Régimes parlementaires et présidentiels

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Ce cours analyse les régimes parlementaires et présidentiels, leurs caractéristiques, leurs exemples historiques (France, États-Unis, Espagne), et discute de la pertinence de ces classifications.

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Question

Quel théoricien a affirmé que les choses n'existent que par leurs noms?

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Réponse

Guillaume d'Occam.

Question

Qu'est-ce qu'un régime parlementaire?

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Réponse

Régime où les pouvoirs sont partagés et s'équilibrent, avec un exécutif bicéphale (chef de l'État et gouvernement responsable devant le Parlement).

Question

Selon Rousseau, comment la notion de République est-elle liée au consentement?

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Réponse

Elle est désormais liée au consentement de chaque individu, selon le contrat social.

Question

Selon Jean Bodin, qu'est-ce que la République?

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Réponse

Le droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine.

Question

Selon Hobbes, qu'est-ce que le "droit à la folie"?

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Réponse

Le droit de ne pas entrer dans le contrat social et de se passer de la protection des autres.

Question

Selon Locke, quelle est la nature de l'adhésion au contrat social?

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Réponse

Verticale et obligatoire : le corps social existe déjà, on ne peut que l'intégrer sans choix.

Question

Quel est l'un des fondements du pouvoir politique selon l'analyse?

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Réponse

La force, l'habitude et la légitimité (qui repose sur l'auctoritas et la potestas).

Question

Quelle est la principale critique adressée aux classifications de régimes politiques?

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Réponse

Elles sont fausses car aucun régime n'est strictement présidentiel ou parlementaire dans la réalité.

Question

Quel régime politique la France a-t-elle connu de 1791 à 1792?

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Réponse

Une monarchie limitée à régime présidentiel avec séparation stricte des pouvoirs (Constitution de 1791).

Question

Quelles sont les caractéristiques principales du régime présidentiel?

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Réponse

Indépendance des organes et absence de moyens de pression réciproques ; séparation stricte des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

Question

Qu'est-ce que la légitimité comme fondement du pouvoir?

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Réponse

Fondement du pouvoir reposant sur le consentement et la confiance du peuple, qui légitime l'obéissance au pouvoir.

Question

Qu'est-ce que l'auctoritas comme forme d'autorité?

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Réponse

Autorité fondée sur une compétence technique ou un savoir-faire, qui donne le pouvoir de convaincre par le service rendu à la société.

Question

Qu'est-ce que l'autorité organique?

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Réponse

Autorité provenant d'une source extérieure (ex : Dieu pour les rois), qui rend légitime celui qui l'exerce. Aussi appelée autorité théologale.

Question

Comment distingue-t-on ce qui est légitime de ce qui est légal?

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Réponse

Ce qui est légitime relève du plan moral, tandis que ce qui est légal relève du plan juridique. Un acte peut être légal sans être légitime, et inversement.

Question

Qu'est-ce que la potestas comme forme d'autorité?

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Réponse

Autorité associée à la force physique et à la puissance, justifiée par la capacité à assurer l'ordre et la protection.

Question

Quelle est la fin du pouvoir dans une monarchie?

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Réponse

Pouvoir d'un seul mais pour un seul.

Question

Quelle est la différence fondamentale entre une République et une Démocratie?

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Réponse

La République est une finalité (construire une chose publique dans l'intérêt de tous), la Démocratie est un moyen (gouvernement par le peuple).

Question

Qu'est-ce que le subjectivisme?

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Réponse

L'idée que l'individu est un sujet autonome, capable de penser par lui-même, et que la politique est le fruit du consentement de chacun.

Question

Dans une république, pour qui gouverne-t-on?

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Réponse

Pour le peuple.

Question

Quel principe la République française actuelle implique-t-elle pour assurer l'égalité des citoyens sur tout le territoire?

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Réponse

L'uniformité du droit sur tout le territoire.

Question

Quelle est la fin du pouvoir dans une oligarchie?

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Réponse

Pouvoir de plusieurs mais pour plusieurs.

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Fiche de révision

Le régime parlementaire : caractéristiques et évolutions historiques

Le régime parlementaire est un système politique qui recherche un équilibre des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif, caractérisé par une collaboration et un contrôle mutuel. Les différents organes partagent leurs fonctions et peuvent intervenir pour réguler l'action du gouvernement, permettant une flexibilité politique et une adaptation constante aux dynamiques du pays.

Principes fondamentaux du régime parlementaire

Dans ce type de régime, la séparation des pouvoirs est dite souple, contrairement à celle des régimes présidentiels. Elle implique des mécanismes d'action réciproque et de contrôle entre le pouvoir exécutif (gouvernement) et le pouvoir législatif (parlement). Ces interactions sont essentielles pour assurer la modération et l'équilibre, évitant la concentration excessive du pouvoir.

Bicamérisme/bi.ka.me.ʁism/nom masculin

Système législatif composé de deux chambres, chacune ayant sa propre légitimité et ses propres attributions, agissant comme un contre-pouvoir l'une pour l'autre.

« En France, le Parlement est bicaméral, composé de l'Assemblée Nationale et du Sénat. »

Le pouvoir exécutif est souvent bicéphale, composé d'un chef de l'État (qui peut être un monarque ou un président) et d'un chef de gouvernement (Premier ministre). Le gouvernement est politiquement responsable devant le Parlement, ce qui signifie qu'il peut être contraint de démissionner. Cette responsabilité ministérielle est un pilier du régime parlementaire et peut s'exercer via une motion de censure initiée par le législatif. En contrepartie, le chef de l'État ou du gouvernement dispose généralement d'un droit de dissolution du Parlement, permettant un rééquilibrage en cas de blocage.

Exemples historiques français

La Restauration (1814) a introduit une monarchie constitutionnelle avec un exécutif bicéphale (Roi et gouvernement) et un législatif bicaméral. La responsabilité ministérielle n'était pas formellement établie, mais l'embryon de la motion de censure existait via une procédure pénale de mise en accusation. Ce régime a tenté de modérer le pouvoir par des contrepoids, mais les tensions, notamment sous Charles X, ont mené à la Révolution de 1830.

La Monarchie de Juillet (1830-1848) sous Louis-Philippe a affiné le régime parlementaire. Bien que la Charte ne prévoie pas de motion de censure, la pratique de l'interpellation a permis à la Chambre basse d'exprimer son désaccord, forçant parfois la démission du gouvernement. C'est sous ce régime qu'émerge le parlementarisme dualiste, où le gouvernement est responsable devant le roi ET devant l'assemblée, en la personne du Premier ministre François Guizot.

Parlementarisme dualiste/paʁ.lə.mɑ̃.ta.ʁism dɥa.list/locution nominale

Un type de régime parlementaire où le gouvernement est responsable à la fois devant le chef de l'État (monarque ou président) et devant la chambre basse du Parlement.

« La Monarchie de Juillet est souvent citée comme un exemple de parlementarisme dualiste en France. »
Parlementarisme moniste/paʁ.lə.mɑ̃.ta.ʁism mɔ.nist/locution nominale

Un type de régime parlementaire où le gouvernement n'est responsable que devant le Parlement, le chef de l'État n'ayant pas de pouvoir réel de destitution du gouvernement.

« La Charte de 1814 présentait les prémices d'un parlementarisme moniste, bien que la responsabilité n'était pas encore pleinement établie. »

Le régime parlementaire espagnol contemporain

La Constitution espagnole de 1978, établie après la chute de Franco, est un exemple moderne de régime parlementaire. Elle instaure un pouvoir législatif bicaméral, les Cortes Generales (composées du Congrès des députés et du Sénat). Le Roi y a un rôle purement symbolique, le Premier ministre étant désigné par les Cortes. L'exécutif détient l'initiative des lois, mais leur vote revient aux Cortes.

Une spécificité importante du régime espagnol est la motion de censure constructive. Contrairement à une motion de censure classique qui peut simplement faire tomber un gouvernement, celle-ci exige que les députés proposent simultanément un gouvernement de remplacement. Ce mécanisme assure une continuité gouvernementale et renforce la stabilité politique.

Le régime présidentiel : principes et applications historiques

Le régime présidentiel est caractérisé par l'indépendance des organes du pouvoir et l'absence de moyens d'action réciproques entre l'exécutif et le législatif. Ce modèle cherche une séparation stricte des pouvoirs, à l'opposé de la séparation souple du régime parlementaire. Il n'y a en principe pas de moyen pour un pouvoir de faire pression sur l'autre, comme une dissolution ou une motion de censure.

Le modèle américain : la Constitution de 1787

La Constitution américaine de 1787 met en place une séparation stricte des pouvoirs. Le pouvoir exécutif est incarné par le Président, chef de l'administration, qui n'a pas de gouvernement au sens collégial mais s'entoure de conseillers (secrétaires d'État). Le pouvoir législatif est bicaméral, composé du Congrès, lui-même divisé en la Chambre des Représentants et le Sénat. Les lois sont élaborées par le Congrès sans initiative présidentielle directe.

Malgré cette indépendance de principe, des mécanismes de collaboration existent. Le Président dispose d'un droit de veto sur les lois votées par le Congrès. Bien que le Président propose un budget, c'est le Congrès qui le vote, ce qui lui confère un moyen de pression important. Le Sénat intervient également dans l'approbation des traités internationaux et la nomination des chefs d'administrations, assurant ainsi un équilibre des pouvoirs. La Cour suprême, quant à elle, tranche les conflits de compétence et est composée de 9 juges nommés à vie par le Président, avec l'approbation du Sénat, garantissant son indépendance.

Les expériences françaises de régime présidentiel

La France a connu plusieurs tentatives d'instauration d'un régime présidentiel. La Constitution française de 1791 a établi une monarchie constitutionnelle où le roi partageait le pouvoir avec une seule assemblée élue. Cette séparation stricte a échoué par manque d'« osmose politique » et d'interaction entre les pouvoirs. Le Directoire (1795-1799) a également tenté une structure présidentielle avec cinq directeurs pour l'exécutif et deux chambres pour le législatif, mais les tensions et les procès intentés par l'assemblée aux directeurs ont montré un déséquilibre et une dérive vers un fonctionnement quasi parlementaire.

Enfin, la Seconde République (1848) s'inspire du modèle présidentiel, confiant l'exécutif à un président élu au suffrage universel direct, Louis-Napoléon Bonaparte, et le législatif à une assemblée également élue au suffrage universel. L'indépendance mutuelle était forte, sans motion de censure ni dissolution. Cependant, l'impossibilité pour le Président d'être réélu sans révision constitutionnelle a conduit à des blocages institutionnels, culminant par le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, démontrant les difficultés à maintenir un équilibre stable dans un tel système en France.

La notion de République : fondements, évolutions et implications contemporaines

Les fondements du pouvoir politique

Le pouvoir politique repose sur divers fondements, notamment la force, l'habitude et la légitimité. Selon Étienne de La Boétie, les individus obéissent souvent par fatalisme ou habitude, ne remettant pas en question le pouvoir en place, car "ils ne sont forts que par nous sommes faibles".

Légitimité/leʒitimiˈte/nom féminin

Caractère d'un pouvoir politique qui est accepté et consenti par le peuple qu'il gouverne, inspirant l'adhésion et la confiance.

« La légitimité d'un gouvernement est renforcée par le consentement populaire. »

Il est crucial de distinguer ce qui est légal (conforme à la loi juridique) de ce qui est légitime (juste moralement et accepté par le peuple). Ce qui est légal n'est pas toujours légitime, et inversement.

La légitimité du pouvoir peut se fonder sur l'auctoritas, liée à la compétence technique et au savoir-faire, ou sur la potestas, associée à la force physique et à la capacité d'assurer l'ordre et la protection. Une autre forme est l'autorité organique, où la légitimité est conférée par une entité supérieure, comme les rois légitimés par les dieux.

L'évolution historique de la notion de République

La notion de République ne doit pas être confondue avec la démocratie. La démocratie est un mode de gouvernement (par le peuple), tandis que la République est une finalité, visant à construire une chose publique dans l'intérêt de tous. Elle se caractérise par l'idée de consentement et de participation individuelle au pouvoir. À Rome, la Res Publica (-500) était une oligarchie dirigée par une assemblée, non une démocratie. Cette tradition fut perpétuée par les cités italiennes de la Renaissance, autogérées par de grandes familles et travaillant pour l'intérêt de leurs citoyens.

Le rôle du subjectivisme et des philosophes

Entre le XIIe et le XVIIe siècle, l'émergence du subjectivisme a été fondamentale. Le sujet, initialement celui qui se soumet, est devenu celui qui peut penser de manière autonome. Des penseurs comme Dun Scott (XIIIe s.), qui affirmait que la conscience individuelle détermine l'existence des choses, et Guillaume d’Occam (franciscain), avec son nominalisme ("les choses n'existent que par leurs noms"), ont pavé la voie à cette idée. En intersubjectivité, la vision partagée de la conscience collective fonde le pouvoir, non la volonté divine.

Jean Bodin, dans "Les six livres de la République" (1576), a défini la République comme "le droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine", plaçant la souveraineté au cœur de la notion. Rousseau, avec son concept de Contrat social, a lié explicitement la République au consentement de chaque individu, affirmant que "tout État régi par des lois [...] s'appelle république", car l'intérêt public y gouverne.

Hobbes a exploré la tension entre la loi de nature (exigence logique de survie collective) et le droit naturel (liberté de s'exclure du contrat social, bien que dangereux). Pour lui, l'individu n'est pas contraint d'entrer dans le contrat social. À l'inverse, Locke proposait un contrat vertical où l'adhésion au corps social est une obligation sans le "droit à la folie" de s'en exclure.

Implications contemporaines de la République en France

Aujourd'hui, la République implique la création d'un lien social fort par la recherche de points communs. La laïcité est une pierre angulaire de la République française, postulant que les convictions religieuses relèvent de la sphère privée et ne doivent pas régir les règles communes. L'administration territoriale française repose sur le principe d'égalité territoriale, garantissant que le même droit s'applique uniformément à tous, de Mayotte à Paris, pour assurer l'égalité des citoyens.

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