La question de l’être : problèmes et critiques
15 cartesAnalyse des défis posés par le concept d'« être », notamment linguistiques, métaphysiques, et anthropologiques, à travers diverses perspectives philosophiques.
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LaRésurgence de la Question de l'Être au XXe Siècle : UneCheatsheet
La question de l'être, profondément ancréedans l'histoire de la philosophie occidentale, connaît une résurgence notable au XXe siècle, notamment sous l'impulsion de Martin Heidegger. Ce renouveau est marqué par un dialogue critique avec la tradition métaphysique et une exploration approfondie de ses fondements linguistiques et culturels.
Contexte et Acteurs Clés
Martin Heidegger : Avec son œuvre majeure Sein und Zeit, il relance la question de l'être, la qualifiant d'« oubliée » par la métaphysique occidentale.
Louis Lavelle : Auteur de De l'être (dialectique de l'éternel présent).
GabrielMarcel : Rédacteur de Être et Avoir.
Jean-Paul Sartre : Son ouvrage L'Être et le Néant interroge la relation entre être et conscience sous un angle existentialiste.
Étienne Gilson : AvecL'Être et l'Essence, il explore les origines médiévales et scripturaires (bibliques) de la notion d'être.
La constante préoccupation autour du verbe « être » est intrinsèquement liée à la volonté de Heidegger de réactiver cette question fondamentale pour la métaphysique occidentale.
Objections et Critiques à la Pertinence de la Question de l'Être
1) La Vacuité de la Question de l'Être
L'une des principales objections est que parler de l'être en tant qu'être ne reviendrait à parler de « rien ». Ce paradoxe est central.
a) Léon Brunschvicg
« Être en tant qu'être est le type du mot qui ne peut pas être plus qu'un mot. »
- Les âges de l'intelligence, 1934.
Critique du syllogisme ontologique : Brunschvicg, s'appuyant sur les travaux de MacColl, dénonce le « voile du réalisme » qui confère un poids existentiel indu au verbe « être » dans les énoncés logiques (ex: « Tout dragon est un serpent » n'implique pas l'existence du dragon).
Valeur ontologique des énoncés logiques: Souligne que la logique peut produire des conséquences valides sans être nécessairement fondées sur l'existence réelle des objets.
L'être en tant qu'être : Brunschvicg soutient que considérer l'être abstraitement, en dehors des « choses qui sont », est une vacuité, un simple mot sans contenu spécifique.
Heidegger tente de contourner cette vacuité par la « différence ontologique » (entre Être et étant) dans Être et Temps, ouvrage pourtant inachevé (laseconde moitié n'a jamais été écrite).
b) Hans Blumenberg : L'être comme « McGuffin »
Le McGuffin : Concept hitchcockien désignant un artifice scénaristique dont la nature importe peu, servant de prétexte à l'action des personnages.
Application à l'être : Blumenberg compare l'être à un McGuffin. La question de l'être n'est pas intéressante en soi, mais elle met « l'être humain en mouvement », le pousse à s'agiter et à s'interroger surson existence.
Inachèvement d'Être et Temps : Selon Blumenberg, la seconde partie de l'ouvrage de Heidegger n'a pas été écrite car l'essence de l'être, en elle-même, est banale et ne nous intéresse qu'en tant qu'horizon pour questionner l'existence humaine.
2) Le Caractère Ethnocentrique de la Question de l'Être
a) Émile Benveniste : Approche Linguistique
« Quelqu'un s'étonnait que les deux verbes auxiliaires, familiers à tous les enfants qui commencent leurs études, pussent donner son titre à un livre de philosophie plutôt qu'à un essai de grammairien. Serait-ce afin d'illustrer, une fois de plus, cette thèse que les catégories de la métaphysiquene sont qu'une métamorphose de celles du langage ? »
- Gabriel Marcel, Être et Avoir (citant J. Segond).
Le langage comme moule de la pensée : Benveniste, dans Catégories de pensée et catégories de langue, argumente que le langage ne se contente pas d'exprimer les pensées, mais les structure. Les catégories métaphysiques seraient des « effets de langue ».
Aristote et la langue grecque : Les dix catégories d'Aristote (substance, quantité, qualité, relation, lieu, temps, état, habitus, action, passion) sont vues par Benveniste comme le reflet des catégories grammaticales de la langue grecque, piégeant Aristote dans une pensée qui se croit absolue.
Les 10 catégories d'Aristote (exemples grecs) :Substance (οὐσία - ousia) : essence, ce qui est sous-jacent.
Quantité (ποσὸν - poson).
Qualité (ποῖον - poion).
Relation (πρός τι - pros ti).
Lieu (πού- pou) et Temps (πότε - pote).
État (κεῖσθαι - keisthai) : être disposé.
Habitus (ἔχειν - echein) : possession.
Action (ποιεῖν - poiein) : faire.
Passion (πάσχειν - paschein) : subir.
Singularités du verbe « être » en grec :
Fonction logique (copule) : Relie sujet et prédicat (ex: « Paris est une ville »).
Notion nominale : La capacité de substantiver « être » (en grec, le participe présent de l'être, τὸ ὄν - to on, « l'étant »).
Le langage comme autorisation, non comme prescription : La langue grecque apermis, par sa richesse combinatoire, le déploiement d'une pensée spécifique de l'être, sans pour autant la déterminer.
b) En Dehors de la Langue Grecque
Langue Ewe (Togo) : Possède plusieurs verbes pour désigner les fonctions de « être » (ex: nyé pour identité, le pour existence, no pour demeurer, wo pour faire/devenir, du pour fonction/dignité, di pour qualité d'état). L'« être » y est lié à l'« agir » ou au « devenir ».
Langues sémitiques (hébreu, arabe) : Sont caractérisées par une absence de verbe « être » au présent (phrase nominale oùsujet et prédicat sont reliés par une pause).
Le verbe « être » en Chinois :
Shi (是) : Prédication, identité (« Ceci est cela »).
Hen (很) : Verbe d'état, attribut (« Ta maison est belle »).
Zai (在) : Localisation, existence (« C'est ici »).
Conclusion de Benveniste et Gernet : Les catégories de l'être en Occident sont liées à la structure grammaticale des langues indo-européennes (grec, latin, sanskrit). Cependant, le langage n'est pas une prison ; il offre des possibilités et permet la compréhension interculturelle, comme le montre la capacité de la pensée chinoise à assimiler des concepts occidentaux.
La Question de l'Onto-Théologique : Dieu et l'Être
La question de l'être est étroitement liée à la question théologique, comme en témoignent les débats autour de l'existencede Dieu et de sa relation à l'être.
Étienne Gilson : Moïse, Fondateur de la Métaphysique Chrétienne
Exode 3, 14 : Gilson interprète la révélation divine à Moïse (« Egosum qui sum » - « Je suis celui qui suis ») comme la pierre angulaire de la philosophie chrétienne.
Rupture avec l'héritage grec : Pour Gilson, ce n'est pas Platon ou Aristote, mais Moïse qui a posé le vrai concept de Dieu et de l'être, faisant de l'Occident médiéval un héritier fondamentalement judéo-chrétien, non grec.
Dieu comme l'Être : L'affirmation que « Il n'y a qu'un Dieu et ce Dieu estl'être » est, selon Gilson, le fondement de toute la philosophie chrétienne.
Cornelia de Vogel : La Primauté Grecque de l'Être
Erreur de Gilson : De Vogel conteste Gilson en affirmant que l'identification deDieu à l'être absolu est une idée grecque, absente de la pensée juive ancienne.
Le sens hébraïque : Pour De Vogel, « Je suis qui je suis » signifie simplement une affirmation de présence divine et un refus de se laisser définir, non une déclaration ontologique.
Influence grecque sur les traductions bibliques : Les traducteurs en grec de l'Ancien Testament auraient teinté les textes d'une coloration néoplatonicienne.
George Steiner : Le Monothéisme comme Scandale
Dieu insaisissable : Le Dieu monothéiste (inconnaissable, invisible, incommensurable) est « insupportable » car il défie l'imagination et la représentation.
Lien avec l'Holocauste : Steiner suggère que cettedifficulté à représenter et à comprendre le Dieu monothéiste aurait pu contribuer aux manifestations de haine.
Liberté du polythéisme : Nietzsche (Le Gai Savoir) valorise le polythéisme pour sa capacité à offrir une liberté individuelle et une pluralité d'idéaux,par opposition à l'unicité du Dieu monothéiste.
Heidegger et le Platonisme : Relecture du Sophiste
Heidegger ouvre Sein und Zeit par une citation du Sophiste de Platon (244a), marquant son ambition de réactiver la question de l'être à sa racine grecque.
Le « scandal » : L'étonnement face au mot « étant » (ὄν - on) que Platon exprime dans le dialogue.
Le « parricide » de Parménide : Platon ose affirmer que le « non-être est » (en un certain sens), brisant l'interdit de Parménide (« l'être est, le non-être n'est pas »).
Histoire de la philosophie : Le Sophiste (242c) contient une première histoire de la philosophie, interrogeant les systèmes présocratiques sur la composition et le nombre des êtres.
La gigantomachia perites ousias (246a) : Le « combat de géants au sujet de la réalité existante/manière d'être » (de l'ousia), qui marque le passage de la question des étants à celle de l'Être lui-même.
Heidegger :Répétition et Réinitialisation : Le retour au Sophiste n'est pas une nostalgie, mais une tentative de « réinitialiser le cours de l'histoire » de la métaphysique en puisant à sa source la plus radicale.
Les Préjugés Contre le Mot « Être » (Heidegger)
Heidegger identifie trois préjugés qui ont trivialisé la question de l'être au fil de l'histoire de la métaphysique :
1) L'Être estle Concept le Plus Général (Allgemeinste)
Argument d'Aristote : L'être (τὸ ὄν - to on) est ce qu'il y a de plus général, une « région suprême » transcendant toutesles catégories.
Conséquences : Cette généralité conduit à considérer l'être comme évident, ne nécessitant pas d'élucidation.
Critique de Pascal : « On ne peut entreprendre de définir l'être sans tomber dans cette absurdité. »L'être ne peut être défini à partir d'un concept supérieur.
2) L'Être est Indéfinissable (Undefinierbar)
(Déjà abordé ci-dessus avec Pascal).
3) L'Être seComprend de Soi-Même (Selbstverständlich)
a) Arnauld et Nicole (Logique de Port-Royal)
Idée innée de l'être : L'être est une conception « simple » et « évidente », faisantpartie des idées « données par la naissance », à l'image de la certitude procurée par le cogito cartésien.
b) Emmanuel Kant : L'Être n'est pas un Prédicat
Critique de la preuve ontologique : Dans la Critique de la Raison Pure, Kant affirme que « être n'est évidemment pas un prédicat réel » ; il n'ajoute rien au concept d'une chose.
L'existence comme position : Dire qu'une chose «est » revient simplement à « poser le sujet lui-même avec tous ses prédicats », mais pas à enrichir le concept intrinsèque de la chose.
Exemple : Avoir cent thalers réels n'ajoute rien au concept de « cent thalers » parrapport à cent thalers fictifs.Conséquence : L'être est vidé de tout contenu, relégué à une fonction grammaticale ou à une modalité externe. Pour qu'il ait un sens, il doit être relié à des étants.
Les Interprétations d'Aristote et l'Héritage
Paul Natorp (néo-kantien) : Interprète la métaphysique aristotélicienne comme une théorie de la connaissance, oùla question de l'être est subordonnée à l'objectivité du savoir.
Werner Jaeger (approche génétique) : Voit la Métaphysique d'Aristote comme une œuvre composite, fruit d'une évolution de sa pensée, distinguant une Urmetaphysik (platonicienne) et une Spatmetaphysik (plus autonome).
Pierre Aubenque (l'origine du titre) : Le titre « Métaphysique » (meta ta physica) serait dû au classement éditorial des œuvresd'Aristote, mais aussi à une interprétation de son contenu comme « après la physique » (dans l'ordre de la connaissance) ou « au-delà de la physique » (hyperphysique, platonicien).
La « philosophie première » d'Aristote est de nature théologique (science de l'être divin), distincte de la science de l'être en tant qu'être.Franz Brentano (De la signification multiple de l'étant chez Aristote) : Ouvrage clé pour Heidegger, ilsystématise les « quatre sens de l'être » chez Aristote : l'être par accident (kata sumbebekos), l'être comme vrai/faux, l'être en puissance/acte (dynamis/energeia), et l'êtreselon les catégories.
Il met en lumière la polysémie de l'être et son articulation autour de l'essence/substance (ousia).
Heidegger : Des Grecs à laDé-constitution de la Métaphysique
Heidegger ne prône pas un simple retour aux Grecs, mais une réinterprétation radicale de leur pensée pour dépasser les « erreurs » de la métaphysique.
La Métamorphose de la Vérité chez Platon : Heidegger analyse la tension entre l'aletheia (dévoilement, désoccultation, avec le alpha privatif) et l'orthotès (droiture, exactitude du jugement). Ceglissement, inconscient chez Platon, aurait marqué la naissance de la tradition métaphysique où l'aletheia est reléguée au profit de l'orthotès.
L'Être et ses Interprétations :
Sein (Être) et Seiendes (étant).
Le Grund (fondement) : l'être comme condition de possibilité des étants, mais aussi un étant particulier (Dieu) comme fondementde tous les étants.
La Lichtung (clairière, lumière) : l'espace d'ouverture où l'être se manifeste.
La Création de l'Onto-Théologique : Heidegger dénonce la fusion forcée de l'ontologie et de la théologie dans la métaphysique.
Kant a déjà pointé le problème en critiquant la preuve ontologique de l'existence de Dieu, qui déjoint l'ontologique (l'être) du théologique (Dieu).La Kehre (le Tournant) : La rupture dans la pensée de Heidegger, distinguant un premier Heidegger (Sein und Zeit) et un second Heidegger post-1929, oùl'accent est mis sur l'Ereignis (événement, appropriation) et le « dépassement » de la métaphysique.
La Métaphysique est Indépassable : Bien que Heidegger critique les dérives de la métaphysique, il laconsidère comme l'horizon fondamental de la pensée occidentale. L'homme est un « animal métaphysique ».
Critique de l'« oubli de l'être » : La métaphysique n'a pas « oublié » l'être, mais l'a « objectivé », l'apensé comme un étant plutôt qu'en tant qu'être.
Le Dasein, son Essence et son Existence : La Question Anthropologique
Heidegger refuse de réduire le Dasein (l'« être-là ») à l'anthropologie au sens traditionnel.
Gegenstand et Objekt : Distingue l'objet tel que nous le confrontons (Gegenstand) de l'objet de la connaissance (Objekt), soulignant la prégnance du langage dans la constitution de la réalité.
Dasein vs. Subjekt : Heidegger utilise Dasein pour éviter les réifications du concept de « sujet » (de l'humanisme).
Dans la Lettre sur l'humanisme (1946), il critique l'humanisme occidental pour sa définition de l'homme comme « animal rationale », cherchant à sauver l'humain en le pensant « plus haut » par l'Ek-sistenz (l'« ek-sistence »).Ek-sistenz : Un mode d'être qui n'est pas l'existentia (réalité factuelle), mais un « setenir dans l'éclaircie de l'être », une ouverture à l'être, propre à l'humain.
Ambiguïté de Sein und Zeit : L'ouvrage a été lu à tort comme un traité d'anthropologie ou d'existentialisme,masquant le projet fondamentalement ontologique de Heidegger. Les thèmes comme l'angoisse, la mort, le « On » ont conforté cette lecture.
L'« échec » de Sein und Zeit : L'inachèvement de l'ouvrage (absence de latroisième section, Zeit und Sein) est interprété comme le signe que les concepts de la métaphysique (temps, être) ne pouvaient être encore dépassés par le langage de l'époque.
Critique de l'anthropologisme : Heidegger rejette l'anthropologie commeune « minimisation philosophique » (Husserl, Scheler), car elle réduit l'être à une approche substantialiste de l'homme.
Postérité Critique : Le Débat avec Levinas, Derrida, Marion
Laradicalité de Heidegger a engendré de vives critiques, notamment celles qui s'interrogent sur les implications éthiques et théologiques de sa pensée.
Emmanuel Levinas : L'« Autrement qu'être » :
Soupçons de totalitarisme : Levinas voit dans le primat de l'ontologie chez Heidegger une tendance « totalitaire » et un « impérialisme du même », occultant l'altérité.
Primauté de l'éthique : Il oppose à l'ontologie heideggérienne une métaphysique centrée sur l'Autrui, sur le « visage », sur l'« infini » qui échappe à la totalisation du même.
Critique du Es Gibt : Si Heidegger utilise le « il y a » (Es Gibt) pour éviter de réifier l'être en disant « l'être est », Levinas perçoit dans le « il y a » une dimension « horrifique », un bruissement impersonnel.
La notion de « jouissance » et la « faim » : Contre la vision instrumentale du monde chez Heidegger, Levinas redonne une dignité métaphysique aux expériences les plus élémentaires (manger, boire), y voyant une aspiration à la transcendance.
Jacques Derrida : La Déconstruction : Prolonge la « destruction » heideggérienne de la métaphysique, mais en poussant la critique de l'« être » jusqu'à la « déconstruction » de Heidegger lui-même, notamment sur l'idée de plénitude de sens et la présence.
Jean-Luc Marion :« Dieu sans l'Être » : Propose une phénoménologie qui privilégie la Gegebenheit (donation) comme phénomène plus originel que l'être, cherchant à penser Dieu en dehors de toute détermination ontologique.
Synthèse : Le Problème du Verbe « ÊTRE »
Verbe vs. Nom : Le passage du « verbe » (dynamique, action) au « nom » (statique, chose) de l'être est un problème central.
En français, le mot « étant » (participe présent de l'être) est moins valorisé que le mot « être » comme substantif.La Copule : Fonction grammaticale essentielle, mais souvent perçue comme videde sens propre, voire « inutile » par certaines approches. Cependant, elle est fondamentale pour la logique de la substance.
Variété des usages : Les différentes langues (Ewe, chinois, sémitique) montrent que le verbe « être » n'est pas universellementutilisé de la même manière, voire n'existe pas en tant que tel. Cela remet en question l'idée que le grec serait la seule langue capable de penser l'être.
Le Statut de l'Être : Est-ce une catégorie (la plus générale et indicible) ou un transcendant (échappant à toute catégorie) ? Les catégories aristotéliciennes ne sont pas des « genres » de l'être, car un étant peut appartenir à plusieurs catégories.
L'Onto-Théologie : La métaphysique a eu tendance à penser l'être comme un étant, souvent le plus éminent, c'est-à-dire Dieu. Heidegger et Gilson s'accordent sur le constat de ce geste, mais divergent sur sa légitimité et sur la manière d'en sortir.
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