Myasthénie : Diagnostic et Traitement

150 cartes

Explorer le diagnostic, les caractéristiques cliniques, les examens paracliniques et les différentes approches thérapeutiques de la myasthénie, y compris la gestion des urgences et les médicaments contre-indiqués.

100 cartes

Réviser
Question

Quelle est la physiopathologie de la myasthénie ?

Retourner la carte
Réponse

C'est une maladie auto-immune due à des anticorps dirigés contre les récepteurs de l'acétylcholine (RACh) sur la membrane post-synaptique.

Question

Qu'est-ce qu'un syndrome myasthénique ?

Retourner la carte
Réponse

Un bloc de la transmission synaptique au niveau de la jonction neuro-musculaire striée.

Question

Quelle est la prévalence de la myasthénie ?

Retourner la carte
Réponse

Maladie rare, touchant environ 1 personne sur 10 000.

Question

Quelle est la distribution de la myasthénie selon l'âge et le sexe ?

Retourner la carte
Réponse

Deux pics : 20-40 ans (surtout femmes) et 60-70 ans (surtout hommes). Ratio global de 2 femmes pour 1 homme.

Question

Quels sont les facteurs déclenchants d'une poussée myasthénique ?

Retourner la carte
Réponse

Infections, traumatismes, modifications endocriniennes, anesthésie ou certains médicaments.

Question

Quel est le symptôme initial le plus fréquent de la myasthénie ?

Retourner la carte
Réponse

Une atteinte oculaire (ptosis ou diplopie), présente dans 60% des cas au début.

Question

Décrivez les symptômes oculaires de la myasthénie.

Retourner la carte
Réponse

Un ptosis palpébral (paupière qui tombe), uni ou bilatéral et asymétrique, et une diplopie (vision double).

Question

Quels sont les symptômes bulbaires et faciaux ?

Retourner la carte
Réponse

Dysphonie (voix nasonnée), dysphagie (fausses routes), difficultés de mastication et un faciès atone, inexpressif.

Question

Quelle est la principale caractéristique du déficit moteur myasthénique ?

Retourner la carte
Réponse

Sa fluctuation dans le temps : il s'aggrave à l'effort et en fin de journée, et s'améliore au repos.

Question

Qu'est-ce que la manœuvre de Mary Walker ?

Retourner la carte
Réponse

Un test clinique pour révéler la fatigabilité musculaire par la répétition d'un mouvement, comme l'abduction/adduction des bras.

Question

Quel est l'effet de la température sur les symptômes myasthéniques ?

Retourner la carte
Réponse

Les symptômes sont aggravés par la chaleur et améliorés par le froid (test du glaçon sur le ptosis).

Question

Quels sont les signes dits 'négatifs' à l'examen neurologique ?

Retourner la carte
Réponse

Tonus, trophicité musculaire, et réflexes ostéotendineux (ROT) normaux. Absence de troubles sensitifs.

Question

L'examen neurologique peut-il être normal ?

Retourner la carte
Réponse

Oui, l'examen neurologique peut être entièrement normal au repos, entre les poussées.

Question

Quel examen électrique confirme le diagnostic de myasthénie ?

Retourner la carte
Réponse

L'électroneuromyogramme (ENMG) avec stimulation répétitive à basse fréquence (3-5 Hz).

Question

Que recherche l'ENMG dans la myasthénie ?

Retourner la carte
Réponse

Un décrément d'au moins 10% de l'amplitude du potentiel d'action musculaire entre la 1ère et la 5ème stimulation.

Question

Quel est le principal anticorps recherché dans le sang ?

Retourner la carte
Réponse

Les anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine (Ac anti-RAch).

Question

Quel est le pourcentage de positivité des Ac anti-RAch ?

Retourner la carte
Réponse

Positifs dans 80% des myasthénies généralisées et 50% des formes oculaires pures.

Question

Quel anticorps rechercher si les Ac anti-RAch sont négatifs ?

Retourner la carte
Réponse

Les anticorps anti-MuSK (Muscle-Specific Kinase), positifs dans 10% des formes généralisées séronégatives.

Question

Quelle exploration morphologique est systématique ?

Retourner la carte
Réponse

Une exploration du thymus par scanner ou IRM thoracique.

Question

Quelles anomalies thymiques peuvent être trouvées ?

Retourner la carte
Réponse

Une hyperplasie thymique (65% des cas) ou un thymome (15% des cas).

Question

Quelle est la pathologie auto-immune le plus fréquemment associée ?

Retourner la carte
Réponse

La maladie de Basedow (hyperthyroïdie auto-immune).

Question

Qu'est-ce qu'une crise myasthénique aiguë ?

Retourner la carte
Réponse

Une aggravation brutale avec détresse respiratoire, engageant le pronostic vital.

Question

Comment évolue une myasthénie non traitée ?

Retourner la carte
Réponse

L'évolution est imprévisible, alternant poussées et rémissions. Autrefois, la mortalité atteignait 1/3 des cas.

Question

Quels sont les deux grands axes du traitement de la myasthénie ?

Retourner la carte
Réponse

Le traitement symptomatique (anticholinestérasiques, IgIV) et le traitement étiologique (immunosuppresseurs, thymectomie).

Question

Quel est le traitement symptomatique de fond ?

Retourner la carte
Réponse

Les anticholinestérasiques, comme la pyridostigmine (Mestinon®).

Question

Comment agissent les anticholinestérasiques ?

Retourner la carte
Réponse

Ils inhibent réversiblement la cholinestérase, prolongeant ainsi l'action de l'acétylcholine dans la fente synaptique.

Question

Quels sont les effets secondaires des anticholinestérasiques ?

Retourner la carte
Réponse

Signes muscariniques (diarrhées, crampes abdominales, hypersalivation) et nicotiniques (fasciculations).

Question

Qu'est-ce qu'une crise cholinergique ?

Retourner la carte
Réponse

Un surdosage en anticholinestérasiques, provoquant une faiblesse musculaire paradoxale et des sécrétions excessives.

Question

Quels traitements sont utilisés en cas de crise aiguë ?

Retourner la carte
Réponse

Les échanges plasmatiques ou les immunoglobulines intraveineuses (IgIV), pour une efficacité rapide mais transitoire.

Question

Quand la thymectomie est-elle systématique ?

Retourner la carte
Réponse

En présence d'un thymome. Elle est discutée dans les formes généralisées du sujet jeune.

1 / 30
Voir les 100 cartes

Quel est le traitement de fond étiologique principal ?

La corticothérapie orale (prednisone), qui doit être initiée très prudemment en milieu hospitalier.

Quel est le risque principal à l'instauration de la corticothérapie ?

Une aggravation paradoxale et temporaire des symptômes myasthéniques durant les premiers jours.

À quoi servent les immunosuppresseurs comme l'azathioprine (Imurel®) ?

Ils agissent comme épargneurs de cortisone, permettant de réduire les doses de corticoïdes et de maintenir la rémission.

Quelle information capitale doit être donnée au patient ?

La liste des médicaments contre-indiqués et la consigne de ne jamais pratiquer d'automédication.

Citez une classe de médicaments formellement contre-indiquée.

Les curares, utilisés en anesthésie, sont absolument contre-indiqués.

Quel document le patient doit-il toujours avoir sur lui ?

Une carte de myasthénique, mentionnant sa maladie et les risques médicamenteux.

Comment est provoquée une myasthénie iatrogène à la D-pénicillamine ?

C'est une forme auto-immune induite par le médicament, réversible à son arrêt.

Qu'est-ce que le syndrome de Lambert-Eaton ?

Un syndrome myasthénique paranéoplasique avec bloc pré-synaptique, souvent lié au cancer bronchique à petites cellules.

Quelle est la cause des myasthénies congénitales ?

Elles sont d'origine génétique, liées à des mutations de protéines de la jonction neuromusculaire, et non auto-immunes.

Qu'est-ce que la dysphonie myasthénique ?

Une voix qui devient faible, nasonnée et qui s'épuise rapidement à la parole.

Le ptosis myasthénique est-il constant ?

Non, il est variable dans la journée, souvent pire le soir, et peut basculer d'un œil à l'autre.

Qu'est-ce que le 'faciès myasthénique' ?

Un visage triste, atone, avec des rides effacées, une bouche entrouverte et une incapacité à sourire ou siffler.

Quels muscles des membres sont préférentiellement touchés ?

La musculature des ceintures, soit les muscles proximaux des bras et des cuisses (secteurs axiaux et-proximaux).

Comment agissent les immunoglobulines intraveineuses (IgIV) ?

Leur mécanisme est complexe, mais elles modulent la réponse immunitaire et neutralisent les auto-anticorps circulants.

La myasthénie affecte-t-elle les muscles lisses ?

Non, elle n'affecte que les muscles striés squelettiques. Il n'y a pas de troubles sphinctériens ou digestifs directs.

L'atteinte respiratoire est-elle fréquente au début ?

Non, elle est rare au début mais peut survenir à tout moment, représentant une urgence vitale.

Un vaccin peut-il déclencher une myasthénie ?

Oui, une vaccination, comme une infection, peut être un facteur déclenchant d'une première poussée ou d'une aggravation.

Quel est le pronostic actuel de la myasthénie ?

Avec les traitements actuels, la mortalité est quasi nulle et la plupart des patients mènent une vie normale.

Qu'est-ce que le 'jitter' à l'EMG de fibre unique ?

C'est une mesure de la variabilité de la transmission neuromusculaire, très sensible pour détecter un dysfonctionnement même minime.

La sévérité de la maladie est-elle corrélée au taux d'anticorps anti-RAch ?

Non, il n'y a pas de corrélation entre le taux d'anticorps et la gravité clinique de la maladie.

Qu'est-ce que le syndrome myasthénique ?

Un bloc de la transmission synaptique au niveau de la jonction neuro-musculaire striée, causant un déficit de la force musculaire.

Quelle est la cause la plus fréquente de la myasthénie ?

Une maladie auto-immune où des anticorps attaquent la jonction neuromusculaire.

Quelle est la prévalence de la myasthénie ?

C'est une maladie rare, touchant environ 1 personne sur 10 000.

Quel est le ratio femme/homme pour la myasthénie ?

La maladie est plus fréquente chez la femme, avec un ratio de 2 femmes pour 1 homme.

Quels sont les deux pics de fréquence d'âge ?

20-40 ans, surtout chez les femmes, et 60-70 ans, surtout chez les hommes.

Citez trois facteurs déclenchants de la myasthénie.

Infections, traumatismes physiques ou psychologiques, grossesse, anesthésie ou certains médicaments.

Quel est le symptôme initial le plus courant (60%) ?

Un déficit moteur oculaire, comme un ptosis (paupière tombante) ou une diplopie (vision double).

Que comprend une atteinte bulbaire ?

Une dysphonie (voix nasonnée), une dysphagie (fausses routes) et des difficultés de mastication.

Quelle est la caractéristique principale du déficit moteur myasthénique ?

Sa fluctuation dans le temps et sa fatigabilité : il s'aggrave à l'effort et en fin de journée.

Par quoi le déficit moteur est-il typiquement aggravé ?

Par l'effort, la fin de journée et la chaleur (comme un sèche-cheveux).

Qu'est-ce qui améliore typiquement le déficit moteur ?

Le repos et le froid, ce qui est la base du test au glaçon sur la paupière.

Citez un signe négatif important à l'examen neurologique.

Les réflexes ostéo-tendineux sont normaux, et il n'y a pas de troubles sensitifs.

Quel examen confirme le bloc de conduction neuromusculaire ?

L'électroneuromyogramme (ENMG) avec stimulation répétitive à basse fréquence (3-5 Hz).

Que recherche-t-on à l'ENMG ?

Un décrément : une diminution d'amplitude d'au moins 10% du potentiel musculaire.

Quel est l'anticorps le plus souvent recherché ?

Les anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine (anti-RACh).

Quel est le pourcentage de positivité des Ac anti-RACh ?

Ils sont positifs dans 80% des cas, mais seulement 50% dans les formes oculaires pures.

Quel anticorps rechercher si les Ac anti-RACh sont négatifs ?

Les anticorps anti-MuSK (Muscle-Specific Kinase), positifs dans 10% des myasthénies généralisées.

Quel examen d'imagerie est essentiel pour explorer le thymus ?

Un scanner ou une IRM thoracique pour rechercher une anomalie thymique.

Quelles sont les deux anomalies thymiques possibles ?

Une hyperplasie thymique (65% des cas) ou un thymome (15% des cas).

Quelle est la pathologie auto-immune le plus fréquemment associée ?

La maladie de Basedow (hyperthyroïdie auto-immune).

Quel est le risque principal dans l'évolution de la myasthénie ?

L'aggravation brutale ou crise myasthénique, avec une atteinte respiratoire pouvant engager le pronostic vital.

Combien de formes oculaires pures le restent définitivement ?

Environ 10 à 15% des formes qui débutent par une atteinte oculaire exclusive.

Quel est le mécanisme d'action des anticholinestérasiques ?

Ils inhibent de façon réversible la cholinestérase, prolongeant ainsi l'action de l'acétylcholine.

Citez le nom commercial de la pyridostigmine.

MESTINON®. C'est le traitement symptomatique le plus utilisé.

Citez un anticholinestérasique injectable utilisé pour les tests.

La néostigmine (PROSTIGMINE®) ou l'édrophonium (TENSILON®).

Citez deux effets indésirables muscariniques des anticholinestérasiques.

Douleurs abdominales, diarrhées, hypersalivation, bradycardie ou myosis (rétrécissement de la pupille).

Quel est le diagnostic différentiel d'une crise cholinergique ?

Une crise myasthénique, car les signes respiratoires peuvent être similaires.

Quels sont les deux traitements d'urgence de la crise myasthénique ?

Les échanges plasmatiques ou les immunoglobulines intraveineuses (IgIV).

Quelle est l'indication systématique de la thymectomie ?

La présence d'un thymome, qu'il soit bénin ou malin.

Quel risque impose une instauration lente de la corticothérapie ?

Un risque d'aggravation transitoire de la faiblesse musculaire au début du traitement.

Quel est le rôle principal des immunosuppresseurs ?

Ils agissent comme épargneur cortisonique, permettant de réduire les doses de corticoïdes.

Citez un exemple d'immunosuppresseur utilisé.

Azathioprine (IMUREL®) ou mycophénolate mofétil (CELLCEPT®).

Quelle information capitale doit-on fournir au patient ?

La liste des médicaments contre-indiqués ou à utiliser avec précaution.

Quel conseil essentiel donner au patient concernant les médicaments ?

Ne jamais pratiquer d'auto-médication et informer tout médecin de sa maladie.

Quel document le patient doit-il porter sur lui ?

Une carte de myasthénique mentionnant sa maladie et son traitement.

Qu'est-ce que la manœuvre de Mary Walker ?

Un test clinique d'effort répété (ex: ouvrir et fermer les poings) pour provoquer la fatigabilité musculaire.

Qu'est-ce qu'une "cupule myasthénique" ?

C'est l'aspect visuel du décrément (>10%) à l'ENMG, caractéristique du bloc neuromusculaire.

Quel symptôme respiratoire est un signe d'urgence vitale ?

La dyspnée (difficulté à respirer), surtout si elle s'aggrave en position couchée, et une toux inefficace.

Quel faciès peut présenter un patient myasthénique ?

Un faciès atone, triste et inexpressif, avec une bouche entrouverte par atteinte des muscles faciaux.

Quelle est la durée d'action des anticholinestérasiques oraux ?

Leur action débute en 30 minutes et dure environ 3 à 4 heures.

Quel est le traitement des effets muscariniques des anticholinestérasiques ?

Un arrêt transitoire du traitement est parfois nécessaire. L'atropine peut être utilisée dans les cas sévères.

Quelle est la durée de l'efficacité des IgIV ou des échanges plasmatiques ?

L'efficacité est rapide mais transitoire, durant environ 2 à 4 semaines.

Quel est le pronostic actuel de la myasthénie avec traitement ?

Le pronostic est excellent, avec une mortalité aujourd'hui quasi-nulle.

Qu'est-ce que le syndrome de Lambert-Eaton ?

Un syndrome paranéoplasique rare avec un bloc pré-synaptique et des anticorps anti-canaux calciques.

À quel cancer le syndrome de Lambert-Eaton est-il souvent associé ?

Au cancer bronchique à petites cellules.

Citez un médicament pouvant induire une myasthénie iatrogène.

La D-pénicillamine. Les curares utilisés en anesthésie peuvent aussi démasquer ou aggraver une myasthénie.

Quelle est l'origine des myasthénies congénitales ?

Elles sont d'origine génétique et ne sont pas auto-immunes.

Quel est le principal diagnostic différentiel d'une atteinte oculaire isolée ?

Une orbitopathie basedowienne (thyroïdienne), qui peut aussi causer une diplopie.

Les troubles sphinctériens sont-ils un signe de myasthénie ?

Non. Il n'y a pas de troubles sphinctériens, ni de troubles sensitifs ou cognitifs.

Pourquoi une infection est-elle un facteur déclenchant fréquent ?

Car la réponse immunitaire lors d'une infection peut stimuler la production d'auto-anticorps et aggraver la maladie.

Fiche de révision

La Myasthénie

La myasthénie est une maladieneuromusculaire auto-immune chronique caractérisée par une faiblesse fluctuante et unefatigabilité des muscles striés. Elle est le résultat d'un dysfonctionnement au niveau de la jonction neuromusculaire.

1. Objectifs Pédagogiques

  • Diagnostiquer une myasthénie.

  • Connaître les traitements et planifierle suivi.

  • Connaître les médicaments contre-indiqués dans la myasthénie.

  • Identifier les situations d'urgence et planifier leur prise en charge.

2.Connaissances Antérieures sur le Syndrome Myasthénique

Le syndrome myasthénique fait partie des syndromes moteurs avec déficit de la force musculaire. Il correspond à un bloc de la transmission synaptique au niveau dela jonction neuro-musculaire striée.

  • La myasthénie est la cause la plus fréquente.

  • Il existe d'autres syndromes myasthéniques différant par le site de l'atteinte (pré- ou post-synaptique) etle mécanisme pathogène (auto-immun, paranéoplasique, toxique, médicamenteux).

3. Épidémiologie de la Myasthénie

  • Une personne sur 10 000 est environ touchée.

  • Ratio femme/homme : 2femmes pour 1 homme.

  • Peut survenir à tout âge, avec deux pics de fréquence :

    • 20-40 ans : principalement les femmes.

    • 60-70 ans : principalement les hommes.

  • Le début estgénéralement insidieux, mais parfois aigu sous l'action de facteurs déclenchants tels que :

    • Traumatisme physique ou psychologique.

    • Infections (très fréquentes).

    • Modifications endocriniennes chez la femme (puberté, grossesse, post-partum).

    • Anesthésie, vaccination.

4. Diagnostic Positif

Le diagnostic de la myasthénie repose sur l'identification d'un déficit de la force musculaire striée et ses caractéristiques.

Déficit de la force musculaire striée

Ce déficit peut être oculaire, bulbaire et facial, squelettique, ou respiratoire, avec des fréquences variables au début de la maladie.

  • Oculaire (60% au début) :

    • Ptosis palpébral uni- ou bilatéral (asymétrique).

    • Diplopie ou flou visuel disparaissant en vision monoculaire.

  • Bulbaire et facial (20% au début):

    • Dysphonie (voix faible et nasonnée).

    • Dysphagie (parfois fausses routes alimentaires), difficultés de mastication, mâchoire tombante, bouche entrouverte.

    • Effacement des rides, impossibilité de gonfler les joues, de sourire, de siffler, réalisant un faciès triste et inexpressif (atone).

  • Squelettique (20% au début) :

    • Atteinte de la musculature des membres et du tronc,avec une prédilection pour les secteurs proximaux et axiaux.

  • Respiratoire :

    • Dyspnée, toux inefficace, engagemet du pronostic vital.

Caractéristiquesdu déficit moteur

  • Fluctuation dans le temps (fatigabilité) :

    • Aggravation à l'effort.

    • Aggravation en fin de journée.

    • Amélioration au repos.

  • Le déficit peut s'aggraver pour des efforts dans un autre territoire musculaire ou prédominer dans des territoires différents selon les jours.

    • Manœuvre de Mary Walker.

    • Test à la Prostigmine®.

  • Influence de la température :

    • Aggravation par la chaleur (sèche-cheveux).

    • Amélioration par le froid (test du glaçon).

  • Absence de systématisationneurologique.

Signes négatifs

  • Tonus et trophicité musculaire normaux.

  • ROT (Réflexes Ostéo-Tendineux) normaux.

  • Pas de troubles sensitifs.

  • Pas de signes végétatifs, sensorielsou cognitifs (pas de troubles de l'accommodation pupillaire ni de troubles sphinctériens).

  • L'examen neurologique au repos peut être normal.

5. Examens Paracliniques

Les examens complémentaires sont essentiels pour confirmer le diagnostic demyasthénie.

Électroneuromyogramme (ENMG)

L'ENMG peut mettre en évidence le bloc de conduction de la jonction neuro-musculaire, y compris dans les territoires cliniquement indemnes.

  • Stimulation répétitive supra-maximale à faible fréquence (3-5 cycles par seconde) d'un nerf moteur avec mesure de l'amplitude du potentiel d'action musculaire évoqué.

  • L'ENMG est pathologique si un décrément d'aumoins 10% est observé entre le 1er et le 5ème potentiel (classiquement "cupule myasthénique").

  • Peut se corriger après injection d'anticholinestérasiques.

  • Parfois négatif (surtout si myasthénie oculaire pure) : l'examen en fibre unique (jitter) peut être réalisé.

Exemple : Décrément de 36% lors de la stimulation répétitive à 3 Hz de l'abducteur du Ve doigt.

Anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine (Ac anti-RAch)

  • Positifs dans 80% des cas, mais seulement 50% dans les formes oculaires pures.

  • Pas de corrélation avec la gravité de la maladie.

  • Intérêt diagnostique, mais pas dans la surveillance évolutive.

Autres auto-anticorps

  • Ac anti-MuSK (Muscle-Specific Kinase) :

    • Positifs dans 10% des myasthénies généralisées.

    • À rechercher uniquement si les Ac anti-RAch sont négatifs.

    • Présentation clinique différente, souvent plus grave.

    • Moindre effet des anticholinestérasiques.

  • Ac anti-LRP4 et anti-RAch à faible affinité.

Exploration thymique

  • Réalisée par Scanner ou IRM thoracique.

  • Anormal dans 80% des cas :

    • Hyperplasie thymique (65%).

    • Thymome bénin ou malin (15%).

  • Rôle dans la pathogénie : Théorie d'un antigène commun entre les cellules myoïdes du thymus et les récepteurs à l'acétylcholinede la jonction neuromusculaire.

Pathologie auto-immune associée

La myasthénie peut être associée à d'autres maladies auto-immunes :

  • Maladie de Basedow (très fréquente) : peut poserdes problèmes d'interprétation diagnostique par les troubles oculaires qu'elle peut induire.

  • Anémie de Biermer.

  • Lupus érythémateux disséminé.

  • Polymyosite, Vitiligo, Polyarthrite rhumatoïde.

6. Évolution Naturelle

  • L'évolution est imprévisible.

  • Caractérisée par des poussées et des rémissions.

  • 10 à 15% des formes à début oculaire lerestent définitivement.

  • Risque permanent d'aggravation brutale, spontanée ou favorisée par les mêmes facteurs que le début de la maladie.

  • Avant l'ère des traitements :

    • Décès 1/3 (crise myasthénique).

    • Persistance ou aggravation 1/3.

    • Amélioration ou guérison 1/3.

7. Traitements de la Myasthénie

Les traitements visent à contrôler les symptômes et à moduler la réponse immunitaire.

Approche thérapeutique

  • Traitement symptomatique :

    • De fond : Anticholinestérasiques.

    • De crise : Plasmaphérèse, Immunoglobulines Intraveineuses (IgIV).

  • Traitement étiologique :

    • Thymectomie.

    • Corticoïdes.

    • Immunosuppresseurs.

  • Éviction des facteurs favorisants.

Résultat : La mortalité a significativement diminué, ~0%.

Traitement symptomatique : Anticholinestérasiques

Ces médicaments prolongent l'action de l'acétylcholine en inhibant de façon réversible sa dégradationpar la cholinestérase synaptique.

  • Pyridostigmine = MESTINON® (cp à 60 mg, forme retard en ATU).

  • Ambénonium = MYTELASE® (cp sécables à 10 mg).

  • Néostigmine = PROSTIGMINE® (injectable).

  • Edrophonium = TENSILON® (injectable).

  • Agissent par voie orale en 30 minutes et pendant 4 heuresenviron.

  • L'adaptation de la posologie est réalisée en fonction de la correction du déficit moteur.

Effets indésirables des anticholinestérasiques

  • Signes nicotiniques : fasciculations, crampes.

  • Signesmuscariniques : bradycardie, douleurs abdominales, diarrhées, nausées, vomissements, pollakiurie, hypersudation, hypersalivation, hypersécrétion bronchique, myosis.

  • Traitement des effets indésirables : arrêt transitoire des anticholinestérasiques, +/- atropine, parfois réanimation (si crise cholinergique).

  • Diagnostic différentiel à faire avec la CRISE MYASTHÉNIQUE.

Traitements de crise

Utilisés pour passer un cap critiqueen cas de crise myasthénique, avec une efficacité transitoire (2 à 4 semaines).

  • Échanges plasmatiques (5 à 7 séances).

  • Immunoglobulines intraveineuses (0,4 g/kg/jpendant 5 jours).

Traitement étiologique : Thymectomie

  • Systématique en cas de thymome.

  • Discutée en fonction de la sévérité de l'évolution et du caractère généralisé ou non de la sémiologie siabsence de thymome.

  • Abord chirurgical classique par thoracotomie ou voie endoscopique.

Traitement étiologique : Corticothérapie orale

La PRUDENCE est de mise car il existe un risque d'aggravation temporaire du blocsynaptique.

  • Instauration lentement progressive, en général en milieu hospitalier.

  • La dose d'entretien est de 1 mg/kg/jour.

  • Mesures associées fondamentales.

  • Permet en général une rémission cliniquecomplète avec arrêt des anticholinestérasiques en quelques semaines ou mois.

  • Réduction lente de la posologie jusqu'à un arrêt complet (rare).

Traitement étiologique : Immunosuppresseurs

  • Azathioprine (IMUREL®), ciclosporine, mycophénolate mofétil (CELLCEPT®).

  • En général associés à la corticothérapie orale pour renforcer son effet et permettre un arrêt plus rapide : sont des épargneurs cortisoniques.

  • À poursuivre plusieurs mois ou années après l'arrêtde la corticothérapie pour consolider la rémission.

8. Autres Mesures Thérapeutiques

  • Fournir au patient une liste des médicaments contre-indiqués dans la myasthénie : IMPERATIF. Pas d'auto-médication.

  • Carte de myasthénique dans le portefeuille.

  • ALD 30 (formes graves des affections neurologiques et musculaires).

9. Autres Syndromes Myasthéniques

  • Myasthénies iatrogènes et toxiques :D-pénicillamine (auto-immune), curares, organophosphorés (insecticides), botulisme.

  • Syndrome de Lambert-Eaton : syndrome paranéoplasique exceptionnel, avec bloc pré-synaptique de la jonction, anticorps anti-canaux calciques, en général associé à un cancer bronchique à petites cellules.

  • Myasthénies congénitales : d'origine génétique.

10. Diagnostic Différentiel

  • Psychasthénie ou syndromes dépressifs : la fatigabilité peut être au premierplan.

  • Autres causes de déficit musculaire strié : atteinte d'un autre étage de la voie motrice principale.

  • Cause locale à éliminer si le déficit est limité aux nerfs crâniens : orbitopathie basedowienne (très fréquente).

11. À Retenir

  • Clinique :

    • Déficit moteur pur – non systématisé – variable – fatigabilité.

    • Atteinte oculaire > bulbaire > squelettique.

  • Diagnostic positif :

    • ENMG (stimulations répétitives 3-5 Hz).

    • Anticorps anti-récepteurs à l'acétylcholine (Ac anti-RAch).

  • Traitement:

    • Anticholinestérasiques (très importants) – IgIV ou échanges plasmatiques.

    • Immunosuppression – Thymectomie.

    • ATTENTION À TOUS LES MÉDICAMENTS.

    • Éducation dupatient – pas d'auto-médication.

Références

Teste ta compréhension

1 / 10

Quel est l'item ECNi associé à la myasthénie ?

Continue avec ces leçons