Nutrition de la personne âgée

15 cartes

Présente les effets du vieillissement sur l’alimentation, les risques de dénutrition et les besoins nutritionnels des personnes âgées, avec des repères pour composer les repas.

Fiche de révision

LES MODIFICATIONS LIEES AU VIEILLISSEMENT

Pour réussir une question d’examen, reliez chaque changement à son mécanisme puis à sa conséquence sur les apports ou l’absorption. Distinguez les transformations physiologiques des facteurs liés au comportement, à l’état psychique et aux conditions de vie.

Changements physiologiques

Le métabolisme basal diminue avec la masse des tissus actifs, notamment musculaires, et l’activité physique souvent réduite ; vers 80 ans, la baisse du métabolisme basal atteint 20 à 30 %. Le vieillissement est variable selon les personnes et dépend aussi du mode de vie, de l’activité professionnelle et de l’alimentation antérieure : ne présentez donc pas ces changements comme identiques chez tous.

La diminution de l’odorat, de la vision de près et de l’audition peut modifier l’expérience des repas. Le goût salé diminue, tandis que le goût sucré persiste : cela peut réduire l’appétit et favoriser une préférence pour le sucré. Une mastication insuffisante, liée notamment à la perte de dents non compensée par un appareil adapté, peut conduire à écarter viandes, légumes fibreux, fruits crus et fruits à coque.

L’atrophie des glandes salivaires réduit la salivation ; l’altération des muqueuses et la baisse des sécrétions digestives ralentissent la digestion. La diminution du facteur intrinsèque réduit l’absorption de vitamine B12 ; la baisse de motricité intestinale favorise constipation et flatulences. Le vieillissement du pancréas exocrine réduit notamment les débits de trypsine et de lipase ; le fractionnement des repas est indiqué comme pouvant être positif chez la personne âgée.

La fonction rénale et la sensation de soif diminuent, notamment avec une réponse à l’ADH réduite : le risque de déshydratation augmente. La sécrétion biliaire et la synthèse de certains acides gras diminuent, affectant digestion et absorption des lipides ; l’alimentation doit alors apporter les acides eicosapentaénoïque et arachidonique. L’absorption du calcium et du phosphore baisse régulièrement dès 50 ans, et l’organisme mobilise les réserves osseuses. La baisse d’élasticité vasculaire s’accompagne d’une circulation moins efficace ; hypertension et hypercholestérolémie peuvent s’aggraver.

À distinguer dans une réponse : la ménopause est la disparition naturelle des menstruations, généralement entre 45 et 55 ans ; elle est constatée après douze mois consécutifs sans menstruations. La baisse hormonale, d’abord de progestérone puis d’œstrogènes, est associée à des risques accrus de fractures ostéoporotiques et de maladies cardiovasculaires. Exemple de chaîne attendue : baisse de la mastication → éviction de certains aliments ; ne confondez pas cette modification avec une simple préférence alimentaire.

Modifications du comportement alimentaires

Les erreurs alimentaires peuvent ajouter des carences d’apport aux difficultés d’absorption. La diminution de la dextérité et les capacités psychiques altérées peuvent aussi compliquer les gestes liés aux repas. Les tendances décrites sont : baisse des apports protéiques, souvent par goût ; hausse des corps gras et des produits sucrés ; insuffisance de fruits et légumes, surtout crus. À l’examen, distinguez ces choix alimentaires des modifications physiologiques qui peuvent les favoriser.

Changements psychiques

Des crises psychoémotionnelles et de l’angoisse peuvent apparaître à des moments variables et entraîner un refus de manger. La chaîne à expliciter est donc : difficulté psychique → refus alimentaire → baisse possible des apports. Ne réduisez pas ce refus à une difficulté de mastication ou à un manque de ressources : les facteurs n’ont pas la même origine.

Modifications socio-économiques

L’inactivité, le manque de motivation, la solitude et l’ennui favorisent l’inappétence ou, à l’inverse, la compensation alimentaire par grignotages et excès. Des ressources financières affaiblies ou des difficultés d’approvisionnement, liées par exemple aux déplacements ou au confinement, peuvent réduire la variété et rendre les repas monotones. Enfin, la perte d’autonomie limite les possibilités de s’approvisionner et influe sur la diversité alimentaire.

Plan de réponse type : 1. Nommer le facteur observé. 2. Expliquer son mécanisme et son origine — physiologique, comportementale, psychique ou socio-économique. 3. Relier ce facteur à l’appétit, aux choix alimentaires, à la digestion, à l’absorption ou à l’hydratation. 4. Citer une adaptation présente dans le cours lorsqu’elle est indiquée, comme le fractionnement des repas ; ne pas attribuer une cause unique à une situation multifactorielle.

RISQUES NUTRITIONNELS AU COURS DU VIEILLISSEMENT

La dénutrition

Dénutrition protéino-énergétique/denytʁisjɔ̃ pʁoteinoeʒeneetik/nom féminin

Déséquilibre entre les apports et les besoins de l’organisme, entraînant des pertes tissulaires, notamment musculaires, aux conséquences fonctionnelles délétères.

« Un déséquilibre entre apports et besoins peut entraîner des pertes musculaires. »

Le mécanisme à restituer à l’examen est le suivant : les apports ne couvrent pas les besoins, ce qui provoque des pertes tissulaires, en particulier musculaires. Ces pertes altèrent les fonctions et peuvent participer à la fragilité et à la dépendance. Ne réduisez donc pas la définition à une simple baisse des apports : le déséquilibre et ses conséquences tissulaires sont essentiels.

La dénutrition entraîne

La dénutrition peut entraîner ou aggraver la fragilité et la dépendance, favoriser les morbidités et aggraver le pronostic des maladies sous-jacentes. Elle augmente également le risque de décès. Sa prévalence augmente avec l’âge : elle concerne 4 à 10 % des personnes âgées vivant à domicile, 15 à 38 % de celles vivant en institution et 30 à 70 % des malades âgés hospitalisés.

Les conséquences fonctionnelles à citer sont le ralentissement de la cicatrisation, notamment en cas d’escarres, la baisse des défenses immunitaires avec majoration du risque infectieux et la sarcopénie. Cette perte musculaire augmente le risque de chutes et de perte d’autonomie ; la dénutrition peut aussi aggraver de nombreuses pathologies, dont la démence. Pour interpréter les chiffres, comparez les lieux : la prévalence rapportée est plus élevée à l’hôpital qu’à domicile, sans confondre ces proportions avec une explication causale.

Plan de réponse type : définissez d’abord le déséquilibre entre apports et besoins, puis reliez-le aux pertes tissulaires et musculaires ; exposez ensuite les conséquences fonctionnelles et pronostiques ; terminez par les trois prévalences, associées à leur lieu de vie ou de soins.

Le surpoids

Le surpoids est associé à des pathologies telles que l’obésité, le diabète et l’athérosclérose. Parmi les facteurs favorisants figurent la diminution de l’activité physique, parfois liée à des pathologies locomotrices comme l’arthrose, ainsi que les handicaps sensoriels visuels ou auditifs. Une alimentation peu diversifiée et excessive peut également contribuer au surpoids.

Ne confondez pas les mécanismes : la dénutrition est définie par un déséquilibre entre apports et besoins conduisant à des pertes tissulaires, tandis que le passage sur le surpoids met en avant une alimentation excessive ou peu diversifiée et une activité physique réduite parmi ses facteurs. Exemple de réponse : citer l’arthrose comme facteur pouvant limiter l’activité, puis distinguer les pathologies associées au surpoids des conséquences musculaires et fonctionnelles de la dénutrition.

LES OBJECTIFS DU PNNS

Objectifs portant sur la consommation alimentaire

Le PNNS 2011-2015 vise à adapter l’alimentation des personnes âgées à leurs besoins et à les aider à conserver leur autonomie. Pour une réponse d’examen, classez les mesures selon leur levier : amélioration des prestations et de l’accès alimentaire, puis information.

  • Améliorer le respect des règles nutritionnelles dans les maisons de retraite.

  • Améliorer le portage des repas à domicile.

  • Permettre aux personnes âgées isolées de bénéficier de paniers fermiers.

  • Développer l’information sur l’alimentation des personnes de plus de 55 ans.

Ces dispositifs répondent à des obstacles différents : le portage facilite l’accès aux repas à domicile, tandis que les paniers fermiers sont proposés aux personnes isolées. En établissement, l’objectif porte sur le respect des règles nutritionnelles ; l’information s’adresse plus largement aux plus de 55 ans.

Les repères rappelés en 2008 complètent ces objectifs. Ils recommandent une quatrième portion de produits laitiers, 1 à 1,5 L d’eau par jour, et des fruits et légumes frais, surgelés ou en conserve ; au petit-déjeuner ou au goûter, un fruit pressé ou un verre de jus sans sucre ajouté est proposé.

Les préparations frites et panées sont à limiter pour les viandes et poissons ; les abats sont à penser en raison de leur richesse en vitamines et minéraux. Les produits sucrés sont à consommer surtout au cours des repas et collations, en faisant attention aux bonbons. Ne pas recommander le « sans sel » sans prescription médicale : c’est un piège classique à éviter dans une réponse d’examen.

Objectifs portant sur l'activité physique

Le PNNS 2011-2015 promeut une activité physique et sportive adaptée pour les personnes de plus de 50 ans et celles en perte d’autonomie. Les actions comprennent la création et la diffusion d’un annuaire des associations proposant des activités adaptées, ainsi que le développement de l’offre dans les EHPAD, les foyers et les résidences pour personnes âgées.

Le programme prévoit également d’harmoniser les programmes de prévention des chutes par l’activité physique et sportive et de mettre en place un dispositif national bien identifié. Dans les repères de 2008, l’activité se pratique par périodes d’au moins dix minutes, pour atteindre trente minutes par jour au total. À l’examen, distinguez bien cette recommandation quotidienne des actions du PNNS portant sur l’offre adaptée et la prévention des chutes.

SAMPLE 16

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LES RECOMMANDATIONS NUTRITIONNELLES

Les besoins énergétiques

Les besoins dépendent de la masse maigre et de l’activité physique, qui diminue souvent avec l’âge ; ils peuvent donc être sous-estimés, notamment si la personne reste active. Le métabolisme de base (MB) baisse d’environ 2 % par décennie à partir de 20 ans, du fait de la diminution de la masse maigre et du vieillissement lui-même. Les équations de Henry servent à estimer la dépense énergétique de repos (DER), en kcal : femmes ménopausées de moins de 60 ans, 8,18 × poids en kg + 502 × taille en m − 11,6 ; femmes de plus de 60 ans, 8,52 × poids + 421 × taille + 10,7 ; hommes de plus de 60 ans, 11,4 × poids + 541 × taille − 256.

Le niveau d'activité physique

Le niveau d’activité physique (NAP) retenu est 1,63. La dépense énergétique journalière (DEJ) se calcule ainsi : MB × NAP. Par exemple, pour un MB de 5 MJ, la DEJ estimée est 8,15 MJ ; le résultat varie donc avec le MB individuel.

Population MB (MJ) BEM (MJ)
Hommes de plus de 65 ans 6 9,7
Femmes ménopausées de 51 à 59 ans 5,3 8,6
Femmes de 60 à 65 ans 5 8,1
Femmes de plus de 65 ans 4,8 7,8

Le besoin énergétique moyen (BEM) de l’ensemble des personnes âgées est de 8 550 kJ, soit 2 000 kcal. Les apports ne doivent pas descendre sous 150 kJ/kg/jour : pour 60 kg, cela correspond à un minimum de 9 000 kJ par jour. À l’examen, distinguer cette limite des valeurs moyennes par population.

Les besoins protéiques

Les protéines contribuent au maintien de la masse maigre et à la limitation de la sarcopénie ; elles participent aussi à la résistance aux infections. Les références sont de 0,83 g/kg/j pour les femmes ménopausées de moins de 65 ans et de 1 g/kg/j pour les hommes et femmes de plus de 65 ans. À partir de 70 ans, le cours indique 15 à 20 % de la ration énergétique si celle-ci dépasse 6,7 MJ.

Si l’inactivité réduit les dépenses énergétiques, ne pas s’en tenir au pourcentage de la ration : viser 1 à 1,2 g/kg/j. Les états inflammatoires chroniques impliquent des besoins spécifiques en arginine et glutamine. Concentrer les apports protéiques au déjeuner est conseillé, car les protéines y sont mieux utilisées ; pour une personne de 70 kg, la référence de 1 g/kg/j représente 70 g par jour.

Rôles

Les besoins lipidiques sont de 35 à 40 % de l’apport énergétique total (AET). Les lipides fournissent de l’énergie, participent au maintien de l’homéostasie et de la fluidité des membranes, transportent les vitamines liposolubles et servent de précurseurs hormonaux. Le NLA est associé à la prévention des maladies cardiovasculaires et dégénératives et au maintien des fonctions cognitives ; le DHA contribue à l’entretien du système nerveux. Le cours précise que certains acides gras doivent être apportés par l’alimentation.

Les besoins glucidiques

Les glucides apportent de l’énergie, épargnent les protéines et contribuent à la satiété. La référence est de 40 à 55 % de l’AET, avec 100 g par jour de glucides simples hors lactose. Privilégier un indice glycémique bas aide à l’équilibre glycémique ; le cours relie l’hyperglycémie postprandiale à une légère insulinorésistance, à l’accumulation de graisse abdominale et à une moindre utilisation du glucose par les muscles squelettiques.

Le besoin en fibres

L’apport conseillé est de 25 g par jour. Les fibres contribuent à prévenir la constipation et une alimentation pauvre en fibres favorise la diverticulose colique. La constipation est aussi favorisée par la baisse du péristaltisme, de l’activité physique et des apports hydriques.

Le besoin hydrique

Le besoin indiqué est de 2 à 2,5 L. Le risque de déshydratation augmente avec la diminution de l’eau corporelle liée à la perte de masse musculaire, la baisse de la fonction rénale et l’atténuation de la sensation de soif. Il faut solliciter régulièrement la personne à boire, surtout par temps chaud ou en cas de fièvre : ajouter 300 ml par degré au-dessus de 37 °C.

Le calcium

Le calcium contribue au maintien de la masse osseuse et à la prévention de l’ostéoporose. La référence nutritionnelle pour la population (RNP) est de 950 mg. Les apports sont souvent insuffisants avec la baisse de la ration alimentaire ; une supplémentation en calcium et vitamine D peut être nécessaire.

Le fer

Le fer participe à l’oxygénation des tissus ; sa RNP est de 11 mg. L’absorption peut diminuer avec l’hypochloridrie et la consommation de viandes, poissons et œufs (VPO) peut aussi baisser. Le cours signale que peu d’anémies sont diagnostiquées.

Le potassium

Le potassium contribue à la régulation cardiaque et neuromusculaire, stimule la sécrétion d’insuline et le métabolisme glucidique, et exerce un effet protecteur vis-à-vis des AVC. Sa RNP est de 3,5 g. Les carences sont notamment liées aux diurétiques, aux laxatifs ou à des apports insuffisants en fruits et légumes.

RNP : 3,5 g

Les autres repères minéraux indiqués sont : sodium, apport satisfaisant de 1 500 mg/j, sans dépasser 2 300 mg de sodium (6 g de sel) ; magnésium, 420 mg/j chez l’homme et 360 mg/j chez la femme ; zinc, 14 mg chez l’homme et 11 mg chez la femme. Le sodium demande une attention particulière : l’adaptation rénale aux variations d’apport est moins rapide et le risque d’hypertension est accentué. Les régimes désodés sont fortement déconseillés, car ils peuvent réduire l’appétit.

Les besoins en vitamines

Les besoins en vitamines hydrosolubles et liposolubles évalués chez l’adulte sont maintenus chez la personne âgée. Les carences peuvent néanmoins être favorisées par une ration globale réduite, une absorption diminuée, des affections inflammatoires du grêle, certains médicaments ou l’alcool, et la cuisson des fruits et légumes. Les subcarences relevées concernent surtout les vitamines C, D, B1, B2, B6 et B12.

La vitamine D facilite l’absorption intestinale du calcium et sa fixation osseuse ; sa RNP est de 15 µg/j, calculée en supposant nulle la synthèse par exposition solaire, très variable et potentiellement diminuée avec l’âge. La couverture par l’alimentation seule est difficile. La vitamine C contribue à la prévention des cancers et au fonctionnement immunitaire (110 mg/j) ; la vitamine E est un antioxydant qui protège les acides gras polyinsaturés de la peroxydation (10 mg/j chez l’homme, 9 mg/j chez la femme). Les vitamines A, E et B6 sont également importantes pour l’immunité.

EN RESTAURATION COLLECTIVE

La composition des repas

Pour une question sur la journée alimentaire, présentez séparément le petit déjeuner, le déjeuner, le dîner et le goûter. Veillez à distinguer les repères explicitement détaillés de ceux qui sont seulement indiqués par un nombre de composantes.

Le petit déjeuner doit représenter au moins un quart de la ration calorique quotidienne. Il faut également éviter que le jeûne nocturne dépasse 12 heures. Il comporte une boisson, un aliment céréalier, un produit laitier et un fruit ou un jus de fruit.

Exemple de formulation conforme : « Le petit déjeuner couvre au moins un quart de la ration calorique ; il associe une boisson, un aliment céréalier, un produit laitier et un fruit ou un jus de fruit. Le jeûne nocturne ne doit pas dépasser 12 heures. » Le piège est d’énumérer les aliments sans mentionner l’importance énergétique ou la durée maximale du jeûne.

Le déjeuner est constitué de cinq composantes. Le dîner doit être suffisamment copieux et équilibré ; il comporte quatre composantes. Le cours ne détaille pas ici le contenu de ces composantes : pour rester fidèle aux repères, indiquez les nombres et les exigences données sans inventer leur liste.

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Pour le goûter, le cours propose un ou deux éléments parmi les suivants : une boisson, un produit laitier, un élément céréalier ou une préparation à base de fruits. Ne présentez pas ces quatre possibilités comme des éléments obligatoires à réunir tous ensemble.

Plan de réponse type : 1. Présenter le petit déjeuner et ses quatre éléments, en rappelant le quart de la ration et la limite de 12 heures de jeûne nocturne. 2. Préciser que le déjeuner compte cinq composantes et que le dîner, équilibré et suffisamment copieux, en compte quatre. 3. Terminer par les choix possibles au goûter, en indiquant qu’un ou deux éléments sont proposés.

Nutrition de la personne âgée

L’âge ne préjuge pas de l’état de santé : le vieillissement est variable. Repères essentiels pour prévenir les risques et adapter les apports.

  • Physiologie : masse musculaire et métabolisme basal diminuent; sens, mastication, digestion et fonction rénale s’altèrent; soif réduite et constipation possibles.

  • Comportement : apports protéiques et fruits-légumes insuffisants; produits gras et sucrés plus présents.

  • Psychique et socio-économique : angoisse, solitude, inactivité, ressources ou déplacements limités favorisent refus de manger, inappétence, grignotage et repas monotones.

  • Dénutrition : apports insuffisants par rapport aux besoins; pertes tissulaires, notamment musculaires, fragilité et dépendance accrues.

  • Conséquences : cicatrisation ralentie, défenses immunitaires réduites, sarcopénie, chutes et aggravation de pathologies.

  • Surpoids : favorisé par baisse d’activité et alimentation excessive peu diversifiée; associé notamment à l’obésité, au diabète et à l’athérosclérose.

  • PNNS : adapter l’alimentation aux besoins; améliorer les repas en établissement et le portage à domicile; soutenir l’accès alimentaire des personnes isolées et l’information après 55 ans.

  • Promouvoir une activité physique adaptée, notamment en établissement, et prévenir les chutes par l’activité physique.

Population

VS

Équation de Henry pour la DER (kcal)

Femmes ménopausées de moins de 60 ans

8,18 × P (kg) + 502 × T (m) − 11,6

Femmes de plus de 60 ans

8,52 × P (kg) + 421 × T (m) + 10,7

Hommes de plus de 60 ans

11,4 × P (kg) + 541 × T (m) − 256

DEJ=MB×NAP\text{DEJ} = \text{MB} \times \text{NAP}

La dépense énergétique journalière se calcule en multipliant le métabolisme de base par le niveau d’activité physique. **Paramètres :** - MB : métabolisme de base. - NAP : niveau d’activité physique, repère médian 1,63. - DEJ : dépense énergétique journalière. **Interprétation :** Les besoins énergétiques moyens sont d’environ 8 550 kJ, soit 2 000 kcal par jour.

  • Protéines : 0,83 g/kg/j avant 65 ans; 1 g/kg/j après 65 ans; viser 1 à 1,2 g/kg/j si les dépenses baissent. Priorité au déjeuner.

  • Lipides : 35 à 40 % de l’AET; glucides : 40 à 55 % de l’AET, dont 100 g/j de glucides simples hors lactose; privilégier un IG bas.

  • Fibres : 25 g/j; prévenir constipation et diverticulose.

  • Eau : 2 à 2,5 L/j; solliciter régulièrement à boire, car soif et fonction rénale diminuent.

Minéral Repère et priorité
Calcium 950 mg/j; masse osseuse, prévention de l’ostéoporose
Fer 11 mg/j; oxygénation des tissus
Sodium AS 1 500 mg/j; ne pas dépasser 2 300 mg/j, soit 6 g de sel; éviter les régimes désodés
Potassium RNP 3,5 g; fonctions cardiaque et neuromusculaire
Magnésium Hommes 420 mg/j; femmes 360 mg/j
Zinc Hommes 14 mg; femmes 11 mg; immunité

Vitamines : carences possibles par baisse des apports et de l’absorption; subcarences surtout en C, D, B1, B2, B6 et B12. Repères : D 15 µg/j (os et absorption du calcium), C 110 mg/j (immunité), E 10 mg/j chez l’homme et 9 mg/j chez la femme (antioxydant).

  • Petit déjeuner : au moins un quart de la ration, boisson, céréales, produit laitier et fruit; éviter plus de 12 h de jeûne nocturne.

  • Déjeuner : 5 composantes; dîner : 4 composantes, copieux et équilibré.

  • Goûter : boisson, produit laitier, céréale ou préparation à base de fruits.

LES MODIFICATIONS LIEES AU VIEILLISSEMENT

Changements physiologiques

Le vieillissement est variable selon les personnes et dépend notamment du mode de vie, de l’activité professionnelle et de l’alimentation antérieure. Les signes deviennent souvent marqués entre 70 et 75 ans. La diminution progressive de la masse musculaire et de l’activité physique réduit le métabolisme basal, de 20 à 30 % vers 80 ans.

Fonction ou changement Effets pouvant influer sur l’alimentation ou l’hydratation
Odorat, vision et audition Diminution de l’odorat, de la vision de près (presbytie) et de l’audition.
Goût Moins de récepteurs gustatifs : le salé est moins perçu, tandis que le sucré reste perçu ; appétit diminué et préférence pour le sucré.
Mastication Moins de dents, parfois sans appareil adapté, et gencives plus vulnérables aux inflammations ou infections ; éviction possible des viandes, légumes fibreux, fruits crus et fruits à coque.
Appareil digestif Sécrétions salivaires et digestives diminuées, muqueuses altérées et digestion plus lente ; motricité intestinale réduite, constipation et flatulences. Baisse du facteur intrinsèque : absorption de B12 diminuée.
Acidité et absorption Acidité gastrique diminuée : vulnérabilité accrue aux microbes ; absorption moins bonne du calcium, du fer, du magnésium, des vitamines B9 et B2. Malabsorption des protides et dérivés lipidiques.
Fonction pancréatique Tissu sécréteur exocrine et débits enzymatiques diminués, notamment trypsine et lipase ; le fractionnement des repas semble positif.
Fonctions rénale et cardiovasculaire Fonction rénale et sensation de soif diminuées, avec risque de déshydratation. Capacité respiratoire, débit cardiaque et élasticité des vaisseaux diminuent ; l’hypertension et l’hypercholestérolémie s’aggravent.
Métabolisme des lipides Sécrétion biliaire réduite, donc digestion et absorption des lipides diminuées ; baisse de synthèse des acides eicosapentaénoïque et arachidonique, qui doivent être apportés par l’alimentation.
Métabolisme phosphocalcique Dès 50 ans, l’absorption du calcium et du phosphore diminue ; l’adaptation intestinale du sujet jeune s’amenuise et les réserves osseuses sont mobilisées pour maintenir l’homéostasie.

Modifications du comportement alimentaires

Les changements métaboliques, la baisse de dextérité et les capacités psychiques altérées peuvent ajouter des carences d’apport aux carences d’absorption. Les habitudes à risque comprennent :

  • Diminution des apports en protéines, souvent par goût.
  • Augmentation des corps gras et des produits sucrés.
  • Apports insuffisants en fruits et légumes, surtout crus.

Changements psychiques

Les changements psychiques surviennent plus ou moins tardivement. Les crises psychoémotionnelles et l’angoisse peuvent conduire à un refus de manger.

Modifications socio-économiques

L’inactivité, le manque de motivation, la solitude et l’ennui favorisent l’inappétence ou la compensation alimentaire, par grignotages et excès. Des ressources financières limitées ou des difficultés d’approvisionnement — déplacements difficiles ou confinement — réduisent la variété et rendent les repas monotones. La perte d’autonomie peut aussi limiter l’approvisionnement et la diversité alimentaire.

RISQUES NUTRITIONNELS AU COURS DU VIEILLISSEMENT

La dénutrition

  • La dénutrition protéino-énergétique résulte d’un déséquilibre entre les apports et les besoins de l’organisme.
  • Ce déséquilibre entraîne des pertes tissulaires, notamment musculaires, aux conséquences fonctionnelles délétères.
  • La perte musculaire favorise la fragilité et la dépendance ; sa prévalence augmente avec l’âge.

Lieu de vie ou de soins

VS

Prévalence de la dénutrition protéino-énergétique

À domicile

4 à 10 %

En institution

15 à 38 %

À l’hôpital, chez les malades âgés

30 à 70 %

La dénutrition entraîne

  • Fragilité ou dépendance aggravée, morbidités plus fréquentes, pronostic des maladies sous-jacentes aggravé et risque de décès accru.
  • Cicatrisation ralentie, notamment en cas d’escarres ; défenses immunitaires diminuées et risques infectieux majorés.
  • Sarcopénie favorisée : elle accroît les risques de chutes et de pertes d’autonomie.
  • Aggravation possible de nombreuses pathologies, dont la démence.

Le surpoids

  • Facteurs associés : baisse de l’activité physique, notamment en lien avec des pathologies locomotrices comme l’arthrose, et handicaps sensitifs visuels ou auditifs.
  • Une alimentation peu diversifiée et excessive contribue également au surpoids.
  • Le surpoids peut être responsable d’obésité, de diabète et d’athérosclérose ; considérer ces facteurs aide à repérer le risque sans réduire les apports énergétiques sans tenir compte des besoins.

LES OBJECTIFS DU PNNS

Objectifs portant sur la consommation alimentaire

Repères alimentaires rappelés pour les personnes âgées :

  • Consommer une quatrième portion de produits laitiers.
  • Boire entre 1 et 1,5 L d’eau par jour.
  • Choisir des fruits et légumes frais, surgelés ou en conserve.
  • Au petit-déjeuner ou au goûter, prendre un fruit pressé ou un verre de jus sans sucre ajouté.

Autres repères :

  • Limiter les préparations frites et panées pour les viandes et poissons ; penser aux abats, riches en vitamines et minéraux.
  • Consommer les produits sucrés surtout au cours des repas et des collations, en faisant attention aux bonbons.
  • Ne pas adopter une alimentation sans sel sans prescription médicale.

Le PNNS 2011-2015 vise à adapter l’alimentation aux nouveaux besoins des aînés et à les aider à conserver leur autonomie le plus longtemps possible. Les actions portent sur l’amélioration du respect des règles nutritionnelles en maisons de retraite et sur celle des prestations de portage de repas à domicile. Elles prévoient aussi de permettre aux personnes âgées isolées de bénéficier de paniers fermiers et de développer l’information sur l’alimentation des plus de 55 ans.

Objectifs portant sur l'activité physique

Le PNNS 2011-2015 promeut une activité physique et sportive adaptée chez les personnes de plus de 50 ans et celles en perte d’autonomie. Les mesures prévues sont :

  • Créer et diffuser un annuaire des associations sportives proposant des activités aux plus de 50 ans.
  • Développer l’offre d’activités physiques dans les EHPAD, les foyers et les résidences pour personnes âgées.
  • Harmoniser les programmes d’activité physique et sportive visant à prévenir les chutes et mettre en place un dispositif national bien identifié.

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SAMPLE 16.

LES RECOMMANDATIONS NUTRITIONNELLES

Les besoins énergétiques

Les besoins dépendent notamment de la masse maigre et de l’activité physique, souvent plus importante au troisième âge. Le métabolisme de base (MB) diminue d’environ 2 % par décennie à partir de 20 ans. Les équations de Henry (2005), retenues pour estimer la dépense énergétique de repos (DER), sont : femmes ménopausées de moins de 60 ans : 8,18 × poids (kg) + 502 × taille (m) − 11,6 ; femmes de plus de 60 ans : 8,52 × poids + 421 × taille + 10,7 ; hommes de plus de 60 ans : 11,4 × poids + 541 × taille − 256.

Le niveau d'activité physique

Le niveau d’activité physique (NAP) médian est de 1,63. La dépense énergétique journalière se calcule ainsi : DEJ = MB × NAP. Les besoins énergétiques moyens (BEM) sont de 9,7 MJ chez les hommes de plus de 65 ans, 8,6 MJ chez les femmes ménopausées de 51–59 ans, 8,1 MJ chez les femmes de 60–65 ans et 7,8 MJ chez les femmes de plus de 65 ans ; moyenne des personnes âgées : 8 550 kJ, soit 2 000 kcal. Exemple : MB de 5 MJ × 1,63 = 8,15 MJ. Ne pas descendre sous 150 kJ/kg/jour.

Les besoins protéiques

Les protéines contribuent au maintien de la masse maigre et à la résistance aux infections ; les états inflammatoires chroniques induisent des besoins spécifiques en arginine et glutamine. Références : 0,83 g/kg/j avant 65 ans ; 1 g/kg/j après 65 ans. Si l’inactivité réduit les dépenses énergétiques, viser plutôt 1 à 1,2 g/kg/j que le pourcentage énergétique. Concentrer les apports au déjeuner favorise leur utilisation, l’anabolisme et la rétention azotée.

Rôles

Les lipides fournissent de l’énergie, participent au maintien de l’homéostasie et de la fluidité membranaires, transportent les vitamines liposolubles et sont précurseurs d’hormones. Ils contribuent à la prévention de pathologies cardiovasculaires, inflammatoires et de cancers. Repère : 35 à 40 % de l’apport énergétique total (AET). Les acides gras NLA sont associés à la prévention des maladies cardiovasculaires et dégénératives et au maintien des fonctions cognitives ; le DHA contribue à l’entretien du système nerveux.

Les besoins glucidiques

Les glucides apportent de l’énergie, ont un effet d’épargne azotée et sont satiétogènes. Privilégier un index glycémique bas pour l’équilibre glycémique : l’hyperglycémie postprandiale est liée à une légère insulinorésistance, à l’accumulation de graisse abdominale et à une moindre utilisation du glucose par les muscles. Repères : 40 à 55 % de l’AET et 100 g/j de glucides simples, hors lactose.

Le besoin en fibres

Repère : 25 g/j. Les fibres préviennent la constipation et une alimentation pauvre en fibres favorise la diverticulose colique. La constipation est aussi favorisée par la baisse du péristaltisme, de l’activité physique et des apports hydriques.

Le besoin hydrique

Besoin indiqué : 2 à 2,5 L. Le risque de déshydratation augmente avec la diminution de l’eau corporelle et de la masse musculaire, la baisse de la fonction rénale et une sensation de soif moins marquée. Solliciter régulièrement la personne à boire, surtout par temps chaud ou en cas de fièvre : ajouter 300 ml par degré au-dessus de 37 °C.

Le calcium

Les minéraux à connaître comprennent le calcium, le fer, le sodium, le potassium, le magnésium et le zinc. Le calcium maintient la masse osseuse et contribue à prévenir l’ostéoporose ; les apports sont souvent insuffisants avec la baisse des apports énergétiques. Une supplémentation en calcium et vitamine D peut être nécessaire. RNP : 950 mg.

Le fer

Le fer contribue à l’oxygénation des tissus. Malgré une absorption diminuée par l’hypochlorhydrie et une consommation moindre de viandes, poissons et œufs (VPO), peu d’anémies sont diagnostiquées. RNP : 11 mg.

Le potassium

Le sodium : les fuites urinaires et une adaptation rénale moins rapide aux variations d’apports accentuent le risque d’hypertension. Ne pas dépasser 2 300 mg/j de sodium, soit 6 g/j de sel ; apport satisfaisant (AS) : 1 500 mg/j. Les régimes désodés sont déconseillés car anorexigènes. Le potassium participe à la régulation cardiaque et neuromusculaire, stimule la sécrétion d’insuline et le métabolisme glucidique, et protège vis-à-vis des AVC. Les carences sont favorisées par les diurétiques, laxatifs et apports insuffisants en fruits et légumes.

RNP : 3,5 g

RNP du potassium : 3,5 g. Le magnésium contribue à la relaxation et aide contre la constipation ; repères : hommes, 420 mg/j ; femmes, 360 mg/j. Le zinc participe à l’immunité et a un rôle antioxydant ; son absorption peut être diminuée par les polymédications. Repères : hommes, 14 mg ; femmes, 11 mg. Les besoins en zinc dépendent des apports en phytates.

Les besoins en vitamines

Les références des vitamines hydrosolubles et liposolubles restent celles de l’adulte. Les subcarences touchent notamment les vitamines C, D, B1, B2, B6 et B12 ; elles peuvent être favorisées par la baisse des apports, une absorption réduite, des affections du grêle, l’inflammation, certains médicaments ou l’alcool, et la cuisson des fruits et légumes. La vitamine D favorise l’absorption du calcium et sa fixation osseuse ; sa synthèse et son absorption diminuent avec l’âge, et couvrir 15 µg/j par l’alimentation seule est difficile. Repères : vitamine C, 110 mg/j ; vitamine E, 10 mg/j chez l’homme et 9 mg/j chez la femme. Les vitamines A, E et B6 sont importantes pour l’immunité ; la vitamine E protège les acides gras polyinsaturés de la peroxydation.

EN RESTAURATION COLLECTIVE

La composition des repas

  • Petit-déjeuner : au moins un quart de la ration calorique quotidienne ; éviter un jeûne nocturne de plus de 12 heures.

  • Composition : une boisson, un aliment céréalier, un produit laitier et un fruit ou un jus de fruit.

  • Déjeuner : cinq composantes.

  • Dîner : quatre composantes, pour un repas suffisamment copieux et équilibré.

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  • Goûter : choisir un ou deux éléments parmi les catégories proposées : boisson, produit laitier, élément céréalier ou préparation à base de fruits.

  • Exemple : une boisson et un yaourt ; ou un élément céréalier accompagné d’une préparation à base de fruits.

Les modifications liées au vieillissement

Le vieillissement est inégal selon les personnes et dépend notamment du mode de vie, de l’activité professionnelle et de l’alimentation antérieure.

Changements physiologiques

Le métabolisme basal baisse avec la diminution de la masse musculaire et de l’activité physique : il diminue de 20 à 30 % vers 80 ans. Les sens s’altèrent : odorat, vision de près, audition et goût salé diminuent, tandis que le goût sucré persiste. La mastication devient parfois insuffisante, notamment faute de dents ou d’appareil adapté, favorisant l’éviction de certains aliments.

La digestion ralentit : sécrétions salivaire et digestive, motricité intestinale et acidité gastrique diminuent. Cela peut réduire l’absorption de B12, de minéraux et de vitamines, favoriser constipation et flatulences ; la fonction pancréatique et ses débits enzymatiques diminuent aussi.

La fonction rénale baisse et la sensation de soif s’atténue, augmentant le risque de déshydratation. Le débit cardiaque et l’élasticité vasculaire diminuent ; HTA et hypercholestérolémie peuvent s’aggraver. La sécrétion biliaire et la synthèse de certains acides gras diminuent ; l’absorption du calcium et du phosphore baisse régulièrement à partir de 50 ans, mobilisant les réserves osseuses.

Modifications du comportement alimentaires

Les apports peuvent changer sous l’effet des goûts, des capacités physiques ou psychiques : protéines et fruits et légumes, surtout crus, diminuent souvent ; produits gras et sucrés augmentent.

Changements psychiques

Des crises psychoémotionnelles ou de l’angoisse peuvent survenir et conduire au refus de manger.

Modifications socio-économiques

Inactivité, manque de motivation, solitude et ennui favorisent inappétence ou compensations alimentaires. Ressources financières réduites, difficultés d’approvisionnement et perte d’autonomie peuvent limiter la variété et rendre les repas monotones.

Risques nutritionnels au cours du vieillissement et objectifs du PNNS

La dénutrition

La dénutrition protéino-énergétique vient d’un déséquilibre entre les apports et les besoins. Elle entraîne des pertes tissulaires, notamment musculaires, aux conséquences fonctionnelles et sanitaires importantes.

À retenir, les conséquences sont :

  • Cicatrisation ralentie, notamment en cas d’escarres.

  • Défenses immunitaires diminuées, avec davantage de risques infectieux.

  • Sarcopénie favorisée, donc risques accrus de chutes et de perte d’autonomie.

  • Fragilité ou dépendance aggravées, morbidités favorisées et pronostic des maladies sous-jacentes détérioré ; le risque de décès augmente.

  • Prévalence : 4 à 10 % à domicile, 15 à 38 % en institution, 30 à 70 % chez les malades âgés hospitalisés.

Le surpoids

Le surpoids peut favoriser l’obésité, le diabète et l’athérosclérose. Il est souvent associé à une activité physique réduite, notamment en raison de pathologies locomotrices comme l’arthrose ou de handicaps visuels et auditifs, ainsi qu’à une alimentation excessive et peu diversifiée.

Objectifs portant sur la consommation alimentaire

Le PNNS 2011-2015 vise à adapter l’alimentation aux nouveaux besoins et à préserver l’autonomie : améliorer les règles nutritionnelles en maison de retraite et les repas portés à domicile, proposer des paniers fermiers aux personnes isolées et développer l’information alimentaire des plus de 55 ans.

Recommandations alimentaires de 2008

Repères à mémoriser : une quatrième portion de produits laitiers ; 1 à 1,5 L d’eau par jour ; fruits et légumes frais, surgelés ou en conserve ; fruit pressé ou jus sans sucre ajouté au petit-déjeuner ou au goûter. Limiter les préparations frites et panées, penser aux abats, consommer les produits sucrés surtout aux repas et collations en surveillant les bonbons, ne pas supprimer le sel sans prescription et pratiquer 30 minutes d’activité quotidienne, par périodes d’au moins 10 minutes.

Objectifs portant sur l’activité physique

Pour les plus de 50 ans et les personnes en perte d’autonomie, le PNNS 2011-2015 promeut l’activité physique adaptée : diffuser un annuaire d’associations sportives, développer les activités en EHPAD et résidences pour personnes âgées, harmoniser les programmes de prévention des chutes et créer un dispositif national bien identifié.

Les recommandations nutritionnelles

Les besoins énergétiques

Le MB baisse de 2 % par décennie dès 20 ans. Formules de Henry (DER, kcal) : femme ménopausée < 60 ans : 8,18 × poids + 502 × taille − 11,6 ; femme > 60 ans : 8,52 × poids + 421 × taille + 10,7 ; homme > 60 ans : 11,4 × poids + 541 × taille − 256. NAP médian : 1,63.

DEJ=MB×NAP\mathrm{DEJ}=\mathrm{MB}\times\mathrm{NAP}

Calcul de la dépense énergétique journalière. **Paramètres :** - DEJ : dépense énergétique journalière. - MB : métabolisme de base. - NAP : niveau d’activité physique (1,63). **Interprétation :** moyenne : 8 550 kJ (2 000 kcal) ; minimum : 150 kJ/kg/jour.

Les besoins protéiques

Protéines : masse maigre, lutte contre la sarcopénie et résistance aux infections. Repères : 0,83 g/kg/j avant 65 ans (femmes ménopausées), 1 g/kg/j après 65 ans ; en cas d’inactivité, 1 à 1,2 g/kg/j. Favoriser le déjeuner.

Les besoins lipidiques

Les lipides apportent énergie, structure membranaire et transport des vitamines liposolubles : 35 à 40 % de l’AET. NLA : prévention cardiovasculaire et dégénérative ; DHA : entretien du système nerveux.

Les besoins glucidiques

Les glucides fournissent de l’énergie, épargnent les protéines et rassasient. Repères : 40–55 % de l’AET, dont 100 g/j de glucides simples hors lactose ; privilégier un indice glycémique bas.

Le besoin en fibres

Les fibres préviennent la constipation ; leur insuffisance favorise la diverticulose colique. Repère : 25 g/j.

Le besoin hydrique

Boire 2 à 2,5 L/j et solliciter régulièrement la personne, surtout par chaleur ou fièvre : ajouter 300 ml par degré au-dessus de 37 °C.

Les besoins en minéraux

Minéral Repère quotidien Rôle ou précision
Calcium 950 mg Os ; parfois supplémenté avec vitamine D
Fer 11 mg Oxygénation des tissus
Sodium AS : 1 500 mg ; limite : 2 300 mg (6 g sel) Éviter le régime désodé, anorexigène
Potassium 3,5 g Fonctions cardiaque et neuromusculaire
Magnésium Homme : 420 mg ; femme : 360 mg Repères quotidiens
Zinc Homme : 14 mg ; femme : 11 mg Besoins liés aux phytates

Les besoins en vitamines

Les références restent celles de l’adulte, mais apports et absorption diminuent. Repères : D, 15 µg/j ; C, 110 mg/j ; E, 10 mg/j chez l’homme et 9 mg/j chez la femme.

En restauration collective

La composition des repas

Le petit-déjeuner doit apporter au moins un quart de la ration calorique quotidienne. Il faut éviter un jeûne nocturne de plus de 12 heures.

À retenir pour le petit-déjeuner :

  • Une boisson

  • Un aliment céréalier : pain, biscotte, pain de mie ou céréales

  • Un produit laitier : lait, yaourt, fromage ou fromage blanc

  • Un fruit ou un jus de fruit

Le déjeuner comprend cinq composantes. Le dîner, équilibré et suffisamment copieux, en comprend quatre ; le cours ne précise pas ici la liste de ces composantes.

Le goûter peut associer un ou deux éléments parmi les suivants :

  • Une boisson

  • Un produit laitier

  • Un élément céréalier

  • Une préparation à base de fruits

Teste ta compréhension

1 / 10

Chez la personne âgée, le goût salé diminue tandis que le goût sucré diminue davantage encore.

Texte à trous

  • À environ 80 ans, le métabolisme basal peut avoir diminué de 20 à 30 % par rapport à un âge antérieur.
  • Pour estimer les dépenses énergétiques journalières, le cours indique de multiplier le métabolisme de base par le NAP.
  • Pour éviter un jeûne nocturne de plus de 12 heures, le petit-déjeuner doit représenter au moins 1/4 de la ration calorique quotidienne.
  • Chez une personne âgée inactive dont les besoins énergétiques diminuent, l’apport protéique conseillé peut atteindre 1,2 g par kilogramme et par jour.
  • La référence nutritionnelle en calcium donnée pour la personne âgée est de 950 mg par jour.

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