Ostéoporose : Définition, Diagnostic et Traitement
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Définition de l'Ostéoporose
L'ostéoporoseest une maladie diffuse du squelette caractérisée par une diminution dela masse osseuse et une détérioration de la micro-architecture trabéculaire, entraînant une fragilité osseuse et un risque accru de fracture.
Masse osseuse : Quantité de tissu osseux par unité de volume.
Diagnostic (OMS 1994) : Basé sur l'abaissement de la masse osseuse mesurée par ostéodensitométrie (DMO).
Évolution du Capital Osseux
Pic de masse osseuse : Atteint vers 30 ans.
Influencé par :génétique, régime en calcium, activité physique.
Après 40 ans : Ostéopénie physiologique (principalement l'os spongieux).
Perte osseuse :
Femme : Perte régulière (0,4% par an), puis accélération à la ménopause (chute des estrogènes) à 2% par an.
À 80 ans, perte d'environ 40% de la masse osseuse de 20 ans.
Homme : Perte d'environ 30% à 80 ans.
Facteurs de Risque de l'Ostéoporose
Antécédents familiaux
Faible BMI (Indice de Masse Corporelle)
Âge
Âge de la ménopause
Carence vitamino-calcique
Sédentarité
Alcoolo-tabagisme
Épidémiologie
40% des femmes ménopausées.
8% des hommes auront une fracture ostéoporotique.
Seuls 20%des femmes et 10% des hommes ostéoporotiques sont traités.
40% des femmes traitées arrêtent leur traitement avant efficacité.
L'ostéodensitométrie (DXA) permetun diagnostic précis et précoce.
Les traitements actuels réduisent le risque fracturaire de 50%.
Fractures Ostéoporotiques Types
Poignet (Pouteau-Colles) : 50-60 ans.
Vertèbres : 65-80 ans.
Col fémoral : 70-90 ans.
Diagnostic : Ostéodensitométrie (DXA)
Examen clé : précis, reproductible, inoffensif.
La DMO est fortement corrélée au risque fracturaire :
Diminution de 10% de la DMO multiplie par 2 le risque.
Diminution de 20% de la DMO multiplie par 5 le risque.
Sites de mesure : Rachis lombaire et col fémoral.
T-Score (Définition OMS)
Permet de comparer la DMO du patient à celle d'adultes jeunes (20-30 ans) du même sexe (pic de masse osseuse).
T-score > -1 : Normal
T-score entre -1 et -2.5 : Ostéopénie (risque x2 à 3 de fracture).
T-score < -2.5 : Ostéoporose.
Précautions et Limites de la DXA
Au rachis, la DMO peut être surestimée de > 20%(scoliose, arthrose, calcifications aortiques).
Ne pas réaliser après lavement baryté ou scintigraphie osseuse.
Suivi sur le même appareil.
Résultats exprimés en % ou Écart Type(ET) par rapport à un sujet de même sexe et âge (Z-Score) ou de masse osseuse maximale (T-Score).
Indications de la DXA (Remboursée)
Maladie déminéralisante.
Fracture ostéoporotique.
Antécédents familiaux au 1er degré.
BMI < 19.
Ménopause < 40 ans.
Diagnostic Devant une Fracture
Fracture périphérique
Poignet : 1 fracture de Pouteau-Colles sur 2 est ostéoporotique → faire une DXA.
Col fémoral : Prévenir les fractures des autres sites.
Fracture vertébrale
Tout lumbago ou dorsalgie chez une femme > 60 ans doit faire évoquer un tassement vertébral → radiographies du rachis (face et profil).
Définition : Diminution de hauteur de > 25% du mur antérieur ou de la partie moyenne de lavertèbre.
Les corticales sont respectées, la structure osseuse est homogène, pédicules et épineuses intacts.
Critères : Diminution de hauteur de > 20% (mur antérieur, mur moyen, vertèbre par rapport à une autre).
Formes : Plateau concave (un ou deux), en coin, ou en galette.
Critères de bénignité : Respect des corticales, homogénéité de l'os, pédicules et épineuses présents.
Diagnostic Différentiel
Éliminer une affection maligne ou une endocrinopathie déminéralisante.
Devant une fracture vertébrale :
Examen du rachis, écarter compression neurologique.
Examen complet pour éliminer un cancer ostéophile (sein, thyroïde, rein, poumon...).
Rechercher signes cliniques d'endocrinopathie déminéralisante : hyperthyroïdie, hypercorticisme, hypogonadisme (homme).
Bilan Biologique Minimum
Obligatoire pour écarter les diagnostics différentiels (myélome, hyperthyroïdie, ostéomalacie, etc.).
VS, électrophorèse des protides, TSH, 25OHD3.
Calcémie (interpréter avec albuminémie).
Phosphorémie.
Créatininémie (IR modifie le bilan phospho-calcique).
Calciurie et phosphaturie des 24 heures.
Créatininurie des 24heures (validité du recueil urinaire).
Autres Explorations
Scintigraphie, Scanner, IRM seulement en cas de doute clinique (ATCD néoplasiques, altération état général, compression neurologique), biologique (syndrome inflammatoire, hypercalcémie) ou radiologique.
Prise en Charge symptomatique
Antalgiques.
Corset d’immobilisation vertébrale.
Traitement de l'Ostéoporose
Les médicaments diminuent le risque de fracture incidente d'environ 50%.
Indications de Prescription et Remboursement :
T-score < -3 ;ou
T-score < -2.5 + facteur de risque (âge > 60 ans) ; ou
Fracture pauci-traumatique (chute de sa hauteur).
Stratégies de Traitement selon le Patient
Ostéoporose féminine : post-ménopause, 60-75 ans, > 75 ans.
Ostéoporose masculine.
Ostéoporose cortisonique.
Les Médicaments (Catégories)
THS (Thérapie Hormonale Substitutive)
SERM (Modulateurs Sélectifs des Récepteurs aux Œstrogènes)
Bisphosphonates
Tériparatide (Forsteo*)
Ranélate de Strontium (Protelos*)
Détail des Médicaments
THS (anti-résorptif) :
Efficacité sur fractures vertébrales et non vertébrales.
Bénéfique sur vieillissement.
Risque: thrombo-embolique et cancer du sein (variable).
AMM : Traitement des manifestations fonctionnelles de la ménopause.
SERM (anti-résorptif) : Raloxifène (Evista*) :
Prévention des fractures vertébrales.
Prévention du cancer du sein hormonodépendant (-50%).
Pas d'action sur les fractures périphériques ni les manifestations fonctionnelles de la ménopause.
Risque : phlébite.
CI : maladie thrombo-embolique, cancer de l'endomètre.
Bisphosphonates (anti-résorptifs) :
Actonel* (Risédronate) et Fosamax* (Alendronate) : 1 fois par semaine.
Action sur les fractures vertébrales et périphériques.
Pas d'action extra-osseuse.
CI : RGO symptomatique, ulcère, insuffisance rénale sévère.
Ibandronate (Bonviva*) : 1 fois par mois (per os) ou 1 fois tous les 3 mois (IV).
Pas d'action sur les fractures périphériques.
Zolédronate (Aclasta*) : 1 perfusion par an.
Action sur toutes les fractures.
Observance et absorption 100%.
Tériparatide (Forstéo*) :
Effet anabolique.
Potentiellement supérieur aux BP/SERM sur DMO et prévention fracturaire (vertébrale et périphérique).
Injection sous-cutanée, 1/jour pendant 18 mois.
Plus cher.
Indiqué pour au moins 2 tassements vertébraux.
CI : Paget, néoplasie, Hypercalcémie.
Ranélate de Strontium (Protélos*) :
Per os, 1/jour.
Stimule la formation et freine la résorption.
Effet anti-fracturaire vertébral.
Effet anti-fracturaire périphérique dans un sous-groupe.
Suivi difficile sur marqueurs.
Contre-indications et Associations
Tousces médicaments sont contre-indiqués en cas d'insuffisance rénale (clairance Créatinine < 30 ml/min).
Doivent être associés à du calcium et de la vitamine D en cas de carence.
Calcium et Vit D seuls ont peu d'intérêt dans le traitement de l'ostéoporose établie.
Stratégies Thérapeutiques Spécifiques
Femme en post-ménopause non fracturée
DXA normale : rien.
DXA : ostéopénie : correction facteurs de risque, exercice physique, contrôle à 2 ans.
DXA : ostéoporose : THS +++, SERM +/- (aggrave bouffées de chaleur), BP +.
Femme en post-ménopause fracturée (poignet)
DXA normale : trauma, rien.
DXA : ostéopénie ou ostéoporose : BP, SERM, Strontium.
Femme de 60-75 ans fracturée (tassement vertébral)
Phaseaiguë : repos au lit, antalgiques (attention aux AINS/morphiniques), calcitonines, cimentoplastie.
Femme de 60-80 ans (fracturée ou non)
Traitements au long cours : THS, SERM (avant 65 ans), Bisphosphonates ou Strontium (après), Forstéo (si >2 fractures).
Femme de plus de 80 ans
Aclasta ++ (perfusion) précédé d'une dose de charge de Vitamine D + Calcium Vitamine D systématique.
Simplicité, efficacité prouvée dans cette tranche d'âge.
Prévention des chutes, protecteurs de hanche.
À tout âge
Hygiènede vie : Arrêt tabac/alcool, apports calciques suffisants, activité physique.
Suivi Thérapeutique
Clinique : observance, tolérance, fractures, taille.
Radiographies : non, sauf si douleurs ou diminution de taille.
DXA : en fin de séquence, à 3 ans ; à 1 et 3 ans sous strontium ; à 18 mois sous Forstéo.
Dosage CTX sérique (marqueur de résorption) :le plus reproductible.
À jeun, entre 7h et 9h.
Avant traitement et à 3 mois.
Diminution attendue de 40 à 60% (sauf Aclasta*,Protélos*).
Ostéoporose Masculine
Moins fréquente (7 à 10% des hommes).
Une étiologie doit être absolument recherchée (50% sontsecondaires).
Bilan biologique : Idem femme, + Testostérone (pour hypogonadisme) et test au Dectancyl* court (pour hypercorticisme).
Attention à la phosphorémie, calciurie et phosphaturie des 24h (pour diabète phosphoré idiopathique ou hypercalciurie tubulaire).
(Phosphore, thiazidiques, Ca et Vit D contre-indiqués si besoin).
Écarter maladies rares : mastocytose, dystrophies du collagène (Marfan, Ehlers-Danlos).
Traitements étudiés : Fosamax* et Actonel*.
OstéoporoseCortisonique
Probablement la plus sévère, les fractures pouvant décompenser l'affection sous-jacente.
Toxicité osseuse dépend de : dose et durée de corticoïdes, + patient (ménopause, carence vit-Ca, immobilisation).
Corticoïdes locaux ou inhalés moins néfastes mais non dénués de toxicité.
Tout patient sous > 7.5 mg équivalent Prednisone pendant > 3 mois doit être traité.
Actonel ou Fosamax.
Calcium et Vitamine D systématiquement associés (cortisone diminue absorption).
THS peut être proposé chez la femme ménopausée.
DXA peut être utile : certains patients sont peu déminéralisés malgré fortes doses, d'autres sont calcifiés malgré faibles doses.
Explorations complémentaires
Biopsie.
Cimentoplastie.
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