Liberté et responsabilité en philosophie
Aucune carteExploration des degrés de liberté, du libre arbitre à l'autonomie, et leur lien avec la responsabilité morale.
I – Différents degrés dans la définition de la liberté
La liberté est la « clé de voûte » (Kant) de la philosophie, s'appliquant à de nombreux domaines (conscience, expression, action, politique).
Sa définition est évolutive et hiérarchisée.
1° La liberté d’indifférence
Définition : Le « plus bas degré » (Descartes) de liberté, c'est un refus irraisonné et non motivé de soumission à une contrainte.
Elle symbolise une totale indépendance.Valeur :
S'oppose à toute forme d'esclavage (pratique ou psychique).
Permet l'expérience du libre arbitre (Descartes), mais n'est pas le stade le plus élevé de la liberté.
Limites :
C'est une liberté appauvrie, qui s'affirme seulement par opposition.
Ne peut pas construire une idée positivement déterminée.
Défaut de connaissance : Capacité à choisir sans motivation, ce qui est un signe d'ignorance.=un defqut de connaissance
Exemple : L'âne de Buridan (référence à Aristote et Spinoza), qui meurt de faim et de soif car il ne peut choisir entre deux choses équivalentes.
C'est un exemple par l'absurde de l'inanité de cette liberté.Descartes dit qu il faut depasser cette simple liberté pure
Conséquences politiques :
Une liberté absolue conduit à la domination du plus fort.
« Guerre de tous contre tous » (Hobbes) : L'expansion infinie de la liberté sans frein mène au conflit.L'Homme le plus fort qui possede le plus de moyens pour imposer sa lib face aux autres s imoosera en tyran et fera peser le joug de la contrainte sur autrui
Tyrannie : Politiquement, la liberté absolue dégénère en tyrannie du plus fort.
2° Le libre arbitre
Définition : Suppose une activité de la volonté et de la raison. Le sujet px échappe à tte contraintes (naturel, social).Il peux choisir telle choseplutot qu une autre
Choix : Un choix est assumé et motivé par des raisons (et non de simples causes).
Autonomie : La volonté est un acte de la raison déterminant une intention. Le sujet initie une nouvelle série d'actions à partir d'une causalité libre.
Le sujet est la cause d'une action qui met en œuvre concrètement ce que la raison a déterminé abstraitement.
3° L’autonomie de la volonté
Étymologie et définition : Se donner à soi-même et par soi-même la loi (*nomos*) d'une action.
C'est l'opposé de l'hétéronomie (obéir à une loi extérieure).Caractéristique : Capacité de se donner librement, par l'usage de sa raison, la loi pratique régissant son action (autodétermination).
Rousseau : « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté » (*Du contrat social*).
Kant : Concept primordial chez Kant, distinguant le caractère empirique (soumis à la causalité naturelle) et le caractère nouménal (libre).
La raison pure pratique permet de se donner une cause première (intention) d'apres laquelle il agit, indépendante de la causalité naturelle.
Le sujet devient législateur pour lui-même. IL se donne une loi
Obligation vs Contrainte :
L'obligation est l'obéissance à la loi que l'on s'est fixée soi-même.
La contrainte est l'obéissance servile à un commandement extérieur (hétéronome, naturel, politique).
L'autonomie suppose un Consentement moral : La vraie autonomie est le respect de la loi morale (Kant). La liberté passe par la médiation de la loi fixée par la raison.
Conséquence : L'autonomie mène à l'autodétermination, où le sujet conscient et rationnel détermine la loi sous laquelle il agit, distinguant l'agir libre des impulsions ou de l'indifférence.
Sartre : L'autodétermination manifeste la liberté et l'identité. « L’homme n’est rien autre que la série de ses actes. » Cette idée influencera l'existentialisme.de sartre
II – Causalité, liberté et responsabilité
1° Sauver la liberté face à la causalité
La science et le déterminisme : La science est causale, et l'universalité des lois de causalité pose un problème pour la liberté.
Le pan-déterminisme et le démon de Laplace ( qui connaitrait ttes les causes et effets et pourrait predire tout ce qui se passera dans l avenir) menacent l'action libre.
Toute action serait l'effet nécessaire d'une cause antérieure, niant la moralité et la liberté.
Spinoza et les neurosciences :
Spinoza théorise l'idée que toute cause est dans l'ordre légal et nécessaire de la nature (*Éthique*). Pour lui tout es t determiné comme une chaine de cause et d effets
Les neurosciences renforcent cette vision en réduisant l'esprit au cerveau, affirmant que les comportements humains sont déterminés par des lois neurologiques. Ce qui fait perdre l id de lib
Critique de ce réductionnisme biologique :
Jean-David Zeitoun (*Les causes de la violence*) rejette le réductionnisme biologisant.
Norbert Elias (*La civilisation des mœurs*) met en garde contre la contamination de la psychologie par la biologie, qui tend à universaliser le fonctionnement de l'esprit sans tenir compte des différences culturelles et historiques.
Pour Préserver la liberté :
Il faut penser l'homme comme cause libre, dont l'acte n'est pas sans cause, mais dont la cause ne provient pas de la nature.(il faut qd mm qu il y ait une cause sinon tout releverai du miracle )
La cause de l'acte est l'intention d'agir selon un principe pratique que l'être rationnel s'est donné.
La « raison » est cette cause libre. Agir selon une raison, c'est agir selon un principe pratique librement choisi.
Cela respecte le principe de raison suffisante et préserve la liberté de l'action contre tout déterminisme et fatalité .IL restaure une rationalité de l agir. Il=l autonomid de la lib
2° De la liberté à la responsabilité
Responsabilité intégrale : La liberté comme autonomie a pour conséquence la responsabilité intégrale.
Le Moi se reconnaît comme cause libre de son action et en assume les conséquences.
La moralité et le jugement moral exigent cette prise de conscience.
Condition de la responsabilité : Se penser comme sujet autonome, capable de choisir le motif de l'action.
L'introspection (« connais-toi toi-même » de Socrate) conduit à une reconnaissance de soi comme sujet moral.
La conscience morale permet de s'interroger sur le caractère moral des actions et postule l'existence d'une norme morale.
Sartre et la responsabilité : La liberté comme autonomie (Bergson) ou autodétermination conduit à une « pleine, entière et totale responsabilité » (Sartre, *L’existentialisme est un humanisme*).
Le sujet répond de ses actes et de leurs conséquences.
Imputabilité : On ne peut imputer des actes que si le motif est attribuable à une volonté libre. (Il n y a pas de responsabilité sans liberté , si on n est régi que par des caractéristique biologique, rien n est notre faute)
Vérification expérimentale (Bergson) : Notre conscience témoigne de notre liberté par l'expérience du regret et du remords (*Leçons clermontoises*).
Regret : Peine liée à la perte ou à l'échec d'une action passée (ex: Du Bellay, Alain-Fournier).
Remords : Sentiment douloureux de honte et de culpabilité lié à la conscience d'avoir mal agi. Il implique une faute plus importante que le regret.
Kant : Le remords est le tribunal intérieur de la conscience qui se juge elle-même.
Hugo : L'œil de la conscience accusant Caïn après le meurtre d'Abel (« La conscience », *La légende des siècles*).
3° La recherche de la déresponsabilisation
Problème contemporain : L'éthique moderne ignore souvent les liens entre causes et conséquences, soit par ignorance, soit pour fuir la responsabilité individuelle.Bcp de gens agissent sans assumer les consequences de leurs actions =absurde car tout homme qui agit connait les consequences habituelles de ses actes
Conséquences : Refus des conséquences d'actions librement choisies.
Exemple des maladies sexuellement transmissibles.Sartre et la mauvaise foi : Refus de la responsabilité et donc de la liberté. « Nous sommes condamnés à être libre. »
Le pouvoir de la volonté est absolu. L'essence du sujet est la somme de ses actions.
Bcp de personnes cherchent des excuses quand ça tourne mal
Il fait ici une critique
Déresponsabilisation sociétale :
Justifications misérabilistes pour les crimes (contexte difficile, déclassement social).
Les expertises psychiatriques et psychologiques cherchent à « expliquer sans excuser », mais cette distinction s'amenuise en niant la liberté et la responsabilité.
Le livre du père salésien Jean-Marie Petitclerc sur l'hyperviolence ignore l'engagement du libre arbitre et de la volonté autonome de l'agresseur, au détriment de la victime.
La multiplication des facteurs externes (hétéronomes) fait oublier que l'acte violent est une intention librement (auto)déterminée.
Ambiguïté de Sartre : Affirme la liberté absolue, mais les gens refusent la conséquence de la responsabilité absolue.
« Je suis ce que je fais, mon être n’est que la série de mes actes. » Un acte monstrueux me rend (au moins en partie) monstrueux.
La pensée dominante admet la prémisse (liberté) sans en accepter les conséquences (responsabilité).
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