Microéconomie: Principes, Structures de Marché, et Commerce International
30 cartesThis document provides an overview of microeconomics, covering topics such as market principles, supply and demand, elasticity, market structures (perfect competition, monopoly, monopolistic competition, oligopoly), externalities, public goods, and international trade. It includes detailed explanations, graphical representations, and examples to illustrate economic concepts. The course is structured into lectures, with assessments including a theoretical exam, a practical test, and a structured article analysis.
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Décris le problème du passager clandestin dans le contexte des biens publics.
Le problème du passager clandestin survient car les biens publics sont non excluables. Il y a donc une incitation à en bénéficier sans payer, laissant les autres financer le bien.
Quelle est la différence entre un prix plafond non contraignant et un prix plafond contraignant ?
Un prix plafond non contraignant est fixé au-dessus du prix d'équilibre et n'affecte pas le marché. Un prix plafond contraignant est fixé en dessous du prix d'équilibre, créant une pénurie car la quantité demandée dépasse la quantité offerte.
Illustre comment un bien peut être un bien substitut pour un bien et un bien complémentaire pour un autre, à l'aide d'un exemple.
Le café est un bien substitut au thé. Si le prix du thé augmente, la demande de café augmente. Le café et le sucre sont des biens complémentaires. Si le prix du sucre augmente, la demande de café diminue.
Définis l'avantage comparatif et montre pourquoi il est plus important que l'avantage absolu pour les gains à l'échange.
L'avantage comparatif réside dans la capacité à produire un bien à un coût d'opportunité plus faible. Il est plus important que l'avantage absolu car il permet des gains à l'échange mutuellement bénéfiques, même si un pays n'est pas le plus efficace dans la production de tous les biens.
Explique comment le surplus du consommateur se réduit lorsque le prix d'un bien augmente.
Une augmentation du prix réduit le surplus du consommateur car il paye plus cher pour la même quantité, diminuant ainsi la différence entre son consentement à payer et le prix payé.
Explique les deux différences principales entre la concurrence monopolistique et la concurrence parfaite à long terme.
À long terme, en concurrence monopolistique, le profit économique est nul () mais . En concurrence parfaite, le profit est aussi nul, mais et le coût total moyen est minimisé.
Comment un droit de douane crée-t-il une perte sèche et redistribue-t-il le bien-être entre les acteurs du marché ?
Un droit de douane augmente le prix des biens importés, réduisant le surplus du consommateur et augmentant le surplus du producteur national. L'État perçoit des recettes fiscales, mais la distorsion du marché crée une perte sèche.
À court terme, comment une entreprise en concurrence parfaite détermine-t-elle sa quantité de production optimale ?
L'entreprise détermine sa quantité optimale en produisant là où le coût marginal (<span data-latex=
Pourquoi l'élasticité prix de la demande varie-t-elle le long d'une courbe de demande linéaire ?
La pente d'une courbe de demande linéaire est constante, mais l'élasticité prix varie car elle est calculée en pourcentage, reflétant les changements relatifs de prix et de quantité à différents points de la courbe.
Comment une taxe unitaire sur les producteurs modifie-t-elle l'équilibre du marché et le bien-être total ?
Une taxe unitaire sur les producteurs réduit l'offre, augmentant le prix payé par les consommateurs et diminuant le prix reçu par les producteurs. Cela entraîne une réduction de la quantité échangée, une diminution du surplus des consommateurs et des producteurs, et crée une perte sèche, réduisant le bien-être total.
Explique la différence entre microéconomie et macroéconomie.
La microéconomie étudie les décisions individuelles des ménages et entreprises. La macroéconomie analyse l'économie dans son ensemble (PIB, inflation, chômage).
Définis l'économie et énumère les trois questions fondamentales qu'une économie de marché doit résoudre.
L'économie étudie comment la société gère ses ressources rares. Une économie de marché doit répondre aux questions: Quoi produire ?, Comment produire ?, et Pour qui produire ?
Comment la discrimination parfaite par les prix permet-elle à un monopoleur d'éliminer la perte sèche et de capturer tout le surplus du consommateur ?
Le monopoleur discrimine en facturant à chaque consommateur le prix maximal qu'il est prêt à payer. Ainsi, le surplus du consommateur est capturé par le monopoleur, et la quantité produite augmente jusqu'à ce que le prix corresponde au coût marginal, éliminant la perte sèche.
Pourquoi un monopoleur facture-t-il un prix supérieur au coût marginal et produit-il une quantité inférieure à celle du marché concurrentiel ?
Un monopoleur maximise son profit en produisant là où le revenu marginal () égale le coût marginal (), mais il fixe un prix supérieur au car sa courbe de demande est décroissante. Cela résulte en une quantité produite inférieure à celle d'un marché concurrentiel, où le prix est égal au .
Quelles sont les barrières à l'entrée dans un monopole naturel et pourquoi existent-elles ?
Les barrières à l'entrée dans un monopole naturel incluent les économies d'échelle, qui permettent à une seule firme de produire à un coût inférieur à celui de plusieurs firmes. Ces barrières empêchent d'autres entreprises d'entrer sur le marché.
Qu'est-ce qu'un marché en concurrence parfaite ? Quelles sont ses caractéristiques principales ?
Un marché en concurrence parfaite se caractérise par un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs, des biens homogènes, une liberté d'entrée et de sortie, et une information parfaite. Les acteurs sont donc preneurs de prix.
Qu'est-ce que la courbe de Lorenz et comment le coefficient de Gini mesure-t-il l'inégalité des revenus ?
La courbe de Lorenz représente graphiquement la répartition des revenus. Le coefficient de Gini mesure l'inégalité des revenus sur une échelle de 0 (égalité parfaite) à 1 (inégalité absolue), calculé à partir de l'aire entre la courbe de Lorenz et la ligne d'égalité parfaite.
Explique le concept d'équilibre de long terme en concurrence parfaite et pourquoi le profit économique est nul à ce stade.
En concurrence parfaite, l'équilibre de long terme se caractérise par l'entrée de nouvelles firmes lorsque les profits économiques sont positifs, et la sortie lorsqu'ils sont négatifs. Ce processus continue jusqu'à ce que le profit économique soit nul. Cela se produit lorsque le prix du marché () est égal au coût total moyen le plus bas () et au coût marginal (). Ainsi, les firmes produisent à leur échelle optimale sans profit économique excédentaire.
Qu'est-ce qu'une externalité négative de production ? Donne un exemple et explique comment la taxe Pigouvienne y remédie.
Une externalité négative de production survient quand l'action d'une entreprise nuit involontairement à un tiers sans compensation. Exemple : la pollution d'une usine. Une taxe Pigouvienne, égale au coût externe marginal, internalise cette externalité en ajoutant le coût externe au coût privé de production.
Qu'est-ce que le dilemme du prisonnier et comment s'applique-t-il aux décisions des oligopoleurs ?
Le dilemme du prisonnier est un jeu où la coopération est mutuellement bénéfique mais difficile à maintenir. Aux oligopoleurs, il s'applique car chaque entreprise a intérêt à tricher sur un accord de cartel (ex: produire plus), craignant que l'autre ne le fasse, résultant en un équilibre non coopératif.
Fiche de révision
Économie 1 : Concepts Fondamentaux et Structures de Marché
Ce cours présente les outils de base pour comprendre les mécanismes et les intuitions d'une économie de marché néo-classique, principalement axée sur la microéconomie.
Chapitre 1 & 2: Introduction à l'Économie
Définition de l'économie: Étude de la façon dont les individus et la société gèrent leurs ressources limitées pour satisfaire leurs besoins et améliorer leur bien-être. Le bien-être est mesuré par des indicateurs comme le PIB, l'inflation, le chômage, mais aussi les inégalités et l'environnement.
3 questions fondamentales de l'économie de marché:
Quels biens et services produire ?
Comment produire ces biens et services ?
À qui distribuer ces biens et services ?
Branches de l'économie:
Microéconomie: Étudie les décisions des individus, ménages et entreprises.
Macroéconomie: Étudie l'économie dans son ensemble (PIB, inflation, chômage).
Économie positive: Décrit et explique les phénomènes économiques.
Économie normative: Prescrit des solutions aux problèmes économiques.
Modélisation économique: Utilise des représentations simplifiées (souvent mathématiques) de la réalité, avec des variables endogènes (déterminées par le modèle, ex: dans ) et exogènes (affectant le modèle mais non affectées par lui, ex: ).
Types de graphiques:
Séries chronologiques: Une variable sur une période.
Graphiques à barres avec données transversales: Une variable à un moment donné pour différents pays.
Chapitre 3: Les Forces de Marché: Offre et Demande
Ce chapitre introduit les fondements des marchés concurrentiels.
1. Hypothèses du marché concurrentiel
Concurrence parfaite: Grand nombre d'acheteurs et vendeurs, biens homogènes, liberté d'entrée et de sortie. Les entreprises et consommateurs sont preneurs de prix (price takers).
2. Théorie de la Demande
Courbe de demande: Montre les quantités qu'un consommateur est prêt à acheter à différents prix. Elle est généralement décroissante.
Mouvements le long de la courbe: Changement de la quantité demandée dû à un changement du prix du bien.
Déplacement de la courbe: Changement de la demande dû à d'autres variables (prix des biens proches, revenu, goûts, anticipations, nombre d'acheteurs).
Biens substituts: L'augmentation du prix de l'un entraîne une augmentation de la demande de l'autre (ex: café et thé).
Biens complémentaires: L'augmentation du prix de l'un entraîne une réduction de la demande de l'autre (ex: voitures et pneus).
Biens normaux: La demande augmente avec le revenu.
Biens inférieurs: La demande diminue avec le revenu (ex: trajets en bus).
Demande de marché: Somme horizontale des demandes individuelles.
3. Théorie de l'Offre
Courbe d'offre: Montre les quantités qu'un producteur est prêt à vendre à différents prix. Elle est généralement croissante.
Mouvements le long de la courbe: Changement de la quantité offerte dû à un changement du prix du bien.
Déplacement de la courbe: Changement de l'offre dû à d'autres variables (prix des facteurs de production, technologie, disponibilité des ressources, anticipations, nombre de producteurs).
Offre de marché: Somme horizontale des offres individuelles.
4. Théorie de l'Ajustement des Marchés
Équilibre: Situation où la quantité offerte égale la quantité demandée. Il n'y a pas d'incitation à modifier le prix ou la quantité.
Surplus et pénurie:
Pénurie: Quantité demandée > quantité offerte; le prix augmente.
Surplus: Quantité offerte > quantité demandée; le prix diminue.
Changements d'équilibre: Déplacements de l'offre, de la demande, ou des deux.
Si une seule courbe se déplace, l'effet sur le prix et la quantité est clair.
Si les deux courbes se déplacent, l'effet sur une des variables peut être ambigu.
5. ÉLasticité
Définition: Mesure la sensibilité d'une variable à un changement dans une autre variable.
Élasticité-prix de la demande (): Réponse de la quantité demandée à un changement de prix.
Demande parfaitement inélastique: (quantité inchangée).
Demande parfaitement élastique: (quantité très sensible).
Demande isoélastique: .
Demande inélastique: .
Demande élastique: .
Déterminants: Substituts, définition du marché, horizon temporel.
Calcul de l'élasticité: Méthode standard ou méthode du point médian pour plus de précision.
Élasticité, revenus et dépenses: L'impact d'une variation de prix sur les recettes totales () dépend de l'élasticité de la demande.
Élasticité et pente: La pente d'une courbe de demande linéaire est constante, mais l'élasticité varie le long de cette courbe.
Élasticité-prix de l'offre (): Réponse de la quantité offerte à un changement de prix. Déterminants: flexibilité des vendeurs, horizon temporel.
Élasticité-revenu de la demande (): Mesure la réaction de la quantité demandée à un changement de revenu. Positive pour les biens normaux, négative pour les biens inférieurs.
Élasticité-prix croisée de la demande (): Mesure la réaction de la quantité demandée d'un bien () à un changement du prix d'un autre bien (). Positive pour les substituts, négative pour les complémentaires.
Chapitre 4: Formation de la Demande: Les Choix des Consommateurs
1. Introduction
La théorie du consommateur explique comment la courbe de demande est construite, basée sur les courbes d'indifférence et d'utilité.
2. Contrainte budgétaire et choix
La contrainte budgétaire montre les combinaisons de biens qu'un consommateur peut acheter avec un revenu donné.
Les changements de revenu ou de prix des biens déplacent cette contrainte.
3. Déduction de la courbe de Demande
Une diminution du prix d'un bien modifie la contrainte budgétaire, permettant de déduire la relation entre le prix et la quantité demandée, formant ainsi la courbe de demande.
Chapitre 5: Formation de l'Offre: Les Firmes sur les Marchés Concurrentiels
Ce chapitre explique comment les entreprises décident de produire et de fixer les prix en concurrence parfaite.
1. Introduction
But de l'entreprise: Maximiser son profit ().
Coûts économiques vs. comptables: Les coûts économiques incluent les coûts implicites (coûts d'opportunité) en plus des coûts explicites.
Court terme vs. long terme: À court terme, au moins un facteur de production (ex: capital ) est fixe ; à long terme, tous les facteurs sont variables.
1. But de l’entreprise
Une entreprise veut surtout gagner le plus d’argent possible.
Le profit = argent gagné − coûts.
ΠT=RT−CT\Pi_T = R_T - C_TΠT=RT−CT
RTR_TRT = recettes totales (l’argent reçu grâce aux ventes)
CTC_TCT = coûts totaux (dépenses)
ΠT\Pi_TΠT = profit
Exemple simple
Une entreprise vend pour 10 000€ et dépense 7 000€.
➡️ Profit = 10 000 − 7 000 = 3 000€.
2. Coûts économiques vs coûts comptables
Coûts comptables
= Les dépenses visibles.
Exemples :
salaires
loyer
électricité
machines
➡️ C’est l’argent réellement payé.
Coûts économiques
= coûts comptables + coûts implicites.
Les coûts implicites = ce qu’on “sacrifie”.
On appelle ça le coût d’opportunité.
Exemple
Tu utilises ton propre local pour ton magasin.
Comptablement : tu ne paies pas de loyer.
Économiquement : tu perds l’argent que tu aurais gagné en louant ce local à quelqu’un.
➡️ Donc ce “manque à gagner” est aussi un coût.
3. Court terme vs long terme
Court terme
Au moins un facteur est fixe.
Exemple :
l’usine
les machines
le bâtiment
➡️ L’entreprise ne peut pas tout changer rapidement.
Elle peut seulement changer certaines choses comme :
le nombre d’employés
les heures de travail
Exemple simple
Une boulangerie ne peut pas construire une nouvelle usine en 1 semaine.
Long terme
Tous les facteurs peuvent changer.
➡️ L’entreprise peut :
acheter de nouvelles machines
agrandir l’usine
changer totalement la production
Exemple
Après plusieurs années, la boulangerie peut ouvrir une deuxième usine.
2. Production
Fonction de production: Relation entre les inputs (facteurs de production, ex: travail , capital ) et l'output (quantité produite ).
Productivité marginale (): Augmentation de la production totale due à une unité supplémentaire d'input.
Productivité marginale décroissante: Au-delà d'un certain point, l'ajout d'une unité d'input variable à un facteur fixe diminue la production marginale.
3. Coûts
Coût total (): Somme des coûts fixes () et des coûts variables ().
Coût marginal (): Coût de production d'une unité supplémentaire. .
Coûts moyens:
Coût total moyen (): .
Coût fixe moyen (): .
Coût variable moyen (): .
Les courbes de coûts moyens sont en forme de "U" et le coupe le et le à leur minimum.
4. Coûts à long terme
À long terme, tous les inputs sont variables. Le Coût total moyen de long terme () est l'enveloppe inférieure des courbes de de court terme, montrant les rendements d'échelle.
5. Marché concurrentiel
Caractéristiques: Nombreux acheteurs/vendeurs, biens homogènes, information parfaite, libre entrée/sortie. Les entreprises sont preneuses de prix.
Revenu de l'entreprise: En concurrence parfaite, le Revenu marginal () et le Revenu moyen () sont égaux au prix du marché ().
6. Maximisation du profit en concurrence parfaite (analyse marginale)
Règle de maximisation du profit: Produire tant que . À l'optimum, . Puisque , alors .
Décisions de production à court terme:
Si profit (), l'entreprise produit.
Si perte () mais (profit opérationnel), l'entreprise continue à produire pour couvrir une partie des coûts fixes.
Si , l'entreprise ferme (seuil de fermeture).
Équilibre de long terme: Le profit économique est nul () en raison de la libre entrée/sortie, ce qui signifie .
Courbe d'offre: À court terme, c'est la partie de la courbe de au-dessus du seuil de fermeture. À long terme, c'est la partie de la courbe de au-dessus du point d'entrée/sortie.
Chapitre 6: Consommateurs, Producteurs et Efficacité des Marchés
Ce chapitre explore l'économie du bien-être et les notions de surplus.
1. Introduction
L'économie du bien-être cherche à maximiser le bien-être social, mesuré par le surplus total.
2. Surplus du consommateur (SC)
Définition: Différence entre le consentement à payer (CAP) maximum d'un acheteur et le prix réellement payé. C'est une mesure du bénéfice des acheteurs.
Calcul: La surface sous la courbe de demande et au-dessus du prix. Une baisse de prix augmente le SC.
3. Surplus du producteur (SP)
Définition: Différence entre le prix reçu par le producteur et son coût marginal de production. C'est une mesure du bénéfice des vendeurs.
Calcul: La surface au-dessus de la courbe d'offre et en dessous du prix. Une augmentation de prix augmente le SP.
4. Efficience des marchés
Surplus total (): . Un marché est efficient s'il maximise le ST.
Équilibre du marché: Maximise le ST. Il est efficient au sens de Pareto (impossible d'améliorer le bien-être d'un individu sans dégrader celui d'un autre).
Limites: L'efficience en concurrence parfaite est théorique (pouvoir de marché, externalités, asymétries d'information, équité).
Chapitre 7: Offre, Demande et Politiques Publiques
1. Introduction
Les gouvernements peuvent intervenir via le contrôle des prix (plafond/plancher) ou les taxes et subsides.
2. Contrôle des prix
Prix plafond: Prix maximum légal. S'il est contraignant (inférieur au prix d'équilibre), il crée une pénurie et réduit le surplus total.
Prix plancher: Prix minimum légal. S'il est contraignant (supérieur au prix d'équilibre), il crée un surplus (chômage pour le salaire minimum) et réduit le surplus total.
3. Taxes et subsides
Taxe unitaire: Montant payé au gouvernement pour chaque unité. Elle crée un écart entre le prix payé par l'acheteur et le prix reçu par le vendeur. L'incidence de la taxe est partagée entre acheteurs et vendeurs.
Impact de la taxation sur le bien-être: Les taxes réduisent le surplus total et créent une perte sèche (deadweight loss).
Élasticité et charge de la taxe: La charge de la taxe est supportée davantage par la partie dont la courbe est la moins élastique.
Pression fiscale et recette fiscale: Une augmentation de la taxe n'entraîne pas toujours une hausse de la recette fiscale (courbe de Laffer).
Subside unitaire: Montant payé par le gouvernement pour chaque unité. Il augmente la quantité échangée mais crée aussi une perte sèche.
Chapitre 8: Biens Publics et Ressources Communes
Ce chapitre aborde les défaillances de marché liées à la nature des biens.
1. Types de biens et défaillances de marchés
Deux caractéristiques:
Excluabilité: On peut empêcher la consommation si non-payée.
Rivalité: La consommation par un individu réduit la disponibilité pour les autres.
Quatre types de biens:
Biens privés: Excluables et rivaux (ex: chocolat).
Biens de club: Excluables et non rivaux (ex: TV câblée).
Ressources communes: Non excluables et rivaux (ex: poissons, pâturages).
Biens publics: Non excluables et non rivaux (ex: éclairage public, feux d'artifice).
Les biens non-excluables posent des problèmes d'efficience sans intervention.
2. Biens publics et problème du passager clandestin
Passager clandestin: Bénéficier du bien sans le payer. Le marché seul ne peut pas fournir efficacement les biens publics.
L'intervention gouvernementale est nécessaire pour financer ces biens (ex: via taxes).
3. Ressources communes et tragédie des biens communs
Tragédie des biens communs: Sur-utilisation et surexploitation d'une ressource commune due à l'absence d'excluabilité et la rivalité, si les incitations privées dominent les incitations sociales. (ex: Hardin et les pâturages).
L'intervention gouvernementale (réglementation, droits de propriété) est nécessaire pour assurer une gestion efficiente.
Chapitre 9: Les Externalités
Ce chapitre traite des conséquences de l'action d'un agent sur le bien-être d'un autre.
1. Externalités et défaillances des marchés
Définition: Une externalité survient lorsque l'action d'un agent affecte le bien-être d'un autre sans compensation.
Les marchés seuls sont inefficients car les coûts/bénéfices privés ne reflètent pas les coûts/bénéfices sociaux.
Types d'externalités: Négatives/positives, de production/consommation.
2. Externalités négatives
L'équilibre privé produit une quantité à un prix plus bas que l'optimum social (ex: pollution). Le social est supérieur au privé.
3. Externalités positives
L'équilibre privé produit une quantité à un prix plus bas que l'optimum social (ex: éducation). La valeur sociale est supérieure à la valeur privée.
4. Internalisation des externalités
Théorème de Coase: Si les coûts de transaction sont faibles, les parties peuvent négocier pour atteindre l'optimum social.
Taxe Pigouvienne: Impôt pour internaliser les externalités négatives (coût égal au dommage social marginal). Un subside Pigouvien peut être utilisé pour les externalités positives.
Autres politiques publiques: Réglementations (ex: seuils de pollution) et permis de pollution négociables.
Chapitre 10: Décision de Production des Firmes
Ce chapitre approfondit les choix de facteurs de production.
1. Isoquants et isocoûts
Isoquant: Montre toutes les combinaisons de facteurs de production () pouvant produire une quantité donnée d'output.
Taux marginal de substitution technique (TMST): Pente de l'isoquant, montre à quel taux un facteur peut être substitué par un autre.
Isocoût: Droite montrant les différentes combinaisons de facteurs de production pouvant être achetées avec un budget donné. .
2. Combinaison optimale des facteurs de production
L'allocation optimale se trouve au point de tangence entre l'isoquant et l'isocoût le plus bas, minimisant les coûts pour une quantité donnée.
Chapitre 11: Monopole
Ce chapitre analyse la structure de marché où une seule firme est présente.
1. Caractéristiques
Une seule firme, bien sans substitut proche, barrières à l'entrée. Le monopoleur est faiseur de prix (price maker).
Barrières à l'entrée: Ressources spécifiques, barrières légales (brevets, droits d'auteur), monopoles naturels (économies d'échelle).
2. Courbe de demande du monopoleur
C'est la demande du marché, donc elle est décroissante. Le est inférieur au prix ().
3. Maximisation du profit
Court terme: . Le profit peut être positif, négatif ou nul.
Long terme: Le profit positif persiste grâce aux barrières à l'entrée.
4. Coût du monopole en termes de bien-être
Le monopole entraîne une allocation inefficace des ressources et une perte sèche car .
5. Discrimination par les prix
Vendre le même bien à des prix différents à différents consommateurs. La discrimination parfaite augmente le profit, supprime la perte sèche et le surplus du consommateur.
6. Politiques publiques et monopoles
Lois antitrust, réglementation des monopoles, propriété publique.
Chapitre 12: Concurrence Monopolistique
Ce chapitre examine un marché avec de nombreuses firmes vendant des biens différenciés.
1. Caractéristiques
Nombreuses entreprises, biens différenciés, liberté d'entrée et de sortie. Les entreprises sont faiseuses de prix.
2. Différenciation des produits
Sources: publicité, marques, innovation. Permet de satisfaire des besoins différents mais augmente les coûts.
3. Courbe de demande
Elle est décroissante, comme en monopole, mais plus élastique. Le est inférieur au .
4. Maximisation du profit
Court terme: Identique au monopole, . Profit peut être positif, négatif ou nul.
Long terme: En raison de la libre entrée/sortie, le profit économique est nul (), ce qui signifie .
5. Coût de la concurrence monopolistique en termes de bien-être
Allocation inefficace des ressources et perte sèche car .
6. Comparaison avec la concurrence parfaite à long terme
Ressemblance: Profit économique nul.
Différences:
Capacité excédentaire: Quantité produite inférieure au seuil de rentabilité.
Mark-up: .
Chapitre 13: Oligopole
Ce chapitre analyse les marchés dominés par un petit nombre de vendeurs.
1. Caractéristiques
Peu d'entreprises, biens différenciés ou identiques, entrée difficile. Les entreprises sont faiseuses de prix.
Interdépendance: L'action d'une firme affecte les profits des autres.
2. Oligopole entre monopole et concurrence monopolistique
Les prix et quantités se situent entre ceux du monopole et de la concurrence parfaite.
Collusion: Entente entre firmes pour agir comme un monopole (restreindre la production, augmenter les prix). Un cartel est une collusion explicite.
3. Théorie des jeux et coopération
Dilemme du prisonnier: Illustre la difficulté de maintenir la coopération même si elle est mutuellement avantageuse, car chaque joueur a une incitation à tricher.
L'équilibre est souvent un équilibre non coopératif (équilibre de Nash), où chaque joueur choisit la meilleure stratégie compte tenu des choix des autres.
Jeux séquentiels: Les joueurs prennent leurs décisions les uns après les autres.
4. Conclusion sur l'oligopole
Réduction de la production, , perte sèche. Les politiques publiques visent à réguler les fusions et prévenir les collusions.
Chapitre 16: Inégalités de Revenu et Pauvreté
Ce chapitre explore la mesure et les causes des inégalités.
1. Mesure des inégalités
Inégalité des revenus: Analyse la distribution des revenus dans la population (par quintiles).
Courbe de Lorenz: Représente la relation entre le pourcentage cumulé des ménages et le pourcentage cumulé du revenu. Plus la courbe est éloignée de la diagonale, plus l'inégalité est grande.
Coefficient de Gini: Mesure l'inégalité de revenu, varie de 0 (égalité absolue) à 1 (inégalité absolue). .
Taux de pauvreté: Pourcentage de la population dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté (fixé à 60% du revenu médian en Europe).
2. Causes des inégalités croissantes
Facteurs démographiques (personnes âgées, familles monoparentales), précarisation de l'emploi (temps partiel, contrats temporaires), réduction de l'importance des salaires, maximisation de la valorisation des actions par les entreprises.
3. Politiques de réduction des inégalités
Politique de taxation progressive: Réduit les inégalités.
Loi sur les salaires minimum.
Prestations sociales (allocations).
Chapitre 17: Interdépendance et Gains à l'Échange
1. Frontière des Possibilités de Production (FPP)
Indique les combinaisons de biens qu'une économie peut produire.
Illustre la rareté, le coût d'opportunité, et l'efficience. Des avancées technologiques peuvent déplacer la FPP.
2. Avantage absolu et avantage comparatif
Avantage absolu: Produire un bien avec moins d'inputs ou plus d'output.
Avantage comparatif: Produire un bien à un coût d'opportunité plus faible. Les gains à l'échange se basent sur l'avantage comparatif.
Chaque pays doit se spécialiser dans ce pour quoi il a un avantage comparatif et échanger.
3. Avantages et inconvénients du commerce international
Avantages: Bénéfices mutuels, spécialisation, croissance économique, concurrence, innovation.
Inconvénients: Termes de l'échange non acceptables, impact environnemental, inégalités, droits sociaux, perte d'emplois.
4. Échanges, gagnants et perdants
Déterminants de l'échange: Comparaison du prix domestique avec le prix mondial. Un pays sera exportateur si son prix domestique est inférieur au prix mondial, et importateur s'il est supérieur.
Pays exportateur: Les producteurs gagnent, les consommateurs perdent, mais le surplus total du pays augmente.
Pays importateur: Les consommateurs gagnent, les producteurs perdent, mais le surplus total du pays augmente.
5. Restrictions à l'échange
Droits de douane: Taxe sur les biens importés, augmente les prix et crée une perte sèche.
Quotas à l'importation: Limitation de la quantité importée, augmente les prix et crée une perte sèche.
Barrières non tarifaires: Standards de qualité, réglementations administratives.
Ces restrictions augmentent les prix et réduisent l'efficience, mais peuvent être justifiées par des arguments non économiques (environnement, sécurité nationale).
✅ FICHE MÉMO – CE QUI TE MANQUE (ESSENTIEL EXAMEN)
🔴 1. ÉQUILIBRE DU MARCHÉ (TRÈS IMPORTANT)
✅ À SAVOIR PARFAITEMENT
Condition :
Offre = Demande
Résoudre :
trouver P* et Q*
Interprétation :
Intersection = équilibre
Aucun incitant à changer
🔴 2. MÉTHODE DES DÉPLACEMENTS (EXAMEN CLASSIQUE)
✅ Les 3 étapes OBLIGATOIRES :
Identifier : → Offre OU Demande ?
Direction : → droite (↑) ou gauche (↓)
Conclusion : → effet sur :
Prix (↑ ou ↓)
Quantité (↑ ou ↓)
⚠️ À maîtriser :
Situation | Prix | Quantité |
|---|---|---|
Demande ↑ | ↑ | ↑ |
Demande ↓ | ↓ | ↓ |
Offre ↑ | ↓ | ↑ |
Offre ↓ | ↑ | ↓ |
⚠️ Cas tricky :
👉 Offre ET Demande changent
1 variable → sûre
1 variable → ambiguë ❗
🔴 3. ÉLASTICITÉ (ULTRA IMPORTANT)
✅ Formule :
ε = (%ΔQ) / (%ΔP)
✅ Point médian :
ΔQ / moyenne Q
----------------
ΔP / moyenne P
✅ Types :
ε > 1 → élastique
ε < 1 → inélastique
ε = 1 → unitaire
✅ LIEN AVEC RECETTE (TRÈS IMPORTANT)
Type | Si P ↑ → Recette |
|---|---|
Élastique | ↓ |
Inélastique | ↑ |
Unitaire | = |
🔴 4. COÛTS ET PRODUCTION
✅ Relations clés :
Cm = pente CT
Cm coupe :
CTM au minimum
CVM au minimum
✅ Productivité marginale :
PM ↓ ⇒ Cm ↑
🔴 5. RÈGLE FONDAMENTALE (À SAVOIR PAR CŒUR)
✅ MAX PROFIT :
p = Cm
✅ POURQUOI ?
produire + ⇒ coût > recette ❌
produire - ⇒ perte d’opportunité ❌
👉 donc optimum = égalité
🔴 6. SHUTDOWN POINT (EXAMEN TRÈS FRÉQUENT)
✅ Condition :
p < CVM ⇒ fermer
✅ Donc :
shutdown = min(CVM)
✅ Cas :
Situation | Décision |
|---|---|
p > CTM | profit |
CVM < p < CTM | perte mais produit |
p < CVM | ferme ❌ |
🔴 7. COURBE D’OFFRE (IMPORTANT)
✅ Court terme :
Offre = Cm au-dessus de CVM
✅ Long terme :
p = CTMLT
profit = 0
🔴 8. SURPLUS (TRÈS IMPORTANT)
✅ À SAVOIR :
SC = aire sous demande – prix
SP = aire au-dessus offre – prix
✅ Surplus total :
ST = SC + SP
✅ Marché efficient :
→ maximisation ST
🔴 9. TAXES (CHAPITRE PIÈGE)
✅ À SAVOIR ABSOLUMENT :
crée écart :
p acheteur = p vendeur + taxe
✅ Effets :
Q ↓
prix acheteur ↑
prix vendeur ↓
✅ Recette fiscale :
Taxe × Quantité
✅ PERTE SÈCHE :
👉 perte de bien-être
✅ INCIDENCE :
👉 qui paie ?
Courbe | Supporte plus |
|---|---|
inélastique | paie plus |
🔴 10. BIENS PUBLICS (PIÈGE THÉORIQUE)
✅ À savoir :
non excluable → passager clandestin
solution : → intervention État
🔴 11. EXTERNALITÉS
✅ Différence clé :
Type | Relation |
|---|---|
Négative | Cm social > Cm privé |
Positive | Valeur sociale > privée |
✅ Optimum social :
≠ équilibre marché ❌
✅ Solution :
taxe Pigouvienne
subside
🔴 12. STRUCTURES DE MARCHÉ (SUPER IMPORTANT)
👉 FAIRE DES COMPARAISONS
✅ Concurrence parfaite
p = Cm
efficace ✅
✅ Monopole
p > Cm
inefficace ❌
perte sèche
✅ Concurrence monopolistique
p > Cm
profit = 0 à LT
✅ Oligopole
interdépendance
Nash
collusion possible
🔴 13. GRAPHIQUES (INDISPENSABLE ❗)
👉 TU DOIS savoir dessiner :
Offre / Demande
taxe
surplus
monopole
concurrence parfaite
🔴 14. FPP & COMMERCE
✅ À maîtriser :
coût d’opportunité
avantage comparatif (IMPORTANT) → base de l’échange
✅ Commerce :
Pays | Effet |
|---|---|
exportateur | producteurs gagnent |
importateur | consommateurs gagnent |
Introduction à l'Économie et aux Marchés
L'économie est l'étude de la manière dont les individus et les sociétés allouent leurs ressources rares pour satisfaire leurs besoins et améliorer leur bien-être. Elle se divise en deux branches principales : la microéconomie, qui analyse les décisions des agents individuels (ménages, entreprises) et leur interaction sur les marchés, et la macroéconomie, qui étudie l'économie dans son ensemble (PIB, inflation, chômage). L'économie utilise la modélisation économique pour simplifier la réalité, distinguant les variables endogènes (expliquées par le modèle) des variables exogènes (affectant le modèle sans en être affectées).La théorie des marchés concurrentiels
Les marchés concurrentiels, ou marchés en concurrence parfaite, sont caractérisés par : un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs, des biens homogènes, une liberté d'entrée et de sortie, ce qui rend les acteurs "preneurs de prix" (price takers).La demande
La courbe de demande illustre la quantité d'un bien que les consommateurs sont prêts à acheter à différents niveaux de prix. Elle est généralement décroissante, reflétant la loi de la demande.- Un changement du prix du bien entraîne un mouvement le long de la courbe de demande.
- Un changement d'autres variables (prix des biens proches, revenu, goûts, anticipations, nombre d'acheteurs) provoque un déplacement de la courbe de demande.
L'offre
La courbe d'offre représente la quantité d'un bien que les producteurs sont prêts à vendre à différents niveaux de prix. Elle est généralement croissante.- Un changement du prix du bien entraîne un mouvement le long de la courbe d'offre.
- Un changement d'autres variables (prix des facteurs de production, technologie, disponibilité des ressources naturelles, anticipations, nombre de producteurs) provoque un déplacement de la courbe d'offre.
Équilibre et élasticité
L'équilibre du marché est déterminé par l'intersection des courbes d'offre et de demande, où la quantité offerte égale la quantité demandée. Une pénurie () entraîne une hausse des prix, tandis qu'un surplus () entraîne une baisse des prix pour restaurer l'équilibre.L'élasticité mesure la sensibilité d'une variable à la variation d'une autre.
- L'élasticité-prix de la demande () indique comment la quantité demandée varie en pourcentage suite à un changement de prix. Elle peut être parfaitement inélastique (), inélastique (), unitaire (), élastique () ou parfaitement élastique (). Ses déterminants incluent la disponibilité des substituts, la définition du marché et l'horizon temporel.
- L'élasticité-prix de l'offre () mesure la réponse de la quantité offerte à un changement de prix.
- L'élasticité-revenu de la demande () indique comment la quantité demandée varie avec le revenu des consommateurs.
- L'élasticité-prix croisée de la demande () mesure la sensibilité de la demande d'un bien aux changements de prix d'un bien .
Formation de l'offre et comportements des firmes
Les firmes opèrent sous l'objectif de maximiser leur profit total (), où est le revenu total et le coût total. Les coûts se divisent en coûts explicites (paiements effectifs) et coûts implicites (coûts d'opportunité).Coûts de production
À court terme, certains facteurs de production sont fixes (ex: capital), tandis qu'à long terme, tous sont variables.- La fonction de production relie les intrants (capital , travail ) aux extrants ().
- La productivité marginale mesure l'augmentation de due à l'ajout d'une unité d'intrant. Elle est souvent décroissante.
- Les coûts totaux () sont la somme des coûts fixes () et des coûts variables ().
- Le coût marginal () est le coût de production d'une unité supplémentaire.
- Les coûts moyens incluent le coût total moyen (), le coût fixe moyen () et le coût variable moyen (). Le croise toujours le et le à leur minimum.
Marchés concurrentiels: maximisation du profit
En concurrence parfaite, les firmes sont preneuses de prix et leur demande est parfaitement élastique. Elles maximisent leur profit en produisant une quantité où le revenu marginal () est égal au coût marginal (), et où le prix () est égal au .Le seuil de fermeture (shutdown point) est atteint lorsque le prix est égal au minimum du . En dessous de ce prix, la firme arrête de produire à court terme. À long terme, avec la libre entrée et sortie, le profit économique est nul et le prix est égal au minimum du (coût total moyen de long terme).
Efficacité des marchés et politiques publiques
L'économie du bien-être évalue l'efficacité des marchés en maximisant le surplus total (), somme du surplus du consommateur () et du surplus du producteur (). L'équilibre du marché concurrentiel maximise ce et est efficient au sens de Pareto.Interventions gouvernementales
Les gouvernements interviennent sur les marchés pour diverses raisons :- Contrôle des prix (prix plafond ou prix plancher) : peut entraîner des pénuries ou des surplus et réduire le . Exemple : salaire minimum (prix plancher) entraînant du chômage.
- Taxes et subsides :
- Les taxes unitaires augmentent les prix payés par les acheteurs et réduisent ceux reçus par les vendeurs. Elles créent une perte sèche (deadweight loss), une réduction du . La charge de la taxe incombe davantage à la partie dont l'élasticité est la moins élevée. La courbe de Laffer illustre qu'une taxe trop élevée peut réduire les recettes fiscales.
- Les subsides unitaires ont l'effet inverse, encourageant la production et la consommation, mais peuvent aussi générer une perte sèche.
- Les taxes unitaires augmentent les prix payés par les acheteurs et réduisent ceux reçus par les vendeurs. Elles créent une perte sèche (deadweight loss), une réduction du . La charge de la taxe incombe davantage à la partie dont l'élasticité est la moins élevée. La courbe de Laffer illustre qu'une taxe trop élevée peut réduire les recettes fiscales.
Défaillances de marché
Certains biens et situations entraînent des défaillances de marché nécessitant une intervention :- Les biens publics (non excluables et non rivaux) sont sujets au problème du passager clandestin, nécessitant une fourniture publique (ex: éclairage public).
- Les ressources communes (non excluables mais rivales) sont sujettes à la tragédie des biens communs (surexploitation), comme les poissons ou les pâturages.
- Les externalités sont des effets non compensés d'une activité sur un tiers. Les externalités négatives (ex: pollution) entraînent une production excessive du point de vue social, tandis que les externalités positives (ex: éducation) entraînent une production insuffisante. Des solutions privées (Théorème de Coase) ou publiques (taxes/subsides Pigouviens, réglementations, permis de pollution) sont possibles pour internaliser ces externalités.
Structures de marché
Au-delà de la concurrence parfaite, il existe diverses structures de marché avec une concurrence imparfaite :- Le monopole : un vendeur unique avec des barrières à l'entrée (ressources spécifiques, barrières légales, monopoles naturels). Le monopoleur est un "faiseur de prix" et son profit est maximisé quand . Cela conduit à un prix plus élevé et une quantité plus faible qu'en concurrence parfaite, créant une perte sèche.
La discrimination par les prix permet au monopoleur d'augmenter son profit en vendant le même bien à des prix différents.
- La concurrence monopolistique : beaucoup de firmes avec liberté d'entrée et de sortie, mais des biens similaires mais non identiques (différenciation des produits). Les firmes sont aussi faiseuses de prix, et à long terme, leurs profits économiques sont nuls (), avec la possibilité d'une capacité excédentaire et un prix supérieur au coût marginal (mark-up).
- L'oligopole : petit nombre de vendeurs offrant des produits similaires ou identiques, avec des barrières à l'entrée. L'interdépendance entre les firmes est cruciale. Elles ont un intérêt à la collusion (cartel) pour agir comme un monopole, mais la théorie des jeux, notamment le dilemme du prisonnier, montre la difficulté de maintenir la coopération due aux incitations à tricher.
Les politiques publiques visent à réguler les oligopoles par des lois antitrust et la punition des collusions.
Société et Économie
Inégalités
Les inégalités de revenu sont mesurées par des outils comme la courbe de Lorenz et le coefficient de Gini (variant de 0 pour égalité absolue à 1 pour inégalité absolue). Le taux de pauvreté représente le pourcentage de la population sous un seuil de revenu prédéfini. Les causes des inégalités incluent des facteurs démographiques, l'augmentation des emplois précaires et la concentration de la richesse. Des politiques comme la taxation progressive, le salaire minimum et les prestations sociales visent à les réduire.Interdépendance et échange
La Frontière des Possibilités de Production (FPP) illustre les combinaisons de biens qu'une économie peut produire. Les gains à l'échange se basent sur l'avantage comparatif (coût d'opportunité plus faible) plutôt que l'avantage absolu (moins d'intrants). Un pays se spécialise dans le bien pour lequel il a un avantage comparatif, puis échange.Introduction à l'Économie
L'économie étudie comment les individus et les sociétés gèrent leurs ressources limitées pour satisfaire des besoins illimités. Elle se divise en deux branches principales :- La microéconomie qui analyse les décisions des agents individuels (ménages, entreprises) et leurs interactions sur les marchés.
- La macroéconomie qui examine l'économie dans son ensemble (inflation, chômage, croissance économique).
Les Questions Fondamentales et l'Économie comme Science
L'économie de marché doit répondre à trois questions essentielles : Quels biens et services produire ? Comment les produire ? et À qui les distribuer ? L'approche peut être soit positive (décrire et expliquer les faits économiques), soit normative (prescrire des solutions).La Théorie des Marchés Concurrentiels : Offre et Demande
Les marchés concurrentiels sont caractérisés par un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs, des biens homogènes, et une liberté d'entrée et de sortie, faisant des acteurs des "preneurs de prix".La Demande
La courbe de demande illustre la relation inverse entre le prix d'un bien et la quantité que les consommateurs sont prêts à acheter.- Un changement du prix du bien entraîne un mouvement le long de la courbe.
- La variation d'autres facteurs (revenu, prix des substituts ou complémentaires, goûts, anticipations, nombre d'acheteurs) provoque un déplacement de la courbe de demande.
L'Offre
La courbe d'offre montre la relation directe entre le prix et la quantité qu'un producteur est disposé et capable de vendre.- Un changement du prix du bien entraîne un mouvement le long de la courbe d'offre.
- La modification d'autres variables (prix des facteurs de production, technologie, nombre de producteurs, anticipations) provoque un déplacement de la courbe d'offre.
Ajustement et Équilibre des Marchés
L'interaction entre l'offre et la demande détermine le prix et la quantité d'équilibre, où la quantité offerte égale la quantité demandée.- Un excédent (surplus) se produit lorsque la quantité offerte dépasse la quantité demandée, entraînant une baisse des prix.
- Une pénurie survient lorsque la quantité demandée excède la quantité offerte, stimulant une hausse des prix.
L'Élasticité
L'élasticité mesure la sensibilité d'une variable à la variation d'une autre.- L'élasticité-prix de la demande () indique la réaction de la quantité demandée à un changement de prix. Elle peut être inélastique (), unitaire (), ou élastique ().
- L'élasticité-prix de l'offre () mesure la réaction de la quantité offerte à un changement de prix.
- L'élasticité-revenu de la demande () détermine si un bien est normal ou inférieur.
- L'élasticité-prix croisée de la demande () indique si deux biens sont substituts ou complémentaires.
La Formation de la Demande et de l'Offre
Choix des Consommateurs
La contrainte budgétaire représente les combinaisons de biens qu'un consommateur peut acheter avec un revenu donné. Les changements de revenu ou de prix déplacent cette contrainte.Décisions des Firmes (Théorie du Producteur)
L'objectif principal d'une entreprise est de maximiser son profit total (). Les coûts se divisent en coûts fixes (indépendants de la production) et coûts variables (dépendants de la production).- La productivité marginale () diminue généralement au-delà d'un certain point en raison des rendements décroissants.
- Le coût marginal () représente l'augmentation du coût total due à la production d'une unité supplémentaire.
- Les coûts moyens (CTM, CVM, CFM) sont des coûts par unité produite. Le coût marginal coupe toujours les courbes de coût moyen à leur minimum.
L'Efficacité des Marchés : Surplus du Consommateur et du Producteur
L'économie du bien-être cherche à maximiser le bien-être social en utilisant les concepts de surplus du consommateur (SC) et de surplus du producteur (SP).Surplus du Consommateur (SC)
Le SC est la différence entre le consentement à payer et le prix effectivement payé. Il est graphiquement représenté par la zone sous la courbe de demande et au-dessus du prix du marché.Surplus du Producteur (SP)
Le SP est la différence entre le prix reçu par le producteur et son coût de production (Cm). Il est graphiquement représenté par la zone au-dessus de la courbe d'offre et en dessous du prix du marché.Efficience des Marchés
L'équilibre du marché maximise le surplus total (ST = SC + SP), ce qui le rend efficient au sens de Pareto.Les Interventions sur les Marchés
Le gouvernement intervient pour corriger les défaillances de marché ou influencer la distribution des ressources.Contrôle des Prix
- Les prix plafonds sont des prix maximums légaux. S'ils sont contraignants, ils créent des pénuries et réduisent le surplus total.
- Les prix planchers sont des prix minimums légaux. S'ils sont contraignants, ils peuvent créer des excédents ou du chômage.
Taxes et Subventions
- Les taxes unitaires créent un différentiel entre le prix payé par l'acheteur et le prix reçu par le vendeur, générant des recettes fiscales pour le gouvernement mais entraînant une perte sèche (réduction du surplus total).
L'incidence de la taxe dépend de l'élasticité de l'offre et de la demande.
- Les subventions unitaires sont des montants payés par le gouvernement pour chaque unité produite ou achetée. Elles augmentent la quantité échangée mais créent également une perte sèche.
Biens Publics et Externalités
Types de Biens
Les biens sont classés selon leur excluabilité et leur rivalité :- Biens privés (excluable et rival)
- Biens publics (non excluable et non rival, comme l'éclairage public). Ils sont sujets au problème du passager clandestin.
- Ressources communes (non excluable et rival, comme les poissons en mer). Elles sont sujettes à la tragédie des biens communs (surexploitation).
- Biens de club (excluable et non rival, comme la télévision câblée)
Externalités
Une externalité est l'impact d'une action d'un agent sur le bien-être d'un autre sans compensation.- Externalités négatives (ex: pollution) : le coût social est supérieur au coût privé.
- Externalités positives (ex: éducation) : le bénéfice social est supérieur au bénéfice privé.
Comportement des Firmes et Structures de Marché
Au-delà de la concurrence parfaite, il existe des marchés imparfaitement concurrentiels.Monopole
Un monopole est un marché avec un unique vendeur, qui est un faiseur de prix et fait face à des barrières à l'entrée.Concurrence Monopolistique
De nombreuses firmes vendent des produits différenciés, avec liberté d'entrée et de sortie. La courbe de demande est décroissante, et à long terme, le profit économique est nul () mais , entraînant une capacité excédentaire et une perte sèche.Oligopole
Un petit nombre de vendeurs dominent le marché, produisant des biens similaires ou identiques. La principale caractéristique est l'interdépendance des décisions entre les firmes.Société et Économie : Inégalités et Échanges
Inégalités
Les inégalités de revenus sont mesurées par la courbe de LorenzÉchanges et Gains à l'Échange
La Frontière des Possibilités de Production (FPP) montre les combinaisons de biens qu'une économie peut produire.- Un pays a un avantage absolu s'il produit un bien avec moins d'intrants.
- Un pays a un avantage comparatif s'il produit un bien à un coût d'opportunité plus faible. Les gains à l'échange reposent sur l'avantage comparatif.
Restrictions à l'Échange
Les restrictions (droits de douane, quotas) augmentent les prix et créent des pertes sèches.Économie 1 : Concepts fondamentaux et structures de marché
L'économie est l'étude de la manière dont les individus et les sociétés allouent des ressources rares pour satisfaire leurs besoins. Ce cours, BECGE1110 – Économie 1, dispensé à l'UCLouvain Saint-Louis-Bruxelles par le professeur Bertrand Hamaide, plonge dans les mécanismes des économies de marché néoclassiques, en se basant sur le manuel "Principes de l'économie" de Mankiw et Taylor (6e édition).
Partie 1 : Introduction à l'économie
L'économie se penche sur la répartition des ressources pour le bien-être individuel et sociétal. Elle répond à trois questions fondamentales : quels biens et services produire, comment les produire, et à qui les distribuer. Elle se divise en deux branches principales :
- Microéconomie : Étudie les décisions des agents individuels (ménages, entreprises) et leur interaction sur les marchés.
- Macroéconomie : Analyse l'économie dans son ensemble (PIB, inflation, chômage).
L'économie utilise également la modélisation économique pour représenter des réalités simplifiées, avec des variables endogènes (dépendent du modèle, comme la quantité demandée) et exogènes (affectent le modèle sans être affectées par lui, comme le prix).
Partie 2 : La théorie des marchés concurrentiels
Offre et demande
Un marché concurrentiel (concurrence parfaite) se caractérise par un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs, des biens homogènes et une liberté d'entrée et de sortie, rendant les acteurs preneurs de prix.
-
La courbe de demande : Représente la quantité d'un bien que les consommateurs sont prêts à acheter à différents prix.
- Un changement de prix provoque un mouvement le long de la courbe.
- Un changement d'autres variables (prix des substituts/compléments, revenu, goûts) entraîne un déplacement de la courbe.
- La demande de marché est la somme horizontale des demandes individuelles.
- Un changement de prix provoque un mouvement le long de la courbe.
-
La courbe d'offre : Indique la quantité qu'un producteur est disposé et capable de vendre à divers prix.
- Un changement de prix provoque un mouvement le long de la courbe.
- Un changement d'autres facteurs (coûts de production, technologie) déplace la courbe.
- L'offre de marché est la somme horizontale des offres individuelles.
- Un changement de prix provoque un mouvement le long de la courbe.
-
Équilibre du marché : Point où l'offre rencontre la demande, déterminant le prix et la quantité d'équilibre.
- Un excédent (surplus) apparaît si le prix est trop élevé.
- Une pénurie survient si le prix est trop bas.
- Les changements d'équilibre résultent de déplacements des courbes d'offre ou de demande.
Élasticité
L'élasticité mesure la sensibilité d'une variable à la variation d'une autre. Elle est calculée en pourcentage.
-
Élasticité prix de la demande : Mesure la réaction de la quantité demandée à un changement de prix.
- Demande parfaitement inélastique () : la quantité ne change pas malgré le prix.
- Demande parfaitement élastique () : la quantité réagit infiniment au prix.
- Élasticité unitaire () : la variation en pourcentage de la quantité est égale à celle du prix.
- Demande inélastique () : la quantité varie moins que le prix.
- Demande élastique () : la quantité varie plus que le prix.
- Demande parfaitement inélastique () : la quantité ne change pas malgré le prix.
-
Élasticité prix de l'offre : Mesure la réaction de la quantité offerte à un changement de prix, avec des catégories similaires à la demande.
- Élasticité revenu de la demande () : Détermine si un bien est normal (élasticité positive) ou inférieur (élasticité négative).
- Élasticité prix croisée de la demande () : Indique si deux biens sont substituts (élasticité positive) ou complémentaires (élasticité négative).
Formation de la demande : les choix des consommateurs
La contrainte budgétaire montre les combinaisons de biens qu'un consommateur peut acheter avec un revenu donné.
La demande est une déduction de ces choix et du budget disponible.
Formation de l'offre : les firmes sur les marchés concurrentiels
L'objectif de l'entreprise est de maximiser son profit total (), composé des recettes totales (RT) et des coûts totaux (CT).
-
Production : La fonction de production relie les inputs (travail L, capital K) aux outputs (quantité Q). La productivité marginale () indique l'augmentation de la production due à l'ajout d'une unité d'input.
Il existe des rendements marginaux décroissants.
-
Coûts : Coûts fixes (CF) ne varient pas avec la production ; coûts variables (CV) varient avec la production. Les coûts totaux () en sont la somme.
Le coût marginal (Cm) est le coût de production d'une unité supplémentaire.
Les coûts moyens (CTM, CVM, CFM) sont les coûts par unité.
-
Décision de production : En concurrence parfaite, la firme est preneuse de prix. Elle maximise son profit en produisant où (revenu marginal = coût marginal). Sa courbe d'offre de court terme est sa courbe de Cm au-dessus du seuil de fermeture (point où ).
À long terme, le profit économique est nul en raison de la liberté d'entrée/sortie.
Les consommateurs, les producteurs et l'efficacité des marchés
L'économie du bien-être cherche à maximiser le bien-être social. Elle utilise le surplus du consommateur (SC) et le surplus du producteur (SP) comme mesures.
Le surplus total (ST = SC + SP) est maximisé à l'équilibre du marché, qui est efficient au sens de Pareto.
Partie 3 : Les interventions sur les marchés
Les gouvernements interviennent pour diverses raisons, notamment pour influencer la distribution des ressources ou corriger les défaillances du marché.
-
Contrôle des prix :
- Prix plafond : Prix maximum légal, peut créer des pénuries et réduire le surplus total.
- Prix plancher : Prix minimum légal, peut créer des excédents (chômage) et réduire le surplus total.
- Prix plafond : Prix maximum légal, peut créer des pénuries et réduire le surplus total.
-
Taxes et subsides :
- Une taxe unitaire fait varier le prix payé par l'acheteur et celui reçu par le vendeur. La charge de la taxe est partagée en fonction de l'élasticité.
Les taxes créent une perte sèche.
Plus l'élasticité est faible, plus la part de la taxe supportée par l'agent concerné est élevée.
La courbe de Laffer montre que l'augmentation d'une taxe peut, au-delà d'un certain point, réduire la recette fiscale.
- Un subside unitaire est un montant payé par le gouvernement par unité produite, augmentant la quantité et le bien-être (mais coûteux pour le gouvernement).
Les subsides entraînent aussi une perte sèche.
- Une taxe unitaire fait varier le prix payé par l'acheteur et celui reçu par le vendeur. La charge de la taxe est partagée en fonction de l'élasticité.
Biens publics et ressources communes
Les biens sont classés selon l'excluabilité et la rivalité :
- Biens privés : Excluables et rivaux (ex: chocolat).
- Biens publics : Non excluables et non rivaux (ex: éclairage public), posent le problème du passager clandestin.
- Ressources communes : Non excluables mais rivaux (ex: poissons, pâtures), mènent à la tragédie des biens communs.
Ces biens nécessitent souvent l'intervention gouvernementale pour éviter une sous-production ou une surexploitation.
Externalités
Une externalité est l'impact non compensé de l'action d'un agent sur le bien-être d'un autre. Les marchés seuls ne parviennent pas à l'optimum social en leur présence.
- Externalités négatives (ex: pollution) : le coût privé est inférieur au coût social.
- Externalités positives (ex: éducation) : la valeur privée est inférieure à la valeur sociale.
Les solutions incluent le théorème de Coase (négociation privée sous certaines conditions) et des solutions publiques comme la taxe Pigouvienne ou les permis de pollution pour internaliser les externalités.
Partie 4 : Comportement des firmes et structures de marché
Après la concurrence parfaite, l'analyse se porte sur l'imparfaite concurrence, où les firmes ont un pouvoir de marché.
-
Inputs et isocoûts : La production utilise une combinaison optimale de facteurs (K, L) pour minimiser les coûts. Les isoquants montrent les combinaisons de facteurs pour une production donnée.
Les isocoûts représentent les combinaisons de facteurs pour un coût donné.
La combinaison optimale est à la tangence.
-
Monopole : Une seule firme, avec des barrières à l'entrée. Le monopoleur est faiseur de prix.
- La courbe de demande du monopole est décroissante, et .
- Maximise le profit où , le prix étant supérieur au Cm.
- Il y a une perte sèche due à la sous-production par rapport à la concurrence parfaite.
- La discrimination par les prix permet au monopoleur d'augmenter son profit en vendant le même bien à des prix différents.
- La courbe de demande du monopole est décroissante, et .
-
Concurrence monopolistique : Nombreuses firmes, produits différenciés, liberté d'entrée/sortie. Les firmes sont price makers.
- Profit maximisé où .
- À long terme, profit économique nul.
- Présente une perte sèche et une capacité excédentaire (production inférieure au seuil de rentabilité).
Un mark-up (prix > Cm) existe.
- Profit maximisé où .
-
Oligopole : Petit nombre de vendeurs, produits similaires ou identiques, entrée difficile. L'interdépendance est clé.
- Tendance à la collusion (entente) et aux cartels pour se rapprocher du monopole.
- La théorie des jeux analyse les comportements stratégiques, notamment le dilemme du prisonnier qui montre la difficulté de maintenir la coopération.
- Les jeux séquentiels introduisent une dimension temporelle dans la prise de décision.
Partie 5 : Société et économie
Inégalités de revenu et pauvreté
Les inégalités de revenu sont mesurées par des outils comme la courbe de Lorenz
et le coefficient de Gini (), qui varie de 0 (égalité parfaite) à 1 (inégalité absolue).
Le taux de pauvreté représente le pourcentage de population sous un seuil défini (60% du revenu médian en Europe). Des politiques comme la taxation progressive, le salaire minimum et les prestations sociales visent à réduire ces inégalités.
Interdépendance et gains à l'échange
La frontière des possibilités de production (FPP) illustre les combinaisons de biens qu'une économie peut produire. Les gains à l'échange proviennent de l'avantage comparatif (capacité à produire un bien à moindre coût d'opportunité), et non de l'avantage absolu.
Les restrictions à l'échange (droits de douane , quotas
) sont utilisées pour des raisons diverses, mais elles augmentent les prix et créent une perte sèche.
Introduction à l'Économie et aux Marchés Concurrentiels
Ce chapitre pose les bases de l'économie en définissant ses principaux champs d'étude et en introduisant les mécanismes fondamentaux des marchés concurrentiels, notamment l'offre et la demande. Ces concepts sont cruciaux pour comprendre l'allocation des ressources dans une économie.
Définition et branches de l'économie
- Économienom féminin
L'étude de la manière dont les individus et la société répartissent leurs ressources limitées entre des utilisations concurrentes pour répondre à leurs besoins et améliorer leur bien-être.
- « L'économie analyse la production, la distribution et la consommation des biens et services. »
Une économie de marché doit répondre à trois questions fondamentales : Quels biens et services produire ? Comment les produire ? et À qui les délivrer ? Pour aborder ces questions, l'économie se divise en deux branches principales.
- Microéconomienom féminin
Branche de l'économie qui étudie comment les individus, les ménages et les entreprises prennent leurs décisions et comment ils interagissent sur les marchés.
- « La microéconomie examine les facteurs qui influencent le prix du lait ou le nombre de voitures vendues. »
- Macroéconomienom féminin
Branche de l'économie qui étudie l'économie dans son ensemble, en se penchant sur des agrégats tels que le Produit Intérieur Brut (PIB), l'inflation et le chômage.
- « La macroéconomie analyse l'impact des politiques gouvernementales sur la croissance économique d'un pays. »
L'analyse économique peut être positive ou normative. L'économie positive décrit et explique les phénomènes économiques, tandis que l'économie normative prescrit des actions ou des politiques pour résoudre les problèmes économiques, en émettant des jugements de valeur. Les économistes utilisent la modélisation économique, une représentation mathématique simplifiée de la réalité, avec des variables endogènes (déterminées dans le modèle) et exogènes (externes au modèle), pour analyser ces phénomènes.
Les marchés concurrentiels : Offre et Demande
Un marché concurrentiel, ou marché en concurrence parfaite, repose sur plusieurs hypothèses clés : un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs, des biens homogènes, et une liberté d'entrée et de sortie. Ces conditions impliquent que les participants sont preneurs de prix, n'ayant pas le pouvoir d'influencer les prix du marché.
La théorie de la demande
La courbe de demande illustre la relation entre le prix d'un bien et la quantité que les consommateurs sont prêts à acheter. Elle est généralement décroissante. Un changement de prix entraîne un mouvement le long de la courbe (changement de quantité demandée), tandis qu'un changement d'autres variables (revenu, goûts, prix des biens liés, anticipations, nombre d'acheteurs) provoque un déplacement de la courbe de demande elle-même (changement de la demande).
Les biens peuvent être classés selon leurs relations. Les biens substituts voient leur demande augmenter si le prix d'un autre bien similaire augmente (ex: café et thé). Les biens complémentaires sont souvent utilisés ensemble, et l'augmentation du prix de l'un réduit la demande de l'autre (ex: voitures et pneus). Quant aux variations de revenus, les biens normaux sont ceux dont la demande augmente avec le revenu, alors que la demande des biens inférieurs diminue lorsque le revenu augmente (ex: trajets en bus).
La demande de marché est la somme horizontale des demandes individuelles pour un bien ou un service, reflétant la quantité totale que tous les consommateurs sont prêts à acheter à chaque niveau de prix.
La théorie de l'offre
La courbe d'offre indique la quantité qu'un producteur est disposé et capable de vendre à différents niveaux de prix. Elle est généralement croissante. Un changement de prix entraîne un mouvement le long de la courbe (changement de quantité offerte), tandis qu'un changement dans d'autres facteurs (prix des facteurs de production, technologie, disponibilité des ressources naturelles, anticipations, nombre de producteurs) déplace la courbe d'offre elle-même (changement de l'offre).
Similaire à la demande, l'offre de marché représente la somme horizontale des offres individuelles de tous les producteurs pour un bien, montrant la quantité totale que tous les producteurs sont prêts à vendre à chaque niveau de prix.
Équilibre du Marché, Éélasticité et Décisions des Consommateurs et Producteurs
Ce chapitre explore les mécanismes fondamentaux qui régissent les marchés, en détaillant comment l'équilibre est atteint par l'interaction de l'offre et de la demande, et comment cet équilibre réagit aux chocs. Nous examinerons ensuite le concept d'élasticité, un outil essentiel pour mesurer la sensibilité des quantités demandées et offertes aux variations de prix et de revenu. Enfin, nous aborderons les bases de la formation de la demande et de l'offre, en étudiant les choix des consommateurs et les décisions de production des entreprises.
L'Équilibre du Marché
L'équilibre du marché est la situation où la quantité offerte est égale à la quantité demandée à un prix donné, sans incitation à s'en écarter. Cet équilibre est déterminé par l'intersection des courbes d'offre et de demande. Lorsque le prix est supérieur au prix d'équilibre, un surplus (excédent) de biens apparaît, incitant les vendeurs à baisser les prix. Inversement, si le prix est inférieur, une pénurie se manifeste, poussant les prix à la hausse.
Les déplacements des courbes d'offre et de demande peuvent modifier le prix et la quantité d'équilibre. Une augmentation de l'offre, toutes choses égales par ailleurs, diminue le prix et augmente la quantité. Une augmentation de la demande augmente le prix et la quantité. Lorsque les deux courbes se déplacent simultanément, l'effet sur le prix ou la quantité peut être ambigu, dépendant de l'ampleur relative des déplacements.
Le Concept d'Élasticité
- Élasticité/e.las.ti.si.te/nom féminin
Mesure la réactivité d'une variable économique (par exemple, la quantité demandée) aux changements d'une autre variable (par exemple, le prix), exprimée en pourcentage.
- « L'élasticité prix de la demande indique comment les consommateurs réagissent à une variation du prix d'un bien. »
L'élasticité permet de quantifier l'importance de la réaction d'une variable à un stimulus. La formule générale de l'élasticité de A par rapport à B est le pourcentage de variation de A divisé par le pourcentage de variation de B. Il existe plusieurs types d'élasticité.
Types d'Élasticité
L'élasticité prix de la demande mesure la réactivité de la quantité demandée à un changement de son prix. Elle peut être parfaitement inélastique (0), inélastique (entre 0 et 1), isoélastique (1), élastique (supérieure à 1) ou parfaitement élastique (infinie). Ses déterminants incluent la disponibilité de substituts, la définition du marché et l'horizon temporel. L'impact d'une modification de prix sur les dépenses totales et revenus totaux dépend de cette élasticité : si la demande est élastique, une augmentation de prix réduit les dépenses/revenus, et inversement si elle est inélastique.
L'élasticité prix de l'offre mesure la réactivité de la quantité offerte à un changement de son prix. Ses déterminants sont la flexibilité des vendeurs et l'horizon temporel. L'élasticité revenu de la demande mesure la réaction de la quantité demandée suite à un changement du revenu des consommateurs. Les biens normaux ont une élasticité revenu positive, tandis que les biens inférieurs ont une élasticité revenu négative. Enfin, l'élasticité prix croisée de la demande mesure la réaction de la quantité demandée d'un bien Y suite à une variation du prix d'un autre bien X. Les biens substituts ont une élasticité prix croisée positive, alors que les biens complémentaires ont une élasticité prix croisée négative. Il est crucial de noter que l'élasticité varie le long d'une courbe de demande linéaire, contrairement à la pente qui est constante.
Formation de la Demande et de l'Offre
La demande individuelle découle de la contrainte budgétaire du consommateur, qui représente les combinaisons de biens qu'il peut acquérir avec un revenu donné et des prix fixes. Les choix du consommateur sont guidés par ses préférences et la maximisation de son utilité sous cette contrainte. Une modification du revenu ou des prix des biens déplace cette contrainte et, par conséquent, la courbe de demande.
L'offre des entreprises, quant à elle, est déterminée par la maximisation du profit, défini comme la différence entre le revenu total et le coût total. Le coût total se compose des coûts explicites (paiements effectifs) et des coûts implicites (coûts d'opportunité, non monétaires). La fonction de production décrit la relation entre les inputs (facteurs de production comme le capital et le travail) et l'output (quantité produite). À court terme, au moins un facteur de production est fixe, ce qui conduit au concept de productivité marginale décroissante, où l'ajout d'une unité de facteur variable produit un rendement additionnel de plus en plus faible.
À partir de la fonction de production, les fonctions de coût sont dérivées. Le coût total est la somme du coût fixe (indépendant de la quantité produite) et du coût variable (qui varie avec la quantité produite). La compréhension de ces structures de coûts est essentielle pour analyser les décisions d'offre des entreprises sur les marchés concurrentiels.
Efficacité des Marchés, Interventions Publiques et Défaillances de Marché
Ce chapitre explore l'efficacité des marchés concurrentiels et les situations où l'intervention gouvernementale est justifiée. Nous analyserons les concepts de surplus du consommateur et du producteur pour évaluer le bien-être social, puis les outils politiques comme le contrôle des prix, les taxes et les subsides. Enfin, nous aborderons les défaillances de marché, incluant les biens publics, les ressources communes et les externalités.
Économie du Bien-être et Efficacité des Marchés
L'économie du bien-être étudie comment l'allocation des ressources affecte le bien-être social. Elle cherche à maximiser le surplus total (ST), qui représente le bénéfice net le plus élevé pour la société. Le ST est la somme du surplus du consommateur (SC) et du surplus du producteur (SP).
- Efficience des marchésnom féminin
Une allocation des ressources est considérée comme efficiente si elle maximise le surplus total.
- « L'équilibre des marchés concurrentiels est généralement considéré comme efficient car il maximise le surplus total. »
Le surplus du consommateur est la différence entre le consentement à payer (CAP) des acheteurs et le prix qu'ils paient réellement. Il mesure le bénéfice des acheteurs. Graphiquement, c'est la surface sous la courbe de demande et au-dessus du prix du marché. Une réduction de prix augmente le SC.
Le surplus du producteur est la différence entre le revenu reçu par les producteurs et leurs coûts de production (coût marginal). Il mesure le bénéfice des vendeurs. Graphiquement, c'est la surface au-dessus de la courbe d'offre et en dessous du prix du marché. Une augmentation de prix augmente le SP.
À l'équilibre, l'intersection de l'offre et de la demande détermine le prix et la quantité maximisant le surplus total, ce qui est considéré comme un optimum de Pareto : il est impossible d'améliorer le bien-être d'un individu sans dégrader celui d'un autre.
Interventions Publiques sur le Marché
Les interventions gouvernementales visent à influencer la distribution des ressources ou à corriger des défaillances de marché. Les principaux outils sont le contrôle des prix, les taxes et les subsides. Cependant, ces interventions peuvent entraîner des distorsions et une perte de bien-être social.
Contrôle des Prix
Le prix plafond est un prix maximum légal de vente. S'il est contraignant (inférieur au prix d'équilibre), il crée une pénurie (quantité demandée > quantité offerte), réduit le surplus total et peut générer des conséquences négatives imprévues. Le prix plancher est un prix minimum légal de vente. S'il est contraignant (supérieur au prix d'équilibre), il entraîne un surplus (quantité offerte > quantité demandée), réduit aussi le surplus total et est souvent utilisé pour soutenir les producteurs ou réguler la consommation (ex: salaire minimum, prix de l'alcool).
Taxes et Subsides
Une taxe unitaire est un montant payé au gouvernement par unité vendue ou achetée. Elle crée un écart entre le prix payé par l'acheteur et le prix reçu par le vendeur. La charge de la taxe est partagée entre acheteurs et vendeurs, la part la plus importante étant supportée par la partie dont la courbe (offre ou demande) est la moins élastique. Les taxes réduisent le surplus total et génèrent une perte sèche, une réduction du bien-être social due à la distorsion des marchés.
Le subside unitaire est l'opposé de la taxe : un montant payé par le gouvernement pour chaque unité produite ou achetée. Il fait baisser le prix pour les acheteurs et augmenter celui pour les vendeurs, bénéficiant aux deux parties. Cependant, il crée également une perte sèche en augmentant artificiellement la taille du marché au-delà de l'optimum social.
L'analyse de la courbe de Laffer montre que si une taxe est trop élevée, elle peut réduire la recette fiscale totale en décourageant l'activité économique et en diminuant la quantité échangée sur le marché.
Défaillances des Marchés
Les défaillances de marché surviennent lorsque le marché seul ne parvient pas à allouer les ressources de manière efficiente. Cela justifie souvent l'intervention gouvernementale.
Biens Publics et Ressources Communes
Les biens peuvent être classés selon deux caractéristiques : l'excluabilité (possibilité d'empêcher quelqu'un de consommer le bien s'il n'a pas payé) et la rivalité (l'utilisation du bien par un individu réduit sa disponibilité pour d'autres).
Les biens privés sont excluables et rivaux (ex: chocolat). Les biens publics sont non excluables et non rivaux (ex: éclairage public), posant le problème du passager clandestin. Les ressources communes sont non excluables mais rivales (ex: poissons en haute mer), menant à la tragédie des biens communs par surexploitation.
Externalités
Une externalité survient lorsque l'action d'un agent affecte le bien-être d'un autre agent sans compensation. Les externalités peuvent être négatives (ex: pollution, tabagisme passif) ou positives (ex: innovation technologique, éducation). En présence d'externalités, le coût ou la valeur privée diffère du coût ou de la valeur sociale, empêchant le marché d'atteindre l'optimum social. Les solutions incluent des solutions privées (théorème de Coase) ou publiques (taxes Pigouviennes, subsides, réglementations, permis de pollution).
Comportement des Firmes et Structures de Marché Imparfaites
Optimisation de la production : facteurs et coûts
Une entreprise cherche à produire une quantité donnée au coût minimal en combinant les facteurs de production (travail et capital). Pour ce faire, elle analyse l'isoquant, qui représente toutes les combinaisons de facteurs permettant de produire une quantité fixe. Simultanément, elle considère les isocoûts, qui montrent les combinaisons de facteurs qu'elle peut se permettre avec un budget donné. L'allocation optimale se trouve au point de tangence entre l'isoquant et l'isocoût le plus bas.
Le taux marginal de substitution technique (TMST) mesure le taux auquel un facteur peut remplacer un autre tout en maintenant la production inchangée. Il est égal à la pente de l'isoquant. À l'équilibre, le TMST égale le ratio des prix des facteurs, ce qui garantit que l'entreprise ne peut pas réduire ses coûts en réallouant son budget entre travail et capital.
Le monopole : caractéristiques et barrières à l'entrée
Un monopole est une structure de marché où une seule firme vend un bien sans substitut proche et détient le pouvoir de fixer le prix. L'existence d'un monopole repose sur des barrières à l'entrée qui empêchent les concurrents d'entrer. Parmi ces barrières figurent les ressources spécifiques, les droits légaux (brevets, droits d'auteur) et les monopoles naturels. Un monopole naturel émerge quand une seule firme peut produire à un coût inférieur aux autres en raison des économies d'échelle : la courbe de coût total moyen diminue continuellement avec la production, ce qui rend inefficace l'existence de plusieurs producteurs.
Contrairement à la concurrence parfaite, le monopoleur fait face à une courbe de demande décroissante : c'est la demande de marché elle-même. Cette courbe permet au monopoleur de choisir la combinaison prix-quantité qu'il souhaite vendre. Le revenu marginal (Rm) du monopoleur—le revenu additionnel de vendre une unité supplémentaire—se situe toujours en dessous du prix de vente, car pour écouler plus, il doit réduire le prix de tous ses produits. Cette divergence entre prix et revenu marginal est fondamentale : elle explique pourquoi un monopole produit moins et vend plus cher qu'en concurrence parfaite.
Le monopoleur maximise son profit en produisant la quantité où Rm = Cm (revenu marginal égale coût marginal), puis en fixant le prix sur la courbe de demande à cette quantité. À court terme, le profit peut être positif (prix > coût moyen total), négatif (prix < coût moyen total) ou nul. À long terme, il n'y a pas d'entrée nouvelle pour réduire le profit car les barrières à l'entrée persistent. Contrairement à la concurrence parfaite, l'équilibre du monopole est inefficace : comme p > Cm à l'optimum, il existe une perte sèche—une partie du surplus total disparaît. Le monopoleur crée une perte sèche en restreignant sa production pour maintenir un prix élevé et un profit économique positif.
Une stratégie du monopoleur est la discrimination par les prix—vendre le même bien à des prix différents selon le consommateur. En cas de discrimination parfaite, le monopoleur connaît le consentement à payer (CAP) de chaque client et facture exactement ce prix. Cette pratique augmente le profit du monopoleur, élimine la perte sèche (car il vend à chaque consommateur disposé à payer) et absorbe entièrement le surplus du consommateur. Bien que la discrimination parfaite soit rare en pratique, des formes moins complètes (tarification à deux niveaux, réductions de volume) sont courantes.
La concurrence monopolistique
La concurrence monopolistique combine traits du monopole et de la concurrence parfaite : beaucoup d'entreprises produisent des biens similaires mais différenciés, avec liberté d'entrée et de sortie. Chaque firme voit une courbe de demande décroissante (contrairement à la concurrence parfaite) car son produit est distinct, mais elle ne peut fixer n'importe quel prix sans perdre tous ses clients. La différenciation des produits provient de la publicité, des marques et des améliorations qualitatives. Cette différenciation accroît les coûts de production mais permet aussi de satisfaire des préférences variées et crée un certain pouvoir de marché pour chaque firme.
À court terme, la firme en concurrence monopolistique maximise son profit en fixant Rm = Cm, comme le monopoleur. Elle peut dégager un profit (prix > coût moyen), une perte (prix < coût moyen) ou être au point mort (prix = coût moyen). À long terme, l'entrée de nouvelles firmes réduit la demande individuelle jusqu'à ce que le profit devienne nul à l'équilibre. Même à long terme, cependant, p > Cm, créant une perte sèche : la capacité excédentaire (la quantité vendue reste inférieure au seuil de rentabilité) et un mark-up (marge) sur le coût marginal sont permanents. La concurrence monopolistique est donc moins efficace que la concurrence parfaite, mais plus efficace que le monopole, et elle n'est généralement pas régulée.
L'oligopole et l'interdépendance stratégique
Un oligopole est une structure où peu de firmes dominent le marché. Contrairement aux autres structures, l'oligopole se caractérise par l'interdépendance stratégique : les décisions d'une firme (prix, quantité, innovation) affectent directement les profits des rivales, qui réagissent. Cette interdépendance crée un incentif à la collusion—une entente explicite ou implicite entre firmes pour coordonner les prix et quantités comme un monopole, maximisant le profit joint. Un cartel est un groupe de firmes agissant d'un commun accord. Un cas particulier est le duopole (deux vendeurs), où l'interdépendance est particulièrement forte.
La théorie des jeux aide à analyser l'oligopole et la collusion. Le dilemme du prisonnier est un jeu où deux acteurs rationnels, agissant seul dans leur intérêt, aboutissent à un résultat pire que s'ils avaient coopéré. Appliqué à l'oligopole : deux producteurs pourraient convenir de produire peu pour maintenir des prix élevés, mais chacun a un incentif à « tricher » en augmentant sa production pour capturer davantage de marché. Tant qu'un rival respecte l'accord, c'est profitable de tricher ; tant qu'un rival triche, c'est profitable de tricher aussi. L'équilibre est donc que les deux produisent beaucoup (quantité élevée, prix bas), bien que la collusion aurait été meilleure pour les deux. Cette tension rend la collusion difficile à maintenir durablement.
Les jeux peuvent être simultanés (les joueurs décident sans connaître les choix de l'autre) ou séquentiels (un joueur observe l'action de l'autre avant de décider). Dans un jeu séquentiel, une firme « leader » peut fixer des prix bas pour dissuader l'entrée d'une firme « follower ». L'équilibre d'un jeu se trouve au point où aucun joueur n'a intérêt à dévier unilatéralement—c'est l'équilibre de Nash. En oligopole, le résultat dépend fortement de la structure du jeu (simultané ou séquentiel, nombre de firmes, symétrie) et du contexte institutionnel. Les gouvernements régulent souvent les oligopoles par les lois antitrust et l'interdiction des ententes explicites pour lutter contre la collusion.
Inégalités, Gains à l'Échange et Commerce International
1. Inégalité des revenus et pauvreté
L'étude des inégalités de revenus permet de comprendre la répartition de la richesse au sein d'une société. Ces inégalités peuvent être mesurées par plusieurs outils, notamment la courbe de Lorenz et le coefficient de Gini, qui visualisent la concentration des revenus. Le taux de pauvreté représente quant à lui la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un seuil défini.
- Courbe de Lorenz/kuʁb də lɔ.ʁɑ̃s/nom féminin
Représentation graphique de la relation entre le pourcentage cumulé des ménages et le pourcentage cumulé du revenu. Elle illustre le degré d'inégalité de la distribution des revenus.
- « Plus la courbe de Lorenz s'éloigne de la ligne d'égalité parfaite, plus les inégalités de revenus sont prononcées. »
- Coefficient de Gini/kɔ.e.fi.sjɑ̃ də ʒi.ni/nom masculin
Mesure de l'inégalité de revenu dans un pays, variant de 0 (égalité absolue) à 1 (inégalité absolue).
- « Un coefficient de Gini élevé indique une forte disparité dans la répartition des revenus. »
Les inégalités peuvent s'accroître en raison de divers facteurs démographiques, de l'augmentation des emplois précaires et de la concentration de la richesse dans les actifs financiers. Pour contrer ces tendances, les gouvernements peuvent mettre en œuvre des politiques telles que la taxation progressive, où les taux d'imposition augmentent avec le revenu, l'instauration de salaires minimum pour soutenir les revenus les plus faibles, et l'octroi de prestations sociales pour compléter les revenus des personnes dans le besoin.
2. Gains à l'échange et avantage comparatif
La Frontière des Possibilités de Production (FPP) représente les différentes combinaisons de biens qu'une économie peut produire avec les ressources et la technologie disponibles. Elle illustre la rareté, l'efficience et le coût d'opportunité, qui est ce à quoi on renonce pour obtenir un bien. L'échange et la spécialisation sont motivés par l'avantage comparatif.
- Avantage absolu/a.vɑ̃.taʒ ab.sɔ.ly/locution
Capacité d'un individu ou d'un pays à produire un bien avec moins de facteurs de production (inputs) que les autres, ou à produire plus avec les mêmes inputs.
- « L'Angleterre a un avantage absolu dans la production de tissu si elle utilise moins de ressources que le Portugal pour produire la même quantité. »
- Avantage comparatif/a.vɑ̃.taʒ kɔ̃.pa.ʁa.tif/locution
Capacité d'un individu ou d'un pays à produire un bien à un coût d'opportunité plus faible que les autres.
- « Le Portugal a un avantage comparatif dans la production de vin s'il doit renoncer à moins de tissu pour en produire une unité supplémentaire que l'Angleterre. »
Les gains à l'échange découlent de l'avantage comparatif et non de l'avantage absolu. Chaque pays devrait se spécialiser dans la production du bien pour lequel il a un avantage comparatif. Les termes de l'échange définissent le ratio auquel les biens sont échangés, et la spécialisation permet d'augmenter la production totale et le bien-être des pays participants au commerce international.
3. Gains et pertes du commerce international
Le commerce international génère des gagnants et des perdants. Un pays exportateur voit ses producteurs bénéficier de prix plus élevés, tandis que ses consommateurs paient plus cher. Un pays importateur bénéficie de prix plus bas pour les consommateurs, mais ses producteurs locaux peuvent être désavantagés. Cependant, dans les deux cas, le surplus total national augmente, indiquant un gain global en bien-être.
4. Restrictions au commerce international
Des restrictions telles que les droits de douane et les quotas d'importation sont utilisées pour limiter les échanges. Un droit de douane est une taxe sur les biens importés, augmentant leur prix et réduisant le surplus du consommateur tout en augmentant celui du producteur et générant des recettes fiscales pour l'État. Un quota d'importation limite la quantité de biens étrangers, entraînant des effets similaires sur les prix et les surplus, avec une perte sèche pour la société.
Bien que ces restrictions puissent protéger les industries nationales, elles augmentent généralement les prix et créent une perte sèche, réduisant l'efficience économique globale. Des arguments en faveur de la limitation des échanges existent, notamment pour des raisons de sécurité nationale, de protection environnementale ou de droits sociaux.
Introduction à l'économie et marchés concurrentiels
Ce chapitre pose les bases de l'étude économique en définissant ses concepts clés et en analysant le fonctionnement des marchés parfaitement concurrentiels, où l'offre et la demande interagissent pour déterminer les prix et les quantités.
Qu'est-ce que l'économie ?
- Économie/e.kɔ.nɔ.mi/nom féminin
L'étude de la manière dont les individus et la société allouent leurs ressources rares entre des utilisations concurrentes pour satisfaire leurs besoins et améliorer leur bien-être.
- « L'économie analyse la production, la distribution et la consommation des richesses. »
L'économie cherche à répondre à trois questions fondamentales: Quels biens et services produire ? Comment produire ces biens et services ? À qui distribuer ces biens et services ? Ces questions sont au cœur de toute organisation économique, qu'elle soit de marché ou planifiée. La compréhension du bien-être économique, mesuré par des indicateurs comme le PIB, l'inflation ou le chômage, est également essentielle.
Branches de l'économie
L'économie se divise principalement en deux branches : la microéconomie et la macroéconomie. Elles abordent l'étude des phénomènes économiques à des niveaux d'analyse différents.
- Microéconomie/mi.kʁo.e.kɔ.nɔ.mi/nom féminin
Branche de l'économie qui étudie les décisions des agents économiques individuels (ménages, entreprises) et la manière dont ils interagissent sur les marchés.
- « La microéconomie analyse par exemple l'impact d'une taxe sur la consommation de cigarettes. »
- Macroéconomie/ma.kʁo.e.kɔ.nɔ.mi/nom féminin
Branche de l'économie qui étudie l'économie dans son ensemble, en se concentrant sur les phénomènes agrégés comme le PIB, l'inflation, le chômage et la croissance économique.
- « La macroéconomie examine les politiques monétaires pour stabiliser les prix nationaux. »
Une autre distinction fondamentale est celle entre l'économie positive et l'économie normative. L'économie positive décrit et explique les phénomènes économiques tels qu'ils sont, tandis que l'économie normative propose des solutions et des recommandations sur ce qui devrait être fait.
Modélisation économique
La modélisation économique consiste à créer des représentations simplifiées de la réalité, souvent sous forme mathématique, pour analyser les relations entre les variables. Ces modèles distinguent les variables endogènes (déterminées à l'intérieur du modèle) des variables exogènes (déterminées à l'extérieur du modèle).
Cette formule simple exprime la quantité demandée d'un bien en fonction de son prix. - $q_d$ : la quantité demandée, une variable endogène. - $p$ : le prix du bien, une variable exogène dans ce modèle. L'interprétation est que la quantité demandée est influencée par le prix, mais le prix n'est pas affecté par la quantité demandée dans ce contexte simplifié. Les économistes utilisent ces modèles pour comprendre les marchés (théorie) et les tester avec des données réelles (appliquée).
Le marché concurrentiel : Offre et Demande
Le modèle de marché concurrentiel parfait est un pilier de l'économie néoclassique. Il repose sur des hypothèses strictes qui, bien que rarement totalement vérifiées dans la réalité, fournissent un cadre d'analyse puissant.
Hypothèses de concurrence parfaite
Un marché concurrentiel parfait se caractérise par : un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs, des biens homogènes, une information parfaite, et la liberté d'entrée et de sortie du marché. Ces conditions impliquent que les participants sont des preneurs de prix (price takers), incapables d'influencer individuellement le prix du marché.
La théorie de la Demande
La demande représente la quantité d'un bien que les consommateurs sont prêts et capables d'acheter à différents niveaux de prix. La courbe de demande illustre graphiquement cette relation, qui est généralement inversement proportionnelle.
L'équation de demande modélise cette relation. Par exemple, pour un individu, la quantité demandée () dépend du prix du bien (), des prix des biens substituables ou complémentaires (), du revenu (), des anticipations () et des goûts ().
Cette fonction représente la quantité demandée d'un bien $i$ par le consommateur $R$. - $q_{i,R}^{d}$ : quantité demandée du bien $i$ par $R$. - $p_i$ : prix du bien $i$. Une variation de $p_i$ entraîne un mouvement le long de la courbe. - $P_{j \neq i}$ : prix des biens $j$ (substituts ou complémentaires). - $y_R$ : revenu du consommateur $R$. - $E_i$ : anticipations sur le prix futur du bien $i$. - $T$ : goûts du consommateur. Les modifications de toutes les variables, sauf $p_i$, entraînent un déplacement de la courbe de demande.
Un changement du prix du bien provoque un mouvement le long de la courbe de demande. En revanche, un changement dans les autres déterminants (revenu, goûts, prix des biens liés, anticipations, nombre d'acheteurs) entraîne un déplacement de la courbe de demande entière. Les biens substituts voient leur demande augmenter si le prix d'un autre bien similaire augmente (café et thé). Les biens complémentaires voient leur demande diminuer si le prix d'un bien souvent utilisé avec eux augmente (voitures et pneus). Les biens normaux sont ceux dont la demande augmente avec le revenu, tandis que la demande de biens inférieurs diminue lorsque le revenu augmente (trajets en bus).
La demande de marché est la somme horizontale des demandes individuelles, c'est-à-dire l'addition des quantités demandées par tous les consommateurs pour chaque niveau de prix.
La théorie de l'Offre
L'offre représente la quantité d'un bien que les producteurs sont prêts et capables de vendre à différents niveaux de prix. La courbe d'offre montre cette relation, généralement positive entre prix et quantité offerte.
L'équation d'offre modélise la quantité offerte () en fonction du prix du bien (), du prix des facteurs de production (), des coûts de production (), des anticipations () et de la disponibilité des ressources naturelles ().
Cette fonction représente la quantité offerte d'un bien $i$ par le producteur $R$. - $q_{i,R}^{S}$ : quantité offerte du bien $i$ par $R$. - $p_i$ : prix du bien $i$. Une variation de $p_i$ entraîne un mouvement le long de la courbe. - $p_{fp}$ : prix des facteurs de production (travail, capital, terre). - $C_{prod}$ : coûts de production, souvent influencés par la technologie. - $E_i$ : anticipations sur le prix futur du bien $i$. - $RN$ : disponibilité des ressources naturelles. Les modifications de toutes les variables, sauf $p_i$, entraînent un déplacement de la courbe d'offre.
Comme pour la demande, un changement du prix du bien entraîne un mouvement le long de la courbe d'offre. Les autres facteurs (prix des facteurs de production, technologie, disponibilité des ressources, anticipations, nombre de producteurs) provoquent un déplacement de la courbe d'offre. L'offre de marché est la somme horizontale des offres individuelles.
Équilibre du marché
L'équilibre du marché est la situation où la quantité offerte est égale à la quantité demandée à un certain prix. À ce prix, il n'y a aucune incitation pour les acheteurs ou les vendeurs à modifier leur comportement.
Un surplus (ou excédent) survient lorsque le prix est supérieur au prix d'équilibre, entraînant une quantité offerte supérieure à la quantité demandée. Une pénurie apparaît lorsque le prix est inférieur au prix d'équilibre, la quantité demandée étant alors supérieure à la quantité offerte. Les marchés s'ajustent naturellement vers l'équilibre par des variations de prix.
Les changements dans l'équilibre de prix et de quantité résultent des déplacements des courbes d'offre et/ou de demande. Si une seule courbe se déplace, l'effet sur le prix et la quantité est non ambigu. Si les deux courbes se déplacent simultanément, l'effet sur l'une des variables peut être ambigu et dépendre de l'ampleur relative des déplacements.
| Modification des courbes | Effet sur le prix d'équilibre | Effet sur la quantité d'équilibre |
|---|---|---|
| Augmentation de l'offre | Diminue | Augmente |
| Réduction de l'offre | Augmente | Diminue |
| Augmentation de la Demande | Augmente | Augmente |
| Réduction de la demande | Diminue | Diminue |
| Modification des courbes | Effet sur le prix d'équilibre | Effet sur la quantité d'équilibre |
|---|---|---|
| Augmentation de l'offre + Augmentation de la demande | ambigu | augmente |
| Augmentation de l'offre + Réduction de la demande | diminue | ambigu |
| Réduction de l'offre + Augmentation de la Demande | augmente | ambigu |
| Réduction de l'offre + Réduction de la Demande | ambigu | Diminue |
L'élasticité
L'élasticité mesure la sensibilité d'une variable à la variation d'une autre. Elle est calculée comme le ratio des pourcentages de variation. C'est un outil essentiel pour comprendre l'ampleur des réactions du marché aux changements de prix, de revenu, ou d'autres facteurs.
Formule générale de l'élasticité de A par rapport à B. - $\% \Delta A$ : variation en pourcentage de la variable A. - $\% \Delta B$ : variation en pourcentage de la variable B. L'interprétation est : pour une variation de B d'un certain pourcentage, quel est l'impact en pourcentage sur A ?
Élasticité-prix de la Demande
L'élasticité-prix de la demande () mesure la réaction de la quantité demandée à un changement de son prix. Sa valeur absolue détermine le type de demande : parfaitement inélastique (0), inélastique (entre 0 et 1), isoélastique (1), élastique (supérieure à 1), ou parfaitement élastique (infinie).
Formule de l'élasticité-prix de la demande. - $\% \Delta q$ : variation en pourcentage de la quantité demandée. - $\% \Delta p$ : variation en pourcentage du prix. Cette élasticité est généralement négative, mais on utilise souvent sa valeur absolue. Elle est déterminée par la disponibilité de substituts, la définition du marché et l'horizon temporel.
L'impact d'une modification de prix sur les dépenses totales des consommateurs (ou revenus totaux des vendeurs) dépend de l'élasticité de la demande. Si la demande est élastique, une augmentation du prix réduit les dépenses totales. Si elle est inélastique, une augmentation du prix augmente les dépenses totales.
Élasticité-prix de l'Offre
L'élasticité-prix de l'offre () mesure la réaction de la quantité offerte à un changement de son prix. Ses déterminants principaux sont la flexibilité des vendeurs et l'horizon temporel (plus l'horizon est long, plus l'offre est élastique).
Formule de l'élasticité-prix de l'offre (méthode standard). - $\% \Delta q$ : variation en pourcentage de la quantité offerte. - $\% \Delta p$ : variation en pourcentage du prix. L'offre est généralement plus élastique à long terme qu'à court terme.
Élasticité-revenu de la Demande
L'élasticité-revenu de la demande () mesure la réaction de la quantité demandée à un changement du revenu des consommateurs. Elle est positive pour les biens normaux et négative pour les biens inférieurs.
Formule de l'élasticité-revenu de la demande. - $\% \Delta q$ : variation en pourcentage de la quantité demandée. - $\% \Delta Y$ : variation en pourcentage du revenu. Une élasticité positive indique un bien normal, tandis qu'une élasticité négative indique un bien inférieur.
Élasticité-prix croisée de la Demande
L'élasticité-prix croisée de la demande () mesure la réaction de la quantité demandée d'un bien Y à une variation du prix d'un autre bien X. Elle est positive pour les substituts et négative pour les compléments.
Formule de l'élasticité-prix croisée de la demande. - $\% \Delta q_y$ : variation en pourcentage de la quantité demandée du bien Y. - $\% \Delta p_x$ : variation en pourcentage du prix du bien X. Une élasticité positive indique que les biens sont substituts, tandis qu'une élasticité négative indique qu'ils sont complémentaires.
Formation de l'offre : décisions de production des firmes
Ce chapitre se concentre sur la formation de l'offre en étudiant le comportement des entreprises sur les marchés concurrentiels. L'objectif principal d'une entreprise est de maximiser son profit, défini comme la différence entre les revenus totaux (RT) et les coûts totaux (CT).
Profit économique vs. profit comptable
Le profit comptable est calculé en soustrayant les coûts explicites (paiements effectifs pour les intrants) des revenus totaux. Le profit économique est une mesure plus large qui inclut non seulement les coûts explicites mais aussi les coûts implicites, qui représentent le coût d'opportunité des ressources propres de l'entreprise, comme le travail de l'entrepreneur ou le capital investi. Le profit économique est donc souvent inférieur au profit comptable.
Horizon temporel des décisions : court terme et long terme
La capacité d'une entreprise à ajuster ses facteurs de production dépend de l'horizon temporel. À court terme, au moins un facteur de production (généralement le capital K) est fixe, tandis que d'autres (comme le travail L) peuvent varier. À long terme, tous les facteurs de production sont variables, permettant à l'entreprise d'ajuster sa taille et sa structure pour minimiser les coûts.
Fonction de production et productivité marginale
La fonction de production décrit la relation entre la quantité d'intrants (facteurs de production comme K et L) et la quantité maximale de biens produits (output Q). À court terme, avec un capital fixe, la production varie en fonction du travail. La productivité marginale d'un facteur de production mesure l'augmentation de la production totale résultant de l'ajout d'une unité supplémentaire de ce facteur, tous les autres facteurs étant maintenus constants. Initialement, la productivité marginale peut augmenter en raison de la spécialisation, mais elle finit par diminuer en raison de la loi des rendements marginaux décroissants.
Analyse des coûts de production
Les coûts totaux (CT) d'une entreprise sont la somme des coûts fixes (CF), qui ne varient pas avec la quantité produite (ex: loyer), et des coûts variables (CV), qui augmentent avec la production (ex: matières premières, salaires). Le coût marginal (Cm) est le coût additionnel de produire une unité supplémentaire. Les coûts moyens (coût total moyen CTM, coût fixe moyen CFM, coût variable moyen CVM) sont obtenus en divisant les coûts correspondants par la quantité produite.
Cette formule définit le coût total comme la somme des coûts fixes et des coûts variables. - $CT(Q)$ : Coût total en fonction de la quantité produite. - $CF$ : Coût fixe, indépendant de la quantité produite. - $CV(Q)$ : Coût variable en fonction de la quantité produite. Interprétation : Indique que les coûts totaux augmentent avec la production en raison des coûts variables, tandis que les coûts fixes restent constants.
Cette formule définit le coût marginal comme l'augmentation du coût total (ou variable) due à la production d'une unité supplémentaire. - $Cm(Q)$ : Coût marginal en fonction de la quantité. - $\Delta CT(Q)$ : Variation du coût total. - $\Delta Q$ : Variation de la quantité produite. - $\Delta CV(Q)$ : Variation du coût variable. Interprétation : Le coût marginal est crucial pour les décisions de production, indiquant le coût incrémental de chaque unité additionnelle.
Ces formules définissent les coûts moyens. - $CTM(Q)$ : Coût total moyen. - $CFM(Q)$ : Coût fixe moyen. - $CVM(Q)$ : Coût variable moyen. Interprétation : Le CTM est le coût par unité produite, le CFM diminue à mesure que la production augmente, et le CVM reflète le coût variable par unité.
Coûts à long terme
À long terme, tous les facteurs de production sont variables. Le coût total moyen de long terme (CTMLT) est le coût par unité de bien lorsque l'entreprise a eu le temps d'ajuster tous ses intrants. La courbe de CTMLT est l'enveloppe inférieure de toutes les courbes de CTM de court terme possibles. Elle permet d'identifier les économies d'échelle (CTMLT diminue), les rendements d'échelle constants (CTMLT stable) et les déséconomies d'échelle (CTMLT augmente).
Le marché en concurrence parfaite
Un marché concurrentiel (ou en concurrence parfaite) se caractérise par un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs, des biens homogènes, une information parfaite et une liberté d'entrée et de sortie. Dans un tel marché, les entreprises sont des preneurs de prix (price takers), c'est-à-dire qu'elles n'ont pas le pouvoir d'influencer le prix du marché et doivent l'accepter tel quel. La courbe de demande perçue par une entreprise individuelle est alors parfaitement élastique.
Maximisation du profit en concurrence parfaite
À court terme
L'entreprise maximise son profit en produisant la quantité où le revenu marginal (Rm) est égal au coût marginal (Cm). En concurrence parfaite, le prix du marché (P) est égal au revenu marginal et au revenu moyen. Donc, la règle de maximisation du profit devient P = Cm. L'entreprise continue de produire si le prix est supérieur au coût variable moyen (CVM) minimum, même si elle subit des pertes. Le point où P = CVM minimum est le seuil de fermeture (shutdown point).
À long terme : équilibre et profit économique nul
À long terme, la liberté d'entrée et de sortie du marché assure que le profit économique de chaque entreprise est nul. Si les entreprises réalisent un profit économique positif, de nouvelles entreprises entrent, augmentant l'offre et faisant baisser le prix jusqu'à ce que P = CTM minimum. Si les entreprises subissent des pertes, certaines sortent du marché, réduisant l'offre et augmentant le prix jusqu'à ce que P = CTM minimum. L'équilibre de long terme est caractérisé par P = Cm = CTMLT, où les entreprises produisent à leur échelle optimale.
Courbe d'offre d'une entreprise concurrentielle
La courbe d'offre à court terme d'une entreprise en concurrence parfaite est la portion de sa courbe de coût marginal (Cm) qui se situe au-dessus du seuil de fermeture (minimum du CVM). Pour tout prix donné supérieur à ce seuil, l'entreprise produira la quantité où P = Cm. À long terme, la courbe d'offre de long terme de l'entreprise est la portion de sa courbe de Cm qui se trouve au-dessus du point d'entrée et de sortie (minimum du CTMLT), où le profit économique est nul.
Efficacité des marchés et interventions publiques
L'économie du bien-être étudie comment maximiser le bien-être social en analysant l'allocation des ressources. Elle utilise les concepts de surplus du consommateur (SC) et de surplus du producteur (SP) pour mesurer l'efficacité des marchés et le surplus total (ST).
Surplus du consommateur (SC)
- Surplus du Consommateur (SC)/syʁply dy kɔ̃sɔmatœʁ/nom masculin
Différence entre le consentement à payer (CAP) d'un acheteur et le montant qu'il paie réellement pour un bien ou service.
- « Si le CAP pour un article est de 10€ et que le prix du marché est de 7€, le SC est de 3€. »
Le CAP est le montant maximum qu'un individu est prêt à dépenser. Le consentement marginal à payer (CmAP) est un point sur la courbe de demande, tandis que le consentement total à payer (CTAP) est la surface sous la courbe de demande. Le SC est donc graphiquement la zone située sous la courbe de demande et au-dessus du prix du marché.
Surplus du producteur (SP)
- Surplus du Producteur (SP)/syʁply dy pʁɔdyktœʁ/nom masculin
Différence entre le prix qu'un producteur reçoit pour un bien et le coût de production de ce bien (coût marginal).
- « Si le coût marginal de production est de 5€ et que le prix de vente est de 8€, le SP est de 3€. »
Le coût marginal de production correspond à un point spécifique sur la courbe d'offre. La surface sous la courbe d'offre représente le coût total de production. Le SP est donc graphiquement la surface située sous le prix du marché et au-dessus de la courbe d'offre.
Efficience des marchés
Le surplus total (ST) est la somme du SC et du SP. Une allocation des ressources est considérée comme efficace si elle maximise ce ST. L'équilibre du marché concurrentiel, où l'offre rencontre la demande, est le point qui maximise le surplus total et est efficient au sens de Pareto. Cela signifie qu'il est impossible d'améliorer le bien-être d'un individu sans dégrader celui d'un autre.
Interventions publiques et leurs impacts
Les gouvernements interviennent sur les marchés pour diverses raisons, telles que l'influence sur la distribution des ressources, la protection des consommateurs et des producteurs, ou la correction des défaillances de marché. Ces interventions peuvent prendre la forme de contrôle des prix, de taxes ou de subsides.
Contrôle des prix
Un prix plafond est un prix maximum légal de vente d'un bien. S'il est contraignant (inférieur au prix d'équilibre), il entraîne une pénurie et réduit le surplus total. Un prix plancher est un prix minimum légal. S'il est contraignant (supérieur au prix d'équilibre), il crée un surplus (ex: chômage sur le marché du travail) et diminue également le surplus total.
Taxes et subsides
Une taxe unitaire est un montant payé au gouvernement par unité vendue ou achetée. Elle crée un écart entre le prix payé par l'acheteur et le prix reçu par le vendeur, réduisant les quantités échangées et générant une perte sèche (deadweight loss), soit une réduction du surplus total. L'incidence de la taxe (le partage de la charge fiscale) dépend de l'élasticité prix de l'offre et de la demande : la charge est plus importante pour la partie dont la courbe est la moins élastique. Une courbe de Laffer illustre qu'une augmentation excessive des taxes peut paradoxalement réduire la recette fiscale. Un subside unitaire, à l'inverse, est un montant payé par le gouvernement par unité produite ou achetée. Il stimule la production et la consommation, mais peut aussi créer une perte sèche en augmentant artificiellement la taille du marché au-delà de l'optimum social.
Biens publics et ressources communes
Les biens sont classés selon deux caractéristiques : l'excluabilité (possibilité d'empêcher quelqu'un d'utiliser le bien) et la rivalité (l'utilisation par un individu réduit l'utilisation pour d'autres). On distingue ainsi les biens privés (excluables et rivaux), les biens de club (excluables et non rivaux), les ressources communes (non excluables et rivales) et les biens publics (non excluables et non rivaux). Les biens non excluables posent des problèmes de défaillance de marché car ils n'ont pas de signal de prix, ce qui peut mener au problème du passager clandestin pour les biens publics et à la tragédie des biens communs pour les ressources communes. L'intervention gouvernementale est souvent nécessaire pour garantir leur allocation efficiente.
Comportement des firmes et structures de marché imparfaites
Introduction à la concurrence imparfaite
La concurrence imparfaite se distingue de la concurrence parfaite par l'absence d'un grand nombre de vendeurs, de liberté d'entrée/sortie ou d'homogénéité des biens. Dans ces marchés, les firmes ont un pouvoir de marché, ce qui signifie qu'elles peuvent influencer les prix et sont confrontées à une courbe de demande à pente négative. Ceci conduit systématiquement à une allocation inefficace des ressources, contrairement à la concurrence parfaite où le prix est égal au coût marginal.
Le Monopole
- Monopolenom masculin
Structure de marché caractérisée par l'existence d'une seule firme agissant comme vendeur unique d'un bien pour lequel il n'existe pas de substituts proches. Le monopoleur est un 'faiseur de prix'.
- « Une entreprise détenant un brevet exclusif sur un médicament essentiel opère en situation de monopole. »
L'existence d'un monopole est due à des barrières à l'entrée qui empêchent d'autres firmes de pénétrer le marché. Ces barrières peuvent être des ressources spécifiques détenues par une seule firme, des protections légales (brevets, droits d'auteur) ou l'existence d'un monopole naturel.
- Monopole naturelnom masculin
Type de monopole qui se constitue lorsqu'une firme unique est capable de fournir un bien ou service au marché à un coût inférieur à celui que supporteraient deux ou plusieurs firmes, souvent grâce à des économies d'échelle.
- « La distribution d'eau dans une ville est souvent un monopole naturel en raison des coûts élevés d'infrastructure. »
La courbe de demande d'un monopoleur est la demande de marché, elle est donc décroissante. La maximisation du profit à court terme est atteinte lorsque le revenu marginal (Rm) est égal au coût marginal (Cm). Contrairement à la concurrence parfaite, le prix en situation de monopole est supérieur au coût marginal (), ce qui entraîne une allocation inefficace des ressources et une perte sèche pour la société. Cette perte sèche est similaire à celle causée par une taxation, mais le profit est ici capté par l'entreprise privée.
À long terme, un monopoleur peut maintenir des profits positifs en raison des barrières à l'entrée. Les politiques publiques pour réguler les monopoles incluent les lois antitrust (pour prévenir les fusions excessives ou les ententes illégales) et la réglementation directe des prix, notamment pour les monopoles naturels.
- Lois antitrustnom féminin pluriel
Ensemble de législations visant à promouvoir la concurrence en interdisant les pratiques anticoncurrentielles (comme les ententes sur les prix) et en contrôlant les concentrations pour éviter la formation de monopoles.
- « Les lois antitrust ont permis de démanteler des monopoles et d'assurer une concurrence plus équitable sur de nombreux marchés. »
La discrimination par les prix est une stratégie où le monopoleur vend le même bien à différents consommateurs à des prix différents. Dans le cas d'une discrimination parfaite, le monopoleur parvient à facturer à chaque client son consentement à payer maximum, augmentant ainsi son profit, éliminant la perte sèche et le surplus du consommateur.
La Concurrence Monopolistique
- Concurrence monopolistiquenom féminin
Structure de marché caractérisée par un grand nombre de firmes vendant des biens similaires mais différenciés, avec une liberté d'entrée et de sortie.
- « Le marché des restaurants est un exemple classique de concurrence monopolistique, où chaque établissement offre une expérience unique. »
La différenciation des produits est la spécificité de ce marché, permettant aux firmes d'avoir un certain pouvoir de marché. Cette différenciation peut venir de la publicité, des marques ou de l'innovation. En raison de cette différenciation, la courbe de demande de chaque firme est décroissante. La maximisation du profit à court terme suit la règle et peut générer des profits ou des pertes. À long terme, la liberté d'entrée et de sortie conduit à des profits économiques nuls, mais le prix reste supérieur au coût marginal ().
La concurrence monopolistique présente deux différences clés avec la concurrence parfaite à long terme : une capacité excédentaire (les firmes ne produisent pas à leur seuil de rentabilité minimum) et un mark-up (le prix est supérieur au coût marginal). Malgré ces inefficiences, les marchés en concurrence monopolistique ne sont généralement pas régulés en raison de la compétition existante et des avantages de la différenciation des produits pour les consommateurs.
L'Oligopole
- Oligopolenom masculin
Structure de marché où un petit nombre de vendeurs dominent le marché, offrant des produits similaires ou identiques. La caractéristique principale est l'interdépendance des firmes.
- « Le marché des télécommunications est souvent un oligopole, avec quelques grands opérateurs se partageant la majorité des clients. »
Dans un oligopole, la quantité produite et les prix se situent entre ceux d'un monopole et d'une concurrence parfaite. Les firmes peuvent être tentées de s'entendre, ou de faire une collusion, pour agir comme un cartel afin de maximiser leurs profits conjoints. Cependant, les cartels sont souvent illégaux et difficiles à maintenir en raison des incitations individuelles à tricher.
- Collusionnom féminin
Accord entre des firmes sur les quantités à produire ou les prix à fixer, visant à limiter la concurrence et à augmenter les profits.
- « Les compagnies pétrolières ont été accusées de collusion pour maintenir des prix élevés. »
- Cartelnom masculin
Groupe de firmes agissant à l'unisson pour maximiser leurs profits conjoints, souvent en contrôlant la production ou les prix, se comportant ainsi comme un monopole.
- « L'OPEP est un exemple bien connu de cartel dans l'industrie pétrolière. »
La théorie des jeux analyse les comportements stratégiques des firmes en oligopole, notamment à travers des outils comme le dilemme du prisonnier. Ce modèle illustre pourquoi la coopération est difficile à maintenir, même si elle est mutuellement avantageuse, car chaque joueur a un intérêt à ne pas respecter les accords en place (tricher).
- Théorie des jeuxnom féminin
Étude du comportement des individus ou des entités (joueurs) placés dans des situations stratégiques où les décisions de chaque joueur affectent les résultats des autres.
- « La théorie des jeux est utilisée pour analyser les décisions des entreprises en oligopole ou les stratégies militaires. »
- Dilemme du prisonnierlocution nominale masculine
Jeu classique en théorie des jeux qui illustre pourquoi deux individus rationnels peuvent ne pas coopérer, même si c'est dans leur intérêt collectif. Le résultat de l'équilibre de Nash est sous-optimal.
- « Le dilemme du prisonnier explique pourquoi les entreprises d'un oligopole ont du mal à maintenir une collusion. »
Les oligopoles mènent également à une allocation inefficace des ressources avec un prix supérieur au coût marginal. Les politiques publiques, telles que la régulation des fusions et acquisitions et les lois antitrust, sont essentielles pour limiter les comportements anticoncurrentiels.
Inégalités et commerce international
1. Mesure et causes des inégalités
Les inégalités de revenus sont une préoccupation majeure, souvent mesurées en divisant les familles en quintiles de revenus (cinq groupes égaux, des 20% les plus pauvres aux 20% les plus riches) pour analyser la part du revenu total détenue par chaque groupe. Cette distribution est variable d'un pays à l'autre.
- Courbe de Lorenz/kuʁb də lɔ.ʁɑ̃s/nom féminin
Graphique qui illustre la relation entre le pourcentage cumulé des ménages et le pourcentage cumulé du revenu. Une ligne droite diagonale représente une égalité parfaite des revenus, tandis qu'une courbe plus éloignée de cette ligne indique un degré d'inégalité plus élevé.
- « La courbe de Lorenz d'un pays permet de visualiser la concentration des richesses et les disparités de revenus. »
- Coefficient de Gini/kɔ.e.fi.sjɑ̃ də ʒi.ni/nom masculin
Mesure d'inégalité de revenu dans un pays, variant de 0 (égalité absolue) à 1 (inégalité absolue). Il est calculé comme le rapport de la surface entre la courbe de Lorenz et la ligne d'égalité parfaite (zone A) à la surface totale sous la ligne d'égalité parfaite (zone A+B).
- « Un coefficient de Gini élevé indique une forte disparité dans la distribution des revenus d'une population. »
Cette formule calcule le coefficient de Gini. - $G$: Coefficient de Gini. - $A$: Surface entre la ligne d'égalité parfaite et la courbe de Lorenz. - $B$: Surface sous la courbe de Lorenz. Interprétation : Plus $G$ est proche de 0, plus l'égalité est grande. Plus $G$ est proche de 1, plus l'inégalité est grande.
Le taux de pauvreté est le pourcentage de la population dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté, défini en Europe comme 60% du revenu médian. Ce taux et le coefficient de Gini révèlent des écarts significatifs entre les pays.
2. Causes et politiques des inégalités
Les causes des inégalités croissantes sont multiples : changements démographiques (plus de personnes âgées et de familles monoparentales), augmentation des emplois à temps partiel et temporaires, réduction de la part des salaires dans le revenu total, et la tendance des grandes entreprises à maximiser la valorisation des actions au détriment des investissements productifs.
Pour réduire les inégalités, les politiques incluent la taxation progressive (où les taux d'imposition augmentent avec le revenu), les lois sur les salaires minimum et les prestations sociales qui complètent les revenus des ménages dans le besoin. Ces mesures cherchent à redistribuer la richesse et à soutenir les populations vulnérables.
3. Fondements du commerce international
- Frontière des Possibilités de Production (FPP)/fʁɔ̃.tjɛʁ dɛ pɔ.si.bi.li.te də pʁɔ.dyk.sjɔ̃/nom féminin
Graphique illustrant les combinaisons maximales de biens qu'une économie peut produire avec ses ressources et sa technologie disponibles. Elle met en évidence les concepts de rareté, d'efficience et de coût d'opportunité.
- « La FPP montre les compromis auxquels une économie est confrontée en décidant quels biens produire. »
Le coût d'opportunité est la valeur de ce à quoi on renonce pour obtenir un autre bien. Une FPP linéaire implique des coûts d'opportunité constants, simplifiant l'analyse des échanges. La FPP se déplace avec la croissance économique et les avancées technologiques.
4. Avantages comparatifs et gains à l'échange
- Avantage absolu/a.vɑ̃.taʒ ab.sɔ.ly/nom masculin
Capacité d'une personne ou d'un pays à produire un bien en utilisant moins de facteurs de production (inputs) que l'autre, ou à produire plus de biens avec la même quantité d'inputs.
- « Si un agriculteur peut produire plus de blé et de maïs par hectare que son voisin, il possède un avantage absolu dans la production des deux cultures. »
- Avantage comparatif/a.vɑ̃.taʒ kɔ̃.pa.ʁa.tif/nom masculin
Capacité d'une personne ou d'un pays à produire un bien à un coût d'opportunité plus faible qu'une autre personne ou un autre pays. Les gains à l'échange reposent sur cet avantage, non sur l'avantage absolu.
- « Même si un chirurgien est un excellent mécanicien, il a un avantage comparatif à se spécialiser en chirurgie car son coût d'opportunité est plus faible. »
Les termes de l'échange désignent le ratio d'échange entre deux biens. Pour que l'échange soit bénéfique, ce ratio doit se situer entre les coûts d'opportunité des deux pays. La spécialisation permet à chaque pays de se concentrer sur la production du bien pour lequel il a un avantage comparatif, ce qui accroît l'efficacité globale.
Le libre-échange est généralement bénéfique, car il permet aux pays de se spécialiser, d'élargir leurs marchés et de stimuler la concurrence et l'innovation. Cependant, il peut avoir des inconvénients, comme la pression sur les industries locales, des impacts environnementaux et des préoccupations liées aux droits sociaux.
5. Restrictions au commerce international
- Droits de douane/dʁwa də du.an/nom masculin
Taxe imposée sur les biens produits à l'étranger et vendus sur le marché intérieur. Ils augmentent le prix des importations, réduisent le volume des échanges et génèrent des recettes fiscales pour le gouvernement.
- « L'imposition de droits de douane sur l'acier importé vise à protéger l'industrie sidérurgique nationale. »
- Quotas à l'importation/kɔ.ta a l‿ɛ̃.pɔʁ.ta.sjɔ̃/nom masculin
Limitation de la quantité d'un bien qui peut être importée. Similaire aux droits de douane, ils augmentent les prix domestiques et réduisent les importations, mais les recettes ne vont pas à l'État, mais aux détenteurs de licences d'importation.
- « Le gouvernement a mis en place des quotas à l'importation pour protéger l'industrie textile locale de la concurrence étrangère. »
Les barrières non tarifaires, telles que les standards de qualité complexes ou les réglementations administratives lourdes, peuvent également restreindre les échanges. Bien que les restrictions commerciales augmentent les prix et créent une perte sèche, elles sont parfois justifiées pour des raisons de sécurité nationale, de protection de l'environnement ou de droits sociaux.
Teste ta compréhension
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Dans le modèle de l'équilibre du marché, si la quantité demandée est supérieure à la quantité offerte aux prix courants, quelle est la situation ?
Comment l'élasticité prix de la demande est-elle définie ?
Quel est l'effet principal d'une amélioration technologique sur l'offre d'un marché ?
Quelle est la formule générale de l'élasticité de A par rapport à B ?
Si l'offre et la demande augmentent simultanément, quel est l'effet sur le prix et la quantité d'équilibre ?
Dans un marché concurrentiel, qu'arrive-t-il à la quantité demandée lorsque le prix du bien change ?
Quel est le type d'élasticité prix de la demande si |εD| = 0 ?
Comment la demande de marché est-elle calculée à partir des demandes individuelles ?
Comment l'élasticité et la pente d'une courbe de demande linéaire se comportent-elles ?
Qu'est-ce qui distingue un bien "normal" d'un bien "inférieur" en termes de comportement de la demande avec un changement de revenu ?
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