Mécanismes généraux de l’immunité

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Vue d'ensemble des systèmes immunitaires inné et acquis, incluant les organes lymphoïdes, les granulocytes et agranulocytes, les réponses inflammatoires, les cytokines, les anticorps, ainsi que les mécanismes d'allergie et de défense cellulaire contre agents pathogènes.

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Question
Décrivez le processus de maturation des lymphocytes B et leur localisation finale.
Réponse
Les lymphocytes B mûrissent dans la moelle osseuse, puis gagnent les organes lymphoïdes secondaires via le sang. Là, ils peuvent se diviser pour former des clones identiques. Ces cellules font partie de l'immunité humorale, synthétisant des anticorps après différenciation en plasmocytes.
Question
Distinguez l'immunité non spécifique de l'immunité spécifique.
Réponse
L'immunité non spécifique (naturelle/innée) protège sans reconnaissance spécifique, agissant rapidement et de manière générale contre divers agents. L'immunité spécifique (acquise) se développe après contact avec un agent, reposant sur la reconnaissance de cibles précises par les lymphocytes, et possède une mémoire.
Question
Définissez l'immunité en tant que propriété physiologique de l'organisme.
Réponse
L'immunité est la capacité d'un organisme à se défendre contre les infections et autres agressions. Elle englobe des mécanismes spécifiques et non spécifiques qui interagissent pour protéger l'hôte.
Question
Quel est le rôle des lymphocytes T auxiliaires dans la réponse immunitaire ?
Réponse
Les lymphocytes T auxiliaires régulent toutes les fonctions immunitaires par la production de lymphokines. Ils stimulent la croissance et la prolifération des lymphocytes T cytotoxiques et suppresseurs (via l'IL-2), ainsi que des lymphocytes B, leur différenciation en plasmocytes, la production d'anticorps et l'activation des macrophages.
Question
Définissez les cytokines et expliquez leurs trois modes d'action principaux. Mécanismes d'action des cytokines
Réponse
Les cytokines sont des messagers chimiques qui régulent la communication entre cellules immunitaires. Elles agissent selon trois modes principaux :
Autocrine : agit sur la cellule qui la produit.
Paracrine : agit sur des cellules voisines.
Endocrine : circule dans le sang pour agir sur des cellules distantes. Mécanismes d'action des cytokines
Question
Quel est le rôle des macrophages et comment se forment-ils ?
Réponse
Les macrophages sont des cellules phagocytaires formées dans la moelle osseuse à partir de monocytes. Ils sont chargés de la défense des tissus et de la phagocytose de particules étrangères. Leur rôle comprend la destruction des bactéries et la présentation d'antigènes aux lymphocytes T auxiliaires, initiant ainsi des réponses immunitaires spécifiques. Ils sécrètent également des médiateurs inflammatoires.
Question
Quels sont les cinq classes d'immunoglobulines et quelles sont leurs caractéristiques principales ?
Réponse
Il existe cinq classes d'immunoglobulines : IgM (défense anti-infectieuse), IgG (les plus abondantes, 75%), IgA (sécrétées dans les muqueuses), IgD (rôle mal défini) et IgE (associées aux allergies). Elles diffèrent par leur structure et leur concentration.
Question
Définissez les cytokines et expliquez leur rôle dans la réponse immunitaire.
Réponse
Les cytokines sont des messagers chimiques (protéines) libérés par les cellules immunitaires pour réguler la communication et les réponses immunitaires. Elles agissent localement (paracrine, autocrine) ou parfois à distance (endocrine). Elles orchestrent la réaction immunitaire, la division cellulaire, et peuvent être pro-inflammatoires (ex: interleukines) ou antivirales (ex: interférons).
Question
Schéma d'hématopoïèse montrant la différenciation des cellules souches À partir de quelle cellule souche les granulocytes sont-ils produits ?
Réponse
Les granulocytes sont produits à partir de la cellule souche myéloïde, qui se différencie ensuite en une cellule précurseure appelée myéloblaste. Ce dernier donne naissance aux différents types de granulocytes.
Question
Quels sont les deux types d'interférons (IFN) les plus courants et qui les produit ?
Réponse
Les interférons IFN-α et IFN-β sont les deux types les plus courants. Ils sont synthétisés par pratiquement toutes les cellules de l'organisme, notamment les leucocytes (IFN-α), les fibroblastes (IFN-β) et les cellules épithéliales.
Question
Expliquez pourquoi la réaction allergique s'accompagne d'une production excessive d'IgE.
Réponse
Lors d'une allergie, l'exposition répétée à un allergène active les lymphocytes T, entraînant une production excessive d'IgE. Ces IgE, abondantes dans le sang, provoquent la rupture des mastocytes et la libération de substances telles que l'histamine, causant les symptômes allergiques.
Question
Quel est le rôle principal des polynucléaires neutrophiles dans le système immunitaire ?
Réponse
Les polynucléaires neutrophiles sont la première ligne de défense. Ils sont spécialisés dans la phagocytose et peuvent former des pièges extracellulaires (NET) pour capturer les bactéries, participant activement à la réponse inflammatoire.
Question
Quelles sont les trois principales caractéristiques d'une bactérie par rapport aux virus ?
Réponse
Les bactéries sont des organismes unicellulaires avec une paroi et une membrane plasmique, capables de métabolisme et de reproduction autonomes. Les virus sont plus petits, constitués d'acides nucléiques entourés de protéines, et nécessitent une cellule hôte pour se multiplier et métaboliser. Les bactéries possèdent des enzymes et ribosomes propres, contrairement aux virus.
Question
Quels sont les trois principes sur lesquels repose la reconnaissance spécifique en immunité acquise ?
Réponse
La reconnaissance spécifique en immunité acquise repose sur la diversité des lymphocytes, la dynamique clonale (prolifération du clone spécifique de l'antigène) et la mémoire immunitaire (amplification des réponses futures).
Question
Énumérez les cinq portes d'entrée naturelles par lesquelles les agents étrangers pénètrent l'organisme.
Réponse
bouche
voies aériennes
voies génitales
voies urinaires
yeux
Question
Décrivez les cinq étapes principales de la réaction inflammatoire en cas d'infection bactérienne.
Réponse
La réaction inflammatoire comprend cinq étapes : 1- Pénétration bactérienne et lésions tissulaires. 2- Vasodilatation locale et augmentation du débit sanguin. 3- Augmentation de la perméabilité capillaire aux protéines et filtration de liquide dans l'interstitium (œdème). 4- Chimiotactisme : migration des leucocytes vers la zone infectée. 5- Destruction des bactéries par phagocytose et d'autres mécanismes.
Question
Qu'est-ce qu'un monocyte et quel nom prend-il après avoir quitté les vaisseaux sanguins ?
Réponse
Un monocyte est un type d'agranulocyte, une grande cellule sanguine. Après avoir quitté les vaisseaux sanguins pour pénétrer dans les tissus, il prend le nom de macrophage tissulaire et participe à la défense du tissu.
Question
Qu'est-ce qu'un lymphocyte T et où finit-il sa maturation ?
Réponse
Un lymphocyte T est une cellule immunocompétente essentielle à l'immunité spécifique. Après leur développement initial dans la moelle osseuse, ils sont transportés vers le thymus où ils achèvent leur maturation avant de migrer vers les organes lymphoïdes secondaires.
Question
Décrivez le processus de phagocytose et ses étapes principales.
Réponse
La phagocytose est l'ingestion de particules par une cellule. Les étapes principales incluent : 1) Contact entre le phagocyte et le microbe. 2) Ingestion formant un phagosome. 3) Fusion du phagosome avec un lysosome pour former un phagolysosome. 4) Dégradation du microbe par les enzymes lysosomiales.
Question
Décrivez le processus de phagocytose depuis le contact initial jusqu'à la formation du phagolysosome.
Réponse
Le processus commence par le contact entre le phagocyte et le micro-organisme. Des opsonines (comme les anticorps ou le complément) peuvent fixer le phagocyte au microbe. Le phagocyte engloutit le micro-organisme, formant un phagosome. La membrane du phagosome fusionne avec un lysosome, créant un phagolysosome où les enzymes dégradent le microbe.
Question
Processus de diapédèse des neutrophiles Définissez la diapédèse et explicitez ses deux stades principaux.
Réponse
La diapédèse est le processus par lequel les leucocytes, notamment les neutrophiles, quittent la circulation sanguine pour migrer vers la zone inflammatoire. Elle comprend deux stades : le chimiotactisme (adhésion lâche et exposition aux facteurs chimiotactiques) et l'extravasation (passage entre les cellules endothéliales vers le liquide interstitiel).
Question
Qu'est-ce qu'un antigène et comment déclenche-t-il une réaction immunitaire ?
Réponse
Un antigène est toute substance chimique reconnue par le système immunitaire comme étrangère, capable de déclencher une réponse immunitaire spécifique, notamment la production d'anticorps. La reconnaissance d'un antigène par les lymphocytes, soit directement, soit via des cellules présentatrices d'antigènes, initie la prolifération des clones cellulaires spécifiques et la mise en œuvre de mécanismes de défense, tels que la production d'anticorps par les plasmocytes ou l'action des lymphocytes T.
Question
Qu'est-ce que le complexe d'attaque membranaire (CAM) et quel est son rôle dans le système du complément ?
Réponse
Le complexe d'attaque membranaire (CAM) est une structure multi-protéique formée par cinq protéines actives du système du complément. Son rôle est de détruire les microbes en formant un pore dans leur membrane plasmique, entraînant leur lyse.
Question
Définissez un anticorps et précisez son rôle dans la défense de l'organisme.
Réponse
Un anticorps est une protéine produite par les plasmocytes (cellules différenciées des lymphocytes B) en réponse à un antigène. Son rôle est de se lier spécifiquement à cet antigène pour le neutraliser, le marquer pour destruction par d'autres cellules immunitaires (phagocytose), ou activer le système du complément, participant ainsi à l'immunité humorale.
Question
Définissez une opsonine et expliquez comment elle favorise la phagocytose. Phagocytose et opsonisation
Réponse
Une opsonine est une substance qui facilite la phagocytose en marquant les micro-organismes. Elle se fixe aux pathogènes, créant un pont entre le microbe et le phagocyte (comme un macrophage), ce qui stimule et renforce l'engloutissement et la destruction du micro-organisme. Le système du complément et les anticorps sont des exemples d'opsonines.
Question
Qu'est-ce que le complément et quel rôle joue-t-il dans l'inflammation ?
Réponse
Le complément est une famille de protéines plasmatiques qui circulent dans le sang sous forme inactive. Lors d'une agression, une cascade d'activation se déclenche, produisant des protéines actives. Dans l'inflammation, certaines de ces protéines induisent la vasodilatation, augmentent la perméabilité des micro-vaisseaux et provoquent le chimiotactisme des leucocytes.
Question
Comment les lymphocytes T auxiliaires régulent-ils la réponse immunitaire après activation ?
Réponse
Après activation, les lymphocytes T auxiliaires régulent la réponse immunitaire en produisant des lymphokines. Ces médiateurs stimulent la prolifération des lymphocytes T cytotoxiques et suppresseurs via l'IL-2. Ils favorisent aussi la croissance des lymphocytes B, leur différenciation en plasmocytes, la production d'anticorps, et activent le système macrophage.
Question
Qu'est-ce que le complexe majeur d'histocompatibilité (CMH) et pourquoi est-il important pour la présentation antigénique ?
Réponse
Le complexe majeur d'histocompatibilité (CMH) regroupe des protéines codées par des gènes spécifiques, présentes sur la membrane des cellules hôtes. Il est crucial car il lie des fragments antigéniques et les présente aux lymphocytes T, permettant ainsi la reconnaissance et l'activation de la réponse immunitaire.
Question
Énumérez trois rôles principaux des défenses immunitaires en distinguant le soi du non-soi.
Réponse
Les défenses immunitaires, en distinguant le soi du non-soi, protègent contre les infections par des micro-organismes, isolent ou éliminent des substances étrangères potentiellement toxiques, et détruisent les cellules cancéreuses (surveillance immunitaire).
Question
Quels sont les trois types de granulocytes et leurs caractéristiques distinctives ?
Réponse
Les trois types de granulocytes sont : - **Polynucléaires neutrophiles** : spécialisés dans la phagocytose, forment la première ligne de défense. - **Polynucléaires éosinophiles** : impliqués dans la réponse aux parasites et aux allergies. - **Polynucléaires basophiles** : libèrent de l'histamine et d'autres médiateurs inflammatoires.
Question
Quels sont les deux types d'immunité et comment se différencient-ils en termes de spécificité ?
Réponse
Il existe deux types d'immunité : l'immunité non spécifique (ou naturelle/innée) et l'immunité spécifique (ou acquise). L'immunité non spécifique protège sans reconnaître spécifiquement les agresseurs, réagissant de la même manière à toute stimulation. En revanche, l'immunité spécifique repose sur la reconnaissance spécifique d'antigènes par les lymphocytes, avec des réactions uniques à chaque cible.
Question
Qu'est-ce que la diapédèse et quel est son rôle dans la réponse immunitaire ?
Réponse
La diapédèse est le processus par lequel les leucocytes, notamment les lymphocytes, quittent la circulation sanguine pour migrer dans les tissus. Ce mécanisme est essentiel pour la réponse immunitaire, permettant aux cellules immunitaires d'atteindre les sites d'infection ou d'inflammation afin de combattre les agents pathogènes et de participer à la réparation tissulaire.
Question
Structure d'une molécule d'anticorps Énumérez les cinq classes d'immunoglobulines (Ig).
Réponse
Les cinq classes d'immunoglobulines (Ig) sont : IgM, IgG, IgA, IgD et IgE.
Question
Quel est le rôle des lymphocytes dans les réactions immunitaires spécifiques ?
Réponse
Les lymphocytes sont des cellules clés de l'immunité spécifique, assurant la reconnaissance des antigènes. Ils existent en différentes populations (T et B) qui agissent via des réponses cellulaires ou humorales (anticorps). Ils sont essentiels à la mémoire immunitaire et à la destruction ciblée des agents pathogènes ou des cellules anormales.
Question
Qu'est-ce que l'immunologie étudie dans le contexte des défenses physiologiques ?
Réponse
L'immunologie étudie les défenses physiologiques de l'organisme, sa capacité à différencier le soi du non-soi. Elle analyse comment l'organisme détruit ou neutralise le matériel étranger, protège contre les infections, isole des substances non microbiennes et détruit les cellules cancéreuses (surveillance immunitaire).
Question
Quels sont les deux composants de l'immunité acquise et comment fonctionnent-ils ensemble ?
Réponse
L'immunité acquise comprend l'immunité humorale, médiée par les lymphocytes B produisant des anticorps, et l'immunité cellulaire, assurée par les lymphocytes T. Les lymphocytes B neutralisent les agents pathogènes extracellulaires via des anticorps, tandis que les lymphocytes T agissent directement contre les cellules infectées ou cancéreuses.
Question
Comment se différencient les lymphocytes T et les lymphocytes B en termes d'origine et de maturation ?
Réponse
Les lymphocytes B naissent et mûrissent dans la moelle osseuse, puis gagnent les organes lymphoïdes secondaires. Les lymphocytes T naissent dans la moelle osseuse, migrent vers le thymus pour leur maturation, puis rejoignent les organes lymphoïdes secondaires.
Question
Comment l'allergie se développe-t-elle et quels médiateurs chimiques y sont impliqués ?
Réponse
L'allergie est une réaction d'hypersensibilité. Elle implique une production excessive d'IgE, sollicitant les granulocytes et mastocytes. Ces derniers libèrent de l'histamine, provoquant vasodilatation, œdème et contraction des muscles lisses. Les IgE sont médiateurs clés dans ce processus.
Question
Qu'est-ce qu'un antigène et quel est son rôle dans la réponse immunitaire ?
Réponse
Un antigène est une substance chimique, molécule, particule, cellule ou organisme qui déclenche une réponse immunitaire spécifique, notamment la production d'anticorps. Son rôle est d'être reconnu par le système immunitaire, permettant ainsi de cibler et d'éliminer les éléments étrangers ou anormaux de l'organisme.
Question
Décrivez les trois types de granulocytes circulant normalement dans le sang.
Réponse
Les trois types de granulocytes circulant normalement dans le sang sont les polynucléaires neutrophiles, les polynucléaires éosinophiles et les polynucléaires basophiles. Les neutrophiles phagocytent les bactéries, les éosinophiles combattent les parasites et jouent un rôle dans les allergies, et les basophiles libèrent de l'histamine.

MÉCANISMES GÉNÉRAUX DE L'IMMUNITÉ

L'immunologie est la science qui étudie les défenses de l'organisme, c'est-à-dire sa capacité à distinguer le "soi" du "non-soi" et à neutraliser ou détruire les éléments étrangers. Ce processus, appelé processus immunitaire, est crucial pour la protection contre les infections microbiennes (virus, bactéries, champignons, parasites), l'élimination de substances étrangères non microbiennes toxiques, et la destruction des cellules cancéreuses via la surveillance immunitaire.

Le système immunitaire est un ensemble complexe d'organes, de tissus, de cellules et de mécanismes. Les agents étrangers peuvent pénétrer par des voies naturelles (bouche, voies aériennes, génitales, urinaires, yeux) ou accidentelles (traumatismes comme une écorchure). Sans mécanismes de défense efficaces, ces agents peuvent entraîner des maladies graves.

1. Agents Pathogènes

  • Bactérie : Organisme unicellulaire avec une paroi cellulaire externe et une membrane plasmique. Elles peuvent causer des lésions tissulaires ou libérer des toxines.
  • Virus : Constitués d'acides nucléiques entourés d'une enveloppe protéique. Ils sont des parasites intracellulaires obligatoires, nécessitant l'équipement biochimique de la cellule hôte pour se multiplier.
  • Parasite : Être vivant qui vit aux dépens d'un autre organisme, altérant parfois sa santé.
  • Champignon : Végétal vivant en parasite sur une autre structure.

2. Définitions Fondamentales de l'Immunité

L'immunité est la propriété de l'organisme de se défendre contre les infections et agressions. Il existe en réalité des "immunités", combinant des mécanismes de défense spécifiques et non spécifiques qui interagissent. Par exemple, des composants de l'immunité non spécifique peuvent guider les réponses spécifiques.

a- L'immunité non spécifique (ou immunité naturelle/innée)

C'est l'ensemble des mécanismes de défense qui protègent contre les substances ou cellules étrangères sans nécessiter une reconnaissance spécifique. Ces mécanismes ne sont pas uniques à une substance donnée et agissent rapidement, disparaissant avec la fin de l'agression.

  • Activateurs endogènes : Constituants cytoplasmiques libérés lors d'une souffrance cellulaire ou produits de nécrose tissulaire.
  • Barrières et moyens de défense propres aux tissus : Toux, éternuement, pH, cils.
  • Mécanismes permanents : Activité antimicrobienne intrinsèque des tissus.
  • Mécanismes inductibles : Mis en place dès le début de l'agression, comme la fièvre.

b- L'immunité spécifique (ou immunité acquise)

Elle se développe après un contact avec un agent pathogène ou une toxine, nécessitant des semaines ou des mois. Elle repose sur la reconnaissance spécifique de la substance ou cellule à détruire par des lymphocytes. La réaction est particulière à cette cible.

Elle s'appuie sur trois principes :

  1. Diversité des lymphocytes : Une grande variété de lymphocytes capables de reconnaître de multiples antigènes.
  2. Dynamique clonale : Seul le clone lymphocytaire spécifique à l'antigène prolifère et agit par production d'anticorps ou de cytokines.
  3. Mémoire immunitaire : La réponse est amplifiée et modifiée lors de stimulations ultérieures par le même antigène, grâce à l'enrichissement et la différenciation des clones lymphocytaires.

L'immunité spécifique agit souvent en complémentarité avec l'immunité non spécifique. Ses réactions s'installent progressivement (quelques heures à quelques jours) et sont durables (plusieurs mois, voire années).

c- La cellule immunocompétente

C'est une cellule qui participe à la réponse immunitaire spécifique. Les lymphocytes fixent spécifiquement les antigènes, tandis que d'autres cellules immunocompétentes interagissent indirectement avec les complexes antigènes-anticorps.

d- L'antigène (Ag)

Toute substance chimique (molécule, cellule, tissu) capable de déclencher la production d'un anticorps spécifique ou d'être reconnue par d'autres mécanismes de la réponse immunitaire spécifique. Les antigènes sont les cibles des défenses immunitaires.

e- L'anticorps (Ac)

Une protéine produite en réaction à la présence d'un antigène, à laquelle elle se lie spécifiquement pour le détruire. Structure d'une molécule d'anticorps

3. Intérêt de l'Immunologie

L'exploration de l'immunité permet d'évaluer les capacités de défense de l'organisme. Elle lutte contre les infections, les substances toxiques, contrôle l'intégrité de l'organisme en détruisant les cellules anormales (cancéreuses), gère le rejet des greffes et la relation fœto-maternelle.

I. ORGANES ET TISSUS LYMPHOÏDES

Les organes lymphoïdes sont des structures anatomiques et histologiques où naissent et résident les cellules de l'immunité. La plupart de ces cellules circulent également dans le sang, la lymphe ou sont disséminées dans les muqueuses et la peau.

On distingue les organes lymphoïdes primaires et secondaires (comme la moelle osseuse et le thymus pour les organes primaires).

1. Cellules Sanguines et Immunité

Les leucocytes (globules blancs) sont les cellules du système immunitaire, produites dans les organes hématopoïétiques (moelle osseuse). Ils ont une durée de vie courte dans le sang (quelques heures à quelques jours) et pénètrent dans les tissus par diapédèse. Diapédèse

Les lymphocytes entrent continuellement dans le sang depuis la circulation lymphatique et peuvent retourner au sang. Leur durée de vie varie de quelques semaines à plusieurs mois. Ils sont essentiels pour la reconnaissance antigénique dans les réponses immunitaires spécifiques. Différenciation des lymphocytes

2. Communication entre cellules immunocompétentes

Les cellules immunocompétentes interagissent entre elles et avec les cellules tissulaires environnantes par :

  • Contact direct : Via des ligands déterminant leur type et état d'activation.
  • Cytokines : Substances chimiques médiatrices des interactions, agissant localement (paracrine/autocrine) ou à distance (endocrine). Plus de 140 cytokines sont regroupées en familles. Elles sont essentielles à la régulation et au bon déroulement chronologique de la réaction immunitaire. Mécanisme d'action des cytokines Modes d'action des cytokines
  • Contact avec la matrice extracellulaire : Via des ligands modifiant l'état d'activation cellulaire en fonction du tissu.
  • Sensibilité aux hormones et neuromédiateurs.

3. Maturation et Migration des Lymphocytes

Les lymphocytes naissent dans la moelle osseuse :

  • Les lymphocytes B (LB) maturent dans la moelle osseuse, puis rejoignent les organes lymphoïdes secondaires via le sang.
  • Les lymphocytes T (LT) sont transportés vers le thymus pour leur maturation, puis rejoignent les organes lymphoïdes secondaires. Le thymus, avant son atrophie à la puberté, est riche en LT matures et sécrète des thymopoïétines régulatrices.

Ce processus de maturation et de migration est continu. Dans les organes lymphoïdes secondaires, les lymphocytes matures peuvent se diviser pour former des clones de cellules identiques.

Outre les lymphocytes B et T, il existe les cellules NK (Natural Killer), non spécifiques d'un antigène donné, qui naissent également dans la moelle osseuse.

Hématopoïèse

II. LES GRANULOCYTES

Les granulocytes sont des cellules formées dans la moelle osseuse, considérées comme les "soldats" du système de défense. Ils utilisent le sang comme transport et quittent la circulation pour exercer leur fonction dans les tissus.

Ils comprennent :

  • Polynucléaires neutrophiles : Les plus abondants (60-70% des leucocytes). Ils ont un noyau en lobes et de nombreuses granulations. Spécialisés dans la phagocytose, ils constituent la première ligne de défense et participent activement à la réponse inflammatoire. Ils peuvent aussi former des Neutrophil Extracellular Trap (NET), des filets protéiques pour piéger les bactéries. Polynucléaires neutrophiles
  • Polynucléaires éosinophiles : 1-4% des leucocytes. Impliqués dans la défense contre les parasites et les réactions allergiques. Polynucléaire éosinophile
  • Polynucléaires basophiles : 0,25-0,5% des leucocytes. Partagent de nombreuses caractéristiques avec les mastocytes, libérant des médiateurs comme l'histamine. Polynucléaire basophile

Les mastocytes, bien que morphologiquement similaires aux basophiles, se différencient dans les tissus conjonctifs (et non dans le sang). Ils sont riches en vésicules sécrétant des messagers chimiques locaux comme l'histamine, notamment au niveau des surfaces épithéliales.

III. LES AGRANULOCYTES

Les agranulocytes regroupent les lymphocytes et les monocytes.

1. Les Lymphocytes

Constituent 25-33% des leucocytes. Ils se divisent en :

  • Lymphocytes B (LB) : Après activation, se différencient en plasmocytes, dont le rôle principal est la synthèse et la sécrétion d'anticorps.
  • Lymphocytes T (LT) : Se subdivisent en :
    • LT auxiliaires (T helper) : Environ 75% des lymphocytes T. Ils régulent toutes les fonctions immunes par la production de lymphokines (cytokines) qui stimulent la croissance et la prolifération des LT cytotoxiques et suppresseurs (via IL-2), activent les LB en plasmocytes et le système macrophage. Leur activation nécessite la présentation de l'Ag par des cellules présentatrices d'antigènes (CPA) via le CMH.
    • LT cytotoxiques (cellules tueuses) : Exercent un effet direct sur les antigènes. Ils utilisent des récepteurs protéiques de surface et des perforines pour transpercer les parois microbiennes et d'autres substances chimiques pour désagréger les cellules cibles. Ils s'attaquent aux cellules infectées par des virus, aux cellules cancéreuses ou toute cellule anormale. Ces cellules reconnaissent les antigènes endogènes présentés par le CMH de presque toutes les cellules nucléées.
    • LT suppresseurs : Limittent la réponse immunitaire pour éviter qu'elle ne soit excessive.
    • Lymphocytes T natural killers (NK) : Bien que nommés LT, ce sont des cellules NK. Ils naissent dans la moelle osseuse et ne sont pas spécifiques d'un Ag donné.
  • Cellules NK (Natural Killer) : Nées dans la moelle osseuse, elles ne sont pas spécifiques d'un antigène.

Les lymphocytes T ne peuvent fixer un antigène que s'il est présenté à la surface d'une cellule hôte, lié à des protéines du Complexe Majeur d'Histocompatibilité (CMH), aussi appelé système HLA. Les cellules qui présentent ces complexes sont des Cellules Présentatrices d'Antigènes (CPA).

2. Les Monocytes et Macrophages

Les monocytes (2-6% des leucocytes) traversent la paroi des capillaires pour pénétrer dans les tissus, où ils se transforment en macrophages tissulaires. Monocyte

Les macrophages sont présents dans presque tous les organes et tissus (épithéliums, peau, voies respiratoires et digestives) et sont chargés de la défense locale. Ce sont des phagocytes capables d'engloutir et de détruire des substances étrangères. Les cellules dendritiques, bien que ne dérivant pas des monocytes, exercent des fonctions macrophagiques et sont également des CPA.

3. Cytokines : Messagers de l'Immunité

Les cellules du système immunitaire libèrent des cytokines, des messagers qui régulent la division cellulaire, la prolifération et la différenciation des lymphocytes, et interviennent dans les réponses immunitaires spécifiques et non spécifiques.

  • Elles agissent à très faible dose, comme des hormones protéiques.
  • La plupart agissent localement (paracrine ou autocrine) mais peuvent circuler dans le sang pour des effets hormonaux à distance.
  • Elles forment un réseau de communication chimique essentiel.
  • Il existe des cytokines pro-inflammatoires (IL-1, IL-6, IL-8, IL-11, IL-12) et pyrogènes (IL-1, IL-6).
  • Les interleukines (IL-1 à IL-30) ont des activités cytolytiques, régulatrices des lymphocytes et des leucocytes, ou chimiotactiques.
  • Les Colony Stimulating Factors (CSF) régulent le nombre de leucocytes.
  • Exemple: l'IL-2 module la fonction de presque toutes les cellules immunitaires.

Les interférons (IFN) sont des cytokines antivirales. Les IFN et (Type I) sont produits par presque toutes les cellules en réponse à une infection virale et inhibent la réplication virale de manière non spécifique. Ils activent la synthèse de protéines antivirales dans les cellules hôtes.

IV. TYPES D'IMMUNITÉ

A. Immunité non spécifique (ou innée) - Mécanismes Généraux

Cette immunité protège sans reconnaissance spécifique de l'identité de l'envahisseur, mais en détectant des propriétés générales (hydrates de carbone, lipides des parois microbiennes). Des récepteurs de membranes et des protéines circulantes (comme le complément) se lient à ces structures.

Elle s'exerce via :

  • La phagocytose par les macrophages, impliquant lysosomes et peroxysomes. Phagocytose
  • Des produits de sécrétions endogènes : HCl gastrique, salive, larmes, mucus.
  • Des matières biologiques : système du complément, urines, matières fécales.
  • Des barrières physiques : peau intacte (acidité, sébum antimicrobien), muqueuses (mucus collant, cils, poils), réflexes de toux et d'éternuement.
  • Des substances antimicrobiennes : lysozymes (détruisent les parois bactériennes), lactoferrine (empêche l'approvisionnement en fer des bactéries).

B. Immunité acquise (ou spécifique) - Composantes

Elle est déclenchée par la présence d'antigènes (protéines ou polysaccharides) et se divise en deux composantes :

  • Immunité humorale : Médiée par les anticorps (immunoglobulines) synthétisés par les lymphocytes B. Les anticorps se fixent sur les antigènes dans les liquides extracellulaires pour les neutraliser ou les détruire. Ils constituent la défense principale contre les bactéries, virus et toxines dans le LEC.
  • Immunité cellulaire : Médiée par les lymphocytes T.

La vaccination confère une immunité acquise grâce aux cellules à mémoire qui "se rappellent" de l'antigène initial.

Actions des Anticorps (Immunoglobulines - Ig)

Les Ig sont des protéines plasmatiques (20% des protéines plasmatiques), composées de chaînes polypeptidiques légères et lourdes, avec des parties variables (spécificité antigénique) et constantes. On distingue cinq classes : IgM, IgG, IgA, IgD, IgE.

  • IgG : Les plus abondantes (75%), présentes dans les réponses secondaires.
  • IgE : Souvent associées aux phénomènes d'allergie.
  • IgM : Impliquées dans la défense anti-infectieuse primaire.

Les anticorps agissent selon deux modalités :

  • Action directe : Agglutination, précipitation, neutralisation et lyse des micro-organismes.
  • Action indirecte : Activation du système du complément. Les anticorps activent C1, déclenchant la voie classique du complément. La voie alterne peut être activée directement par des hydrates de carbone à la surface des microbes. Le complément (C) aboutit à la formation de C3b (une opsonine qui facilite la phagocytose) et au complexe d'attaque membranaire (CAM) qui perfore les cellules cibles.

V. L'INFLAMMATION

L'inflammation est une réponse locale de l'organisme à une agression, visant à détruire ou inactiver les envahisseurs étrangers et à initier la réparation tissulaire. Elle implique des cellules phagocytaires (neutrophiles, macrophages, cellules dendritiques) et peut être déclenchée par des infections, le froid, la chaleur, ou des traumatismes. L'inflammation amplifie également de nombreuses réactions de défense spécifique.

A. Réaction inflammatoire non spécifique : Séquence des événements

  1. Pénétration des bactéries : Provoque des lésions tissulaires et la libération de substances chimiques.
  2. Vasodilatation : Augmentation du débit sanguin dans le territoire infecté (rougeur, chaleur).
  3. Augmentation de la perméabilité capillaire : Les protéines plasmatiques et le liquide s'échappent dans l'interstitium, formant un œdème (gonflement).
  4. Chimiotactisme : Migration des leucocytes des veinules vers l'interstitium infecté. Les polynucléaires neutrophiles s'ancrent d'abord (margination) puis traversent la paroi vasculaire (diapédèse) grâce à des molécules d'adhésion et des facteurs chimiotactiques. Les monocytes suivent et se transforment en macrophages.
  5. Destruction des bactéries : Par phagocytose des germes par les polynucléaires et macrophages. Des opsonines (comme C3b et la protéine C-réactive) facilitent la fixation du phagocyte au microbe. Le microbe est englouti dans un phagosome, qui fusionne avec un lysosome pour former un phagolysosome, où les enzymes lysosomiales et les dérivés de l'oxygène dégradent le microbe. Les phagocytes peuvent aussi libérer des substances antimicrobiennes dans le LEC.
  6. Réparation tissulaire : Étape finale, impliquant la division des fibroblastes, la sécrétion de collagène et l'angiogenèse (prolifération des vaisseaux sanguins), sous l'influence de facteurs de croissance. Elle peut laisser une cicatrice.

Les manifestations locales (rougeur, chaleur, gonflement, douleur) sont dues à des médiateurs chimiques, notamment des cytokines. Les médiateurs peuvent être des peptides (kinines), des composants du complément, des dérivés de la coagulation sanguine, l'histamine (des mastocytes), des eicosanoïdes, des facteurs d'activation plaquettaire, des cytokines (chémokines), des enzymes lysosomiales et des dérivés de l'oxygène.

VI. L'ALLERGIE

L'allergie est une réponse immunitaire inappropriée ou excessive à des substances inoffensives (allergènes). Par exemple, dans l'hypersensibilité retardée, l'exposition répétée à un allergène active les LT, entraînant une libération de substances toxiques et l'envahissement des sites lésés par les macrophages.

Caractérisée par :

  • Production excessive d'IgE.
  • Prédisposition génétique (terrain allergique).
  • Sollicitation des granulocytes : les basophiles se modifient en mastocytes.
  • Libération de substances comme l'histamine et l'héparine, provoquant vasodilatation locale, augmentation de la perméabilité capillaire, attraction d'éosinophiles, et contraction des muscles lisses.

Exemple : l'asthme bronchique.

CONCLUSION

Une défense adéquate de l'organisme exige une production suffisante de leucocytes et un système immunitaire fonctionnel. Toute diminution de cette capacité ouvre la porte aux infections et aux maladies.

L'homéostasie, essentielle à la survie cellulaire, est maintenue par les systèmes de l'organisme. Les cellules du système immunitaire contribuent de manière fondamentale à cette homéostasie en éliminant les menaces internes et externes. Systèmes du corps et homéostasie Homéostasie

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