Métabolisme énergétique et physiologie musculaire
Aucune carteCe document couvre les méthodes de calorimétrie, les types de fibres musculaires, les filières énergétiques, le système nerveux, les réflexes, et les adaptations physiologiques à l'effort.
Physiologie de l'Exercice Physique
La physiologie de l'exercice physique étudie les adaptations des systèmes biologiques du corps humain en réponse à l'activité physique. Elle englobe l'évaluation de la dépense énergétique, le fonctionnement du système nerveux, l'action musculaire, les filières énergétiques, le métabolisme, les systèmes cardiovasculaire et respiratoire, ainsi que leurs adaptations à l'effort.
1. Mesure de la Dépense Énergétique
La dépense énergétique peut être mesurée par différentes méthodes, principalement la calorimétrie.
1.1. Calorimétrie Directe
Cette méthode consiste à placer le sujet dans une pièce hermétiquement fermée et à mesurer la quantité de chaleur qu'il dégage. Comme une grande partie de l'énergie dépensée par l'organisme est dissipée sous forme de chaleur, cette technique permet une estimation approximative de la dépense énergétique. Elle est précise mais peu pratique pour des utilisations courantes.
1.2. Calorimétrie Indirecte
Cette approche mesure la consommation d'O₂ et la production de CO₂ d'un individu. L'oxydation des nutriments nécessite de l'O₂ et produit du CO₂.
- Circuit fermé : Le sujet respire dans un circuit hermétique. On mesure directement la consommation d'O₂ et la production de CO₂. C'est précis, mais peu pratique.
- Circuit ouvert : Le sujet respire l'air ambiant. On analyse les gaz inspirés et expirés pour déterminer le VO₂ (consommation d'oxygène) et le VCO₂ (production de dioxyde de carbone).
1.3. Métabolisme de Base (MB) et Métabolisme au Repos (MR)
Le métabolisme de base correspond à l'énergie minimale nécessaire pour maintenir les fonctions vitales de l'organisme. Il est mesuré dans des conditions très spécifiques.
- Mesuré après 8h de sommeil et 12h de jeûne.
- Varie de 1100 à 2500 kcal/jour.
- Dépend de plusieurs facteurs :
- La masse maigre : plus elle est importante, plus le MB est élevé.
- La surface corporelle.
- L'âge, la température corporelle, le stress psychologique, les hormones, etc.
Le métabolisme au repos est une mesure moins stricte du métabolisme basal.
- Mesuré au repos, mais pas nécessairement au réveil ni après 12h de jeûne strict.
- Généralement 5 à 10% supérieur au métabolisme de base.
- Varie de 1800 à 3000 kcal/jour.
1.4. Dépense Énergétique à l'Exercice
Chaque activité physique augmente la dépense énergétique, proportionnellement à son intensité.
- VO₂ : Consommation d'oxygène.
- VO₂ Max : Consommation maximale d'oxygène.
Consommation Énergétique à l'Exercice Sous-Maximal
Pendant un exercice sous-maximal et de puissance constante, la VO₂ augmente jusqu'à atteindre un état d'équilibre, appelé "steady state" ou plateau.
- Dérive de la VO₂ : Augmentation lente et progressive de la VO₂ lors d'un exercice prolongé d'intensité constante, même après avoir atteint le steady state.
VO₂ Max
C'est la consommation maximale d'oxygène par l'organisme lors d'un effort physique intense et prolongé. Elle est un indicateur clé du potentiel aérobie d'un sportif.
- Exprimée en ml d'O₂ consommée par minute d'exercice et par kilogramme de poids corporel (ml/min/kg).
- Détermine le potentiel aérobie d'un athlète.
| Femmes | Hommes | |
|---|---|---|
| Adultes en très mauvaises conditions physiques | 20 | 20 |
| Individus modérément actifs | 40 | 45 |
| Sportifs « non endurants » | 50 | 55 |
| Coureurs niveau régional | 60 | 65 |
| Coureurs niveau international | 70 | 80 |
| Records enregistrés | 77 | 94 |
2. Le Système Nerveux
Le système nerveux est essentiel pour la perception, l'intégration de l'information et la réponse motrice.
2.1. Fonctionnement Général du Système Nerveux
- Information sensorielle : Réception des stimuli par les organes sensoriels.
- Intégration : Traitement et interprétation des informations sensorielles par le système nerveux central.
- Réponse motrice : Envoi de signaux aux muscles ou aux glandes pour générer une action.
2.2. Organisation Anatomique
- Système Nerveux Central (SNC) : Composé de l'encéphale (cerveau, cervelet, tronc cérébral) et de la moelle épinière.
- Système Nerveux Périphérique (SNP) : Composé des nerfs crâniens (directement reliés à l'encéphale) et des nerfs spinaux (reliés à la moelle épinière).
2.3. Structures du SNC et leurs Fonctions
- Cortex : Siège des pensées conscientes, centre de traitement des informations et de l'envoi des commandes motrices.
- Thalamus : Porte d'entrée du cortex, trie et relaie les informations sensorielles.
- Hypothalamus : Contrôle les organes végétatifs via le système nerveux autonome. Impliqué dans les émotions, la régulation de la température, la faim, la soif, le cycle du sommeil et le contrôle du système hormonal (via l'hypophyse).
- Tronc cérébral : Liaison entre la moelle épinière, les structures supérieures et le cervelet. Il module les activités réflexes (contrôle respiratoire, centre cardiovasculaire, déglutition, vomissement, réflexes auditifs et visuels), active les neurones des structures supérieures et agit comme un filtre.
- Cervelet : Responsable de la coordination des mouvements complexes et du maintien de l'équilibre.
- Moelle épinière : Lien principal entre l'encéphale et les organes via les nerfs rachidiens. Intègre des fonctions comme les réflexes simples. Elle contient :
- Neurofibres sensitives somatiques : Provenant des organes volontaires (peau, muscles, articulations).
- Neurofibres sensitives viscérales : Provenant des organes internes (cœur, poumons, intestins).
2.4. Système Nerveux Autonome
Il régule les fonctions involontaires de l'organisme, avec deux branches principales aux effets opposés.
- Système Nerveux Sympathique :
- Met l'organisme en état d'alerte et d'action ("fight or flight").
- Décharge massive lors de situations de stress (ex: avant une course).
- Effets sur le sportif : ↑ rythme cardiaque, ↑ débit cardiaque, vasodilatation musculaire, ↑ pression artérielle, bronchodilatation, libération de glucose par le foie.
- Système Nerveux Parasympathique :
- Actif au repos ("rest and digest").
- Rôle majeur dans la digestion, les sécrétions glandulaires et la conservation de l'énergie.
- Effets opposés au SN sympathique : ↓ rythme cardiaque, constriction des vaisseaux coronaires, bronchoconstriction.
2.5. Les Réflexes
Un réflexe est une réponse motrice rapide et prévisible à un stimulus, intégrée dans la physiologie du SN.
- Les réflexes sont souvent involontaires et peuvent se produire sans l'intervention consciente de l'encéphale, étant gérés par des zones inférieures du SNC (moelle épinière, tronc cérébral).
- Exemple : Retirer la main d'une source de chaleur avant même de ressentir la douleur. L'information est traitée au niveau de la moelle épinière, et la douleur est ressentie un peu plus tard lorsque l'information atteint l'encéphale.
Arc Réflexe
Le chemin neurologique d'un réflexe est appelé arc réflexe et comprend 5 composants essentiels :
- Récepteur : Cible l'action du stimulus.
- Neurone sensitif : Transporte l'influx afférent vers le SNC.
- Centre d'intégration : Peut être une seule synapse (réflexe monosynaptique) ou plusieurs synapses (réflexe polysynaptique) dans le SNC.
- Neurone moteur : Transporte l'influx efférent du centre d'intégration vers un organe effecteur.
- Effecteur : Un muscle ou une glande qui répond à l'influx efférent.
Récepteurs Proprioceptifs Clés
La proprioception est la perception inconsciente de la position et des mouvements du corps, essentielle pour la posture, la coordination motrice et l'équilibre.
- Fuseau neuromusculaire : Localisé dans les myocytes intrafusaux. Partie contractile d'un muscle, il détecte l'étirement du muscle. Si le muscle s'étire, les fibres extrafusoriales et intrafusoriales s'étirent également, solidaires grâce au tissu conjonctif. Il est sensible aux variations de longueur du muscle.
- Organes tendineux de Golgi (fuseaux neurotendineux) : Mécanorécepteurs situés dans les tendons musculaires, près de la zone d'attache avec les fibres musculaires. Ils détectent la tension dans les tendons et provoquent le relâchement du muscle en cas de tension excessive.
- Récepteurs articulaires : Renseignent sur la position et le mouvement des articulations.
Réflexe Myotatique (Réflexe d'Étirement)
C'est un réflexe monosynaptique qui provoque la contraction d'un muscle en réponse à son propre étirement. L'exemple typique est le réflexe patellaire.
- Récepteur : Le fuseau neuromusculaire détecte l'allongement du muscle et déclenche une augmentation des potentiels d'action dans le neurone sensitif.
- Neurone sensitif : Envoie l'information à la moelle épinière.
- Centre d'intégration (Moelle Épinière) :
- Synapse excitatrice avec le motoneurone du muscle agoniste (qui doit se contracter).
- Synapse inhibitrice avec l'interneurone du muscle antagoniste (qui doit se relâcher).
- Neurone moteur : Transporte l'influx efférent vers les muscles concernés.
- Effecteur :
- Contraction du muscle agoniste.
- Inhibition du muscle antagoniste.
Réflexe Myotatique Inverse (Réflexe Tendineux de Golgi)
Ce réflexe protège le muscle contre une tension excessive en provoquant son relâchement.
- Récepteur : Les organes tendineux de Golgi sont stimulés par une forte contraction musculaire ou une tension excessive dans les tendons.
- Neurone sensitif : Transmet l'information à la moelle épinière.
- Centre d'intégration (Moelle Épinière) : Connexion avec les motoneurones des muscles agonistes et antagonistes.
- Effet :
- Inhibition des muscles agonistes (ceux qui subissent la tension).
- Contraction des muscles antagonistes.
Traitement Central de la Proprioception
Les signaux proprioceptifs remontent par les voies sensorielles vers :
- La moelle épinière (pour les réflexes de posture).
- Le cervelet (pour la coordination).
- Le cortex pariétal (pour la perception consciente).
D'autres systèmes contribuent également à la perception spatiale et à l'équilibre :
- La vision (repérage spatial).
- L' oreille interne (système vestibulaire pour l'équilibre).
3. Le Tissu Musculaire et la Contraction Musculaire
Le muscle est composé de fibres musculaires, qui sont elles-mêmes des cellules.
3.1. Structure Générale
Chaque fibre musculaire contient de nombreux noyaux, essentiels pour la synthèse des protéines (transcription de l'ADN en ARN, puis production de protéines) qui renforcent le muscle.
3.2. Types de Fibres Musculaires
Les muscles sont composés de différents types de fibres ayant des caractéristiques distinctes.
- Fibres lentes (ST - "Slow Twitch", Type I, ou oxydatives) :
- Résistantes à la fatigue et endurantes.
- Force et vitesse limitées, car non adaptées aux efforts de haute intensité.
- Nombreuses mitochondries.
- Contiennent une forme lente de myosine ATPase.
- Couleur rouge due à la forte quantité de myoglobine.
- Correspondent aux unités motrices de type I, recrutées lors d'activités d'endurance et de faible intensité (ex: marathon, natation longue distance).
- Corps cellulaire du motoneurone plus petit, innervant 10 à 180 fibres musculaires.
- Fibres rapides (Type IIa et IIb) :
- Plus rapides et plus fortes que les fibres ST.
- Contiennent une forme rapide de myosine ATPase.
- Unités motrices plus grandes.
- Réticulum sarcoplasmique plus développé.
- Correspondent aux unités motrices de type II, utilisées pour les exercices anaérobies, avec une faible endurance, mais une grande force.
- Corps cellulaire du motoneurone plus grand, innervant 300 à 800 fibres musculaires.
- Type IIa (intermédiaires) : Grande force, meilleure capacité oxydative que les IIb et relativement résistantes à la fatigue. Recrutées pour des efforts comme le 1500m en athlétisme ou le 400m en natation.
- Type IIb (très rapides) : Très grande force, très grande capacité anaérobie, mais très fatigables. Utilisées pour des exercices explosifs (ex: 110m haies, 50m natation).
En moyenne, un individu possède environ :
- 50% de fibres de type I (lentes).
- 25% de fibres de type IIa (intermédiaires).
- 25% de fibres de type IIb (rapides).
3.3. Unités Motrices
Une unité motrice est composée d'un motoneurone et de toutes les fibres musculaires qu'il contrôle.
- Les unités motrices de type II (contraction rapide) produisent plus de force que les unités motrices de type I (contraction lente) car leurs motoneurones innervent un plus grand nombre de fibres musculaires.
- La force de contraction est régulée par le principe de taille : les petits motoneurones (innervant les fibres lentes) sont plus sensibles et sont recrutés en premier, pour les faibles forces. Plus la force requise est grande, plus les motoneurones plus gros (innervant les fibres rapides) sont sollicités.
3.4. Types de Contractions Musculaires
- Concentrique :
- Le muscle se raccourcit.
- Produit un mouvement (contraction dynamique).
- Les filaments fins sont tirés vers le centre du sarcomère par les ponts transverses actifs.
- Excentrique :
- Le muscle est allongé sous tension.
- Produit un mouvement articulaire (contraction dynamique).
- Les ponts transverses sont actifs, mais les filaments fins sont tirés plus loin par rapport au centre du sarcomère pendant que le muscle est étiré.
- Isométrique :
- Le muscle exerce une force, mais sa longueur reste inchangée (contraction statique).
- Les ponts transverses sont actifs, mais la force externe opposée est trop grande pour permettre le déplacement des filaments d'actine, donc il n'y a pas de raccourcissement.
3.5. Courbatures
Les courbatures apparaissent généralement après des efforts intenses, surtout s'ils sont inhabituels, et se font ressentir 12 à 48 heures après l'effort.
Elles sont principalement causées par le travail en excentrique.
Causes possibles :
- Lésions des membranes plasmiques des fibres musculaires.
- Lésions des lignes Z dans les sarcomères.
- Défauts de disponibilité du calcium.
- Œdèmes.
- Phénomènes inflammatoires.
4. Filières Énergétiques et Métabolisme des Substrats
Le corps humain produit de l'ATP (adénosine triphosphate), la monnaie énergétique des cellules, via trois filières principales.
4.1. Filières de Production d'ATP
Au début de l'exercice, les trois systèmes sont mobilisés, mais leur contribution relative varie selon l'intensité.
- Phosphorylation directe (ou système de la phosphocréatine, PCr) :
- Réaction couplée de la créatine phosphate et de l'ADP (Adénosine Diphosphate).
- Ne consomme pas d'oxygène (anaérobie alactique).
- Permet des efforts très intenses et courts (environ 10-15 secondes).
- Instantannée car une seule réaction chimique.
- Mise en route très rapide.
- Prédominante pour les très hautes intensités.
- Voie anaérobie (Glycolyse) :
- Aucune utilisation d'oxygène (anaérobie lactique).
- Dégradation du glucose en pyruvate, qui est ensuite converti en acide lactique en l'absence ou en quantité insuffisante d'O₂.
- Produit 2 ATP par molécule de glucose.
- Durée de l'effort : environ 60 secondes ou un peu plus.
- Mise en route assez rapide (environ 10 réactions chimiques).
- Prédominante pour les hautes intensités.
- Voie aérobie (Respiration cellulaire) :
- Utilisation d'oxygène nécessaire.
- Source d'énergie : glucose, acide pyruvique, acides gras libres, acides aminés.
- Produit environ 32 molécules d'ATP par molécule de glucose.
- Produits de déchets : CO₂, H₂O.
- Durée de plusieurs heures.
- Mise en route assez lente (nombreuses réactions chimiques).
- Prédominante pour les faibles intensités.
4.2. Acide Lactique et Seuil Lactique
- L'acide lactique est produit lors des efforts musculaires, même à faible intensité.
- En présence d'oxygène suffisant, il est réutilisé par les différents systèmes énergétiques (concentration jusqu'à 4 mmol/L).
- Le seuil lactique correspond à une augmentation brusque de la concentration en acide lactique (autour de 4 mmol/L). Au-delà de ce seuil, l'accumulation de lactate entraîne une difficulté à prolonger l'effort.
- C'est un bon indicateur du potentiel d'endurance d'un athlète et correspond à la limite d'allure pouvant être maintenue lors d'une course de longue durée.
- Le seuil lactique est souvent exprimé en pourcentage de la VO₂ max.
4.3. Nutriments et leurs Métabolismes
Les aliments ingérés fournissent les nutriments nécessaires à la production d'ATP.
- Glucides :
- Monosaccharides (glucose, fructose) et disaccharides (saccharose, lactose) : sucres rapides des fruits, miel, etc.
- Polysaccharides (amidon) : glucides lents des céréales, légumineuses.
- Fonction : Le glucose est le combustible essentiel des cellules pour la synthèse d'ATP.
- Stockage : Sous forme de glycogène
- Foie : environ 100g.
- Muscles : environ 350-400g.
- Glycogenèse : Réaction anabolique de transformation du glucose en glycogène pour le stockage (foie et muscles).
- Glycogénolyse : Réaction catabolique de dégradation du glycogène pour libérer les molécules de glucose.
- Néoglucogenèse : Réaction anabolique de synthèse de glucose à partir de molécules non glucidiques (acides aminés, glycérol) quand les réserves de glycogène sont insuffisantes ou que la glycémie diminue. Maintient la glycémie et assure l'apport de glucose au cerveau.
- Lipides :
- Source d'énergie la plus concentrée, faible teneur en eau, très calorique.
- Triglycérides : Forme la plus présente dans l'alimentation et principale source d'énergie pour les muscles squelettiques.
- Phospholipides : Composent les gaines de myéline et les membranes cellulaires.
- Tissus adipeux : Coussin protecteur pour les organes, couche isolante, et réserve d'énergie.
- Lipogenèse : Processus anabolique qui utilise l'excès de glucose pour synthétiser des triglycérides, stockés principalement dans le tissu adipeux.
- Lipolyse : Processus catabolique qui dégrade les triglycérides en glycérol et acides gras, libérés dans le sang pour être utilisés comme énergie.
- Métabolisme du Glycérol : Transformé en glycéraldéhyde-P, il entre dans la glycolyse et le cycle de Krebs, produisant environ 18 molécules d'ATP (moitié d'un glucose).
- Métabolisme des Acides gras : Subissent la bêta-oxydation, processus mitochondrial qui les convertit en Acétyl-CoA. Chaque cycle de bêta-oxydation produit 1 NADH et 1 FADH₂. L'Acétyl-CoA entre ensuite dans le cycle de Krebs pour produire plus d'ATP, NADH et FADH₂.
- Protéines :
- Éléments structuraux (collagène, élastine, protéines musculaires) et fonctionnels (enzymes, hormones).
- Durée de vie limitée, renouvellement d'environ 100g par jour.
- Pas la source principale d'ATP, mais les acides aminés peuvent être oxydés ou convertis en lipides ou glucides pour produire de l'ATP.
- Protéines animales : Contiennent tous les acides aminés essentiels.
- Protéines végétales : Doivent être combinées (ex: céréales + légumineuses) pour fournir tous les acides aminés essentiels.
- Désamination : Les acides aminés (contenant de l'azote) doivent subir une désamination (perdre leur groupement amine) avant d'être oxydés. Ce processus catabolique forme de l'ammoniac (toxique) et un acide cétonique.
- Eau : Essentielle pour toutes les fonctions corporelles, ne fournit pas d'énergie.
- Vitamines et Minéraux : Essentiels au bon fonctionnement de l'organisme, interviennent en petites quantités comme cofacteurs enzymatiques.
4.4. États Métaboliques
- État de jeûne (catabolique) : Processus de dégradation des réserves pour maintenir la glycémie et économiser le glucose.
- Glucides : Le foie libère du glucose par glycogénolyse (réserves hépatiques) et néoglucogenèse. Les muscles ne peuvent pas libérer de glucose dans le sang.
- Lipides : La lipolyse libère glycérol (utilisé par le foie pour le glucose) et acides gras (utilisés comme énergie).
- Protéines : Utilisées comme source d'énergie seulement en cas de jeûne prolongé. Les protéines libèrent des acides aminés ; le foie les utilise pour la néoglucogenèse, et les muscles les convertissent en intermédiaires du cycle de Krebs.
- État post-prandial (anabolique) : Stockage des nutriments après un repas.
- Glucides : Stockage sous forme de glycogène dans les muscles et le foie.
- Lipides : Stockage sous forme de triglycérides dans les cellules adipeuses.
- Protéines : Utilisées pour la construction et le renouvellement des protéines de l'organisme.
- État d'exercice : Augmentation de la production d'ATP, mobilisation accrue des réserves de glucides et lipides via :
- Glycogénolyse des réserves hépatiques (libération de glucose dans le sang) et musculaires (pour la glycolyse).
- Néoglucogenèse pour maintenir la glycémie.
- Lipolyse pour mobiliser les lipides de réserve.
4.5. Quotient Respiratoire (QR)
Le QR est un indicateur du type de nutriments oxydés pour produire de l'énergie. Il est calculé comme :
- La quantité d'O₂ nécessaire varie selon la composition moléculaire des nutriments.
- Un QR faible (proche de 0,7) indique une utilisation préférentielle des acides gras.
- Un QR élevé (proche de 1) indique une utilisation préférentielle du glucose.
- Un QR faible est souvent recherché chez les sportifs pour préserver les réserves de glucides et favoriser la consommation de lipides lors d'efforts modérés et prolongés.
5. Le Sang et le Système Cardiovasculaire
Le sang est un tissu conjonctif liquide essentiel au transport de substances vitales.
5.1. Composition du Sang
- Plasma (environ 55% du sang total) : Composant le moins dense.
- 90% d'eau.
- 7% de protéines (albumines, globulines, fibrinogènes).
- 3% d'éléments divers (électrolytes, ions, nutriments, produits de déchets, gaz).
- Leucocytes et plaquettes (moins de 1% du sang total).
- Érythrocytes (globules rouges) (environ 45% du sang total) : Composant le plus dense.
5.2. Érythrocytes
- Forme biconcave (disque).
- Assurent le transport de l'O₂ et du CO₂.
- Contiennent l'hémoglobine, une protéine spécifique (200 à 300 millions de molécules par globule rouge).
- Hématocrite : Pourcentage du sang occupé par les érythrocytes (environ 45% chez l'homme, 42% chez la femme).
Hémoglobine
- Composée de 4 sous-unités de globine et de 4 groupes hème.
- Chaque groupe hème contient 1 atome de fer (Fe) qui peut se lier à l'O₂.
Érythropoïèse (Production de Globules Rouges)
- Lieu de production : moelle osseuse rouge (chez l'adulte, os plats du tronc et des ceintures, épiphyses proximales de l'humérus et du fémur).
- Stimulée par l'érythropoïétine (EPO), une hormone produite par les reins.
- Dopage à l'EPO (risqué) : augmente la viscosité du sang, ce qui accroît les risques de caillots, d'AVC et de problèmes cardiaques.
- Durée de vie d'un globule rouge : environ 120 jours.
- Renouvellement : environ 1% des globules rouges par jour.
- Destruction des vieux globules rouges : dans la rate et le foie.
5.3. Le Cœur
Le cœur est un organe musculaire creux qui agit comme une pompe.
- Entouré du péricarde (sac fibreux).
- Myocarde : muscle cardiaque.
- Endocarde : paroi interne en contact avec le sang.
Circulation Sanguine
- Cœur droit : Pompe la circulation pulmonaire (le sang va aux poumons pour s'oxygéner, puis revient au cœur gauche).
- Cœur gauche : Pompe la circulation systémique (le sang oxygéné est distribué aux tissus de l'organisme, puis retourne au cœur droit).
- Le cœur est alimenté en sang par les artères coronaires, issues de la première partie de l'aorte.
Valvules Cardiaques
Quatre valvules assurent un flux sanguin unidirectionnel :
- Valvules auriculo-ventriculaires :
- Tricuspide (côté droit).
- Mitral (côté gauche).
- Valvules semi-lunaires :
- Pulmonaire (entre le ventricule droit et l'artère pulmonaire).
- Aortique (entre le ventricule gauche et l'aorte).
5.4. Volumes Cardiaques
- Volume télédiastolique (VTD) : Volume de sang dans le ventricule en fin de remplissage (juste avant la contraction).
- Volume télésystolique (VTS) : Volume de sang résiduel dans le ventricule après la contraction.
- Volume systolique (VS) ou Volume d'Éjection Systolique (VES) : Volume de sang éjecté par le ventricule à chaque battement.
5.5. Débit Cardiaque (DC)
Le DC est le volume de sang pompé par chaque ventricule par minute.
DC au repos (approximatif pour un adulte) :
- FC : environ 72 battements/min.
- VS : environ 70 ml/battement.
- DC : .
DC à l'effort :
- Peut être 4 à 5 fois plus élevé qu'au repos (jusqu'à 35 L/min chez les athlètes entraînés).
- Le DC peut atteindre 4 à 8 fois le DC de repos.
- Personne sédentaire : DC maximal d'environ 20 L/min.
- Sportifs entraînés : DC maximal d'environ 40 L/min.
Régulation de la Fréquence Cardiaque (FC) :
- Sans influence nerveuse ou hormonale, la FC est d'environ 100 BPM (rythme intrinsèque du nœud sinusal).
- Au repos : Le système parasympathique est prédominant, abaissant la FC à environ 72 BPM.
- À l'exercice :
- Augmentation de la FC proportionnelle à l'intensité de l'effort.
- Due à l'activation des nerfs sympathiques, la libération d'adrénaline et la diminution de l'activité parasympathique.
- Atteint un plateau d'équilibre (steady state) lors d'efforts sous-maximaux d'intensité constante.
| Effort | Valeurs (approximatives) |
|---|---|
| Repos | ~ 60 bpm |
| Marche | ~ 90 bpm |
| Trottiner : endurance douce | ~ 130 bpm |
| Course en endurance active | ~ 150 bpm |
| Course en endurance intensive | ~ 165 bpm |
| Course rapide en résistance | ~ 180 bpm |
| Course très rapide - sprint | ~ 190 bpm |
Régulation du Volume Systolique (VS) :
- Le VS augmente jusqu'à une intensité d'effort correspondant à 40-60% de la VO₂ max, puis atteint un plateau.
- Personne active : VS passe de 50-60ml au repos à 120ml au maximum.
- Personnes très entraînées : VS passe de 80-110ml au repos à 160-200ml au maximum.
- Causes de l'augmentation du VS :
- Augmentation de la contractilité myocardique (force de contraction des ventricules), due à l'augmentation du Ca²⁺ et de la vitesse du cycle des ponts transversaux de la myosine.
- Augmentation du volume télédiastolique (plus de sang dans les ventricules avant l'éjection).
- Amélioration du retour sanguin à l'exercice par les contractions musculaires.
Dérive Cardiaque
Lors d'un effort prolongé à faible intensité, le DC reste relativement stable, mais le VS a tendance à diminuer avec le temps à cause de :
- Augmentation de la température corporelle (redistribution du volume sanguin vers la peau)
- Déshydratation (diminution du volume plasmatique)
Pour compenser cette diminution du VS et maintenir le DC, la FC augmente : c'est la dérive de la fréquence cardiaque (similaire à la dérive de la VO₂).
FC max et VS max
- FC max : Valeur la plus élevée atteignable lors d'un effort maximal.
- Estimation générale : .
- Estimation plus adaptée pour < 20 ans et > 50 ans : .
- VS max : Environ 2 fois le VS de repos.
- ~ 120 mL chez les personnes non entraînées.
- ~ 160-200 mL chez les sujets entraînés.
- DC max : Peut être 4 à 8 fois supérieur au DC de repos.
- ~ 20 L/min chez les sédentaires.
- ~ 40 L/min chez les sujets entraînés en endurance.
5.6. Système Vasculaire
Il est composé d'un réseau de vaisseaux sanguins : artères artérioles capillaires veinules veines.
- Le débit sanguin dans la microcirculation (au niveau des capillaires) dépend du diamètre des artérioles.
- Vasodilatation : Augmentation du diamètre des artérioles, augmentant le débit dans les capillaires.
- Vasoconstriction : Réduction du diamètre des artérioles, diminuant le débit dans les capillaires.
- Les capillaires sont des tubes à parois minces sans muscle lisse, regroupés en lits capillaires. Ils sont le site principal des échanges de nutriments et de déchets métaboliques.
6. Le Système Respiratoire
Le système respiratoire assure les échanges gazeux (O₂ et CO₂) entre l'organisme et l'environnement.
6.1. Volumes et Capacités Respiratoires
- Volume courant (VC) : Quantité d'air inspirée ou expirée à chaque respiration au repos (environ 500 mL).
- Volume de réserve inspiratoire (VRI) : Volume d'air supplémentaire pouvant être inspiré après une inspiration courante (environ 3100 mL homme, 1900 mL femme).
- Volume de réserve expiratoire (VRE) : Volume d'air supplémentaire pouvant être expiré après une expiration courante (environ 1200 mL homme, 700 mL femme).
- Volume résiduel (VR) : Quantité d'air restant dans les poumons après une expiration forcée (environ 1200 mL homme, 1100 mL femme).
- Capacité vitale (CV) : Volume maximal d'air pouvant être mobilisé en une seule inspiration/expiration forcée (VC + VRI + VRE).
6.2. Contrôle de la Respiration
Le centre respiratoire est situé dans le tronc cérébral.
- Pont : Contient le groupe respiratoire pontin.
- Bulbe rachidien : Centre de commande, contient le groupe respiratoire ventral et dorsal.
- Groupe respiratoire ventral (GRV) : Générateur du rythme respiratoire de base (impulsions électriques).
- Groupe respiratoire dorsal (GRD) : Intégrateur, reçoit des informations du corps et adapte le rythme via le GRV.
- Groupe respiratoire pontin : Assure une respiration fluide et régulière, évitant les saccades.
Les muscles principaux de la respiration sont :
- Le diaphragme : Muscle sous les poumons qui s'abaisse à l'inspiration.
- Les muscles intercostaux externes : Élèvent les côtes pour agrandir la cage thoracique à l'inspiration.
Influences sur les centres respiratoires :
- Contrôle par la "pensée" :
- Cortex cérébral : Volonté (décider de respirer vite ou de retenir sa respiration).
- Hypothalamus : Émotions (peur, stress peuvent accélérer ou bloquer la respiration).
- Contrôle chimique :
- Chimiorécepteurs centraux et périphériques : Détectent les variations de CO₂ et O₂. Une augmentation du CO₂ ou une baisse de l'O₂ stimule les centres respiratoires.
- Contrôles par le "mouvement" :
- Récepteurs des muscles et des articulations : Détectent les mouvements des membres et signalent un effort imminent, augmentant la respiration.
- Contrôle par la "protection" :
- Mécanorécepteurs pulmonaires : Détectent l'hyper-inflation des poumons et inhibent l'inspiration.
- Récepteurs d'irritants : Détectent des substances irritantes (fumée) et peuvent bloquer la respiration ou provoquer la toux.
6.3. Réponse Ventilatoire à l'Exercice
- Au repos : Environ 6 L d'air/min.
- À l'exercice : Peut atteindre de 80 à 150 L/min, voire 250 L/min chez les athlètes de haut niveau.
- L'augmentation du débit ventilatoire est due à l'augmentation de la fréquence respiratoire (de 12 à 60 cycles/min) et de l'amplitude ventilatoire (volume courant, de 0,5 à 3,5 L).
- Dérivée de la Ventilation : Comme pour la VO₂ et la FC, la ventilation peut subir une dérive lors d'efforts prolongés.
Phases de la Réponse Ventilatoire
La ventilation subit une augmentation rapide au début de l'exercice, se stabilise (steady state) pour les efforts léger à modéré, et diminue progressivement après l'arrêt de l'exercice.
- Déficit en O₂ (ou dette en O₂) : Durant les premières secondes de l'exercice, l'organisme ne peut pas fournir O₂ suffisant, les filières anaérobies compensent.
- État Stable (Steady State) : Atteint lorsque l'apport d'oxygène équilibre la demande, l'effort semble plus facile ("second souffle").
- Excès de Consommation d'Oxygène Post-exercice (EPOC) : Essoufflement après l'exercice, représentant le "remboursement" de la dette d'oxygène accumulée pour restaurer les niveaux d'ATP, PCr et éliminer le lactate. L'EPOC est plus important si l'effort a été intense.
7. Points Clés pour l'Examen
- Types de fibres musculaires et leurs caractéristiques.
- Définition et recrutement des unités motrices.
- Les trois types de contractions musculaires et leur rôle dans les courbatures (travail excentrique).
- Les filières énergétiques (PCr, glycolyse, respiration cellulaire) pour différentes intensités d'effort, et le seuil lactique.
- Le métabolisme des glucides, lipides et protéines. Comprendre la bêta-oxydation et le schéma global des substrats énergétiques à l'exercice.
- Le quotient respiratoire (QR) et son interprétation.
- Ordres de grandeur pour le débit cardiaque (FC de base, VS), et son calcul à l'effort.
- Les valeurs d'estimation de la FC max (220-âge et 210-(0.65 x âge)).
- La capacité vitale et les principaux muscles respiratoires (diaphragme, intercostaux).
- Localisation et fonctionnement du centre de la respiration dans le tronc cérébral.
Lancer un quiz
Teste tes connaissances avec des questions interactives