Mal de Pott: spondylodiscite tuberculeuse, diagnostic et traitement

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Question
Quelle est la localisation la plus fréquente de la tuberculose ostéo-articulaire?
Réponse
La localisation la plus fréquente du Mal de Pott est la colonne vertébrale, particulièrement la région lombaire.
Question
Quel est l'intérêt diagnostique du Mal de Pott?
Réponse
Le diagnostic du Mal de Pott est difficile et souvent tardif, nécessitant une imagerie comme l'IRM pour une détection précoce.
Question
Quel est l'intérêt pronostique du Mal de Pott?
Réponse
Le Mal de Pott est une urgence diagnostique et thérapeutique grave en raison de ses complications neurologiques et des séquelles potentielles (déformations).
Question
Quels sont les signes fonctionnels des lombalgies au début du Mal de Pott?
Réponse
Au début, les lombalgies du Mal de Pott sont d'allure mécanique, avec des douleurs impulsives calmées par le repos. Elles deviennent ensuite inflammatoires, permanentes et majorées la nuit.
Question
Quels sont les résultats biologiques d'orientation pour le Mal de Pott?
Réponse
Les résultats biologiques d\'orientation pour le Mal de Pott incluent une anémie, une hyperleucocytose avec hyperlymphocytose, une VS accélérée et une CRP positive.
Question
Comment évoluent les lombalgies en signes inflammatoires?
Réponse
Au début, les lombalgies sont d\'allure mécanique, puis deviennent d\'allure inflammatoire avec des douleurs permanentes, à recrudescence nocturne, et une aggravation progressive.
Question
Pourquoi l'IRM est-elle plus performante pour le diagnostic?
Réponse
L'IRM est plus performante car elle permet un diagnostic précoce et une localisation précise de la maladie.
Question
Décrivez les abcès froids dans le Mal de Pott.
Réponse
Les abcès froids dans le Mal de Pott sont des tuméfactions indolores, paraspinales, pouvant migrer le long du psoas et former des masses collectées.
Question
Comment la bactériologie confirme-t-elle la présence du BK?
Réponse
La bactériologie confirme la présence du BK par la mise en évidence de bacilles acido-alcoolo-résistants (BAAR) sur un prélèvement (ponction d\'abcès) par coloration de Ziehl-Nielsen, culture sur milieu de Lowenstein-Jensen, ou par PCR (GeneXpert).
Question
Quelle est la définition du Mal de Pott?
Réponse
Le Mal de Pott est une spondylodiscite tuberculeuse, une infection des corps vertébraux et des disques intervertébraux par le bacille de Koch.
Question
Que révèle l'histologie après ponction biopsie vertébrale?
Réponse
L'histologie révèle un granulome épithélioïde gigantocellulaire avec nécrose caséeuse.
Question
Quelles sont les séquelles du Mal de Pott?
Réponse
Les séquelles du Mal de Pott incluent des douleurs résiduelles et des déformations vertébrales telles que la gibbosité ou la cyphose.
Question
Décrivez le Mal de Pott dorsal.
Réponse
Le Mal de Pott dorsal se manifeste par des dorsalgies en ceinture, des déformations vertébrales (thorax en 'poitrine de poulet' ou 'polichinelle') et présente un risque élevé de paraplégie.
Question
Quel est l'apport de la radiographie standard du rachis?
Réponse
La radiographie standard du rachis peut montrer un pincement discal, des lésions destructrices des corps vertébraux, et un épaississement des parties molles. Elle peut être normale au début.
Question
Quelles sont les caractéristiques du Mal de Pott chez l'enfant?
Réponse
Chez l'enfant, le Mal de Pott peut affecter plusieurs vertèbres et entraîner des déformations importantes.
Question
Quels sont les signes généraux du Mal de Pott?
Réponse
Les signes généraux du Mal de Pott incluent un état général altéré (AEG) et une fébricule vespéro-nocturne.
Question
Citez des diagnostics différentiels de spondylodiscites infectieuses non tuberculeuses.
Réponse
Les diagnostics différentiels des spondylodiscites infectieuses non tuberculeuses incluent les spondylodiscites typhiques, brucelliennes, syphilitiques, à germes non spécifiques (Staphylocoque, Streptocoque), mycosiques, parasitaires, virales, ainsi que les spondylodiscites inflammatoires et les néoplasies vertébrales.
Question
Quand la chirurgie est-elle indiquée dans le Mal de Pott?
Réponse
La chirurgie est indiquée en cas de complications nerveuses invalidantes ou d\'abcès intarissables.
Question
Quelles sont les complications nerveuses possibles?
Réponse
Les complications nerveuses du Mal de Pott incluent des radiculalgies, des paralysies spasmodiques ou flasques, et le syndrome de la queue de cheval.
Question
Comment le diagnostic positif est-il établi?
Réponse
Le diagnostic positif du mal de Pott repose sur des facteurs épidémiologiques (terrain d'immunodépression, absence de vaccination BCG), des signes cliniques (généraux, fonctionnels, physiques), et des examens paracliniques (IDR, imagerie, bactériologie, histologie).
Question
Quels sont les éléments de surveillance clinique de l'évolution?
Réponse
Les éléments de surveillance clinique incluent le suivi des constantes (poids, température), l'évaluation des signes fonctionnels et physiques, ainsi que l'examen neurologique.
Question
Quels sont les effets secondaires de l'Isoniazide?
Réponse
L'Isoniazide peut causer une toxicité hépatique et un risque de polynévrite.
Question
Quel est le germe responsable du Mal de Pott?
Réponse
Le germe responsable du Mal de Pott est le bacille de Koch (BK), Mycobacterium tuberculosis.
Question
Quels sont les moyens médicaux du traitement curatif?
Réponse
Les moyens médicaux incluent la chimiothérapie antituberculeuse (RHZE puis RH), le repos, une alimentation adaptée, une hydratation suffisante, la vitaminothérapie B et des antalgiques.
Question
Quel est le schéma thérapeutique de la chimiothérapie antituberculeuse?
Réponse
Le schéma thérapeutique de la chimiothérapie antituberculeuse pour le Mal de Pott est : 2 mois de RHZE suivis de 4 à 6 mois de RH. Une surveillance rigoureuse de l'observance et des effets secondaires est nécessaire.

I. Introduction au Mal de Pott

Le Mal de Pott est une spondylodiscite tuberculeuse, c'est-à-dire une infection des corps vertébraux et des disques intervertébraux par le bacille de Koch (BK), le plus souvent par dissémination hématogène.

1. Intérêt

  • Épidémiologique : C'est la localisation la plus fréquente de la tuberculose ostéo-articulaire, en recrudescence notamment avec l'épidémie de VIH-SIDA.
  • Diagnostique : Le diagnostic est souvent difficile et tardif, l'imagerie (IRM) étant cruciale.
  • Pronostique : Il s'agit d'une urgence diagnostique et thérapeutique en raison de ses complications neurologiques graves et de ses séquelles (déformations).
  • Thérapeutique : Le traitement est curatif par chimiothérapie antituberculeuse et préventif par la vaccination BCG et la prise en charge correcte des infections tuberculeuses latentes (ITL).

II. Signes Cliniques et Paracliniques

A. Forme typique : Mal de Pott lombaire de l'adulte jeune immunocompétent

1. Signes cliniques

  • Signes fonctionnels
    • Lombalgies :
      • Au début, d'allure mécanique (augmentées par l'hyperpression abdominale, toux, effort, défécation), calmées par le repos.
      • Ensuite, d'allure inflammatoire (permanentes, à recrudescence nocturne, aggravées par la marche, peu soulagées par le repos et les antalgiques habituels).
    • Impotence fonctionnelle : En fin de journée, avec une attitude guindée.
  • Signes généraux : Altération de l'état général (AEG), fébricule vespéro-nocturne.
  • Signes physiques
    • Raideur rachidienne lombaire : Avec contracture invincible des muscles paravertébraux limitant les mouvements.
    • Signe de la sonnette : Douleur exquise provoquée à la pression des apophyses épineuses lombaires.
    • Abcès froids : Tuméfactions indolores, rénitentes, paraspinales le long de la gaine du psoas, pouvant migrer vers l'arcade crurale des deux côtés, réalisant des masses collectées à la fosse iliaque, fermes puis molles, tendant à la fistulisation.

2. Signes paracliniques

2.1. Biologie
  • Orientation : Syndrome inflammatoire biologique non spécifique (SIBNS) : Hyperleucocytose avec hyperlymphocytose, VS accélérée, CRP positive.
  • En rapport avec la tuberculose :
    • IDR à la tuberculine : Positive (induration > 8 mm) ou détection de l'interféron gamma (TB SPOT, Quantiferon TB).
    • Bactériologie (par ponction d'abcès) :
      • Examen direct avec coloration de Ziehl-Nielsen : rarement positif (mise en évidence de bacilles acido-alcoolo-résistants - BAAR).
      • Culture sur milieu de Lowenstein-Jensen.
      • PCR / GeneXpert : plus sensible.
  • Terrain : Sérologie VIH proposée au patient.
2.2. Imagerie
  • Radiographie standard du rachis (lombaire+++) face & profil : À répéter car peut être normale au début.
    • Pincement discal.
    • Lésions destructrices : érosion sous-chondrale de deux corps vertébraux adjacents, géodes en miroir.
    • Épaississement des parties molles et images en fuseaux (abcès paravertébral).
  • IRM : Plus performante, permet un diagnostic précoce et topographique précis.
    • Hyposignal en T1 et hypersignal en T2.
    • Selon l'ancienneté, on peut voir ou non un pincement discal, un élargissement de l'espace intervertébral est évocateur d'un abcès discal. Recherche également une inflammation des parties molles et des signes de compression radiculaire/spinale.
  • Autres : TDM (si IRM indisponible, permet aussi une ponction scanno-guidée), échographie (ponction échoguidée d'abcès), scintigraphie.
2.3. Histologie
  • Après ponction biopsie vertébrale : granulome épithélioïde gigantocellulaire centré de nécrose caséeuse.

3. Bilan d'évolutivité

  • Clinique : Examen clinique complet (pleuro-pulmonaire, spléno-ganglionnaire, cardiaque, digestif, neurologique, locomoteur - coxalgie, urogénital) à la recherche de signes évocateurs d'autres localisations.
  • Paraclinique :
    • Radiographie thorax.
    • Fond d'œil (tubercules de Bouchut), ponction lombaire (méningite lymphocytaire avec hypoglycorachie).
    • Bilan cardiaque, rénal (ECBU, UIV), hépatique.
    • Échographie abdominale (rein, foie).
    • Radiographie ostéo-articulaire.
    • PCR : crachats, sang, liquide pleural, péritonéal, urines.

4. Évolution

4.1. Éléments de surveillance
  • Clinique : Constantes (poids et température++), signes fonctionnels, signes physiques, examen neurologique.
  • Paraclinique : NFS, VS, bactériologie si positive, hémocultures, radiographie du rachis lombaire.
4.2. Modalités évolutives
  • Sous traitement adéquat et précoce, l'évolution est favorable.
  • Des complications sont possibles :
    • Atteinte neurologique par compression radiculaire ou médullaire :
      • Signes fonctionnels : radiculalgies uni ou bilatérales (cruralgies, sciatalgies).
      • Paralysies spasmodiques ou flasques ; syndrome de la queue de cheval (paralysie flasque + anesthésie en selle + troubles sphinctériens).
    • Fistulisation des abcès : Avec possibilité de surinfections, ouverture au poumon et au médiastin, sepsis (hémocultures).
    • Séquelles : Douleurs résiduelles, déformations vertébrales (gibbosité, cyphose...).

B. Formes cliniques

1. Formes topographiques

  • Mal de Pott dorsal : Fréquent, dorsalgies irradiant en ceinture, déformations (poitrine de poulet et thorax en polichinelle), risque de paraplégies+++.
  • Mal de Pott cervical et sous-occipital : Rare, cervicalgies ou cervico-brachialgies, attitude en torticolis, abcès au creux sus-claviculaire.
  • Autres : Mal de Pott dorso-lombaire, Mal de Pott lombo-sacrée, Mal de Pott à foyers multiples.

2. Formes selon le terrain

  • Enfant : Atteintes volontiers plurivertébrales, déformations+++.
  • Sujet âgé : Forme habituellement torpide, noyée dans un contexte d'arthrose et d'ostéoporose, AEG importante.
  • Sujet immunodéprimé : Évolution beaucoup plus rapide et tendance à la fistulisation, tuberculose multifocale, IDR négative (anergie).

III. Diagnostic

1. Diagnostic positif

  • Épidémiologique : Terrain d'immunodépression++, absence de vaccination BCG, notion de contage, antécédents de tuberculose.
  • Clinique : Signes généraux, fonctionnels et physiques évocateurs.
  • Paraclinique : IDR phlycténulaire, radiographie-IRM, bactériologie, histologie.

2. Diagnostic différentiel

  • Spondylodiscites infectieuses non tuberculeuses :
    • À germes spécifiques : spondylodiscite typhique, brucellienne, syphilitique.
    • À germes non spécifiques : Staphylocoque, Streptocoque...
    • Spondylodiscites : mycosiques, parasitaires, virales.
  • Spondylodiscites inflammatoires : Polyarthrite rhumatoïde (PR), discopathie microcristalline, spondylarthrite ankylosante.
  • Néoplasie vertébrale : Primitive ou métastatique (cancers ostéophiles : poumon, prostate, rein, sein, thyroïde...).

3. Diagnostic étiologique

  • Germe : Bacille de Koch (BAAR).
  • Porte d'entrée : Secondaire à une localisation pulmonaire ou ganglionnaire, la diffusion se faisant par voie hématogène.
  • Terrain : Absence de vaccination, immunodépression, transplantés.

IV. Traitement

1. Traitement curatif

1.1. Buts

  • Stabiliser le foyer infectieux.
  • Prévenir/traiter les complications.

1.2. Moyens

1.2.1. Moyens médicaux
  • Chimiothérapie antituberculeuse : Après bilan pré-thérapeutique (fonctions rénale et hépatique, uricémie, examen ophtalmologique).
    • Isoniazide (H) : 5mg/kg/j : toxicité hépatique, risque de polynévrite.
    • Rifampicine (R) : 10 mg/kg/j : toxicité hépatique.
    • Éthambutol (E) : 15 mg/kg/j : risque de névrite optique rétrobulbaire.
    • Pyrazinamide (Z) : 30 mg/kg/j : toxicité hépatique.
    Schéma thérapeutique : RHZE pendant 2 mois puis RH pendant 4 à 6 mois avec une surveillance rigoureuse de l'observance du traitement et de la survenue d'effets secondaires.
  • Moyens adjuvants : Repos avec régime hypocalorique et hydratation suffisante, vitaminothérapie B, antalgiques.
1.2.2. Moyens orthopédiques
  • Lombostat, corset, minerve, coquille plâtrée.
1.2.3. Chirurgie
  • Évacuation des abcès volumineux + biopsie ; ostéosynthèse de stabilisation, laminectomie.
1.2.4. Kinésithérapie

1.3. Indications

  • Traitement médical : Toujours de mise : 2 RHZE puis 4 RH + adjuvants.
  • Traitement orthopédique :
    • Pott dorsal ou lombaire : immobilisation par lombostat ou corset.
    • Pott cervical : minerve.
  • Chirurgie : Est indiquée en cas de :
    • Complications nerveuses invalidantes.
    • Abcès intarissables.
  • Rééducation : Essentielle.
    • Débuter après la phase inflammatoire ou après immobilisation dans les formes destructrices.
    • Réhabilitation socioprofessionnelle.

2. Traitement préventif

  • Prévention primaire : Vaccination BCG.
  • Prévention secondaire : Traitement correct du foyer pulmonaire, dépistage des sujets à risque.
  • Prévention tertiaire : Prise en charge des complications.

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