Mécanismes généraux de l’immunité
77 cartesVue d'ensemble des systèmes immunitaires inné et acquis, incluant les organes lymphoïdes, les granulocytes et agranulocytes, les réponses inflammatoires, les cytokines, les anticorps, ainsi que les mécanismes d'allergie et de défense cellulaire contre agents pathogènes.
40 cartes
Énumérez trois rôles principaux des défenses immunitaires en distinguant le soi du non-soi.
Les défenses immunitaires, en distinguant le soi du non-soi, protègent contre les infections par des micro-organismes, isolent ou éliminent des substances étrangères potentiellement toxiques, et détruisent les cellules cancéreuses (surveillance immunitaire).
Définissez un anticorps et précisez son rôle dans la défense de l'organisme.
Un anticorps est une protéine produite par les plasmocytes (cellules différenciées des lymphocytes B) en réponse à un antigène. Son rôle est de se lier spécifiquement à cet antigène pour le neutraliser, le marquer pour destruction par d'autres cellules immunitaires (phagocytose), ou activer le système du complément, participant ainsi à l'immunité humorale.
Quels sont les trois types de granulocytes et leurs caractéristiques distinctives ?
Les trois types de granulocytes sont :
- Polynucléaires neutrophiles : spécialisés dans la phagocytose, forment la première ligne de défense.
- Polynucléaires éosinophiles : impliqués dans la réponse aux parasites et aux allergies.
- Polynucléaires basophiles : libèrent de l'histamine et d'autres médiateurs inflammatoires.
Décrivez le processus de phagocytose et ses étapes principales.
La phagocytose est l'ingestion de particules par une cellule. Les étapes principales incluent : 1) Contact entre le phagocyte et le microbe. 2) Ingestion formant un phagosome. 3) Fusion du phagosome avec un lysosome pour former un phagolysosome. 4) Dégradation du microbe par les enzymes lysosomiales.
Définissez les cytokines et expliquez leurs trois modes d'action principaux.
Les cytokines sont des messagers chimiques qui régulent la communication entre cellules immunitaires. Elles agissent selon trois modes principaux :
• Autocrine : agit sur la cellule qui la produit.
• Paracrine : agit sur des cellules voisines.
• Endocrine : circule dans le sang pour agir sur des cellules distantes.
Quels sont les deux types d'immunité et comment se différencient-ils en termes de spécificité ?
Il existe deux types d'immunité : l'immunité non spécifique (ou naturelle/innée) et l'immunité spécifique (ou acquise). L'immunité non spécifique protège sans reconnaître spécifiquement les agresseurs, réagissant de la même manière à toute stimulation. En revanche, l'immunité spécifique repose sur la reconnaissance spécifique d'antigènes par les lymphocytes, avec des réactions uniques à chaque cible.
Qu'est-ce que l'immunologie étudie dans le contexte des défenses physiologiques ?
L'immunologie étudie les défenses physiologiques de l'organisme, sa capacité à différencier le soi du non-soi. Elle analyse comment l'organisme détruit ou neutralise le matériel étranger, protège contre les infections, isole des substances non microbiennes et détruit les cellules cancéreuses (surveillance immunitaire).
Qu'est-ce que la diapédèse et quel est son rôle dans la réponse immunitaire ?
La diapédèse est le processus par lequel les leucocytes, notamment les lymphocytes, quittent la circulation sanguine pour migrer dans les tissus. Ce mécanisme est essentiel pour la réponse immunitaire, permettant aux cellules immunitaires d'atteindre les sites d'infection ou d'inflammation afin de combattre les agents pathogènes et de participer à la réparation tissulaire.
Quel est le rôle des lymphocytes dans les réactions immunitaires spécifiques ?
Les lymphocytes sont des cellules clés de l'immunité spécifique, assurant la reconnaissance des antigènes. Ils existent en différentes populations (T et B) qui agissent via des réponses cellulaires ou humorales (anticorps). Ils sont essentiels à la mémoire immunitaire et à la destruction ciblée des agents pathogènes ou des cellules anormales.
Quels sont les deux composants de l'immunité acquise et comment fonctionnent-ils ensemble ?
L'immunité acquise comprend l'immunité humorale, médiée par les lymphocytes B produisant des anticorps, et l'immunité cellulaire, assurée par les lymphocytes T. Les lymphocytes B neutralisent les agents pathogènes extracellulaires via des anticorps, tandis que les lymphocytes T agissent directement contre les cellules infectées ou cancéreuses.
Énumérez les cinq classes d'immunoglobulines (Ig).
Les cinq classes d'immunoglobulines (Ig) sont : IgM, IgG, IgA, IgD et IgE.
Qu'est-ce qu'un antigène et comment déclenche-t-il une réaction immunitaire ?
Un antigène est toute substance chimique reconnue par le système immunitaire comme étrangère, capable de déclencher une réponse immunitaire spécifique, notamment la production d'anticorps. La reconnaissance d'un antigène par les lymphocytes, soit directement, soit via des cellules présentatrices d'antigènes, initie la prolifération des clones cellulaires spécifiques et la mise en œuvre de mécanismes de défense, tels que la production d'anticorps par les plasmocytes ou l'action des lymphocytes T.
Comment l'allergie se développe-t-elle et quels médiateurs chimiques y sont impliqués ?
L'allergie est une réaction d'hypersensibilité. Elle implique une production excessive d'IgE, sollicitant les granulocytes et mastocytes. Ces derniers libèrent de l'histamine, provoquant vasodilatation, œdème et contraction des muscles lisses. Les IgE sont médiateurs clés dans ce processus.
Comment se différencient les lymphocytes T et les lymphocytes B en termes d'origine et de maturation ?
Les lymphocytes B naissent et mûrissent dans la moelle osseuse, puis gagnent les organes lymphoïdes secondaires. Les lymphocytes T naissent dans la moelle osseuse, migrent vers le thymus pour leur maturation, puis rejoignent les organes lymphoïdes secondaires.
Décrivez les trois types de granulocytes circulant normalement dans le sang.
Les trois types de granulocytes circulant normalement dans le sang sont les polynucléaires neutrophiles, les polynucléaires éosinophiles et les polynucléaires basophiles. Les neutrophiles phagocytent les bactéries, les éosinophiles combattent les parasites et jouent un rôle dans les allergies, et les basophiles libèrent de l'histamine.
Quel est le rôle des lymphocytes T auxiliaires dans la réponse immunitaire ?
Les lymphocytes T auxiliaires régulent toutes les fonctions immunitaires par la production de lymphokines. Ils stimulent la croissance et la prolifération des lymphocytes T cytotoxiques et suppresseurs (via l'IL-2), ainsi que des lymphocytes B, leur différenciation en plasmocytes, la production d'anticorps et l'activation des macrophages.
Qu'est-ce qu'un antigène et quel est son rôle dans la réponse immunitaire ?
Un antigène est une substance chimique, molécule, particule, cellule ou organisme qui déclenche une réponse immunitaire spécifique, notamment la production d'anticorps. Son rôle est d'être reconnu par le système immunitaire, permettant ainsi de cibler et d'éliminer les éléments étrangers ou anormaux de l'organisme.
Quel est le rôle principal des polynucléaires neutrophiles dans le système immunitaire ?
Les polynucléaires neutrophiles sont la première ligne de défense. Ils sont spécialisés dans la phagocytose et peuvent former des pièges extracellulaires (NET) pour capturer les bactéries, participant activement à la réponse inflammatoire.
Décrivez le processus de phagocytose depuis le contact initial jusqu'à la formation du phagolysosome.
Le processus commence par le contact entre le phagocyte et le micro-organisme. Des opsonines (comme les anticorps ou le complément) peuvent fixer le phagocyte au microbe. Le phagocyte engloutit le micro-organisme, formant un phagosome. La membrane du phagosome fusionne avec un lysosome, créant un phagolysosome où les enzymes dégradent le microbe.
Décrivez les cinq étapes principales de la réaction inflammatoire en cas d'infection bactérienne.
La réaction inflammatoire comprend cinq étapes : 1- Pénétration bactérienne et lésions tissulaires. 2- Vasodilatation locale et augmentation du débit sanguin. 3- Augmentation de la perméabilité capillaire aux protéines et filtration de liquide dans l'interstitium (œdème). 4- Chimiotactisme : migration des leucocytes vers la zone infectée. 5- Destruction des bactéries par phagocytose et d'autres mécanismes.
Quel est le rôle des macrophages et comment se forment-ils ?
Les macrophages sont des cellules phagocytaires formées dans la moelle osseuse à partir de monocytes. Ils sont chargés de la défense des tissus et de la phagocytose de particules étrangères. Leur rôle comprend la destruction des bactéries et la présentation d'antigènes aux lymphocytes T auxiliaires, initiant ainsi des réponses immunitaires spécifiques. Ils sécrètent également des médiateurs inflammatoires.
Quels sont les deux types d'interférons (IFN) les plus courants et qui les produit ?
Les interférons IFN-α et IFN-β sont les deux types les plus courants. Ils sont synthétisés par pratiquement toutes les cellules de l'organisme, notamment les leucocytes (IFN-α), les fibroblastes (IFN-β) et les cellules épithéliales.
Expliquez pourquoi la réaction allergique s'accompagne d'une production excessive d'IgE.
Lors d'une allergie, l'exposition répétée à un allergène active les lymphocytes T, entraînant une production excessive d'IgE. Ces IgE, abondantes dans le sang, provoquent la rupture des mastocytes et la libération de substances telles que l'histamine, causant les symptômes allergiques.
Définissez une opsonine et expliquez comment elle favorise la phagocytose.
Une opsonine est une substance qui facilite la phagocytose en marquant les micro-organismes. Elle se fixe aux pathogènes, créant un pont entre le microbe et le phagocyte (comme un macrophage), ce qui stimule et renforce l'engloutissement et la destruction du micro-organisme. Le système du complément et les anticorps sont des exemples d'opsonines.
Qu'est-ce que le complexe majeur d'histocompatibilité (CMH) et pourquoi est-il important pour la présentation antigénique ?
Le complexe majeur d'histocompatibilité (CMH) regroupe des protéines codées par des gènes spécifiques, présentes sur la membrane des cellules hôtes. Il est crucial car il lie des fragments antigéniques et les présente aux lymphocytes T, permettant ainsi la reconnaissance et l'activation de la réponse immunitaire.
Qu'est-ce que le complément et quel rôle joue-t-il dans l'inflammation ?
Le complément est une famille de protéines plasmatiques qui circulent dans le sang sous forme inactive. Lors d'une agression, une cascade d'activation se déclenche, produisant des protéines actives. Dans l'inflammation, certaines de ces protéines induisent la vasodilatation, augmentent la perméabilité des micro-vaisseaux et provoquent le chimiotactisme des leucocytes.
Quelles sont les trois principales caractéristiques d'une bactérie par rapport aux virus ?
Les bactéries sont des organismes unicellulaires avec une paroi et une membrane plasmique, capables de métabolisme et de reproduction autonomes. Les virus sont plus petits, constitués d'acides nucléiques entourés de protéines, et nécessitent une cellule hôte pour se multiplier et métaboliser. Les bactéries possèdent des enzymes et ribosomes propres, contrairement aux virus.
Définissez la diapédèse et explicitez ses deux stades principaux.
La diapédèse est le processus par lequel les leucocytes, notamment les neutrophiles, quittent la circulation sanguine pour migrer vers la zone inflammatoire. Elle comprend deux stades : le chimiotactisme (adhésion lâche et exposition aux facteurs chimiotactiques) et l'extravasation (passage entre les cellules endothéliales vers le liquide interstitiel).
Décrivez le processus de maturation des lymphocytes B et leur localisation finale.
Les lymphocytes B mûrissent dans la moelle osseuse, puis gagnent les organes lymphoïdes secondaires via le sang. Là, ils peuvent se diviser pour former des clones identiques. Ces cellules font partie de l'immunité humorale, synthétisant des anticorps après différenciation en plasmocytes.
Quels sont les cinq classes d'immunoglobulines et quelles sont leurs caractéristiques principales ?
Il existe cinq classes d'immunoglobulines : IgM (défense anti-infectieuse), IgG (les plus abondantes, 75%), IgA (sécrétées dans les muqueuses), IgD (rôle mal défini) et IgE (associées aux allergies). Elles diffèrent par leur structure et leur concentration.
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Qu'est-ce qu'un monocyte et quel nom prend-il après avoir quitté les vaisseaux sanguins ?
Un monocyte est un type d'agranulocyte, une grande cellule sanguine. Après avoir quitté les vaisseaux sanguins pour pénétrer dans les tissus, il prend le nom de macrophage tissulaire et participe à la défense du tissu.
Quels sont les trois principes sur lesquels repose la reconnaissance spécifique en immunité acquise ?
La reconnaissance spécifique en immunité acquise repose sur la diversité des lymphocytes, la dynamique clonale (prolifération du clone spécifique de l'antigène) et la mémoire immunitaire (amplification des réponses futures).
Définissez les cytokines et expliquez leur rôle dans la réponse immunitaire.
Les cytokines sont des messagers chimiques (protéines) libérés par les cellules immunitaires pour réguler la communication et les réponses immunitaires. Elles agissent localement (paracrine, autocrine) ou parfois à distance (endocrine). Elles orchestrent la réaction immunitaire, la division cellulaire, et peuvent être pro-inflammatoires (ex: interleukines) ou antivirales (ex: interférons).
À partir de quelle cellule souche les granulocytes sont-ils produits ?
Les granulocytes sont produits à partir de la cellule souche myéloïde, qui se différencie ensuite en une cellule précurseure appelée myéloblaste. Ce dernier donne naissance aux différents types de granulocytes.
Qu'est-ce que le complexe d'attaque membranaire (CAM) et quel est son rôle dans le système du complément ?
Le complexe d'attaque membranaire (CAM) est une structure multi-protéique formée par cinq protéines actives du système du complément. Son rôle est de détruire les microbes en formant un pore dans leur membrane plasmique, entraînant leur lyse.
Distinguez l'immunité non spécifique de l'immunité spécifique.
L'immunité non spécifique (naturelle/innée) protège sans reconnaissance spécifique, agissant rapidement et de manière générale contre divers agents. L'immunité spécifique (acquise) se développe après contact avec un agent, reposant sur la reconnaissance de cibles précises par les lymphocytes, et possède une mémoire.
Comment les lymphocytes T auxiliaires régulent-ils la réponse immunitaire après activation ?
Après activation, les lymphocytes T auxiliaires régulent la réponse immunitaire en produisant des lymphokines. Ces médiateurs stimulent la prolifération des lymphocytes T cytotoxiques et suppresseurs via l'IL-2. Ils favorisent aussi la croissance des lymphocytes B, leur différenciation en plasmocytes, la production d'anticorps, et activent le système macrophage.
Qu'est-ce qu'un lymphocyte T et où finit-il sa maturation ?
Un lymphocyte T est une cellule immunocompétente essentielle à l'immunité spécifique. Après leur développement initial dans la moelle osseuse, ils sont transportés vers le thymus où ils achèvent leur maturation avant de migrer vers les organes lymphoïdes secondaires.
Énumérez les cinq portes d'entrée naturelles par lesquelles les agents étrangers pénètrent l'organisme.
• bouche
• voies aériennes
• voies génitales
• voies urinaires
• yeuxDéfinissez l'immunité en tant que propriété physiologique de l'organisme.
L'immunité est la capacité d'un organisme à se défendre contre les infections et autres agressions. Elle englobe des mécanismes spécifiques et non spécifiques qui interagissent pour protéger l'hôte.
Fiche de révision
MÉCANISMES GÉNÉRAUX DE L'IMMUNITÉ
L'immunologie est la science qui étudie les défenses de l'organisme, c'est-à-dire sa capacité à distinguer le "soi" du "non-soi" et à neutraliser ou détruire les éléments étrangers. Ce processus, appelé processus immunitaire, est crucial pour la protection contre les infections microbiennes (virus, bactéries, champignons, parasites), l'élimination de substances étrangères non microbiennes toxiques, et la destruction des cellules cancéreuses via la surveillance immunitaire.
Le système immunitaire est un ensemble complexe d'organes, de tissus, de cellules et de mécanismes. Les agents étrangers peuvent pénétrer par des voies naturelles (bouche, voies aériennes, génitales, urinaires, yeux) ou accidentelles (traumatismes comme une écorchure). Sans mécanismes de défense efficaces, ces agents peuvent entraîner des maladies graves.
1. Agents Pathogènes
- Bactérie : Organisme unicellulaire avec une paroi cellulaire externe et une membrane plasmique. Elles peuvent causer des lésions tissulaires ou libérer des toxines.
- Virus : Constitués d'acides nucléiques entourés d'une enveloppe protéique. Ils sont des parasites intracellulaires obligatoires, nécessitant l'équipement biochimique de la cellule hôte pour se multiplier.
- Parasite : Être vivant qui vit aux dépens d'un autre organisme, altérant parfois sa santé.
- Champignon : Végétal vivant en parasite sur une autre structure.
2. Définitions Fondamentales de l'Immunité
L'immunité est la propriété de l'organisme de se défendre contre les infections et agressions. Il existe en réalité des "immunités", combinant des mécanismes de défense spécifiques et non spécifiques qui interagissent. Par exemple, des composants de l'immunité non spécifique peuvent guider les réponses spécifiques.
a- L'immunité non spécifique (ou immunité naturelle/innée)
C'est l'ensemble des mécanismes de défense qui protègent contre les substances ou cellules étrangères sans nécessiter une reconnaissance spécifique. Ces mécanismes ne sont pas uniques à une substance donnée et agissent rapidement, disparaissant avec la fin de l'agression.
- Activateurs endogènes : Constituants cytoplasmiques libérés lors d'une souffrance cellulaire ou produits de nécrose tissulaire.
- Barrières et moyens de défense propres aux tissus : Toux, éternuement, pH, cils.
- Mécanismes permanents : Activité antimicrobienne intrinsèque des tissus.
- Mécanismes inductibles : Mis en place dès le début de l'agression, comme la fièvre.
b- L'immunité spécifique (ou immunité acquise)
Elle se développe après un contact avec un agent pathogène ou une toxine, nécessitant des semaines ou des mois. Elle repose sur la reconnaissance spécifique de la substance ou cellule à détruire par des lymphocytes. La réaction est particulière à cette cible.
Elle s'appuie sur trois principes :
- Diversité des lymphocytes : Une grande variété de lymphocytes capables de reconnaître de multiples antigènes.
- Dynamique clonale : Seul le clone lymphocytaire spécifique à l'antigène prolifère et agit par production d'anticorps ou de cytokines.
- Mémoire immunitaire : La réponse est amplifiée et modifiée lors de stimulations ultérieures par le même antigène, grâce à l'enrichissement et la différenciation des clones lymphocytaires.
L'immunité spécifique agit souvent en complémentarité avec l'immunité non spécifique. Ses réactions s'installent progressivement (quelques heures à quelques jours) et sont durables (plusieurs mois, voire années).
c- La cellule immunocompétente
C'est une cellule qui participe à la réponse immunitaire spécifique. Les lymphocytes fixent spécifiquement les antigènes, tandis que d'autres cellules immunocompétentes interagissent indirectement avec les complexes antigènes-anticorps.
d- L'antigène (Ag)
Toute substance chimique (molécule, cellule, tissu) capable de déclencher la production d'un anticorps spécifique ou d'être reconnue par d'autres mécanismes de la réponse immunitaire spécifique. Les antigènes sont les cibles des défenses immunitaires.
e- L'anticorps (Ac)
Une protéine produite en réaction à la présence d'un antigène, à laquelle elle se lie spécifiquement pour le détruire.
3. Intérêt de l'Immunologie
L'exploration de l'immunité permet d'évaluer les capacités de défense de l'organisme. Elle lutte contre les infections, les substances toxiques, contrôle l'intégrité de l'organisme en détruisant les cellules anormales (cancéreuses), gère le rejet des greffes et la relation fœto-maternelle.
I. ORGANES ET TISSUS LYMPHOÏDES
Les organes lymphoïdes sont des structures anatomiques et histologiques où naissent et résident les cellules de l'immunité. La plupart de ces cellules circulent également dans le sang, la lymphe ou sont disséminées dans les muqueuses et la peau.
On distingue les organes lymphoïdes primaires et secondaires (comme la moelle osseuse et le thymus pour les organes primaires).
1. Cellules Sanguines et Immunité
Les leucocytes (globules blancs) sont les cellules du système immunitaire, produites dans les organes hématopoïétiques (moelle osseuse). Ils ont une durée de vie courte dans le sang (quelques heures à quelques jours) et pénètrent dans les tissus par diapédèse.
Les lymphocytes entrent continuellement dans le sang depuis la circulation lymphatique et peuvent retourner au sang. Leur durée de vie varie de quelques semaines à plusieurs mois. Ils sont essentiels pour la reconnaissance antigénique dans les réponses immunitaires spécifiques.
2. Communication entre cellules immunocompétentes
Les cellules immunocompétentes interagissent entre elles et avec les cellules tissulaires environnantes par :
- Contact direct : Via des ligands déterminant leur type et état d'activation.
- Cytokines : Substances chimiques médiatrices des interactions, agissant localement (paracrine/autocrine) ou à distance (endocrine). Plus de 140 cytokines sont regroupées en familles. Elles sont essentielles à la régulation et au bon déroulement chronologique de la réaction immunitaire.
- Contact avec la matrice extracellulaire : Via des ligands modifiant l'état d'activation cellulaire en fonction du tissu.
- Sensibilité aux hormones et neuromédiateurs.
3. Maturation et Migration des Lymphocytes
Les lymphocytes naissent dans la moelle osseuse :
- Les lymphocytes B (LB) maturent dans la moelle osseuse, puis rejoignent les organes lymphoïdes secondaires via le sang.
- Les lymphocytes T (LT) sont transportés vers le thymus pour leur maturation, puis rejoignent les organes lymphoïdes secondaires. Le thymus, avant son atrophie à la puberté, est riche en LT matures et sécrète des thymopoïétines régulatrices.
Ce processus de maturation et de migration est continu. Dans les organes lymphoïdes secondaires, les lymphocytes matures peuvent se diviser pour former des clones de cellules identiques.
Outre les lymphocytes B et T, il existe les cellules NK (Natural Killer), non spécifiques d'un antigène donné, qui naissent également dans la moelle osseuse.
II. LES GRANULOCYTES
Les granulocytes sont des cellules formées dans la moelle osseuse, considérées comme les "soldats" du système de défense. Ils utilisent le sang comme transport et quittent la circulation pour exercer leur fonction dans les tissus.
Ils comprennent :
- Polynucléaires neutrophiles : Les plus abondants (60-70% des leucocytes). Ils ont un noyau en lobes et de nombreuses granulations. Spécialisés dans la phagocytose, ils constituent la première ligne de défense et participent activement à la réponse inflammatoire. Ils peuvent aussi former des Neutrophil Extracellular Trap (NET), des filets protéiques pour piéger les bactéries.
- Polynucléaires éosinophiles : 1-4% des leucocytes. Impliqués dans la défense contre les parasites et les réactions allergiques.
- Polynucléaires basophiles : 0,25-0,5% des leucocytes. Partagent de nombreuses caractéristiques avec les mastocytes, libérant des médiateurs comme l'histamine.
Les mastocytes, bien que morphologiquement similaires aux basophiles, se différencient dans les tissus conjonctifs (et non dans le sang). Ils sont riches en vésicules sécrétant des messagers chimiques locaux comme l'histamine, notamment au niveau des surfaces épithéliales.
III. LES AGRANULOCYTES
Les agranulocytes regroupent les lymphocytes et les monocytes.
1. Les Lymphocytes
Constituent 25-33% des leucocytes. Ils se divisent en :
- Lymphocytes B (LB) : Après activation, se différencient en plasmocytes, dont le rôle principal est la synthèse et la sécrétion d'anticorps.
- Lymphocytes T (LT) : Se subdivisent en :
- LT auxiliaires (T helper) : Environ 75% des lymphocytes T. Ils régulent toutes les fonctions immunes par la production de lymphokines (cytokines) qui stimulent la croissance et la prolifération des LT cytotoxiques et suppresseurs (via IL-2), activent les LB en plasmocytes et le système macrophage. Leur activation nécessite la présentation de l'Ag par des cellules présentatrices d'antigènes (CPA) via le CMH.
- LT cytotoxiques (cellules tueuses) : Exercent un effet direct sur les antigènes. Ils utilisent des récepteurs protéiques de surface et des perforines pour transpercer les parois microbiennes et d'autres substances chimiques pour désagréger les cellules cibles. Ils s'attaquent aux cellules infectées par des virus, aux cellules cancéreuses ou toute cellule anormale. Ces cellules reconnaissent les antigènes endogènes présentés par le CMH de presque toutes les cellules nucléées.
- LT suppresseurs : Limittent la réponse immunitaire pour éviter qu'elle ne soit excessive.
- Lymphocytes T natural killers (NK) : Bien que nommés LT, ce sont des cellules NK. Ils naissent dans la moelle osseuse et ne sont pas spécifiques d'un Ag donné.
- Cellules NK (Natural Killer) : Nées dans la moelle osseuse, elles ne sont pas spécifiques d'un antigène.
Les lymphocytes T ne peuvent fixer un antigène que s'il est présenté à la surface d'une cellule hôte, lié à des protéines du Complexe Majeur d'Histocompatibilité (CMH), aussi appelé système HLA. Les cellules qui présentent ces complexes sont des Cellules Présentatrices d'Antigènes (CPA).
2. Les Monocytes et Macrophages
Les monocytes (2-6% des leucocytes) traversent la paroi des capillaires pour pénétrer dans les tissus, où ils se transforment en macrophages tissulaires.
Les macrophages sont présents dans presque tous les organes et tissus (épithéliums, peau, voies respiratoires et digestives) et sont chargés de la défense locale. Ce sont des phagocytes capables d'engloutir et de détruire des substances étrangères. Les cellules dendritiques, bien que ne dérivant pas des monocytes, exercent des fonctions macrophagiques et sont également des CPA.
3. Cytokines : Messagers de l'Immunité
Les cellules du système immunitaire libèrent des cytokines, des messagers qui régulent la division cellulaire, la prolifération et la différenciation des lymphocytes, et interviennent dans les réponses immunitaires spécifiques et non spécifiques.
- Elles agissent à très faible dose, comme des hormones protéiques.
- La plupart agissent localement (paracrine ou autocrine) mais peuvent circuler dans le sang pour des effets hormonaux à distance.
- Elles forment un réseau de communication chimique essentiel.
- Il existe des cytokines pro-inflammatoires (IL-1, IL-6, IL-8, IL-11, IL-12) et pyrogènes (IL-1, IL-6).
- Les interleukines (IL-1 à IL-30) ont des activités cytolytiques, régulatrices des lymphocytes et des leucocytes, ou chimiotactiques.
- Les Colony Stimulating Factors (CSF) régulent le nombre de leucocytes.
- Exemple: l'IL-2 module la fonction de presque toutes les cellules immunitaires.
Les interférons (IFN) sont des cytokines antivirales. Les IFN et (Type I) sont produits par presque toutes les cellules en réponse à une infection virale et inhibent la réplication virale de manière non spécifique. Ils activent la synthèse de protéines antivirales dans les cellules hôtes.
IV. TYPES D'IMMUNITÉ
A. Immunité non spécifique (ou innée) - Mécanismes Généraux
Cette immunité protège sans reconnaissance spécifique de l'identité de l'envahisseur, mais en détectant des propriétés générales (hydrates de carbone, lipides des parois microbiennes). Des récepteurs de membranes et des protéines circulantes (comme le complément) se lient à ces structures.
Elle s'exerce via :
- La phagocytose par les macrophages, impliquant lysosomes et peroxysomes.
- Des produits de sécrétions endogènes : HCl gastrique, salive, larmes, mucus.
- Des matières biologiques : système du complément, urines, matières fécales.
- Des barrières physiques : peau intacte (acidité, sébum antimicrobien), muqueuses (mucus collant, cils, poils), réflexes de toux et d'éternuement.
- Des substances antimicrobiennes : lysozymes (détruisent les parois bactériennes), lactoferrine (empêche l'approvisionnement en fer des bactéries).
B. Immunité acquise (ou spécifique) - Composantes
Elle est déclenchée par la présence d'antigènes (protéines ou polysaccharides) et se divise en deux composantes :
- Immunité humorale : Médiée par les anticorps (immunoglobulines) synthétisés par les lymphocytes B. Les anticorps se fixent sur les antigènes dans les liquides extracellulaires pour les neutraliser ou les détruire. Ils constituent la défense principale contre les bactéries, virus et toxines dans le LEC.
- Immunité cellulaire : Médiée par les lymphocytes T.
La vaccination confère une immunité acquise grâce aux cellules à mémoire qui "se rappellent" de l'antigène initial.
Actions des Anticorps (Immunoglobulines - Ig)
Les Ig sont des protéines plasmatiques (20% des protéines plasmatiques), composées de chaînes polypeptidiques légères et lourdes, avec des parties variables (spécificité antigénique) et constantes. On distingue cinq classes : IgM, IgG, IgA, IgD, IgE.
- IgG : Les plus abondantes (75%), présentes dans les réponses secondaires.
- IgE : Souvent associées aux phénomènes d'allergie.
- IgM : Impliquées dans la défense anti-infectieuse primaire.
Les anticorps agissent selon deux modalités :
- Action directe : Agglutination, précipitation, neutralisation et lyse des micro-organismes.
- Action indirecte : Activation du système du complément. Les anticorps activent C1, déclenchant la voie classique du complément. La voie alterne peut être activée directement par des hydrates de carbone à la surface des microbes. Le complément (C) aboutit à la formation de C3b (une opsonine qui facilite la phagocytose) et au complexe d'attaque membranaire (CAM) qui perfore les cellules cibles.
V. L'INFLAMMATION
L'inflammation est une réponse locale de l'organisme à une agression, visant à détruire ou inactiver les envahisseurs étrangers et à initier la réparation tissulaire. Elle implique des cellules phagocytaires (neutrophiles, macrophages, cellules dendritiques) et peut être déclenchée par des infections, le froid, la chaleur, ou des traumatismes. L'inflammation amplifie également de nombreuses réactions de défense spécifique.
A. Réaction inflammatoire non spécifique : Séquence des événements
- Pénétration des bactéries : Provoque des lésions tissulaires et la libération de substances chimiques.
- Vasodilatation : Augmentation du débit sanguin dans le territoire infecté (rougeur, chaleur).
- Augmentation de la perméabilité capillaire : Les protéines plasmatiques et le liquide s'échappent dans l'interstitium, formant un œdème (gonflement).
- Chimiotactisme : Migration des leucocytes des veinules vers l'interstitium infecté. Les polynucléaires neutrophiles s'ancrent d'abord (margination) puis traversent la paroi vasculaire (diapédèse) grâce à des molécules d'adhésion et des facteurs chimiotactiques. Les monocytes suivent et se transforment en macrophages.
- Destruction des bactéries : Par phagocytose des germes par les polynucléaires et macrophages. Des opsonines (comme C3b et la protéine C-réactive) facilitent la fixation du phagocyte au microbe. Le microbe est englouti dans un phagosome, qui fusionne avec un lysosome pour former un phagolysosome, où les enzymes lysosomiales et les dérivés de l'oxygène dégradent le microbe. Les phagocytes peuvent aussi libérer des substances antimicrobiennes dans le LEC.
- Réparation tissulaire : Étape finale, impliquant la division des fibroblastes, la sécrétion de collagène et l'angiogenèse (prolifération des vaisseaux sanguins), sous l'influence de facteurs de croissance. Elle peut laisser une cicatrice.
Les manifestations locales (rougeur, chaleur, gonflement, douleur) sont dues à des médiateurs chimiques, notamment des cytokines. Les médiateurs peuvent être des peptides (kinines), des composants du complément, des dérivés de la coagulation sanguine, l'histamine (des mastocytes), des eicosanoïdes, des facteurs d'activation plaquettaire, des cytokines (chémokines), des enzymes lysosomiales et des dérivés de l'oxygène.
VI. L'ALLERGIE
L'allergie est une réponse immunitaire inappropriée ou excessive à des substances inoffensives (allergènes). Par exemple, dans l'hypersensibilité retardée, l'exposition répétée à un allergène active les LT, entraînant une libération de substances toxiques et l'envahissement des sites lésés par les macrophages.
Caractérisée par :
- Production excessive d'IgE.
- Prédisposition génétique (terrain allergique).
- Sollicitation des granulocytes : les basophiles se modifient en mastocytes.
- Libération de substances comme l'histamine et l'héparine, provoquant vasodilatation locale, augmentation de la perméabilité capillaire, attraction d'éosinophiles, et contraction des muscles lisses.
Exemple : l'asthme bronchique.
CONCLUSION
Une défense adéquate de l'organisme exige une production suffisante de leucocytes et un système immunitaire fonctionnel. Toute diminution de cette capacité ouvre la porte aux infections et aux maladies.
L'homéostasie, essentielle à la survie cellulaire, est maintenue par les systèmes de l'organisme. Les cellules du système immunitaire contribuent de manière fondamentale à cette homéostasie en éliminant les menaces internes et externes.
Introduction au Système Immunitaire et Immunité Innée
L'immunologie est l'étude des mécanismes de défense de l'organisme, qui lui permettent de distinguer ce qui lui appartient (le soi) de ce qui lui est étranger (le non-soi). Ces défenses visent à protéger contre les infections microbiennes, à éliminer les substances étrangères toxiques et à détruire les cellules anormales, comme les cellules cancéreuses, par un processus de surveillance immunitaire.
Agents Pathogènes
Les agents pathogènes sont des micro-organismes capables de provoquer des maladies. Ils peuvent pénétrer l'organisme par diverses voies, naturelles ou accidentelles. Parmi les principaux types, on trouve les bactéries, les virus, les parasites et les champignons.
- Bactérie/bak.te.ʁi/nom féminin
Organisme unicellulaire caractérisé par une paroi cellulaire et une membrane plasmique, sans organites intracellulaires entourés de membrane. Elles peuvent causer des lésions tissulaires ou libérer des toxines.
- « Une bactérie peut être responsable d'une infection et nécessiter un traitement antibiotique. »
- Virus/vi.ʁys/nom masculin
Agent infectieux constitué d'acides nucléiques (ADN ou ARN) entourés d'une enveloppe protéique. Incapables de se reproduire seuls, ils doivent parasiter des cellules hôtes pour utiliser leur machinerie biochimique.
- « Le virus de la grippe mute fréquemment, rendant la vaccination annuelle nécessaire. »
- Parasite/pa.ʁa.zit/nom masculin
Organisme vivant aux dépens d'un autre individu d'une espèce différente (l'hôte), dont il peut altérer la santé. Il peut s'agir d'organismes unicellulaires ou pluricellulaires.
- « La malaria est causée par un parasite transmis par les moustiques. »
- Champignon/ʃɑ̃.pi.ɲɔ̃/nom masculin
Organisme eucaryote hétérotrophe, souvent filamenteux, qui peut vivre en parasite sur d'autres structures et provoquer des infections appelées mycoses.
- « Certains champignons peuvent causer des infections cutanées ou systémiques. »
Immunité Innée vs. Immunité Acquise
L'immunité représente la capacité de l'organisme à se défendre contre les infections et agressions. Il existe deux types principaux d'immunité qui interagissent constamment : l'immunité innée (non spécifique) et l'immunité acquise (spécifique).
L'Immunité Innée (Non Spécifique)
L'immunité innée, également appelée immunité naturelle ou non spécifique, constitue la première ligne de défense de l'organisme. Elle agit rapidement et de manière généralisée contre les substances étrangères ou les cellules anormales sans nécessiter une reconnaissance spécifique de l'agent pathogène. Ses mécanismes de protection ne sont pas uniques à une substance ou cellule étrangère particulière et s'activent de la même façon en réponse à toute stimulation.
Barrières Physiques et Chimiques
Les premières défenses non spécifiques sont assurées par des barrières physiques et chimiques qui empêchent les microbes de pénétrer. La peau intacte est une barrière physique efficace, complétée par son acidité et l'activité antimicrobienne du sébum. Les muqueuses, les cils et les poils agissent également comme des barrières physiques.
Les barrières chimiques incluent des sécrétions antimicrobiennes comme celles des glandes cutanées et lacrymales (contenant des lysozymes et de la lactoferrine). Le mucus présent dans les voies respiratoires et gastro-intestinales emprisonne les particules étrangères, tandis que l'acidité gastrique et les réflexes de toux et d'éternuement contribuent également à l'élimination des agents pathogènes.
Cellules de l'Immunité Innée
Les leucocytes, ou globules blancs, sont les cellules clés du système immunitaire. Ils sont divisés en deux grands groupes : les granulocytes et les agranulocytes, qui jouent un rôle essentiel dans la défense immunitaire non spécifique en circulant dans le sang et en pénétrant dans les tissus pour exercer leurs fonctions.
Les granulocytes sont des leucocytes formés dans la moelle osseuse, caractérisés par la présence de granulations dans leur cytoplasme et un noyau polylobé. Ils comprennent les polynucléaires neutrophiles, éosinophiles et basophiles, qui sont les « soldats » du système de défense de l'organisme, spécialisés dans la phagocytose et la réponse inflammatoire.
Les agranulocytes sont des leucocytes qui, contrairement aux granulocytes, ont un cytoplasme sans granulations visibles. Ils incluent les lymphocytes et les monocytes. Les monocytes, une fois qu'ils traversent la paroi des capillaires et pénètrent dans les tissus, se différencient en macrophages tissulaires, qui sont des phagocytes majeurs chargés de la reconnaissance et de la destruction des particules étrangères. Les lymphocytes, bien que des agranulocytes, sont principalement associés à l'immunité acquise, mais certaines populations comme les cellules NK (Natural Killer) agissent dans l'immunité innée.
Les Composants Cellulaires et Moléculaires de l'Immunité
Organes et Tissus Lymphoïdes
Les organes lymphoïdes sont des structures anatomiques et histologiques où les cellules immunitaires naissent, mûrissent et agissent. On distingue les organes lymphoïdes primaires et secondaires. La moelle osseuse et le thymus sont des organes primaires qui approvisionnent les organes secondaires en lymphocytes matures. Ces cellules circulent constamment entre le sang, la lymphe et les tissus.
Leucocytes et leurs Catégories
Les leucocytes, ou globules blancs, sont les principales cellules du système immunitaire. Ils ont une durée de vie relativement courte et utilisent le sang comme moyen de transport pour atteindre les tissus où ils exercent leur fonction. Ils se divisent en deux grandes catégories : les granulocytes et les agranulocytes.
Les Granulocytes
Les granulocytes sont caractérisés par la présence de granulations dans leur cytoplasme. Ils comprennent les polynucléaires neutrophiles, éosinophiles et basophiles, qui sont formés dans la moelle osseuse. Les polynucléaires neutrophiles sont spécialisés dans la phagocytose et constituent la première ligne de défense contre les bactéries.
Les Agranulocytes : Monocytes et Lymphocytes
Les agranulocytes incluent les monocytes et les lymphocytes. Les monocytes sont des précurseurs qui, une fois dans les tissus, se différencient en macrophages, des cellules phagocytaires essentielles. Les lymphocytes, quant à eux, sont responsables de l'immunité spécifique.
Les Lymphocytes : B, T et NK
Les lymphocytes sont des cellules clés de la réponse immunitaire adaptative, nés dans la moelle osseuse. Ils se subdivisent en lymphocytes B, lymphocytes T et lymphocytes Natural Killer (NK).
- Lymphocytes B/lɛ̃.fɔ.sit be/nom masculin
Cellules qui, après maturation dans la moelle osseuse et activation par un antigène, se différencient en plasmocytes. Ces derniers produisent et sécrètent des anticorps spécifiques pour neutraliser les agents pathogènes.
- « Les lymphocytes B sont essentiels à l'immunité humorale. »
- Lymphocytes T/lɛ̃.fɔ.sit te/nom masculin
Cellules qui achèvent leur maturation dans le thymus et jouent un rôle central dans l'immunité cellulaire. Ils comprennent les lymphocytes T auxiliaires, cytotoxiques et suppresseurs, chacun avec des fonctions spécifiques dans la régulation et l'exécution de la réponse immunitaire.
- « Les lymphocytes T cytotoxiques sont capables de détruire directement les cellules infectées ou cancéreuses. »
- Lymphocytes NK/lɛ̃.fɔ.sit ɛn ka/nom masculin
Cellules Natural Killer, nées dans la moelle osseuse, qui ne sont pas spécifiques d'un antigène donné. Elles jouent un rôle important dans la défense rapide contre les cellules tumorales et les cellules infectées par des virus.
- « Les lymphocytes NK sont une composante importante de l'immunité innée. »
Macrophage et Cellules Dendritiques
Les monocytes, une fois qu'ils ont traversé la paroi des capillaires pour pénétrer dans les tissus, sont appelés macrophages tissulaires. Ils sont chargés de la défense locale et sont des phagocytes efficaces. Les cellules dendritiques, bien que ne dérivant pas des monocytes, exercent des fonctions macrophagiques et sont cruciales pour la présentation des antigènes aux lymphocytes T.
- Macrophages/ma.kʁɔ.faʒ/nom masculin
Grosses cellules phagocytaires dérivées des monocytes, qui se trouvent dans presque tous les tissus. Leur rôle principal est d'ingérer et de digérer les débris cellulaires, les agents pathogènes et les cellules étrangères, et de présenter les antigènes.
- « Les macrophages participent activement à l'élimination des bactéries dans les tissus. »
- Cellules Dendritiques/se.lyl dɑ̃.dʁi.tik/nom féminin
Cellules présentatrices d'antigènes (CPA) hautement efficaces, dispersées dans presque tous les tissus. Elles capturent les antigènes et migrent vers les organes lymphoïdes secondaires pour les présenter aux lymphocytes T, initiant ainsi une réponse immunitaire adaptative.
- « Les cellules dendritiques jouent un rôle essentiel dans le pont entre l'immunité innée et l'immunité adaptative. »
Cytokines et Communication Intercellulaire
Les cellules immunitaires communiquent entre elles et avec d'autres cellules de l'organisme via des messagers chimiques appelés cytokines. Ces protéines régulent la division cellulaire, l'activation et la différenciation des cellules immunitaires, et coordonnent la réponse immunitaire spécifique et non spécifique.
Les cytokines agissent à très faible dose et peuvent avoir des effets paracrines (sur les cellules voisines), autocrines (sur la cellule qui les sécrète) ou, plus rarement, endocrines (sur des organes distants). Elles forment un réseau complexe de communication essentiel au bon déroulement des réactions immunitaires.
Le Chimiotactisme
- Chimiotactisme/ʃi.mjɔ.tak.tism/nom masculin
Processus par lequel les leucocytes migrent vers le site d'une infection ou d'une lésion en réponse à des signaux chimiques, appelés chimio-attractants ou chimiokines. C'est une étape cruciale de la réponse inflammatoire, permettant le recrutement des cellules immunitaires.
- « Le chimiotactisme assure la migration des polynucléaires neutrophiles vers le foyer infectieux. »
Les Interférons
Les interférons (IFN) sont un groupe de protéines antivirales. Ils sont synthétisés et sécrétés par les cellules infectées par un virus pour inhiber la réplication virale. Les IFN α et β, produits par presque toutes les cellules, sont des acteurs majeurs de l'immunité innée, protégeant l'organisme contre les agressions virales.
L'Immunité Acquise et ses Mécanismes
L'immunité acquise, aussi appelée immunité spécifique, se développe progressivement après un contact avec un agent pathogène. Elle repose sur la reconnaissance précise d'éléments étrangers par des lymphocytes et se caractérise par sa spécificité, sa diversité et sa mémoire immunitaire. Cette réponse agit souvent en complémentarité avec l'immunité innée, pour une protection durable de l'organisme.
- Antigène (Ag)/ɑ̃tiʒɛn/nom masculin
Toute substance chimique (molécule, particule, cellule ou organisme) qui, introduite dans l'organisme, déclenche la production d'un anticorps spécifique capable de réagir avec elle, ou qui est reconnue par d'autres mécanismes de la réponse immunitaire spécifique.
- « La reconnaissance de l'antigène par les lymphocytes est la première étape de l'immunité spécifique. »
- Anticorps (Ac) / Immunoglobuline (Ig)/ɑ̃tikɔʁ/nom masculin
Protéine produite par les plasmocytes (dérivés des lymphocytes B) en réaction à la présence d'un antigène, à laquelle elle se lie spécifiquement pour le neutraliser ou le détruire.
- « Les anticorps circulent dans le sang et les fluides extracellulaires pour cibler les pathogènes. »
Les anticorps, aussi appelés immunoglobulines (Ig), représentent environ 20% des protéines plasmatiques. Ils sont composés de chaînes polypeptidiques légères et lourdes, avec des régions variables qui confèrent la spécificité de liaison à l'antigène, et des régions constantes. Il existe cinq classes principales d'immunoglobulines : IgM, IgG, IgA, IgD et IgE, chacune ayant des rôles spécifiques. Les IgG sont les plus abondantes, tandis que les IgE sont souvent impliquées dans les réactions allergiques.
Les Lymphocytes T et la Présentation de l'Antigène
Les lymphocytes T (LT) sont essentiels à l'immunité cellulaire. Leur activation nécessite que l'antigène leur soit présenté par des cellules présentatrices d'antigènes (CPA) sous forme liée à des protéines du Complexe Majeur d'Histocompatibilité (CMH), également appelé système HLA. Cette présentation garantit que les LT ne réagissent qu'aux antigènes endogènes ou traités, évitant ainsi des réponses auto-immunes.
- CMH (Complexe Majeur d'Histocompatibilité)/se.ɛm.aʃ/nom masculin
Ensemble de protéines membranaires codées par des gènes spécifiques, qui présentent des fragments d'antigènes aux lymphocytes T. Il est crucial pour la reconnaissance du soi et du non-soi.
- « Les protéines du CMH sont indispensables à l'activation des lymphocytes T. »
Populations de Lymphocytes T
Il existe différentes sous-populations de lymphocytes T, chacune ayant un rôle distinct dans la réponse immunitaire spécifique. Les lymphocytes T auxiliaires, cytotoxiques et suppresseurs sont les principaux acteurs de cette immunité.
Les lymphocytes T auxiliaires (ou T helper) représentent environ 75% des lymphocytes T. Ils jouent un rôle central en régulant l'ensemble des fonctions immunitaires par la production de cytokines, stimulant la croissance et la prolifération d'autres lymphocytes T (cytotoxiques et suppresseurs) ainsi que l'activation des lymphocytes B en plasmocytes et du système macrophage. Leur activation requiert une présentation d'antigène par des macrophages, des lymphocytes B ou des cellules dendritiques.
Les lymphocytes T cytotoxiques (cellules tueuses) attaquent directement les cellules cibles infectées par des virus, les cellules cancéreuses ou toute cellule anormale. Ils se lient à l'antigène présenté par les protéines du CMH à la surface de ces cellules, puis libèrent des perforines et d'autres substances chimiques qui induisent la lyse et la désintégration de la cellule cible. Ces antigènes sont généralement endogènes, c'est-à-dire produits à l'intérieur de la cellule infectée ou altérée.
Les lymphocytes T suppresseurs régulent la réponse immunitaire en limitant l'activité des lymphocytes T auxiliaires et cytotoxiques. Leur fonction est cruciale pour prévenir une réaction immunitaire excessive qui pourrait endommager les tissus sains de l'organisme.
Réponses Humorale et Cellulaire
L'immunité acquise se divise en deux composantes principales : l'immunité humorale et l'immunité cellulaire. Ces deux mécanismes fonctionnent souvent de concert pour une protection optimale.
L'immunité humorale est médiée par les anticorps produits par les plasmocytes, qui dérivent des lymphocytes B activés. Ces anticorps agissent en se fixant sur les antigènes dans les fluides extracellulaires, entraînant leur agglutination, leur précipitation, leur neutralisation, leur lyse directe ou l'activation du système du complément, amplifiant ainsi la réponse. Elle est particulièrement efficace contre les bactéries, les virus circulants et les toxines.
L'immunité cellulaire est principalement assurée par l'action directe des lymphocytes T. Elle cible les cellules infectées par des pathogènes intracellulaires (comme les virus), les cellules cancéreuses ou les cellules étrangères (lors d'une greffe). Les lymphocytes T cytotoxiques en sont les effecteurs principaux, tandis que les lymphocytes T auxiliaires coordonnent cette réponse.
Mémoire Immunitaire
Un principe fondamental de l'immunité spécifique est la mémoire immunitaire. Lors d'une première exposition à un antigène, le système immunitaire génère des cellules à mémoire (lymphocytes B et T mémoire) qui persistent longtemps dans l'organisme. Lors d'une réexposition au même antigène, ces cellules permettent une réponse immunitaire plus rapide, plus forte et plus efficace, ce qui constitue la base de la vaccination.
Inflammation, Complément et Allergie
L'Inflammation
L'inflammation est une réponse locale de l'organisme à une agression, dont le but est de détruire ou d'inactiver les envahisseurs étrangers et d'initier la réparation tissulaire. Elle est caractérisée par six étapes clés : la pénétration des agents pathogènes, la vasodilatation, l'augmentation de la perméabilité capillaire, le chimiotactisme, la destruction des envahisseurs (notamment par phagocytose) et la réparation tissulaire. Ses manifestations habituelles sont la rougeur, la chaleur, le gonflement et la douleur, résultant de l'action de divers médiateurs chimiques comme les kinines et l'histamine.
- Chimiotactisme/ʃimiɔtakˈtism/nom masculin
Déplacement des leucocytes des veinules vers l'interstitium du territoire infecté, guidé par des signaux chimiques.
- « Le chimiotactisme est essentiel pour l'acheminement des cellules immunitaires vers le site de l'infection. »
Le chimiotactisme est un processus sélectif qui fait intervenir des molécules d'adhésion permettant aux leucocytes de s'ancrer aux cellules endothéliales (margination) et de se diriger vers la zone d'inflammation. Une étape cruciale est la diapédèse, où les leucocytes, notamment les polynucléaires neutrophiles, se faufilent entre les cellules endothéliales des capillaires et des veinules pour atteindre le tissu infecté.
- Phagocytose/faɡɔsiˈtoz/nom féminin
Processus par lequel certaines cellules (phagocytes) ingèrent et détruisent des particules étrangères, des micro-organismes ou des débris cellulaires.
- « La phagocytose est un mécanisme fondamental de l'immunité innée. »
Une fois sur le site lésionnel, les leucocytes débutent la destruction des envahisseurs par phagocytose. Ce processus implique un contact initial entre le phagocyte et le micro-organisme, suivi de son ingestion dans une vésicule appelée phagosome. Le phagosome fusionne ensuite avec un lysosome pour former un phagolysosome, où les enzymes hydrolytiques et d'autres agents destructeurs (comme l'oxyde nitrique) dégradent le micro-organisme. Des substances chimiques appelées opsonines facilitent cette interaction en se fixant sur les micro-organismes et en stimulant la phagocytose.
- Opsonines/ɔpsɔˈnin/nom féminin
Substances (protéines plasmatiques, anticorps) qui se fixent sur les micro-organismes, les marquant pour être reconnus et ingérés plus facilement par les phagocytes.
- « Les opsonines augmentent l'efficacité de la phagocytose. »
Le Système du Complément
Le système du complément est une famille de protéines plasmatiques qui circulent sous forme inactive dans le sang. Son activation, en réponse à une infection ou une lésion, déclenche une cascade enzymatique où chaque protéine activée en active une autre, conduisant à la formation de protéines actives. Ces protéines du complément jouent plusieurs rôles dans l'inflammation, notamment en induisant la vasodilatation, en augmentant la perméabilité des micro-vaisseaux et en stimulant le chimiotactisme. Elles peuvent aussi agir comme opsonines, facilitant la phagocytose.
L'Allergie et les IgE
L'allergie est une réponse immunitaire inadaptée, souvent associée à une prédisposition génétique, où l'organisme réagit de manière excessive à des substances normalement inoffensives appelées allergènes. Cette réaction est caractérisée par une production excessive d'immunoglobulines E (IgE), des anticorps spécifiques impliqués dans les phénomènes d'hypersensibilité immédiate.
- IgE/iʒe/nom féminin
Immunoglobulines de classe E, des anticorps principalement impliqués dans les réactions allergiques et la défense contre les parasites.
- « Un taux élevé d'IgE est souvent observé chez les personnes allergiques. »
Les IgE se fixent sur les mastocytes, des cellules présentes en grand nombre au niveau des surfaces épithéliales. Lors d'une exposition ultérieure à l'allergène, celui-ci se lie aux IgE fixées sur les mastocytes, entraînant la libération de médiateurs chimiques, notamment l'histamine. La libération d'histamine provoque une vasodilatation locale, une augmentation de la perméabilité capillaire, une contraction des muscles lisses et l'attraction de polynucléaires éosinophiles, responsables des symptômes allergiques comme ceux observés dans l'asthme bronchique.
- Mastocytes/mastɔˈsit/nom masculin
Cellules immunitaires résidentes dans les tissus conjonctifs, qui libèrent des médiateurs inflammatoires comme l'histamine lors de réactions allergiques ou inflammatoires.
- « Les mastocytes jouent un rôle central dans les réactions d'hypersensibilité immédiate. »
Teste ta compréhension
1 / 10
Les bactéries se multiplient par elles-mêmes sans avoir besoin de cellules hôtes.
Le système immunitaire est composé uniquement d'organes et de tissus.
Les leucocytes ont une durée de vie très longue, de plusieurs années, après leur passage dans le sang.
Les lymphocytes sont des cellules capables de fixer spécifiquement des antigènes.
Le thymus s'atrophie après la puberté et ne joue plus aucun rôle immunitaire.
Les mastocytes matures sont abondamment présents dans le sang, contrairement aux polynucléaires basophiles.
Le principal rôle des plasmocytes est la phagocytose des agents pathogènes.
Les IgG sont les immunoglobulines les moins abondantes dans le sang circulant.
Les macrophages tissulaires dérivent des lymphocytes.
Les lymphocytes NK (natural killer) sont spécifiques d'un antigène donné.
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