Pancréatite Aiguë : Définition, Diagnostic et Traitement

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Question
Quelles sont les deux principales causes de pancréatite aiguë?
Réponse
Les deux causes principales de pancréatite aiguë sont la lithiase biliaire et l'alcoolisme.
Question
Quelle est la définition de la pancréatite aiguë?
Réponse
Inflammation aiguë du pancréas causée par l'activation précoce de ses propres enzymes, entraînant une autodigestion.
Question
Quel est le signe clinique le plus évocateur de pancréatite aiguë?
Réponse
La douleur épigastrique aiguë, transfixiante, irradiant vers le dos, souvent calmée par la position en chien de fusil.
Question
Comment la douleur de pancréatite aiguë est-elle soulagée?
Réponse
La douleur de la pancréatite aiguë est soulagée par des antalgiques tels que le paracétamol, le tramadol ou la morphine. Le traitement inclut également le repos digestif, la correction des troubles hydro-électrolytiques et, si nécessaire, des interventions instrumentales ou chirurgicales.
Question
Que signifie l'association douleur pancréatique + signes de choc?
Réponse
L'association douleur pancréatique et signes de choc indique un drame pancréatique de Dieulafoy, signe de gravité extrême.
Question
Quels sont les signes de Mallet Guy et Mayo Robson?
Réponse
Le signe de Mallet Guy est une douleur provoquée à la palpation de l'angle costo-vertébral gauche. Le signe de Mayo Robson est une douleur provoquée à la palpation épigastrique ou sous-costale gauche.
Question
Quels sont les signes de choc hémodynamique à rechercher?
Réponse
Les signes de choc hémodynamique à rechercher sont : hypotension, pouls rapide et parfois imprenable, marbrures, cyanose, oligurie, polypnée, et refroidissement des extrémités.
Question
Quelles sont les valeurs biologiques clés pour le diagnostic de PA?
Réponse
Les valeurs biologiques clés pour le diagnostic de pancréatite aiguë sont une amylasémie supérieure à 3 fois la normale et une lipasémie supérieure à 3 fois la normale dans les 48 heures.
Question
Quel est l'examen d'imagerie de référence pour la PA?
Réponse
L'examen d'imagerie de référence pour la pancréatite aiguë est la TDM abdominale avec injection de produit de contraste iodé.
Question
Quel diagnostic différentiel cardiaque est important pour la PA?
Réponse
Les diagnostics différentiels cardiaques importants pour la PA incluent l'infarctus du myocarde, caractérisé par une douleur angineuse, des anomalies à l'ECG et des troponines élevées.
Question
Qu'est-ce que la classification de Balthazar évalue?
Réponse
La classification de Balthazar évalue la sévérité de la pancréatite aiguë sur la base des signes scanographiques, notamment la morphologie du pancréas et l'étendue de la nécrose.
Question
Quels sont les critères du score SIRS?
Réponse
Les critères du score SIRS sont : température < 36°C ou > 38°C, fréquence cardiaque > 90/min, fréquence respiratoire > 20/min ou PaCO2 < 32 mmHg, et leucocytes > 12000/mm³ ou < 4000/mm³. Il faut au moins 2 de ces critères.
Question
Quelle est la différence pronostique entre PA œdémateuse et nécrotico-hémorragique?
Réponse
La pancréatite aiguë œdémateuse est généralement bénigne, tandis que la pancréatite aiguë nécrotico-hémorragique a un mauvais pronostic.
Question
Citez trois complications systémiques de la PA.
Réponse
Les complications systémiques de la PA incluent le syndrome de détresse respiratoire aiguë (DRA), l'insuffisance rénale aiguë (IRA) et les troubles de l'hémostase (CIVD).
Question
Quel est le traitement médical initial de la PA?
Réponse
Le traitement médical initial de la pancréatite aiguë repose sur la mise à jeun complète, la correction des troubles hydro-électrolytiques et nutritionnels, et la gestion de la douleur.
Question
Quels sont les critères de Blamey pour la pancréatite biliaire?
Réponse
Les critères de Blamey pour la pancréatite biliaire sont : femme, âge > 50 ans, ALAT > 3N et > ASAT, PAL > 2,5N, Amylase > 13N.
Question
Quand la cholécystectomie est-elle indiquée dans la PA?
Réponse
La cholécystectomie est indiquée en cas de pancréatite aiguë d'origine biliaire, surtout si des calculs sont présents dans la vésicule biliaire ou les voies biliaires.
Question
Quels sont les signes de Cullen et Grey-Turner?
Réponse
Le signe de Cullen correspond à des ecchymoses péri-ombilicales, tandis que le signe de Grey-Turner se manifeste par des ecchymoses des flancs. Ces signes sont évocateurs mais rares d'une pancréatite aiguë et sont extrêmement péjoratifs.
Question
Citez trois complications locales tardives de la PA.
Réponse
Les complications locales tardives de la PA sont : les faux kystes, la surinfection (abcès pancréatiques), le phlegmon péri-pancréatique, la fistule pancréatique et l'insuffisance pancréatique exocrine/endocrine.
Question
Citez trois causes non biliaires/alcooliques de PA.
Réponse
Les trois causes non biliaires/alcooliques de pancréatite aiguë sont : les pancréatites d'origine génétique/héréditaire, les pancréatites métaboliques (hyperlipidémie, hypercalcémie) et les pancréatites infectieuses (parasitaire, bactérienne, virale).

I. Introduction à la Pancréatite Aiguë

La pancréatite aiguë (PA) est une inflammation soudaine de la glande pancréatique, résultant d'une autodigestion par activation précoce de ses propres enzymes.

1. Intérêt de la Pancréatite Aiguë

  • Épidémiologique : Urgence médico-chirurgicale rare au Sénégal.
  • Diagnostique :
    • Discordance clinique (symptômes fonctionnels intenses, signes physiques pauvres).
    • Augmentation significative de la lipase et intérêt du TDM.
    • Étiologies principales : lithiase biliaire et alcoolisme.
  • Pronostique : Deux formes distinctes :
    • PA œdémateuse : Souvent bénigne.
    • PA nécrotico-hémorragique : De mauvais pronostic.
  • Thérapeutique :
    • Traitement médical prédominant.
    • Interventions chirurgicales et instrumentales (notamment la sphinctérotomie endoscopique).

II. Diagnostic de la Pancréatite Aiguë

1. Diagnostic Positif

1.1. Circonstances de Découverte (CDD)

  • Douleurs : Souvent après un repas copieux chez une femme obèse de la cinquantaine.
  • Complications : Locales ou systémiques.
  • Découverte fortuite radiologique (rare).

1.2. Examen Clinique

1.2.1. Interrogatoire
  • État civil : Âge > 50 ans, sexe féminin.
  • Antécédents / Terrain / Mode de vie : Surcharge pondérale, antécédents de douleur biliaire, éthylisme, infection virale récente, traumatisme abdominal violent.
  • Signes fonctionnels :
    • Douleur épigastrique :
      • Début brutal après repas copieux ou alcool.
      • Très intense, siège épigastrique ou en barre, irradiation dorsale transfixiante.
      • Évolution permanente, aggravation progressive, rebelle aux antalgiques habituels.
      • Calmée par la position « chien de fusil ».
    • Nausées/vomissements (alimentaires puis bilieux).
    • Iléus réflexe.
1.2.2. Examen Physique
  • Examen général : Recherche de signes de gravité.
    • Signes de choc hémodynamique : Hypotension, pouls rapide/imprenable, marbrures, cyanose, oligurie, polypnée, refroidissement des extrémités.
    • Teint terreux, patient agité, confus, couvert de sueurs.
    • Douleur pancréatique + signes de choc = drame pancréatique de Dieulafoy.
  • Examen digestif : Souvent pauvre.
    • Inspection abdominale :
      • Léger météorisme abdominal avec respiration abdominale conservée.
      • Ecchymoses péri-ombilicales (signe de Cullen) ou des flancs (signe de Grey-Turner) : Évocatrices mais rares, extrêmement péjoratives.
    • Palpation abdominale :
      • Sensibilité épigastrique voire défense, sans contracture.
      • Douleur provoquée épigastrique ou sous-costale gauche (signe de Mallet Guy) ou de l’angle costo-vertébral gauche (signe de Mayo Robson).
      • Orifices herniaires libres.
    • Touchers pelviens : Indolores.
  • Examen complet : La discordance entre la gravité des signes fonctionnels et généraux et la pauvreté de l’examen physique est évocatrice du diagnostic.

2. Examens Complémentaires

2.1. Biologie

  • Amylasémie : > 3N.
  • Lipasémie : Très spécifique, > 3N dans les 48 heures.

2.2. Imagerie

  • TDM abdominale : Examen de référence, avec injection de produit de contraste iodé (sauf contre-indication).
    • Pancréas hypertrophié, hétérogène (aspect tigré : alternance de zones hypodenses et hyperdenses).
    • Recherche : Extension extra-pancréatique, collection liquidienne, calcifications, coulées nécrotiques pancréatiques et à distance.
  • Échographie abdominale :
    • Pancréas hypertrophié, hétérogène, à contours flous.
    • Recherche : Dilatation de la VBP et calcul des voies biliaires, épanchement péritonéal.

3. Diagnostic de Gravité

3.1. Éléments de Gravité

  • Bilan de retentissement : NFS, ionogramme sanguin, VS, CRP, GDS, crase sanguine, bilan hépatique et rénal, calcémie, glycémie, LDH, hémocultures, albuminémie.
    • Réalisé en urgence à l’arrivée du patient et répété à 48h.
    • Certains permettent de définir les critères de Ranson.
  • Scores clinico-biologiques :
    • Score du SIRS (Syndrome de Réponse Inflammatoire Systémique) : Association de 2 critères ou plus :
      • Température < 36°C ou > 38°C.
      • Fréquence cardiaque > 90 bpm.
      • Fréquence respiratoire > 20/min ou PaCO2 < 32 mmHg.
      • Leucocytes > 12000/mm³ ou < 4000/mm³.
    • Score de Ranson.
    • Score d’Imrie.
    • CRP > 150 mg/L dans les 48h.
  • Classification de Balthazar : Basée sur les signes scanographiques (morphologie du pancréas et étendue de la nécrose).
    Grade A 0 point Pancréas normal
    Grade B 1 point Élargissement pancréatique
    Grade C 2 points Infiltration de la graisse péri-pancréatique
    Grade D 3 points 1 seule coulée de nécrose péri-pancréatique
    Grade E 4 points ≥ 2 coulées de nécrose ou bulles d’air dans la nécrose

3.2. Complications

3.2.1. Complications Systémiques (Précoces)
  • SRIS → Sepsis → Sepsis sévère → Choc septique.
  • Défaillance multiviscérale :
    • Cardio-vasculaire : État de choc hypovolémique.
    • Pleuro-pulmonaire : Détresse respiratoire aiguë (DRA) par œdème pulmonaire lésionnel.
    • Rénales : Insuffisance rénale fonctionnelle puis organique par nécrose tubulaire aiguë.
    • Hématologique : Troubles de l’hémostase (CIVD).
    • Hépatique : Insuffisance hépatocellulaire.
    • Métabolique : Hyperglycémie, hypocalcémie, stéatose.
    • Neuropsychiatrique : Délire, troubles confusionnels.
3.2.2. Complications Locorégionales
  • Hémorragique : Hémorragie digestive / hémopéritoine.
  • Péritonite : Par perforation gastrique, colique, grêlique.
  • Thromboses.
3.2.3. Complications Locales (Secondaires/Tardives)
  • Faux kystes du pancréas (pseudo-kystes).
  • Surinfection → Abcès pancréatiques.
  • Phlegmon péri-pancréatique.
  • Fistule pancréatique (digestive ou cutanée).
  • Insuffisance pancréatique exocrine/endocrine (diabète).

4. Diagnostic Différentiel

4.1. Affections Médicales

  • Infarctus du myocarde : Douleur angineuse, troponine, ECG.
  • Colique hépatique : Douleur épigastrique ou hypochondre droit, intense, irradiant en bretelle.
  • Colique néphrétique : Douleur lombaire unilatérale atroce, frénétique.
  • Affections pleuropulmonaires : Douleur basithoracique, radiographie thoracique.

4.2. Affections Chirurgicales

  • Perforation d’ulcère : Tableau de péritonite aiguë + pneumopéritoine à l’ASP.
  • PAG (Péritonite Aiguë Généralisée) : Syndrome d’irritation péritonéale.
  • OIA (Occlusion Intestinale Aiguë) : Douleur + météorisme + arrêt des matières et des gaz, ASP (Niveaux Hydro-Aériques).
  • Appendicite aiguë : Triade de Dieulafoy, échographie.
  • Cholécystite aiguë : Colique hépatique + signe de Murphy, échographie.
  • Infarctus mésentérique : Artériographie.

5. Diagnostic Étiologique

5.1. Enquête Étiologique

  • Interrogatoire : État civil (sexe, âge), éthylisme, prise médicamenteuse ou produit toxique, antécédents, terrain (obésité).
  • Examen physique : Signes d’insuffisance hépato-cellulaire (IHC), d’hypertension portale (HTP), recherche d’un ictère, examen complet.
  • Paraclinique :
    • Bilan hépatique complet : ASAT, ALAT, GGT, PAL, bilirubine totale et conjuguée.
    • Calcémie, triglycérides.
    • Imagerie : Échographie abdominale, TDM, écho-endoscopie, CPRE.

5.2. Étiologies

  • Pancréatite biliaire :
    • Critères de Blamey orientant : Sexe féminin, âge > 50 ans, ALAT > 3N et > ASAT, PAL > 2,5 N, Amylase > 13 N.
    • L’échographie pose le diagnostic en montrant le calcul au niveau de la VBP.
  • Pancréatite alcoolique.
  • Autres causes :
    • Pancréatite d’origine génétique ou héréditaire.
    • Pancréatites métaboliques : Hyperlipidémie, hypercalcémie.
    • Pancréatites aiguës infectieuses : Parasitaire, bactérienne, virale.
    • Toxiques.
    • Tumeurs obstructives (tumorales) : Ampullome vatérien, cancer de la tête du pancréas.
    • PA inflammatoires : MICI, connectivites.
    • PA anatomiques : Pancréas divisum, pancréas annulaire, malformations.
    • Iatrogènes : Post-opératoires (surtout chirurgie biliaire ou gastrique), post-CPRE, médicamenteuses.
    • Post-traumatiques (Accidents de la Voie Publique - AVP).
    • Pancréatite idiopathique.

III. Traitement de la Pancréatite Aiguë

1. Buts du Traitement

  • Soulager le patient (notamment la douleur).
  • Éviter/traiter les complications et les récidives.
  • Traiter l’étiologie sous-jacente.

2. Moyens Thérapeutiques

2.1. Moyens Médicaux

  • Mesures Hygiéno-Diététiques (MHD) : Diète complète (mise au repos du tube digestif), alimentation parentérale, arrêt de l'alcool.
  • Réanimation et Mesures Associées (RAM) :
    • Hospitalisation.
    • Voies veineuses de gros calibre : Remplissage et correction des troubles hydro-électrolytiques (macromolécules, sang et dérivés, cristalloïdes, Vitamine B6).
    • Sonde naso-gastrique (SNG), sonde urinaire (SU), oxygénothérapie.
  • Médicaments :
    • Antalgiques : Paracétamol (60mg/kg/j), tramadol/morphine.
    • Antibiotiques : Actifs sur les bacilles à Gram négatif (BGN) et anaérobies (ciprofloxacine 200mg x 2/j ; amoxicilline-acide clavulanique : 1g x 3/j).
    • Autres : Antisécrétoires, antispasmodiques, vitamine B1 (si éthylisme), anticoagulants, insuline.

2.2. Moyens Instrumentaux

  • Sphinctérotomie endoscopique.
  • Drainage percutané radiologique biliaire.
  • Drainage percutané des abcès et collections.
  • Autres : Kystogastrostomie endoscopique, hémostase par embolisation radiologique.

2.3. Moyens Chirurgicaux

  • Voies d’abord : Laparotomie (médiane, transversale), cœlioscopie.
  • Exploration : Diagnostic lésionnel préopératoire.
  • Gestes :
    • Cholécystectomie, cholédocotomie.
    • Nécrosectomie.
    • Dérivation bilio-digestive, kysto-digestives.
    • Drainage + toilette péritonéale.
    • Suture de perforation d’ulcère.
    • Hémostase chirurgicale.

3. Indications Thérapeutiques

  • Réanimation et MHD : Toujours de mise.
  • PA œdémateuse : Traitement médical suffit habituellement, mais surveillance.
  • PANH (Pancréatite Aiguë Nécrosante Hémorragique) : Traitement médical + RAM + nécrosectomie ; si infection : antibiothérapie + drainage.
  • Lithiase biliaire : Cholécystectomie, sphinctérotomie si calcul enclavé.
  • Éthylisme : Arrêt de l'alcool + vitamines B1, B6.
  • Autres causes : Traitement de la cause spécifique.
  • Abcès : Drainage à distance de l’épisode aigu.
  • Faux kyste : Dérivation kysto-digestive.

4. Résultats

  • Évaluation : Constantes, examen complet, TDM.
  • Morbidité : Diabète, maldigestion, pseudokyste.
  • Mortalité : 5 à 10 %.

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