Scintigraphie Pulmonaire Indications et Techniques
50 cartesUne présentation de la scintigraphie pulmonaire, ses indications et techniques
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Scintigraphie Osseuse et Pulmonaire en Médecine Nucléaire
La médecine nucléaire est une spécialité utilisant de faibles quantités de substances radioactives (radiopharmaceutiques) pour évaluer la fonction et la structure des organes. Son objectif principal est d'administrer un produit radioactif pour le diagnostic ou le traitement de diverses pathologies.
1. Indications des Scintigraphies
La scintigraphie pulmonaire est principalement indiquée pour la recherche d'embolie pulmonaire (EP). D'autres indications incluent la recherche de shunts droit/gauche, les bilans pré-opératoires pour des pathologies tumorales ou l'emphysème, et l'évaluation de certaines malformations cardiovasculaires en pédiatrie.
La scintigraphie osseuse est cruciale pour le diagnostic d'ostéomyélite et le suivi de prothèses, entre autres.
2. Embolie Pulmonaire (EP)
2.1. But
Le but principal est le diagnostic de l'EP, car son pronostic vital est souvent engagé.
2.2. Définition
L'embolie pulmonaire est une occlusion aiguë de l'artère pulmonaire ou de ses branches par un caillot ayant migré, généralement depuis une veine thrombosée des membres inférieurs (thrombose veineuse profonde appelée aussi phlébite). Le caillot se forme souvent là où la paroi veineuse est lésée ou en cas de trouble de la circulation sanguine.
2.3. Fréquence
Environ 100 000 cas par an en France, avec 10 000 à 20 000 décès selon fedecardio.org. Les thromboses veineuses profondes sont la principale cause d'EP.
2.4. Diagnostic de l'EP
Examens paraclindiques :
Clinique : douleur thoracique, dyspnée, phlébite.
ECG.
Gazométrie (gaz du sang).
Dosage des D-dimères : présents dans 96% des EP, témoins d'un thrombus.
Examens radiologiques :
Radio thoracique : exclure d'autres pathologies.
Écho-Doppler des Membres Inférieurs.
Angioscanner thoracique : visualise les caillots dans le tronc principal mais pas en distalité. Nécessite une injection d'iode (contre-indications), rapide.
Scintigraphie pulmonaire ventilation-perfusion : haute sensibilité (>95%), compare les images de ventilation (alvéoles pulmonaires) et de perfusion (capillaires pulmonaires).
3. Radiopharmaceutiques (MRP)
3.1. Images de Ventilation
Les MRP utilisés pour les images de ventilation sont :
Aérosols solides :
Carbone - (Technégas®) : inhalé sous forme d'aérosol, 3 inspirations forcées. Composé de carbone (creuset en graphite) et (T = 6H, E = 1
40 keV).
Aérosols liquides :
Phytates - (Venticis®) : inhalation sous forme d'aérosol pendant 3 minutes (inspi-expi). Composé de phytates (Phytacis®) et (T = 6H, E = 140 keV).
Gaz :
(Kryptonscan®) : gaz inhalé. T = 13s, E = 190keV. Obtenu à partir d'un générateur de .
(Xenomatic®) : gaz inerte inhalé, très volatile. T = 5,24J, E = 80 keV.
3.2. Images de Perfusion
Ces MRP visualisent les capillaires pulmonaires.
MacroAgrégats d'Albumine humaine (MAA) : (Pulmocis®, Technescan LyoMAA®) - marqués au .
MicroSphères d'Albumine humaine (MSA) : (Microcis®) - marquées au .
4. Administration des MRP pour la Scintigraphie Pulmonaire
4.1. Ventilation des aérosols
La ventilation des aérosols se fait hors caméra, dans une salle dédiée équipée d'un extracteur d'air (salle de ventilation).
Ventilation au Technégas® :
Préparation de l'aérosol : le manipulateur dépose la solution de dans le creuset. Grâce à l'argon, le creuset monte en température, créant des particules de carbone-Tc technétiées.
Préparation du patient : entraînement à blanc, le patient est équipé d'un pince-nez. Il effectue 3 inspirations forcées à travers un embout buccal pour inhaler le MRP.
Acquisition : multiplanaires (150kcps ou 180s) ou tomoscintigraphie (TEMP en continu sur , 16 projections/tête, 20s/projection).
Ventilation au Venticis® :
Préparation de l'aérosol : marquage au laboratoire chaud. Le manipulateur dépose le phytate-Tc dans le nébuliseur. Des micro-gouttelettes de colloïdes technétiées sont formées grâce à un débit d'air de 9L/min.
Préparation du patient : entraînement à blanc, pince-nez. Le patient effectue des inspirations pendant 3 minutes via un embout buccal. Un inconvénient est l'impact des molécules à chaque bifurcation bronchique, entraînant des images de dépôts bronchiques.
Acquisition : multiplanaires (150kcps ou 180s) ou tomoscintigraphie (TEMP en continu sur , 16 projections/tête, 20s/projection).
4.2. Ventilation Gaz
Ventilation au KryptoScan® :
Préparation du patient : assis ou en décubitus dorsal, pince-nez. Un masque relié au générateur est appliqué. Le patient ventile amplement pendant 1 à 2 minutes pour chaque incidence.
Acquisition : multiplanaires (300 à 400 kcps). Pas de tomoscintigraphie en raison de la position du patient et de la courte période physique du .
Ventilation au (Xenomatic®) :
Distribution en 3 phases :
"Wash-in" (invasion broncho-alvéolaire) : 1ère inhalation ample de gaz. Évalue la distribution régionale et la perméabilité broncho-alvéolaire.
Phase d'équilibre : le patient ventile en circuit fermé pendant 3 min. Image évaluant le volume pulmonaire, utile pour les bilans pré-opératoires.
"Wash-out" (lavage alvéolaire) : le patient expire en circuit fermé (xénon piégé) ou respire librement devant un extracteur. Les zones hypoventilées montrent une activité résiduelle à clairance ralentie/nulle.
Acquisition : uniquement une incidence en face postérieure (patient dos à la caméra, relié à un spiromètre en circuit fermé).
4.3. Perfusion MAA ou MSA
S
'il y a une embolie, le territoire en aval de l'occlusion est non perfusé, créant une lacune d'activité.
Principe : injection intraveineuse lente sous caméra de MAA ou MSA technétiées. Celles-ci sont bloquées lors du 1er passage dans le réseau précapillaire pulmonaire, créant une "micro-embolie pulmonaire" et se distribuant selon le débit sanguin local.
Activité injectée : calculée pour être au moins 4 fois l'activité de ventilation (rapport PERF/VENT = 4). Une table permet de préparer la dose de perfusion.
Acquisition :
Planaire : images statiques en incidences multiples (FA, FP, OAD, OAG, OPD, OPG, PD, PG), arrêt à 500 Kcps.
Tomoscintigraphie : acquisition 3D couplée à une hélice TDM sur .
4.4. Cas de la femme enceinte
L'indication est rare et doit être fortement justifiée, car le risque lié aux rayonnements est maximal au 1er trimestre.
Avantages de la scintigraphie :
Pas d'injection d'iode.
Exposition fœtale minimisée : dose efficace de 3mSv, contre 15 à 30mSv pour le TDM.
Protocole spécifique (exemple) :
Ventilation au Technégas : 148 MBq de Tc (4mCi), dose efficace 2,2 mSv. 2 inspirations profondes uniquement.
Perfusion des MAA : injection IV d'emblée de 74 MBq de MAA- (2mCi), dose efficace 0,6 mSv. Puis injections de 37 MBq (1mCi) par 37 MBq jusqu'à un rapport PERF/VENT = 4.
Le patient doit être informé par le manipulateur et signer un consentement éclairé.
4.5. Informations sur les dérivés du sang
Le patient est informé par le manipulateur radio de l'injection des MAA ou MSA.
L'examen ne se réalise qu'après signature du consentement par le patient (fiche de traçabilité).
5. Images normales
Une scintigraphie pulmonaire normale montre une répartition homogène de la radioactivité dans les deux champs pulmonaires, à la fois en ventilation et en perfusion. On observe une diminution de densité des bases vers les apex. Une scintigraphie normale exclut à 100% une EP.
6. Images pathologiques d'EP
Les images typiques d'EP en scintigraphie présentent une discordance ou "mismatch" entre la ventilation et la perfusion. Les défauts de perfusion (lacunes d'activité) sont visibles dans les régions non perfusées. Plus les défauts sont nombreux et étendus, plus la valeur diagnostique est élevée. Les résultats doivent être corroborés avec d'autres examens (AngioTDM, Doppler, D-Dimères).
Exemple : Défauts de perfusion segmentaires (segments 2, 4, 5 et 6 à droite ; segments 2 et 3 à gauche).
7. Shunt Pulmonaire
Un shunt se définit comme une malformation anatomique cardiaque avec passage de sang d'une cavité à une autre. Normalement, les MAA ou MSA se bloquent dans les capillaires pulmonaires. En cas de shunt, une partie des MAA ou MSA passe dans la circulation générale et peut être détectée par un balayage corps entier (visualisation dans les reins ou le crâne).
Protocole d'examen : balayage corps entier.
Calcul du pourcentage de MAA ou MSA- circulants : . La valeur normale est < 7%.
8. Quantification Pulmonaire
Cette technique est utilisée pour les bilans pré ou post-opératoires, notamment pour le traitement des patients atteints d'emphysème. Elle permet d'évaluer le fonctionnement de chaque lobe pulmonaire pour identifier les parties viables avant une chirurgie (ex: pose de valves endobronchiques). Des nouvelles techniques visent à réduire le volume de l'emphysème. La préparation des MRP, du patient et le protocole d'acquisition sont
similaires à ceux de la recherche d'EP.
Scintigraphie Osseuse pour l'Exploration des Infections Ostéoarticulaires
Le diagnostic d'infection ostéoarticulaire est complexe, nécessitant un examen clinique, biologique et radiologique. La scintigraphie est un examen de première intention en cas de doute sur une infection osseuse.
Les infections ostéoarticulaires sont un problème de santé publique, affectant 2% des PTH et 2 à 4% des PTG posées en France.
1. Généralités
La médecine nucléaire est un domaine où la scintigraphie osseuse représente environ 40% des explorations. Le radiopharmaceutique administre une substance radioactive pour diagnostiquer ou traiter des affections.
Le tissu osseux a plusieurs fonctions :
Mécanique : soutien du corps et protection des organes.
Métabolique : réservoir de sels minéraux.
Hématopoïétique : production des cellules sanguines.
L'os est constitué de :
Cellules osseuses : ostéoblastes (produisent l'os), ostéocytes (ostéoblastes matures), ostéoclastes (détruisent l'os).
Substance intercellulaire organique : 95% de collagène et protéines.
Phase minérale cristalline : constituée de cristaux d'hydroxyapatite.
Le tissu osseux est dynamique, avec un renouvellement de 10% par an via la formation osseuse (ostéoblastes) et la résorption osseuse (ostéoclastes). Ces processus sont régulés hormonalement (parathormone et calcitonine) et dépendent de la vascularisation.
2. Scintigraphie osseuse au Diphosphonates- : Examen de référence
Le radiopharmaceutique se compose d'une molécule vectrice ("froide") ayant un tropisme pour l'os et d'un marqueur radioactif ("chaude"), le plus souvent le .
Vecteur :
Transporte le marqueur vers la zone à explorer.
Doit être rapidement éliminé.
Depuis 1972, les diphosphonates (HMDP, MDP) sont privilégiés pour leur faible absorption rénale et leur forte fixation aux cristaux d'hydroxyapatite.
Traceur : , le marqueur gamma de référence pour la scintigraphie osseuse.
Période (T) = 6H.
Activité (Bq) : nombre de désintégrations par seconde.
Énergie (E) = 140 keV.
Obtenu à partir d'un générateur de Molybdène-99 ().
Cinétique et dose injectée :
Injection IV, distribution en 10 min.
Extrait du sang par l'os et les reins.
50% fixée par l'os en 1h.
Image optimale entre 2 à 4h post-injection (meilleur rapport fixation tissu osseux/tissu mou).
L'activité injectée est adaptée au poids (adulte : 9,5MBq/Kg, enfant : abaques EANM).
2.1. Ostéomyélites
Maladie infectieuse grave du tissu osseux. Le germe pénètre par une porte (plaie, fracture ouverte) et migre dans l'os via le sang. Localisations fréquentes: fémur, tibia, humérus. Symptômes: fièvre, gonflement, douleur.
La scintigraphie est positive dans les 24 premières heures, très sensible.
Protocole : clichés dynamiques, précoces, +/- tardifs.
Interprétation :
Hyperfixation précoce = hyperhémie.
Hyperfixation tardive = souvent dans la métaphyse.
La scintigraphie est positive dans 60 à 80% des cas où la radiographie est négative (cette dernière n'étant normale que dans les 15 premiers jours).
2.2. Suivi de prothèse
La scintigraphie osseuse ne permet pas de différencier l'infection du descellement aseptique.
Une scintigraphie normale exclut avec une très forte probabilité un phénomène septique.
La sensibilité est élevée (>95%) pour détecter une pathologie.
3. Scintigraphie au
Ancêtre des traceurs de l'inflammation. Le gallium se fixe à la transferrine et la lactoferrine, marquant les globules blancs et les foyers infectieux.
Indications : recherche d'abcès, spondylodiscite, ostéomyélite, infection, fièvre.
Protocole :
Injection IV de 185 à 370MBq.
et 185 keV, T=3,26J.
Imagerie 24 à 72h post-IV.
Contre-indication : pas d'injection de gadolinium 24h avant l'examen (compétition pour la fixation).
4. Scintigraphie aux Leucocytes marqués
Examen de référence depuis 30 ans pour le diagnostic des infections osseuses du squelette périphérique (ostéoarticulaire et ostéoprothétique), avec une sensibilité de 90%. Il utilise le comportement des polynucléaires neutrophiles (PN) à migrer vers les sites infectieux.
Technique : marquage leucocytaire in vitro (manipulation de sang).
Limites : durée de préparation, risque infectieux pour le manipulateur (1 patient/jour), expérience et matériel adapté requis.
Résultats chez le sujet sain :
PN circulants : migrent vers les foyers infectieux.
PN en attente : dans la rate, foie, poumons, moelle osseuse.
Interprétation :
Concentration intense dans la rate.
Captation modérée dans le foie.
Activité faible dans la moelle osseuse.
Toute autre activité est anormale.
Radiopharmaceutique : -HMPAO-PN.
4h post-IV : sang circulant, foie, rate, tractus génito-urinaire.
24h post-IV : foie, rate, moelle + vessie et côlon.
Processus :
Prélèvement sanguin (6 seringues de 20mL de sang hépariné).
Manipulation par le radiopharmacien (sédimentation, centrifugation, isolement des leucocytes et PN, marquage des PN à l'HMPAO- ).
Réinjection des PN marqués au patient (185 à 370 MBq).
Imagerie : clichés tardifs 4h post-IV (CE + statiques + TEMP-TDM), et 24h post-IV pour statiques et TEMP-TDM si discordance.
5. Scintigraphie aux colloïdes marqués : scintigraphie Médullaire
Indispensable pour différencier l'hyperfixation liée à l'infection de celle de la moelle osseuse, étant donné que les PN marqués s'accumulent aussi dans la moelle osseuse. Réalisée au moins 48h après la scintigraphie aux PN.
Radiopharmaceutique : Nanocolloïdes d'albumine humaine - (NanoHSA® - ). Activité : 370 MBq.
Imagerie : 2h post-IV, uniquement statiques.
Interprétation :
Positif (infection) : discordance (fixation PN sans fixation médullaire).
Négatif (pas d'infection) : concordance (fixation PN = fixation médullaire).
6. Scintigraphie aux anticorps antigranulocytes : Leukoscan
Marquage leucocytaire rapide sans manipulation de sang, mais n'est plus pratiquée.
Radiopharmaceutique : Leukoscan® (sulesomab, fragment Fab' d'anticorps anti-granulocyte murin) - , 925 à 1100 MBq.
7. Scintigraphie aux ATB marqués
MRP : Fluoroquinolone marquée au .
Mécanisme d'action : fixation sur l'ADNgyrase et la topoisomérase IV des bactéries vivantes.
Clichés 1h, 4h et 24h après injection de 370MBq.
Pas d'activité médullaire.
Très peu utilisée, technique en évolution.
8. Scintigraphie au
Imagerie pour la recherche d'infections profondes. Ne remplace pas le couplage PN/moelle pour le diagnostic d'infection de prothèse en raison de son coût élevé et de sa spécificité inférieure.
Avantages : captation augmentée du glucose par les cellules inflammatoires activées. Imagerie 3D, 1h post-IV.
9. Synthèse des explorations des infections osseuses
Scintigraphie osseuse : examen de choix pour l'ostéomyélite et évaluation des prothèses (haute valeur prédictive négative).
Gallium 67 : réservé au diagnostic de spondylodiscite.
Polynucléaires (-HMPAO-PN) : gold standard pour le squelette périphérique. Nécessite un couplage avec la scintigraphie médullaire.
AcAG (Leukoscan) : n'est plus pratiqué en raison de faux positifs.
ATB marqués : résultats discordants, études complémentaires nécessaires.
: pas de bénéfice par rapport à la scintigraphie osseuse pour cette indication, ne remplace pas le couplage PN/moelle.
10. Questions fréquentes
Principales indications pour un couplage scinti os/PN : ostéomyélite, suivi de prothèse.
3 étapes d'imagerie pour diagnostiquer une infection : scintigraphie osseuse, scintigraphie aux PN-HMPAO-Tc, scintigraphie médullaire.
Technique de marquage des PN : in vitro, manipulation de sang.
Examen pour confirmer l'infection : scintigraphie médullaire aux colloïdes marqués (48h après PN) pour différencier les PN circulants des PN marginaux.
Matériel et Techniques d'Acquisition en Scintigraphie Osseuse
La scintigraphie utilise la capacité des cristaux à émettre de la lumière (scintiller) sous l'effet des rayonnements gamma. Le matériel détecte ces rayonnements et les transforme en images.
1. La Gamma Caméra
Inventée par Anger, elle est couplée à un système informatique de traitement et visualisation. Le détecteur de scintillation se compose d'un collimateur, d'un cristal et de photomultiplicateurs (PM).
Tête de détection :
Collimateur : lamelles de plomb (septas) et trous guidant les photons vers le cristal. Il existe différents géométries (parallèles, convergents, divergents, sténopé ou pin-hole) et énergies (basse énergie < 200 keV, haute énergie > 200 keV). Le facteur sensibilité-résolution est impacté par l'épaisseur et l'espacement des septas.
Cristal : absorbe le rayonnement et le transforme en photon lumineux (ex : iodure de sodium).
Photomultiplicateur (PM) : transforme les photons lumineux en électrons via une photocathode, les amplifie via des dynodes, et les convertit en impulsions électriques via une anode.
2. Exploitation du Matériel
Choix du collimateur : basse énergie (LEHR) pour la scintigraphie osseuse (E = 140 keV).
Paramètres d'acquisition : temps (secondes) pour les images statiques et tomos, nombre de coups (Cps ou Kcps), ou vitesse de balayage pour les corps entiers.
Placement du patient : décubitus dorsal, détecteurs au plus proche de la zone.
Vérification de la spectrométrie : mesure le nombre de rayonnements gamma pour confirmer le bon MRP (E = 140 keV pour le Tc).
3. Types d'Acquisitions
Les acquisitions sont différenciées selon le temps post-injection du MRP.
3.1. Dynamique
Injection sous la caméra, images débutent simultanément.
Indication : recherche d'algodystrophie (recherche d'asymétrie d'arrivée du trajet vasculaire).
Rarement pratiquée.
3.2. Précoce
Acquisition entre 5 et 10 min post-IV.
Clichés statiques (2 à 5 min) ou balayage corps entier (35cm/min).
Permet d'obtenir une fixation tissulaire globale (tissus mous et osseux).
3.3. Tardive
Acquisition minimum 1h3
4. Modes de Réalisation des Acquisitions
- Balayage : acquisition CE par déplacement de la table.
- Statique : images de région sans mouvement des détecteurs ou du patient.
- Pin-hole : collimateur sténopé améliorant la résolution pour certaines pathologies pédiatriques ou la thyroïde.
- Tomoscintigraphie (TEMP/SPECT) : imagerie 3D avec détecteurs tournant à 360°. Couplée au TDM (TEMP-TDM ou SPECT-CT) pour repérage anatomique, imagerie de fusion et correction d'atténuation.
5. Images Scintigraphiques Normales
- Répartition symétrique du traceur.
- Hyperfixation normale dans le massif facial, sternum, régions iliaques antérieures, rachis dorsal moyen, articulations sacro-iliaques.
- Chez l'enfant : hyperactivité des métaphyses fertiles.
- Reins et vessie sont visibles (élimination du MRP).
6. Sémiologie
Les deux principales anomalies sont :
- Hyperfixation : augmentation de l'activité ostéoblastique (métastases, fractures). Contexte clinique essentiel.
- Hypofixation : moins fréquente (ex : ostéonécrose initiale).
La scintigraphie seule est très sensible mais peu spécifique; son association au TDM (SPECT-CT) améliore l'interprétation.
7. Difficultés et Pièges d'Interprétation
- Technique :
- Problème de marquage (température, activité volumique, pertechnétate libre) entraînant une augmentation du bruit de fond (fixation thyroïde, glandes salivaires).
- Extravasation : hot-spot localisé, activité insuffisante sur le reste du squelette.
- Injection du mauvais produit ou en voie artérielle.
- Patient :
- Mauvais positionnement, images floues si immobilisation difficile.
- Diminution de la fixation osseuse chez le patient âgé.
- Contamination urinaire (incontinence).
- Asymétrie liée à une position antalgique (fausse hyperfixation iliaque).
- Antécédents :
- Chirurgie : hypofixation (exérèse, prothèse) ou hyperfixation (site de biopsie, cicatrice).
- Radiothérapie : hypofixation de l'os (image typique d'hypofixation sur les champs thoraciques).
- Captations physiologiques non osseuses : reins, vessie, seins (post-partum), fibrome, cœur (pathologies), cerveau (métastases).
8. Indications chez l'Adulte
- I. Bilan d'extension des cancers ostéophiles (PPRST : Prostate, Poumon, Rein, Sein, Thyroïde) : hyperfixations intenses, hétérogènes, touchant le squelette axial (rachis, bassin, crâne). Protocole: CE tardif + double tomo (SPECT-CT).
- II. Maladie de Paget : accélération du remodelage osseux. Hyperfixation très importante, hétérogène, début épiphysaire s'étendant sur la diaphyse, atteinte de toute la pièce osseuse.
- III. Tassements vertébraux d'origine ostéoporotique : hyperfixation homogène, rectangulaire, disparaissant en 6-12 mois. Les tassements récents fixent. Différent des tassements métastatiques (souvent hétérogènes).
- IV. Ostéonécrose aseptique (ONA) : mort des ostéocytes par interruption de la vascularisation. Topographie épiphysaire (tête fémorale, humérale, talus). Étiologies variées (trauma, diabète, alcool, chimio/radio/cortico).
- V. Pathologies rhumatismales :
- Dégénératif (arthrose) : hyperfixation bifacetaire.
- Inflammatoire (spondylarthrite ankylosante, polyarthrite rhumatoïde) : hyperfixation bilatérale asymétrique des sacro-iliaques ou hyperfixations articulaires multiples.
- VI. Algodystrophie : syndrome douloureux vasomoteur et trophique. Examen en 3 phases (dynamique, précoce, tardif).
- Phase chaude : hypervascularisation et hyperfixation du traceur.
- Phase froide : hypovascularisation et hypofixation du traceur.
- VII. Suivi de prothèse : l'activité ostéoblastique est variable pendant 1 à 2 ans post-pose. Une scintigraphie normale exclut un phénomène septique. Nécessite 3 phases.
- VIII. Amylose cardiaque : infiltration des organes par des protéines amyloïdes. Examen positif s'il y a hyperfixation cardiaque.
- IX. Pathologies du sportif :
- Fracture de fatigue : hyperfixation précoce et tardive.
- Périostite : hyperfixation longitudinale en clichés tardifs.
- Pubalgie : hyperfixation du pubis.
- Lyse isthmique (spondylolyse) : scintigraphie souvent positive avant la radio. Intérêt de la tomographie.
- X. Ostéomes para-articulaire : dépôts osseux ectopiques péri-articulaires. Hyperfixation intense.
- XI. Cas particuliers : engelures (lésions liées au froid), hématomes (production osseuse anormale).
9. Indications chez l'Enfant
Les examens pédiatriques nécessitent un accueil personnalisé, une adaptation de l'activité injectée (abaques EANM), des moyens de contention et des protocoles d'administration spécifiques (VVP si < 3 ans, EMLA si > 3 ans).
- I. Douleur de hanche : Diagnostic différentiel entre ostéochondrite et rhume de hanche.
- Ostéochondrite : nécrose aseptique de l'os (épiphyse). Scintigraphie : absence de traceur dans la tête fémorale.
- Rhume de hanche : inflammation transitoire. Scintigraphie : fixation normale ou hyperfixation modérée et homogène.
- II. Pathologies infectieuses :
- Ostéomyélite : hyperfixation précoce (hyperhémie) et tardive (métaphyse).
- Arthrite : inflammation articulaire. Hyperfixation précoce, normale au temps tardif.
- Spondylodiscite : infection discale et vertébrale. Aspect en "sandwich" à la scintigraphie.
- III. Pathologies tumorales :
- Ostéome ostéoïde : tumeur osseuse bénigne. Protocole en 3 phases, hypervascularisation et hyperfixation homogène.
- Ostéosarcome : tumeur maligne. Bilan d'extension (90% de métastases pulmonaires, 10% osseuses).
- IV. Syndrome de Silverman (enfants battus) : dépistage de fractures multiples (hyperfixations).
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