Pneumocystoses, candidoses et cryptococcoses

50 cartes

Ce document offre un aperçu des pneumocystoses, candidoses et cryptococcoses, abordant les agents pathogènes, les modes de transmission, les symptômes, les diagnostics et les traitements, en mettant l'accent sur leurs manifestations chez l'homme.

50 cartes

Réviser
La répétition espacée te présente chaque carte au moment optimal pour la mémoriser durablement, en espaçant les révisions de façon croissante.
Question
Quel est l'agent pathogène responsable de la pneumocystose humaine ?
Réponse
Pneumocystis jirovecii, un champignon atypique, opportuniste, auparavant nommé P. carinii sp.f. hominis.
Question
Quelles sont les deux principales formes morphologiques de Pneumocystis ?
Réponse
La forme trophozoïte (végétative, amiboïde) et la forme kystique (forme de résistance sphérique contenant jusqu'à 8 corps intrakystiques).
Question
Comment se transmet principalement Pneumocystis jirovecii ?
Réponse
La transmission est essentiellement aérienne et interhumaine. Une transmission materno-fœtale est également possible.
Question
Pourquoi Pneumocystis jirovecii est-il résistant à l'Amphotéricine B ?
Réponse
Parce que sa membrane plasmique ne contient pas d'ergostérol, qui est la cible de l'Amphotéricine B.
Question
Quel est le traitement de première intention pour la pneumocystose ?
Réponse
Le cotrimoxazole, une association de triméthoprime et de sulfaméthoxazole, administré par voie intraveineuse pendant 21 jours.
Question
Quelle est l'espèce de Candida la plus fréquemment isolée et la plus virulente ?
Réponse
Candida albicans est l'espèce la plus fréquente et la plus virulente, responsable d'environ 50% des candidémies.
Question
Quelles sont les deux seules espèces de Candida capables de former un filament vrai ?
Réponse
C. albicans et C. dubliniensis. Cette capacité est un facteur de virulence majeur car elle entrave la phagocytose.
Question
Qu'est-ce qu'une candidémie ?
Réponse
La présence de levures du genre Candida dans la circulation sanguine, souvent issue d'un foyer digestif ou d'un cathéter.
Question
Comment se manifeste cliniquement le muguet buccal ?
Réponse
Par un enduit blanchâtre et crémeux sur la langue, les gencives, et la face interne des joues.
Question
Quel milieu de culture permet d'identifier différentes espèces de Candida par la couleur des colonies ?
Réponse
Le milieu CHROMagar Candida, un milieu chromogénique sélectif.
Question
Quel est le traitement de seconde intention de la pneumocystose en cas d'intolérance au cotrimoxazole ?
Réponse
L'iséthionate de pentamidine (Pentacarinate®), administré par voie intraveineuse pendant 21 jours.
Question
Quel est le principal facteur de risque pour le développement de la pneumocystose (PPC) ?
Réponse
Un affaiblissement des défenses immunitaires, notamment chez les patients VIH+ avec un taux de CD4 ≤ 200/mm³ ou les nourrissons dénutris.
Question
Quel examen est considéré comme le diagnostic de certitude de la pneumocystose ?
Réponse
La mise en évidence du parasite dans un Lavage Broncho-Alvéolaire (LBA) après coloration (ex: Gomori-Grocott).
Question
Quelle est la particularité taxonomique de Pneumocystis qui l'a fait longtemps classer parmi les protozoaires ?
Réponse
Sa sensibilité aux drogues antiprotozoaires comme la pentamidine et sa résistance aux antifongiques classiques comme l'amphotéricine B.
Question
Qu'est-ce qu'une espèce 'inféodée' dans le contexte de Pneumocystis ?
Réponse
Un micro-organisme étroitement lié à son hôte, avec une spécificité d'hôte étroite (ex: le P. jirovecii humain n'infecte que l'humain).
Question
Quelle est la principale origine de la contamination par Candida ?
Réponse
La contamination est essentiellement endogène, provenant de la flore digestive, cutanée ou génito-urinaire du patient lui-même.
Question
Quel est le mécanisme d'action des échinocandines (ex: Caspofungine) sur les champignons ?
Réponse
Elles inhibent la β-1,3-D-glucane synthase, une enzyme essentielle à la synthèse de la paroi fongique, particulièrement efficace contre Candida.
Question
Qu'est-ce qu'un onyxis à Candida ?
Réponse
Une atteinte de l'ongle qui fait suite à un périonyxis (inflammation du bourrelet péri-unguéal), l'atteinte commençant par la peau autour de l'ongle.
Question
Quel est le traitement de première intention pour une candidose invasive chez un patient non neutropénique ?
Réponse
Le fluconazole. En cas de forme sévère, une échinocandine peut être utilisée.
Question
Comment se nomme la lésion fissuraire des commissures labiales souvent associée à Candida ?
Réponse
La perlèche, fréquemment causée par une association de Candida et S. aureus.
Question
Quelle est la caractéristique morphologique distinctive de Cryptococcus neoformans ?
Réponse
La présence d'une capsule polysaccharidique épaisse, qui est son principal facteur de virulence.
Question
Quel est l'habitat naturel de Cryptococcus neoformans ?
Réponse
Le sol enrichi par les fientes d'oiseaux (pigeons) ou le guano de chauve-souris.
Question
Quelle est la principale manifestation clinique de la cryptococcose ?
Réponse
La méningo-encéphalite, surtout chez les sujets immunodéprimés (VIH+).
Question
Quel antigène spécifique est dosé dans le LCR ou le sérum pour diagnostiquer et suivre une cryptococcose ?
Réponse
L'antigène capsulaire glucuronoxylomannane (GXM).
Question
Quel est le traitement d'attaque de la méningo-encéphalite à cryptocoque ?
Réponse
L'association Amphotéricine B et 5-fluorocytosine en IV pendant 15 jours.
Question
Quelle est l'espèce d'Aspergillus la plus impliquée dans les pathologies humaines ?
Réponse
Aspergillus fumigatus, particulièrement dans les pays tempérés.
Question
Quelle est la voie de contamination principale des aspergilloses ?
Réponse
L'inhalation massive de conidies (spores) aéroportées, le poumon étant la porte d'entrée principale.
Question
Qu'est-ce qu'un aspergillome pulmonaire ?
Réponse
Une masse fongique (truffe) se développant dans une cavité pulmonaire préexistante (ex: ancienne tuberculose), pouvant causer des hémoptysies.
Question
Quel antigène est recherché dans le sérum pour le diagnostic précoce de l'aspergillose pulmonaire invasive (API) ?
Réponse
L'antigène galactomannane, un composant de la paroi d'Aspergillus.
Question
Quel traitement est préconisé en première intention pour l'aspergillose invasive ?
Réponse
Le voriconazole par voie IV. L'amphotéricine B liposomale est une alternative.
Question
Comment distingue-t-on morphologiquement Aspergillus de Penicillium ?
Réponse
Aspergillus possède une tête aspergillaire (vésicule terminale), tandis que Penicillium a une structure en pinceau sans vésicule.
Question
Quelle espèce de Penicillium est un agent de mycose disséminée endémique en Asie du Sud-Est ?
Réponse
Penicillium marneffei, un champignon dimorphique qui est un pathogène redoutable chez les sujets VIH+.
Question
Quelle est la particularité de l'infection cutanée provoquée par un dermatophyte zoophile (ex: M. canis) chez l'homme ?
Réponse
Elle est très inflammatoire et 'bruyante', car le champignon est mal adapté à l'hôte humain.
Question
Qu'est-ce qu'une teigne ?
Réponse
Une infection fongique du cuir chevelu et des cheveux, ou des poils, causée par un dermatophyte.
Question
Quel examen simple permet de visualiser une fluorescence verte typique des teignes microsporiques (dues à Microsporum) ?
Réponse
L'examen à la lumière de Wood.
Question
Quelle est l'espèce de dermatophyte anthropophile la plus fréquente, responsable du 'pied d'athlète' ?
Réponse
Trichophyton rubrum.
Question
Comment un dermatophyte pénètre-t-il l'ongle ?
Réponse
L'infection débute par le bord libre de l'ongle ou la tablette supérieure, puis progresse vers la matrice.
Question
Qu'est-ce qu'un kérion ?
Réponse
Une forme de teigne suppurative et très inflammatoire, formant un macaron tuméfié, souvent causée par un dermatophyte zoophile.
Question
Quelle est la principale différence clinique entre un onyxis à Candida et un onyxis à dermatophyte ?
Réponse
L'onyxis à Candida débute par une atteinte de la peau (périonyxis), tandis que l'onyxis à dermatophyte attaque directement la kératine de l'ongle.
Question
Citez deux facteurs favorisant les infections à Candida.
Réponse
Une antibiothérapie à large spectre et prolongée, et la présence de cathéters intravasculaires.
Question
Quel est le mécanisme d'action des antifongiques azolés (ex: fluconazole) ?
Réponse
Ils inhibent la synthèse de l'ergostérol, un composant essentiel de la membrane plasmique des champignons.
Question
Quelle coloration est utilisée en anatomopathologie pour bien visualiser les parois fongiques en brun/noir ?
Réponse
La coloration de Gomori-Grocott, qui utilise une imprégnation argentique.
Question
Quelle est la forme infectante de Pneumocystis ?
Réponse
La forme infectante précise (trophozoïte ou kyste) n'est pas encore connue avec certitude.
Question
Dans quel contexte clinique observe-t-on le plus souvent des candidoses chroniques disséminées (foie, rate) ?
Réponse
Chez les patients ayant un cancer traité par chimiothérapie, lors de la phase de restauration hématologique post-aplasie.
Question
À quel stade de l'infection par le VIH la cryptococcose est-elle une maladie classante ?
Réponse
Elle est classante du stade SIDA, survenant typiquement lorsque le taux de lymphocytes CD4 est inférieur à 100/mm³.
Question
Quel est le risque principal associé à un aspergillome non traité ?
Réponse
L'hémoptysie (crachat de sang), qui peut être massive et constitue le facteur de gravité majeur.
Question
Quelle est la forme de Penicillium marneffei dans l'organisme à 37°C ?
Réponse
Une forme de levure allongée 'en cigare' avec une cloison, se multipliant par scission.
Question
Quelle est l'espèce de Paecilomyces connue pour sa résistance à l'amphotéricine B ?
Réponse
Paecilomyces lilacinus est souvent résistant à l'amphotéricine B, nécessitant l'utilisation d'autres antifongiques comme le voriconazole.
Question
Qu'est-ce que l'aspergillose broncho-pulmonaire allergique (ABPA) ?
Réponse
Une réaction d'hypersensibilité à une colonisation bronchique par Aspergillus, associant asthme, IgE élevées et anticorps précipitants.
Question
Quel est le nom de la forme sexuée (téléomorphe) de Cryptococcus neoformans ?
Réponse
Filobasidiella neoformans.

Chapitre 1 : Les Pneumocystoses

I. Agent pathogène

A. Généralités

  • L'agent: Pneumocystis carinii (P.carinii), un micro-organisme eucaryote unicellulaire.

    • Forme trophozoïte/végétative :

      • Amiboïde, irrégulière.

      • Noyau, grandemitochondrie, filopodes pour l'ancrage.

    • Forme kystique/prékystique :

      • Sphérique, ovoïde.

      • Jusqu'à 8 noyaux (corps intrakystiques) dans 3 enveloppes.

  • Nombre d'espèces : Ubiquitaire (mammifères, jamais oiseaux).

    • Non-zoonose : spécificité d'hôte étroite (ex: P.carinii humain n'infecte que l'humain).

    • Transmission aérienne (aéroporté).

  • Nomenclature : Nommé selon l'hôte (ex: P. carinii sp.f. hominis pour l'homme, aussi appelé P. jirovecii).

B. Transmission, réservoir et taxonomie

  • Transmission :

    • Aérienne (principalement).

    • Suspectée transplacentaire/materno-fœtale (démontrée chez le lapin, puis l'homme).

  • Réservoir et forme infectante :

    • Traces d'ADN de Pneumocystis peuvent être trouvées dans l'air (hôpitaux).

    • Forme infectante et réservoir humain inconnus.

    • Contraction fréquente dans la petite enfance (anticorps maternels).

    • Sevrage peut entraîner une pneumocystose (manque d'anticorps).

  • Taxonomie : Initialement controversée (Protozoaires ou Champignons).

    Arguments Protozoaires

    Arguments Champignons

    Sensibilité à la Pentamidine (antiprotozoaire).

    Paroi de chitine et -glucanes (affinité colorants mycètes).

    Résistance à l'Amphotéricine B (pas d'ergostérol).

    Crêtes mitochondriales lamellaires.

    Antigène majeur de surface(MSG) variable (non trouvé chez les champignons connus à l'époque).

    Nature des acides gras (proche de S.pombe, S.cerevisiae).

    Séquençage génomique le classe parmi les Ascomycètes (Archiascomycètes).

C. Cycle de vie des Pneumocystis Carinii

  • Débute par formes trophozoïtes (haploïdes ou diploïdes).

  • Élaboration de 3 couches formes pré-kystiques formes kystiques.

  • Méiose et mitose kyste contient 8 noyaux corps intrakystiques.

  • Sortie des corps intrakystiques (laisse une "cicatrice" visible) futurs trophozoïtes.

  • Impossible de cultiver en continu (paroi non régénérée en laboratoire).

D. Caractères morphologiques

  • Trophozoïtes :

    • Uninucléé, 2 à 8 m.

    • Membrane cellulaire amiboïde.

  • Prékyste :

    • 3 à5 m, ovoïde.

    • Différents stades (précoce, intermédiaire, tardif) selon le nombre de noyaux et l'épaisseur de la paroi.

  • Kyste :

    • 4 à 6 m, ovoïde.

    • 8 corps intrakystiques individualisés.

    • Présence d'une "cicatrice" (relargage des corps intrakystiques).

II. Infections fongiques

A. Contamination

  • Voies : Aérienne, interhumaine, transplacentaire (possible).

  • Facteurs favorisants :

    • Affaiblissement des défenses immunitaires (nourrissons dénutris, greffés, VIH+).

    • Sévérité liée au degré de susceptibilité de l'hôte.

B. Physiopathologie

  • Tropisme pulmonaire (alvéoles).

  • Micro-organisme via filopodes s'ancre aux pneumocytes (type I > type II).

  • Prolifération et obstruction de la lumière alvéolaire.

  • Absence d'échanges gazeux insuffisance respiratoire (suffocation).

  • Les corticoïdes altèrent le surfactant et peuvent favoriser l'infection.

C. Aspects cliniques

  • Début insidieux ou brutal : fièvre, dyspnée, toux non productive.

  • Progression vers l'insuffisance respiratoire aiguë.

  • Évolution sans traitement souvent mortelle.

  • Radiographie : opacités alvéolo-interstitielles bilatérales ("verre dépoli").

  • Diagnostic non suffisant par radiographie seule.

D. Anatomopathologie

  • Lumière alvéolaire remplie de parasites (exsudats en "nid d'abeille").

  • Colorations :

    • Gomori-Grocott (champignon marron/noir).

    • Hémalun-éosine-safran (difficile de distinguer kystes roses sur cellules roses).

  • Lésions extra-pulmonaires :

    • Peuvent survenir chez les patients VIH+ traités à la Pentamidine (échappement via macrophages).

    • Ganglions lymphatiques, rate, moelle osseuse, foie, rein.

III. Diagnostic biologique et traitements

A.Diagnostic de certitude

  • Mise en évidence du parasite dans les poumons (alvéoles).

  • Prélèvements :

    • Lavage Broncho-Alvéolaire (LBA) : invasif.

      • Coloration au bleu d'orthotoluidine (kystes bleu-violet).

      • Coloration au Gomori-Grocott (kystes brun/noirâtre).

      • Coloration May Grunwald Giemsa (kystes et trophozoïtes, noyaux violet soutenu).

    • Crachat induit : moins invasif, mais moins de matériel associé à la PCR.

    • PCR : technique de référence pour augmenter la sensibilité.

  • Immunomarquage (anticorps monoclonaux) ou immunofluorescence.

  • Diagnostic indirect (présomption) :

    • Recherche d'antigènes -(1,3)-D-glucanes (non spécifique de Pneumocystis, mais de champignons).

B. Traitements de la pneumocystose humaine

  • Connaître la durée, les molécules, et le mode d'action.

  • 1ère intention :

    • COTRIMOXAZOLE (Triméthoprime + Sulfaméthoxazole) : 21 jours, IV.

    • Peut être associé à la Clindamycine et Primaquine si intolérance.

  • 2ème intention (si intolérance au cotrimoxazole) :

    • ISÉTHIONATE DE PENTAMIDINE : 21 jours, IV lente.

    • Nombreux effets secondaires, risque d'échappementextrapulmonaire.

  • Autres composés possibles :

    • ATOVAQUONE (aussi pour toxoplasmose).

    • DAPSONE (+/- TRIMETHOPRIME).

    • ECHINOCANDINES (Caspofungine) : inhibe la synthèse des -glucanes de la paroi.

C. Prophylaxie

  • Selon les défenses immunitaires du patient (ex. VIH+ avec CD4 ).

  • Prophylaxie primaire :

    • Cotrimoxazole (quotidien) : aussi actif contre la toxoplasmose.

    • Dapsone.

    • Iséthionate de pentamidine (mensuel en aérosol, risque PPC extra-pulmonaire).

  • Prophylaxie secondaire : Cotrimoxazole, Pyriméthamine-Sulfadiazine.

LES CANDIDOSES

I. Agents pathogènes

A. Généralités

  • Champignons levuriformes, Ascomycètes (Saccharomycetales).

  • Colonies blanchâtres, lisses sur milieu de Sabouraud.

  • 81 espèces, 11 pathogènes pour l'homme.

  • Espèces les plus fréquentes :

    • Candida albicans : le plus virulent et fréquent.

    • Candida glabrata : émergent (prophylaxie).

    • Candida tropicalis, parapsilosis (peau), dubliniensis (proche C. albicans).

    • Candida krusei : résistant naturellement aux azolés.

    • Candida auris : nosocomial, multi-résistant.

  • Organismes saprophytes et commensaux (40-60% porteurs sains intestin).

  • Opportuniste : devient nuisible si défenses immunitaires diminuées.

  • Habitat :

    • C. albicans : muqueuses digestives ou vaginales.

    • C. glabrata : muqueuses uro-génitales et digestives.

    • C. auris : pas flore normale, acquis en milieu de soins (nosocomial).

    • Autres Candida : ubiquitaires (peau, sol).

B. Structure et organisation cellulaire

  • Structure générale : Paroi, membrane plasmique, organites (noyau, mitochondries, vacuole).

  • La paroi :

    • ~30% du poids sec.

    • Composée de sucres : chitine, -glucanes (48-60%, cibles des échinocandines), mannoprotéines.

    • Mannanes : favorisent l'adhésion (1ère étape pathogénicité).

  • La membrane plasmique : Contient de l'ergostérol (contrairement à Pneumocystis).

    • Sensible à l'Amphotéricine B (crée des canaux, fuite ionique).

C. Caractères morphologiques

  • Culture : Milieu de Sabouraud (pH 6,2, avec antibiotiques).

  • Macroscopique : Colonies blanchâtres, crémeuses, glabres.

  • Microscopique :

    • Levures (blastospore) : ovalaire/oblongue, 3à 10 m.

    • Multiplication par bourgeonnement (asexuée, clonale).

  • Différentes formes morphologiques :

    • Blastospore (forme levure).

    • Pseudo-filament : chaînettes de cellules associées, séparées par des cloisons (produit par tous les Candida sauf C. auris).

    • Filament vrai (tube germinatif) : extension cellulaire, pas de cloison (uniquement C. albicans et C. dubliniensis).

      • Rend ces espèces plus virulentes (difficulté de phagocytose, surface de contact accrue).

      • Permet le diagnostic différentiel.

    • Chlamydospores : spores de résistance (uniquement C. albicans et C. dubliniensis), test diagnostique long.

D. Physiopathologie des mycoses

  1. Adhésion : Adhérence des levures aux muqueuses via les sucres pariétaux (1ère étape, sans cela pas de pathogénicité).

  2. Colonisation : Multiplication des levures, synthèse d'enzymes/toxines (nécessite destruction flore bactérienne, par ex. antibiothérapie).

  3. Pénétration : Formation de filaments vrais (C. albicans, C. dubliniensis) qui pénètrent les cellules ou les jonctions.

  4. Invasion : Siatteint le sang (candidémie), diffusion vers d'autres organes (profonde).

  5. Candidémie : Présence de Candida dans le sang candidose disséminée (atteinte de plusieurs organes).

II. Infections fongiques

A. Origine de la contamination

  • Essentiellement endogène (portage sain).

    • Digestif (C. albicans), cutané (C. parapsilosis), génito-urinaire (C. glabrata).

  • Intensification de la colonisation :

    • Antibiothérapie longue, nutrition parentérale (cathéters), chimiothérapie, radiothérapie, greffes.

    • Rupture barrière cutanée (brûlés, cathétérisme).

  • Contamination exogène : par manuportage (personnel soignant).

B. Facteurs favorisants

  • Facteurs intrinsèques (liés à l'hôte) :

    • Physiologiques :

      • Âge : nouveau-nés (peau fine), personnes âgées (prothèses, sécheresse buccale, poly-médication).

      • Femme enceinte (3ème trimestre, déséquilibre hormonal candidose vaginale).

    • Locaux : FrotteMents, microlésions, macération, hypersudation.

    • Terrains : Altération barrière cutanéo-muqueuse (brûlures, chimio), tabagisme, héroïnomanie, dénutrition.

    • Professions exposées : Sportifs, éleveurs, pâtissiers, nettoyeurs.

    • Pathologiques : Immunodépression (VIH, cancer, diabètedéséquilibré).

  • Facteurs extrinsèques :

    • Antibiothérapie large spectre et prolongée.

    • Corticothérapie, immunosuppresseurs, chimiothérapie, neuroleptiques.

    • Actes chirurgicaux (nutrition parentérale, chirurgie digestive/cardiaque, transplantation).

    • Risque nosocomial : candidémies représentent 10-15% des septicémies nosocomiales, 40% de mortalité.

C. Aspects cliniques des candidoses

  • Multiples et variables.

  • Infections superficielles : peau, ongles, muqueuses (réactions inflammatoires locales).

  • Colonisation : présence de Candida sanssymptômes sur sites non stériles.

  • Infections invasives : dissémination hématogène, atteinte de deux foyers profonds.

D. Candidoses profondes

  • Les candidémies :

    • Espèce la plus fréquente : C. albicans (~50%), mais émergence de non-albicans (parapsilosis, glabrata, krusei).

    • Origines : endogène (digestif+++) ou exogène (cathéter, traumatisme vasculaire).

    • Symptômes : pauvres, non caractéristiques (fièvre intermittente à syndrome septique grave).

    • Lésions cutanées (papules érythémateuses) et myalgies témoin de dissémination.

  • Candidoses viscérales aiguës :

    • Suite à une candidémie, localisation dans foie, rate, reins, poumons, cœur (endocardites).

    • Examen du fond de l'œil (atteinte rétinienne) est un examen facileà réaliser.

  • Candidoses chroniques disséminées :

    • Spécifiques des patients sous chimiothérapie (formation d'abcès hépatiques, spléniques).

    • Symptômes : fièvre, douleurs abdominales, amaigrissement, hépatosplénomégalie.

E. Candidoses superficielles

  • Candidoses digestives :

    • Muguet : enduit blanchâtre, crémeux (langue, gencives). Facteurs de risque : âge, immunodépression.

    • Candidoses atrophiques : muqueuse rouge, inflammatoire (langue rouge luisante).

    • Stomatite sous dentier : peu symptomatique (goût métallique, picotements), liée au port de prothèses mal ajustées.

    • Perlèche : fissuration commissures labiales (souvent Candida + S. aureus).

    • Œsophagiennes : brûlures, dysphagie (fréquentes chez sidéens).

    • Anales : prurit, brûlures (associées à intertrigo périanal).

  • Candidose génito-urinaire :

    • Vulvo-vaginite : très répandue chezla femme (déséquilibre hormonal). Prurit intense, leucorrhées (aspect lait caillé).

    • Balanite (homme) : sillon balano-préputial (prurit, érythème).

    • Urinaires : rares, limitées auméat (cystites possibles chez diabétiques).

  • Candidoses cutanées et unguéales :

    • Intertrigo (grands et petits plis) : lésions érythémateuses, prurigineuses, avecenduit blanchâtre (macération).

    • Périonyxis : atteinte du bourrelet péri-unguéal (douleur, tuméfaction).

    • Onyxis : suite au périonyxis, décoloration de l'ongle (jaune-verdâtre).

  • Formes particulières : candidose des héroïnomanes : injection IV d'héroïne souillée fièvre, myalgies, folliculite, recherche de localisation profonde (fond d'œil).

II. Diagnostic ettraitements de Candida sp.

A. Diagnostic de certitude

  • Isolement des levures et implication dans la pathogénicité des lésions.

  • Prélèvement (avant tout traitement antifongique) :

    • Lésionscutanées/muqueuses : grattage (curette) ou écouvillons.

    • Ongles : poussière d'ongle, morceaux d'ongle (nécessite éclaircissement kératine).

    • Produits biologiques : sang (hémocultures), LBA, LCR,urines, selles.

    • Biopsies : une partie pour histologie (fixateur), une pour culture (sans fixateur).

  • Examen direct (ED) :

    • Observe levures bourgeonnantes, pseudo-filaments,filaments vrais.

    • À l'état frais ou après coloration (bleu lactique, Gram, MGG).

    • Après éclaircissement (potasse, chloral-lactophénol).

    • Histologique (HES, PAS, Gomori-Grocott).

  • Culture et identification :

    • Milieu non sélectif : Sabouraud (pH acide).

    • Milieu sélectif : Sabouraud + antibiotiques (kanamycine) +/- cycloheximide (pourdermatophytes).

    • Milieu chromogénique : substrat spécifique coloration différente selon l'espèce (ex: CHROMagar Candida).

      • C. albicans (vert), C. tropicalis (bleu), C. krusei (rose duveteux), C. glabrata (violet), C. auris (rose-beige).

  • Tests complémentaires :

    • Test de blastèse (tubegerminatif) : met en évidence filaments vrais (C. albicans, C. dubliniensis).

    • Tests d'assimilation des sucres (Auxanogramme, Zymogramme, galeries Api).

    • Recherche d'antigènes spécifiques de paroi (immunomarquage).

    • MALDi-TOF, PCR.

B. Diagnostic de présomption

  • Diagnostic sérologique : pour mycoses profondes/systémiques.

    • Immunoprécipitation (co-électrosynérèse, Ouchterlony, immunoélectrophorèse).

    • Immunofluorescence indirecte (IFI).

    • Hémagglutination indirecte (HAI).

    • ELISA (peu commercialisé).

  • Recherche des antigènes circulants :

    • Antigènes de la paroi (mannanes, -(1,3)-D-glucanes) : non spécifiques de Candida, mais indiquent présence champignon.

    • Dépistage rapide chez patients à risque (hémato-oncologie).

C. Traitement et prophylaxie

  • Candidoses cutanées : Antifongiques locaux (imidazolés, polyènes) 2 à 4 semaines.

  • Onychomycoses : Topiques (Ciclopiroxilamine, Amorolfine) jusqu'à repousse saine. Traitement oral (fluconazole) si échec ou atteintes multiples.

  • Candidoses oropharyngées et œsophagiennes :

    • 1ère intention : locaux (Nystatine, Amphotéricine B en bain de bouche, Miconazole).

    • 2ème intention (immunodéprimés, échappement) : azolés (Fluconazole, Voriconazole).

  • Candidoses génitales :

    • 1er épisode : local (ovules, gels).

    • Récidivantes : systémique (Fluconazole) 6 mois.

  • Candidosesinvasives :

    • Monothérapies : Fluconazole (non neutropénique), Caspofungine (neutropénique).

    • Bithérapies (localisations spécifiques : endocardite, SNC, endophtalmie) : Amphotéricine B (liposomale) + 5-fluorocytosine.

    • Amphotéricine B : agit sur l'ergostérol, très néphrotoxique (max 10 jours).

  • Prophylaxie :

    • Surveillance chez immunodéprimés.

    • Éviter antifongiques systémiques (risque de résistance).

    • Corriger facteurs de risque (diabète, hygiène).

    • Chez la femme : éviter antibiothérapie, fortes doses d'œstrogènes, vêtements serrés, stress.

    • Savon à pH neutre.

LES CRYPTOCOCCOSES

I. Agents pathogènes

A. Généralités

  • Classification: Basidiomycotina.

  • Cycle de reproduction :

    • Sexuée (Filobasidiella) : basidiospores.

    • Asexuée (Cryptococcus) : la forme qui nous intéresse.

  • Agent : Champignon levuriforme.

  • 7 espèces pathogènes (2 complexes) :

    • Complexe Cryptococcus neoformans :

      • C. deneoformans (sérotype D).

      • C. neoformans var. grubii (sérotype A) : VIH+ immunodéprimés.

    • Complexe Cryptococcus gattii :

      • C. neoformans var. gattii (sérotypes B/C) : sujets immunocompétents (zones tropicales, eucalyptus).

B. Habitat

  • Complexe neoformans : Sol enrichi en fientes d'oiseaux ou guano de chauve-souris (azote, urée).

  • Complexe gattii : Sol, certains arbres (eucalyptus),fèces de koala.

  • Répartition géographique : Cosmopolite pour les deux complexes.

C. Mode de contamination

  • Aérienne : Inhalation massive de spores aéroportées ou poussières infestantes. Porte d'entrée principale : voie pulmonaire.

  • Cutanée (plus rare) : Blessure, rupture de la barrière cutanée (sujets immunodéprimés).

  • Aucun cas de transmission interhumaine (sauf greffon).

  • Répartition selon l'hôte :

    • C. gattii : immunocompétents.

    • C. neoformans : immunodéprimés (VIH+ ou non).

  • Opportuniste : très présent lors de la pandémie du SIDA, régression avec trithérapie.

  • Principal facteur de risque : infection par le VIH (fait passer un patient VIH+ au stade SIDA si CD4 < 100/mm).

  • Hors SIDA : corticothérapie, néoplasies, transplantations, cirrhose, diabète.

D. Caractères morphologiques

  • Macroscopique : Colonies légèrement ocres, lisses surSabouraud.

  • Microscopique : Levure encapsulée (5-7 m).

    • Capsule visible en encre de Chine (halo clair).

    • La capsule est essentielleà la virulence, elle ne remplace pas la paroi.

II. Infection fongique

A. Physiopathologie

  • Période de latence : plusieurs années.

  • Porte d'entrée : poumons (souvent asymptomatique).

  • Faiblesse immunitaire passage dans la circulation sanguine système nerveux central (SNC) méningo-encéphalites (70% des cas).

B. Aspects cliniques et diagnostic

  • Formation d'une méningo-encéphalite cryptococcique (dissémination hématogène).

  • Pronostic : lié à l'atteinte du SNC et à la dissémination.

  • Méningo-encéphalite :

    • Symptômes : fièvre modérée, céphalées (>70%), vertiges, troubles humeur/mémoire, convulsions, raideur nuque.

    • Sujets VIH- : signes pulmonaires plus évocateurs.

    • Diagnostic sur LCR :

      • Clair, paucicellulaire.

      • Examen direct en encre de Chine : levures encapsulées (halo).

      • Recherched'Ag polysaccharidiques capsulaires (glucuronoxylomannane soluble) dans LCR/sérum.

  • Pneumopathie :

    • Rarement décelée, souvent asymptomatique ousignes non spécifiques (toux, douleur thoracique).

    • Radiologie : pneumopathie interstitielle polymorphe.

    • Diagnostic par examen direct, biopsie, culture sur LBA (levures encapsulées).

  • Atteintes cutanées :

    • Conséquence d'une dissémination hématogène ou porte d'entrée cutanée.

    • Manifestations : papules indolores, ombiliquées ou ulcérées.

    • Siège : visage, extrémités.

  • Bilan d'extension systématique : rechercher d'autres localisations (très important).

III. Diagnostic et traitement

A. Conduite à tenir en cas de découverte de C. neoformans

  • Bilan d'extension :

    • Ponction lombaire (LCR) : examen en encre de Chine, culture, recherche Ag polysaccharidiques.

    • Recherche d'Ag circulant dans tout produit biologique.

    • Hémoculture.

    • Imagerie pulmonaire si symptômes.

  • Recherche de signes de mauvais pronostic en cas de méningite : troubles comportement/conscience, déficit moteur, œdème papillaire, hypoglycorachie LCR, pression > 250 mm H2O.

B. Diagnostic formel

  • Mise en évidence et isolement du cryptocoque.

  • Prélèvement et examen direct : LCR (après centrifugation culot), urines, sang, biopsies, LBA.

  • Culture :

    • Sur Sabouraud sans cycloheximide.

    • 3-7 jours à 35°C (pas 37°C).

    • Une seule colonie suffit pour diagnosticde certitude.

    • Sur milieux sélectifs : Niger (mélanine colonies marrons), CGB (gattii bleu).

  • Autres techniques : MALDi-TOF, PCR, test à l'uréase(+).

C. Diagnostic de présomption

  • Anatomopathologie : Biopsies (Gomori-Grocott, Muci-Carmin, bleu Alcian, PAS).

  • Détection des antigènes circulants :

    • Recherche du glucuronoxylomannane (GXM) : composant essentiel de la capsule.

    • Permet le suivi du traitement et la détection d'échappements/rechutes.

    • Techniques : agglutination (latex), ELISA.

    • Pas de -D-glucanes dans la paroi de Cryptococcus.

D. Traitement

  • Cryptococcose neuroméningée (immunodéprimé) :

    • Traitement d'attaque (15 jours) : Amphotéricine B (IV) + 5-fluorocytosine (per os ou IV).

      • 5-fluorocytosine aide l'Amphotéricine B (qui ne passe pas la BHE) à atteindre les méninges.

    • Traitement de consolidation (8 semaines) : Fluconazole (fortes doses).

    • Traitement d'entretien/maintenance (6 mois à 1 an ou plus) : Fluconazole (doses moindres), jusqu'à remontée des CD4.

    • Amphotéricine B est néphrotoxique.

  • Cryptococcose pulmonaire ou cutanée localisée :

    • Traitement de consolidation d'emblée (6 semaines) : Fluconazole (fortes doses).

    • C. gattii et C. deuterogatti peuvent être moinssensibles au Fluconazole autres triazolés.

Autres champignons levuriformes d'intérêt médical :

  • Trichosporon beigelii : Colonies blanchâtres muqueuses, aspect cérébriforme. Pseudomycélium, mycélium vrai, arthrospores, blastospores.

  • Rhodotorulla : Levure jaune saumonée (souvent sur joints de salle de bain). Quasiment pas de pseudomycélium. Rarement pathogène.

  • Saccharomyces :Peut provoquer des infections en cas d'excès (ulcères).

  • Geotricum : Aspect poudreux. Filament vrai (même avec cloisons), arthrospores. Atteinte de type onyxis.

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES ASPERGILLUS, PAECILOMYCES ET PENICILLIUM

I. Caractéristiques générales

  • Champignons filamenteux.

  • Macroscopique : filaments aériens, aspect poudreux ou cotonneux.

  • Microscopique :

    • Aspergillus : tête aspergillaire (conidiophore avec vésicule terminale supportant phialides).

    • Paecilomyces et Penicillium : forme de pinceaux (phialides supportées par métules).

II. Les anamorphes et leurs télémorphes

  • Multiplication = cycle asexué (mitoses)  / Reproduction = cycle sexué

  • Anamorphe = stade asexué d’un mycète

  • Téléomorphe = stade sexué d’un mycète (rare en labo) (ana et télé pas tjrs le même nom)

  • Holomorphe = ensemble des deux stades

  • Champignon parfait = cycle complet (on connait les 2 formes)

  • Champignon imparfait = on ne connait qu’une seule forme (asexuée ++)

III. Cycle  (champignon = 2 cycles de vie)

  • Cycle asexué

  • Cycle sexué : conidie à filament, ou différenciation entre gamète mâle et femelle

  • Asques (=cell reproductrices) avec 8 ascopores, nus ou dans cléistothèces (=protect°)

  • Chez Aspergillus cléistothèces pas systématique

  • Certains ascospores ornementés (+ pour imagerie ou micro à balayage électronique)

IV. Aspergillus, Paecilomyces et Penicillium : quelles différences ?

  • Conidiophore : Structure portant la conidie.

  • Chez les Aspergillus :

    • Conidiophore se termine par une vésicule.

    • Les phialides (qui émettent les conidies) sont directement sur la vésicule (unisérié) ou via une métule (bisérié).

  • Chez les Paecilomyces et Penicillium:

    • La métule porte les phialides.

    • Les phialides s'organisent en pinceaux.

  • Différence entre Paecilomyces et Penicillium :

    • Paecilomyces : phialide à long col, conidies ovoïdes/fusiformes (jamais sphériques), en chaînettes longues et divergentes. Couleurs vives (jamais vertes).

    • Penicillium : phialide à col pluscourt, conidies ovoïdes/sphériques/ellipsoïdes, en chaînettes courtes et serrées. Toujours de couleur verte.

  • Ce sont des conidies sèches aéroportées.

V. Habitat

  • Cosmopolite : saprophytes du sol, aéroportés (contaminants majeurs de l'atmosphère, aliments).

VI. Rôles pour l'homme

  • Bénéfiques : Industrie fromagère, production d'antibiotiques, acides organiques.

  • Nuisibles : Contaminants alimentaires (mycotoxines), contaminants des climatisations, pathogènes humains.

ASPERGILLOSES

I. Agent pathogène

  • Rappels :

    • Champignons du genre Aspergillus, filaments septés (Ascomycètes).

    • Environ 180 espèces, 70 formes sexuées connues.

    • Large gamme de pH (4 à neutre), température (6°C à > 45°C), activité eau (0,7 à 1).

    • Agents d'intérêt médical : A. fumigatus (le plus fréquent), A. flavus, A. niger, A. nidulans, A. terreus.

  • Habitat naturel : Débris de toute nature (sols, compost, climatiseurs, terreau). Très présent dans l'atmosphère (3ème champignon majoritaire dans l'air).

  • Morphologie :

    • Stipe (conidiophore) porté par une cellule podale, aboutit à une vésicule.

    • Ensemble (vésicule, métules, phialides,conidies) forme la tête aspergillaire.

    • Unisériée (phialides directement sur vésicule) ou bisériée (via métule).

    • Différencier espèces par forme vésicule, agencement phialides, couleur conidies.

    • Cellules de Hülle (sclérotes) possibles.

  • A. fumigatus (unisérié strict) :

    • Macroscopique : filaments aériens courts (hyalomycètes), poudreux au centre, vert intense puis gris-fumé.

    • Microscopique : tête unisériée stricte, phialides sur toute la vésicule (en forme d'ampoule/massue), conidiophore lisse/court. Conidies petites(2-3 m), vertes, globuleuses, échinulées.

II. Pathologie et facteurs de virulence

  • Facteurs physiques :

    • Taille des conidies (2-3 m pour A. fumigatus) pénétration broncho-alvéolaire profonde.

    • Paroi sèche aéroportée.

    • Inhalation massive nécessaire (1 inhalation/40 = 7 conidies).

    • Cils et expulsion évitent pénétration (fumeur à risque).

  • Adhérence et colonisation :

    • Adhérence indispensable (étape clé pour pathogénicité).

    • Reconnaissance : Interactions non spécifiques (hydrophobicité) et spécifiques (mannoprotéines récepteurs hôte).

    • Colonisation : Formation de filaments (entrave phagocytose, adaptation parasitisme via pénétration intercellulaire).

  • Sécrétion de protéases (ex: exoprotéase 33 kDa) : Dégradent cellules cibles, fragilisation et envahissement.

  • Production de toxines : Perturbent synthèse cytokines, immunosuppresseurs.

  • Survie et multiplication : Se développe à haute température, peut modifier mannoprotéines (leurre système immunitaire).

III. Infections fongiques

  • Épidémiologie :

    • Conidies aéroportées organecible le poumon.

    • Métiers/hobbies à risque (cultivateurs, meuniers, compost).

    • Contamination directe (traumatisme, acte chirurgical).

    • Conditions indispensables : charge importante de spores, voies aériennes lésées,immunodépression, contexte allergique.

    • Gravité liée au terrain (sujet immunodéprimé, neutropénique).

    • Taux de mortalité élevé dans services d'hématologie.

  • Aspects cliniques et diagnostiques :

    • Aspergilloses immunoallergiques :

      • Asthme aspergillaire (IgE spécifiques, pas d'infection pulmonaire).

      • Alvéolite allergique extrinsèque (hypersensibilité semi-retardée, Ac précipitants).

      • Aspergillose broncho-pulmonaire allergique (ABPA) : hypersensibilité immédiate (IgE) et semi-retardée (Ac). Colonisation mycélienne (A. fumigatus). Dyspnée asthmatiforme, toux expectorante. Évolution vers chronicité avec destruction bronchique.

    • Aspergillomes (intra-cavitaires) :

      • Masse mycélienne ("truffe") uniquedans cavité préformée (communique avec arbre aérien).

      • Symptômes : hémoptysie (60%, facteur gravité++), altération état général, toux chronique, perte de poids.

      • Évolution : 10% décès, 25% stabilisation, 60% dégradation (chirurgie).

      • Diagnostic : imagerie (opacité arrondie avec croissant clair gazeux), sérologie (Ac anti-aspergillus), examen mycologique expectorations.

    • Aspergilloses sinusiennes :

      • Unilatérale, souvent étiologie dentaire ou sinusite bactérienne. Non invasife (sinusien) ou invasive (proximité cerveau chez immunodéprimés).

      • Symptômes : sinusite chronique, céphalées, rhinorrhée.

    • Aspergillose pulmonaire semi-invasive (nécrosante chronique) :

      • Terrain : défaillance partielle et chronique (plus de 40 ans, éthylisme, diabète, cancer).

      • Symptômes : fièvre, amaigrissement, toux, douleur thoracique, hémoptysie.

    • Aspergillose pulmonaire invasive (API) :

      • Forme pulmonaire aiguë, rapide.Immunodéprimés sévères (neutropénie, leucémie, transplantés).

      • Symptômes : envahissement pulmonaire et vaisseaux (pneumopathie, fièvre, toux, hémoptysie).

      • Évolution fréquemment mortelle. Diagnostic précoce fondamental.

      • Diagnostic : fièvre persistante sans antibio/atv, radiographie (micro-foyers, signe de halo), anatomopathologie (filaments, pas de têtes).

    • Aspergilloses profondes :

      • Non disséminées : touche un seul organe suite à acte chirurgical (ex: ostéomyélite, endocardite). Hémocultures souvent négatives. Souvent diagnostiqué post-mortem.

      • Disséminées : au moins deux organes distants atteints (25% des aspergilloses). Immunodéprimés (neutropéniques). Contamination aérienne poumon dissémination hématogène (cerveau, foie, reins, cœur). Ou cutanée (brûlés).

      • Mortalité des aspergilloses invasives : ~40% actuellement (diagnostic précoce).

    • Otomycose :

      • Atteinte bénigne du conduit auditif (lésions préexistantes). Bouchon de cérumen mycélien (A. niger).

      • Symptômes : prurit chronique, baisse ou perte d'audition, douleur.

      • Examen otoscopique : têtes aspergillaires visibles (conduit aéré).

    • Onyxis aspergillaire :

      • Atteinte sous-unguéale distale (95%).

      • Diagnostic : examen direct, culture (pure, répétée).

      • Ne peut être confondue avec une levure (présence de filaments à l'examen direct).

IV. Comment identifier les mycètes filamenteux d'intérêt médical

A. Démarche d'identification

  • Pourquoi identifier ? Ubiquitaire, rôle en dermatologie, opportunistes potentiels.

  • Quand identifier ?

    • Immunodéprimé : systématique, même 1 colonie, signalé en urgence.

    • Non-immunodéprimé (broncho-pulmonaire, ORL, oculaire) : signaler abondance.

    • Brûlés : surveillance flore microbienne cutanée.

    • Dermato-mycologie (squames, cheveux, ongles) : distinguer pathogène de contaminant.

  • Schéma d'orientation :

    • 1ère étape : filament septé ou non (zygomycètes = mortelle en 7j).

    • 2ème étape : aspect translucide (hyalins) ou pigmenté.

B. Identification des mycètes à filaments hyalins

  • Critères d'identification :

    • Colonies : Croissance rapide (2-4 jours), aérienne, bordure délimitée, granulation/pigmentation liée auxconidies.

    • Mycélium : Hyphe cloisonnée.

    • Multiplication : Asexuée (conidies sur conidiophores).

    • Pouvoir pathogène : Très nombreux opportunistes.

  • Caractéristiques microscopiques :

    • Aspergillus : Conidiophore avec vésicule renflée, conidies en chaînette (phialides recouvrent +- vésicule).

    • Penicillium : Conidiophore ramifié (non renflé), conidies en chaînette (phialides sur métules) structure "pinceaux". Conidies vertes.

    • Acremonium : Conidiophore unique, conidies en amas muqueux (humides).

    • Scedosporium : Conidiophore unique, une seule conidie.

  • Diagnostic sérologique :

    • Immunodéprimés : recherche d'anticorps inefficace recherche d'antigènes.

    • Ac (chronicité) : aspergillomes, ABPA. Non pour API (Ig trop tardives).

    • Techniques Ac précipitants (diffusion gélose, immunoélectrophorèse) : recherche 2 arcs pour A. fumigatus (Chymotrypsine rose,Catalase).

    • IFI, HAI, ELISA.

    • Recherche Ag solubles : galactomannanes (polysaccharide de la paroi). Pour API chez immunodéprimés. Suivi du titre pour l'efficacité traitement.

C. Traitements des aspergilloses

  • Aspergillose allergique : Éviction allergène, corticoïdes (Prednisolone) si exacerbation, Itraconazole en cas d'évolution défavorable (6 mois).

  • Aspergillose pulmonaire semi-invasive :

    • Amphotéricine B (max 15j, néphrotoxique) puis Itraconazole (3-6 mois).

    • Ou Itraconazole seul (3-6 mois).

  • Aspergillose invasive (extrêmement grave) :

    • Amphotéricine B (IV, formulation liposomale) jusqu'à amélioration radiologique (max 10j car toxique).

    • Ou Voriconazole (IV) en 1ère intention (moins toxique, plus utilisé).

    • Relais par Itraconazole (long terme).

    • Atteintes cérébrales : Amphotéricine B + 5-fluorocytosine (car Amphotéricine B ne passe pas BHE). Ou Voriconazole/Itraconazole fortes doses.

  • Aspergillome ou sinusien : Exérèse chirurgicale + Voriconazole/Itraconazole (6 mois).

  • Onychomycose : Traitement local (vernis amorolfine, ciclopirox), long (3-6 mois minimum).

  • Prophylaxie :

    • Mesures d'hygiène strictes (chambres à flux,masques, repas stériles, contrôle aération/surfaces).

    • Immunodéprimés : chimioprophylaxie (Posaconazole, Voriconazole).

PAECILOMYCOSES

I. Agent pathogène : Paecylomyces Bainier

A. Généralités

  • Champignon filamenteux (Ascomycotina).

  • Ressemble aux Penicillium, différenciation par phialide et col.

  • Parasite d'insectes. Certaines espèces causent des infections chez l'homme.

  • Espèces pathogènes : P. variotti, P. lilacinus, P. javanicus.

  • Thermophiles.

B. Les téléomorphes de Paeclomyces

  • 5 espèces distinctes : P. spectabilis (forme sexuée de P. variotii), P. brunneolus, P. formosus, P. divaricatus, P. dactylethromorphus

C. Morphologie

  • Phialides à col allongé, produisant conidies oblongues/fusiformes, en longues chaînettes divergentes.

  • Pinceaux de couleur vive (blanc, noir, rose pour P. lilacinus).

  • Chlamydospores parfois présentes.

D. Atteintes fongiques

  • Prophylaxie : Port de lunettes, limiter contact eau en voyage.

  • Contamination : Blessures traumatiques par plantes contaminées.

  • Clinique:

    • Oculaire (kératite, endophtalmies) suite à mauvais nettoyage lentilles.

    • Cutanées, sinusite, pneumopathie disséminée (immunodéprimés, rare).

    • Endocardite, abcès cérébraux, péritonites.

  • Sensibilité aux traitements :

    • P. variotii : sensible à Amphotéricine B.

    • P. lilacinus : résistant à Amphotéricine B.

E. Traitements

  • Identification précise de l'espèce essentielle pour adapter le traitement.

  • Amphotéricine B :

    • Efficace contre P. variotii.

    • Inactif contre P. lilacinus.

  • Échinocandines (micafungine, anidulafungine) : actifsur P. variotii.

  • Pour P. lilacinus : Voriconazole ou Ravuconazole.

PENICILLIOSES

I. Agent pathogène : Penicillium

A. Généralités

  • Ascomycotina, Hyphomycète.

  • 250 espèces. Habitat : sol des régions tempérées, contaminants atmosphériques/alimentaires.

  • Non thermophile.

  • Penicillium marneffei : le plus préoccupant, endémique en Asie du Sud-Est.

B. Caractéristiques morphologiques

  • Phialides courtes, sans col, organisées en pinceaux.

  • Produisent conidies sphériques/ellipsoïdes, vertes/bleues/grises, en chaînettes courtes et serrées.

C. Aspects macro et micro des différents Penicillium

  • P. chrysogenum :

    • Macro : Filaments aériens poudreux, jaunâtreau revers.

    • Micro : Conidiophore 200-300 m, terticillés asymétriques. Croissance rapide à 37°C.

  • P. roqueforti :

    • Macro : Filaments ras gris turquoise/vert terne, revers brun à vert foncé.

    • Micro : Conidiophore 100-200 m, terticillée, conidies sphériques.

  • P. purpurogenum :

    • Macro : Filaments courts poudreux, pigment rouge diffusible au revers.

    • Micro : Stipe 70-300 m, pinceaux de 6-8 métules. Conidies finement échinulées. Croissance à 37°C.

  • P. marneffei :

    • Dimorphique touchant le système réticulo-endothélial.

    • Dans l'organisme (37°C) : levure allongée "en cigare" cloisonnée.

    • Dans l'environnement (25°C) : forme en pinceau avec spores (travail sous hotte).

    • Macro : Conidiogenèse tardive vert terne, pigment rouge/corail diffusible au revers.

    • Micro : Conidiophores 70-100 m, 3-5 métules divergentes. Conidies ellipsoïdales, lisses, en chaînes.

C. Infections fongiques

  • P. marneffei est le plus préoccupant.

  • Formes sévères chez immunodéprimés (SIDA, néoplasie, neutropénie).

D. Épidémiologie

  • Endémique en Asie du Sud-Est (sud Chine, Thaïlande, Vietnam, Indonésie).

  • Fatal chez immunodéprimés (100% de mortalitésans traitement rapide).

E. Aspects cliniques

  • Mode de contamination : Aérienne, transcutanée, digestive (non exclues).

  • Symptômes :

    • Pulmonaires (fièvre, toux persistante, perte de poids+++, diarrhée).

    • Adénopathies, hépatosplénomégalie.

    • Lésions cutanées (70%) : papules, nodules centro-nécrotiques (face, palais, tronc, extrémités).

    • Lésions ostéo-articulaires (18%).

    • Signes viscéraux (similaires à histoplasmose généralisée chez sidéens).

  • Évolution : Presque toujours mortelle chez ID et immunocompétents (mortalité >90%).

F. Traitements

  • Rapidité du diagnostic et traitement fondamental.

  • Amphotéricine B (0,6 mg/kg/j, 2 semaines) puis relais Itraconazole (400 mg/j, 10 semaines).

  • Alternative : Voriconazole (12 semaines).

  • Traitement d'entretien : Kétoconazole ou Itraconazole (2-6 mois).

  • Immunodéprimés : Prophylaxie secondaire (Itraconazole) jusqu'à CD4 >100 cell/mm.

DERMATOPHYTOSES

I. Agents pathogènes

A. Généralités

  • Champignon responsable d'atteintes très superficielles (peau, phanères, ongles).

  • Ascomycète (Onygénales).

  • Genres :

    • Arthroderma Trichophyton (asexuée).

    • Nannizzia Microsporum (asexuée).

    • Epidermophyton (asexuée, pas de forme sexuée connue, rare).

  • Caractéristiques physiologiques : Grande affinité pour la kératine (kératinophile).

  • Mode de vie :

    • Saprophytes du sol (T. ajelloi).

    • Parasitesobligatoires de l'homme (T. rubrum).

    • Zoophiles (M. canis).

    • Telluriques (M. gypseum).

  • Provoquent :

    • Épidermophyties (peau).

    • Teignes (cuir chevelu, chute cheveux).

    • Onychomycoses/Onyxis (ongles).

    • Dermatophytides/Trichophytides (allergie).

  • Pas d'envahissement des tissus profonds (sauf sujets prédisposés).

B. Habitat

  • Espèces anthropophiles (humaines strictes) : M. audoninii, T. rubrum (le plus fréquent), T. mentagrophytes var. interdigitale, E. floccosum.

  • Espèces zoophiles : M. canis (chat), T. mentagrophytes (chevaux, rongeurs), T. verrucosum (bovidés).

  • Espèces telluriques : M. gypseum (le plus fréquent), T. mentagrophytes.

C. Épidémiologie

  • Contagiosité +++.

  • Modes de contamination :

    • Humaine : contact interhumain étroit ou indirect (linges, solsnon nettoyés, piscines).

      • T. rubrum (65% des lésions), T. mentagrophytes var. interdigitale.

      • Lésions discrètes, bien tolérées (adapté à l'homme).

      • Infection débute entre les orteils ongle ("pied d'athlète").

    • Animale : contact avec animaux contaminés ou poils.

      • Lésions bruyantes, inflammatoires chez l'homme (champignon inadapté).

      • Teignes tondantes, folliculites, sycosis (barbe).

      • M. canis (chat), T. mentagrophytes (chevaux, rongeurs), T. verrucosum (bovidés).

    • Sol : sols enrichis en kératine (plumes, poils, ongles).

      • Lésions très inflammatoires chez homme et animal.

      • M. gypseum, M. fulvum.

  • Répartition géographique : cosmopolite, mais certaines espèces limitées à des régions (ex: M. ferrugineum - Asie/Afrique).

  • Facteurs favorisants :

    • Chaleur, humidité, macération (plis, espaces inter-orteils, chaussures).

    • Mode de vie, sport, profession.

    • Microtraumatismes (onyxis sportifs, pachydermie).

    • Hormonaux (guérison teignes à la puberté).

    • Immunologiques (corticothérapie, chimio, SIDA) attention résistance corticothérapie.

D. Aspects macroscopiques et microscopiques

  • Croissance lente (10-15 jours généralement, versus 2-4j pour Aspergillus).

  • Epidermophyton floccosum :

    • Macro : Filaments courts, colonies plates, poudreuses, jaune kaki/vert olive.

    • Micro : Nombreuses macroconidies en forme de raquette, paroi mince et lisse, 2-4 logettes en bouquets.

  • Microsporum canis :

    • Macro : Colonies "étoiles d'amiante" puis duvet blanc. Pigment jaune-orangé au revers ("œuf au plat").

    • Micro : Macroconidies en forme de fuseau, paroi épaisse/rugueuse, 6 à 12 logettes. Microconidies piriformes.

  • Microsporum gypseum :

    • Macro : Filaments aériens ras, poudreux, blanchâtres, colonies "éclaboussures de plâtre".

    • Micro : Macroconidies losangiques ("cocon"), paroi peu épaisse/rugueuse, 4 à 6 logettes. Microconidies piriformes.

  • Trichophyton mentagrophytes var. mentagrophytes :

    • Macro : Filaments aériens blanchâtres ras, colonie finement duveteuse.

    • Micro : Nombreuses microconidies rondes en grappe ou acladium (quinconce). Macroconidiesen massue (paroi lisse/mince, 3-6 logettes). Vrilles souvent présentes.

  • Trichophyton rubrum :

    • Macro : Filaments aériens courts, blancs, poudreux. Pigment rouge vineux au verso.

    • Micro : Microconidies piriformes, trapues, en grappe ou acladium. Macroconidies à paroi mince/lisse (5-10 cloisons).

II. Aspects cliniques des infections fongiques

A. Physiopathologie

  • Pénétration épiderme :

    • Multiplication à partir spores ou fragments. Croissance centrifuge.

    • Lésion arrondie (épidermophytiecircinée), érythémato-squameuse, mycète actif sur le pourtour.

  • Atteinte poils/cheveux :

    • Propagation descendante vers bulbe (sans le détruire), casse le cheveu.

    • Repousse possible sauf pour Trichophyton schoenleinii.

  • Au niveau des ongles :

    • Infection par le bord libre de l'ongle (partie distale) car affinité kératine.

    • Progression vers la matrice (sans la détruire). Prolifération partie ventrale de l'ongle.

    • Ongles des pieds +++ (intertrigo négligé). Ongles des mains (suite à pied d'athlètepar grattage).

B. Les teignes

  • Terme réservé à l'atteinte des cheveux ou poils.

  • Teignes tondantes sèches :

    • Plaques d'alopécie par cassure des cheveux (bulbe non atteint repousse possible).

    • Microsporiques (Microsporum) :

      • Plaques de grande taille, peu nombreuses, aspect "sale" (squames).

      • Cheveux cassés courts.

      • Lumière de Wood : fluorescence verte intense (poil endo-ectothrix microsporique).

      • Ex: M. canis, M. langeronii.

    • Trichophytiques (Trichophyton) :

      • Plaques très nombreuses, petites (<5mm), blanchâtres, cheveux cassés très courts (ras du cuir chevelu).

      • Lumière de Wood : négative (poil endothrix).

      • Ex: T. violaceum, T. soudanense.

  • Teignes suppurées ou inflammatoires (kérion) :

    • Plaque érythémato-squameuse circulaire avec tuméfaction, suppuration, perte de cheveux.

    • Repousse du cheveu (sans cicatrice si pas surinfection bactérienne).

    • Très inflammatoire. Concerne aussi les sycosis (barbe).

  • Teignes faviques (favus) :

    • Dermatophyte unique : Trichophyton schoenleinii.

    • Alopécie définitive.

    • Accumulation mycélium forme croûte jaunâtre, friable (godet favique).

    • Pas de guérison spontanée à la puberté.

    • Lumière de Wood : fluorescence verte foncée sur toute la longueur ducheveu.

CORRECTION D'ANNALES (exemples)

ÉNONCÉ II : Madame L.B. (Lupus, traitement immunosuppresseur)

  • Atteinte : Lésion circulaire, érythémateuse, enflammée, bord surélevé, centre en desquamation = épidermophytie circinée.

    • Processus : Le mycète réagit à la peau, croissance centrifuge, prolifération en périphérie (zone active).

  • Prélèvement :

    • Au niveau périphérique (champignon vivant).

    • Récupérer squames par grattage (objet stérile).

    • Examen direct : agentéclaircissant (potasse ou chloral-lactophénol) pour ramollir kératine filaments hyalins cloisonnés.

    • Culture : Arrêt traitement si possible. Milieu Sabouraud + antibiotiques +/- cycloheximide (développement dermatophytes). 25°C, 10-15 jours (négatif après 6 semaines).

    • Identification : Milieux spécifiques (Baxter, Takashio, Lactrimel) pour favoriser sporulation (macro/microconidies). Test uréase (+).

    • Interrogatoire : environnement familial, animaux, activités.

  • Hypothèses mycologiques : Dermatophyte d'origine zoophile (ex: M. canis, T. mentagrophytes) ou tellurique (ex: M. gypseum) car réaction inflammatoire marquée (mal adapté à l'homme).

  • Traitement : Local (seule, superficielle) : antifongique topique (kétoconazole, dintermine).

  • Conseils : Nettoyage maison, traiter animalsi en cause.

ÉNONCÉ IX : Travaux hôpital, contrôle aspergillaire (A. fumigatus, A. nidulans, A. niger)

  • Milieu de culture :

    • Sabouraud sans cycloheximide + gentamicine.

    • 25°C (température pièce), 2-4 jours.

    • Colonies filamenteuses, aériennes courtes, poudreuses / veloutées, vertes.

  • Différencesmorphologiques (tableau) :

    Aspergillus

    Penicillium

    Levure

    Macroscopique

    Filaments aériens courts,aspect velours.

    Similaire Aspergillus, couleur vert glauque/foncé, aspect poudreux/duveteux.

    Colonies glabres, bords réguliers, blanches.

    Microscopique

    Tête aspergillaire (vésicule supportant phialides).

    Structure en pinceaux (phialides sur métules), conidies vertes.

    Bourgeon, blastospore (blanc) ou basidiospore (ocre).

Lancer un quiz

Teste tes connaissances avec des questions interactives