Mécanismes de défense de l'animal
50 cartesDéfenses naturelles et immunitaires de l'organisme, incluant les barrières physiques, chimiques et écologiques, ainsi que les réactions immunitaires non spécifique (inflammation, phagocytose, fièvre) et spécifique (lymphocytes B et T).
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SÉQUENCE 3 : Les Moyens de Défenses de l'Animal
L'organisme animal possède de multiples mécanismes pour se protéger des agressions externes, notamment des microbes pathogènes. Ces systèmes de défense sont regroupés sous le terme d'immunité.
Chapitre 8 : Les Barrières Naturelles
L'environnement est peuplé de nombreux microbes, mais les infections sont relativement rares grâce aux barrières naturelles de l'organisme. L'acquisition d'une protection après une infection est appelée immunité.
1. Les Barrières Physiques
Ces barrières empêchent l'entrée et la fixation des micro-organismes.
La peau : Le dépôt de kératine dans les couches externes de l'épiderme crée une barrière imperméable.
Les larmes et la salive : Elles nettoient et contiennent des substances antimicrobiennes.
Le mucus et les cils : Présents dans la trachée et les grosses bronches, les cils mobilisent le mucus pour expulser les particules étrangères.
Le transit intestinal et le flux urinaire : Ces flux continus empêchent les bactéries de se fixer par un effet de "balayage".
2. Les Barrières Chimiques
Elles agissent par des propriétés chimiques défavorables aux microbes.
La sueur : Sa nature acide est un obstacle pour de nombreux micro-organismes.
Les acides gras : Produits par les glandes sébacées à la base des poils, ils ont une action antimicrobienne.
L'acidité : Le tube digestif, le vagin et l'urètre maintiennent un pH acide qui inhibe la croissance bactérienne et, dans le cas du vagin, peut aussi détruire une partie des spermatozoïdes.
3. Les Barrières Écologiques
Ces barrières exploitent la compétition entre micro-organismes.
Les bactéries commensales : L'ensemble des bactéries vivant sur la peau ou dans le tube digestif occupent l'espace et les ressources, empêchant ainsi le développement de bactéries pathogènes.
En conclusion, ces barrières ne sont pas infaillibles. Une rupture de l'intégrité de la peau (piqûres, morsures, coupures) ou la capacité de certains pathogènes (comme ceux de la brucellose) à traverser la peau saine peuvent compromettre cette protection initiale.
Chapitre 9 : La Réaction Immunitaire Non Spécifique
Lorsqu'un corps étranger, pathogène ou non, pénètre l'organisme, des mécanismes de défense immunitaire sont mobilisés. Il existe deux types de défenses : la réaction immunitaire non spécifique et la réaction immunitaire spécifique.
1. L'Inflammation
L'inflammation est la première contre-attaque de l'organisme.
Signes extérieurs : Elle est caractérisée par quatre signes cliniques :
Rougeur
Chaleur
Gonflement (œdème)
Douleur
Phénomènes physico-chimiques : Ces signes sont la conséquence de :
La dilatation locale des vaisseaux sanguins, due à l'action de l'histamine, qui provoque la rougeur et la chaleur. Cette dilatation vise à acheminer les cellules de défense (leucocytes) vers le site de l'agression.
La facilite de sortie des globules blancs (leucocytes) et du liquide d'œdème (gonflement) des vaisseaux dilatés. Le liquide d'œdème crée une poche stérile et sa pression sur les terminaisons nerveuses provoque la douleur.
L'histamine : C'est un puissant vasodilatateur qui augmente la perméabilité capillaire. Elle est libérée en réponse à divers stimuli comme les antigènes, venins, toxines ou brûlures.
Les "troupes de première ligne" : Les cellules de défense qui arrivent par le processus inflammatoire sont des globules blancs : les polynucléaires et les macrophages.
2. La Phagocytose
La phagocytose est le processus par lequel certaines cellules ingèrent et détruisent des corps étrangers.
Les phagocytes : Les polynucléaires et les macrophages sont appelés phagocytes. Ils sont attirés par les éléments du "non-soi".
Polynucléaires : Ces cellules sont capables d'ingérer et de détruire les microbes. Leur durée de vie est courte (1 à 2 jours).
Macrophage :
Ils ont une durée de vie longue (plusieurs mois) et sont présents partout dans l'organisme (rate, ganglions lymphatiques, poumons, foie, reins).
Ils sont capables de phagocyter des microbes, des cellules infectées, des cellules mortes ou des matières inertes.
Mécanisme de la phagocytose :
L'adhésion : Le phagocyte entre en contact avec le microbe.
L'ingestion : La membrane cellulaire du phagocyte enveloppe le corps étranger, formant une vésicule appelée phagosome.
La digestion : Les lysosomes (organites contenant des enzymes dégradant les macromolécules biologiques) s'accolent au phagosome et y déversent leur contenu enzymatique, détruisant le microbe.
Bilan de la phagocytose : Elle permet une destruction rapide (environ 1 heure) des éléments étrangers. Cependant, si l'organisme est affaibli ou l'agent pathogène très virulent, le germe peut persister, entraînant parfois la formation d'un abcès (poche de germes et de phagocytes morts, formant du pus).
3. La Fièvre
La fièvre est un syndrome protecteur, à ne pas confondre avec l'hyperthermie, qui est un symptôme.
Différence entre syndrome et symptôme : Un symptôme est un signe ressenti par un patient (douleur, fièvre), tandis qu'un syndrome est un ensemble de plusieurs symptômes évoquant une maladie.
Symptômes de la fièvre :
Augmentation de la température centrale.
Tachypnée (augmentation de la fréquence respiratoire).
Frissons.
Accélération du pouls.
Abattement, sécheresse de la bouche, langue gonflée, manque d'appétit, constipation.
Origines de la fièvre : Elle peut être causée par des lésions nerveuses, des poisons, des fractures, des cancers, des dysfonctionnements hépatiques, etc. Les microbes qui provoquent la fièvre sont dits pyrogènes.
Rôle de la fièvre :
Elle est protectrice car elle nuit à la multiplication des micro-organismes.
Elle a un rôle défavorable sur le développement des tumeurs.
Inconvénients : Si elle est trop longue ou trop élevée, la fièvre peut être néfaste (ex: avortement). Des antipyrétiques (aspirine, cortisone, paracétamol) sont alors utilisés.
En conclusion de ce chapitre, l'ensemble des barrières naturelles et de la réaction immunitaire non spécifique offre des mécanismes de défense robustes. Toutefois, en cas d'échec de ces premières lignes de défense, un troisième mécanisme plus spécifique est mis en place.
Chapitre 10 : La Réaction Immunitaire Spécifique
Cette réaction est plus lente à se mettre en place mais est dirigée précisément contre des corps étrangers spécifiques, la rendant plus efficace.
Introduction
Les macrophages qui n'ont pas dégradé complètement un microbe lors de la phagocytose peuvent en présenter des fragments (antigènes) à d'autres cellules.
Un antigène est une substance reconnue par le système immunitaire qui produit alors des anticorps pour la détruire. Ces antigènes constituent la "carte d'identité" du germe.
Les macrophages agissent comme "informateurs" auprès des cellules responsables de l'immunité spécifique : les lymphocytes. On dit que les macrophages sont des cellules présentatrices d'antigènes.
Il existe deux types de lymphocytes, les lymphocytes B et les lymphocytes T, qui sont présents à l'état latent dans l'organisme. Une fois stimulés, ils se multiplient et se différencient en cellules effectrices et en cellules mémoire.
1. Les Lymphocytes B
L'activation des lymphocytes B entraîne une multiplication rapide.
Ils sont capables de fabriquer des anticorps (Ac).
La réaction est spécifique : à chaque microbe (antigène, Ag) correspondent des anticorps spécifiques. Les microbes présentant de multiples antigènes déclenchent la production d'autant de types d'anticorps correspondants.
Les anticorps s'interposent entre les cellules et les microbes.
L'action des anticorps facilite la destruction des cellules étrangères par deux voies principales :
En facilitant la rencontre des macrophages avec les microbes (opsonisation).
En facilitant la destruction des membranes cytoplasmiques des cellules sur lesquelles ils sont fixés, par le système des protéines du "complément".
2. Les Lymphocytes T
Comme les lymphocytes B, ils sont présents à l'état latent et doivent être sensibilisés par des macrophages qui leur présentent des antigènes.
Ils sont mobiles et quittent les organes lymphoïdes pour se rendre sur le site de l'infection.
Sur le lieu de l'infection, les lymphocytes T s'accolent aux microbes ou aux cellules infectées et agissent de plusieurs manières :
Ils libèrent des substances (lymphokines) qui attirent les macrophages et stimulent la phagocytose.
Ils détruisent, par contact direct, les cellules infectées par un germe, arrêtant ainsi la multiplication du germe.
Ils libèrent des interférons, substances qui protègent les cellules des infections virales.
3. Bilan de la Réponse Spécifique
Lymphocytes B | Lymphocytes T |
Produisent des anticorps qui se déplacent dans le sang = immunité humorale | Agissent directement en tant que cellule = immunité cellulaire |
En fonction de l'antigène, l'une ou l'autre des immunités spécifiques est plus active. | |
Une fois qu'une réponse immunitaire spécifique est établie contre un antigène, l'individu est protégé. Cette caractéristique est exploitée lors de la vaccination.
Chapitre 11 : Les Dysfonctionnements du Système Immunitaire
Le système immunitaire, bien que très efficace, peut présenter des dysfonctionnements.
1. Les Réactions Auto-immunes
Il s'agit d'une réaction immunitaire dirigée contre les propres cellules de l'organisme ("cellules du soi").
2. Les Allergies
Les allergies correspondent à un état d'hypersensibilité du système immunitaire à des substances normalement inoffensives.
3. Le Stress
Un stress prolongé peut entraîner une baisse de l'efficacité immunitaire, rendant l'animal plus sensible aux maladies infectieuses.
Conclusion
L'ensemble des cellules de l'immunité est regroupé sous les dénominations "globules blancs" ou "leucocytes", incluant les macrophages, les lymphocytes B et les lymphocytes T.
L'immunité est en partie non spécifique (innée) et en partie spécifique.
L'immunité spécifique se divise en immunité humorale (anticorps synthétisés par les lymphocytes B) et immunité cellulaire (lymphocytes T).
L'immunité peut être acquise de deux manières :
Active : au contact direct des antigènes.
Passive : par transfert d'anticorps (ex: mère à enfant).
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