La Révolution française et l’Empire

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Retrace les bouleversements politiques et sociaux de la Révolution française, de 1789 à l’Empire napoléonien, jusqu’en 1814.

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Question

Quel texte juridique est adopté en 1804 sous le Consulat ?

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Réponse

Le Code civil.

Question

Quelle mesure politique est prise le 21 septembre 1792 ?

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Réponse

Abolition de la monarchie et proclamation de la République.

Question

Pourquoi Napoléon met-il en place le blocus continental ?

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Réponse

Pour asphyxier le Royaume-Uni, rival économique de la France, en empêchant les échanges commerciaux avec le continent.

Question

Comment Bonaparte prend-il le pouvoir en 1799 ?

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Réponse

Par le coup d’État du 18 brumaire (9 novembre), qui met fin au régime en place.

Question

Quel régime politique la Constitution de 1795 instaure-t-elle ?

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Réponse

Le Directoire, un régime républicain fondé sur le suffrage censitaire.

Question

Quel est le rôle des préfets sous le Consulat ?

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Réponse

Ils représentent l’État dans chaque département et veillent à l’ordre, aux statistiques et aux activités économiques.

Question

Pourquoi Louis XVI convoque-t-il les États généraux en 1789 ?

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Réponse

La grave crise financière du royaume, aggravée par les dettes de guerre et un déficit structurel lié aux privilèges.

Question

Pourquoi le Directoire est-il contesté ?

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Réponse

Il est contesté par les royalistes et les Montagnards, tandis que le suffrage censitaire réserve le pouvoir aux plus riches.

Question

Quel événement met en cause la confiance envers Louis XVI en 1791 ?

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Réponse

La fuite à Varennes, lors de laquelle il tente de quitter le royaume.

Question

Quelle mesure met fin aux privilèges durant la nuit du 4 août 1789 ?

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Réponse

Le vote de l’abolition des privilèges, établissant l’égalité de tous devant la loi.

Question

Quel principe fondamental la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme-t-elle sur le pouvoir ?

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Réponse

La souveraineté nationale : le pouvoir appartient à la nation, et la loi exprime la volonté générale.

Question

Que réclame le serment du Jeu de paume ?

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Réponse

Rédiger une nouvelle Constitution afin de fixer la forme du gouvernement.

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Fiche de révision

Vue d’ensemble

De 1789 à 1814, la crise de la monarchie ouvre une rupture révolutionnaire et fait émerger la souveraineté nationale.
La monarchie constitutionnelle échoue, puis la République se heurte à la guerre, aux divisions et aux crises politiques.
Bonaparte prend le pouvoir en 1799, stabilise et centralise l’État, avant de rétablir une dynastie impériale.
Les idées françaises se diffusent en Europe, tandis que les guerres napoléoniennes et le retour à une société hiérarchisée fragilisent le nouvel ordre.

Chapitre 1 : La Révolution française et l'Empire : une nouvelle conception de la nation (7h)

De la Révolution à l’Empire, la nation devient la source du pouvoir, mais les régimes qui s’en réclament restent traversés par les conflits et les changements politiques.

Introduction

Entre 1789 et 1814, la France connaît de profonds changements qui influencent l’Europe : changements de régime, guerres et frontières, transformations sociales et bouleversements culturels.

I. 1789 – 1792 : la rupture révolutionnaire

La crise financière de la monarchie conduit à la contestation des privilèges et à l’affirmation de la nation comme source du pouvoir.

A. 1789 : « l'année sans pareille »

Sous Louis XVI (1774-1792), la dette liée à la guerre en Amérique, la crise frumentaire et le déficit structurel — privilèges de la noblesse et du clergé, train de vie de la cour — poussent le roi à convoquer les États généraux. Les députés sont élus dans trois ordres : noblesse, clergé et tiers état. Les cahiers de doléances expriment la volonté du tiers état de supprimer les privilèges, sans rompre avec la monarchie.

  • 5 mai 1789 : ouverture des États généraux. Le désaccord porte sur le vote par ordre, favorable aux ordres privilégiés, ou par tête, favorable au tiers état.
  • 17 juin : face au blocage, le tiers état, rejoint par quelques députés nobles et du clergé, se proclame Assemblée nationale. Mirabeau lance : « nous sommes ici par la volonté du peuple ».
  • 20 juin : serment du Jeu de paume de rédiger une Constitution, texte fondamental qui détermine la forme du gouvernement.

Souveraineté nationale : principe selon lequel le pouvoir appartient à la nation formée de citoyens.

Nation

Communauté ayant une unité (langue, culture, histoire), qui souhaite vivre ensemble et se doter d’un État.

La fermeture de la salle, le renvoi de Necker et la menace de troupes autour de Paris alimentent les craintes d’une répression. La garde nationale, guidée par La Fayette, se forme pour éviter les débordements. Le 14 juillet, les Parisiens prennent la Bastille et pillent les arsenaux ; ils portent la cocarde bleu-rouge. Le 17 juillet, Louis XVI se rend à l’hôtel de ville, où siège le maire Bailly, et reçoit de La Fayette la cocarde tricolore (le blanc est ajouté par révérence au roi). 100 000 gardes nationaux crient « Vive la nation ! ».

En province, la Grande Peur de l’été 1789 provoque des violences contre les nobles. Dans la nuit du 4 août, les députés abolissent les privilèges, affirmant l’égalité devant la loi. Le roi est contraint de quitter Versailles pour les Tuileries.

B. 1789-1791 : vers une France nouvelle

L’abolition de l’Ancien Régime impose de nouvelles bases politiques et sociales.

Le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) énonce les droits naturels, proclame la souveraineté nationale et affirme l’autorité de la loi comme volonté générale. Dans le prolongement des Lumières, des clubs — associations où les citoyens débattent de politique — se développent ; les femmes y sont particulièrement engagées, notamment Madame Roland.

L’Assemblée réorganise le royaume : création des départements ; Constitution civile du clergé, qui réorganise l’Église et entraîne la vente de ses biens, rejetée par le pape Pie VI ; libéralisme économique, qui défend la liberté d’entreprendre. La loi Le Chapelier (1791) interdit les associations ouvrières.

La Constitution de 1791 instaure une monarchie constitutionnelle, où le roi conserve des pouvoirs limités par une constitution et d’autres instances politiques. L’Assemblée compte 745 députés élus au suffrage censitaire (15 % des hommes, les plus riches) ; le « roi des Français » détient l’exécutif, dirige le gouvernement et possède un droit de veto sur les lois.

C. 1791-1792 : vers la rupture avec le roi

La fuite du roi et la guerre détruisent l’espoir d’un accord entre monarchie et nation.

À la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars, députés, famille royale et garde nationale prêtent serment « à la nation, à la loi, au roi ». Mais Louis XVI s’enfuit le 21 juin 1791 vers Montmédy, bastion royaliste, et est arrêté à Varennes. La nation se divise entre partisans du roi et partisans d’une République, dont les sans-culottes.

Après la déclaration de Pillnitz (25-27 août 1791), la guerre commence en avril 1792 contre la Prusse et l’Autriche. Face à la perspective d’une défaite, l’opinion accuse le roi de double jeu. Le 10 août 1792, les Tuileries sont prises et le roi emprisonné pour trahison.

II. 1792-1799 : une République en difficulté

La République naît en guerre et se radicalise, puis sa fragilité politique permet à Bonaparte de prendre le pouvoir.

A. 1792-1793 : une République qui débute par la guerre

La victoire inespérée de Valmy, le 20 septembre 1792, précède la proclamation de la République par la Convention, le 21 septembre. Élue au suffrage universel masculin, elle adopte de nouveaux symboles : calendrier républicain (an I), drapeau tricolore et Marseillaise.
République : organisation politique où le pouvoir n’est pas héréditaire, à ne pas confondre avec la démocratie.

Les députés se divisent :

Courant Position
Girondins Hostiles aux revendications des sans-culottes, méfiants envers les insurrections populaires, favorables à un pouvoir décentralisé.
Montagnards Favorables à l’égalité sociale et soutenus par les sans-culottes.
  • Girondins : Brissot, Condorcet, Vergniaud.
  • Montagnards : Robespierre, Marat, Danton.

Le procès de Louis XVI met en évidence cette division. Guillotiné le 21 janvier 1793, il provoque la formation d’une coalition européenne contre la France et des manifestations royalistes et fédéralistes, notamment en Vendée et en Bretagne. La misère et les menaces extérieures et intérieures entraînent l’élimination des Girondins, jugés trop modérés, à partir de juin 1793 et installent un climat de guerre civile.

B. 1793-1794 : la « Terreur »

Contrôlée par les Montagnards, la Convention adopte des mesures radicales d’exception pour protéger la République et vaincre ses ennemis intérieurs et extérieurs : comité de salut public, service militaire obligatoire, loi des suspects et tribunal révolutionnaire (septembre 1793). De septembre 1793 à juillet 1794, le régime dit de la Terreur, porté par Robespierre, arrête les suspects et les guillotine. Il instaure aussi le contrôle des prix et les réquisitions de grains, et abolit l’esclavage dans les colonies, où des insurrections ont lieu aux Antilles.

Les victoires militaires ont un lourd coût humain : 17 000 exécutions et 100 000 morts en Vendée. Accusé d’incarner la Terreur, Robespierre est arrêté, jugé et exécuté les 27-28 juillet 1794.

C. 1794-1799 : Une République apaisée mais fragile

La fin de la Terreur entraîne une répression féroce contre les Montagnards et les sans-culottes. La Constitution de 1795 instaure le Directoire, régime censitaire gouverné par les plus riches. Des Républiques sœurs apparaissent en Europe, mais le régime est contesté par les royalistes comme par les Montagnards et les plus pauvres.

L’impasse politique renforce l’armée et la popularité du général Bonaparte. En octobre 1795, il arrête une tentative de coup d’État royaliste. Vainqueur en Italie contre l’Autriche (1796-1797), il remporte les batailles du pont d’Arcole (novembre 1796) et de Rivoli (janvier 1797), puis obtient la paix de Campo-Formio (octobre 1797). L’expédition d’Égypte (1798-1801) vise à bloquer la route des Indes au Royaume-Uni ; elle ramène la pierre de Rosette, texte d’un pharaon de Memphis, qui contient les hiéroglyphes déchiffrés par Champollion. Persuadés qu’un changement de régime stabilisera le pays, des dirigeants soutiennent le coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) : Napoléon prend le pouvoir et met fin au Directoire.

III. 1799 – 1814 : du Consulat à l'Empire

Bonaparte stabilise et centralise le pouvoir, avant que l’Empire ne rétablisse une dynastie et entraîne la France dans les guerres européennes.

A. 1799-1804 : le Consulat

La nouvelle Constitution instaure un régime autoritaire : le Premier consul dirige l’exécutif et le législatif ; deux assemblées sont affaiblies, le Tribunat discutant (« manchots ») et le Corps législatif votant (« muets »). Le suffrage universel masculin est rétabli, mais les citoyens valident le pouvoir de Bonaparte par des plébiscites, votes par oui ou non.

L’administration centralisée s’appuie sur des préfets dans chaque département, chargés de représenter l’État et d’assurer l’ordre, les statistiques et les activités économiques. Bonaparte modernise l’économie avec la Banque de France et le franc, et la société avec les lycées, le baccalauréat et le Code civil (1804), fondé sur l’égalité devant la loi.

À l’extérieur, il cherche d’abord à pacifier les relations : le Concordat de 1801 avec Pie VII garantit la liberté de culte, reconnaît le catholicisme comme religion majoritaire et prévoit le serment des évêques à l’État, qui les paie. Le traité d’Amiens (1802) établit la paix avec des États européens. En 1804, l’esclavage est rétabli : les révoltes aux Antilles aboutissent à l’expulsion de la France d’Haïti.

Conclusion

B. 1804-1814 : l'empire napoléonien

Le 2 décembre 1804, Napoléon est sacré empereur avec Joséphine. Le régime rétablit une dynastie, une noblesse d’Empire et une société hiérarchisée. La France devient impopulaire : les vieilles monarchies détestent Napoléon et les Républiques sœurs sont déçues de voir la France abandonner le régime révolutionnaire. Pourtant, les idées sociales françaises, notamment le Code civil, progressent en Europe.

La guerre commence en 1805 contre une coalition du Royaume-Uni, de la Russie, de la Prusse et de l’Autriche. Les premières victoires redessinent la carte européenne : Austerlitz, dite « des 3 empereurs », contre l’Autriche en 1805. La France subit aussi la défaite navale de Trafalgar (1805), où Villeneuve affronte Nelson. Napoléon tente d’asphyxier le Royaume-Uni par le blocus continental, mais les défaites s’enchaînent à partir de la campagne de Russie (1812), malgré la victoire incertaine de la Bérézina.

Encerclé par les puissances européennes, Napoléon abdique en avril 1814 et est exilé à l’île d’Elbe. Il revient pendant les « Cent-Jours », puis est vaincu à Waterloo le 18 juin 1815 et exilé à Sainte-Hélène, où il meurt.

Teste ta compréhension

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La fuite de Louis XVI, arrêté à Varennes, fragilise la confiance entre le roi et la nation.

Texte à trous

  • Le 4 août 1789, les députés votent l'abolition des privilèges.
  • La loi qui réorganise l'Église catholique pendant la Révolution est la Constitution civile du clergé.
  • La victoire française de Valmy a lieu en 1792.
  • Le Concordat de 1801 est conclu entre Bonaparte et le pape Pie VII.

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