Myasthénie : Diagnostic et Traitement
150 cartesExplorer le diagnostic, les caractéristiques cliniques, les examens paracliniques et les différentes approches thérapeutiques de la myasthénie, y compris la gestion des urgences et les médicaments contre-indiqués.
100 cartes
Quelle est la physiopathologie de la myasthénie ?
C'est une maladie auto-immune due à des anticorps dirigés contre les récepteurs de l'acétylcholine (RACh) sur la membrane post-synaptique.
Qu'est-ce qu'un syndrome myasthénique ?
Un bloc de la transmission synaptique au niveau de la jonction neuro-musculaire striée.
Quelle est la prévalence de la myasthénie ?
Maladie rare, touchant environ 1 personne sur 10 000.
Quelle est la distribution de la myasthénie selon l'âge et le sexe ?
Deux pics : 20-40 ans (surtout femmes) et 60-70 ans (surtout hommes). Ratio global de 2 femmes pour 1 homme.
Quels sont les facteurs déclenchants d'une poussée myasthénique ?
Infections, traumatismes, modifications endocriniennes, anesthésie ou certains médicaments.
Quel est le symptôme initial le plus fréquent de la myasthénie ?
Une atteinte oculaire (ptosis ou diplopie), présente dans 60% des cas au début.
Décrivez les symptômes oculaires de la myasthénie.
Un ptosis palpébral (paupière qui tombe), uni ou bilatéral et asymétrique, et une diplopie (vision double).
Quels sont les symptômes bulbaires et faciaux ?
Dysphonie (voix nasonnée), dysphagie (fausses routes), difficultés de mastication et un faciès atone, inexpressif.
Quelle est la principale caractéristique du déficit moteur myasthénique ?
Sa fluctuation dans le temps : il s'aggrave à l'effort et en fin de journée, et s'améliore au repos.
Qu'est-ce que la manœuvre de Mary Walker ?
Un test clinique pour révéler la fatigabilité musculaire par la répétition d'un mouvement, comme l'abduction/adduction des bras.
Quel est l'effet de la température sur les symptômes myasthéniques ?
Les symptômes sont aggravés par la chaleur et améliorés par le froid (test du glaçon sur le ptosis).
Quels sont les signes dits 'négatifs' à l'examen neurologique ?
Tonus, trophicité musculaire, et réflexes ostéotendineux (ROT) normaux. Absence de troubles sensitifs.
L'examen neurologique peut-il être normal ?
Oui, l'examen neurologique peut être entièrement normal au repos, entre les poussées.
Quel examen électrique confirme le diagnostic de myasthénie ?
L'électroneuromyogramme (ENMG) avec stimulation répétitive à basse fréquence (3-5 Hz).
Que recherche l'ENMG dans la myasthénie ?
Un décrément d'au moins 10% de l'amplitude du potentiel d'action musculaire entre la 1ère et la 5ème stimulation.
Quel est le principal anticorps recherché dans le sang ?
Les anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine (Ac anti-RAch).
Quel est le pourcentage de positivité des Ac anti-RAch ?
Positifs dans 80% des myasthénies généralisées et 50% des formes oculaires pures.
Quel anticorps rechercher si les Ac anti-RAch sont négatifs ?
Les anticorps anti-MuSK (Muscle-Specific Kinase), positifs dans 10% des formes généralisées séronégatives.
Quelle exploration morphologique est systématique ?
Une exploration du thymus par scanner ou IRM thoracique.
Quelles anomalies thymiques peuvent être trouvées ?
Une hyperplasie thymique (65% des cas) ou un thymome (15% des cas).
Quelle est la pathologie auto-immune le plus fréquemment associée ?
La maladie de Basedow (hyperthyroïdie auto-immune).
Qu'est-ce qu'une crise myasthénique aiguë ?
Une aggravation brutale avec détresse respiratoire, engageant le pronostic vital.
Comment évolue une myasthénie non traitée ?
L'évolution est imprévisible, alternant poussées et rémissions. Autrefois, la mortalité atteignait 1/3 des cas.
Quels sont les deux grands axes du traitement de la myasthénie ?
Le traitement symptomatique (anticholinestérasiques, IgIV) et le traitement étiologique (immunosuppresseurs, thymectomie).
Quel est le traitement symptomatique de fond ?
Les anticholinestérasiques, comme la pyridostigmine (Mestinon®).
Comment agissent les anticholinestérasiques ?
Ils inhibent réversiblement la cholinestérase, prolongeant ainsi l'action de l'acétylcholine dans la fente synaptique.
Quels sont les effets secondaires des anticholinestérasiques ?
Signes muscariniques (diarrhées, crampes abdominales, hypersalivation) et nicotiniques (fasciculations).
Qu'est-ce qu'une crise cholinergique ?
Un surdosage en anticholinestérasiques, provoquant une faiblesse musculaire paradoxale et des sécrétions excessives.
Quels traitements sont utilisés en cas de crise aiguë ?
Les échanges plasmatiques ou les immunoglobulines intraveineuses (IgIV), pour une efficacité rapide mais transitoire.
Quand la thymectomie est-elle systématique ?
En présence d'un thymome. Elle est discutée dans les formes généralisées du sujet jeune.
Voir les 100 cartes
Quel est le traitement de fond étiologique principal ?
La corticothérapie orale (prednisone), qui doit être initiée très prudemment en milieu hospitalier.
Quel est le risque principal à l'instauration de la corticothérapie ?
Une aggravation paradoxale et temporaire des symptômes myasthéniques durant les premiers jours.
À quoi servent les immunosuppresseurs comme l'azathioprine (Imurel®) ?
Ils agissent comme épargneurs de cortisone, permettant de réduire les doses de corticoïdes et de maintenir la rémission.
Quelle information capitale doit être donnée au patient ?
La liste des médicaments contre-indiqués et la consigne de ne jamais pratiquer d'automédication.
Citez une classe de médicaments formellement contre-indiquée.
Les curares, utilisés en anesthésie, sont absolument contre-indiqués.
Quel document le patient doit-il toujours avoir sur lui ?
Une carte de myasthénique, mentionnant sa maladie et les risques médicamenteux.
Comment est provoquée une myasthénie iatrogène à la D-pénicillamine ?
C'est une forme auto-immune induite par le médicament, réversible à son arrêt.
Qu'est-ce que le syndrome de Lambert-Eaton ?
Un syndrome myasthénique paranéoplasique avec bloc pré-synaptique, souvent lié au cancer bronchique à petites cellules.
Quelle est la cause des myasthénies congénitales ?
Elles sont d'origine génétique, liées à des mutations de protéines de la jonction neuromusculaire, et non auto-immunes.
Qu'est-ce que la dysphonie myasthénique ?
Une voix qui devient faible, nasonnée et qui s'épuise rapidement à la parole.
Le ptosis myasthénique est-il constant ?
Non, il est variable dans la journée, souvent pire le soir, et peut basculer d'un œil à l'autre.
Qu'est-ce que le 'faciès myasthénique' ?
Un visage triste, atone, avec des rides effacées, une bouche entrouverte et une incapacité à sourire ou siffler.
Quels muscles des membres sont préférentiellement touchés ?
La musculature des ceintures, soit les muscles proximaux des bras et des cuisses (secteurs axiaux et-proximaux).
Comment agissent les immunoglobulines intraveineuses (IgIV) ?
Leur mécanisme est complexe, mais elles modulent la réponse immunitaire et neutralisent les auto-anticorps circulants.
La myasthénie affecte-t-elle les muscles lisses ?
Non, elle n'affecte que les muscles striés squelettiques. Il n'y a pas de troubles sphinctériens ou digestifs directs.
L'atteinte respiratoire est-elle fréquente au début ?
Non, elle est rare au début mais peut survenir à tout moment, représentant une urgence vitale.
Un vaccin peut-il déclencher une myasthénie ?
Oui, une vaccination, comme une infection, peut être un facteur déclenchant d'une première poussée ou d'une aggravation.
Quel est le pronostic actuel de la myasthénie ?
Avec les traitements actuels, la mortalité est quasi nulle et la plupart des patients mènent une vie normale.
Qu'est-ce que le 'jitter' à l'EMG de fibre unique ?
C'est une mesure de la variabilité de la transmission neuromusculaire, très sensible pour détecter un dysfonctionnement même minime.
La sévérité de la maladie est-elle corrélée au taux d'anticorps anti-RAch ?
Non, il n'y a pas de corrélation entre le taux d'anticorps et la gravité clinique de la maladie.
Qu'est-ce que le syndrome myasthénique ?
Un bloc de la transmission synaptique au niveau de la jonction neuro-musculaire striée, causant un déficit de la force musculaire.
Quelle est la cause la plus fréquente de la myasthénie ?
Une maladie auto-immune où des anticorps attaquent la jonction neuromusculaire.
Quelle est la prévalence de la myasthénie ?
C'est une maladie rare, touchant environ 1 personne sur 10 000.
Quel est le ratio femme/homme pour la myasthénie ?
La maladie est plus fréquente chez la femme, avec un ratio de 2 femmes pour 1 homme.
Quels sont les deux pics de fréquence d'âge ?
20-40 ans, surtout chez les femmes, et 60-70 ans, surtout chez les hommes.
Citez trois facteurs déclenchants de la myasthénie.
Infections, traumatismes physiques ou psychologiques, grossesse, anesthésie ou certains médicaments.
Quel est le symptôme initial le plus courant (60%) ?
Un déficit moteur oculaire, comme un ptosis (paupière tombante) ou une diplopie (vision double).
Que comprend une atteinte bulbaire ?
Une dysphonie (voix nasonnée), une dysphagie (fausses routes) et des difficultés de mastication.
Quelle est la caractéristique principale du déficit moteur myasthénique ?
Sa fluctuation dans le temps et sa fatigabilité : il s'aggrave à l'effort et en fin de journée.
Par quoi le déficit moteur est-il typiquement aggravé ?
Par l'effort, la fin de journée et la chaleur (comme un sèche-cheveux).
Qu'est-ce qui améliore typiquement le déficit moteur ?
Le repos et le froid, ce qui est la base du test au glaçon sur la paupière.
Citez un signe négatif important à l'examen neurologique.
Les réflexes ostéo-tendineux sont normaux, et il n'y a pas de troubles sensitifs.
Quel examen confirme le bloc de conduction neuromusculaire ?
L'électroneuromyogramme (ENMG) avec stimulation répétitive à basse fréquence (3-5 Hz).
Que recherche-t-on à l'ENMG ?
Un décrément : une diminution d'amplitude d'au moins 10% du potentiel musculaire.
Quel est l'anticorps le plus souvent recherché ?
Les anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine (anti-RACh).
Quel est le pourcentage de positivité des Ac anti-RACh ?
Ils sont positifs dans 80% des cas, mais seulement 50% dans les formes oculaires pures.
Quel anticorps rechercher si les Ac anti-RACh sont négatifs ?
Les anticorps anti-MuSK (Muscle-Specific Kinase), positifs dans 10% des myasthénies généralisées.
Quel examen d'imagerie est essentiel pour explorer le thymus ?
Un scanner ou une IRM thoracique pour rechercher une anomalie thymique.
Quelles sont les deux anomalies thymiques possibles ?
Une hyperplasie thymique (65% des cas) ou un thymome (15% des cas).
Quelle est la pathologie auto-immune le plus fréquemment associée ?
La maladie de Basedow (hyperthyroïdie auto-immune).
Quel est le risque principal dans l'évolution de la myasthénie ?
L'aggravation brutale ou crise myasthénique, avec une atteinte respiratoire pouvant engager le pronostic vital.
Combien de formes oculaires pures le restent définitivement ?
Environ 10 à 15% des formes qui débutent par une atteinte oculaire exclusive.
Quel est le mécanisme d'action des anticholinestérasiques ?
Ils inhibent de façon réversible la cholinestérase, prolongeant ainsi l'action de l'acétylcholine.
Citez le nom commercial de la pyridostigmine.
MESTINON®. C'est le traitement symptomatique le plus utilisé.
Citez un anticholinestérasique injectable utilisé pour les tests.
La néostigmine (PROSTIGMINE®) ou l'édrophonium (TENSILON®).
Citez deux effets indésirables muscariniques des anticholinestérasiques.
Douleurs abdominales, diarrhées, hypersalivation, bradycardie ou myosis (rétrécissement de la pupille).
Quel est le diagnostic différentiel d'une crise cholinergique ?
Une crise myasthénique, car les signes respiratoires peuvent être similaires.
Quels sont les deux traitements d'urgence de la crise myasthénique ?
Les échanges plasmatiques ou les immunoglobulines intraveineuses (IgIV).
Quelle est l'indication systématique de la thymectomie ?
La présence d'un thymome, qu'il soit bénin ou malin.
Quel risque impose une instauration lente de la corticothérapie ?
Un risque d'aggravation transitoire de la faiblesse musculaire au début du traitement.
Quel est le rôle principal des immunosuppresseurs ?
Ils agissent comme épargneur cortisonique, permettant de réduire les doses de corticoïdes.
Citez un exemple d'immunosuppresseur utilisé.
Azathioprine (IMUREL®) ou mycophénolate mofétil (CELLCEPT®).
Quelle information capitale doit-on fournir au patient ?
La liste des médicaments contre-indiqués ou à utiliser avec précaution.
Quel conseil essentiel donner au patient concernant les médicaments ?
Ne jamais pratiquer d'auto-médication et informer tout médecin de sa maladie.
Quel document le patient doit-il porter sur lui ?
Une carte de myasthénique mentionnant sa maladie et son traitement.
Qu'est-ce que la manœuvre de Mary Walker ?
Un test clinique d'effort répété (ex: ouvrir et fermer les poings) pour provoquer la fatigabilité musculaire.
Qu'est-ce qu'une "cupule myasthénique" ?
C'est l'aspect visuel du décrément (>10%) à l'ENMG, caractéristique du bloc neuromusculaire.
Quel symptôme respiratoire est un signe d'urgence vitale ?
La dyspnée (difficulté à respirer), surtout si elle s'aggrave en position couchée, et une toux inefficace.
Quel faciès peut présenter un patient myasthénique ?
Un faciès atone, triste et inexpressif, avec une bouche entrouverte par atteinte des muscles faciaux.
Quelle est la durée d'action des anticholinestérasiques oraux ?
Leur action débute en 30 minutes et dure environ 3 à 4 heures.
Quel est le traitement des effets muscariniques des anticholinestérasiques ?
Un arrêt transitoire du traitement est parfois nécessaire. L'atropine peut être utilisée dans les cas sévères.
Quelle est la durée de l'efficacité des IgIV ou des échanges plasmatiques ?
L'efficacité est rapide mais transitoire, durant environ 2 à 4 semaines.
Quel est le pronostic actuel de la myasthénie avec traitement ?
Le pronostic est excellent, avec une mortalité aujourd'hui quasi-nulle.
Qu'est-ce que le syndrome de Lambert-Eaton ?
Un syndrome paranéoplasique rare avec un bloc pré-synaptique et des anticorps anti-canaux calciques.
À quel cancer le syndrome de Lambert-Eaton est-il souvent associé ?
Au cancer bronchique à petites cellules.
Citez un médicament pouvant induire une myasthénie iatrogène.
La D-pénicillamine. Les curares utilisés en anesthésie peuvent aussi démasquer ou aggraver une myasthénie.
Quelle est l'origine des myasthénies congénitales ?
Elles sont d'origine génétique et ne sont pas auto-immunes.
Quel est le principal diagnostic différentiel d'une atteinte oculaire isolée ?
Une orbitopathie basedowienne (thyroïdienne), qui peut aussi causer une diplopie.
Les troubles sphinctériens sont-ils un signe de myasthénie ?
Non. Il n'y a pas de troubles sphinctériens, ni de troubles sensitifs ou cognitifs.
Pourquoi une infection est-elle un facteur déclenchant fréquent ?
Car la réponse immunitaire lors d'une infection peut stimuler la production d'auto-anticorps et aggraver la maladie.
Fiche de révision
La Myasthénie
La myasthénie est une maladieneuromusculaire auto-immune chronique caractérisée par une faiblesse fluctuante et unefatigabilité des muscles striés. Elle est le résultat d'un dysfonctionnement au niveau de la jonction neuromusculaire.
1. Objectifs Pédagogiques
Diagnostiquer une myasthénie.
Connaître les traitements et planifierle suivi.
Connaître les médicaments contre-indiqués dans la myasthénie.
Identifier les situations d'urgence et planifier leur prise en charge.
2.Connaissances Antérieures sur le Syndrome Myasthénique
Le syndrome myasthénique fait partie des syndromes moteurs avec déficit de la force musculaire. Il correspond à un bloc de la transmission synaptique au niveau dela jonction neuro-musculaire striée.
La myasthénie est la cause la plus fréquente.
Il existe d'autres syndromes myasthéniques différant par le site de l'atteinte (pré- ou post-synaptique) etle mécanisme pathogène (auto-immun, paranéoplasique, toxique, médicamenteux).
3. Épidémiologie de la Myasthénie
Une personne sur 10 000 est environ touchée.
Ratio femme/homme : 2femmes pour 1 homme.
Peut survenir à tout âge, avec deux pics de fréquence :
20-40 ans : principalement les femmes.
60-70 ans : principalement les hommes.
Le début estgénéralement insidieux, mais parfois aigu sous l'action de facteurs déclenchants tels que :
Traumatisme physique ou psychologique.
Infections (très fréquentes).
Modifications endocriniennes chez la femme (puberté, grossesse, post-partum).
Anesthésie, vaccination.
4. Diagnostic Positif
Le diagnostic de la myasthénie repose sur l'identification d'un déficit de la force musculaire striée et ses caractéristiques.
Déficit de la force musculaire striée
Ce déficit peut être oculaire, bulbaire et facial, squelettique, ou respiratoire, avec des fréquences variables au début de la maladie.
Oculaire (60% au début) :
Ptosis palpébral uni- ou bilatéral (asymétrique).
Diplopie ou flou visuel disparaissant en vision monoculaire.
Bulbaire et facial (20% au début):
Dysphonie (voix faible et nasonnée).
Dysphagie (parfois fausses routes alimentaires), difficultés de mastication, mâchoire tombante, bouche entrouverte.
Effacement des rides, impossibilité de gonfler les joues, de sourire, de siffler, réalisant un faciès triste et inexpressif (atone).
Squelettique (20% au début) :
Atteinte de la musculature des membres et du tronc,avec une prédilection pour les secteurs proximaux et axiaux.
Respiratoire :
Dyspnée, toux inefficace, engagemet du pronostic vital.
Caractéristiquesdu déficit moteur
Fluctuation dans le temps (fatigabilité) :
Aggravation à l'effort.
Aggravation en fin de journée.
Amélioration au repos.
Le déficit peut s'aggraver pour des efforts dans un autre territoire musculaire ou prédominer dans des territoires différents selon les jours.
Manœuvre de Mary Walker.
Test à la Prostigmine®.
Influence de la température :
Aggravation par la chaleur (sèche-cheveux).
Amélioration par le froid (test du glaçon).
Absence de systématisationneurologique.
Signes négatifs
Tonus et trophicité musculaire normaux.
ROT (Réflexes Ostéo-Tendineux) normaux.
Pas de troubles sensitifs.
Pas de signes végétatifs, sensorielsou cognitifs (pas de troubles de l'accommodation pupillaire ni de troubles sphinctériens).
L'examen neurologique au repos peut être normal.
5. Examens Paracliniques
Les examens complémentaires sont essentiels pour confirmer le diagnostic demyasthénie.
Électroneuromyogramme (ENMG)
L'ENMG peut mettre en évidence le bloc de conduction de la jonction neuro-musculaire, y compris dans les territoires cliniquement indemnes.
Stimulation répétitive supra-maximale à faible fréquence (3-5 cycles par seconde) d'un nerf moteur avec mesure de l'amplitude du potentiel d'action musculaire évoqué.
L'ENMG est pathologique si un décrément d'aumoins 10% est observé entre le 1er et le 5ème potentiel (classiquement "cupule myasthénique").
Peut se corriger après injection d'anticholinestérasiques.
Parfois négatif (surtout si myasthénie oculaire pure) : l'examen en fibre unique (jitter) peut être réalisé.
Exemple : Décrément de 36% lors de la stimulation répétitive à 3 Hz de l'abducteur du Ve doigt.
Anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine (Ac anti-RAch)
Positifs dans 80% des cas, mais seulement 50% dans les formes oculaires pures.
Pas de corrélation avec la gravité de la maladie.
Intérêt diagnostique, mais pas dans la surveillance évolutive.
Autres auto-anticorps
Ac anti-MuSK (Muscle-Specific Kinase) :
Positifs dans 10% des myasthénies généralisées.
À rechercher uniquement si les Ac anti-RAch sont négatifs.
Présentation clinique différente, souvent plus grave.
Moindre effet des anticholinestérasiques.
Ac anti-LRP4 et anti-RAch à faible affinité.
Exploration thymique
Réalisée par Scanner ou IRM thoracique.
Anormal dans 80% des cas :
Hyperplasie thymique (65%).
Thymome bénin ou malin (15%).
Rôle dans la pathogénie : Théorie d'un antigène commun entre les cellules myoïdes du thymus et les récepteurs à l'acétylcholinede la jonction neuromusculaire.
Pathologie auto-immune associée
La myasthénie peut être associée à d'autres maladies auto-immunes :
Maladie de Basedow (très fréquente) : peut poserdes problèmes d'interprétation diagnostique par les troubles oculaires qu'elle peut induire.
Anémie de Biermer.
Lupus érythémateux disséminé.
Polymyosite, Vitiligo, Polyarthrite rhumatoïde.
6. Évolution Naturelle
L'évolution est imprévisible.
Caractérisée par des poussées et des rémissions.
10 à 15% des formes à début oculaire lerestent définitivement.
Risque permanent d'aggravation brutale, spontanée ou favorisée par les mêmes facteurs que le début de la maladie.
Avant l'ère des traitements :
Décès 1/3 (crise myasthénique).
Persistance ou aggravation 1/3.
Amélioration ou guérison 1/3.
7. Traitements de la Myasthénie
Les traitements visent à contrôler les symptômes et à moduler la réponse immunitaire.
Approche thérapeutique
Traitement symptomatique :
De fond : Anticholinestérasiques.
De crise : Plasmaphérèse, Immunoglobulines Intraveineuses (IgIV).
Traitement étiologique :
Thymectomie.
Corticoïdes.
Immunosuppresseurs.
Éviction des facteurs favorisants.
Résultat : La mortalité a significativement diminué, ~0%.
Traitement symptomatique : Anticholinestérasiques
Ces médicaments prolongent l'action de l'acétylcholine en inhibant de façon réversible sa dégradationpar la cholinestérase synaptique.
Pyridostigmine = MESTINON® (cp à 60 mg, forme retard en ATU).
Ambénonium = MYTELASE® (cp sécables à 10 mg).
Néostigmine = PROSTIGMINE® (injectable).
Edrophonium = TENSILON® (injectable).
Agissent par voie orale en 30 minutes et pendant 4 heuresenviron.
L'adaptation de la posologie est réalisée en fonction de la correction du déficit moteur.
Effets indésirables des anticholinestérasiques
Signes nicotiniques : fasciculations, crampes.
Signesmuscariniques : bradycardie, douleurs abdominales, diarrhées, nausées, vomissements, pollakiurie, hypersudation, hypersalivation, hypersécrétion bronchique, myosis.
Traitement des effets indésirables : arrêt transitoire des anticholinestérasiques, +/- atropine, parfois réanimation (si crise cholinergique).
Diagnostic différentiel à faire avec la CRISE MYASTHÉNIQUE.
Traitements de crise
Utilisés pour passer un cap critiqueen cas de crise myasthénique, avec une efficacité transitoire (2 à 4 semaines).
Échanges plasmatiques (5 à 7 séances).
Immunoglobulines intraveineuses (0,4 g/kg/jpendant 5 jours).
Traitement étiologique : Thymectomie
Systématique en cas de thymome.
Discutée en fonction de la sévérité de l'évolution et du caractère généralisé ou non de la sémiologie siabsence de thymome.
Abord chirurgical classique par thoracotomie ou voie endoscopique.
Traitement étiologique : Corticothérapie orale
La PRUDENCE est de mise car il existe un risque d'aggravation temporaire du blocsynaptique.
Instauration lentement progressive, en général en milieu hospitalier.
La dose d'entretien est de 1 mg/kg/jour.
Mesures associées fondamentales.
Permet en général une rémission cliniquecomplète avec arrêt des anticholinestérasiques en quelques semaines ou mois.
Réduction lente de la posologie jusqu'à un arrêt complet (rare).
Traitement étiologique : Immunosuppresseurs
Azathioprine (IMUREL®), ciclosporine, mycophénolate mofétil (CELLCEPT®).
En général associés à la corticothérapie orale pour renforcer son effet et permettre un arrêt plus rapide : sont des épargneurs cortisoniques.
À poursuivre plusieurs mois ou années après l'arrêtde la corticothérapie pour consolider la rémission.
8. Autres Mesures Thérapeutiques
Fournir au patient une liste des médicaments contre-indiqués dans la myasthénie : IMPERATIF. Pas d'auto-médication.
Carte de myasthénique dans le portefeuille.
ALD 30 (formes graves des affections neurologiques et musculaires).
9. Autres Syndromes Myasthéniques
Myasthénies iatrogènes et toxiques :D-pénicillamine (auto-immune), curares, organophosphorés (insecticides), botulisme.
Syndrome de Lambert-Eaton : syndrome paranéoplasique exceptionnel, avec bloc pré-synaptique de la jonction, anticorps anti-canaux calciques, en général associé à un cancer bronchique à petites cellules.
Myasthénies congénitales : d'origine génétique.
10. Diagnostic Différentiel
Psychasthénie ou syndromes dépressifs : la fatigabilité peut être au premierplan.
Autres causes de déficit musculaire strié : atteinte d'un autre étage de la voie motrice principale.
Cause locale à éliminer si le déficit est limité aux nerfs crâniens : orbitopathie basedowienne (très fréquente).
11. À Retenir
Clinique :
Déficit moteur pur – non systématisé – variable – fatigabilité.
Atteinte oculaire > bulbaire > squelettique.
Diagnostic positif :
ENMG (stimulations répétitives 3-5 Hz).
Anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine (Ac anti-RAch).
Traitement:
Anticholinestérasiques (très importants) – IgIV ou échanges plasmatiques.
Immunosuppression – Thymectomie.
ATTENTION À TOUS LES MÉDICAMENTS.
Éducation dupatient – pas d'auto-médication.
Références
Référentiel du Collège des Enseignants de Neurologie – 6ème édition, téléchargeable via le lien : http://www.cen-neurologie.fr/2eme-cycle/
Teste ta compréhension
1 / 10
Quel est l'item ECNi associé à la myasthénie ?
À quel âge la myasthénie touche-t-elle principalement les femmes ?
Quelle est l'une des caractéristiques principales du traitement de la myasthénie ?
Quel est le pourcentage de patients présentant un déficit oculaire au début de la myasthénie ?
Quel est le site principal de l'atteinte dans le syndrome myasthénique ?
Quel est un exemple de myasthénie iatrogène ?
À quels niveaux de connaissance (R2C) les éléments physiopathologiques de la myasthénie sont-ils classés ?
Quel anticholinestérasique est proposé sous forme de comprimé à 60 mg ?
À quels âges observe-t-on les deux pics de fréquence de la myasthénie ?
Dans quel pourcentage des cas les anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine sont-ils positifs ?
Continue avec ces leçons
Instruments de l'action publique environnementale
Analyse des acteurs, niveaux d'intervention (mondial, européen, national, local) et des outils tels que réglementation, taxes, subventions et quotas utilisés pour orienter les comportements économiques vers la protection de l'environnement.
Étudier cette leçonPropositions grammaticales au bac
Guide complet des propositions simples, coordonnées, principales et subordonnées (relatives, complétives, circonstantiennes, interrogatives) pour réussir la question de grammaire du Bac français.
Étudier cette leçon