Jalon 2 – La puissance russe

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Retrace la fin de l’URSS, l’affaiblissement de la Russie après 1991 et sa reconstruction comme puissance sous Vladimir Poutine.

Fiche de révision

La fin de l’URSS

En 1991, l’URSS se dissout après plusieurs années de crise et de contestations. La fin de cette superpuissance transforme profondément l’équilibre politique issu de la guerre froide.

Guerre froide et rideau de fer

Après la Seconde Guerre mondiale, l’URSS et les États-Unis s’opposent dans la guerre froide : le monde se structure autour de deux blocs rivaux. En Europe, les pays de l’Est passent sous l’influence de Moscou ; le « rideau de fer » désigne cette division. L’isolement soviétique s’accentue avec les difficultés économiques et sociales, tandis que les populations expriment davantage leur mécontentement.

Mikhaïl Gorbatchev

Arrivé au pouvoir en 1985, Mikhaïl Gorbatchev veut sauver l’URSS par deux réformes. La glasnost introduit davantage de transparence et de liberté d’expression, en limitant la censure ; la perestroïka cherche à réformer l’économie en accordant plus de liberté aux entreprises. Mais la libéralisation désorganise une économie déjà en crise, et la glasnost permet aux mécontentements de s’exprimer ouvertement.

Chute du mur de Berlin (9 novembre 1989)

En 1989, les contestations gagnent les pays d’Europe de l’Est. En Pologne, le mouvement Solidarność participe à l’éloignement de Moscou ; le 9 novembre, la chute du mur de Berlin symbolise la fin de la division de la ville et le recul du contrôle soviétique.

Réveil des nationalismes

Les républiques soviétiques connaissent à leur tour des contestations nationales, notamment dans les pays baltes — Estonie, Lettonie et Lituanie — qui prennent leurs distances avec l’URSS. L’introduction du multipartisme ouvre aussi une crise politique : Boris Eltsine, élu à la tête de la République de Russie, défend la disparition du communisme.

Boris Eltsine et le coup d’État de l’été 1991

À l’été 1991, des conservateurs tentent un coup d’État pour rétablir l’ancien système. Eltsine fait échouer cette tentative et interdit le parti communiste dans la République de Russie ; il crée ensuite la Communauté des États indépendants (CEI), nouvelle entité réunissant des États issus de l’URSS.

Dissolution de l’URSS (25 décembre 1991)

Les contestations nationales, l’affaiblissement économique et la rupture politique rendent l’Union impossible à maintenir. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev annonce sa démission à la télévision : l’URSS est dissoute et la Russie devient un État post-soviétique.

Une Russie affaiblie et une puissance réémergente

La transition

Après 1991, la Russie est isolée et affaiblie : les regards se tournent davantage vers Bruxelles que vers Moscou. La force militaire est divisée par deux et la Russie ne conserve que la moitié des capacités de l’URSS.

Tchétchénie

Sous Eltsine, la Tchétchénie demande son indépendance. Le refus russe, motivé par la crainte d’un nouvel éveil des nationalismes, entraîne une réponse par la force.

Une Russie en quête de puissance

La Russie adopte le capitalisme, mais connaît un appauvrissement et un recul diplomatique. À partir de 1999, Vladimir Poutine cherche à recentraliser l’État et à restaurer son autorité, sans partager le pouvoir ; il augmente le budget militaire et intervient notamment en Tchétchénie.

Les exportations d’énergie soutiennent le redressement économique : de grandes entreprises comme Gazprom, ainsi que le pétrole et le gaz, deviennent des ressources de puissance.

Des ambitions sur les périphéries

Moscou cherche à préserver des intérêts géostratégiques, liés notamment aux ressources et aux passages. Les éloignements de ses périphéries contrarient Poutine, nostalgique de l’URSS : révolution des roses en Géorgie (2003), puis révolution orange en Ukraine (2004), qui conteste une élection jugée truquée.

En 2014, après l’annulation du rapprochement prévu entre l’Ukraine et l’Union européenne, la Russie envoie son armée en Crimée et dans le Donbass.

Les nouvelles voies de la puissance russe

La Russie combine leviers traditionnels et nouveaux outils d’influence. La cyberpropagande diffuse des tentatives de persuasion, des manipulations et des rumeurs ; le sport, notamment les Jeux de Sotchi et la Coupe du monde en Russie, sert aussi de soft power.

Ses orientations diplomatiques s’appuient sur des alliances et des cadres de coopération :

  • OTSC (2002), OCS (2001), UEA (2014) et participation aux BRICS.
  • Promouvoir un ordre mondial multipolaire, lier la Russie à son « proche étranger » et construire une maison eurasiatique tournée vers l’Asie tout en gardant un pied en Europe.

Teste ta compréhension

1 / 10

La stratégie russe d’un ordre mondial multipolaire vise à renforcer l’hégémonie des États-Unis.

Texte à trous

  • Après la dissolution de l’URSS, les athlètes soviétiques ont participé aux Jeux olympiques d’Albertville sous la bannière de la CEI.
  • La stratégie russe visant à développer des relations privilégiées avec l’Asie tout en conservant un ancrage européen est appelée la « maison eurasiatique ».
  • En 1985, le nouveau dirigeant soviétique qui lance des réformes est Mikhaïl Gorbatchev.
  • Le syndicat polonais à l’origine d’une contestation en 1989 se nomme Solidarnosc.

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