Instruments et acteurs de l'action environnementale
100 cartesCe cours décrit les acteurs, les instruments (réglementation, taxes, subventions, quotas) et les échelles d'action publique pour l'environnement, ainsi que leurs avantages, limites et les enjeux internationaux liés aux biens communs.
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Action publique pour l'environnement
L'action publique environnementale vise à transformer les préoccupations écologiques en **problèmes publics** et à les inscrire à l'**agenda politique**, menant ainsi à des mesures concrètes. Ce processus implique une diversité d'acteurs et l'utilisation de plusieurs instruments à différentes échelles.I. Les acteurs et la mise à l'agenda politique des questions environnementales
La transformation d'un problème environnemental en problème public, puis en point de l'agenda politique, est le résultat des actions de plusieurs catégories d'acteurs :- Les **experts scientifiques** (ex: GIEC) alertent sur les enjeux climatiques et leurs causes par leurs travaux.
- Les **ONG** (ex: Greenpeace) influencent l'opinion publique et les pouvoirs publics par des manifestations, pétitions, actions en justice ou désobéissance civile.
- Les **mouvements citoyens** mobilisent des collectifs via les réseaux sociaux (ex: grèves étudiantes pour le climat).
- Les **partis politiques** intègrent de plus en plus les politiques environnementales dans leurs programmes, notamment les partis écologistes.
- Les **entreprises** tentent souvent d'influencer les pouvoirs publics pour ralentir les régulations jugées coûteuses.
- Les **pouvoirs publics** (ministères, collectivités, Assemblée nationale) sont les décideurs finaux des politiques publiques environnementales.
II. Les instruments de l'action publique environnementale
Une fois une question environnementale à l'agenda, les pouvoirs publics disposent de plusieurs instruments pour lutter contre les **externalités négatives** sur l'environnement (conséquences négatives de la consommation ou production d'un bien) :A. Les différents instruments
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La réglementation :
- **Principe** : Édicter des règles (lois, arrêtés) qui obligent ou interdisent certains comportements aux consommateurs et entreprises (ex: interdiction de pesticides).
- **Avantage** : Agit rapidement pour atteindre les objectifs.
- **Limites** : Très contraignante, ne laisse pas d'option aux entreprises, n'incite pas à dépasser la norme minimale.
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Les taxes et subventions :
- **Principe** : Inciter à des comportements vertueux via des mécanismes économiques.
- **Taxes** : Augmentent le prix des biens polluants pour en réduire la consommation (ex: taxe sur l'essence).
- **Avantage des taxes** : Génèrent des recettes fiscales.
- **Limite des taxes** : Peu appréciées par la population, peuvent générer des contestations.
- **Subventions** : Diminuent le prix des biens favorables à l'environnement pour en encourager l'achat (ex: subvention pour l'achat de voitures électriques).
- **Avantage des subventions** : Facilement acceptées par la population.
- **Limite des subventions** : Coût financier pour les pouvoirs publics.
- **Limite commune taxes/subventions** : L'efficacité n'est pas toujours garantie si les acteurs ne réagissent pas comme escompté.
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Le marché des quotas d'émission de CO2 :
- **Principe** : Les pouvoirs publics distribuent des quotas d'émission de CO2 aux entreprises, qui peuvent les échanger sur un marché. C'est un instrument incitatif.
- **Avantage** : Moins contraignant que la réglementation, car les entreprises ont le choix entre réduire leurs émissions ou acheter des quotas.
- **Limites** :
- Adapté uniquement aux grandes entreprises en raison des coûts de mesure et d'acquisition des quotas.
- Le prix des quotas fluctue, rendant l'anticipation difficile pour les entreprises.
- Ne peut réguler que les émissions de CO2, pas toutes les dégradations environnementales (ex: pollution des rivières).
B. Limite commune aux instruments : les dysfonctionnements de l'action publique
L'efficacité des instruments est souvent limitée par les **dysfonctionnements de l'action publique**. Les politiques environnementales peuvent être contrecarrées par d'autres objectifs des pouvoirs publics (ex: croissance économique, tourisme lointain) qui entrent en contradiction avec la protection de l'environnement. Ces incohérences réduisent l'impact des mesures prises.III. Les échelles de l'action publique pour l'environnement
L'action environnementale se déploie à différentes échelles, du local au mondial :A. Articulation des échelles
- Les **objectifs globaux** (ex: limitation du réchauffement à +2°C lors de la COP21) sont fixés à l'échelle mondiale.
- Les **mesures concrètes** (réglementations, taxes, subventions) sont mises en œuvre à l'échelle nationale (ex: subventions à l'isolation en France) ou locale (ex: interdiction de véhicules polluants en ville).
- L'**échelle européenne** est intermédiaire, fixant des objectifs ou des mesures concrètes applicables à tous les pays membres.
B. Contraintes des négociations internationales
L'environnement est un **bien commun**, c'est-à-dire non-excluable et rival. Cela pose des défis majeurs pour la coopération internationale :- Le problème du **passager clandestin** : Les pays ont intérêt à ne pas supporter les coûts des efforts de protection tout en bénéficiant des actions des autres. Cela affaiblit l'ambition des accords internationaux.
- Les **inégalités entre pays** : Les pays en développement estiment que les pays développés, historiquement plus responsables du réchauffement, doivent porter le fardeau principal. Ils négocient des objectifs allégés et des aides financières (ex: Fonds vert pour le climat).
Définitions clés
- Environnement : Ensemble des éléments naturels utiles aux humains (air, eau, ressources, faune, flore).
- Problème public : Question faisant l'objet d'un débat public intense.
- Agenda politique : Liste des problèmes prioritaires à traiter par les pouvoirs publics.
- Action publique : Mesures prises par les pouvoirs publics.
- Externalité environnementale : Conséquence (positive ou négative) sur l'environnement de la consommation ou production d'un bien.
- Bien commun : Bien rival et non-exclusif (ex: l'atmosphère).
- Passager clandestin : Acteur profitant des efforts des autres sans y contribuer lui-même.
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