Leishmanioses: Épidémiologie, Clinique et Traitement

50 cartes

Ce document explore les leishmanioses sous plusieurs angles: épidémiologie, dimorphisme du parasite, cycle de vie, transmission et répartition géographique. Il détaille les présentations cliniques viscérales et cutanées, diagnostic biologique et immunologique, et les stratégies thérapeutiques. Enfin, des mesures préventives sont abordées, concluant avec la surveillance en France.

50 cartes

Réviser
Question
Quelles sont les deux formes du parasite Leishmania ?
Réponse
La forme amastigote chez l'hôte vertébré (intra-macrophagique) et la forme promastigote chez l'insecte vecteur (phlébotome).
Question
Quel est le réservoir de Leishmania infantum dans le foyer méditerranéen ?
Réponse
Le chien est le principal réservoir animal pour Leishmania infantum, une espèce zoonotique.
Question
Qu'est-ce que la leishmaniose ?
Réponse
Une maladie parasitaire due à un protozoaire, Leishmania, transmis par la piqûre d'un phlébotome femelle infecté.
Question
Quelle est la triade de symptômes classiques de la leishmaniose viscérale ?
Réponse
Une fièvre « folle » (irrégulière), une pâleur (anémie) et une splénomégalie (augmentation du volume de la rate).
Question
Comment le diagnostic parasitologique de certitude est-il établi ?
Réponse
Par la mise en évidence des amastigotes dans un frottis de ponction médullaire (moelle osseuse) après coloration MGG.
Question
Qu'est-ce que le « bouton d'Orient » ?
Réponse
C'est l'autre nom de la leishmaniose cutanée localisée, se manifestant par une lésion ulcéro-croûteuse sur les zones de peau découvertes.
Question
Quel est le traitement de première intention de la leishmaniose viscérale en Europe ?
Réponse
L'Amphotéricine B liposomale (Ambisome®) est utilisée en première intention pour sa meilleure tolérance et son efficacité.
Question
Quelle méthode de diagnostic moléculaire est utilisée pour la leishmaniose ?
Réponse
La PCR (Polymerase Chain Reaction), qui permet de détecter l'ADN du parasite avec une grande sensibilité dans divers prélèvements.
Question
Quelle espèce de Leishmania cause les leishmanioses cutanéo-muqueuses en Amérique du Sud ?
Réponse
L. braziliensis est responsable des formes cutanéo-muqueuses, pouvant entraîner des destructions graves du nasopharynx et du massif facial.
Question
Quelles sont les principales mesures de prévention contre la leishmaniose ?
Réponse
La lutte contre les phlébotomes vecteurs (insecticides), l'usage de moustiquaires et le port de colliers insecticides pour les chiens.
Question
Comment le parasite se transforme-t-il dans le phlébotome ?
Réponse
Les amastigotes ingérés lors du repas sanguin se transforment en promastigotes procycliques puis métacycliques dans l'intestin de l'insecte.
Question
Quelles anomalies hématologiques regroupe la pancytopénie ?
Réponse
Une diminution des trois lignées cellulaires sanguines : anémie (globules rouges), leucopénie (globules blancs) et thrombocytopénie (plaquettes).
Question
Quelles sont les conditions de culture du parasite ?
Réponse
Les amastigotes se transforment en promastigotes en culture sur milieu NNN (Novy, McNeal, Nicolle) entre 24°C et 28°C.
Question
Quelle est la particularité de Leishmania donovani ?
Réponse
C'est une espèce strictement humaine (anthroponotique), responsable de poussées épidémiques, principalement en Inde et en Afrique de l'Est.
Question
Qu'est-ce que la miltéfosine ?
Réponse
Le premier traitement anti-leishmanien actif par voie orale. C'est une molécule abortive et tératogène, donc contre-indiquée chez la femme enceinte.
Question
Quel est l'avantage du test immunologique par bandelette rK39 ?
Réponse
C'est un test de diagnostic rapide par immunochromatographie, facile à pratiquer dans les zones endémiques reculées pour la leishmaniose viscérale.
Question
Comment évolue la lésion primaire de la leishmaniose cutanée ?
Réponse
Une papule inflammatoire indolore évolue vers une lésion ulcéro-croûteuse avec un bourrelet périphérique inflammatoire.
Question
Qu'est-ce qu'un « ulcère des chicléros » ?
Réponse
Une forme de leishmaniose cutanée localisée d'Amérique Centrale, à évolution lente et souvent associée à une surinfection bactérienne.
Question
Quelles sont les voies de transmission non vectorielles ?
Réponse
La maladie peut se transmettre par l'échange de seringues contaminées, par transfusion sanguine ou par voie congénitale (de la mère à l'enfant).
Question
Qu'est-ce que la leishmaniose cutanée diffuse ?
Réponse
Une forme rare et sévère, caractérisée par de multiples nodules non-ulcérés riches en parasites, s'étendant sur tout le corps et résistant au traitement.
Question
Quelle est la morphologie de la forme amastigote ?
Réponse
Forme ovoïde de 2 à 6 µm, immobile, caractérisée par un noyau et un kinétoplaste, retrouvée dans les macrophages de l'hôte vertébré.
Question
Comment le parasite se multiplie-t-il ?
Réponse
Par scissiparité longitudinale (fission binaire), que ce soit sous la forme promastigote dans l'intestin du vecteur ou amastigote dans les cellules de l'hôte.
Question
Quelle est la particularité de la piqûre du phlébotome ?
Réponse
C'est une piqûre nocturne et silencieuse, effectuée uniquement par la femelle pour son repas sanguin nécessaire à la ponte des œufs.
Question
Quels facteurs favorisent le passage à une maladie clinique ?
Réponse
Une immunodéficience (VIH, greffe), un fond génétique prédisposant de l'hôte ou une virulence particulière de la souche parasitaire.
Question
Quel signe biologique spécifique accompagne la pancytopénie ?
Réponse
Une hypergammaglobulinémie polyclonale, correspondant à une production massive mais non spécifique d'anticorps, notamment des IgG.
Question
Quel traitement est utilisé en cas de stibiorésistance ?
Réponse
L'Amphotéricine B (Fungizone® ou sa forme liposomale Ambisome®) est une alternative efficace face à la résistance aux dérivés d'antimoine.
Question
Comment est traitée une leishmaniose cutanée simple et peu étendue ?
Réponse
Par des infiltrations péri-lésionnelles d'antimoniés pentavalents, afin de limiter l'évolution et les séquelles cicatricielles.
Question
Quelle co-infection est fréquemment associée à la leishmaniose viscérale ?
Réponse
La co-infection avec le VIH, la leishmaniose étant une infection opportuniste se déclarant souvent à un stade d'immunodépression (CD4 < 200/mm³).
Question
Quels sont les principaux foyers de Leishmania dans le monde ?
Réponse
Les 5 foyers principaux sont : Méditerranéen, Chinois, Indien, Africain et Américain. La maladie est absente d'Océanie.
Question
Quel est le mécanisme d'action de la Pentamidine ?
Réponse
Elle bloque la multiplication du parasite en inhibant la synthèse de l'ADN parasitaire et en se fixant sur l'ARN de transfert.
Question
Qu’est-ce que le Kala-Azar ?
Réponse
C'est l'autre nom de la leishmaniose viscérale. Une forme grave et mortelle sans traitement, touchant des organes comme la rate et le foie.
Question
Comment la lésion de leishmaniose cutanée guérit-elle spontanément ?
Réponse
Elle évolue sur plusieurs mois, voire années, mais laisse une cicatrice indélébile, atrophique et dépigmentée.
Question
Quelle est la morphologie de la forme promastigote ?
Réponse
Forme allongée et mobile (10-25 µm), possédant un flagelle, un noyau central et un kinétoplaste. Retrouvée chez le vecteur ou en culture.
Question
Quel est l'habitat préférentiel du phlébotome ?
Réponse
Les lieux sombres et humides, protégés du vent, comme les anfractuosités des murs, les terriers ou les tas de bois.
Question
Le portage asymptomatique de la leishmaniose viscérale est-il fréquent ?
Réponse
Oui, il est 30 à 100 fois plus fréquent que la maladie patente (avec symptômes), constituant un réservoir silencieux de parasites.
Question
Avec quelles pathologies la leishmaniose viscérale peut-elle être confondue ?
Réponse
Son diagnostic différentiel se pose principalement avec les hémopathies (maladies du sang) à cause de la fièvre, pâleur et splénomégalie.
Question
Quel est le mécanisme d'action de l'Amphotéricine B ?
Réponse
Cet antifongique se lie à l'ergostérol des membranes du parasite, créant des pores qui entraînent la mort cellulaire. Il stimule aussi les macrophages.
Question
Quelles espèces causent la leishmaniose cutanée diffuse (LCD) ?
Réponse
Principalement L. aethiopica en Afrique de l'Est et L. amazonensis en Amérique du Sud, dans un contexte d'anergie immunitaire.
Question
Quand le parasite devient-il résistant aux dérivés stibiés ?
Réponse
Une stibiorésistance survient, notamment en Inde (+60% des cas), rendant le traitement par Glucantime® inefficace et nécessitant des alternatives thérapeutiques.
Question
En France, où trouve-t-on principalement la leishmaniose à L. infantum ?
Réponse
Sur le pourtour méditerranéen (Provence, Cévennes, Languedoc-Roussillon, Corse) où son réservoir principal est le chien.
Question
Dans quelle partie du macrophage le parasite se multiplie-t-il ?
Réponse
Dans la vacuole parasitophore, où les amastigotes se répliquent par scissiparité jusqu'à la rupture de la cellule hôte.
Question
Comment le parasite est-il inoculé par le phlébotome ?
Réponse
Les promastigotes métacycliques qui s'accumulent dans la cavité buccale de l'insecte sont régurgités dans le derme lors d'un repas sanguin.
Question
Quel est l'un des principaux avantages du diagnostic par PCR ?
Réponse
Son gain de sensibilité et la possibilité de l'utiliser sur des prélèvements non invasifs, comme le sang total, pour le suivi.
Question
Quel est l'intérêt du Western blot pour le diagnostic immunologique ?
Réponse
Il permet de différencier les espèces de leishmanies et de distinguer les malades des porteurs asymptomatiques.
Question
Quel avantage présente la forme liposomale de l'Amphotéricine B (Ambisome®) ?
Réponse
Une meilleure tolérance, notamment rénale, et une efficacité accrue, ce qui en fait un traitement de première intention en Europe.
Question
Quels signes cliniques peuvent distinguer une infection à L. donovani ?
Réponse
Une fréquence plus élevée d'adénopathies et des signes cutanés avec une pigmentation marquée sur les zones découvertes.
Question
Quel était le but initial du développement de la miltéfosine ?
Réponse
C'était à l'origine un agent antitumoral, dont l'action sur la membrane cellulaire s'est révélée efficace contre le parasite.
Question
Quelle est la complication la plus grave de l'infection par L. braziliensis ?
Réponse
L'espundia : une destruction mutilante du massif facial due à l'extension du parasite aux muqueuses nasales et buccales.
Question
Quand peut-on envisager une abstention thérapeutique ?
Réponse
Pour une leishmaniose cutanée localisée (LCL) à lésion unique et bénigne de l'Ancien Monde, qui peut guérir spontanément.
Question
Comment traite-t-on une leishmaniose cutanée récidivante ou avec diffusion lymphatique ?
Réponse
Par un traitement systémique (voie générale) à base d'antimoniés ou de Pentacarinat®, et non plus seulement local.

Les Leishmanioses : Une Approche Détaillée

Les leishmanioses sont des maladies parasitaires causées par le protozoaire Leishmania, transmises par la piqûre de phlébotomes femelles infectées. Elles peuvent entraîner des affections cutanées ou viscérales, potentiellement mortelles si non traitées.

I. Épidémiologie

  • Agent causal : Parasite protozoaire unicellulaire du genre Leishmania.
  • Vecteur : Phlébotomes femelles infectées.
  • Dimorphisme :
    • Amastigote : Forme intramacrophagique chez les hôtes vertébrés (homme, canidés).
    • Promastigote : Forme flagellée chez le vecteur (phlébotome) ou en culture.

II. Dimorphisme de la Leishmanie

1. Forme Amastigote

  • Se trouve chez l'hôte vertébré (homme ou canidé), infectant les macrophages.
  • Forme ovoïde, de 2 à 6μ m6 \mu \mathrm{~m}.
  • Visible en microsocopie optique (MGG) : caractérisée par deux inclusions pourpres juxtaposées : un noyau arrondi et un kinétoplaste en bâtonnet plus sombre.

2. Forme Promastigote

  • Observée chez le phlébotome (libres dans l'intestin) ou en culture.
  • Forme allongée, de 10 à 25μ m25 \mu \mathrm{~m}.
  • Possède un noyau central, un kinétoplaste (bâtonnet en position antérieure du flagelle libre) et un flagelle permettant la motilité.
  • Se multiplient par scissiparité (fission binaire) dans lesvacuoles parasitophores du cytoplasme des macrophages, puis sont libérés et phagocytés par d'autres macrophages où ils évoluent sous forme amastigote.

3. En Culture

  • Température : entre 24C24^{\circ} \mathrm{C} et 28C28^{\circ} \mathrm{C}.
  • Milieux : NNN (Novy, McNeal, Nicolle) ou autres.
  • Les amastigotes se transforment en promastigotes, se multipliant par scissiparité longitudinale durant la phase exponentielle.

III. Cycle du Parasite

Le cycle de la leishmanie est digénétique (deux hôtes) :

  • Hôte définitif : Vertébré (homme, chien, rongeur).
  • Hôte intermédiaire : Phlébotome (moucheron hématophage), seule la femelle assure la transmission.
  • Saisonnalité du phlébotome :
    • Saisonnier en région tempérée.
    • Présent toute l'année enzone intertropicale.
  • Habitat du phlébotome : Lieux isolés et protégés du vent (anfractuosités des murs, terriers).
  • Période de transmission : Surtout par temps chaud et ensoleillé.
  • Réservoir : Mammifères sauvages ou domestiques (rongeurs, primates, canidés).
Les amastigotes ingérés par le phlébotome se transforment en promastigotes procycliques,se multiplient, puis évoluent en promastigotes métacycliques qui s'accumulent dans la cavité buccale de l'insecte. Lors d'un repas sanguin ultérieur, les promastigotes métacycliques sont régurgités dans le derme d'un nouveau vertébré,où ils sont phagocytés par les macrophages, résistent à la digestion et évoluent en amastigotes.

Transmission du Phlébotome

  • Vectorielle : Conditionne la répartition de la maladie.
  • Autres modes (rares) :
    • Échange de seringues (personnes toxicomanes).
    • Voies transfusionnelles et congénitales.

Répartition Géographique

  • Surtout en zone tropicale (hors Océanie) etzones tempérées chaudes.
  • Présente dans 88 pays, avec 5 foyers principaux : Méditerranée, Chinois, Indien, Africain, Américain.
  • Maladie à distribution mondiale :
    • Prévalence estimée : 12 millions de cas.
    • Incidence annuelle : 2 millions de nouveaux cas (1,5 millions cutanées, 500 000 viscérales).

IV. Clinique

Deux entités principales : la leishmaniose viscéraleet la leishmaniose cutanée.

1. Leishmaniose Viscérale (Kala-Azar)

  • Portage asymptomatique 30 à 100 fois plus fréquent que la maladie patente.
  • Mortalité : Mortelle en l'absence de traitement.
  • Facteurs déclenchants :
    • Immunodéficience (virale, iatrogénique, nutritionnelle).
    • Fond génétique de l'hôte.
    • Virulencede la souche parasitaire.
1.1. Leishmania infantum
  • Espèce zoonotique, réservoir principal le chien.
  • Foyer : Méditerranée (dont sudde la France), Asie Centrale, Amérique du Sud.
  • Cas humains sporadiques, affectant surtout les personnes immunodéficientes (greffés, VIH).
  • Corrélation avec les co-infections/taux de CD4 < 200/mm³.
  • En France : Corse, Roussillon, Languedoc (Midi méditerranéen).
  • Fréquente chez les canidés.
1.2. Leishmania donovani
  • Espèce anthropologique(exclusivement chez l'homme).
  • Foyer : Indien, Afrique de l'Est.
  • Maladie endémique avec poussées épidémiques.
  • Zones d'endémies : Nord-est du continent Indien, Népal, Soudan, Éthiopie, provinces chinoises.
  • Fréquente chez l'adulte jeune, favorisée par co-infection VIH.
  • Distinction clinique : Adénopathies et signes cutanés plus fréquents (pigmentation marquée, nodules dermiques, maculopapules pigmentées).
  • Fatale sans traitement.
  • Progression de la résistance aux dérivés stibiés (plus de 60% en Inde).
1.3. Clinique Générale de la Leishmaniose Viscérale
  • Incubation variable : 15 joursà plusieurs années.
  • Triade symptomatique :
    1. Fièvre «folle» (irrégulière).
    2. Anémie (pâleur cireuse).
    3. Splénomégalie (augmentation du volume de la rate).
  • Atteinte étendue : foie, rate, surrénales, ganglions. Localisations inhabituelles chez le sidéen.
  • Absence de lésions cutanées ou minimes.
  • Diagnostic différentiel : hémopathies.
  • Évolutionfatale sans traitement (amaigrissement, cachexie, infections intercurrentes).

Diagnostic Biologique

  • Pancytopénie : Diminution simultanée des cellules sanguines des trois lignées myéloïdes :
    • Anémie.
    • Leucopénie (baisse des globules blancs, notamment neutrophiles).
    • Thrombocytopénie (plus tardive, modérée).
  • Vitesse de sédimentation accélérée, hypergammaglobulinémie polyclonale (augmentationdes IgG).

Diagnostic de Certitude = PARASITOLOGIQUE

  • Recherche directe des leishmanies au niveau du système réticulo-endothélial (foie, rate, moelle osseuse).
  • Ponction médullaire (sternale ou iliaque) : frottis + coloration MGG → visualisation des amastigotes.
  • Ponction ganglionnaire : si ganglions présents → formes amastigotes.
  • Biopsie intestinale : → formes promastigotes.
  • Sang total : Culture → formes promastigotes → test de sensibilité/résistance aux médicaments.
  • Confirmation en 8 jours à 3 semaines.

Diagnostic par Biologie Moléculaire

  • Mise en évidence de l'ADN du parasite.
  • PCR : Gain de sensibilité et rapidité.
  • Permet l'étude du parasite sur tous types de prélèvements, y compris le sang total (moins invasif).
  • Intérêt pour le suivi dessujets traités et comme marqueur précoce de rechute chez l'immunodéprimé.

Diagnostic Immunologique

  • Confirmation de la suspicion clinique et hématologique (titres élevés d'anticorps sériques, absents chez l'immunodéprimé).
  • Tests : ELISA, électro-syncérèse.
  • Western blot : Très sensible, permet de distinguer les espèces et de différencier les malades des porteurs asymptomatiques.
  • Bandelette d'immunochromatographie à l'antigène rK39 : Facile à utiliser dans les zones endémiques reculées.

Traitement de la Leishmaniose Viscérale

Note : Les dosages spécifiques ne sont pas détaillés, l'accent est mis sur les classes de médicaments.

1. Antimoniate de Méglumine (Dérivés pentavalents d'antimoine)

  • Principe actif de Glucantime® et Pentostam®.
  • Voies d'administration : sous-cutanée, intramusculaire, intraveineuse.
  • Avantages : Peu onéreux.
  • Inconvénients : Toxicité cardiaque (conduction ventriculaire), rénale, pancréatique.
  • Prescrit en hospitalisation.
  • Utilisé en première intentiondans les zones d'endémie à faibles revenus, mais fréquence de résistance.

2. Amphotéricine B

  • Fungizone®, administrée en perfusions lentes (souvent mal tolérées).
  • Toxicité : Rénale, maisprix abordable, alternative à la stibiorésistance.
  • Remplacée par sa forme liposomale (Ambisome®) :
    • Meilleure tolérance rénale et efficacité accrue (pour insuffisants cardiaques ou immunodéprimés).
    • Traitement de première intention en Europe.
    • Agit par stimulation macrophagique (augmentation des capacités phagocytaires).

3. Pentamidine

  • Pentacarinat®, administration parentérale.
  • Effets secondaires : Immédiats (type allergique), toxiques (rein, pancréas, lignées sanguines) dose-dépendants.
  • Traitement de première intention de certaines leishmanioses cutanées (cure courte).
  • Inhibela synthèse de l'ADN parasitaire (blocage de la thymidine synthétase et fixation de l'ARNt), bloquant la multiplication du parasite.

4. Miltéfosine

  • Premier antileishmanien actif par voie orale (Impavido® en Inde).
  • Inconvénients : Molécule abortive et tératogène.
  • Autre solution à la stibiorésistance.
  • Phospholipide alkylé (initialement développé comme anticancéreux), actif sur la membrane cellulaire (transport, transductiondu signal), spécifiquement sur la synthèse des phospholipides de Leishmania. Possède une activité immunomodulatrice.

Évolution après Traitement

  • Cession de la fièvre et des marqueurs inflammatoires en quelques jours.
  • Normalisation des lignéessanguines et du volume de la rate plus tardive.
  • Suivi des malades (immunologie, PCR sanguine, marqueurs de rechute).
  • Récidives rares chez les immunocompétents, mais guérison partielle chez les immunodéprimés.
Le professeur a souligné que la partie traitement n'exige pas une mémorisation des dosages mais une compréhension des principes.

2. Leishmanioses Cutanées (LCL) ou Cutanéomuqueuses

Atteinte cutanée sans extension aux organes.

Leishmanioses Cutanées Localisées (LCL)

  • Également appelées « bouton d'Orient ».
  • Lésions sur les parties découvertes et exposées aux piqûres (visage, avant-bras).
  • Dues à de nombreuses espèces de Leishmania dermatotropes, toutes anthropophiles.
  • Incubation lente (1 à 4 mois).
  • Progression : petite papule inflammatoire → lésion ulcérée (ulcération centrale, bourrelet périphérique inflammatoire hyper-pigmenté, croûte).
  • Exemples : Ulcère des chicléros (Amérique Centrale), avec une évolution torpide (plusieurs mois à années), surinfections bactériennes secondaires.
  • Guérison spontanée possible, mais laisse des cicatrices indélébiles.

Leishmanioses Cutanées Diffuses (LCD)

  • Rares, dues à L. amazonensis (Amérique du Sud) et L. aethiopica (Afrique de l'Est).
  • Aspect similaireà la lèpre lépromateuse, s'accompagnant d'un état anergique.
  • Lésions : nodules non ulcérés, nombreux, sur tout le corps, riches en parasites.
  • Rebelles aux antileishmaniens, souvent incurables.

Leishmanioses Cutanéomuqueuses

  • Atteinte cutanée avec extension aux muqueuses, due à L. braziliensis (Amérique du Sud).
  • Extension aux muqueuses :
    • Initialement une LCL,le parasite s'étend aux muqueuses.
    • Atteinte du nasopharynx : granulome et destruction de la cloison nasale.
    • Extension aux muqueuses buccales et du larynx : destructions massives et graves de la face (jusqu'à espundia).

Traitement des Leishmanioses Cutanées et Cutanéomuqueuses

Leishmanioses Cutanées Localisées (LCL)

  • Abstention thérapeutique : Pour les formes très localisées, bénignes, de l'Ancien Monde (L. major).
  • Traitement local : Si lésion unique ou peu nombreuses, sans diffusion lymphatique, par infiltrations périlésionnelles d'antimoniés pentavalents (jusqu'à 10 infiltrations).
  • Objectif : raccourcir l'évolution et minimiser les séquelles.
  • Traitement parentéral : Si LCL récidivante ou diffusion lymphatique (lymphangite) : antimonié ou Pentacarinat®.

Leishmanioses Cutanéomuqueuses

  • Traitement précoce de la lésion cutanée primaire (due à L. braziliensis) par antimoniés pentavalents ou Ampho B (forme liposomale).
  • Objectif : limiter l'extension desmutilations.

Prévention : Mesures Prophylactiques

  • Actions sur les réservoirs :
    • Contrôle difficile des réservoirs sauvages.
    • Campagnes d'élimination des chiens porteurs : efficacité transitoire.
  • Actions contre les vecteurs (plus efficaces) :
    • Pulvérisations domiciliaires et péri-domiciliaires de pyréthrinoïdes de synthèse.
    • Port de colliers insecticides chez le chien(foyers à L. infantum).
    • Vêtements protecteurs longs, moustiquaires imprégnées d'insecticides.

Mode de Surveillance des Leishmanioses en France

  • L'incidence des leishmanioses autochtones déclarée au Centre National de Référence des Leishmanioses en 1999 et 2000 était de 22 et 30 cas pour les LV, et de 1 et 0 cas pour les LCL, respectivement.

Lancer un quiz

Teste tes connaissances avec des questions interactives