La crise de 1929 : causes et conséquences

40 cartes

Cette note détaille les causes profondes de la crise de 1929, le krach boursier, son extension mondiale, et les réponses politiques apportées comme le New Deal et le Front Populaire.

10 cartes

Réviser
Question

Quelles sont les conséquences d'une hyperinflation ?

Retourner la carte
Réponse

Augmentation extrêmement rapide et incontrôlée des prix faisant perdre toute valeur à la monnaie.

Question

Comment la crise de 1929 s'est-elle mondialisée ?

Retourner la carte
Réponse

Par la dépendance financière de nombreux pays envers les États-Unis et le rapatriement des capitaux américains, notamment d'Allemagne et d'Autriche.

Question

Qu'est-ce que la spéculation financière ?

Retourner la carte
Réponse

Achat d'actions dans le but de les revendre plus cher, souvent grâce à l'emprunt.

Question

Qu'est-ce que le protectionnisme ?

Retourner la carte
Réponse

Augmentation des droits de douane pour protéger l'économie nationale de la concurrence étrangère.

Question

Quel était le rôle de l'État dans le libéralisme économique ?

Retourner la carte
Réponse

L'État ne devait pas intervenir, l'économie étant laissée aux seules lois du marché.

Question

Qu'est-ce que le keynésianisme ?

Retourner la carte
Réponse

Doctrine préconisant l'intervention de l'État pour relancer l'activité, en opposition au libéralisme.

Question

Qu'est-ce qu'un krach boursier ?

Retourner la carte
Réponse

Effondrement brutal des cours de la bourse, comme le jeudi 24 octobre 1929 à Wall Street.

Question

Qu'est-ce que la surproduction ?

Retourner la carte
Réponse

Situation où l'offre dépasse la demande, entraînant une baisse des prix et des faillites.

Question

Qu'est-ce que la taylorisation ?

Retourner la carte
Réponse

Organisation scientifique du travail théorisée par Taylor, augmentant fortement la production industrielle.

Question

Comment l'Europe est-elle devenue endettée auprès des États-Unis après la Première Guerre mondiale ?

Retourner la carte
Réponse

Par des prêts massifs accordés par les États-Unis aux pays européens, qui ne purent les rembourser après la guerre.

1 / 10

Fiche de révision

Les origines et la mondialisation de la crise de 1929

La crise de 1929, initialement boursière, a rapidement dégénéré en une crise économique mondiale profonde. Ses origines remontent à des déséquilibres économiques post-Première Guerre mondiale et à des pratiques financières risquées aux États-Unis, principal moteur économique de l'époque.

Les causes profondes de la crise

La Première Guerre mondiale a laissé l'Europe affaiblie et lourdement endettée auprès des États-Unis. Cette dépendance financière a créé un déséquilibre global, avec une exception notable pour le Royaume-Uni qui a retrouvé une stabilité économique par une politique d'austérité.

Un autre facteur majeur fut la surproduction agricole et industrielle. Dans les années 1920, l'augmentation des surfaces cultivées et les avancées technologiques en agriculture (engrais, machines) ont mené à une offre supérieure à la demande en Amérique. De même, l'organisation scientifique du travail (taylorisation) a entraîné une surproduction industrielle, incitant au développement du crédit à la consommation aux États-Unis, sans contrôle suffisant, ce qui a provoqué un endettement privé massif.

Surproduction/syʁpʁɔdyksjɔ̃/nom féminin

Situation économique où la quantité de biens ou services offerts dépasse significativement la demande du marché, entraînant une baisse des prix et des invendus.

« La surproduction agricole a entraîné la faillite de nombreuses exploitations. »

Le krach boursier et l'effondrement initial aux États-Unis

Les années 1920 ont vu une forte spéculation financière aux États-Unis, alimentée par des prêts massifs permettant l'achat d'actions. Environ 50 % des Américains investissaient en bourse, y compris la classe moyenne, créant ainsi une bulle spéculative avec une hausse démesurée des cours.

Spéculation financière/spekylasjɔ̃ finansjɛʁ/locution nominale féminine

Action d'acheter des actifs (comme des actions) dans l'espoir de les revendre à un prix plus élevé à court ou moyen terme, souvent en recourant à l'emprunt pour maximiser les gains potentiels.

« La spéculation financière excessive a contribué à la formation de la bulle boursière avant la crise de 1929. »

Le « Jeudi noir », le 24 octobre 1929, marque le début du krach boursier à Wall Street. Après des décennies de hausse, le cours des actions a commencé à chuter, provoquant une panique et la vente de 13 millions d'actions en une seule journée. Cette chute a ruiné les acheteurs, qui ne pouvaient plus rembourser leurs prêts, entraînant des faillites bancaires en cascade et l'effondrement du système de crédit.

Krach boursier/kʁak buʁsje/locution nominale masculine

Effondrement brutal et massif des cours de la bourse, souvent déclenché par une panique des investisseurs et entraînant des pertes financières considérables.

« Le krach boursier de 1929 a été le point de départ de la Grande Dépression. »

La mondialisation de la crise

Le krach boursier américain a engendré la Grande Dépression américaine. La ruine des actionnaires, la faillite des banques et la baisse du pouvoir d'achat ont entraîné une chute de la consommation, des profits et, in fine, un chômage massif. Cette crise s'est rapidement exportée en raison de la dépendance financière des États-Unis pour de nombreux pays.

Les investisseurs américains ont rapatrié leurs capitaux, provoquant des faillites bancaires en Allemagne et en Autriche dès 1930. La France, moins endettée, a été touchée plus tardivement, en 1932. Seule l'Union soviétique, avec son économie communiste, est restée épargnée. La crise a entraîné un repli protectionniste généralisé, avec une hausse des droits de douane et une diminution de 70 % des échanges mondiaux entre 1929 et 1932.

Protectionnisme/pʁɔtɛksjɔnism/nom masculin

Politique économique visant à protéger le marché intérieur d'un pays contre la concurrence étrangère, notamment par l'instauration de droits de douane ou de quotas d'importation.

« Le recours au protectionnisme a aggravé la diminution des échanges internationaux pendant la Grande Dépression. »

Les manifestations et impacts sociaux-économiques de la crise de 1929

La crise de 1929, déclenchée par le krach boursier américain, a eu des répercussions profondes, transformant une crise financière en des déséquilibres sociaux et économiques mondiaux. Ces impacts se sont manifestés différemment selon les régions, mais tous ont été marqués par une forte hausse du chômage et une misère sociale accrue, favorisant souvent l'instabilité politique.

Les conséquences en Allemagne

L'Allemagne a été particulièrement touchée par la crise, enregistrant une explosion de son taux de chômage entre 1928 et 1933. Cette situation économique et sociale désastreuse a créé un terreau fertile pour la montée de l'extrémisme politique, notamment le NSDAP (parti nazi), qui a su capitaliser sur le désespoir populaire.

Les conséquences en Amérique latine

En Amérique latine, la crise a entraîné une baisse significative du pouvoir d'achat et une hausse du chômage chez les ouvriers et les paysans. La dépendance de ces pays envers les exportations de matières premières vers les États-Unis a exacerbé la crise, conduisant à une forte contraction de leurs économies.

Cas d'étude : « Les Raisins de la colère »

Le roman de Steinbeck, « Les Raisins de la colère », illustre les conséquences de la crise sur les familles de fermiers américains, contraintes à l'exode rural. La mécanisation agricole, combinée à l'appauvrissement des terres et à la crise économique, rendait la culture non rentable, forçant les métayers à quitter leurs terres et à migrer en masse vers d'autres régions, notamment l'Est, en quête de travail et de meilleures conditions de vie.

La misère sociale et l'extrémisme politique

Partout où la crise s'est étendue, un enchaînement similaire a été observé : faillites économiques, chômage de masse et repli protectionniste. Cette misère sociale généralisée, caractérisée par la pauvreté et le désespoir, a servi de catalyseur à l'émergence et au renforcement de mouvements politiques extrémistes. En Allemagne, par exemple, la crise a directement alimenté la montée du nazisme, tandis que d'autres pays ont également connu des périodes d'instabilité politique majeure.

Les réponses politiques et économiques à la crise de 1929

Face à la crise de 1929, différentes approches économiques ont émergé pour tenter de relancer l'activité. L'une des plus influentes fut celle de John Maynard Keynes, qui s'opposait au libéralisme économique dominant de l'époque.

Keynésianisme/ke.ne.zjan.ism/nom masculin

Doctrine économique de John Maynard Keynes, qui préconise l'intervention de l'État dans l'économie pour stimuler l'activité, notamment par la politique fiscale et les taux d'intérêt, sans pour autant supprimer l'initiative privée.

« Le keynésianisme a inspiré de nombreuses politiques de relance après la crise de 1929. »
Libéralisme économiquenom masculin

Doctrine selon laquelle l'État ne doit pas intervenir dans l'économie, laissant le marché fonctionner selon ses propres lois d'offre et de demande.

« Le libéralisme économique était la politique prédominante aux États-Unis avant le New Deal. »

Le New Deal aux États-Unis

Aux États-Unis, la crise s'est prolongée sous la présidence d'Herbert Hoover, fidèle au libéralisme économique. L'élection de Franklin D. Roosevelt en 1932 a marqué un tournant avec l'instauration du New Deal, une politique de relance économique où l'État jouait un rôle central.

New Dealnom masculin

Politique de relance économique mise en place par le président Franklin D. Roosevelt aux États-Unis à partir de 1933, caractérisée par une intervention accrue de l'État dans l'économie.

« Le New Deal a introduit des réformes agricoles, encadré les banques et développé l'aide sociale. »

Le New Deal comprenait un soutien fort à l'agriculture, l'encadrement des banques (séparation des banques de crédit et de dépôts), et le développement des syndicats. Il a également mis en place les bases de l'État-providence avec des assurances publiques contre la maladie, le chômage et la vieillesse, et une vaste politique de grands travaux pour lutter contre le chômage.

État-providencenom masculin

Concept selon lequel l'État intervient pour garantir une protection sociale et une aide aux citoyens les plus vulnérables (assurances maladie, chômage, vieillesse).

« La sécurité sociale est un pilier de l'État-providence. »

Le Front populaire en France

En France, la crise a provoqué des troubles politiques, favorisant l'union des partis de gauche (PCF, SFIO, Parti radical) qui ont formé le Front populaire en 1935. Victorieux aux élections législatives de 1936, le gouvernement dirigé par le socialiste Léon Blum a cherché à relancer l'économie par une politique de relance économique et des réformes sociales.

Front populairenom masculin

Alliance électorale des principaux partis de gauche français (Parti communiste français, Section française de l'Internationale ouvrière, Parti radical) formée en 1935, qui a remporté les élections législatives de 1936.

« Le Front populaire est resté au pouvoir en France de 1936 à 1938. »

Un vaste mouvement de grèves a accompagné l'arrivée au pouvoir du Front populaire. Ces mobilisations ont conduit à la signature des Accords de Matignon les 7 et 8 juin 1936, qui prévoyaient une augmentation significative des salaires, la réaffirmation des droits syndicaux et une réduction du temps de travail. L'objectif était de relancer la consommation et de résorber les effets de la crise.

Accords de Matignonnom masculin

Accords signés les 7 et 8 juin 1936 entre le gouvernement du Front populaire, le patronat et les syndicats ouvriers en France. Ils prévoyaient notamment des augmentations de salaires, la reconnaissance des droits syndicaux et l'instauration des congés payés.

« Les Accords de Matignon sont emblématiques des avancées sociales du Front populaire. »

Les origines et la mondialisation de la crise de 1929

La crise de 1929, initialement boursière aux États-Unis, s'est rapidement transformée en une crise économique mondiale profonde. Ses origines remontent à l'affaiblissement économique post-Première Guerre mondiale et à des déséquilibres structurels.

Le poids de la Première Guerre mondiale a laissé l'Europe endettée envers les États-Unis et affaiblie économiquement, tandis que certains pays comme l'Allemagne ont connu l'hyperinflation due au recours massif au crédit à court terme.

Hyperinflation/i.pɛ.ʁɛ̃.fla.sjɔ̃/nom féminin

Augmentation extrêmement rapide et incontrôlée des prix, qui fait perdre toute valeur à la monnaie.

« Après la Première Guerre mondiale, l'Allemagne a connu une période d'hyperinflation dévastatrice. »

Une surproduction agricole et industrielle est apparue dans les années 1920, notamment en Amérique, due à l'augmentation des surfaces cultivées et à la taylorisation. L'offre a dépassé la demande, entraînant une baisse des prix et la faillite de nombreuses exploitations.

Taylorisation/taj.lɔ.ʁi.za.sjɔ̃/nom féminin

Organisation scientifique du travail théorisée par Taylor, visant à augmenter fortement la production industrielle par la rationalisation des tâches.

« La taylorisation a contribué à la surproduction industrielle en augmentant considérablement l'efficacité des usines. »

Pour écouler cette production, un système de crédit de consommation peu contrôlé s'est développé aux États-Unis, menant à un endettement privé massif des ménages. Parallèlement, une intense spéculation financière a conduit à la formation d'une bulle spéculative boursière.

Le « jeudi noir » du 24 octobre 1929 marque le début du krach boursier à Wall Street, avec la mise en vente de 13 millions d'actions. Cet effondrement a provoqué la ruine des investisseurs, l'incapacité de rembourser les banques et de nombreuses faillites bancaires, initiant la Grande Dépression américaine.

Krach boursier/kʁak buʁ.sje/locution nominale masculine

Effondrement brutal et massif des cours de la bourse, souvent déclencheur d'une crise économique plus large.

« Le krach boursier de 1929 a eu des répercussions mondiales sans précédent. »

La crise s'est rapidement propagée à l'échelle mondiale, devenant une mondialisation de la crise, car de nombreux pays étaient dépendants financièrement des États-Unis. Les investisseurs américains ont rapatrié leurs capitaux, provoquant des faillites bancaires en Europe et une diminution drastique des échanges mondiaux.

En réponse, un repli protectionniste généralisé a été observé, avec une hausse des droits de douane pour protéger les économies nationales, ce qui a accentué la contraction du commerce international. Seule l'URSS, avec son économie communiste planifiée, a été épargnée.

Manifestations et réponses à la crise de 1929

La crise de 1929 a provoqué des déséquilibres sociaux et économiques mondiaux. En Allemagne, le chômage a explosé entre 1928 et 1933, favorisant la montée de l'extrémisme politique et l'adhésion à des partis comme le NSDAP. En Amérique latine, la crise a entraîné une baisse du pouvoir d'achat et une hausse du chômage. L'œuvre « Les Raisins de la colère » de Steinbeck illustre cet impact, montrant l'exode des fermiers américains ruinés par la mécanisation, l'appauvrissement des terres et la crise économique.

Keynésianisme/ke.nɛ.zjanism/nom masculin

Doctrine économique de John Maynard Keynes, qui préconise l'intervention de l'État dans l'économie pour relancer l'activité, en opposition au libéralisme économique.

« Le keynésianisme a inspiré de nombreuses politiques de relance économique après la crise de 1929. »

Face à la crise, John Maynard Keynes, économiste britannique, a développé le keynésianisme, une doctrine s'opposant au libéralisme économique. Il proposait une influence directrice de l'État sur l'économie, via la politique fiscale et les taux d'intérêt, sans pour autant supprimer l'initiative privée. Aux États-Unis, le président Franklin D. Roosevelt a mis en œuvre le New Deal à partir de 1933, une politique de relance basée sur le soutien à l'agriculture, l'encadrement des banques, le développement des syndicats et la création d'un État-providence pour les plus fragiles, ainsi que de grands travaux pour réduire le chômage.

Front populaire/fʁɔ̃ pɔ.py.lɛʁ/nom masculin

Alliance électorale des principaux partis de gauche français (PCF, SFIO, Parti radical) formée en 1935, qui a remporté les élections législatives de 1936.

« Le Front populaire a marqué une période de réformes sociales importantes en France. »

En France, la crise a conduit à des manifestations violentes en 1934. Pour y faire face, une alliance électorale de gauche, le Front populaire, s'est formée en 1935. Victorieux aux élections de 1936, il a formé un gouvernement dirigé par Léon Blum. Sous sa présidence, les Accords de Matignon ont été signés en juin 1936, entraînant des augmentations de salaires, la réaffirmation des droits syndicaux et la réduction du temps de travail, dans le but de relancer la consommation.

Teste ta compréhension

1 / 10

Quel événement est communément associé au début brutal de la crise de 1929 à Wall Street le 24 octobre ?

Continue avec ces leçons