Item 76 - Addiction à l'alcool

46 cartes

Épidémiologie, définitions, dépistage, complications somatiques et neurologiques, sevrage et traitements pharmacologiques de l'addiction à l'alcool.

24 cartes

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Question

Quels sont les marqueurs biologiques du mésusage d'alcool ?

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Réponse

γGT (peu spécifique), VGM (sensible, se normalise en 3 mois), transferrine désialylée (très spécifique, se normalise en quelques semaines). L'alcoolémie est mesurée aux urgences. Des examens normaux n'éliminent pas le diagnostic.

Question

En combien de temps le syndrome de sevrage alcoolique apparaît-il après l'arrêt de la consommation ?

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Réponse

Quelques heures après l'arrêt, avec un pic à 72 h ; il se résout en 7 à 10 jours.

Question

Quelles sont les complications somatiques hépatiques de l'alcoolisme chronique ?

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Réponse

Stéatose hépatique, hépatite alcoolique aiguë et cirrhose hépatique.

Question

Quels sont les trois troubles métaboliques à rechercher systématiquement en cas de coma éthylique ?

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Réponse

Hypoglycémie, acidocétose et hyponatrémie (parfois hypercalcémie).

Question

Quel est le principe actif de l'alcool ?

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Réponse

L'éthanol (<div data-rdkit="CCO"></div>), qui favorise la transmission dopaminergique et est un agoniste GABA.

Question

Quels sont les signes cliniques de l'ivresse simple ?

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Réponse

Euphorie, désinhibition, jovialité ou tristesse, haleine œnolique, injection conjonctivale, logorrhée, dysarthrie, troubles cérébelleux, vertiges et incoordination motrice. Régression en quelques heures.

Signes cliniques de l'ivresse simple
Question

Quelles sont les deux encéphalopathies liées à des carences vitaminiques dans l'alcoolisme chronique ?

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Réponse

Encéphalopathie de Gayet-Wernicke (carence en B1B_1) et encéphalopathie pellagreuse (carence en B3B_3).

Question

Quelle est la forme clinique typique de polyneuropathie alcoolique chronique ?

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Réponse

Touche surtout les petites fibres sensitives (sensibilité thermoalgique). Se manifeste par des crampes nocturnes, fatigue à la marche, douleur à la pression des mollets, hypoesthésie douloureuse et aréflexie achilléenne. Au stade évolué : douleurs à type de brûlure ou d'étau, anesthésie distale symétrique en chaussettes, steppage et signes trophiques liés à une neuropathie autonome distale. Le traitement repose sur l'arrêt de l'intoxication, la vitaminothérapie (B1, B9), la renutrition, les antalgiques (antiépileptiques et/ou tricycliques), les soins locaux, la rééducation et les orthèses.

Question

Quelle est la quantité d'alcool pur consommée par habitant en France en 2012 ?

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Réponse

12 litres d'alcool pur par habitant et par an.

Question

Quel est le craving dans le cadre de l'addiction à l'alcool ?

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Réponse

Une envie impérieuse et irrépressible de consommer de l'alcool, constituant un critère central du syndrome de dépendance.

Question

Quelle est la complication obstétricale liée à l'alcoolisation fœtale ?

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Réponse

Syndrome d'alcoolisation fœtale (dysmorphie faciale et retard mental).

Question

Quel est le traitement d'urgence de l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke ?

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Réponse

Administration parentérale urgente de vitamine B1B_1 (thiamine) avant toute perfusion glucosée.

Question

Quels sont les signes cliniques du syndrome de Korsakoff ?

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Réponse

Syndrome amnésique antérograde, fausses reconnaissances, fabulations, syndrome dysexécutif.

Question

Quel questionnaire de dépistage comporte trois questions sur la consommation d'alcool ?

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Réponse

L'Alcohol Use Disorders Identification Test court (AUDIT-C).

Question

Quels sont les trois types de mésusage de l'alcool selon les classifications ?

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Réponse

L'usage à risque (consommation dépassant les seuils recommandés), l'usage nocif (entraînant des dommages physiques ou psychiques), et l'usage avec dépendance (perte de contrôle et incapacité à réduire la consommation).

Question

Quelle complication hématologique est typique de l'alcoolisme chronique ?

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Réponse

Macrocytose, anémie, thrombopénie, leucopénie — toxicité directe, hépatopathie ou carences nutritionnelles.

Question

Quel traitement médicamenteux est utilisé en première intention pour prévenir les convulsions du sevrage ?

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Réponse

Benzodiazépine à demi-vie longue (diazépam) à dose progressivement décroissante, sans dépasser 7 à 10 jours de traitement pour limiter le risque de dépendance. En cas de contre-indication (insuffisance hépatocellulaire ou respiratoire), sevrage en hospitalisation avec administration uniquement en cas de besoin, réévaluée à chaque prise.

Question

Quel est le traitement de première intention du delirium tremens ?

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Réponse

Hospitalisation en soins continus/réanimation, benzodiazépines IV (diazépam 10 mg/h ; lorazépam si insuffisance hépato-cellulaire), hydratation, vitamines B1/B6/PP, correction hydro-électrolytique et de l'hyperthermie.

Question

Quelle vitamine doit être systématiquement supplémentée lors du sevrage alcoolique ?

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Réponse

Vitamine B1 (thiamine) par voie orale systématiquement, ou parentérale en cas de syndrome de sevrage sévère (notamment pour prévenir une encéphalopathie de Gayet-Wernicke).

Question

Quels sont les critères d'hospitalisation pour un sevrage alcoolique ?

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Réponse

Les critères sont : antécédents de complications du sevrage, dépendance sévère, dépendance associée aux benzodiazépines, échec des tentatives de sevrage ambulatoire, environnement social défavorable, et terrain vulnérable.

Question

Quels sont les deux modes de sevrage pour les patients alcoolo-dépendants ?

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Réponse

Deux modalités : sevrage ambulatoire (planifié sous surveillance médicale dans les CSAPA ou consultations hospitalières) ou sevrage en hospitalisation (indiqué en cas d'antécédents de complications du sevrage, dépendance sévère, dépendance associée aux benzodiazépines, échec des tentatives ambulatoires, environnement social défavorable ou terrain vulnérable).

Question

Quels sont les trois traitements pharmacologiques de première intention dans la dépendance à l'alcool ?

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Réponse

Acamprosate (maintien de l'abstinence), naltrexone (diminution du plaisir lié à l'alcool), nalméfène (réduction de la consommation).

Question

Quel est le mode d'action du disulfirame ?

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Réponse

Inhibition de l'acétaldéhyde-déshydrogénase, entraînant une accumulation d'acétaldéhyde lors de la consommation d'alcool, responsable d'un effet antabuse (réactions d'inconfort).

Question

Quel est l'effet recherché du baclofène dans la dépendance à l'alcool ?

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Réponse

Réduction de la consommation d'alcool via l'agonisme des récepteurs GABA-B, utilisé en deuxième intention après échec des traitements de première ligne.

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Fiche de révision

Définitions et classifications du mésusage

Ce chapitre pose les définitions fondamentales du mésusage d'alcool, classées en quatre stades : non usage, usage simple, usage à risque, usage nocif, puis dépendance. Les critères du syndrome de dépendance du DSM sont à connaître par cœur.

Mésusage/me.zy.zaʒ/nom masculin

Toute conduite de consommation d'alcool caractérisée par l'existence de risques et/ou de dommages et/ou de dépendance. Il regroupe l'usage à risque, l'usage nocif et la dépendance.

« Le mésusage d'alcool est responsable de 41 000 décès par an en France. »

Catégorie

VS

Définition

VS

Seuils / Particularités

Non usage

Absence de consommation

—

Usage simple (= à faible risque)

Consommation usuelle, sans risque

<10 verres/semaine, <2 verres/j, jours sans alcool

Usage à risque

Consommation > seuils, risquant des dommages physiques/psychiques/sociaux

Lié à une prise aiguë ou chronique

Usage nocif

Consommation entraînant des conséquences préjudiciables physiques ou psychiques

Caractère pathologique : répétition et constat des dommages

Usage avec dépendance

Incapacité de réduire sa consommation, perte de contrôle

Syndrome de dépendance (voir ci-dessous)

Syndrome de dépendance (DSM)

  • Craving : envie impérieuse de consommer.
  • Quantité et/ou durée de la prise de substance plus importantes que prévu.
  • Incapacité de contrôler la prise de la substance.
  • Usage récurrent entraînant des difficultés à accomplir ses obligations professionnelles ou familiales.
  • Augmentation du temps passé à se procurer la substance.
  • Activités réduites du fait de l'utilisation de la substance.
  • Poursuite de l'utilisation malgré un problème psychologique et/ou physique, des problèmes sociaux ou interpersonnels.
  • Tolérance : augmentation de la quantité nécessaire pour obtenir l'effet désiré.
  • Sevrage : signes de sevrage caractéristiques.

Piège classique : un patient peut être dépendant sans syndrome de sevrage (environ 1/3 des sujets dépendants n'en présentent pas). La tolérance et le sevrage ne sont pas nécessaires au diagnostic, mais leur présence renforce la certitude.

Dépistage et repérage

Questionnaires de repérage

AUDIT-C (3 questions)

  • Fréquence de consommation d'alcool
  • Nombre de verres standards par jour ordinaire
  • Fréquence de ≥6 verres en une même occasion
  • Score total orientant vers un mésusage

FACE (5 questions)

  • Les 3 questions de l'AUDIT-C
  • Remarques de l'entourage sur la consommation
  • Besoin d'alcool le matin pour être en forme
  • Trous de mémoire après avoir bu
  • Permet d'orienter vers une dépendance

Marqueurs biologiques

Marqueur

VS

Caractéristique

VS

Piège / Particularité

γGT

Mauvaise sensibilité et spécificité

—

VGM

Marqueur le plus sensible

Normalisation en 3 mois après arrêt

Transferrine désialylée (CDT)

Très spécifique (++)

Normalisation en quelques semaines

Alcoolémie

Utilisée aux urgences (chute, malaise)

Mesure ponctuelle non fiable pour le mésusage chronique

Pièges à connaître

  • Des examens biologiques normaux n'éliminent pas un mésusage d'alcool (piège classique)
  • La consommation déclarée (CDA) est utile : quantifier la fréquence d'usage et les fortes consommations
  • Rechercher systématiquement d'autres addictions associées

Calcul de la quantité d'alcool

  • Contenu en alcool (g) = degré d'alcool pur × volume (L) × 0,8
  • Un verre standard contient environ 10 g d'alcool pur

Intoxication alcoolique aiguë et complications du sevrage

Intoxication alcoolique aiguë (ivresse)

Type

VS

Mécanisme / clinique

VS

Particularités

Ivresse simple

Faible dose : désinhibition, euphorie, dysarthrie, ataxie

Régression en qq heures ; prise en charge par équipes ELSA

Ivresse pathologique

Dose élevée : agressivité, délire, hallucinations, amnésie lacunaire

Suivi d’un sommeil profond et amnésie

Ivresse convulsivante

Abaissement du seuil épileptogène → crise généralisée unique

Pas d’EEG systématique

Coma éthylique

  • Absorption massive d'alcool ≥ 3 g/L
  • Coma calme, hypotonique, mydriase bilatérale symétrique
  • Dépression respiratoire, hypotension, bradycardie
  • 3 troubles métaboliques à rechercher systématiquement : hypoglycémie, acidocétose, hyponatrémie
  • Complications : inhalation, pneumopathie, rhabdomyolyse, décès
  • PEC : perfusion de vitamine B1 parentérale avant tout glucosé

Syndrome de sevrage et accidents du sevrage

  • Survient uniquement chez les sujets dépendants, quelques heures après l’arrêt, pic à 72 h, résolution en 7-10 jours
  • Signes neurovégétatifs : sueurs, tremblements, tachycardie, HTA
  • Signes psychiques : anxiété, insomnie, cauchemars, irritabilité
  • Signes digestifs : nausées, vomissements, diarrhée
  • Mécanisme : diminution de la transmission gabaergique → hyperexcitabilité
  • Convulsions de sevrage : début dans les 48 h, crises généralisées tonicocloniques (5% d’état de mal). EEG souvent normal. Toujours éliminer hypoglycémie, hyponatrémie, infection SNC, AVC, TC. Imagerie cérébrale dès la 1ère crise.
  • Delirium tremens : brutal, favorisé par infection/stress/chirurgie. Prodromes : petits signes de sevrage ou crise comitiale. Syndrome confusionnel avec délire onirique, zoopsies, fièvre, sueurs profuses, déshydratation, tachycardie, voire état de mal épileptique.
  • PEC du delirium tremens : hospitalisation en soins continus/réanimation, benzodiazépines IV (diazépam 10 mg/h ; lorazépam si insuffisance hépatique), hydratation, vitamine B1, B6, PP, correction de l’hyperthermie. Neuroleptiques seulement si hallucinations persistantes sous BZD.

Teste ta compréhension

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Parmi les marqueurs biologiques suivants, lequel est le plus spécifique d'un mésusage chronique d'alcool ?

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