Propriétés et essais des matériaux de construction

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Résumé des propriétés des matériaux de construction, spécificités du béton, essais de résistance et normes associées.

Propriétés et Comportement des Matériaux en Génie Civil : Focus sur le Béton

Ce document explore en profondeur les propriétés essentielles des matériaux de construction, avec un accent particulier sur le béton, son comportement sous différentes sollicitations, les méthodes d'essai pour caractériser sa résistance et sa durabilité, ainsi que l'importance cruciale de la cure du béton.

1. Propriétés des Matériaux – Généralités

Les propriétés des matériaux peuvent être classées en deux grandes catégories :

1.1 Propriétés Indépendantes de la Quantité (Intrinsèques)

Ces propriétés sont caractéristiques du matériau lui-même et ne varient pas avec sa taille ou sa forme.

  • Propriétés mécaniques :

    • Résistance : Capacité du matériau à supporter des contraintes sans se rompre. Pour le béton, la résistance à la compression est primordiale.

    • Élasticité (Module d'Young ) : Mesure de la rigidité d'un matériau, c'est-à-dire sa capacité à se déformer élastiquement sous contrainte et à retrouver sa forme originale après relâchement. Exprimé en MPa ou GPa.

    • Dureté : Résistance à la pénétration ou à l'abrasion.

    • Limite élastique : Contrainte au-delà de laquelle un matériau commence à se déformer de manière permanente (plastique).

  • Propriétés physiques :

    • Masse volumique (densité) : Masse par unité de volume ( en ).

    • Capacité thermique : Quantité de chaleur nécessaire pour élever la température d'une unité de masse du matériau d'un degré.

    • Conductivités (thermique, électrique) : Aptitude du matériau à transmettre la chaleur ou l'électricité.

1.2 Propriétés Dépendantes de la Géométrie et des Sollicitations (Extrinsèques)

Ces propriétés sont influencées par la forme de la structure ou de l'élément, et par les forces ou conditions environnementales appliquées.

  • Propriétés mécaniques :

    • Flèche, déformation : Changement de forme ou de dimension d'une structure sous charge.

    • Fluage : Déformation progressive d'un matériau sous une contrainte constante sur une longue période.

  • Propriétés physiques :

    • Poids propre : Force exercée par la masse d'une structure sous l'effet de la gravité.

    • Échauffement : Augmentation de la température due à des facteurs externes (ensoleillement, réaction chimique) ou internes (dissipation d'énergie).

    • Résistance électrique : Opposition d'un matériau au passage du courant électrique.

2. Résistance des Matériaux – Concepts Fondamentaux et Béton

2.1 Contrainte et Déformation

La mécanique des matériaux repose sur les concepts de contrainte et de déformation.

  • Contrainte () : Force interne par unité de surface. Elle est définie comme , où est la force appliquée et est la surface initiale. L'unité est le Pascal (Pa) ou (équivalent à MPa).

    Exemple: Une contrainte de est égale à , soit approximativement ou .

  • Déformation () : Changement relatif de dimension. Elle est définie comme , où est le changement de longueur et est la longueur initiale. C'est une grandeur sans dimension, souvent exprimée en , , .

  • Module d'Young () : Représente la rigidité du matériau dans le domaine élastique. Il est la pente initiale de la courbe contrainte-déformation: . Unité: MPa ou GPa.

    • Exemple de valeurs : Acier (~210 GPa), Béton (~35 GPa), Bois (~12 GPa), Caoutchouc (~0.05 GPa). Les matériaux résistants sont généralement plus rigides.

  • Limite élastique : La contrainte et la déformation ( et ) au-delà desquelles le comportement n'est plus purement élastique.

  • Contrainte de rupture : La contrainte maximale qu'un matériau peut supporter avant de se rompre.

2.2 Résistance en Compression du Béton

La résistance en compression est la principale caractéristique mécanique exigée pour le béton en génie civil.

  • Le béton est intrinsèquement faible en traction ; il doit donc principalement travailler en compression dans les structures.

  • Les armatures en acier sont généralement intégrées au béton pour reprendre les efforts de flexion et de traction, dont le béton seul n'est pas capable (béton armé). Les codes de construction admettent souvent une résistance à la traction du béton nulle ().

2.3 Comparaison des Résistances des Matériaux

Matériau

Résistance en MPa ou

Brique de terre cuite

20 - 30

Bois résineux (sapin) // aux fibres

30 - 50

Bois dur (chêne)

40 - 60

Roche tendre (molasse)

25 - 50

Roche dure (granite)

150 - 200

Béton courant

30 - 60

Béton haute résistance (BHP)

60 - 120

Béton BFUP (béton fibré ultra-performant)

120 – 180

Acier courant

250 - 600

Acier de précontrainte

1'000 - 2'000

Fibres de carbone

2'400 - 3'000

3. Essais de Résistance à la Compression du Béton

3.1 Mesure de la Résistance

La résistance à la compression est mesurée par l'application d'une force croissante sur une éprouvette standardisée jusqu'à sa rupture, avec une vitesse de déformation constante.

3.2 Normes et Réglementations (Suisse)

  • En Suisse, les propriétés mécaniques et de durabilité des bétons sont définies par la norme SN EN 206 et les normes SIA 262.

  • La résistance caractéristique à 28 jours, notée , est utilisée pour le dimensionnement des structures. Par exemple, C30/37 indique une résistance de 30 MPa sur cylindre et 37 MPa sur cube.

  • La détermination de la résistance à la compression caractéristique est recommandée sur des cubes de . Le résultat d'essai est la valeur moyenne de trois cubes confectionnés à partir d'un échantillon de béton frais prélevé sur chantier.

3.3 Procédure d'Essai sur Cube ()

  1. Mesure des dimensions exactes du cube.

  2. Pesée du cube.

  3. Préparation des surfaces de contact (assurer la planéité et le parallélisme).

  4. Application de la charge à vitesse constante jusqu'à la rupture (contrôlée par une presse).

Ces essais permettent de contrôler la fabrication du béton, la préparation des éprouvettes et le bon fonctionnement de l'équipement. Une rupture correcte des éprouvettes cubiques est caractérisée par des fissures sur les 4 faces exposées, sans dommage significatif aux surfaces en contact avec les plateaux de la presse.

3.4 Effet de la Géométrie de l'Éprouvette : Cylindre vs. Cube

Même si la résistance est une propriété du matériau, la géométrie de l'éprouvette et les conditions de test influencent la valeur mesurée.

  • Frettage : Lors de l'essai, le frottement entre l'éprouvette et les plaques de la presse retient la déformation latérale de l'échantillon, créant un état de contraintes non uniforme et une déformation en "tonneau". Ce phénomène, appelé frettage, augmente artificiellement la résistance mesurée.

  • Corrélation : Les résistances mesurées sur cubes sont généralement plus élevées que sur cylindres.

Pays

Type d'éprouvette normative

Dimensions

Avantages

Inconvénients

Résistance relative

USA, France,...

Cylindre

(H/D = 2)

Distribution des contraintes plus uniformes

Rectifiage des faces indispensable

0.8

Suisse, UK, ...

Cube

Deux faces moulées

État des contraintes non uniforme (frettage)

1

Attention : la dimension maximale des granulats () doit être telle que la longueur du moule () soit supérieure à .

4. Essais de Résistance à la Traction du Béton

Le béton est très mauvais en traction (). Sa résistance à la traction/flexion est très basse (quelques MPa, comparé à 300-500 MPa pour l'acier). Pour qu'il puisse être utilisé en traction/flexion, il doit être armé. Pour évaluer cette faible résistance, plusieurs essais sont utilisés. Les essais de traction présentent, en général, une plus grande dispersion que les essais de compression, car ils sont plus sensibles aux défauts microstructuraux.

4.1 Traction Directe

* Principe : Application d'une traction centrée le long de l'axe du cylindre. * Norme : Rilem Recommendation CP27. * Éprouvettes : Cylindre (parfois entaillé). * Résultat : ( = force de rupture, = diamètre). * Avantages : Mesure directe. * Inconvénients : Préparation délicate (surfaçage, sablage, collage), alignement force-échantillon critique, la colle peut être le point faible. * Ordre de grandeur : 1.5–4.0 .

4.2 Traction par Fendage (Essai Brésilien)

* Principe : Application d'une compression le long de deux lignes opposées dans le plan axial d'un cylindre, ce qui induit des contraintes de traction transversales qui causent la rupture. * Norme : SN EN 12390-6. * Éprouvettes : Cylindre. * Résultat : ( = force de rupture, = diamètre, = longueur). * Corrélation approximative : . * Avantages : Aucune préparation de l'échantillon requise (sauf une surface latérale lisse). * Inconvénients : Application non uniforme de la force (risque de sous-estimation), faible volume de l'échantillon sous contrainte (risque de surestimation), alignement délicat. * Ordre de grandeur : 2.0–6.0 .

4.3 Flexion 3 Points

* Principe : Un prisme est posé sur deux appuis et chargé en son centre. Les fibres inférieures sont en traction. * Norme : SN EN 12390-5. * Éprouvettes : Prisme. * Résultat : ( = force de rupture, = portée, = largeur, = hauteur). * Corrélation approximative : . * Avantages : Aucune préparation requise. * Inconvénients : L'échantillon n'est pas en traction pure. Souvent utilisé pour matériaux de chapes, mortiers, bétons fibrés. * Ordre de grandeur : 3.0–8.0 .

4.4 Essai "Double Poinçon" (Double Punch)

* Principe : Application d'une compression axiale sur des disques de surface réduite sur un cylindre, induisant un état complexe de contraintes avec des composantes de traction. * Norme : Non normé. * Éprouvettes : Cylindre. * Résultat : (avec conditions sur et ). = charge, = rayon du cylindre, = hauteur, = rayon du poinçon. * Corrélation approximative : . * Avantages : Peu ou pas de préparation de l'échantillon, état de contrainte presque uniforme. * Inconvénients : Alignement délicat, non normé. * Ordre de grandeur : 2.0–5.0 .

Traction directe

Traction par fendage (essai Brésilien)

Flexion 3 points

Double poinçon

Principe

Traction centrée axiale

Compression latérale induisant traction

Flexion induisant traction

Compression axiale sur petits disques

Norme

Rilem CP27

SN EN 12390-6

SN EN 12390-5

N/A

Éprouvettes

Cylindre

Cylindre

Prisme

Cylindre

Charge

Traction axiale

Compression le long de 2 lignes

Charge ponctuelle centrée

Compression axiale sur disques

Paramètres

Résultat

Corrélation

-

Ordre de grandeur ()

1.5-4.0

2.0-6.0

3.0-8.0

2.0-5.0

5. Mesure du Module d'Élasticité (Module d'Young)

Le module d’Young () représente la rigidité d'un matériau, c’est-à-dire la force qu’il faut pour l’allonger, par rapport à sa déformation. Pour un ressort, c’est l’équivalent de la constante de raideur dans la loi de Hooke (). Pour un matériau, on généralise par la contrainte et la déformation: .

5.1 Procédure de Mesure

  • Éprouvettes : Prismes ou cylindres moulés, ou carottes prélevées sur structure.

  • Élancement : Le rapport Longueur/Diamètre () doit être compris entre 2 et 4 (généralement cylindre de et ).

  • Appareillage : L'appareil de mesure de déformation est appliqué directement sur l'éprouvette.

  • Base de mesure () : Doit respecter et .

  • Cycles de charge/décharge : La méthode standard (méthode B) implique 3 cycles de charge/décharge.

    • Vitesse de charge : .

    • Contraintes appliquées : et .

    • Le module est mesuré sur la pente du dernier cycle.

6. Impact des Défauts sur la Résistance des Matériaux

La résistance théorique d'un matériau est de l'ordre de , où est le module d'élasticité. Cependant, en réalité, les résistances observées pour des matériaux fragiles sont nettement inférieures, souvent . Cette chute est principalement due aux défauts présents dans les matériaux.

6.1 Types de Défauts

  • Défauts cristallins : Impuretés, lacunes, dislocations (plus pertinents pour les métaux).

  • Fissures : Macroscopiques ou microscopiques. Le béton, par nature, contient des microfissures dès sa prise (retrait, mise en service, expansion). Plus d'un matériau est grand, plus il a de défauts, et donc une résistance potentiellement plus faible.

  • Porosité : Présence de vides ou de pores.

  • Défauts de surface : Rayures, rugosité qui peuvent initier des ruptures.

6.2 Cas Spécifiques

  • Fibres minces : Pour des fibres très minces (ex: fibres de verre), il est possible de se rapprocher de la résistance théorique, même pour des matériaux fragiles (travaux de Griffith). La résistance des fibres augmente quand leur diamètre diminue car la probabilité d'avoir un défaut critique est réduite (moins de défauts).

  • Pâte de ciment : La pâte de ciment est le point faible du béton, surtout l'interface pâte/granulat où le décollement peut se produire.

6.3 L'Importance de la Porosité

  • La porosité impacte fortement la résistance de tous les matériaux. Des pores agissent comme des concentrateurs de contraintes, favorisant l'initiation et la propagation des fissures.

  • Dans le béton, la porosité capillaire de la pâte de ciment est principalement due aux vides laissés par l'eau excédentaire qui n'a pas participé à l'hydratation du ciment.

  • Les zones claires en microscopie électronique sont denses, et les zones sombres sont des vides, illustrant la porosité.

6.4 Facteurs Influant sur la Porosité et la Résistance du Béton

6.4.1 Rapport Eau/Ciment (E/C)

* Le rapport est le paramètre le plus influent sur la résistance à la compression du béton.

  • Rapport élevé : Entraîne une porosité capillaire élevée, une faible densité de la matrice, et donc une résistance mécaniques plus faible. Les images de microscopie montrent plus de résine fluorescente (indicatrice de vide) dans une pâte à fort E/C.

  • Rapport faible : Entraîne une faible porosité capillaire et une meilleure résistance.

* Mise en garde : Un rapport trop faible () peut compromettre l'ouvrabilité du béton, le rendant difficile à mettre en place, ce qui peut entraîner des problèmes de bulles d'air et, paradoxalement, une baisse de la résistance à la compression. Il faut trouver un équilibre entre résistance et ouvrabilité.

6.4.2 Granularité des Agrégats

La composition granulométrique des agrégats influence la quantité de pâte nécessaire et donc la porosité et la résistance.

Granularité

Type 1

Type 2

Ciment ()

300

300

Etalement

410

420

Eau ()

198

150

E/C

0.66

0.50

Rc 28 j ()

26.7 ()

37.0 ()

Retrait

Élevé

Faible

Qté de pâte

Élevée

Faible

Un rapport E/C plus faible (Type 2) conduit à une résistance plus élevée, un retrait plus faible, et une quantité de pâte plus faible.

6.4.3 Âge du Béton

* Le processus d'hydratation du ciment continue tant qu'il y a de l'eau et des anhydres disponibles. * La formation continue d'hydrates densifie la matrice et diminue la porosité capillaire, augmentant ainsi la résistance mécanique du béton au fil du temps. * C'est pourquoi la résistance spécifiée () est donnée à 28 jours, bien que le durcissement se prolonge au-delà.

7. La Cure du Béton – Une Étape Cruciale

La cure du béton est l'ensemble des mesures mises en œuvre pour préserver l'eau du mélange dans le béton frais. Elle est essentielle pour garantir une hydratation optimale du ciment et favoriser un bon durcissement, assurant ainsi les propriétés mécaniques et la durabilité du béton.

7.1 Objectifs de la Cure

  • Protection contre l'évaporation excessive de l'eau.

  • Garantie d'une hydratation optimale et complète du ciment.

  • Développement des propriétés mécaniques ciblées.

  • Amélioration de la durabilité du béton durci.

7.2 Conséquences d'une Mauvaise Cure

* Perte d'eau : Une évaporation prématurée entraîne un arrêt du processus d'hydratation en surface. * Réduction des propriétés : Les résistances mécaniques et la durabilité du béton risquent d'être réduites, surtout en surface, là où les agressions sont les plus importantes. * Fissuration :

  • Retrait plastique : Formation d'un réseau de fissures irrégulier et discontinu, dû à l'évaporation rapide de l'eau de surface avant la prise finale.

  • Retrait de séchage : Fissures espacées plus régulièrement, causées par le séchage continu du béton durci.

* Compromission de la protection des armatures : Par exemple, si l'armature est à 35 mm de profondeur et que le séchage atteint cette profondeur en 7 heures (environ ) alors que le temps de prise est de 5-6 heures, la fonction de protection des armatures contre la corrosion est gravement compromise.

7.3 Méthodes de Cure

7.3.1 Maintien des Coffrages

* Méthode simple et efficace, particulièrement pour les éléments verticaux. * Coffrages absorbants (bois) : Doivent être humidifiés. * Coffrages métalliques : Doivent être protégés de l'ensoleillement pour éviter les déformations thermiques et les gradients de température excessifs. * Inconvénients : Prolongation des délais de décoffrage, augmentation des coûts, immobilisation des coffrages.

7.3.2 Arrosage

* Empêche une montée en température de la surface et maintient l'humidité. * Avantages : Méthode répandue, pas de matériel spécifique nécessaire, automatisable. L'eau doit être vaporisée pour éviter le choc thermique. * Inconvénients : Risque de choc thermique si l'arrosage n'est pas régulier.

7.3.3 Produits de Cure

* Très efficace si correctement appliqué (sur béton humide). * Généralement à base de paraffine ou de polymères en solution. * Forme une couche protectrice sur la surface du béton pour limiter l'évaporation. * Inconvénients : Attention à la compatibilité avec des enduits ultérieurs (ne sont pas retirés à la fin de la cure).

7.3.4 Nattes Humides (Géotextile, Feuille Plastique)

* Matériel facilement disponible (nattes textiles ou plastique). * Bon rendu pour les éléments apparents, surtout avec le géotextile. * Adapté aux surfaces non planes. * Les toiles doivent être maintenues en place et ré-humidifiées si nécessaire. * Inconvénients : La mise en place et le retrait prennent du temps (impact sur le coût), risque de marques par la feuille plastique.

7.4 Effets d'une Cure Adaptée sur le Béton Durci

* Réduction ou élimination de la fissuration au jeune âge. * Accélération et augmentation des propriétés mécaniques. * Amélioration de la résistance à l'usure. * Amélioration de la durabilité. * Amélioration de l'étanchéité à l'eau.

7.5 Durée Minimale de la Cure (Normes SIA 262 et SN EN 206-1)

Le cahier des charges de l'ingénieur spécifie la classe de cure.

  • Typiquement, décoffrage après ~24 heures, suivi de 3 à 7 jours de conservation humide.

  • Le durcissement du béton cesse s'il n'y a plus d'eau. Il se prolonge bien au-delà de 28 jours si les conditions sont favorables.

7.5.1 Classes de Cure (NBK)

Classes de cure (NBK)

1

2

3

4

Durée (en heures) 1)

Pourcentage de la résistance caractéristique à 28 jours

35%

50%

70%

Exigences

aucune

usuelles

accrues

sévères

1) Tant que la prise du béton ne dure pas plus que 5 heures et que la température du béton à la surface vaut au moins .

7.5.2 Durée Minimale de la Cure selon la Température et l'Évolution de la Résistance

La durée minimale de la cure dépend de l'évolution de la résistance du béton et de la température de surface, comme indiqué dans les normes. Le rapport est défini comme (résistance moyenne en compression à 2 jours / résistance moyenne en compression à 28 jours).

Évolution de la résistance du béton à (SN EN 206-1)

Rapide ()

Moyenne ()

Lente ()

Très lente ()

Classe de cure (NBK)

2

3

4

2

3

4

2

3

4

Température de surface du béton 3)

Durée minimale de la cure [jours] 1)

1.0

1.5

3

1.5

2.5

5

2.5

3.5

6

exigences particulières à définir

1.0

2.0

5

2.5

4

9

5

7

12

1.5

2.5

7

4

7

13

8

12

21

2)

2.0

3.5

9

5

9

18

11

18

30

1) Pour une durée d'ouvrabilité de plus de 5 h, la durée de cure doit être prolongée.

2) Pour des températures , la durée doit être prolongée du temps où la température est restée .

3) La température de l'air mesurée le matin à 07h00 à l'ombre peut être utilisée en alternative.

7.5.3 Types de Cure selon le Cahier Technique du Ciment B 8 («Cure du béton»)

Ces indications spécifient les mesures à prendre en fonction de la température ambiante et du type de béton.

Type

Mesures à prendre

Température de surface-, de l'air

Feuille plastique ou produit de cure + Eau

en outre :

  • arroser le coffrage en bois

  • protéger du soleil le coffrage métallique

(X)2)

X

le cas échéant, mesures supplémentaires (voir plus haut)

X

X

X

Feuille plastique ou produit de cure + Isolation thermique

utilisation des coffrages avec capacité d'isolation thermique (par ex. en bois), couvrir les coffrages métalliques avec des nattes thermiques

X1)

recouvrir le lieu de travail, évt. chauffage (par ex. radiateur) en outre : au moins 3 jours

X

Maintenance d'un film d'eau visible en permanence à la surface du béton

(X)

X

X

1) Ne pas humecter ; protéger de la rosée / de l'eau de pluie.

2) Convient en cas de conditions défavorables (par ex. vent fort) et pour les classes d'exposition XD, XF.

8. Types de Béton et Leurs Applications

8.1 Béton Armé

* Le béton seul cède en traction et se microfissure. Les armatures en acier reprennent alors les efforts de traction et de flexion. * Les poutres en béton armé sont courantes, mais leur masse linéique est significativement plus élevée que celle de l'acier seul.

8.2 Béton Précontraint

* Un système de précontrainte (interne ou externe) induit des contraintes de compression dans le béton avant l'application des charges externes. * L'objectif est que les charges propres ou de service ramènent l'élément à un état sans traction (ou avec des volumes en traction très réduits). * Typiquement, des torons d'acier sont noyés dans un coulis et mis en tension. * Le béton précontraint offre une meilleure performance par rapport au béton armé pour une capacité portante équivalente, avec une masse linéique plus faible.

8.3 Béton Fibré Ultra-Performant (BFUP) / Béton Fibré Ultra-Ductile (BFUD)

* Ce sont des bétons à très haute résistance et ductilité, qui peuvent avoir une résistance à la traction plus élevée que le béton conventionnel grâce à l'ajout de fibres (généralement en acier ou carbone). * Ces matériaux permettent des structures plus légères et élancées.

8.4 Comparaison des Poutres avec Capacité Porteuse Équivalente

Acier

Béton armé

Béton précontraint

BFUP / CFUP

Masse linéique ()

117

530

467

140

9. Questions Clés sur le Béton

Ce sont des points de réflexion et de synthèse des connaissances abordées :

  1. Comment les propriétés de résistance à la compression sont-elles testées en Suisse pour certifier une recette de béton ?

    • Par des essais sur des cubes de , en suivant le processus de chargement à vitesse constante jusqu'à la rupture (normes SN EN 206 et SIA 262). Le résultat est la moyenne de trois cubes après 2, 7 et 28 jours (pour la certification).

  2. Dans quelle norme les propriétés mécaniques et de durabilité des bétons sont-elles définies ?

    • Les normes SN EN 206 et SIA 262.

  3. Comment se propagent les fissures lors de la mise en compression d'un béton standard ? Pourquoi ?

    • Lors d'un essai de compression sur cube, les fissures se propagent souvent en coin ou en cisaillement due aux effets de frettage aux interfaces avec les plateaux de la presse et aux contraintes non uniformes qu'il engendre. Théoriquement, sans frottement, la rupture se ferait par gonflement latéral sous l'effet des efforts transversaux liés au coefficient de Poisson. Le point faible est la pâte de ciment et l'interface pâte/granulat. Le béton est un matériau fragile qui contient des microfissures dès sa prise, facilitant l'initiation de la rupture.

  4. Quel est le paramètre ayant le plus d'impact sur la résistance à la compression d'un béton ? Comment l'améliorer ?

    • Le rapport Eau/Ciment (E/C) a le plus d'impact. Pour l'améliorer, il faut le réduire au minimum possible, en tenant compte de l'ouvrabilité. Un E/C plus faible réduit la porosité capillaire, densifie la matrice et augmente la résistance.

  5. À quoi faut-il surtout faire attention lors de la mise en place d'un béton pour conserver ses propriétés de durabilité et mécaniques ? Comment ?

    • Il faut principalement faire attention à la cure du béton. Elle doit être adaptée aux conditions environnementales et au type de béton. Cela implique de protéger le béton de la dessiccation prématurée par diverses méthodes : maintien des coffrages, arrosage régulier, application de produits de cure, ou utilisation de nattes humides. Une cure insuffisante entraîne une baisse de résistance, une augmentation de la perméabilité et de la fissuration.

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