La moelle épinière sert de voie principale pour la transmission des influx nerveux sensitifs vers l'encéphale et des influx moteurs depuis l'encéphale vers les effecteurs périphériques.
Anatomie macroscopique et structures protectrices de la moelle épinière
La moelle épinière est une structure délicate et vitale, d'environ 42-45 cm de long chez l'adulte, dont l'élongation s'arrête vers 4-5 ans. Elle est protégée par plusieurs couches de tissus et structures osseuses.
Structures protectrices
- Méninges spinales : En continuité avec les méninges crâniennes, elles sont constituées de tissu conjonctif dense et entourent complètement la moelle épinière. Elles comprennent :
- Dure-mère : Couche externe, robuste, faite de tissu conjonctif dense irrégulier. Elle s'étend du foramen magnum (base du crâne) jusqu'à la deuxième vertèbre sacrée ().
- Espace épidural : Situé entre la dure-mère et la paroi osseuse du canal vertébral, il contient du tissu adipeux (graisse) et conjonctif, offrant une protection supplémentaire et un amorti.
- Arachnoïde : Méninge intermédiaire, avasculaire, séparée de la dure-mère par l'espace sous-dural.
- Pie-mère : Couche la plus interne, adhérant étroitement à la surface de la moelle épinière. Elle est richement vascularisée, fournissant oxygène et nutriments à la moelle.
- Cavité subarachnoïdienne : Située entre l'arachnoïde et la pie-mère, elle contient le liquide céphalorachidien (LCR).
- Liquide Cérébrospinal (LCR) : Le LCR circule dans la cavité subarachnoïdienne et dans le canal central de la moelle. Il assure une protection physique contre les chocs, une protection chimique contre les agressions, et transporte des nutriments (comme l'oxygène et le glucose) et des déchets métaboliques.
- Ponction lombaire : Pour le diagnostic de certaines maladies (méningite), l'administration de médicaments (antibiotiques, anesthésiques, antinéoplasiques) ou la mesure de la pression du LCR, une aiguille est insérée dans la cavité subarachnoïdienne, généralement en dessous de la vertèbre pour éviter toute lésion de la moelle épinière.
- Colonne vertébrale : Enveloppe osseuse externe composée de 26 vertèbres individuelles chez l'adulte (issue de la fusion de 33 vertèbres embryonnaires). La moelle épinière est logée dans le canal vertébral, formé par la superposition des foramens vertébraux.
- Ligaments dentelés : Prolongements membraneux de la pie-mère qui émergent latéralement, fusionnent avec l'arachnoïde et la dure-mère et stabilisent la moelle épinière, la protégeant des déplacements soudains.
Anatomie de la colonne vertébrale
La colonne vertébrale est une tige robuste et souple, supportant la tête et servant de point d'attache aux côtes, à la ceinture pelvienne et aux muscles du dos.
- Régions vertébrales et nombre de vertèbres :
- Cervicales (C1-C7) : 7 vertèbres.
- Thoraciques (T1-T12) : 12 vertèbres.
- Lombaires (L1-L5) : 5 vertèbres.
- Sacrum : Fusion de 5 vertèbres sacrées (débute entre 16 et 18 ans, terminée vers 30 ans).
- Coccyx : Fusion de 4 vertèbres coccygiennes (entre 20 et 30 ans).
- Disques intervertébraux : Situés entre les corps de vertèbres adjacentes (de au sacrum). Ils sont composés d'un noyau pulpeux (substance interne molle et élastique) entouré d'un anneau fibreux. Avec le vieillissement, ils peuvent se comprimer, s'aplatir et s'élargir.
- Foramens intervertébraux : Ouvertures situées entre les vertèbres adjacentes, permettant le passage des nerfs spinaux.
Structure d'une vertèbre typique
Chaque vertèbre possède des caractéristiques spécifiques selon sa région.
- Corps vertébral : Partie antérieure épaisse et discoïde, essentielle pour le support de poids. Ses faces rugueuses sont des points de fixation pour les disques intervertébraux, et les foramens nourriciers permettent le passage des vaisseaux sanguins.
- Arc vertébral : Formé par les pédicules et les lames, il entoure le foramen vertébral. Les incisures vertébrales supérieure et inférieure forment le foramen intervertébral pour les nerfs spinaux.
- Processus (7 par vertèbre, issus de l'arc vertébral) :
- Processus transverse (2) : Situés à la jonction d'une lame et d'un pédicule.
- Processus épineux (1) : Projection postérieure issue de l'union des lames.
- Processus articulaires supérieurs (2) et inférieurs (2) : Forment des articulations avec les vertèbres adjacentes, avec des facettes articulaires recouvertes de cartilage hyalin.
Particularités régionales des vertèbres
- Vertèbres cervicales :
- Foramen vertébral : Le plus grand de la colonne pour abriter la portion cervicale de la moelle épinière.
- Foramens transversaires (2) : Permettent le passage de l'artère vertébrale, de sa veine et de son nerf.
- Processus épineux : Souvent bifide (fissuré en deux) de à .
- Atlas () : Soutient la tête, n'a ni corps ni processus épineux. Ses facettes articulaires s'articulent avec les condyles occipitaux pour le mouvement de "oui".
- Axis () : Possède un corps et la "dent de l'axis" qui sert de pivot pour la rotation de la tête (mouvement de "non").
- Vertèbre proéminente () : Grand processus épineux palpable à la base du cou.
- Vertèbres thoraciques : S'articulent avec les côtes (articulations costo-vertébrales).
- Vertèbres lombaires : Les plus grandes et robustes, supportant le poids corporel le plus élevé. Leurs processus épineux sont épais et larges, offrant des points d'attache pour les grands muscles dorsaux.
- Sacrum : Os triangulaire formé par la fusion de 5 vertèbres, comportant 4 paires de foramens sacraux pour le passage de nerfs et vaisseaux. Le hiatus sacral est une ouverture inférieure vers le canal sacral, important pour les péridurales.
- Coccyx : Os triangulaire à la base de la colonne, formé par la fusion de 4 vertèbres coccygiennes.
Voici un tableau récapitulatif des caractéristiques :
| Caractéristiques | Vertèbres cervicales | Vertèbres thoraciques | Vertèbres lombaires |
|---|---|---|---|
| Corps | Petits | Plus grands | Les plus grands |
| Foramens | 1 vertébral + 2 transversaires | 1 vertébral | 1 vertébral |
| Processus épineux | Minces et souvent bifides (C2 à C6) | Longs et épais (surtout dirigés vers le bas) | Courts (dirigés vers l'arrière plutôt que vers le bas) |
| Processus transverses | Petits | Relativement grands | Grands |
| Facettes costales | Non | Oui | Non |
Anatomie intrinsèque de la moelle épinière
La moelle épinière s'étend du bulbe rachidien jusqu'au bord supérieur de la deuxième vertèbre lombaire ().
- Renflements :
- Renflement cervical (de à ) : Associé à l'innervation des membres supérieurs.
- Renflement lombaire (de à ) : Associé à l'innervation des membres inférieurs.
- Cône médullaire : Structure conique où se termine la moelle épinière, s'étendant jusqu'au disque intervertébral entre et .
- Filum terminal : Prolongement de la pie-mère qui émerge du cône médullaire et ancre la moelle au coccyx.
- Queue de cheval : Comme la moelle est plus courte que la colonne, les racines nerveuses des segments lombaires et sacrés s'infléchissent vers le bas dans le canal vertébral avant de sortir par leurs foramens intervertébraux respectifs, formant une structure ressemblant à des mèches de cheveux.
Substance grise de la moelle épinière
La substance grise, en forme de H, est entourée de substance blanche.
- Commissure grise : Barre transversale du H, reliant les deux côtés de la substance grise.
- Canal central (ou épendymaire) : Situé au centre de la commissure grise, rempli de LCR et continu avec le 4e ventricule cérébral.
- Composition : Contient les dendrites et corps cellulaires de neurones, des cellules gliales et des axones amyélinisés.
- Cornes : Les régions de la substance grise sont appelées cornes :
- Cornes dorsales (postérieures) : Contiennent les noyaux sensitifs (reçoivent les informations sensorielles).
- Cornes ventrales (antérieures) : Contiennent les noyaux moteurs (envoient les commandes motrices aux muscles).
- Cornes latérales : Présentes aux segments thoracique, lombaire supérieur et sacral, elles contiennent les noyaux moteurs autonomes (impliqués dans la régulation des fonctions viscérales).
La commissure grise relie les côtés gauche et droit de la substance grise, et non la substance blanche. (Ceci corrige une idée fausse mentionnée dans le matériel.)
Substance blanche de la moelle épinière
La substance blanche entoure la substance grise et est divisée par la fissure médiane ventrale (large et profonde) et le sillon médian dorsal (étroit).
- Cordons : La substance blanche est organisée en cordons :
- Cordon dorsal (postérieur)
- Cordon ventral (antérieur)
- Cordon latéral
- Faisceaux (tractus) : Ces cordons contiennent des faisceaux d'axones myélinisés de neurones ayant la même origine et/ou destination. Ces faisceaux constituent les principales voies de communication entre l'encéphale et la périphérie.
- Voies sensitives ascendantes : Transmettent les influx sensitifs vers l'encéphale.
- Voies motrices descendantes : Transmettent les influx moteurs depuis l'encéphale vers les effecteurs.
Voies sensitives ascendantes (Afférentes)
Ces voies transmettent l'information des récepteurs sensoriels vers l'encéphale, plus précisément vers le cervelet ou l'aire somesthésique primaire du cortex cérébral. Elles impliquent généralement trois neurones successifs.
- Neurones de 1er ordre : Reçoivent l'information sensorielle des récepteurs. Leur corps cellulaire est dans le ganglion spinal (pour les informations du cou, du tronc et des membres) ou dans le tronc cérébral (pour le visage, la bouche, les dents et les yeux, via les nerfs crâniens).
- Neurones de 2e ordre : Transmettent l'information du tronc cérébral ou de la moelle épinière jusqu'au noyau ventral postérieur du thalamus. Une caractéristique importante est la décussation (croisement vers le côté opposé de la ligne médiane).
- Neurones de 3e ordre : Transmettent l'information du thalamus à l'aire somesthésique primaire du cortex cérébral.
Principales voies sensitives
- Voie du cordon dorsal et du lemnisque médial :
- Faisceaux concernés : Faisceau gracile (informations du tronc inférieur et membres inférieurs) et faisceau cunéiforme (informations du cou, membres supérieurs, tronc supérieur).
- Sensations : Proprioception consciente, toucher fin, pression, vibration.
- Trajet : Les axones de 1er ordre montent dans le cordon dorsal ipsilateral, font synapse dans le bulbe rachidien (noyau gracile ou cunéiforme). Les axones de 2e ordre décussent dans le bulbe rachidien, formant le lemnisque médial, et montent jusqu'au thalamus. Les axones de 3e ordre se projettent du thalamus vers l'aire somesthésique primaire.
- Importance clinique : Une lésion de cette voie peut être causée par des maladies comme la syphilis, entraînant des troubles de la proprioception et du toucher fin.
- Voie spinothalamique (ou voie antérolatérale) :
- Faisceaux concernés : Faisceau spinothalamique ventral et faisceau spinothalamique latéral.
- Sensations :
- Faisceau spinothalamique ventral : Démangeaison, chatouillement, pression, toucher grossier.
- Faisceau spinothalamique latéral : Douleur, chaleur, froid.
- Trajet : Les axones de 1er ordre pénètrent dans la moelle et font synapse avec les neurones de 2e ordre dans la corne dorsale. Les axones de 2e ordre décussent dans la moelle épinière, puis montent vers le thalamus. Les axones de 3e ordre se projettent du thalamus vers l'aire somesthésique primaire.
- Faisceaux spinocérébelleux (ventral et dorsal) :
- Sensations : Proprioception inconsciente (mouvements du tronc et des membres inférieurs) essentielle pour le maintien de la posture et de l'équilibre.
- Trajet : Ces faisceaux transmettent les influx qui atteignent le cervelet sans passer par le thalamus ni le cortex cérébral, d'où leur rôle dans la coordination automatique.
Voies motrices descendantes
Ces voies transmettent les influx moteurs depuis l'encéphale vers la moelle épinière, puis vers les muscles squelettiques.
Voies motrices directes (ou pyramidales)
Impliquées dans les mouvements volontaires précis.
- Faisceau corticospinal latéral : Origine dans le cortex cérébral, décusse au niveau du bulbe rachidien et descend dans le cordon latéral de la moelle. Il contrôle les mouvements des parties distales des membres (mouvements fins des doigts, par exemple).
- Faisceau corticospinal ventral : Origine dans le cortex cérébral, descend dans le cordon ventral de la moelle sans décusser majoritairement, et contrôle les muscles du squelette axial (tête, cou, tronc).
- Faisceau corticobulbaire : Origine dans le cortex cérébral, projette vers les noyaux des nerfs crâniens dans le bulbe rachidien. Contrôle les mouvements des yeux, de la langue, du cou, de la mastication et de la parole.
- Importance clinique : Des affections comme la sclérose latérale amyotrophique (SLA) affectent ces voies, entraînant une perte de la fonction motrice volontaire.
Voies motrices indirectes (ou extrapyramidales)
Impliquées dans les mouvements automatiques, la coordination, le maintien du tonus musculaire, la posture et l'équilibre.
- Faisceau rubrospinal : Origine dans le noyau rouge, joue un rôle dans la coordination motrice.
- Faisceau tectospinal : Origine dans le colliculus supérieur, impliqué dans la coordination des mouvements oculaires et de la tête en réponse à des stimuli visuels.
- Faisceau vestibulospinal : Origine dans le noyau vestibulaire, aide à maintenir la tête en position et l'équilibre lors des mouvements du corps.
- Faisceaux réticulospinaux latéral et médial : Origine dans la formation réticulaire, contribuent au tonus musculaire, à la posture et à la locomotion.
Nerfs spinaux
Les nerfs spinaux sont des nerfs mixtes qui relient le SNC aux récepteurs sensoriels, aux muscles et aux glandes via le système nerveux périphérique (SNP).
- Origine : La fusion d'une racine dorsale (sensitive) et d'une racine ventrale (motrice) au niveau du foramen intervertébral forme un nerf spinal.
- Nombre : 31 paires de nerfs spinaux émergent à intervalles réguliers de la moelle épinière :
- 8 paires cervicales (-)
- 12 paires thoraciques (-)
- 5 paires lombaires (-)
- 5 paires sacrales (-)
- 1 paire coccygienne
- Le nerf petit occipital est une exception, ne sortant pas par un foramen intervertébral, mais entre l'atlas et l'os occipital.
Enveloppes des nerfs spinaux (Tissu conjonctif)
- Endonèvre : Recouvre individuellement chaque axone (myélinisé ou non).
- Périnèvre : Regroupe plusieurs axones en fascicules. Contient de nombreux vaisseaux sanguins.
- Épinèvre : Enveloppe l'ensemble du nerf. Des prolongements de l'épinèvre s'immiscent entre les fascicules. La dure-mère spinale fusionne avec l'épinèvre au niveau du foramen intervertébral. Contient également de nombreux vaisseaux sanguins.
Ramifications des nerfs spinaux
Après l'émergence des nerfs spinaux, ils se divisent en plusieurs rameaux :
- Rameau dorsal : Innerve les muscles profonds et la peau de la face dorsale du tronc.
- Rameau ventral : Innerve les muscles et structures des membres supérieurs et inférieurs, ainsi que la peau des faces latérale et ventrale du tronc. Les rameaux ventraux forment souvent des plexus nerveux.
- Rameau méningé : Retourne dans le canal vertébral pour innerver les vertèbres, les ligaments vertébraux, les vaisseaux sanguins de la moelle épinière et les méninges.
- Rameaux communicants : Appartiennent au système nerveux autonome (SNA).
Plexus nerveux
Les axones des rameaux ventraux (sauf ceux de à ) s'entrecroisent pour former des réseaux appelés plexus.
| Plexus | Nerfs spinaux et ramifications | Innervation |
|---|---|---|
| Cervical | à (et qqs de ) | Peau et muscles du cou, épaules, poitrine, diaphragme (nerf phrénique C3-C5). |
| Brachial | à et | Peau et muscles de l'épaule et du membre supérieur (ex: nerf ulnaire C8-T1 pour la main). |
| Lombaire | à | Paroi abdominale, organes génitaux externes, partie du membre inférieur (ex: nerf fémoral L2-L4). |
| Sacral | , et à | Fesses, périnée, membre inférieur (ex: nerf sciatique L4-S3, le plus long et volumineux). |
| Coccygien | , et nerf coccygien | Petite surface de peau de la région du coccyx. |
Nerfs intercostaux
Les rameaux ventraux des nerfs spinaux à ne forment pas de plexus, mais courent directement dans les espaces intercostaux. Ils innervent localement les muscles intercostaux et abdominaux, ainsi que la peau correspondante.
- : Innervation des muscles intercostaux du 2e espace et de la peau de l'aisselle et du bras postéro-médial.
- à : Innervation des muscles intercostaux et de la peau des parois thoracique antérieure et latérale.
- à : Innervation des muscles intercostaux et abdominaux, ainsi que de la peau correspondante.
Dermatomes
Un dermatome est une zone de peau qui transmet des influx sensitifs au SNC via une seule paire de nerfs spinaux. Exception faite, le nerf spinal ne correspond pas à un dermatome. Cliniquement, la localisation de la douleur dans un dermatome spécifique peut aider à identifier quel nerf spinal est affecté.
Réflexes
Un réflexe est une série d'actions rapides, automatiques et involontaires déclenchées en réponse à des stimuli spécifiques. Ils contribuent à l'homéostasie.
- Innés (inconditionnés) : Réflexes natifs (ex: retirer la main d'une surface chaude).
- Acquis (conditionnés) : Réflexes appris (ex: freiner une voiture en urgence).
- Réflexes spinaux : Intégration dans la substance grise de la moelle épinière (ex: réflexe rotulien).
- Réflexes crâniens : Intégration dans le tronc cérébral (ex: mouvement des yeux suivant les mots).
- Réflexes somatiques : Provoquent la contraction des muscles squelettiques.
- Réflexes autonomes (viscéraux) : Réponses des muscles lisses, du muscle cardiaque et des glandes.
Arc réflexe
L'arc réflexe est le trajet des influx nerveux qui produisent un réflexe. Il comprend cinq composantes fonctionnelles :
- Récepteur sensoriel : Réagit au stimulus (ex: étirement musculaire, douleur) et génère un potentiel gradué, qui, s'il atteint le seuil d'excitation, déclenche un potentiel d'action.
- Neurone sensitif (afférent) : Transmet l'influx nerveux du récepteur vers le centre d'intégration (SNC).
- Centre d'intégration : Situé dans le SNC (moelle épinière ou tronc cérébral). Il peut être :
- Monosynaptique : Une seule synapse entre le neurone sensitif et le neurone moteur (ex: réflexe d'étirement).
- Polysynaptique : Comporte un ou plusieurs interneurones qui relaient l'influx entre le neurone sensitif et le neurone moteur (le plus souvent des réflexes).
- Neurone moteur (efférent) : Transmet l'influx nerveux du centre d'intégration vers l'effecteur.
- Effecteur : Un muscle (contraction) ou une glande (sécrétion) qui répond à la commande motrice.
Les réflexes sont très prévisibles et sont d'excellents indicateurs de l'état de santé du système nerveux.
Exemples de réflexes spinaux
- Réflexe d'étirement (myotatique) :
- Arc réflexe monosynaptique et ipsilatéral.
- Mécanisme de rétroaction qui régule la longueur du muscle en le faisant se contracter en réponse à un étirement.
- La contraction du muscle étiré est accompagnée du relâchement de ses antagonistes (innervation réciproque).
- Exemple : Réflexe rotulien (coup sur le tendon patellaire provoque l'extension de la jambe).
- Réflexe tendineux (myotatique inverse) :
- Arc réflexe polysynaptique et ipsilatéral.
- Mécanisme de rétroaction qui régule la tension d'un muscle, entraînant son relâchement pour éviter les lésions.
- Exemple : Relâcher un objet trop lourd pour protéger les tendons.
- Réflexe de retrait (nociceptif) :
- Arc réflexe polysynaptique et ipsilatéral, souvent intersegmentaire (impliquant plusieurs segments médullaires).
- Contraction de plusieurs groupes musculaires pour éloigner rapidement un membre d'un stimulus douloureux.
- Exemple : Retirer le pied après avoir marché sur une punaise.
- Réflexe d'extension croisée :
- Arc réflexe polysynaptique et controlatéral.
- Synchronise l'extension du membre opposé (controlatéral) avec le retrait du membre stimulé, pour maintenir l'équilibre.
- Souvent associé au réflexe de retrait.
Somesthésie
La somesthésie désigne l'enregistrement conscient ou subconscient de changements dans le milieu interne ou externe du corps. C'est le principal système sensoriel de l'organisme, regroupant diverses sensations (pression, température, douleur, toucher, vibration, proprioception) provenant de la peau, des tendons, des articulations et des viscères. La privation de stimulations somesthésiques peut entraîner des troubles psychologiques graves.
Perception et modalités sensorielles
- Perception : Nécessite que les influx nerveux sensitifs atteignent le cortex cérébral pour une conscience précise du stimulus.
- Modalité sensorielle : Chaque type de sensation (tactile, douloureuse, visuelle, auditive, etc.).
Types de récepteurs sensoriels
- Terminaisons nerveuses libres : Dendrites dénudées, sans encapsulation structurale. Détectent douleur, chaleur, froid, chatouillement, démangeaison et un certain toucher.
- Terminaisons nerveuses capsulées : Dendrites enveloppées dans une capsule de tissu conjonctif. Détectent toucher, pression, vibration (ex: corpuscules de Pacini).
- Cellules spécialisées : Récepteurs sensoriels des organes des sens (ex: cellules ciliées de l'oreille interne pour l'audition/équilibre, cellules gustatives pour le goût, photorécepteurs de la rétine pour la vision).
Classification des récepteurs
Selon l'emplacement
- Extérocepteurs : À la surface du corps. Détectent sensations auditives, visuelles, olfactives, gustatives, tactiles, de pression, de vibration, de douleur, de chaleur et de froid.
- Intérocepteurs : Dans les vaisseaux sanguins, les viscères, les muscles et le système nerveux. Généralement non perçus consciemment.
- Propriocepteurs : Dans les muscles, tendons, articulations et l'oreille interne. Donnent des informations sur la position du corps, la longueur et la tension des muscles, et le mouvement des articulations.
Selon le type de stimulus détecté
- Mécanorécepteurs : Répondent aux stimulations mécaniques (pression, toucher, vibration, étirement, déformation).
- Thermorécepteurs : Détectent les changements de température.
- Nocicepteurs : Récepteurs de la douleur, répondent à des stimuli tissulaires potentiellement nocifs (mécaniques, thermiques, chimiques).
- Photorécepteurs : Répondent à la lumière (dans l'œil).
- Chimiorécepteurs : Détectent les substances chimiques (goût, odorat, sanguin).
- Osmorécepteurs : Détectent les changements d'osmolarité (concentration de solutés).
Adaptation des récepteurs
L'amplitude de la réponse d'un récepteur peut diminuer en cas de stimulation constante et prolongée, entraînant une diminution ou une disparition de la perception.
- Récepteurs à adaptation rapide (phasiques) : Réponse maximale mais brève, puis s'adaptent rapidement (ex: pression, toucher, odorat).
- Récepteurs à adaptation lente (toniques) : Continuent de générer des potentiels d'action tant que le stimulus est présent (ex: douleur, position du corps, composition chimique du sang).
Somesthésie spécifique
- Toucher et pression :
- Terminaisons libres : Pour certains touchers légers.
- Corpuscules de Meissner : Toucher léger, détection de texture.
- Corpuscules de Pacini : Pression profonde, vibration.
- Disques de Merkel : Toucher prolongé, pression.
- Corpuscules de Ruffini : Étirement cutané.
- Plexus de la racine des poils : Détecte le mouvement des poils.
- Démangeaison : Résulte de la stimulation de terminaisons nerveuses libres par des substances chimiques (ex: bradykinine) souvent lors d'inflammation locale.
- Chatouillement : Stimulation de terminaisons nerveuses libres et des corpuscules de Pacini. Ne peut être provoqué par soi-même.
- Proprioception et kinesthésie : Permet de déterminer la position et les mouvements de la tête et des membres sans les voir.
- Fuseaux neuromusculaires : Détectent les changements de longueur des muscles squelettiques, contribuent au réflexe d'étirement et au tonus musculaire.
- Organes tendineux de Golgi (fuseaux neurotendineux) : Protègent les tendons et leurs muscles associés contre les lésions dues à des tensions excessives (réflexe tendineux). Sensibles aux changements de tension.
- Récepteurs kinesthésiques des articulations :
- Terminaisons nerveuses libres et corpuscules de Ruffini (pression) à l'intérieur des capsules articulaires.
- Corpuscules de Pacini (accélération/décélération) autour des capsules articulaires.
Thermorégulation
La thermorégulation est le mécanisme physiologique qui permet de maintenir la température corporelle constante malgré les variations de la température extérieure.
Températures corporelles
- Température centrale : Température des structures corporelles profondes (organes vitaux sous la peau et le fascia superficiel). Elle est maintenue dans une plage étroite (environ à rectale). Une température excessivement haute () ou basse peut entraîner la mort (dénaturation des protéines ou arythmies cardiaques).
- Température de surface : Température de la peau et du fascia superficiel, généralement inférieure de 1 à à la température centrale.
Plages de températures normales :
| Partie du corps | Plage des températures normales |
|---|---|
| Rectum | à ( à ) |
| Oreille | à ( à ) |
| Bouche | à ( à ) |
| Aisselle | à ( à ) |
Centre de contrôle de la thermorégulation
L'aire préoptique de l'hypothalamus antérieur est le centre de contrôle. Il reçoit les influx nerveux des thermorécepteurs situés dans :
- La peau et les muqueuses (thermorécepteurs périphériques).
- L'hypothalamus lui-même (thermorécepteurs centraux).
Ces influx sont ensuite propagés vers deux autres régions de l'hypothalamus :
- Centre de la thermolyse : Activé en cas de chaleur (stimulus chaud), il déclenche des mécanismes de dissipation de chaleur.
- Augmentation de la température cutanée et centrale.
- Activation des récepteurs périphériques et centraux.
- Envoi d'influx nerveux à l'aire préoptique.
- Stimulation du système nerveux autonome (SNA) :
- Vasodilatation des vaisseaux sanguins cutanés (augmente le flux sanguin vers la peau pour dissiper la chaleur).
- Activation des glandes sudoripares (produisent de la sueur qui, en s'évaporant, refroidit le corps).
- Résultat : Diminution de la température corporelle.
- Centre de la thermogenèse : Activé en cas de froid, il déclenche des mécanismes de production/conservation de chaleur.
Des conditions comme l'hyperthermie (au-dessus de ) peuvent être causées par l'exposition prolongée à la chaleur, des efforts intenses ou certaines drogues.
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