Protéines Chaperonnes : Repliement et Pathologies

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Synthèse des mécanismes de repliement et de dégradation des protéines, incluant les protéines chaperonnes Hsp70 et GroEL/ES, ainsi que leur rôle dans diverses pathologies.

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Question
Quel est le rôle du système des Foldases/chaperonines?
Réponse
Le système des Foldases/chaperonines (TRiC/CCT) aide au repliement des protéines qui n'ont pas réussi avec le système des "Holdases", nécessitant de l'ATP.
Question
Quand le système DnaJ/DnaK est-il nécessaire chez les procaryotes?
Réponse
Chez les procaryotes, le système DnaJ/DnaK est nécessaire dans environ 20% des cas après la synthèse protéique pour aider au repliement.
Question
Quelles sont les liaisons stabilisant l'état replié d'une protéine?
Réponse
Les liaisons stabilisant l\'état replié d\'une protéine sont : liaisons hydrogènes, liaisons ioniques, liaisons électrostatiques, liaisons de van der Walls et ponts disulfures. L\'effet hydrophobe contribue également.
Question
Qu'est-ce que la conformation native d'une protéine?
Réponse
La conformation native d\'une protéine est sa structure tridimensionnelle stable et fonctionnelle, déterminée par sa séquence primaire.
Question
Le repliement des protéines est-il un processus spontané?
Réponse
Oui, le repliement des protéines est un processus spontané, favorisé par la séquence primaire de la protéine et visant à atteindre un état énergétique stable.
Question
Décrivez le modèle de l'effondrement hydrophobe.
Réponse
Le modèle de l'effondrement hydrophobe décrit le repliement des protéines par la formation initiale d'une structure compacte, suivie par le développement de structures secondaires et d'états intermédiaires appelés "molten globule".
Question
Expliquez le modèle de Nucléation-Condensation.
Réponse
Le modèle de Nucléation-Condensation implique la formation transitoire d'une hélice, autour de laquelle la structure tertiaire se replie et se déplie. Il y a ensuite stabilisation d'une forme proche de la structure native.
Question
Qu'est-ce que le modèle de diffusion-collision?
Réponse
Le modèle de diffusion-collision décrit le repliement des protéines comme un processus où des conformations aléatoires forment des structures secondaires transitoires qui se heurtent, menant à la formation d'intermédiaires stables puis de la structure native.
Question
Comment l'effet hydrophobe contribue-t-il au repliement?
Réponse
L'effet hydrophobe regroupe les résidus hydrophobes à l'intérieur de la protéine, minimisant leur contact avec l'eau et favorisant ainsi le repliement.
Question
Quel est le modèle de repliement le plus important étudié en cours?
Réponse
Le modèle unifié du repliement est le plus important, décrivant un processus passant par de nombreux intermédiaires de conformation.
Question
Que stipule le modèle unifié du repliement?
Réponse
Le modèle unifié stipule que le repliement des protéines passe par de nombreux intermédiaires stables, qui peuvent s\'agréger et devenir toxiques pour les cellules.
Question
À quels moments les protéines doivent-elles être repliées?
Réponse
Les protéines doivent être repliées lors de leur synthèse et en cas de dénaturation.
Question
Qu'est-ce que la dénaturation d'une protéine?
Réponse
La dénaturation d'une protéine est une modification de sa structure tridimensionnelle, qui peut être réversible ou irréversible, sans altération de la structure primaire. Elle est causée par des facteurs de stress tels que la chaleur ou un pH extrême.
Question
Citez des éléments stressants pouvant causer la dénaturation.
Réponse
La dénaturation des protéines peut être causée par des températures extrêmes, des pH extrêmes, une faible concentration d'oxygène, des détergents, des rayons UV ou X, une concentration saline élevée et des mutations.
Question
Quel est le rôle de la PDI dans le repliement?
Réponse
La PDI catalyse la formation des ponts disulfures intramoléculaires, jouant un rôle dans le mécanisme enzymatique d'aide au repliement des protéines dans le réticulum endoplasmique.
Question
Quelle est la fonction de la PPI?
Réponse
La PPI convertit les liaisons peptidiques X-Pro de trans en cis, jouant un rôle dans la formation des coudes.
Question
Quel est le rôle général des protéines chaperonnes?
Réponse
Les protéines chaperonnes aident au repliement correct des protéines, préviennent leur agrégation et facilitent leur dégradation si elles sont mal repliées.
Question
Comment les protéines chaperonnes sont-elles classées?
Réponse
Les protéines chaperonnes sont classées selon leur expression (constitutive ou inductible), leur masse moléculaire (ex: Hsp40), et leur localisation subcellulaire.
Question
Nommez les équivalents procaryotes de Hsp70 et Hsp60.
Réponse
Chez les procaryotes, les équivalents de Hsp70 et Hsp60 sont respectivement DnaK et GroEL.
Question
Quels sont les deux principaux systèmes de protéines chaperonnes?
Réponse
Les deux principaux systèmes de protéines chaperonnes sont : le système des "Holdases" (Hsp70/DnaK) qui prévient l'agrégation, et le système des "Foldases/chaperonines" (GroEL/ES ou TRiC/CCT) qui aide au repliement.
Question
Quel pourcentage de protéines se replient sans aide chez les procaryotes?
Réponse
Chez les procaryotes, environ 70% des protéines se replient spontanément sans aide après leur synthèse.
Question
Quelles sont les fonctions du système des Holdases?
Réponse
Le système des Holdases (Hsp70/DnaK) a pour fonctions : le repliement des protéines, leur transport à travers les membranes, la réactivation des protéines endommagées et la prévention de l'agrégation des nouvelles protéines naissantes. Il nécessite de l'ATP.
Question
Décrivez la première étape de l'ubiquitinylation.
Réponse
L'ubiquitine est activée par l'enzyme E1 en présence d'ATP, formant une liaison thiol-ester avec son groupe carboxyl C-terminal.
Question
Quand le système GroEL/ES est-il utilisé chez les procaryotes?
Réponse
Chez les procaryotes, le système GroEL/ES est utilisé en dernier recours pour le repliement des protéines, dans environ 10% des cas, lorsque les systèmes DnaJ/DnaK ne suffisent pas.
Question
Quel pourcentage de protéines se replient sans aide chez les eucaryotes?
Réponse
Chez les eucaryotes, environ 70% des protéines se replient spontanément sans aide.
Question
Quel est le rôle du complexe RAC chez les eucaryotes?
Réponse
Chez les eucaryotes, le complexe RAC intervient dans le système des "holdases" (Hsp70 et Hsp40) pour aider au repliement des protéines naissantes, nécessitant parfois l'intervention de Hsp90.
Question
Quand le système des foldases est-il utilisé chez les eucaryotes?
Réponse
Chez les eucaryotes, le système des foldases est utilisé dans 10% des cas, faisant intervenir la préfoldine pour acheminer la protéine vers le complexe TriC/CCT.
Question
Quel est le rôle de la préfoldine?
Réponse
La préfoldine aide à acheminer les protéines vers le complexe TriC/CCT pour leur repliement.
Question
Quand le système des holdases est-il utilisé chez les eucaryotes?
Réponse
Chez les eucaryotes, le système des holdases est utilisé dans 20% des cas pour aider au repliement des protéines, nécessitant l'intervention de Hsp70 et Hsp40.
Question
Comment les gènes des Hsp sont-ils régulés?
Réponse
Les gènes des Hsp sont régulés par des éléments appelés HSE (heat shock element) dans leur promoteur, qui lient des facteurs de transcription (HSF). En cas de stress, HSF active la synthèse des Hsp.
Question
Quel est le rôle de HSF en cas de stress?
Réponse
En cas de stress, HSF (Heat Shock Factor) se dissocie de Hsp70, migre dans le noyau, et active la synthèse de protéines chaperonnes pour protéger les protéines dénaturées.
Question
Quelles sont les trois protéines constituant le système DnaK?
Réponse
Le système DnaK est constitué de trois protéines : DnaK (Hsp70), DnaJ (Hsp40) et GrpE (NEF).
Question
Décrivez le mécanisme du système DnaK.
Réponse
Le système DnaK comprend DnaK (Hsp70), DnaJ (Hsp40) et GrpE (NEF). DnaJ fixe la protéine dénaturée et hydrolyse l'ATP de DnaK. GrpE échange l'ADP par l'ATP, libérant la protéine et régénérant le cycle.
Question
Comment DnaJ interagit-il avec DnaK?
Réponse
DnaJ lie la protéine dénaturée, hydrolyse l'ATP de DnaK, et forme un complexe DnaJ-DnaK-protéine dénaturée.
Question
Quel est le rôle de GrpE (NEF)?
Réponse
GrpE (NEF) est un facteur d\'échange de nucléotides qui régénère le complexe DnaK-ATP, essentiel au fonctionnement du système DnaK pour éviter l\'agrégation des protéines dénaturées.
Question
Quel est le but du système GroEL/ES?
Réponse
Le système GroEL/ES aide au repliement des protéines dénaturées en utilisant de l'ATP, agissant comme une cage pour forcer la protéine à adopter sa conformation native.
Question
Décrivez la structure de GroEL.
Réponse
GroEL est un tonneau formé de deux couronnes heptamériques, avec une région apicale interagissant avec GroES et les protéines mal repliées, une région intermédiaire, et une région équatoriale liant l'ATP.
Question
Quel est le rôle de GroES?
Réponse
GroES est une protéine chaperonne qui agit comme un couvercle pour le tonneau GroEL, enfermant les protéines mal repliées et facilitant leur repliement correct.
Question
Comment la protéine dénaturée entre-t-elle dans GroEL?
Réponse
La protéine dénaturée entre dans GroEL par interactions hydrophobes, formant un complexe avec GroES qui agit comme un couvercle. L'hydrolyse de l'ATP expose des résidus hydrophiles, forçant la protéine à se replier.
Question
Quel est l'effet de l'hydrolyse de l'ATP dans GroEL?
Réponse
L'hydrolyse de l'ATP dans GroEL provoque une exposition d'acides aminés hydrophiles, forçant la protéine mal repliée à se replier correctement pour masquer ses résidus hydrophobes.
Question
Comment la protéine est-elle libérée de GroEL?
Réponse
La protéine est libérée de GroEL lorsque GroES se sépare, suite à l'hydrolyse de l'ATP et à l'exposition d'acides aminés hydrophiles sur les parois internes de GroEL.
Question
Quel est l'équivalent de GroEL/ES chez les eucaryotes?
Réponse
Chez les eucaryotes, l'équivalent de GroEL/ES est le complexe TRiC/CCT.
Question
Qu'est-ce que la poly-ubiquitinylation?
Réponse
L'ajout de multiples molécules d'ubiquitine à une protéine, signalant sa dégradation par le protéasome.
Question
Quel est le rôle de l'E3 ubiquitine ligase?
Réponse
L'E3 ubiquitine ligase reconnaît la protéine mal repliée et la marque avec de l'ubiquitine pour la dégrader par le protéasome.
Question
Pourquoi la dégradation des protéines est-elle parfois préférable?
Réponse
La dégradation des protéines est préférable car les mécanismes de repliement sont coûteux en énergie. La dégradation évite l\'accumulation de protéines mal repliées et toxiques.
Question
Quel est le rôle de BAG-6 dans l'adressage au protéasome?
Réponse
Le complexe BAG6, associé à TRC35 et UBL4A, reconnaît les protéines mal repliées interagissant avec Hsp 70/90. Il initie ensuite leur ubiquitination par RNF126, menant à leur adressage au protéasome 26S via l'interaction avec RPN13.
Question
Comment les protéines mal repliées du RE sont-elles reconnues?
Réponse
Les protéines mal repliées du RE sont reconnues par des lectines (OS9, XTP3B) qui se lient aux oligosaccharides démanosillés, puis par le complexe Hrd1 qui initie l'ubiquitination et la rétro-translocation vers le protéasome.
Question
Qu'est-ce que le système ERAD?
Réponse
Le système ERAD (Elimination of misfolded proteins associated with endoplasmic reticulum degradation) est un mécanisme de dégradation des protéines mal repliées dans le réticulum endoplasmique. Il comprend les voies ERAD-L, ERAD-M et ERAD-C.
Question
Quel est le rôle de Hsp70 dans le cancer?
Réponse
Hsp70 favorise la survie, la formation de métastases et l'agressivité des cellules cancéreuses en inhibant l'apoptose et la sénescence.
Question
Comment Hsp70 favorise-t-il l'échappement immunitaire?
Réponse
Hsp70 permet aux cellules tumorales d'exprimer la protéine à leur surface ou dans des exosomes, qui se fixent ensuite sur les récepteurs TLR2 des cellules immunitaires suppressives, réduisant ainsi la réponse immunitaire.

I - Repliement des protéines

Le repliement des protéines est un processus physique non aléatoire par lequel une protéine acquiert sa conformation native tridimensionnelle, essentielle à sa fonction biologique. Cette conformation est principalement déterminée par la séquence primaire de la protéine. Des mutations, notamment les faux sens, peuvent altérer cette conformation et, par conséquent, la fonction protéique.

L'état replié est stabilisé par diverses liaisons :

  • Liaisons hydrogènes : entre atomes des chaînes latérales, du squelette peptidique ou de molécules d'eau.
  • Liaisons ioniques (ponts salins) : entre résidus de charges opposées (ex: arginine et aspartate).
  • Liaisons électrostatiques : interactions non covalentes de type pi-pi et cation-pi via la délocalisation des électrons dans les cycles aromatiques.
  • Liaisons de Van der Waals : attractions et répulsions à courte distance entre atomes.
  • Liaisons covalentes : ponts disulfures intracaténaires.
  • Effet hydrophobe : les résidus hydrophobes forment des régions hydrophobes, entraînant une réduction des surfaces entre l'eau et ces zones, et une augmentation de l'entropie de l'eau libérée.

Le repliement est énergétiquement favorable, malgré une augmentation de l'ordre, grâce à la diminution des contraintes hydrophobes et aux interactions favorables au sein de la protéine. La structure native correspond à l'état énergétique le plus stable, avec les acides aminés hydrophobes orientés vers l'intérieur et les hydrophiles vers le cytosol.

Le repliement est un processus spontané et rapide, non aléatoire, lié à la structure primaire.

Modèles de repliement

Il existe plusieurs modèles pour décrire le repliement des protéines :

  • Modèle du repliement séquentiel hiérarchique :
    1. Nucléation.
    2. Formation rapide de structures secondaires.
    3. Formation de structures super-secondaires, puis de domaines.
    Chaque étape stabilise les éléments formés précédemment, justifiant des états intermédiaires.
  • Modèle de diffusion-collision :
    1. Ensemble de conformations aléatoires initiales.
    2. Formation de structures secondaires transitoires qui diffusent et s'entrechoquent.
    3. Formation d'intermédiaires stables par rencontre des microdomaines transitoires.
    4. Interaction des multi-domaines intermédiaires pour former la structure native (modèle framework).
  • Modèle de l'effondrement hydrophobe :
    1. Formation d'une structure compacte basée sur un cœur hydrophobe enfoui.
    2. Formation de structures secondaires et d'états intermédiaires (molten globule).
  • Modèle de Nucléation-Condensation :
    1. Formation d'une hélice transitoire avec repliement et dépliement de la structure tertiaire autour.
    2. Échantillonnage de nombreuses conformations et stabilisation d'une forme proche de la structure native autour de l'hélice.
    3. Stabilisation simultanée de certaines interactions secondaires et tertiaires, favorisant la condensation.
  • Modèle de Jigsaw Puzzle : Existence de multiples chemins de repliement menant à une solution unique.
  • Modèle unifié du repliement (principalement étudié) : Le repliement passe par de nombreux intermédiaires de conformation. Certains peuvent être stables et interagir, formant des agrégats toxiques. Les protéines doivent se replier lors de leur synthèse et après une dénaturation.

II - Dénaturation des protéines par un élément stressant

Le stress (températures ou pH extrêmes, faible concentration en oxygène, détergents, mutations) peut entraîner une dénaturation de la protéine. Il s'agit d'une modification réversible ou irréversible de la conformation native tertiaire, sans rupture des liaisons covalentes (sauf ponts disulfures) ni modification de la structure primaire.

A - Les différents mécanismes de repliement

Deux mécanismes principaux aident au repliement des protéines :

  • Mécanisme enzymatique (dans la lumière du réticulum endoplasmique, utile lors de la synthèse) :
    • PDI (Protein Disulfide Isomerase) : catalyse la formation des ponts disulfures intramoléculaires.
    • PPI (Peptidyl-Prolyl Isomerase) : convertit les liaisons peptidiques X-Pro (trans en cis), important pour la formation des coudes.
  • Mécanisme impliquant les protéines chaperonnes :
    • Les protéines chaperonnes empêchent l'agrégation des chaînes mal repliées et favorisent leur progression vers la conformation native en brisant les liaisons incorrectes.
    • Elles appartiennent à la famille des protéines de choc thermique (Hsp), classées par expression (constitutive ou inductible), masse moléculaire (ex: Hsp40) ou localisation subcellulaire.

Principales protéines chaperonnes (eucaryotes/procaryotes) :

  • Hsp70 (DnaK)
  • Hsp60 (GroE)
  • Hsp40 (DnaJ)
  • TRiC (GroEL)
  • CCT (GroES)

Deux systèmes complémentaires de chaperonnes existent :

  1. Système des "Holdases" (DnaK/Hsp70) :
    • Rôle dans le repliement, le transport transmembranaire, la réactivation de protéines endommagées, et la prévention de l'agrégation des protéines naissantes.
    • Nécessite de l'ATP.
  2. Système GroEL/ES (procaryotes) ou TRiC/CCT (eucaryotes) ou "Foldases/chaperonines" :
    • Permet le repliement des protéines si le système des holdases n'a pas suffi.
    • Nécessite également de l'ATP.

Le repliement est très énergivore. En cas d'échec, la protéine mal repliée est dégradée pour limiter la consommation d'ATP.

Situations générales :

  • Procaryotes :
    • 70% des cas : repliement rapide et sans aide, avec l'aide du TF (trigger factor).
    • 20% des cas : intervention du système DnaJ/DnaK (holdases) pour "tenir" les protéines.
    • 10% des cas : transfert au système GroEL/ES (foldases) pour repliement.
  • Eucaryotes :
    • 70% des cas : repliement sans aide.
    • 20% des cas : intervention du système des holdases (complexe ribosomal RAC, Hsp70, Hsp40). Hsp90 peut être nécessaire.
    • 10% des cas : intervention du système des foldases (préfoldine achemine la protéine vers le complexe TRiC/CCT).

B - Fonctionnement général du système des Holdases (ou système Hsp70 ou système DnaK)

Les gènes des Hsp (gènes de stress) possèdent un promoteur avec des HSE (heat shock element) qui lient des HSF (Heat Shock Factors), des facteurs de transcription.

  • En temps normal, Hsp70 est liée à HSF dans le cytoplasme.
  • En cas de stress (dénaturation protéique), Hsp70 et HSF se dissocient :
    • Hsp70 se lie aux protéines dénaturées pour prévenir leur agrégation.
    • HSF est transloqué dans le noyau, se fixe aux HSE (3 nécessaires) et active la synthèse de chaperonnes.
  • Si un bon repliement a lieu spontanément, les Hsp se détachent, Hsp70 récupère HSF et retourne au cytoplasme.

Mécanisme du système DnaK :

Le système DnaK est composé de trois protéines :

  • DnaK (Hsp70) : lie les protéines dénaturées et l'ATP.
  • DnaJ (Hsp40) : hydrolyse l'ATP lié à DnaK et fixe aussi les protéines dénaturées.
  • GrpE (NEF - Nucleotide Exchange Factor) : régénère le complexe DnaK-ATP.

Séquence des réactions en cas de protéine dénaturée :

  1. DnaJ (Hsp40) lie la protéine dénaturée.
  2. DnaK (Hsp70) liée à l'ATP n'a pas d'affinité pour les protéines dénaturées.
  3. DnaJ hydrolyse l'ATP lié à DnaK.
  4. DnaK liée à l'ADP a une forte affinité pour les protéines dénaturées.
  5. Formation d'un complexe DnaJ-DnaK-protéine dénaturée, évitant l'agrégation.
  6. GrpE (NEF) échange l'ADP par de l'ATP, entraînant la dissociation du complexe.

Ce cycle est un système intermédiaire qui empêche l'agrégation des protéines mal repliées. Ensuite, la protéine peut refaire un cycle, être prise en charge par le système GroEL/ES, être dégradée, ou s'agréger.

C - Le système des Foldases/chaperonines ou système TRiC/CCT (GroES/EL)

Après libération par le système DnaK, la protéine peut être prise en charge par GroEL/ES. Ce système, très dépendant de l'ATP, vise à replier la protéine (contrairement à DnaK qui la "tient").

  • GroEL : Tonneau homoheptamérique (2 couronnes séparées par une plaque équatoriale) avec 3 régions :
    1. Région apicale : interagit avec GroES et les protéines mal repliées.
    2. Région intermédiaire.
    3. Région équatoriale : lie l'ATP.
  • GroES : Anneau unique de 7 sous-unités, fermant une extrémité de GroEL (le "couvercle").

Mécanisme du système GroEL/ES :

  1. Initialement, GroEL est lié à 2 ATP, ses parois intérieures sont hydrophobes.
  2. La protéine dénaturée (exposant ses AA hydrophobes) entre dans GroEL par interactions hydrophobes.
  3. GroES enferme la protéine dénaturée dans GroEL (effet cage).
  4. Hydrolyse des ATP.
  5. Exposition d'AA hydrophiles sur les parois intérieures de GroEL.
  6. La protéine, piégée, est contrainte de se replier correctement et de masquer ses résidus hydrophobes pour atteindre un état énergétique stable.
  7. GroES se sépare de GroEL, libérant la protéine. GroES se fixe ensuite sur le second anneau de GroEL où une nouvelle protéine endommagée s'est fixée, et le cycle recommence.

Ce système est très consommateur d'ATP. Si la protéine libérée est toujours dénaturée, elle peut refaire un cycle ou être dégradée.

Chez les eucaryotes, un système comparable existe, appelé TRiC/CCT/Préfoldine.

D - Couplage chaperonnes - dégradation des protéines

Les mécanismes de repliement étant énergivores, la cellule peut préférer dégrader une protéine dénaturée. L'échec du repliement peut être dû à une arrivée massive de chaînes polypeptidiques, un stress du RE, des mutations, un dysfonctionnement de la translocation, ou des mutations somatiques/germinales.

Si la dégradation est nécessaire, la protéine est poly-ubiquitinylée, signal d'adressage au protéasome 26S qui la dégrade en acides aminés.

Étapes de l'ubiquitinylation :

  1. Activation de l'ubiquitine (Ub) par l'enzyme E1 (ubiquitin-activating enzyme) en présence d'ATP (liaison thiol-ester avec le groupe carboxyle C-terminal de Ub).
  2. Transfert de l'Ub sur l'enzyme E2 (ubiquitin-conjugating enzyme).
  3. Reconnaissance de la protéine mal repliée par l'E3 (ubiquitine ligase) et complexation avec E2 pour transférer l'Ub sur la protéine cible.
  4. Poly-ubiquitination : un facteur d'élongation E4 facilite l'élongation de la chaîne d'ubiquitine.

L'ubiquitination permet l'adressage au protéasome.

Mécanisme d'adressage au protéasome :

La protéine BAG-6 (Bcl2 associated) reconnaît les protéines mal repliées.

  1. Le complexe hétérotrimérique BAG6 (BAG6, TRC35, UBL4A) fixe les protéines exposant des résidus hydrophobes et interagissant avec les chaperonnes Hsp70/90.
  2. Ubiquitination par l'E3 ligase RNF126.
  3. Adressage au protéasome 26S par interaction avec la sous-unité RPN13 du protéasome 19S.

Ces étapes ont lieu dans le cytosol. Si la protéine mal repliée est dans le réticulum endoplasmique (RE), une translocation vers le cytoplasme est nécessaire via les systèmes ERAD :

  • ERAD-L : pour les protéines dans la lumière du RE.
  • ERAD-M : pour les protéines à la membrane du RE.
  • ERAD-C : pour les protéines fixées à la membrane du RE côté cytosol.

Les systèmes ERAD-L et ERAD-M communiquent. ERAD-C est indépendant.

Mécanisme ERAD (pour protéines dans la lumière ou membrane du RE) :

  • Reconnaissance : La protéine mal repliée est reconnue et fixée par des lectines (OS9, XTP3B) capables de se lier à un oligosaccharide démannosylé. OS9 interagit avec le complexe Hrd1 à la membrane du RE.
  • Transfert au complexe Hrd1 et ubiquitination : La fixation à Hrd1 initie l'ubiquitination.
  • Formation d'un complexe de dislocation : Implique p97 pour la rétrotranslocation de la protéine dans le cytoplasme et l'hydrolyse de l'ATP pour sa libération.
  • Une fois dans le cytoplasme, la chaîne d'ubiquitine est allongée pour l'adressage final au protéasome 26S.

Mécanisme ERAD-C (pour protéines du RE avec partie cytosolique mal conformée) :

  • Le complexe protéique Doa10 reconnaît la protéine mal repliée.
  • Doa10 permet le transfert dans le cytoplasme et l'ubiquitination de la protéine, qui est ensuite adressée au protéasome.

III - Rôle délétère des protéines Hsp dans certains cas : exemple de HSP70

A - Rôle oncogène de Hsp70

Hsp70 est normalement exprimée à bas niveau, prévenant les agrégats. Les cellules cancéreuses, accumulant des mutations et des protéines mal conformées, stimulent la production de Hsp70 (stress cellulaire). Cette surexpression de Hsp70 favorise la survie, la formation de métastases et l'agressivité des cellules cancéreuses. Hsp70 est souvent abondante dans les tumeurs.

Hsp70 inhibe l'apoptose par divers mécanismes (récepteurs, voies de signalisation, protéines mitochondriales, régulateurs de l'apoptose). Elle inhibe également la sénescence cellulaire, stabilise la membrane du lysosome et interagit avec Hsp90 pour influencer la division cellulaire.

B - Échappement à la surveillance immune par Hsp70

Les cellules tumorales surexprimant Hsp70 peuvent l'exprimer à leur membrane ou la produire via des exosomes. Ces exosomes, porteurs de Hsp70, peuvent se fixer sur les récepteurs TLR2 de cellules suppressives du système immunitaire. Cela active ces cellules, réduisant la réponse immunitaire contre les cellules tumorales.

Une approche thérapeutique actuelle est le développement d'inhibiteurs des Hsp. Ces anticancéreux peuvent :

  • Inhiber la fixation de l'ATP (domaine N-terminal).
  • Inhiber la fixation à la protéine dénaturée (domaine C-terminal).
  • Bloquer le mécanisme d'activation des cellules immunosuppressives par Hsp70.

Des inhibiteurs de Hsp90 sont aussi utilisés comme anticancéreux, parfois en combinaison avec des siRNA ciblant Hsp70.

IV - Conclusion

De nombreux systèmes permettent le repliement des protéines mal conformées (naissantes ou dénaturées) et préviennent leur agrégation. Les deux systèmes essentiels abordés sont :

  • Le système DnaK (Hsp70, Hsp40, GrpE), ou système des holdases, qui évite l'agrégation des protéines dénaturées.
  • Le système GroEL/ES, ou système des foldases, qui permet le repliement des protéines dénaturées.

De nombreuses maladies (prions, amyloses) sont dues à l'agrégation de protéines dénaturées ayant échappé à ces systèmes. Les protéines chaperonnes ont un rôle protecteur crucial. Cependant, dans des maladies comme le cancer, elles peuvent jouer un rôle délétère en favorisant la prolifération cellulaire et en inhibant l'apoptose.

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