Psychologie Cognitive : Mémoire et ses Processus

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Notes détaillées sur la psychologie cognitive, se concentrant sur la mémoire, ses systèmes (sensorielle, de travail, à long terme), ses processus (encodage, stockage, récupération) et ses pathologies. Comprend des études de cas, des expériences clés et des méthodes d'évaluation.

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Question
Qu'est-ce qui caractérise l'oubli par estompage ?
Réponse
La dégradation naturelle de la trace mnésique avec le temps, surtout si l'information n'est pas répétée ou utilisée.
Question
Quand l'oubli est-il le plus rapide selon la courbe d'Ebbinghaus ?
Réponse
L'oubli est le plus rapide immédiatement après l'apprentissage, avec la perte la plus significative se produisant durant les premières heures et le premier jour.
Question
Quel effet décrit la meilleure mémorisation des derniers items d'une liste ?
Réponse
L'effet de récence, attribué à la présence des informations dans la mémoire de travail au moment du rappel.
Question
Quelle fut la principale conséquence de l'opération du patient H.M. ?
Réponse
Une amnésie antérograde sévère, le rendant incapable de former de nouveaux souvenirs explicites à long terme après l'ablation de ses hippocampes.
Question
Quelles sont les trois phases principales de la mémorisation ?
Réponse
L'encodage (transformation de l'information), le stockage (maintien de l'information) et la récupération (accès à l'information).
Question
Quelle est la différence entre mémoire déclarative et procédurale ?
Réponse
La mémoire déclarative concerne les faits et événements ('savoir que'), tandis que la procédurale concerne les habiletés motrices et cognitives ('savoir comment').
Question
Qu'a démontré l'expérience de Sperling avec la procédure de rappel partiel ?
Réponse
Elle a montré que la capacité de la mémoire iconique était bien plus grande que ce que le rappel complet laissait supposer.
Question
Qu'évalue l'épreuve des « Blocs de Corsi » ?
Réponse
Elle évalue la composante spatiale séquentielle du calepin visuo-spatial, une partie de la mémoire de travail.
Question
Qu'est-ce que l'amnésie rétrograde ?
Réponse
C'est une perte d'accès aux souvenirs qui ont été formés avant le début de la maladie ou le traumatisme.
Question
Qu'est-ce que l'effet de primauté dans le rappel d'une liste ?
Réponse
Le meilleur rappel des premiers items d'une liste, car ils bénéficient de plus de répétitions et sont transférés en mémoire à long terme.
Question
Quelles sont les trois composantes du modèle de mémoire de travail de Baddeley & Hitch (1974) ?
Réponse
L'administrateur central (contrôle attentionnel), la boucle phonologique (information verbale) et le calepin visuo-spatial (information visuo-spatiale).
Question
Quel est le codage prépondérant en mémoire de travail ?
Réponse
Le codage prédominant est phonologique, ce qui est démontré par l'effet de similarité phonologique où les mots qui se ressemblent sont plus difficiles à retenir.
Question
Qu'est-ce que l'effet de la longueur des mots ?
Réponse
L'empan de mémoire de travail est plus faible pour les mots longs que pour les mots courts car leur récapitulation articulatoire prend plus de temps.
Question
Quel est le 'nombre magique' de G. Miller (1956) ?
Réponse
La capacité estimée de la mémoire à court terme, qui est de 7 ± 2 items ou 'chunks' (tronçons).
Question
Qu'est-ce que le 'tronçonnage' (chunking) ?
Réponse
Une stratégie de regroupement d'items en unités significatives pour augmenter la capacité de stockage de la mémoire de travail.
Question
Qu'a montré l'expérience de Sternberg sur la récupération en mémoire de travail ?
Réponse
La recherche d'information est séquentielle et exhaustive : le temps de réponse augmente linéairement avec le nombre d'items, que la réponse soit positive ou négative.
Question
Qu'a démontré la tâche de Brown-Peterson ?
Réponse
L'information en mémoire de travail se dégrade très rapidement (en moins de 20 secondes) si sa répétition est empêchée par une tâche interférente.
Question
Quelle est la principale contribution d'Hermann Ebbinghaus à l'étude de la mémoire ?
Réponse
Il fut le pionnier de l'étude expérimentale de la mémoire en utilisant des syllabes sans signification et a établi la célèbre courbe de l'oubli.
Question
Quelle distinction de la mémoire a été proposée par William James ?
Réponse
Il a distingué la mémoire primaire (informations actuellement dans la conscience, à court terme) de la mémoire secondaire (informations passées, à long terme).
Question
Qu'évalue le test de Stroop ?
Réponse
Il évalue l'attention sélective et la capacité d'inhibition en demandant de nommer la couleur de l'encre d'un mot qui désigne une autre couleur.
Question
Quelle est la différence majeure entre la mémoire épisodique et la mémoire sémantique ?
Réponse
La mémoire épisodique stocke les souvenirs personnels contextualisés ('je me souviens'), tandis que la sémantique stocke les connaissances générales ('je sais').
Question
Qu'est-ce que la persistance visuelle ?
Réponse
La prolongation de la sensation visuelle après la disparition du stimulus, un phénomène de la mémoire iconique qui assure la continuité de la perception.
Question
Comment s'appelle l'oubli causé par l'arrivée de nouvelles informations en mémoire de travail ?
Réponse
L'oubli par déplacement, qui se produit en raison de la capacité limitée de la mémoire de travail.
Question
Que postule la théorie des niveaux de traitement de Craik et Lockhart ?
Réponse
La rétention en mémoire dépend de la profondeur du traitement de l'information, un traitement sémantique (sur le sens) étant plus efficace qu'un traitement superficiel.
Question
Que stipule le principe de la spécificité de l'encodage de Tulving ?
Réponse
La performance de récupération est meilleure lorsque le contexte de récupération correspond au contexte de l'encodage de l'information.
Question
Qu'est-ce que l'effet de génération ?
Réponse
On retient mieux une information que l'on a générée soi-même (par exemple, trouver un synonyme) plutôt qu'une information simplement lue.
Question
Que postule la théorie du double codage d'Allan Paivio ?
Réponse
Une information est mieux mémorisée si elle est codée à la fois verbalement et sous forme d'image, ce qui est souvent le cas pour les concepts concrets.
Question
Quelle est la fonction du buffer épisodique dans le modèle de Baddeley ?
Réponse
C'est un système de stockage temporaire qui intègre les informations de la boucle phonologique, du calepin visuo-spatial et de la mémoire à long terme en une représentation unifiée.
Question
Qu'est-ce que l'interférence proactive ?
Réponse
C'est lorsque des informations anciennes nuisent à la mémorisation ou au rappel d'informations nouvelles.
Question
Qu'est-ce que l'interférence rétroactive ?
Réponse
C'est lorsque des informations nouvelles nuisent au rappel d'informations plus anciennes qui ont déjà été mémorisées.
Question
Qu'est-ce que l'amorçage sémantique ?
Réponse
Un phénomène où la présentation d'un mot (ex: 'médecin') facilite la reconnaissance ou le traitement d'un mot sémantiquement lié (ex: 'infirmière').
Question
Quelle est la différence de durée entre la mémoire iconique et la mémoire échoïque ?
Réponse
La mémoire iconique (visuelle) dure environ 300-500 ms, tandis que la mémoire échoïque (auditive) a une durée plus longue, jusqu'à 2 à 4 secondes.
Question
À quoi sert la technique du taux d'économie au réapprentissage, développée par Ebbinghaus ?
Réponse
Elle mesure la mémoire implicite en calculant la différence de temps ou d'essais entre l'apprentissage initial et un réapprentissage ultérieur.
Question
Quelle structure cérébrale est cruciale pour la consolidation des souvenirs explicites, comme l'a montré le cas H.M. ?
Réponse
L'hippocampe, situé dans le lobe temporal médian, joue un rôle essentiel dans la formation de nouveaux souvenirs à long terme.
Question
En quoi le cas de Clive Wearing est-il exceptionnel ?
Réponse
Il souffre à la fois d'une amnésie antérograde et rétrograde sévères, mais sa mémoire procédurale pour la musique reste intacte.
Question
Qu'est-ce qu'une tâche de 'rappel indicé' ?
Réponse
Une tâche de mémoire où des indices sont fournis au sujet pour l'aider à récupérer des informations stockées mais temporairement inaccessibles.
Question
Quel trouble de la mémoire est caractérisé par une incapacité à former de nouveaux souvenirs ?
Réponse
L'amnésie antérograde, où la personne ne peut plus encoder de nouvelles informations en mémoire à long terme.
Question
Quel est le but de la suppression articulatoire dans les expériences sur la mémoire de travail ?
Réponse
Empêcher la récapitulation subvocale des informations, afin de démontrer le rôle de la boucle phonologique dans la mémorisation verbale.
Question
Comment la 'valeur d'imagerie' d'un mot affecte-t-elle sa mémorisation ?
Réponse
Les mots avec une forte valeur d'imagerie (ex: 'éléphant') sont mieux mémorisés que les mots abstraits (ex: 'justice') car ils peuvent être doublement codés.
Question
Qu'est-ce que le phénomène du 'mot sur le bout de la langue' illustre ?
Réponse
La distinction entre la disponibilité (le mot est en mémoire) et l'accessibilité (incapacité temporaire à le récupérer).
Question
Qu'est-ce que la mémoire prospective ?
Réponse
La mémoire des actions à réaliser dans le futur, comme se souvenir de prendre un médicament à une certaine heure.
Question
Quelle est la fonction de l'administrateur central dans le modèle de Baddeley ?
Réponse
C'est un système de contrôle attentionnel qui gère et coordonne les activités des systèmes esclaves (boucle phonologique et calepin visuo-spatial).
Question
Pourquoi l'organisation hiérarchique du matériel améliore-t-elle la mémorisation ?
Réponse
Elle fournit une structure et des indices de récupération, facilitant l'encodage et l'accès à l'information en mémoire à long terme.
Question
Quelle est la principale différence entre un traitement 'superficiel' et 'profond' ?
Réponse
Un traitement superficiel se base sur les caractéristiques physiques (ex: la police), tandis qu'un traitement profond porte sur la signification (sémantique).
Question
Qu'est-ce que le masquage par effacement en mémoire sensorielle ?
Réponse
L'effacement d'un premier stimulus par un second présenté très rapidement au même endroit, empêchant la prise de conscience du premier.
Question
Quel est le rôle du contexte interne (humeur, état physiologique) dans la récupération ?
Réponse
La récupération est meilleure lorsque le contexte interne au moment du rappel est similaire à celui de l'encodage (mémoire dépendante de l'état).
Question
Quelle est la tâche de la Tour de Londres et qu'évalue-t-elle ?
Réponse
C'est une tâche de résolution de problème qui évalue les fonctions exécutives, notamment la planification et la mémoire de travail.
Question
Comment peut-on réduire expérimentalement l'effet de récence ?
Réponse
En introduisant une tâche de distraction (ex: compter à rebours) pendant quelques secondes entre la fin de la liste et le rappel.
Question
Pourquoi le rappel libre est-il considéré comme plus difficile que la reconnaissance ?
Réponse
Le rappel libre nécessite une recherche auto-initiée en mémoire, alors que la reconnaissance fournit l'item à identifier, simplifiant la récupération.
Question
Quelle est la principale caractéristique de la mémoire procédurale ?
Réponse
Elle est souvent implicite et non-consciente; nous exécutons des habiletés (comme faire du vélo) sans nous souvenir de comment nous les avons apprises.

Psychologie Cognitive : Cheatsheet sur la Mémoire

La mémoire estun système complexe essentiel à la vie, permettant d'encoder, stocker et récupérerl'information.

I. L'étude scientifique de la mémoire

  • Influences philosophiques :
    • Empirisme associationniste : La connaissance vient de l'expérience sensorielle. L'apprentissage se faitpar associations d'idées/sensations.
    • Positivisme : Seules les réalités observables et mesurables objectivement sont valides. Rejet de l'introspection.
  • Précurseurs :
    • William James (1842-1909) :
      • Mémoire Primaire : Consciente, temporaire, effort pour récupérer.
      • Mémoire Secondaire : Inconsciente, permanente, récupération sans effort.
    • Hermann Ebbinghaus (1850-1909) :
      • Pionnier des méthodes expérimentales.
      • Utilisation de trigrammes (syllabes sans signification) pour contrôler les facteurs.
      • Mis en évidence la courbe de l'oubli : forte diminution de la rétention les premières heures/jours, puis ralentissement.
      • Taux d'économie : le réapprentissage d'une liste oubliée prend moins de temps.
      • Limite : l'approche neconsidère pas la *signification* du matériel, qui est cruciale.
  • Phases de la mémorisation :
    • Encodage : Transformer l'information pourla stocker (visuel, verbal, sémantique).
      • Pas passif : utilise des stratégies (élaboration, distinction, organisation).
    • Stockage : Rétention de l'information dans le temps (trace mnésique).
      • Consolidation : enrichissement et renforcement de la trace.
    • Récupération : Accéder à l'information stockée.
      • Diagnostic destroubles lié à l'encodage, le stockage ou la récupération (distinction disponibilité/accessibilité).
  • Techniques de mesure :
    • Rappel :
      • Rappel libre : Pas d'indices.
      • Rappel indicé : Avec des indices.
    • Reconnaissance : Identifier l'information apprise parmi des distracteurs.
      • Reconnaissance corrigée (Rc) = BR - (ER / (n-1)), où BR = bonnes réponses, ER = erreurs, n = nombre de choix.
    • Classement de difficulté (coût cognitif décroissant) : Rappel libre > Rappel indicé > Reconnaissance.

II. Registres de mémoire : Caractéristiques et contraintes

II.1. La mémoire sensorielle (MS)

  • Définition : Système de traitement maintenant une information sensorielle très brièvement.
  • Types :
    • Mémoire iconique : Visuelle. (Icônes = représentations visuelles). Durée :250-500 ms.
    • Mémoire échoïque : Auditive. (Échos = représentations auditives). Durée : < 4-5 secondes.
  • Caractéristiques :
    • Encodage : Image sensorielle brute.
    • Capacité : Environ 9 items pour la mémoire iconique (selon Sperling).
      • Empan d'appréhension : quantité d'infos saisies en une fixation.
    • Durée : Très brève.
    • Oubli : Dégardation rapide (estompage), écrasement par de nouvelles informations.
  • Expérience de Sperling (1960) :
    • But : Démontrer la grande capacité de la MS iconique et sa brève durée.
    • Rappel complet : Les sujets rappellent en moyenne 4-5 lettres sur 12.
    • Rappel partiel : Un indice sonore indique la ligne à rappeler.
      • Résultats : performance de 3 lettres sur 4en moyenne, signifiant que 9 items étaient réellement disponibles.
      • Interprétation : La MS contient plus d'informations que ce qui peut être verbalisé. L'oubli se produit pendant le temps du rappel.
    • Rappel partiel différé : L'indice est donné après un délai.
      • Résultats : la performance diminue avec le délai, atteignant le niveau du rappel complet au bout d'une seconde.
      • Conclusion : Latrace sensorielle se dégrade très vite.
  • Phénomènes liés :
    • Persistance visuelle : Prolongation de la sensation après la disparition du stimulus (ex :étoile filante, films).
    • Masquage (par effacement/intégration) : Un stimulus en masque un autre s'il survient trop tôt après.
  • Utilité de la MS : Stockage rapide, intégration spatio-temporelle, stabilité de la vision, perception de continuité.
  • Nécessite l'attention pour le transfert en mémoire à court terme.

II.2. Attention et contrôle conscient

  • Définition : Mécanisme de choix entre stimuli, opérations, tâches.
  • Formes d'attention :
    • Interne/Externe : Dirigée vers processus mentaux ou environnement.
    • Volontaire/Involontaire : Contrôle top-down (volonté) ou bottom-up (capté par stimuli).
    • Ouverte/Occulte : Observable (réponse motrice) ou nonobservable.
    • Sélective/Partagée : Sélectionner des informations (focalisée) ou gérer plusieurs tâches.
    • Vigilance : Maintenir l'attention longtemps pour détecter de petits changements. Diminue rapidement.
  • Opérations attentionnelles (sollicitent l'attention) : Détection/identification de stimuli non familiers, stockage d'informations utiles, élaboration de réponses non automatiques, contrôle de gestes, activités cognitives complexes.
  • Opérations non attentionnelles (automatisées) : Encodage de stimuli familiers, réponses automatisées, déroulement de programmes moteurs.
  • Approches théoriques :
    • Canal unique de traitement (Broadbent) : Capacité limitée, traitement séquentiel (file d'attente).
      Dans le modèle de Broadbent, le filtre opère tôt dans le traitement, sélectionnant l'information pertinente sur des bases physiques.
    • Ressources multiples (Wickens) : Plusieurs ensembles de ressources.
      • Si les tâches requièrent lesmêmes ressources → traitement séquentiel.
      • Si les tâches requièrent des ressources différentes → traitement parallèle (ex : conduire et écouter de la musique).
      • La performance diminue si les ressources sont saturées.

II.3. La mémoire de travail (MT)

  • Introduction :
    • Anciennement Mémoire à court terme (MCT) : Maintien passif d'informations.
    • Mémoire de Travail (MT - Baddeley & Hitch, 1974) : Système maintenant temporairement et manipulant l'information pour des tâches cognitives complexes (raisonnement, compréhension, lecture, calcul).
  • Modèle de Baddeley (1974, évolué en 2002) :
    • Boucle phonologique :
      • Processus de récapitulation articulatoire : Recodage phonologique del'information auditive/visuelle et répétition subvocale.
      • Stock phonologique : Stockage temporaire verbal (1.5 à 2 secondes).
      • Rôle : apprentissage de la lecture, du langage, hypothèse lien dyslexie.
    • Calepin visuo-spatial :
      • Stockage à court terme d'informations visuo-spatiales.
      • Production et manipulation d'images mentales.
      • Composantes visuelle (statique) et spatio-motrice (séquences de mouvement).
    • Administrateur central :
      • Système attentionnel de capacité limitée.
      • Rôles : coordination des sous-systèmes, gestion des flux d'information (vers et depuis la MLT), sélection des stratégies, planification, attention sélective, activation/inhibition d'informations.
    • Buffer épisodique (ajouté en 2000) :
      • Système de capacité limitée liant l'information des systèmes esclaves et de la MLT en une représentation épisodique unique (code multimodal). Interface entre MT et MLT.
  • Caractéristiques et contraintes de fonctionnement :
    • Codage : Multiple (visuel, acoustique, sémantique). Prépondérance du codage phonologique.
      • Effet de similarité phonologique : Meilleur rappel des mots phonétiquement différents.
      • Effet de la longueur des mots : Meilleur rappel des mots courts (récapitulation plus rapide).
      • Effet de suppressionarticulatoire : Diminution du rappel si la boucle articulatoire est occupée.
    • Capacité de stockage : Limitée à 7 ± 2 items (Miller, 1956).
      • Dépend de la rapidité d'encodage et de la nature des items.
      • Tronçons ("chunks") : Unités de stockage significatives (ex : IBM-FBI-TV-USA).
    • Récupération :
      • Hypothèse de Sternberg (1966) : Exploration exhaustive et séquentielle des items en MT. Le temps de réaction augmente linéairement avec le nombre d'items.
    • Oubli :
      • Estompage : Déclin de la trace (exp. Brown-Peterson). Oubli très rapide.
      • Déplacement : Nouveaux items chassant les anciens (capacité limitée).
      • Interférence proactive : Ancien apprentissage nuit au nouveau.
      • Interférence rétroactive : Nouvel apprentissage nuit à l'ancien.
    • Effets sériels : (Concerne séries de mots)
      • Effet de primauté : Meilleur rappel des premiers mots (passés en MLT par répétition).
      • Effet derécence : Meilleur rappel des derniers mots (encore en MT).
      • Manipulation : Augmenter la cadence/longueur réduit la primauté. Intervalle de rétention réduit la récence. Double tâche réduit la primauté.
  • Évaluation de la MT :
    • Boucle phonologique : Empan de chiffres/mots/non-mots. Test de similarité phonologique et de longueur des mots.
    • Calepin visuo-spatial :
      • Blocs de Corsi : Reproduire des séquences de blocs.
      • Matrice de Brooks : Imaginer des déplacements dans une matrice.
      • Empan de matrices visuelles : Mémoriser des patterns colorés.
    • Administrateur Central : Évalue les fonctions exécutives.
      • Doubles tâches : Tâches simultanées pour évaluer la coordination etle partage de ressources (ex : poursuite visuelle + empan de chiffres).
      • Empan de lecture / d'opérations / de comptage / d'écoute.
      • Empan de chiffres à l'envers.
      • Séquences lettres/chiffres : Trier chiffres croissants puis lettres alphabétiques.
      • Inhibition : (ex : Test de Stroop, Go no go, Test de Hayling).
      • Flexibilité : (ex : Trail making test).
      • Mise à jour : (ex : Tâche PASAT).
      • Planification : (ex : Tour de Londres).
  • Correspondance neuronale :
    • Lobe frontal (activité intense pour Administrateur Central).
    • Boucle phonologique : Aires de Wernicke et Broca (hémisphère gauche).
    • Mémoire visuo-spatiale : Cortex occipital.

II.4. La mémoire à long terme (MLT)

  • Caractéristique : Capacité et durée illimitées (vs. MS et MT). Mais nécessite organisation.
  • Structure :
    • Mémoire déclarative : Consciente, explicite.
      • Mémoire sémantique : Connaissances générales, faits, concepts(ex : savoir ce qu'est une scie circulaire).
      • Mémoire épisodique : Souvenirs d'événements spécifiques, contextuels, autobiographiques (ex : se rappeler un rendez-vous).
    • Mémoire procédurale : Inconsciente, implicite (ex : savoir changer une roue de voiture). Habiletés, habitudes.
    • Mémoire imagée : Stockage d'images (visuelles, auditives, etc.), représentations analogiques (ex: se représenter la Tour Eiffel).
      • Supériorité des images sur le verbal.
      • Théorie du double codage (Paivio) : Deux systèmes (verbal et non verbal) interconnectés. Meilleure mémorisation si doublecodage possible.
      • Valeur d'imagerie des mots : Mots concrets +++ > mots abstraits ---.
    • La MLT est associative.
  • Processus de mémorisation :
    • Encodage :
      • Prépondérance du codage sémantique : Les erreurs en MLT sont sémantiques (vs. phonétique en MT).
      • Profondeur de traitement (Craik & Lockhart, 1972) :
        • Plus le traitement est profond (sémantique), meilleure est la mémorisation et l'apprentissage durable.
        • Lestraitements superficiels (graphique) < intermédiaires (phonologique) < profonds (sémantique).
        • L'intention d'apprendre n'est pas suffisante sans un traitement en profondeur.
      • Effet de génération/production : Meilleure rétention d'informations générées par soi-même.
      • Organisation du matériel : L'organisation hiérarchique ou subjective (regroupement catégoriel) améliore le rappel.
      • Compatibilité avec connaissances : Facilite l'encodage (liaisons, associations). Familiarité des stimuli.
    • Stockage :
      • Consolidation de la trace : Renforcement des associations.
      • Rôle de la répétition : Améliore la consolidation à long terme (vs. pas d'impact immédiat en MT).
    • Récupération :
      • Disponibilité vs. Accessibilité (Tulving) : Information disponible (stockée) peut être inaccessible.
      • Importance des indices de récupération : Rappel indicé > Rappel libre. Les indices activent les informations associées.
      • Effet d'amorçage sémantique : Décision lexicale plus rapide si le mot est précédé d'un mot sémantiquement lié.
      • Encodage spécifique (Tulving) : Le contexte d'apprentissage est encodé avec l'information. La récupération est meilleure si le contexte de rappel est similaire (ex : expérience des plongeurs de Godden et Baddeley).
    • L'Oubli en MLT :
      • Manque d'indices de récupération (disponibilité vs. accessibilité).
      • Interférence (proactive/rétroactive).
      • Oubli répressif (motivé).
      • Traumatismes organiques/dégénérescence neuronale (amnésies, démences).
  • Pathologies courantes :
    • Syndrome de Korsakoff : Amnésie antérograde quasi-totale, rétrograde plus variable. Mémoire explicite perturbée, implicite préservée. Désorientation, fabulations, anosognosie.
    • Maladie d'Alzheimer : Perte d'objets, rendez-vous, événements récents. Perturbations épisodiques et de MT. (Fonction du degré d'évolution).
    • Personnes âgées : Plaintes de mémoire, diminution de l'attention et des capacités de MT, problèmes de mémoire prospective.
  • Techniques d'étude de la MLT :
    • Tests standardisés (BEM 144).
    • Épreuves expérimentales de laboratoire (amorçage, dénomination d'images).
    • Questionnaires de mémoire(événements, autobiographie, sémantique).

Tableau de synthèse des mémoires

Mémoire à Long Terme (MLT) Mémoire à Court Terme (MT) Mémoire Sensorielle
Capacité de stockage Pratiquement illimitée. Faible (5±25 \pm 2 items), améliorée par l'organisation. Limitée par l'empan d'appréhension.
Temps de rétention Illimité. Quelques secondes (20\approx 20 sec). Temporaire. Iconique : < 1 seconde. Échoïque : < 2 secondes.
Forme d'encodage Sémantique, imagé, épisodique, procédural. Acoustique/Phonologique. Littéral (copie directe du stimulus).
Oubli Difficultés de récupération, interférences, lésions organiques. Dégradation (estompage), interférence, déplacement. Dégradation rapide.
Récupération de l'information Activation directe par indices (familiarité si pas d'indice). Accès séquentiel, exploration exhaustive. Attention sélective pour transfert en MT.
Nature des processus Automatiques, traitements parallèles. Contrôlés, attentionnels, traitements séquentiels. Pré-attentionnels.

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