Prise en charge des traumatismes crâniens graves

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Les traumatismes crâniens graves (TCG) représentent un problème majeur de santé publique, étant la première cause de décès chez les jeunes adultes. Une meilleure compréhension de leur physiopathologie, des mécanismes des lésions, et des évaluations cliniques appropriées sont essentielles pour améliorer le pronostic vital et fonctionnel. La prise en charge précoce et multidisciplinaire, incluant la gestion des voies aériennes, de l'hémodynamique, et la sédation du patient, est cruciale pour prévenir les agressions cérébrales secondaires d'origine systémique (ACSOS). Les examens d'imagerie comme le scanner cérébral et l'IRM jouent un rôle essentiel dans le diagnostic et l'évaluation de la gravité, notamment pour identifier l'hypertension intracrânienne (HIC) et les lésions parenchymateuses. Les stratégies de traitement visent à maintenir une pression de perfusion cérébrale adéquate, à contrôler l'HIC et à réduire le métabolisme cérébral. L'hypothermie modérée et d'autres mesures spécifiques sont utilisées pour protéger le cerveau. La prise en charge hospitalière est continue et adaptée grâce à un monitorage multimodal, essentiel pour ajuster les thérapeutiques et améliorer la qualité de vie des patients.

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Question
Quelle est une indication formelle pour la neurochirurgie en cas d'hématome extradural ?
Réponse
Hématome extradural > 10 mm.
Question
Quel est le rôle principal du liquide céphalo-rachidien (LCR) ?
Réponse
Le LCR protège le cerveau mécaniquement et apporte nutriments et oxygène.
Question
Quel pourcentage du débit cardiaque représente le débit sanguin cérébral (DSC) ?
Réponse
Le débit sanguin cérébral représente 20 % du débit cardiaque.
Question
Citez une cause d'élévation de la Pression Intracrânienne (PIC).
Réponse
Une cause d'élévation de la PIC est l'œdème cérébral, une augmentation de la teneur en eau dans le cerveau.
Question
Quelle est la définition d'un traumatisme crânien grave (TCG) ?
Réponse
Un traumatisme crânien grave (TCG) est défini par un score de Glasgow inférieur ou égal à 8.
Question
Quel est l'objectif principal de la prise en charge pré-hospitalière des TCG ?
Réponse
L'objectif principal est de prévenir les agressions cérébrales secondaires d'origine systémique.
Question
Quelle est l'importance de la précocité et de la qualité de la prise en charge des lésions dans le devenir du traumatisé crânien grave ?
Réponse
La précocité et la qualité de la prise en charge déterminent le devenir du traumatisé crânien grave.
Question
Quel est un inconvénient majeur de l'utilisation du Mannitol dans le traitement de l'HIC ?
Réponse
Risque de majoration de l'œdème en zone où la BHE est lésée.
Question
Quelle est l'osmolalité cible pour les patients atteints de TCG ?
Réponse
L'osmolalité cible est de 290 à 320 mosm/kg.
Question
Quel soluté est considéré comme le vecteur de choix pour les perfusions en cas de TCG ?
Réponse
Le sérum salé isotonique 0,9% est le soluté de choix.

Traumatismes Crâniens Graves (TCG) : Aide-mémoire

Les traumatismes crâniens graves (TCG) sont une urgence médico-chirurgicale majeure et la 1ère cause de décès et d'invalidité chez les jeunes de 15-25 ans. Une meilleure compréhension de la physiopathologie et une prise en charge précoce et multidisciplinaire sont cruciales.

I. Introduction & Généralités

Les TCG sont des agressions mécaniques directes ou indirectes du crâne, entraînant immédiatement ou ultérieurement des troubles de la conscience.

  • Définition TCG : Score de Glasgow .
  • Rappels physiologiques :
    • Le cerveau (1200 g, 2% du poids corporel) est vital.
    • Débit Sanguin Cérébral (DSC) = 20% du débit cardiaque ().
    • Consommation d'O2 cérébrale (CMRO2) = 20% de la consommation totale.
    • Consommation de glucose cérébrale (CMR glucose) = 25% de la consommation totale.
    • Le liquide céphalo-rachidien (LCR) assure protection mécanique, apport d'O2 et nutriments.

II. Mécanismes des Lésions

La gravité des TCG est due aux lésions cérébrales et aux phénomènes physiques d'accélération-décélération.

  • Lésions primaires : Hématomes, contusions, lésions axonales diffuses (liées au choc initial).
  • Lésions secondaires :
    • D'origine systémique (ACSOS : Agressions Cérébrales Secondaires d'Origine Systémique) : Hypotension, hypoxémie, hyper/hypocapnie, hyperglycémie, hyperthermie. Les ACSOS altèrent le pronostic.
    • D'origine centrale : Augmentation de la Pression Intracrânienne (PIC).

III. Causes d'Élévation de la PIC

Une PIC élevée ( chez 90% des TC graves) est un facteur de mauvais pronostic.

  • Masses expansives : Hématomes, contusions, tumeurs (vitesse d'installation et volume).
  • Hydrocéphalies : Défaut d'écoulement ou de résorption du LCR.
  • Œdème cérébral :
    • Vasogénique : Augmentation de la perméabilité de la Barrière Hémato-Encéphalique (BHE).
    • Cytotoxique : Souvent lié à ischémie, hypoxémie.
    • Osmotique, interstitiel.
  • Phénomènes vasomoteurs : Modification du volume sanguin cérébral (VSC).
  • Autres : AVC ischémique, désordres métaboliques et inflammatoires, hyper/hypocapnie, hypotension, hypoxémie.

Le gonflement cérébral (brain swelling) peut être spontané ou dû à des facteurs divers. Deux cascades possibles (Rosner MJ, Crit Care Med 96):

  • Cascade vasoplégique : Augmentation du VSC, diminution des résistances.
  • Cascade vasoconstrictrice : Diminution du VSC, augmentation des résistances.

IV. Évaluations Cliniques

L'évaluation est essentielle et doit être fréquente et adaptée.

  • Évaluation neurologique :
    • Score de Glasgow : Ouverture des yeux (4), réponse verbale (5), réponse motrice (6). TC grave si .
    • Pupilles : Taille, réactivité, symétrie (fondamental).
    • Réflexes du tronc cérébral : Photomoteur, oculo-cardiaque, etc.
    • Signes de localisation, crises convulsives.
  • L'examen neurologique n'a de valeur que si les fonctions vitales sont stables.
  • Un TC isolé n'entraîne rarement une hypotension artérielle.

V. Prise en Charge

L'objectif principal est la prévention des ACSOS et la stabilisation des paramètres vitaux.

A. Prise en charge pré-hospitalière

  • Liberté des voies aériennes : Intubation-ventilation fréquente en cas de troubles de déglutition, chute de langue, atteinte thoraco-pulmonaire, ou risque d'inhalation.
  • Anesthésie pour intubation : Utiliser des agents comme l'étomidate et le célocurine (maintien PAM/PPC, baisse PIC/VSC, absence d'effet délétère sur le cerveau).
  • Paramètres de ventilation ciblés : , , .
  • Gestion hémodynamique :
    • , , .
    • Préférence pour le sérum salé isotonique 0,9% (évite les solutés hypo-osmolaires).
    • Utilisation de drogues cardio-vaso-actives (noradrénaline, néosynéphrine) si besoin.
    • Traitement de l'HTA (si ): β-bloquants, alpha-2 agonistes (clonidine), alpha-1 antagonistes (urapidil), éviter les vasodilatateurs directs.
  • Sédation du patient ventilé :
    • Objectifs : Adaptation au respirateur, éviter agitation/toux, réduire douleur, action anti-convulsivante et neuroprotectrice.
    • Drogues : Midazolam (Hypnovel), Fentanyl, Sufentanyl maintiennent PAM/PPC, respectent couplage DSC/CMRO2, n'augmentent pas la PIC.
    • Curarisation (Vécuronium, Atracurium) uniquement si désadaptation du respirateur.
  • Autres mesures : Immobilisation du rachis cervical, éviter les frissons, mannitol 20% ou SSH 20% si signes d'engagement, barbituriques.

B. Prise en charge hospitalière

  • Réévaluation clinique et monitorage multimodal constants.
  • Examens radiologiques :
    • Scanner cérébral sans injection : Recherche lésions osseuses, parenchymateuses, hématomes.
      • Signes d'HIC scannographiques : œdème important, disparition des citernes de la base/sillons, dilatation ventriculaire, déviation de la ligne médiane.
      • Ne pas se fier aux scanners trop précoces (h), répéter si dégradation clinique.
    • Scanner multi-barrettes : Rapidité et précision pour rachis cervical (8% d'association).
    • Artériographie, Angio-scanner, Angio-IRM si suspecté dissection, fistule, faux anévrisme.
    • IRM :intérêt limité en urgence (temps, matériel adapté).
  • Monitorage général : TA invasive, pressions droites, PetCO2, température.
  • Monitorage spécifique :
    • Mesure PIC : Objectif . Le drainage de LCR peut rapidement faire baisser la PIC si compliance effondrée.
    • Calcul PPC : Objectif .
    • SjVO2 (), Doppler transcrânien, Protéine S100Beta.
  • Principes de traitement : mesures générales et spécifiques.
    • Positionnement de la tête : en position neutre.
    • Optimisation respiratoire : , .
    • Optimisation hémodynamique : Normovolémie, PAM pour PPC stable.
    • Correction des troubles : Anémie (), natrémie (), osmolalité (), glycémie (), hyperthermie, troubles de l'hémostase.
    • Prévention crises convulsives.
    • Traitement de l'HIC :
      • Osmothérapie :
        • Mannitol 20% : Vasoconstriction (zone saine), diminution œdème en , durée . Risques : décompensation cardiaque, hypovolémie, désordres électrolytiques. Peut aggraver l'œdème si BHE lésée.
        • Sérum salé hypertonique (SSH 20%) : Transfert d'eau vers l'intravasculaire, augmentation QSC, effet anti-inflammatoire. Risques : hypertension, œdème pulmonaire, myélinolyse centro-pontine.
        • L'efficacité dépend de l'étendue des contusions et de l'intégrité de la BHE.
      • Barbituriques : Réduisent CMRO2, VSC, PIC, augmentent tonus vasomoteur. Indications : hyperhémie. Complications : hypotension.
      • Hyperventilation optimisée : Baisse PCO2 baisse VSC baisse PIC. Risque majeur d'ischémie, à courte durée et sous monitorage SjVO2.
      • Hypothermie modérée : Réduit CMRO2, neurotransmetteurs excitateurs, réponse inflammatoire. Risques : bradycardie, coagulation, IR.
      • Lund Thérapie : Pour lésions étendues de la BHE. Vise à rétablir la fonction BHE par vasoconstricteurs cérébraux, anticatecholaminergiques, etc.
    • Chirurgie en urgence : Indiquée si hématomes volumineux (ex: extradural , sous-dural avec déviation de ligne médiane), hydrocéphalie aiguë, engagement.

Conclusion

La prise en charge des TCG est de plus en plus codifiée et multidisciplinaire. Le pronostic est lié à la précocité et la qualité d'intervention. Une réévaluation clinique fréquente et une adaptation thérapeutique immédiate sont indispensables, guidées par un monitorage multimodal, pour optimiser la qualité de vie future du patient.

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