Sémiologie chirurgicale du membre supérieur

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Ce document couvre la sémiologie chirurgicale du membre supérieur, incluant l'anatomie, les pathologies, et les examens cliniques de l'épaule, du coude, du poignet et de la main.

Sémiologie Chirurgicale du Membre Supérieur

Ce cours aborde la sémiologie chirurgicale du membre supérieur, en se concentrant sur les pathologies de l'épaule, du coude, du poignet et de la main. Il vise à fournir une compréhension approfondie de l'anatomie, des bilans cliniques et des différentes affections rencontrées dans cette région, en mettant l'accent sur les aspects pratiques et les tests cliniques.

I. Sémiologie de l'Épaule

1. Anatomie de l'Épaule

a) Généralités

  • L'épaule est une articulation non portante, permettant le positionnement et l'orientation de la main dans l'espace.

  • C'est une articulation très mobile avec 3 degrés de liberté :

    • Axe horizontal : flexion/extension (antépulsion/rétropulsion)

    • Axe sagittal : abduction/adduction

    • Axe vertical : rotation interne/externe

  • Tous les mouvements sont composés et peuvent réaliser la circumduction.

  • C'est un complexe articulaire.

  • L'omoplate (scapula) est oblique à 45° vers l'avant du plan frontal.

b) Arthrologie

L'épaule est constituée de 5 articulations :

  • Articulations "vraies" (avec liquide synovial) :

    • Sterno-claviculaire

    • Acromio-claviculaire

    • Gléno-huméral

  • Articulations virtuelles (espaces de glissement) :

    • Scapulo-thoracique

    • Sous-acromiale

L'épaule se voit comme une articulation à deux étages articulaires : gléno-huméral et sous-acromial.

L'articulation sous-acromiale :

  • Située sous la voûte acromio-coracoïdienne (espace de glissement).

  • Comprend un ligament entre l'acromion et la coracoïde.

  • Une bourse de glissement entre le deltoïde/acromion et l'humérus/coiffe des rotateurs pour éviter les frottements.

c) Myologie

Le deltoïde

  • Le muscle le plus important, volumineux et superficiel, donne le galbe de l'épaule.

  • 3 faisceaux : Claviculaire (antérieur), Acromial (moyen), Épineux (postérieur).

  • Insertion distale sur le V deltoïdien de l'humérus.

  • Innervé par le nerf axillaire (C5-C6).

La coiffe des rotateurs

Ensemble des muscles entre la scapula et les tubercules, coiffant la tête de l'humérus :

  • Sus-épineux :

    • Origine : Fosse supra-épineuse

    • Terminaison : Tubercule majeur de l’humérus

    • Innervation : Nerf supra-scapulaire

    • Action : Abduction du bras

  • Sous-scapulaire :

    • Origine : Fosse sous-scapulaire

    • Terminaison : Tubercule mineur de l’humérus

    • Innervation : Nerf subscapulaire

    • Action : Rotateur interne du bras

  • Infra-épineux :

    • Origine : Fosse infra épineuse et fascia infra-épineux

    • Terminaison : Facette postérieure du tubercule majeur

    • Innervation : Nerf supra-scapulaire

    • Action : Rotateur externe et abducteur du bras

  • Petit-rond :

    • Origine : Fosse infra-épineuse

    • Terminaison : Facette inféro-postérieure du tubercule majeur

    • Innervation : Nerf axillaire

    • Action : Rotateur externe du bras

Les deux seuls rotateurs externes sont le M. infra-épineux et le M. petit rond.

Rôle de la coiffe des rotateurs

  • Participation aux mouvements d'abduction/rotation du bras.

  • Rôle statique primordial :

    • Coaptation gléno-humérale : plaquer la tête humérale contre la glène.

    • Abaissement et recentrage de la tête de l'humérus.

Le biceps

Muscle important pour l'épaule, mais n'appartient pas à la coiffe des rotateurs.

  • Chef court : insertion sur le processus coracoïde de la scapula.

  • Chef long (intra-articulaire mais extra-synovial) : insertion au bord supérieur du bourrelet glénoïdien, chemine dans le sillon bicipital.

  • Souvent source de douleurs, parfois sectionné chirurgicalement lors de chirurgies de la coiffe.

d) Mobilité

  • Élévation de l'épaule à 180° : 90° au niveau scapulo-thoracique et 90° au niveau scapulo-huméral.

2. Sémiologie de l'Épaule

a) Classification des lésions de la coiffe

Lésions principalement liées à l'évolution de la bipédie et l'usure des tendons.

Tendinopathies de la coiffe sans rupture :

  • Calcifiante : dépôts de cristaux d'hydroxyapatite (aspect crayeux à la radio). 3 phases :

    • Pré-calcique : transformation du tendon en fibrocartilage.

    • Calcique : dépôts calciques homogènes, résorption spontanée fréquente.

    • Post-calcique : phase cicatricielle avec reformation de fibres de collagène.

    Souvent guérison spontanée, rares interventions chirurgicales.

  • Non calcifiante (tendinite) : liée à une hypersollicitation.

Rupture de la coiffe des rotateurs :

  • Partielle : rupture d'un des deux feuillets (superficiel ou profond).

  • Transfixiante : rupture des deux feuillets, créant un trou.

Ancienneté de la rupture :

  • Rupture chronique ("maladie de l'enthèse") : lésions dégénératives, souvent micro-traumatiques (ex: métiers manuels).

  • Rupture aiguë : souvent traumatique (avulsion tendineuse, rupture en plein corps). Urgence fonctionnelle, moins de 5% des cas.

b) Bilan Clinique

(1) Interrogatoire

  • Âge, ATCD (maladies métaboliques, diabète), traitements, allergies.

  • MDV : activité professionnelle (côté dominant ++), tabagisme, sport, loisirs.

  • HDM : début progressif ou traumatique ? Ancienneté. 95% des ruptures de coiffe sont dégénératives.

  • Symptômes : raideur, perte de force.

(2) Caractéristiques de la douleur

  • Siège, irradiation, intensité (EVA).

  • Horaire : douleurs nocturnes (orientent vers douleurs mécaniques ou inflammatoires, fréquentes dans les ruptures de coiffe).

  • Crises hyperalgiques.

c) Examen Physique

Se réalise patient torse nu, bilatéral et comparatif.

(1) Inspection

  • Déformations des reliefs (latéral, supérieur).

  • Ecchymoses, œdèmes.

  • Amyotrophie.

  • Morphotype.

(2) Palpation

  • Peu informative à cause de la couverture musculaire du deltoïde.

  • Palpation de l'articulation acromio-claviculaire, des reliefs osseux, des masses musculaires, et du trajet/insertion des tendons.

(3) Test des mobilités de l'épaule

(a) Mobilités passives

  • Toujours bilatéral et symétrique.

  • Vérifie la souplesse articulaire en passif.

  • Patient allongé à plat :

    • Étude de l'élévation antérieure passive (EAP) : un blocage à 90° indique une raideur.

    • Étude de la rotation externe 1 coude au corps (RE1) : cotation de 0 à 180° (> 85° = hyperlaxité).

  • Patient debout :

    • Étude de la rotation externe 2 en abduction 90° (RE2).

    • Étude de la rotation interne (niveau vertébral atteint par le pouce).

Si la mobilité passive est diminuée ou abolie (capsulite rétractile), l'examen s'arrête là.

(b) Mobilités actives

  • Informent sur le fonctionnement de la coiffe des rotateurs (++).

  • Toujours bilatéral et symétrique.

  • Reproduction active des mobilités passives :

    • Élévation antérieure active (EAA) : recherche d'un arc douloureux (élévation normale 180°, noter le degré déclenchant la douleur).

    • Épaule pseudo-paralytique : perte de l'EAA (< 80°) avec une mobilité passive normale (déficit moteur de la coiffe des rotateurs).

    • Rotations externes (infra-épineux et petit rond) : RE1 (60°/60°) et RE2 (90°/90°).

    • Rotation interne (sous-scapulaire).

(4) Examens de la coiffe des rotateurs et du biceps

(a) Examen du long biceps

  • Normalement invisible sauf en cas de rupture.

  • Test de Gilcreest (Palm-up) : bras tendu devant, élévation contre résistance. Douleur = tendinopathie du biceps (peu spécifique).

  • En cas de rupture du long biceps, apparition du signe de Popeye : le muscle se raccourcit et s'épaissit, devenant visible. Souvent une rupture salvatrice sans douleur nécessitant rarement une chirurgie.

(b) Examen du supra-épineux

  • Test de Jobe : Bras tendus devant, 90° d'abduction, 30° de flexion antérieure, rotation interne (pouces vers le bas). L'examinateur exerce une pression vers le bas.

  • Test positif si déficitaire (lâché de position). La douleur n'est pas un critère positif.

(c) Examen de l'infra-épineux

  • Patient en RE1 (coude au corps), demande "d'ouvrir le portail" contre résistance de l'examinateur.

  • Test positif si perte de force.

  • Rappel automatique/signe du portillon : bras revient automatiquement sur le ventre en cas de rupture complète.

(d) Examen du petit-rond

  • Manœuvre de Patte : Patient en RE2 (90° d'abduction et 90° de rotation externe), force contre la main de l'examinateur. Déficit de résistance = atteinte du petit rond.

  • Ne se teste qu'en cas de rupture associée de l'infra-épineux.

  • Dropping Sign : Incapacité à maintenir le bras en RE2.

  • Signe du Clairon : Impossible de placer la main à la bouche sans lever le coude (compensation de l'absence de rotation externe).

(e) Examen du sous-scapulaire (rotation interne)

  • Lift-off : Main dans le dos, demande de décoller la main. Positif si la main ne tient pas la position.

  • Belly Press Test : Même principe mais vers l'avant.

  • Bear Hug Test : Main sur l'épaule controlatérale, examin. essaie de décoller la main, patient doit résister.

  • Hyper-rotation externe : Rupture complète du sous-scapulaire entraîne une rotation externe asymétrique excessive.

Tous les tests de la coiffe sont comparatifs et positifs en cas de manque de force. La douleur n'est pas un signe de positivité.

(5) Le conflit sous-acromial

  • Conflit entre la face inférieure de l'acromion et la coiffe des rotateurs en abduction.

  • Génère des douleurs, peut causer une bursite.

  • Tests cliniques (moins utilisés par le professeur, mais de référence) :

    • Neer : EAP + compression de l'acromion (conflit antéro-supérieur).

    • Cross arm : Adduction horizontale passive forcée (conflit antéro-interne ou lésion acromio-claviculaire).

    • Yocum : EAA contre résistance, membre en adduction (conflit antéro-interne).

    • Hawkins : RI2 passive (conflit antéro-interne).

(6) Synthèse des tests cliniques

Tableau clinique

Mobilité passive

Mobilité active

Douleurs

Testing de coiffe

Capsulite rétractile

Diminuée

Diminuée

+++

Non réalisable

Épaule fonctionnelle douloureuse

Complète

Complète

+

Douloureux, non déficitaire

Épaule déficitaire (rupture de coiffe)

Complète

Complète

+

Douloureux, déficitaire

Épaule pseudo-paralytique

Complète

Diminuée (EAA < 80°)

+/-

+/- Douloureux, Déficitaire

Épaule hyperalgique

Souvent diminuée

Souvent diminuée

+++

Non réalisable

d) Les tableaux cliniques

  • Capsulite rétractile = épaule raide :

    • Diminution de la mobilité active et passive (raideur).

    • Tableau douloureux, raideur par rapport au côté controlatéral.

    • La RE est le 1er secteur de mobilité touché.

    • Primitive (sans lésion anatomique, femmes périménopause) ou secondaire (tendinopathie, post-traumatique, post-opératoire).

  • Épaule douloureuse fonctionnelle :

    • Mobilités actives et passives complètes.

    • Douleur dominante, souvent signe de conflit.

    • Testing de coiffe non déficitaire mais douloureux.

    • Étiologies : tendinopathie inflammatoire/calcifiante, ruptures partielles de coiffe.

  • Épaule douloureuse et déficitaire :

    • Mobilités actives et passives complètes.

    • Douleur dominante, signe de conflit.

    • Testing de coiffe déficitaire (perte de force), douloureux.

    • Étiologie : Rupture transfixiante de coiffe.

  • Épaule pseudo-paralytique :

    • Mobilités passives complètes mais actives limitées (EAA < 90°).

    • Dominée par l'impotence (incapacité à lever le bras spontanément).

    • Testing de coiffe déficitaire, +/- douloureux.

    • Étiologie : Rupture transfixiante d'au moins 2 tendons.

  • Épaule hyperalgique :

    • Contexte : urgence, pas de traumatisme, incapacité à bouger le bras, hyperalgie +++.

    • Douleurs insoutenables, insomniantes, non soulagées par antalgiques puissants.

    • Souvent associée à une capsulite (perte des mobilités passives).

    • Étiologie : Tendinopathie calcifiante en phase inflammatoire ou de résorption.

3. Instabilité de l'Épaule

a) Luxations Gléno-Humérales Antérieures

  • Définition : Perte de contact totale et permanente entre la tête humérale et la glène de l'omoplate.

  • Conséquences anatomiques :

    • "Lésions de passage" : arrachement des structures capsulo-ligamentaires antéro-inférieures, lésions osseuses.

    • Lésion de Bankart fibreuse (décollement capsulo-labral) ou osseuse (fracture rebord antéro-inférieur de glène).

    • Encoche de Malgaigne (FR) ou Hill Sachs (US) sur la tête humérale (impaction).

  • Classification : Selon la position de la tête humérale luxée par rapport à la coracoïde (extra-, sous-, ou intra-coracoïdienne).

  • Mécanisme / Contexte :

    • Indirect (+++) : chute sur la main/coude, membre en rétropulsion-rotation externe.

    • Mouvement brutal d'avant en arrière (plaquage).

    • Direct : chute sur le moignon de l'épaule.

    • Contexte : jeunes sportifs.

(1) Examen Clinique

  • Interrogatoire : Clinique bruyante, patient hyperalgique, contexte traumatique.

  • Inspection / Palpation :

    • Coup de hache externe, signe de l'épaulette.

    • Saillie de la tête humérale dans le sillon delto-pectoral.

    • Élargissement antéro-postérieur de l'épaule de profil.

    • Adduction impossible.

  • Complications : À rechercher avant toute mobilisation et à noter au dossier :

    • Neurologique : nerf axillaire (sensibilité moignon épaule), nerf radial (extension poignet), plexus brachial.

    • Vasculaire : abolition du pouls radial.

    Refaire les tests après la réduction.

(2) Examen Paraclinique

  • Systématique avant réduction.

  • Radiographie : épaule de face et profil de Lamy ou d'omoplate.

  • Confirme le diagnostic, le sens de la luxation, recherche de fractures associées (glène, tubercule majeur, col chirurgical).

b) Luxations Gléno-Humérales Postérieures

  • Mécanisme : Déplacement de la tête humérale en arrière de la glène par mouvement brutal en rotation interne.

  • Contexte : Crise comitiale, électrocution, delirium (souvent bilatéral), traumatisme à haute intensité.

  • Physiopathologie : Tête humérale bloquée en arrière de la glène, rotation externe impossible.

  • Lésion de passage : Encoche de Mac Laughin ou reverse Hill Sachs.

(1) Examen Clinique

  • Clinique bruyante, patient hyperalgique, membre en rotation interne.

  • Signe pathognomonique : rotation externe PASSIVE ET ACTIVE impossible.

  • Peu de déformations, proéminence de la coracoïde, comblement sous-acromial externe.

  • Flexion active du bras conservée, mais impossibilité de mettre la main en supination coude en extension.

(2) Examen Paraclinique

  • Bilan radiographique :

    • Diagnostic positif : superposition tête humérale/glène sur face en "coucher de soleil".

    • Profil de Lamy ou d'omoplate, incidence de Garth.

    • Recherche d'encoche de Mac Laughlin et fractures associées (humérus, bord postérieur de glène).

  • Scanner : analyse de l'encoche, recherche de fractures associées (surtout après réduction).

  • Complications : évolution vers luxation post-invétérée, luxations/subluxations récidivantes (plus rares qu'en antérieur).

c) Luxations Récidivantes de l'Épaule

Répétition d'épisodes de luxation ou subluxation, même dans des gestes anodins.

(1) Examen Clinique

(a) Interrogatoire

  • Facteurs de risques :

    • Âge ++ (plus on est jeune, plus le risque de récidive est élevé).

    • Sport à risque (rugby, handball, volley...).

    • Hyperlaxité.

    • Lésions anatomiques : fracture du bord antérieur de glène, lésions capsulo-labrales étendues (Bankart), encoche de Malgaigne profonde.

    • Absence de cicatrisation des structures capsulo-labrales.

(b) Tests cliniques

  • Recherche d'hyper-laxité :

    • Hyper-rotation externe (RE1 > 85°).

    • Tiroir antéro-postérieur : évalue le jeu articulaire antéro-postérieur.

    • Sulcus Test / Sign : dépression sous l'acromion à la traction vers le bas (hyperlaxité inférieure).

    • Test de Gagey ou Hyper Abduction Test (pathognomonique) : abduction passive en rotation neutre > 105° (laxité ligament gléno-huméral inférieur).

  • Examen physique de l'appréhension : Reproduire le mouvement luxant.

    • Appréhension antérieure : ABDUCTION – ROTATION EXTERNE.

    • Appréhension postérieure : ADDUCTION – ROTATION INTERNE.

  • Test d'instabilité gléno-huméral :

    • Relocation Test (de Jobe) : Patient en décubitus, bras à 90° d'abduction – rotation externe. Si douleur, pression antérieure sur la tête humérale soulage la douleur.

II. Sémiologie du Coude

1. Anatomie du Coude

a) Pièces Osseuses et Articulations

  • Unit l'humérus, le radius et l'ulna.

  • 3 pièces osseuses et 3 articulations :

    • Huméro-ulnaire (trochlée et ulna).

    • Huméro-radial (capitulum et tête du radius).

    • Radio-ulnaire proximal.

  • Une seule capsule commune.

  • 2 ligaments : latéral externe et latéral interne.

b) Myologie

  • Muscles antérieurs : Biceps brachial, Brachial antérieur (fléchisseurs de l'avant-bras).

  • Muscles postérieurs : Triceps.

  • Face interne : Muscles épitrochléens (pour la trochlée, système fléchisseur).

  • Face externe : Muscles épicondyliens (système extenseur), muscle anconé.

c) Vasculo-Nerveuse

  • Nerfs :

    • Médian (avant).

    • Ulnaire (en arrière de l'épicondyle médial).

    • Radial (avant du capitulum).

  • Pathologie du nerf ulnaire au coude :

    • Territoires sensitifs : 4ème et 5ème doigts (face palmaire et dorsale). Atteinte = fourmillements.

    • Territoires moteurs : muscles extrinsèques (FDP, FCU), muscles intrinsèques (hypothénariens, lombricaux, interosseux).

    • Sites de compression : tunnel cubital (derrière l'épicondyle médial), aponévrose du fléchisseur ulnaire du carpe.

    • Diagnostic : échographie, électroneuromyogramme.

  • Vascularisation : Artère humérale en avant de la trochlée.

d) Examen Clinique

(1) Interrogatoire

  • Histoire de la maladie, point douloureux, intensité de la douleur (EVA).

(2) Inspection

  • Recherche de cicatrices, psoriasis, déformations, signes inflammatoires/infectieux/tumoraux.

  • Lignes du coude : en extension (olécrâne, épitrochlée, épicondyle alignés), en flexion (triangle). Perte de repères en cas de luxation.

  • Inspection de devant : Valgus physiologique 10-20° (éloigne l'avant-bras du corps). Tout varus est pathologique.

(3) Inspection des mobilités

  • Flexion – Extension : Huméro-ulnaire, de 0 à 150°. Arc utile de 30 à 130°.

  • Prono – Supination : Pronation 85°, Supination 85° (perte impossible à compenser). Arc utile 50 – 50°.

2. Pathologies du Coude

a) Hygroma

  • Tuméfaction en arrière du coude, gonflement d'une bourse.

  • Remplie de liquide séreux ou hématique après un traumatisme ou inflammation.

  • Pas d'intervention sauf infection.

b) Épicondylite Latérale

  • Douleurs à la palpation de l'épicondyle latéral, s'aggravant à l'effort.

  • Test : manœuvre de provocation par pression sur les tendons.

  • Échographie confirme les fissures.

  • Diagnostics différentiels : branche motrice du nerf radial, interligne articulaire huméro-radiale.

c) Nerf Ulnaire au Coude

  • Le nerf ulnaire est sensitif et moteur.

  • Clinique :

    • Sensitif D4 – D5 : Paresthésie, dysesthésie, hypoesthésie.

    • Moteur : Amyotrophie, perte de force.

    • Luxation/Subluxation ("nerf qui roule").

    • Compression du nerf ulnaire au coude.

  • Tests cliniques :

    • Signe de Froment : Incapacité à tenir une feuille avec le pouce à plat (compensation par long fléchisseur du pouce – nerf médian).

    • Signe de Wartenberg : Déficit de l'interosseux (ne peut rapprocher l'auriculaire).

    • Signe de la flexion prolongée du coude : déclenche des paresthésies sur le trajet du nerf ulnaire.

d) Instabilité du Coude

  • Séquelle d'entorse grave ou de luxation.

  • Recherche du ressaut de la tête radiale : passage de flexion à extension en compression (avant-bras en supination).

e) Rupture du Biceps Distal

  • Anatomie : Insertion sur la tubérosité bicipitale, innervation par le nerf musculo-cutané, fonction de flexion du coude et supination.

  • Clinique : Biceps remonte ("grosse boule").

  • Test diagnostique : Hook Test (incapacité à crocheter le biceps distal).

  • Typique chez les haltérophiles.

f) Rupture du Triceps

  • Rupture rare, due à traumatisme ou usure.

  • Palpation et testing du triceps.

Conclusion du coude

Un bon examen clinique et des radios simples permettent souvent un diagnostic ou une forte présomption.

III. Sémiologie du Poignet et de la Main

1. Généralités

  • La main permet la prise fine (nerf médian), cylindrique, sphérique ou la force (5ème rayon - nerf ulnaire).

  • Constituée de 5 chaînes digitales et 2 parties :

    • Squelette fixe : M2, M3 et 2ème rangée du carpe.

    • Squelette mobile : Autres os.

2. Examen Clinique

a) Mobilités

  • Poignet : Flexion – Extension, Pronation – Supination, Inclinaison radiale – ulnaire.

  • Flexion active et passive : enroulement harmonieux des chaînes digitales, pulpes atteignant le pli palmaire distal. Mesurer distance pulpe – pli palmaire distal en cas de raideur.

  • Troubles de l'enroulement : doigt en chevauchement (chirurgical).

  • Fléchisseurs :

    • Superficiel (2ème phalange) : flexion IPP.

    • Profond (3ème phalange) : flexion IPD.

  • Perte d'extension IPP (doigt en boutonnière) ou IPD (doigt en maillet).

  • Effet ténodèse : en extension du poignet, les doigts se ferment automatiquement ; en flexion du poignet, ils s'ouvrent (utile pour ruptures de fléchisseurs chez patients inconscients).

  • Extension (passive et active) des chaînes digitales avec poignet en extension.

  • Atteinte nerf radial : incapacité à lever le poignet contre résistance.

  • Court abducteur du pouce : nerf médian (perte de force).

  • Maladie de Dupuytren : rétraction digitale palmaire progressive (doigts en crochet).

b) Testing de Force

  • Toujours bilatéral et comparatif.

c) Vascularisation

  • Dévacularisation d'un doigt : pulpe blanche, non galbée, absence de saignement spontané.

  • Manœuvre d'Allen : compression artère radiale et ulnaire, puis relâchement une par une pour vérifier la revascularisation. L'artère ulnaire est la plus importante.

d) Sensibilité

  • Bilatérale et comparative ++.

  • Hémi pulpe par hémi pulpe (monofilament).

  • Sensibilité thermo-algique (la plus élémentaire).

  • Sensibilité discrimination pulpaire : 5 mm.

  • Zones "autonomes" de sensibilité :

    • Pulpe D2 : nerf médian.

    • Pulpe D5 : nerf ulnaire.

    • Tabatière anatomique (dos de la main) : nerf radial.

e) Le Nerf Médian

  • Déficit → atrophie de la loge thénarienne ("main de singe").

  • Responsable de l'antépulsion du pouce.

f) Le Nerf Ulnaire

  • Mêmes signes qu'au coude : Signe de Froment, Signe de Wartenberg.

  • Teste la capacité à écarter/rapprocher les doigts et maintenir une feuille.

g) Le Nerf Radial

  • Sensibilité du dos de la main.

  • Testing par extension-flexion du poignet.

3. Pathologies de la Main et du Poignet

a) Définitions

  • Causes traumatiques :

    • Fractures ouvertes/fermées.

    • Luxation : perte de contact partielle ou totale des surfaces articulaires.

    • Entorse : étirement, distension ou rupture ligamentaire.

  • Causes infectieuses :

    • Panaris : infection superficielle de l'éponychium.

    • Phlegmon GF : infection de la gaine des fléchisseurs des doigts (risque de nécrose).

b) Syndrome du Canal Carpien

Compression du nerf médian dans le canal carpien.

  • Clinique :

    • Acroparesthésie nocturne du territoire médian, lâchage d'objets.

    • Critère de gravité : amyotrophie loge thénarienne = "main de singe", perte opposition/antépulsion du pouce.

    • Test de Tinel : reproduction douleur en percutant le canal carpien.

    • Test de Phallen : hyperflexion du poignet reproduit les fourmillements.

  • Examen paraclinique : Électroneuromyogramme (ENMG), infiltration.

  • Thérapeutique : Chirurgie de libération du canal carpien.

c) Rhizarthrose

  • Arthrose très fréquente (base du pouce).

  • Douleur à la base du pouce et déformation en "Z".

d) Entorse de la Métacarpe Phalangienne du Pouce

  • Fréquent, entraîne laxité du pouce.

  • Contexte : accident de ski (bâton), luxation du pouce.

  • Signes d'entorse grave (ligament collatéral médial) : empêche la prise cylindrique.

  • Effet Stener : arrachement ligamentaire complet visible en échographie, empêche cicatrisation spontanée.

e) Maladie de Dupuytren

  • Prolifération rétractile de l'aponévrose palmaire superficielle.

  • Rétraction digitale palmaire progressive → doigts en crochet.

  • Traitement chirurgical : libération de l'aponévrose palmaire.

f) Tendinite de De Quervain

  • Tendinite du 1er compartiment des extenseurs (long abducteur, court extenseur).

  • Douleur à la palpation du 1er compartiment des extenseurs et gonflement.

  • Syndrome de Wartenberg associé possiblement (irritation du n. radial).

  • Test de Finkelstein : Poignet en position neutre, pouce fléchi dans la paume, poing serré. Adduction forcée du poignet déclenche la douleur.

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