Pneumocystoses, candidoses et cryptococcoses
50 cartesCe document offre un aperçu des pneumocystoses, candidoses et cryptococcoses, abordant les agents pathogènes, les modes de transmission, les symptômes, les diagnostics et les traitements, en mettant l'accent sur leurs manifestations chez l'homme.
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Chapitre 1 : Les Pneumocystoses
I. Agent pathogène
A. Généralités
L'agent: Pneumocystis carinii (P.carinii), un micro-organisme eucaryote unicellulaire.
Forme trophozoïte/végétative :
Amiboïde, irrégulière.
Noyau, grandemitochondrie, filopodes pour l'ancrage.
Forme kystique/prékystique :
Sphérique, ovoïde.
Jusqu'à 8 noyaux (corps intrakystiques) dans 3 enveloppes.
Nombre d'espèces : Ubiquitaire (mammifères, jamais oiseaux).
Non-zoonose : spécificité d'hôte étroite (ex: P.carinii humain n'infecte que l'humain).
Transmission aérienne (aéroporté).
Nomenclature : Nommé selon l'hôte (ex: P. carinii sp.f. hominis pour l'homme, aussi appelé P. jirovecii).
B. Transmission, réservoir et taxonomie
Transmission :
Aérienne (principalement).
Suspectée transplacentaire/materno-fœtale (démontrée chez le lapin, puis l'homme).
Réservoir et forme infectante :
Traces d'ADN de Pneumocystis peuvent être trouvées dans l'air (hôpitaux).
Forme infectante et réservoir humain inconnus.
Contraction fréquente dans la petite enfance (anticorps maternels).
Sevrage peut entraîner une pneumocystose (manque d'anticorps).
Taxonomie : Initialement controversée (Protozoaires ou Champignons).
Arguments Protozoaires
Arguments Champignons
Sensibilité à la Pentamidine (antiprotozoaire).
Paroi de chitine et -glucanes (affinité colorants mycètes).
Résistance à l'Amphotéricine B (pas d'ergostérol).
Crêtes mitochondriales lamellaires.
Antigène majeur de surface(MSG) variable (non trouvé chez les champignons connus à l'époque).
Nature des acides gras (proche de S.pombe, S.cerevisiae).
Séquençage génomique le classe parmi les Ascomycètes (Archiascomycètes).
C. Cycle de vie des Pneumocystis Carinii
Débute par formes trophozoïtes (haploïdes ou diploïdes).
Élaboration de 3 couches formes pré-kystiques formes kystiques.
Méiose et mitose kyste contient 8 noyaux corps intrakystiques.
Sortie des corps intrakystiques (laisse une "cicatrice" visible) futurs trophozoïtes.
Impossible de cultiver en continu (paroi non régénérée en laboratoire).
D. Caractères morphologiques
Trophozoïtes :
Uninucléé, 2 à 8 m.
Membrane cellulaire amiboïde.
Prékyste :
3 à5 m, ovoïde.
Différents stades (précoce, intermédiaire, tardif) selon le nombre de noyaux et l'épaisseur de la paroi.
Kyste :
4 à 6 m, ovoïde.
8 corps intrakystiques individualisés.
Présence d'une "cicatrice" (relargage des corps intrakystiques).
II. Infections fongiques
A. Contamination
Voies : Aérienne, interhumaine, transplacentaire (possible).
Facteurs favorisants :
Affaiblissement des défenses immunitaires (nourrissons dénutris, greffés, VIH+).
Sévérité liée au degré de susceptibilité de l'hôte.
B. Physiopathologie
Tropisme pulmonaire (alvéoles).
Micro-organisme via filopodes s'ancre aux pneumocytes (type I > type II).
Prolifération et obstruction de la lumière alvéolaire.
Absence d'échanges gazeux insuffisance respiratoire (suffocation).
Les corticoïdes altèrent le surfactant et peuvent favoriser l'infection.
C. Aspects cliniques
Début insidieux ou brutal : fièvre, dyspnée, toux non productive.
Progression vers l'insuffisance respiratoire aiguë.
Évolution sans traitement souvent mortelle.
Radiographie : opacités alvéolo-interstitielles bilatérales ("verre dépoli").
Diagnostic non suffisant par radiographie seule.
D. Anatomopathologie
Lumière alvéolaire remplie de parasites (exsudats en "nid d'abeille").
Colorations :
Gomori-Grocott (champignon marron/noir).
Hémalun-éosine-safran (difficile de distinguer kystes roses sur cellules roses).
Lésions extra-pulmonaires :
Peuvent survenir chez les patients VIH+ traités à la Pentamidine (échappement via macrophages).
Ganglions lymphatiques, rate, moelle osseuse, foie, rein.
III. Diagnostic biologique et traitements
A.Diagnostic de certitude
Mise en évidence du parasite dans les poumons (alvéoles).
Prélèvements :
Lavage Broncho-Alvéolaire (LBA) : invasif.
Coloration au bleu d'orthotoluidine (kystes bleu-violet).
Coloration au Gomori-Grocott (kystes brun/noirâtre).
Coloration May Grunwald Giemsa (kystes et trophozoïtes, noyaux violet soutenu).
Crachat induit : moins invasif, mais moins de matériel associé à la PCR.
PCR : technique de référence pour augmenter la sensibilité.
Immunomarquage (anticorps monoclonaux) ou immunofluorescence.
Diagnostic indirect (présomption) :
Recherche d'antigènes -(1,3)-D-glucanes (non spécifique de Pneumocystis, mais de champignons).
B. Traitements de la pneumocystose humaine
Connaître la durée, les molécules, et le mode d'action.
1ère intention :
COTRIMOXAZOLE (Triméthoprime + Sulfaméthoxazole) : 21 jours, IV.
Peut être associé à la Clindamycine et Primaquine si intolérance.
2ème intention (si intolérance au cotrimoxazole) :
ISÉTHIONATE DE PENTAMIDINE : 21 jours, IV lente.
Nombreux effets secondaires, risque d'échappementextrapulmonaire.
Autres composés possibles :
ATOVAQUONE (aussi pour toxoplasmose).
DAPSONE (+/- TRIMETHOPRIME).
ECHINOCANDINES (Caspofungine) : inhibe la synthèse des -glucanes de la paroi.
C. Prophylaxie
Selon les défenses immunitaires du patient (ex. VIH+ avec CD4 ).
Prophylaxie primaire :
Cotrimoxazole (quotidien) : aussi actif contre la toxoplasmose.
Dapsone.
Iséthionate de pentamidine (mensuel en aérosol, risque PPC extra-pulmonaire).
Prophylaxie secondaire : Cotrimoxazole, Pyriméthamine-Sulfadiazine.
LES CANDIDOSES
I. Agents pathogènes
A. Généralités
Champignons levuriformes, Ascomycètes (Saccharomycetales).
Colonies blanchâtres, lisses sur milieu de Sabouraud.
81 espèces, 11 pathogènes pour l'homme.
Espèces les plus fréquentes :
Candida albicans : le plus virulent et fréquent.
Candida glabrata : émergent (prophylaxie).
Candida tropicalis, parapsilosis (peau), dubliniensis (proche C. albicans).
Candida krusei : résistant naturellement aux azolés.
Candida auris : nosocomial, multi-résistant.
Organismes saprophytes et commensaux (40-60% porteurs sains intestin).
Opportuniste : devient nuisible si défenses immunitaires diminuées.
Habitat :
C. albicans : muqueuses digestives ou vaginales.
C. glabrata : muqueuses uro-génitales et digestives.
C. auris : pas flore normale, acquis en milieu de soins (nosocomial).
Autres Candida : ubiquitaires (peau, sol).
B. Structure et organisation cellulaire
Structure générale : Paroi, membrane plasmique, organites (noyau, mitochondries, vacuole).
La paroi :
~30% du poids sec.
Composée de sucres : chitine, -glucanes (48-60%, cibles des échinocandines), mannoprotéines.
Mannanes : favorisent l'adhésion (1ère étape pathogénicité).
La membrane plasmique : Contient de l'ergostérol (contrairement à Pneumocystis).
Sensible à l'Amphotéricine B (crée des canaux, fuite ionique).
C. Caractères morphologiques
Culture : Milieu de Sabouraud (pH 6,2, avec antibiotiques).
Macroscopique : Colonies blanchâtres, crémeuses, glabres.
Microscopique :
Levures (blastospore) : ovalaire/oblongue, 3à 10 m.
Multiplication par bourgeonnement (asexuée, clonale).
Différentes formes morphologiques :
Blastospore (forme levure).
Pseudo-filament : chaînettes de cellules associées, séparées par des cloisons (produit par tous les Candida sauf C. auris).
Filament vrai (tube germinatif) : extension cellulaire, pas de cloison (uniquement C. albicans et C. dubliniensis).
Rend ces espèces plus virulentes (difficulté de phagocytose, surface de contact accrue).
Permet le diagnostic différentiel.
Chlamydospores : spores de résistance (uniquement C. albicans et C. dubliniensis), test diagnostique long.
D. Physiopathologie des mycoses
Adhésion : Adhérence des levures aux muqueuses via les sucres pariétaux (1ère étape, sans cela pas de pathogénicité).
Colonisation : Multiplication des levures, synthèse d'enzymes/toxines (nécessite destruction flore bactérienne, par ex. antibiothérapie).
Pénétration : Formation de filaments vrais (C. albicans, C. dubliniensis) qui pénètrent les cellules ou les jonctions.
Invasion : Siatteint le sang (candidémie), diffusion vers d'autres organes (profonde).
Candidémie : Présence de Candida dans le sang candidose disséminée (atteinte de plusieurs organes).
II. Infections fongiques
A. Origine de la contamination
Essentiellement endogène (portage sain).
Digestif (C. albicans), cutané (C. parapsilosis), génito-urinaire (C. glabrata).
Intensification de la colonisation :
Antibiothérapie longue, nutrition parentérale (cathéters), chimiothérapie, radiothérapie, greffes.
Rupture barrière cutanée (brûlés, cathétérisme).
Contamination exogène : par manuportage (personnel soignant).
B. Facteurs favorisants
Facteurs intrinsèques (liés à l'hôte) :
Physiologiques :
Âge : nouveau-nés (peau fine), personnes âgées (prothèses, sécheresse buccale, poly-médication).
Femme enceinte (3ème trimestre, déséquilibre hormonal candidose vaginale).
Locaux : FrotteMents, microlésions, macération, hypersudation.
Terrains : Altération barrière cutanéo-muqueuse (brûlures, chimio), tabagisme, héroïnomanie, dénutrition.
Professions exposées : Sportifs, éleveurs, pâtissiers, nettoyeurs.
Pathologiques : Immunodépression (VIH, cancer, diabètedéséquilibré).
Facteurs extrinsèques :
Antibiothérapie large spectre et prolongée.
Corticothérapie, immunosuppresseurs, chimiothérapie, neuroleptiques.
Actes chirurgicaux (nutrition parentérale, chirurgie digestive/cardiaque, transplantation).
Risque nosocomial : candidémies représentent 10-15% des septicémies nosocomiales, 40% de mortalité.
C. Aspects cliniques des candidoses
Multiples et variables.
Infections superficielles : peau, ongles, muqueuses (réactions inflammatoires locales).
Colonisation : présence de Candida sanssymptômes sur sites non stériles.
Infections invasives : dissémination hématogène, atteinte de deux foyers profonds.
D. Candidoses profondes
Les candidémies :
Espèce la plus fréquente : C. albicans (~50%), mais émergence de non-albicans (parapsilosis, glabrata, krusei).
Origines : endogène (digestif+++) ou exogène (cathéter, traumatisme vasculaire).
Symptômes : pauvres, non caractéristiques (fièvre intermittente à syndrome septique grave).
Lésions cutanées (papules érythémateuses) et myalgies témoin de dissémination.
Candidoses viscérales aiguës :
Suite à une candidémie, localisation dans foie, rate, reins, poumons, cœur (endocardites).
Examen du fond de l'œil (atteinte rétinienne) est un examen facileà réaliser.
Candidoses chroniques disséminées :
Spécifiques des patients sous chimiothérapie (formation d'abcès hépatiques, spléniques).
Symptômes : fièvre, douleurs abdominales, amaigrissement, hépatosplénomégalie.
E. Candidoses superficielles
Candidoses digestives :
Muguet : enduit blanchâtre, crémeux (langue, gencives). Facteurs de risque : âge, immunodépression.
Candidoses atrophiques : muqueuse rouge, inflammatoire (langue rouge luisante).
Stomatite sous dentier : peu symptomatique (goût métallique, picotements), liée au port de prothèses mal ajustées.
Perlèche : fissuration commissures labiales (souvent Candida + S. aureus).
Œsophagiennes : brûlures, dysphagie (fréquentes chez sidéens).
Anales : prurit, brûlures (associées à intertrigo périanal).
Candidose génito-urinaire :
Vulvo-vaginite : très répandue chezla femme (déséquilibre hormonal). Prurit intense, leucorrhées (aspect lait caillé).
Balanite (homme) : sillon balano-préputial (prurit, érythème).
Urinaires : rares, limitées auméat (cystites possibles chez diabétiques).
Candidoses cutanées et unguéales :
Intertrigo (grands et petits plis) : lésions érythémateuses, prurigineuses, avecenduit blanchâtre (macération).
Périonyxis : atteinte du bourrelet péri-unguéal (douleur, tuméfaction).
Onyxis : suite au périonyxis, décoloration de l'ongle (jaune-verdâtre).
Formes particulières : candidose des héroïnomanes : injection IV d'héroïne souillée fièvre, myalgies, folliculite, recherche de localisation profonde (fond d'œil).
II. Diagnostic ettraitements de Candida sp.
A. Diagnostic de certitude
Isolement des levures et implication dans la pathogénicité des lésions.
Prélèvement (avant tout traitement antifongique) :
Lésionscutanées/muqueuses : grattage (curette) ou écouvillons.
Ongles : poussière d'ongle, morceaux d'ongle (nécessite éclaircissement kératine).
Produits biologiques : sang (hémocultures), LBA, LCR,urines, selles.
Biopsies : une partie pour histologie (fixateur), une pour culture (sans fixateur).
Examen direct (ED) :
Observe levures bourgeonnantes, pseudo-filaments,filaments vrais.
À l'état frais ou après coloration (bleu lactique, Gram, MGG).
Après éclaircissement (potasse, chloral-lactophénol).
Histologique (HES, PAS, Gomori-Grocott).
Culture et identification :
Milieu non sélectif : Sabouraud (pH acide).
Milieu sélectif : Sabouraud + antibiotiques (kanamycine) +/- cycloheximide (pourdermatophytes).
Milieu chromogénique : substrat spécifique coloration différente selon l'espèce (ex: CHROMagar Candida).
C. albicans (vert), C. tropicalis (bleu), C. krusei (rose duveteux), C. glabrata (violet), C. auris (rose-beige).
Tests complémentaires :
Test de blastèse (tubegerminatif) : met en évidence filaments vrais (C. albicans, C. dubliniensis).
Tests d'assimilation des sucres (Auxanogramme, Zymogramme, galeries Api).
Recherche d'antigènes spécifiques de paroi (immunomarquage).
MALDi-TOF, PCR.
B. Diagnostic de présomption
Diagnostic sérologique : pour mycoses profondes/systémiques.
Immunoprécipitation (co-électrosynérèse, Ouchterlony, immunoélectrophorèse).
Immunofluorescence indirecte (IFI).
Hémagglutination indirecte (HAI).
ELISA (peu commercialisé).
Recherche des antigènes circulants :
Antigènes de la paroi (mannanes, -(1,3)-D-glucanes) : non spécifiques de Candida, mais indiquent présence champignon.
Dépistage rapide chez patients à risque (hémato-oncologie).
C. Traitement et prophylaxie
Candidoses cutanées : Antifongiques locaux (imidazolés, polyènes) 2 à 4 semaines.
Onychomycoses : Topiques (Ciclopiroxilamine, Amorolfine) jusqu'à repousse saine. Traitement oral (fluconazole) si échec ou atteintes multiples.
Candidoses oropharyngées et œsophagiennes :
1ère intention : locaux (Nystatine, Amphotéricine B en bain de bouche, Miconazole).
2ème intention (immunodéprimés, échappement) : azolés (Fluconazole, Voriconazole).
Candidoses génitales :
1er épisode : local (ovules, gels).
Récidivantes : systémique (Fluconazole) 6 mois.
Candidosesinvasives :
Monothérapies : Fluconazole (non neutropénique), Caspofungine (neutropénique).
Bithérapies (localisations spécifiques : endocardite, SNC, endophtalmie) : Amphotéricine B (liposomale) + 5-fluorocytosine.
Amphotéricine B : agit sur l'ergostérol, très néphrotoxique (max 10 jours).
Prophylaxie :
Surveillance chez immunodéprimés.
Éviter antifongiques systémiques (risque de résistance).
Corriger facteurs de risque (diabète, hygiène).
Chez la femme : éviter antibiothérapie, fortes doses d'œstrogènes, vêtements serrés, stress.
Savon à pH neutre.
LES CRYPTOCOCCOSES
I. Agents pathogènes
A. Généralités
Classification: Basidiomycotina.
Cycle de reproduction :
Sexuée (Filobasidiella) : basidiospores.
Asexuée (Cryptococcus) : la forme qui nous intéresse.
Agent : Champignon levuriforme.
7 espèces pathogènes (2 complexes) :
Complexe Cryptococcus neoformans :
C. deneoformans (sérotype D).
C. neoformans var. grubii (sérotype A) : VIH+ immunodéprimés.
Complexe Cryptococcus gattii :
C. neoformans var. gattii (sérotypes B/C) : sujets immunocompétents (zones tropicales, eucalyptus).
B. Habitat
Complexe neoformans : Sol enrichi en fientes d'oiseaux ou guano de chauve-souris (azote, urée).
Complexe gattii : Sol, certains arbres (eucalyptus),fèces de koala.
Répartition géographique : Cosmopolite pour les deux complexes.
C. Mode de contamination
Aérienne : Inhalation massive de spores aéroportées ou poussières infestantes. Porte d'entrée principale : voie pulmonaire.
Cutanée (plus rare) : Blessure, rupture de la barrière cutanée (sujets immunodéprimés).
Aucun cas de transmission interhumaine (sauf greffon).
Répartition selon l'hôte :
C. gattii : immunocompétents.
C. neoformans : immunodéprimés (VIH+ ou non).
Opportuniste : très présent lors de la pandémie du SIDA, régression avec trithérapie.
Principal facteur de risque : infection par le VIH (fait passer un patient VIH+ au stade SIDA si CD4 < 100/mm).
Hors SIDA : corticothérapie, néoplasies, transplantations, cirrhose, diabète.
D. Caractères morphologiques
Macroscopique : Colonies légèrement ocres, lisses surSabouraud.
Microscopique : Levure encapsulée (5-7 m).
Capsule visible en encre de Chine (halo clair).
La capsule est essentielleà la virulence, elle ne remplace pas la paroi.
II. Infection fongique
A. Physiopathologie
Période de latence : plusieurs années.
Porte d'entrée : poumons (souvent asymptomatique).
Faiblesse immunitaire passage dans la circulation sanguine système nerveux central (SNC) méningo-encéphalites (70% des cas).
B. Aspects cliniques et diagnostic
Formation d'une méningo-encéphalite cryptococcique (dissémination hématogène).
Pronostic : lié à l'atteinte du SNC et à la dissémination.
Méningo-encéphalite :
Symptômes : fièvre modérée, céphalées (>70%), vertiges, troubles humeur/mémoire, convulsions, raideur nuque.
Sujets VIH- : signes pulmonaires plus évocateurs.
Diagnostic sur LCR :
Clair, paucicellulaire.
Examen direct en encre de Chine : levures encapsulées (halo).
Recherched'Ag polysaccharidiques capsulaires (glucuronoxylomannane soluble) dans LCR/sérum.
Pneumopathie :
Rarement décelée, souvent asymptomatique ousignes non spécifiques (toux, douleur thoracique).
Radiologie : pneumopathie interstitielle polymorphe.
Diagnostic par examen direct, biopsie, culture sur LBA (levures encapsulées).
Atteintes cutanées :
Conséquence d'une dissémination hématogène ou porte d'entrée cutanée.
Manifestations : papules indolores, ombiliquées ou ulcérées.
Siège : visage, extrémités.
Bilan d'extension systématique : rechercher d'autres localisations (très important).
III. Diagnostic et traitement
A. Conduite à tenir en cas de découverte de C. neoformans
Bilan d'extension :
Ponction lombaire (LCR) : examen en encre de Chine, culture, recherche Ag polysaccharidiques.
Recherche d'Ag circulant dans tout produit biologique.
Hémoculture.
Imagerie pulmonaire si symptômes.
Recherche de signes de mauvais pronostic en cas de méningite : troubles comportement/conscience, déficit moteur, œdème papillaire, hypoglycorachie LCR, pression > 250 mm H2O.
B. Diagnostic formel
Mise en évidence et isolement du cryptocoque.
Prélèvement et examen direct : LCR (après centrifugation culot), urines, sang, biopsies, LBA.
Culture :
Sur Sabouraud sans cycloheximide.
3-7 jours à 35°C (pas 37°C).
Une seule colonie suffit pour diagnosticde certitude.
Sur milieux sélectifs : Niger (mélanine colonies marrons), CGB (gattii bleu).
Autres techniques : MALDi-TOF, PCR, test à l'uréase(+).
C. Diagnostic de présomption
Anatomopathologie : Biopsies (Gomori-Grocott, Muci-Carmin, bleu Alcian, PAS).
Détection des antigènes circulants :
Recherche du glucuronoxylomannane (GXM) : composant essentiel de la capsule.
Permet le suivi du traitement et la détection d'échappements/rechutes.
Techniques : agglutination (latex), ELISA.
Pas de -D-glucanes dans la paroi de Cryptococcus.
D. Traitement
Cryptococcose neuroméningée (immunodéprimé) :
Traitement d'attaque (15 jours) : Amphotéricine B (IV) + 5-fluorocytosine (per os ou IV).
5-fluorocytosine aide l'Amphotéricine B (qui ne passe pas la BHE) à atteindre les méninges.
Traitement de consolidation (8 semaines) : Fluconazole (fortes doses).
Traitement d'entretien/maintenance (6 mois à 1 an ou plus) : Fluconazole (doses moindres), jusqu'à remontée des CD4.
Amphotéricine B est néphrotoxique.
Cryptococcose pulmonaire ou cutanée localisée :
Traitement de consolidation d'emblée (6 semaines) : Fluconazole (fortes doses).
C. gattii et C. deuterogatti peuvent être moinssensibles au Fluconazole autres triazolés.
Autres champignons levuriformes d'intérêt médical :
Trichosporon beigelii : Colonies blanchâtres muqueuses, aspect cérébriforme. Pseudomycélium, mycélium vrai, arthrospores, blastospores.
Rhodotorulla : Levure jaune saumonée (souvent sur joints de salle de bain). Quasiment pas de pseudomycélium. Rarement pathogène.
Saccharomyces :Peut provoquer des infections en cas d'excès (ulcères).
Geotricum : Aspect poudreux. Filament vrai (même avec cloisons), arthrospores. Atteinte de type onyxis.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES ASPERGILLUS, PAECILOMYCES ET PENICILLIUM
I. Caractéristiques générales
Champignons filamenteux.
Macroscopique : filaments aériens, aspect poudreux ou cotonneux.
Microscopique :
Aspergillus : tête aspergillaire (conidiophore avec vésicule terminale supportant phialides).
Paecilomyces et Penicillium : forme de pinceaux (phialides supportées par métules).
II. Les anamorphes et leurs télémorphes
Multiplication = cycle asexué (mitoses) / Reproduction = cycle sexué
Anamorphe = stade asexué d’un mycète
Téléomorphe = stade sexué d’un mycète (rare en labo) (ana et télé pas tjrs le même nom)
Holomorphe = ensemble des deux stades
Champignon parfait = cycle complet (on connait les 2 formes)
Champignon imparfait = on ne connait qu’une seule forme (asexuée ++)
III. Cycle (champignon = 2 cycles de vie)
Cycle asexué
Cycle sexué : conidie à filament, ou différenciation entre gamète mâle et femelle
Asques (=cell reproductrices) avec 8 ascopores, nus ou dans cléistothèces (=protect°)
Chez Aspergillus cléistothèces pas systématique
Certains ascospores ornementés (+ pour imagerie ou micro à balayage électronique)
IV. Aspergillus, Paecilomyces et Penicillium : quelles différences ?
Conidiophore : Structure portant la conidie.
Chez les Aspergillus :
Conidiophore se termine par une vésicule.
Les phialides (qui émettent les conidies) sont directement sur la vésicule (unisérié) ou via une métule (bisérié).
Chez les Paecilomyces et Penicillium:
La métule porte les phialides.
Les phialides s'organisent en pinceaux.
Différence entre Paecilomyces et Penicillium :
Paecilomyces : phialide à long col, conidies ovoïdes/fusiformes (jamais sphériques), en chaînettes longues et divergentes. Couleurs vives (jamais vertes).
Penicillium : phialide à col pluscourt, conidies ovoïdes/sphériques/ellipsoïdes, en chaînettes courtes et serrées. Toujours de couleur verte.
Ce sont des conidies sèches aéroportées.
V. Habitat
Cosmopolite : saprophytes du sol, aéroportés (contaminants majeurs de l'atmosphère, aliments).
VI. Rôles pour l'homme
Bénéfiques : Industrie fromagère, production d'antibiotiques, acides organiques.
Nuisibles : Contaminants alimentaires (mycotoxines), contaminants des climatisations, pathogènes humains.
ASPERGILLOSES
I. Agent pathogène
Rappels :
Champignons du genre Aspergillus, filaments septés (Ascomycètes).
Environ 180 espèces, 70 formes sexuées connues.
Large gamme de pH (4 à neutre), température (6°C à > 45°C), activité eau (0,7 à 1).
Agents d'intérêt médical : A. fumigatus (le plus fréquent), A. flavus, A. niger, A. nidulans, A. terreus.
Habitat naturel : Débris de toute nature (sols, compost, climatiseurs, terreau). Très présent dans l'atmosphère (3ème champignon majoritaire dans l'air).
Morphologie :
Stipe (conidiophore) porté par une cellule podale, aboutit à une vésicule.
Ensemble (vésicule, métules, phialides,conidies) forme la tête aspergillaire.
Unisériée (phialides directement sur vésicule) ou bisériée (via métule).
Différencier espèces par forme vésicule, agencement phialides, couleur conidies.
Cellules de Hülle (sclérotes) possibles.
A. fumigatus (unisérié strict) :
Macroscopique : filaments aériens courts (hyalomycètes), poudreux au centre, vert intense puis gris-fumé.
Microscopique : tête unisériée stricte, phialides sur toute la vésicule (en forme d'ampoule/massue), conidiophore lisse/court. Conidies petites(2-3 m), vertes, globuleuses, échinulées.
II. Pathologie et facteurs de virulence
Facteurs physiques :
Taille des conidies (2-3 m pour A. fumigatus) pénétration broncho-alvéolaire profonde.
Paroi sèche aéroportée.
Inhalation massive nécessaire (1 inhalation/40 = 7 conidies).
Cils et expulsion évitent pénétration (fumeur à risque).
Adhérence et colonisation :
Adhérence indispensable (étape clé pour pathogénicité).
Reconnaissance : Interactions non spécifiques (hydrophobicité) et spécifiques (mannoprotéines récepteurs hôte).
Colonisation : Formation de filaments (entrave phagocytose, adaptation parasitisme via pénétration intercellulaire).
Sécrétion de protéases (ex: exoprotéase 33 kDa) : Dégradent cellules cibles, fragilisation et envahissement.
Production de toxines : Perturbent synthèse cytokines, immunosuppresseurs.
Survie et multiplication : Se développe à haute température, peut modifier mannoprotéines (leurre système immunitaire).
III. Infections fongiques
Épidémiologie :
Conidies aéroportées organecible le poumon.
Métiers/hobbies à risque (cultivateurs, meuniers, compost).
Contamination directe (traumatisme, acte chirurgical).
Conditions indispensables : charge importante de spores, voies aériennes lésées,immunodépression, contexte allergique.
Gravité liée au terrain (sujet immunodéprimé, neutropénique).
Taux de mortalité élevé dans services d'hématologie.
Aspects cliniques et diagnostiques :
Aspergilloses immunoallergiques :
Asthme aspergillaire (IgE spécifiques, pas d'infection pulmonaire).
Alvéolite allergique extrinsèque (hypersensibilité semi-retardée, Ac précipitants).
Aspergillose broncho-pulmonaire allergique (ABPA) : hypersensibilité immédiate (IgE) et semi-retardée (Ac). Colonisation mycélienne (A. fumigatus). Dyspnée asthmatiforme, toux expectorante. Évolution vers chronicité avec destruction bronchique.
Aspergillomes (intra-cavitaires) :
Masse mycélienne ("truffe") uniquedans cavité préformée (communique avec arbre aérien).
Symptômes : hémoptysie (60%, facteur gravité++), altération état général, toux chronique, perte de poids.
Évolution : 10% décès, 25% stabilisation, 60% dégradation (chirurgie).
Diagnostic : imagerie (opacité arrondie avec croissant clair gazeux), sérologie (Ac anti-aspergillus), examen mycologique expectorations.
Aspergilloses sinusiennes :
Unilatérale, souvent étiologie dentaire ou sinusite bactérienne. Non invasife (sinusien) ou invasive (proximité cerveau chez immunodéprimés).
Symptômes : sinusite chronique, céphalées, rhinorrhée.
Aspergillose pulmonaire semi-invasive (nécrosante chronique) :
Terrain : défaillance partielle et chronique (plus de 40 ans, éthylisme, diabète, cancer).
Symptômes : fièvre, amaigrissement, toux, douleur thoracique, hémoptysie.
Aspergillose pulmonaire invasive (API) :
Forme pulmonaire aiguë, rapide.Immunodéprimés sévères (neutropénie, leucémie, transplantés).
Symptômes : envahissement pulmonaire et vaisseaux (pneumopathie, fièvre, toux, hémoptysie).
Évolution fréquemment mortelle. Diagnostic précoce fondamental.
Diagnostic : fièvre persistante sans antibio/atv, radiographie (micro-foyers, signe de halo), anatomopathologie (filaments, pas de têtes).
Aspergilloses profondes :
Non disséminées : touche un seul organe suite à acte chirurgical (ex: ostéomyélite, endocardite). Hémocultures souvent négatives. Souvent diagnostiqué post-mortem.
Disséminées : au moins deux organes distants atteints (25% des aspergilloses). Immunodéprimés (neutropéniques). Contamination aérienne poumon dissémination hématogène (cerveau, foie, reins, cœur). Ou cutanée (brûlés).
Mortalité des aspergilloses invasives : ~40% actuellement (diagnostic précoce).
Otomycose :
Atteinte bénigne du conduit auditif (lésions préexistantes). Bouchon de cérumen mycélien (A. niger).
Symptômes : prurit chronique, baisse ou perte d'audition, douleur.
Examen otoscopique : têtes aspergillaires visibles (conduit aéré).
Onyxis aspergillaire :
Atteinte sous-unguéale distale (95%).
Diagnostic : examen direct, culture (pure, répétée).
Ne peut être confondue avec une levure (présence de filaments à l'examen direct).
IV. Comment identifier les mycètes filamenteux d'intérêt médical
A. Démarche d'identification
Pourquoi identifier ? Ubiquitaire, rôle en dermatologie, opportunistes potentiels.
Quand identifier ?
Immunodéprimé : systématique, même 1 colonie, signalé en urgence.
Non-immunodéprimé (broncho-pulmonaire, ORL, oculaire) : signaler abondance.
Brûlés : surveillance flore microbienne cutanée.
Dermato-mycologie (squames, cheveux, ongles) : distinguer pathogène de contaminant.
Schéma d'orientation :
1ère étape : filament septé ou non (zygomycètes = mortelle en 7j).
2ème étape : aspect translucide (hyalins) ou pigmenté.
B. Identification des mycètes à filaments hyalins
Critères d'identification :
Colonies : Croissance rapide (2-4 jours), aérienne, bordure délimitée, granulation/pigmentation liée auxconidies.
Mycélium : Hyphe cloisonnée.
Multiplication : Asexuée (conidies sur conidiophores).
Pouvoir pathogène : Très nombreux opportunistes.
Caractéristiques microscopiques :
Aspergillus : Conidiophore avec vésicule renflée, conidies en chaînette (phialides recouvrent +- vésicule).
Penicillium : Conidiophore ramifié (non renflé), conidies en chaînette (phialides sur métules) structure "pinceaux". Conidies vertes.
Acremonium : Conidiophore unique, conidies en amas muqueux (humides).
Scedosporium : Conidiophore unique, une seule conidie.
Diagnostic sérologique :
Immunodéprimés : recherche d'anticorps inefficace recherche d'antigènes.
Ac (chronicité) : aspergillomes, ABPA. Non pour API (Ig trop tardives).
Techniques Ac précipitants (diffusion gélose, immunoélectrophorèse) : recherche 2 arcs pour A. fumigatus (Chymotrypsine rose,Catalase).
IFI, HAI, ELISA.
Recherche Ag solubles : galactomannanes (polysaccharide de la paroi). Pour API chez immunodéprimés. Suivi du titre pour l'efficacité traitement.
C. Traitements des aspergilloses
Aspergillose allergique : Éviction allergène, corticoïdes (Prednisolone) si exacerbation, Itraconazole en cas d'évolution défavorable (6 mois).
Aspergillose pulmonaire semi-invasive :
Amphotéricine B (max 15j, néphrotoxique) puis Itraconazole (3-6 mois).
Ou Itraconazole seul (3-6 mois).
Aspergillose invasive (extrêmement grave) :
Amphotéricine B (IV, formulation liposomale) jusqu'à amélioration radiologique (max 10j car toxique).
Ou Voriconazole (IV) en 1ère intention (moins toxique, plus utilisé).
Relais par Itraconazole (long terme).
Atteintes cérébrales : Amphotéricine B + 5-fluorocytosine (car Amphotéricine B ne passe pas BHE). Ou Voriconazole/Itraconazole fortes doses.
Aspergillome ou sinusien : Exérèse chirurgicale + Voriconazole/Itraconazole (6 mois).
Onychomycose : Traitement local (vernis amorolfine, ciclopirox), long (3-6 mois minimum).
Prophylaxie :
Mesures d'hygiène strictes (chambres à flux,masques, repas stériles, contrôle aération/surfaces).
Immunodéprimés : chimioprophylaxie (Posaconazole, Voriconazole).
PAECILOMYCOSES
I. Agent pathogène : Paecylomyces Bainier
A. Généralités
Champignon filamenteux (Ascomycotina).
Ressemble aux Penicillium, différenciation par phialide et col.
Parasite d'insectes. Certaines espèces causent des infections chez l'homme.
Espèces pathogènes : P. variotti, P. lilacinus, P. javanicus.
Thermophiles.
B. Les téléomorphes de Paeclomyces
5 espèces distinctes : P. spectabilis (forme sexuée de P. variotii), P. brunneolus, P. formosus, P. divaricatus, P. dactylethromorphus
C. Morphologie
Phialides à col allongé, produisant conidies oblongues/fusiformes, en longues chaînettes divergentes.
Pinceaux de couleur vive (blanc, noir, rose pour P. lilacinus).
Chlamydospores parfois présentes.
D. Atteintes fongiques

Prophylaxie : Port de lunettes, limiter contact eau en voyage.
Contamination : Blessures traumatiques par plantes contaminées.

Clinique:
Oculaire (kératite, endophtalmies) suite à mauvais nettoyage lentilles.
Cutanées, sinusite, pneumopathie disséminée (immunodéprimés, rare).
Endocardite, abcès cérébraux, péritonites.
Sensibilité aux traitements :
P. variotii : sensible à Amphotéricine B.
P. lilacinus : résistant à Amphotéricine B.
E. Traitements
Identification précise de l'espèce essentielle pour adapter le traitement.
Amphotéricine B :
Efficace contre P. variotii.
Inactif contre P. lilacinus.
Échinocandines (micafungine, anidulafungine) : actifsur P. variotii.
Pour P. lilacinus : Voriconazole ou Ravuconazole.
PENICILLIOSES
I. Agent pathogène : Penicillium
A. Généralités
Ascomycotina, Hyphomycète.
250 espèces. Habitat : sol des régions tempérées, contaminants atmosphériques/alimentaires.
Non thermophile.
Penicillium marneffei : le plus préoccupant, endémique en Asie du Sud-Est.
B. Caractéristiques morphologiques
Phialides courtes, sans col, organisées en pinceaux.
Produisent conidies sphériques/ellipsoïdes, vertes/bleues/grises, en chaînettes courtes et serrées.
C. Aspects macro et micro des différents Penicillium
P. chrysogenum :
Macro : Filaments aériens poudreux, jaunâtreau revers.
Micro : Conidiophore 200-300 m, terticillés asymétriques. Croissance rapide à 37°C.
P. roqueforti :
Macro : Filaments ras gris turquoise/vert terne, revers brun à vert foncé.
Micro : Conidiophore 100-200 m, terticillée, conidies sphériques.
P. purpurogenum :
Macro : Filaments courts poudreux, pigment rouge diffusible au revers.
Micro : Stipe 70-300 m, pinceaux de 6-8 métules. Conidies finement échinulées. Croissance à 37°C.
P. marneffei :
Dimorphique touchant le système réticulo-endothélial.
Dans l'organisme (37°C) : levure allongée "en cigare" cloisonnée.
Dans l'environnement (25°C) : forme en pinceau avec spores (travail sous hotte).
Macro : Conidiogenèse tardive vert terne, pigment rouge/corail diffusible au revers.
Micro : Conidiophores 70-100 m, 3-5 métules divergentes. Conidies ellipsoïdales, lisses, en chaînes.
C. Infections fongiques
P. marneffei est le plus préoccupant.
Formes sévères chez immunodéprimés (SIDA, néoplasie, neutropénie).
D. Épidémiologie
Endémique en Asie du Sud-Est (sud Chine, Thaïlande, Vietnam, Indonésie).
Fatal chez immunodéprimés (100% de mortalitésans traitement rapide).
E. Aspects cliniques
Mode de contamination : Aérienne, transcutanée, digestive (non exclues).
Symptômes :
Pulmonaires (fièvre, toux persistante, perte de poids+++, diarrhée).
Adénopathies, hépatosplénomégalie.
Lésions cutanées (70%) : papules, nodules centro-nécrotiques (face, palais, tronc, extrémités).
Lésions ostéo-articulaires (18%).
Signes viscéraux (similaires à histoplasmose généralisée chez sidéens).
Évolution : Presque toujours mortelle chez ID et immunocompétents (mortalité >90%).
F. Traitements
Rapidité du diagnostic et traitement fondamental.
Amphotéricine B (0,6 mg/kg/j, 2 semaines) puis relais Itraconazole (400 mg/j, 10 semaines).
Alternative : Voriconazole (12 semaines).
Traitement d'entretien : Kétoconazole ou Itraconazole (2-6 mois).
Immunodéprimés : Prophylaxie secondaire (Itraconazole) jusqu'à CD4 >100 cell/mm.
DERMATOPHYTOSES
I. Agents pathogènes
A. Généralités
Champignon responsable d'atteintes très superficielles (peau, phanères, ongles).
Ascomycète (Onygénales).
Genres :
Arthroderma Trichophyton (asexuée).
Nannizzia Microsporum (asexuée).
Epidermophyton (asexuée, pas de forme sexuée connue, rare).
Caractéristiques physiologiques : Grande affinité pour la kératine (kératinophile).
Mode de vie :
Saprophytes du sol (T. ajelloi).
Parasitesobligatoires de l'homme (T. rubrum).
Zoophiles (M. canis).
Telluriques (M. gypseum).
Provoquent :
Épidermophyties (peau).
Teignes (cuir chevelu, chute cheveux).
Onychomycoses/Onyxis (ongles).
Dermatophytides/Trichophytides (allergie).
Pas d'envahissement des tissus profonds (sauf sujets prédisposés).
B. Habitat
Espèces anthropophiles (humaines strictes) : M. audoninii, T. rubrum (le plus fréquent), T. mentagrophytes var. interdigitale, E. floccosum.
Espèces zoophiles : M. canis (chat), T. mentagrophytes (chevaux, rongeurs), T. verrucosum (bovidés).
Espèces telluriques : M. gypseum (le plus fréquent), T. mentagrophytes.
C. Épidémiologie
Contagiosité +++.
Modes de contamination :
Humaine : contact interhumain étroit ou indirect (linges, solsnon nettoyés, piscines).
T. rubrum (65% des lésions), T. mentagrophytes var. interdigitale.
Lésions discrètes, bien tolérées (adapté à l'homme).
Infection débute entre les orteils ongle ("pied d'athlète").
Animale : contact avec animaux contaminés ou poils.
Lésions bruyantes, inflammatoires chez l'homme (champignon inadapté).
Teignes tondantes, folliculites, sycosis (barbe).
M. canis (chat), T. mentagrophytes (chevaux, rongeurs), T. verrucosum (bovidés).
Sol : sols enrichis en kératine (plumes, poils, ongles).
Lésions très inflammatoires chez homme et animal.
M. gypseum, M. fulvum.
Répartition géographique : cosmopolite, mais certaines espèces limitées à des régions (ex: M. ferrugineum - Asie/Afrique).
Facteurs favorisants :
Chaleur, humidité, macération (plis, espaces inter-orteils, chaussures).
Mode de vie, sport, profession.
Microtraumatismes (onyxis sportifs, pachydermie).
Hormonaux (guérison teignes à la puberté).
Immunologiques (corticothérapie, chimio, SIDA) attention résistance corticothérapie.
D. Aspects macroscopiques et microscopiques
Croissance lente (10-15 jours généralement, versus 2-4j pour Aspergillus).
Epidermophyton floccosum :
Macro : Filaments courts, colonies plates, poudreuses, jaune kaki/vert olive.
Micro : Nombreuses macroconidies en forme de raquette, paroi mince et lisse, 2-4 logettes en bouquets.
Microsporum canis :
Macro : Colonies "étoiles d'amiante" puis duvet blanc. Pigment jaune-orangé au revers ("œuf au plat").
Micro : Macroconidies en forme de fuseau, paroi épaisse/rugueuse, 6 à 12 logettes. Microconidies piriformes.
Microsporum gypseum :
Macro : Filaments aériens ras, poudreux, blanchâtres, colonies "éclaboussures de plâtre".
Micro : Macroconidies losangiques ("cocon"), paroi peu épaisse/rugueuse, 4 à 6 logettes. Microconidies piriformes.
Trichophyton mentagrophytes var. mentagrophytes :
Macro : Filaments aériens blanchâtres ras, colonie finement duveteuse.
Micro : Nombreuses microconidies rondes en grappe ou acladium (quinconce). Macroconidiesen massue (paroi lisse/mince, 3-6 logettes). Vrilles souvent présentes.
Trichophyton rubrum :
Macro : Filaments aériens courts, blancs, poudreux. Pigment rouge vineux au verso.
Micro : Microconidies piriformes, trapues, en grappe ou acladium. Macroconidies à paroi mince/lisse (5-10 cloisons).
II. Aspects cliniques des infections fongiques
A. Physiopathologie
Pénétration épiderme :
Multiplication à partir spores ou fragments. Croissance centrifuge.
Lésion arrondie (épidermophytiecircinée), érythémato-squameuse, mycète actif sur le pourtour.
Atteinte poils/cheveux :
Propagation descendante vers bulbe (sans le détruire), casse le cheveu.
Repousse possible sauf pour Trichophyton schoenleinii.
Au niveau des ongles :
Infection par le bord libre de l'ongle (partie distale) car affinité kératine.
Progression vers la matrice (sans la détruire). Prolifération partie ventrale de l'ongle.
Ongles des pieds +++ (intertrigo négligé). Ongles des mains (suite à pied d'athlètepar grattage).
B. Les teignes
Terme réservé à l'atteinte des cheveux ou poils.
Teignes tondantes sèches :
Plaques d'alopécie par cassure des cheveux (bulbe non atteint repousse possible).
Microsporiques (Microsporum) :
Plaques de grande taille, peu nombreuses, aspect "sale" (squames).
Cheveux cassés courts.
Lumière de Wood : fluorescence verte intense (poil endo-ectothrix microsporique).
Ex: M. canis, M. langeronii.
Trichophytiques (Trichophyton) :
Plaques très nombreuses, petites (<5mm), blanchâtres, cheveux cassés très courts (ras du cuir chevelu).
Lumière de Wood : négative (poil endothrix).
Ex: T. violaceum, T. soudanense.
Teignes suppurées ou inflammatoires (kérion) :
Plaque érythémato-squameuse circulaire avec tuméfaction, suppuration, perte de cheveux.
Repousse du cheveu (sans cicatrice si pas surinfection bactérienne).
Très inflammatoire. Concerne aussi les sycosis (barbe).
Teignes faviques (favus) :
Dermatophyte unique : Trichophyton schoenleinii.
Alopécie définitive.
Accumulation mycélium forme croûte jaunâtre, friable (godet favique).
Pas de guérison spontanée à la puberté.
Lumière de Wood : fluorescence verte foncée sur toute la longueur ducheveu.
CORRECTION D'ANNALES (exemples)
ÉNONCÉ II : Madame L.B. (Lupus, traitement immunosuppresseur)
Atteinte : Lésion circulaire, érythémateuse, enflammée, bord surélevé, centre en desquamation = épidermophytie circinée.
Processus : Le mycète réagit à la peau, croissance centrifuge, prolifération en périphérie (zone active).
Prélèvement :
Au niveau périphérique (champignon vivant).
Récupérer squames par grattage (objet stérile).
Examen direct : agentéclaircissant (potasse ou chloral-lactophénol) pour ramollir kératine filaments hyalins cloisonnés.
Culture : Arrêt traitement si possible. Milieu Sabouraud + antibiotiques +/- cycloheximide (développement dermatophytes). 25°C, 10-15 jours (négatif après 6 semaines).
Identification : Milieux spécifiques (Baxter, Takashio, Lactrimel) pour favoriser sporulation (macro/microconidies). Test uréase (+).
Interrogatoire : environnement familial, animaux, activités.
Hypothèses mycologiques : Dermatophyte d'origine zoophile (ex: M. canis, T. mentagrophytes) ou tellurique (ex: M. gypseum) car réaction inflammatoire marquée (mal adapté à l'homme).
Traitement : Local (seule, superficielle) : antifongique topique (kétoconazole, dintermine).
Conseils : Nettoyage maison, traiter animalsi en cause.
ÉNONCÉ IX : Travaux hôpital, contrôle aspergillaire (A. fumigatus, A. nidulans, A. niger)
Milieu de culture :
Sabouraud sans cycloheximide + gentamicine.
25°C (température pièce), 2-4 jours.
Colonies filamenteuses, aériennes courtes, poudreuses / veloutées, vertes.
Différencesmorphologiques (tableau) :
Aspergillus
Penicillium
Levure
Macroscopique
Filaments aériens courts,aspect velours.
Similaire Aspergillus, couleur vert glauque/foncé, aspect poudreux/duveteux.
Colonies glabres, bords réguliers, blanches.
Microscopique
Tête aspergillaire (vésicule supportant phialides).
Structure en pinceaux (phialides sur métules), conidies vertes.
Bourgeon, blastospore (blanc) ou basidiospore (ocre).
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