Prise en charge des intoxications aiguës

65 cartes

Guide complet sur l'évaluation, le diagnostic et le traitement des intoxications aiguës, incluant les toxidromes, les antidotes et les protocoles de réanimation.

40 cartes

Réviser
Question

Qu'est-ce qu'une intoxication grave ?

Retourner la carte
Réponse

Une intoxication est jugée grave si elle nécessite une surveillance étroite due à la quantité de substance, aux symptômes, ou au terrain du patient.

Question

Quels facteurs influencent le pronostic d'une intoxication ?

Retourner la carte
Réponse

Le pronostic dépend des caractéristiques du toxique, de la dose, de la formulation, du patient, du délai de prise en charge et des complications.

Question

Qu'est-ce qu'un toxidrome ?

Retourner la carte
Réponse

Un toxidrome est un ensemble de symptômes cliniques, biologiques ou ECG évocateurs d'une pathologie toxique, résultant de l'action des xénobiotiques.

Question

Quels sont les signes cliniques du toxidrome opiacé ?

Retourner la carte
Réponse

Les signes sont le coma, le myosis (pupilles contractées) et la bradypnée (respiration lente).

Question

Quel est l'antidote des opiacés ?

Retourner la carte
Réponse

L'antidote des opiacés est la Naloxone (Narcan®).

Question

Quels sont les signes cliniques du toxidrome anticholinergique ?

Retourner la carte
Réponse

Les signes incluent confusion, agitation, hallucinations, tremblements, mydriase, tachycardie, sécheresse des muqueuses et rétention urinaire.

Question

Quels sont les signes cliniques du toxidrome cholinergique ?

Retourner la carte
Réponse

Les signes sont le myosis, la bronchorrhée, le bronchospasme, la bradycardie, les douleurs abdominales, les vomissements, les diarrhées et les sueurs.

Question

Quel est l'antidote du toxidrome cholinergique ?

Retourner la carte
Réponse

L'antidote principal est l'Atropine.

Question

Quels sont les signes d'un syndrome sérotoninergique ?

Retourner la carte
Réponse

Ce syndrome se manifeste par confusion, agitation, myoclonies, hyperréflexie, fièvre, tremblements, diarrhée et incoordination motrice.

Question

Quel est l'antidote des benzodiazépines ?

Retourner la carte
Réponse

L'antidote des benzodiazépines est le Flumazénil (Anexate®).

Question

Quelle est la principale cause d'admission chez les jeunes aux urgences ?

Retourner la carte
Réponse

Les intoxications sont la première cause d'admission chez les sujets jeunes (filles > garçons).

Question

Quel est le pourcentage de mortalité des psychotropes en réanimation ?

Retourner la carte
Réponse

La mortalité des psychotropes en réanimation est de 1 %.

Question

Quel est le pourcentage de mortalité des cardiotropes en réanimation ?

Retourner la carte
Réponse

La mortalité des cardiotropes en réanimation est de 15 %.

Question

Quelle est l'exposition la plus fréquente aux intoxications, selon le CAP de Paris ?

Retourner la carte
Réponse

Le Lexomil est le plus fréquemment impliqué dans les intoxications, suivi par le Xanax.

Question

Quel est le délai d'apparition des détresses vitales pour les psychotropes ?

Retourner la carte
Réponse

Les détresses vitales pour les psychotropes peuvent apparaître en moins de 6 heures.

Question

Quel est le délai d'apparition des détresses vitales pour le paracétamol ?

Retourner la carte
Réponse

Les détresses vitales pour le paracétamol peuvent apparaître après plus de 24 heures.

Question

Quels sont les signes d'une mydriase peu ou aréactive ?

Retourner la carte
Réponse

Mydriase peu aréactive et peut être causée par les antidépresseurs tricycliques ou la cocaïne.

Question

Quels sont les signes d'un myosis serré ?

Retourner la carte
Réponse

Myosis serré peut être causé par les opiacés, les opioïdes ou les anticholinestérasiques.

Question

Quels sont les signes d'une haleine d'éthanol ?

Retourner la carte
Réponse

L'haleine d'éthanol est caractéristique de l'intoxication à l'alcool éthylique.

Question

Quel est l'antidote du syndrome adrénergique ?

Retourner la carte
Réponse

Il n'y a pas d'antidote spécifique, mais le labétalol (bêta-bloquant) est autorisé.

Question

Quelle est la principale cause d'admission aux urgences pour les jeunes ?

Retourner la carte
Réponse

Les intoxications sont la première cause d'admission chez les jeunes (filles > garçons).

Question

Quel est le pourcentage de mortalité en réanimation pour les psychotropes ?

Retourner la carte
Réponse

La mortalité en réanimation pour les psychotropes est de 1 %.

Question

Quel est le pourcentage de mortalité en réanimation pour les cardiotropes ?

Retourner la carte
Réponse

La mortalité en réanimation pour les cardiotropes est de 15 %.

Question

Quel est le délai d'apparition des détresses vitales pour les psychotropes ?

Retourner la carte
Réponse

Les détresses vitales pour les psychotropes peuvent apparaître en moins de 6 heures.

Question

Quel est le délai d'apparition des détresses vitales pour le paracétamol ?

Retourner la carte
Réponse

Les détresses vitales pour le paracétamol peuvent apparaître après plus de 24 heures.

Question

Quelles sont les causes de mydriase peu ou aréactive ?

Retourner la carte
Réponse

Une mydriase peu aréactive peut être causée par les antidépresseurs tricycliques ou la cocaïne.

Question

Quelles sont les causes de myosis serré ?

Retourner la carte
Réponse

Un myosis serré peut être causé par les opiacés, les opioïdes ou les anticholinestérasiques.

Question

Qu'indique une haleine d'éthanol ?

Retourner la carte
Réponse

L'haleine d'éthanol est caractéristique de l'intoxication à l'alcool éthylique.

Question

Quel est l'antidote du syndrome adrénergique ?

Retourner la carte
Réponse

Il n'y a pas d'antidote spécifique, mais le labétalol (bêtabloquant) est autorisé.

Question

Quel est l'antidote pour le paracétamol ?

Retourner la carte
Réponse

L'antidote pour le paracétamol est la N-acétylcystéine administrée précocement.

1 / 30
Voir les 40 cartes

Quels sont les trois principaux types de classification des toxiques ?

Les toxiques sont classés en psychotropes, cardiotropes et antalgiques, ainsi que produits domestiques, industriels et agricoles.

Quel est le pourcentage de mortalité globale des intoxications aiguës ?

La mortalité globale des intoxications est de 0,2 %.

Quels sont les délais d'apparition des détresses vitales pour les psychotropes ?

Les détresses vitales peuvent apparaître en moins de 6 heures pour les psychotropes.

Cite un exemple d'intoxication où le délai d'apparition des détresses vitales est > 24h.

Le paracétamol peut entraîner des détresses vitales après plus de 24 heures.

Quelles sont les étiologies possibles d'un syndrome adrénergique ?

Cocaïne, crack, amphétamines et Ecstasy sont des étiologies du syndrome adrénergique.

Comment se manifeste une acidose métabolique avec lactate expliquant le trou anionique ?

Elle se manifeste par un état de choc, des convulsions, une insuffisance hépatocellulaire, des biguanides ou du cyanure.

Quel est l'antidote en cas d'intoxication à la digoxine ou digitoxine ?

Les fragments Fab sont l'antidote pour les intoxications à la digoxine et digitoxine.

Quelles sont les contre-indications à la décontamination digestive ?

Les contre-indications incluent des troubles de la conscience, une instabilité hémodynamique et l'ingestion de caustiques.

Quel est l'antidote de l'intoxication au paracétamol ?

L'antidote du paracétamol est la N-acétylcystéine, administrée précocement.

Comment se manifeste une intoxication aiguë par antidépresseurs tricycliques ?

Elle se manifeste par un coma hypertonique avec signes pyramidaux, un syndrome atropinique, des convulsions et des signes ECG.

Fiche de révision

Les Intoxications Aiguës : Épidémiologie, Évaluation, Diagnostic et Prise en Charge

Une intoxication aiguë est une urgence médicale résultant d'une exposition soudaine à une substance toxique. Elle représente une cause majeure d'admission aux urgences et en réanimation en France, particulièrement chez les sujets jeunes (avec une prédominance féminine), et peut être volontaire ou accidentelle.

Épidémiologie des Intoxications Aiguës en France

Les intoxications aiguës sont fréquemment observées et leur incidence en population générale est en augmentation, bien que la mortalité globale reste faible (0,2%). Les données sont souvent hétérogènes car majoritairement issues des Centres Anti-Poisons (CAP).

  • Agent causal : Le plus souvent une association de toxiques.

  • Classification des toxiques :

    • Les psychotropes

    • Les cardiotropes

    • Les antalgiques

    • Les produits domestiques, industriels et agricoles

  • Mortalité en réanimation :

    • Psychotropes : 1%

    • Cardiotropes : 15%

  • Expositions les plus fréquentes (CAP, Paris) : Lexomil, Xanax, Stilnox, Tranxene, Di-Antalvic, Imovane, Deroxat, Tercian, Doliprane, Rivotril, Atarax, Donormyl, Seropram, Mepronizine, Prozac, Valium, Zoloft, Effexor, Noctran, Temesta.

  • Médicaments remboursés les plus prescrits en France : Paracétamol, Dextropropoxyphène, Zolpidem, Caféine, Lévothyroxine, Acide acétylsalicylique, Phloroglucinol + Triméthylphloroglucinol (Spasfon), Paroxétine, Fraction flavonoïque purifiée micronisée (Daflon), Oméprazole, Ibuprofène, Lactate de magnésium + Pyridoxine (Magne B6), Cétirizine, Atorvastatine, Dompéridone, Chlorhexidine (topique) + Tétracaïne (topique), Émulsion buvable de renutrition, Lorazépam, Metformine, Buprénorphine.

Entre les années 1990 et 2000, on observe une augmentation de la population et une hausse notable des intoxications aiguës en France (+30%), sans augmentation significative du nombre de décès.

Évolution des toxiques prédominants en intoxication aiguë (1990s vs 2000s)

Type de toxique

Catégorie

1990s

2000s

Psychotropes

ATD TC

86

71

ATD non TC

64

96

BZD

220

296

Anxiolytiques hypnotiques

72

117

Neuroleptiques

51

97

Cardiotropes

Cardiotrope

19

40

Autres intoxications

Bêta-bloquant

12

23

Alcool

115

133

Antiépileptiques

25

15

Paracétamol

18

29

Produits domestiques

9

21

Fumées / CO

128

105

Principes d'Évaluation d'un Patient Intoxiqué

L'évaluation initiale est cruciale et doit considérer trois scénarios :

  • Le patient exposé à un toxique défini mais dont l'examen initial est normal.

  • Le patient symptomatique, exposé à un toxique défini.

  • Le patient symptomatique avec une suspicion d'origine toxique mais sans toxique défini.

Définition et Facteurs de Gravité

Une intoxication est définie comme grave si elle nécessite une surveillance rapprochée due à une quantité importante de substance ingérée, des symptômes sévères (coma, convulsions, détresse respiratoire, instabilité hémodynamique), ou un terrain sous-jacent fragile (comorbidités, âge extrême). (Conférence d'Experts SRLF 2006)

L'évaluation du pronostic prend en compte :

  • Les caractéristiques du toxique (nature, dose supposée, formulation).

  • Le patient (âge, comorbidités).

  • Le délai entre l'ingestion et la prise en charge.

  • L'apparition retardée des symptômes ou des complications.

Les délais d'apparition des symptômes varient, de quelques minutes (injection IV, inhalation de gaz) à plusieurs jours (paraquat).

Points Clés de l'Évaluation

  • Nature du produit : identifier le principe actif.

  • Dose maximale possible ingérée.

  • Symptômes : cliniques, ECG, biologiques.

  • Délai ingestion / examen.

Un patient est considéré comme stable si : conscient, non confus, bouge les 4 membres, fréquence respiratoire normale, pas de cyanose, pouls et TA normaux, pas de marbrure, temps de recoloration normal, ventre souple et indolore, température normale, ECG normal.

Approche Diagnostique Clinique

La simple suspicion d'intoxication est suffisante pour débuter le raisonnement diagnostique. Il s'agit de définir le risque pour le patient en identifiant :

  1. Les points d'impact du toxique et les paramètres à surveiller (cliniques ou biologiques).

  2. L'intensité des troubles potentiels.

  3. Le délai entre l'intoxication et l'examen.

  4. L'intérêt de la décontamination digestive.

Examen Clinique et Urgence

L'examen doit suivre l'approche ABCM :

  • A = Voies aériennes

  • B = Respiration

  • C = Circulation

  • M = État de conscience

La recherche d'indices est primordiale : boîtes de médicaments, ordonnances, antécédents, seringues, lieux de découverte, profession.

Orientation selon le Toxidrome

Un toxidrome est un ensemble de symptômes cliniques, biologiques et/ou ECG évocateurs d'une toxicité. L'approche clinique doit être orientée sur leur recherche.

L'ECG est systématique pour toute intoxication grave. (Conférence d'Experts SRLF 2006)

  • Toxidrome Opioïde (Morphinomimétique) :

    • Coma, myosis serré, bradypnée (FR < 12 /min).

    • Antidote : Naloxone (Narcan®).

    • Toxiques : Héroïne, morphine, codéine, méthadone, buprénorphine, dextropropoxyphène, tramadol.

  • Toxidrome Sérotoninergique :

    • Confusion, agitation, myoclonies, hyperréflexie, fièvre, tremblements, diarrhée, incoordination motrice.

    • Étiologies : IRSRS, antidépresseurs tricycliques, IMAO, Ecstasy.

    • Exclure autres étiologies, absence de neuroleptique.

    • Prise en charge : Refroidissement, sédation, curare, Cyproheptadine (Périactine®).

  • Toxidrome Anticholinergique :

    • Confusion, agitation, hallucinations, tremblements, syndrome pyramidal, convulsions, fièvre.

    • Mydriase, tachycardie, sécheresse des muqueuses, rétention d'urine, ralentissement des bruits hydroaériques.

    • Toxiques : Antidépresseurs tricycliques, antihistaminiques H1.

  • Toxidrome Cholinergique :

    • Myosis, bronchorrhée, bronchospasme, bradycardie, douleurs abdominales, vomissements, diarrhées, sueurs.

    • Fasciculations musculaires, paralysie.

    • Toxiques : Insecticides anticholinestérasiques (organophosphorés, carbamates), gaz de combats organophosphorés.

    • Traitement : Atropine.

  • Toxidrome Sympathomimétique :

    • Agitation, tremblements, convulsions, mydriase.

    • Palpitations, tachycardie, hypertension, troubles du rythme, insuffisance coronaire.

    • Toxiques : Cocaïne, crack, amphétamines, Ecstasy.

    • Prise en charge : Sédation, contrôle TA (labétolol), inhibiteurs calciques.

  • Troubles de l'olfaction (odeurs particulières) : Éthanol, éther, méthanol, trichloroéthylène, arsenic, cyanure, cétone.

  • Coloration des phanères : Méthémoglobinémie, hémolyse intravasculaire, rhabdomyolyse.

  • Réflexes et tonus musculaire :

    • Hypotonie, réflexes diminués (syndrome de myorelaxation) : Phénobarbital, BZD, Zopiclone, Zolpidem, carbamates, alcools, phénothiazines sédatives.

    • Hypertonie, réflexes vifs (syndrome pyramidal) : Hypoglycémie, antidépresseurs, IRSRS, CO, anoxie cérébrale.

    • Syndrome extra-pyramidal : Neuroleptiques, benzamide substituée, butyrophénone.

Analyse Toxicologique

La clinique et les résultats biologiques sont prééminents sur les analyses toxicologiques. Il existe deux types d'analyses :

  • Méthodes de dépistage : Rapides, qualitatives ou semi-quantitatives, mais peu spécifiques et avec une sensibilité limitée.

  • Dosages : Quantitatifs, spécifiques et sensibles, mais plus coûteux et longs. Orientés par la clinique ou les dépistages.

Complications Associées aux Intoxications

  • Insuffisance respiratoire

  • Pneumopathie d'inhalation

  • Hypothermie

  • Lésions cutanées aux points d'appui, escarres

  • Rhabdomyolyse de posture

  • Kératoconjonctivite

  • Thrombophlébites et embolie pulmonaire

  • Infection urinaire

Principes de Prise en Charge

La prise en charge des intoxications relève de l'urgence et se base principalement sur les traitements symptomatiques et les antidotes.

  1. Traitement symptomatique : Vise à corriger les défaillances vitales sans affecter directement la durée de l'intoxication.

    Il comprend :

    • Prise en charge du coma, détresse respiratoire, hémodynamique, troubles du rythme, coagulation, IR/IH.

    • Intubation et ventilation assistée si coma, convulsions, collapsus, détresse respiratoire.

    • Remplissage vasculaire (cristalloïdes ou colloïdes).

    • Alcalinisation (bicarbonate molaire) si collapsus et QRS élargi.

    • Catécholamines (Adrénaline, Noradrénaline, Dobutamine, Dopamine).

  2. Traitement évacuateur : Agit sur l'absorption du toxique.

    • Charbon activé : Réduit l'absorption par adsorption. Indiqué dans les 2 heures suivant l'ingestion d'une dose toxique.

      Contre-indications : Troubles de la conscience, instabilité hémodynamique, ingestion de caustiques, moussants ou volatiles.

    • Lavage gastrique : Décontamination de l'estomac. Réservé aux toxiques non carbo-adsorbables (alcools, métaux, lithium, ions).

  3. Traitement épurateur : Agit sur l'élimination du toxique.

    • Charbon activé à doses répétées : Intoxications au phénobarbital, carbamazépine, théophylline, digitoxine, quinine.

    • Alcalinisation des urines : Intoxications à l'aspirine, phénobarbital, méthotrexate.

    • Hémodialyse : Intérêt limité mais à discuter pour Li, méthanol, éthylène glycol, aspirine, metformine.

  4. Antidotes : Substances capables de contrecarrer l'effet des toxiques. Ils sont des médicaments améliorant le pronostic vital ou fonctionnel.

    Antidote

    Toxique ciblé

    N-acétylcystéine

    Paracétamol

    Flumazénil

    Benzodiazépines

    Naloxone

    Opiacés

    Fragments Fab

    Digoxine, digitoxine

    Sels de Na hypertoniques

    Stabilisants de membrane

    Oxygène

    Monoxyde de carbone

    Hydroxocobalamine

    Cyanure

    Glucagon, catécholamines

    Bêta-bloquants

    Atropine

    Anticholinestérasiques

    Vitamine B6

    Hydrazines

    Dantrolène

    Syndrome malin des neuroleptiques

    Bleu de méthylène

    Méthémoglobinisants

    Insuline euglycémique

    Inhibiteurs calciques

    Octréotide

    Sulfamides hypoglycémiants

Surveillance Paramédicale en Réanimation

La surveillance est rigoureuse et multidirectionnelle :

  1. Installation, scopage, constantes vitales.

  2. Pose d'accès vasculaires.

  3. Traitement des défaillances viscérales (intubation, sonde gastrique et urinaire, voie veineuse centrale, traitements IV).

  4. Prélèvements sanguins et urinaires.

  5. Décontamination digestive si indiquée.

  6. Traitement non spécifique et spécifique.

  7. Surveillance continue : Clinique (conscience, pupilles, FR, FC, TA, température, diurèse, ventilation), biologique (efficacité du traitement, apparition de complications).

Exemples d'intoxications fréquentes et leur prise en charge

  • Intoxication aux Benzodiazépines (ex: Lexomil, Xanax) :

    • Présentation : Coma calme hypotonique, ronflements, apnées obstructives. Dépression respiratoire modérée.

    • Antidote : Flumazénil (Anexate®), contre-indiqué si prise de produits convulsivants (antidépresseurs tricycliques). Risque de syndrome de sevrage.

  • Intoxication aux Antidépresseurs tricycliques (ex: Déroxat, Prozac) :

    • Présentation : Intervalle libre de 1 à 4h. Coma hypertonique avec signes pyramidaux. Syndrome atropinique (mydriase, rétention d'urine, tachycardie). Convulsions. Signes ECG (allongement QT et QRS). Grave si QRS 0,16 s.

    • Traitement : Ventilation + sédation, Bicarbonates de sodium molaire, Catécholamines (Adrénaline).

  • Intoxication au Barbituriques (ex: Phénobarbital) :

    • Présentation : Coma calme hypotonique, hyporéflexique, de longue durée. Complications de décubitus, pneumonie d'inhalation, hypothermie.

    • Traitement : Intubation - ventilation assistée. Diurèse osmotique alcaline. Charbon activé à doses répétées.

  • Intoxication au Paracétamol (ex: Doliprane) :

    • Présentation : Hépatite cytolytique, potentiellement fulminante et mortelle. Intervalle libre de 24 à 72h. Si dose ingérée > 200 mg/kg.

    • Diagnostic : Paracétamolémie à H4 pour évaluer le pronostic via nomogramme.

    • Antidote : N-acétylcystéine administrée précocement.

  • Intoxication aux Salicylés (ex: Aspirine) :

    • Présentation : Plus grave chez l'enfant et le sujet âgé. Hyperpnée, vertiges, bourdonnements d'oreille, hypoacousie. Coma convulsif chez l'enfant. Fièvre, déshydratation. Troubles digestifs. Alcalose respiratoire puis acidose métabolique.

    • Traitement : Hydratation, alcalinisation, Épuration Extra-Rénale (EER).

  • Intoxication aux Opiacés et Opioïdes (ex: Héroïne, morphine, Subutex, Méthadone) :

    • Présentation : Coma + myosis serré + bradypnée. Risque d'hypoventilation alvéolaire, apnée, pneumonie d'inhalation.

    • Antidote : Naloxone (Narcan®). Intubation et ventilation assistée.

  • Intoxication aux Cocaïnes/Amphétamines :

    • Présentation : Agitation intense, convulsions. HTA, tachycardie, mydriase.

    • Risques : AVC, IDM, collapsus, rhabdomyolyse, IRA.

    • Traitement : Sédation. Contrôle de la PA (Trandate® - alpha-bêtabloquant), inhibiteurs calciques.

  • Intoxication aux Cardiotropes / Digitaliques :

    • Présentation : Signes neurosensoriels précoces (diplopie, agitation, convulsions). Signes cardiaques (choc, QRS élargis, troubles du rythme et de conduction). Hypokaliémie.

    • Traitement : Intubation-ventilation, sédation, Adrénaline, Valium®, alcalinisation. Assistance circulatoire dans les cas graves.

  • Intoxication aux Alcools Toxiques (méthanol, éthylène glycol) :

    • Présentation : Somnolence, ébriété. Acidose métabolique. Insuffisance rénale aiguë organique.

    • Antidote : Fomépizole ou éthanol.

Gestion des Aspects Psychiatriques

Une évaluation psychiatrique est systématique pour tout patient hospitalisé en réanimation pour ingestion médicamenteuse volontaire. En cas d'agitation ou d'anxiété, une anxiolyse/sédation est nécessaire. Si le patient refuse une hospitalisation pourtant indiquée, des soins psychiatriques sous contrainte peuvent être mis en place conformément à la législation.

Messages Clés

  • Les intoxications aiguës sont une cause majeure d’admission aux urgences et en réanimation.

  • Les complications vitales peuvent être présentes dès l’admission.

  • Le diagnostic est fondé sur l'identification des toxidromes.

  • La prise en charge est une urgence, principalement basée sur les traitements symptomatiques et les antidotes.

Teste ta compréhension

1 / 10

Quelle est la mortalité des cardiotropes en réanimation ?

Continue avec ces leçons