Initiation à la Science Politique
60 cartesUne exploration complète des fondements de la science politique, son évolution, les types de régimes, la représentation, le vote et la protestation, ainsi que l'action publique en démocratie.
60 cartes
Voicides notes structurées et formatées en HTML sur l'introduction à la science politique, comme
La science politique est unediscipline des sciences sociales qui étudie les phénomènes politiques sous un angle scientifique, en distinguant les faits des jugements de valeur.
Leçon 1: Qu'est-ce que la science politique ?
1) L'objet d'étude de la science politique
Définition: La science politique ne se limite pas à la "politique" au sens étroit, mais s'intéresse à la politisation des faits sociaux.
Citation: André Siegfried : "l'enfer même à ses lois, pourquoi la politique n'aurait-elle pas les siennes?"
Distinction polysémique du mot "politique" (en anglais):
Politics: La compétition pour le pouvoir.
Policies: Les actions publiques (politiques publiques comme l'éducation, la santé).
Polity:L'ordre politique et institutionnel (le "politique" au sens large, régulant les conflits).
Repérage du politique:
Tout fait peut devenir politique.
La politisation est le processus par lequel des faits sociaux sont transformés en enjeux politiques (ex: avortement, sport, écologie).
Entrepreneurs de morale: Acteurs (individus, associations) qui tentent de transformer leurs valeurs en normes sociales et juridiques (ex: croisade contre la marijuana –Howard Becker, "Outsiders").
2) Construction et organisation de la science politique
Réflexion ancienne, discipline récente:
Antiquité: Réflexions sur les meilleurs régimes politiques (Platon, Aristote).
Moyen Âge: Politique liée à la morale et religion.
Rupture décisive au 16ème siècle : Machiavel ("Le Prince") – analyse du pouvoir réel, non idéal, approche empirique et réaliste.
18e siècle: Lumières – théories du contrat social, politique affaire d'hommes. => contrat entre les gouvernés et les gouvernants
19e siècle: La politique devient un objet d'étude scientifique (création d'écoles, revues, associations).
Institutions clés:
USA: Columbia (1880), Political Science Quarterly (1886), Political Science Association (1903).
Grande-Bretagne: London School of Economics (1895), chaire d'Oxford (1912).
France: École Libre des Sciences Politiques (1871, devenue Sciences Po), fondation de l'AFSP (1949), Revue Française de Science Politique (1951).
Étude fondatrice: André Siegfried, "Tableau politique de la France de l'Ouest" (1913)
Corrélation entre géologie (granite vs calcaire) et vote politique ("le granite vote à droite et le calcaire vote à gauche").
Discipline carrefour: La science politique interagit avec l'histoire, la sociologie, le droit, l'économie, etc.
Sous-disciplines:
Sociologie politique: Facteurs des comportements politiques (vote, médias).
Théorie politique: Philosophie politique, idéologies, conception de la démocratie.
Politiques publiques: Compréhension de l'émergence des problèmes, évaluation des actions de l'État.
Politique comparée: Étude comparative des systèmes électoraux, transitions démocratiques.
Relations internationales: Analyse des enjeux géopolitiques, économiques, diplomatiques.
3) Démarche de la science politique
Différence politiste vs. politologue:
Politiste: Chercheur, vise à comprendre (factuel).
Politologue: Commentateur médiatique (opinion).
Surmonter les obstacles:
Mettre à distance les préjugés et prénôitions (Émile Durkheim, "Les règles de la méthode sociologique",1895).
L'objet de la science est de faire des découvertes qui déconcertent les opinions reçues.
Exemple de Paul Lazarsfeld: Les "évidences" du sens commun peuvent se révéler fausses.
Analyser sans juger:
Adopter une approche non normative (ne pas dire ce qui "doit être").
Respecter la neutralité axiologique (Max Weber): Distinguer jugement de valeur et énoncé de fait.
Éviter la propagande et le prophétisme.
et analyse seulement fondé sur la science
Méthodes d'enquête:
Quantitatives: Sondages, questionnaires, analyse statistique (ex: populisme).
Qualitatives: Entretiens semi-directifs (ex: non-recours aux aides sociales), observation directe (ex: immersion au Quai d'Orsay).
Documentaires: Archives, corpus de textes (ex: rôle du clergé dans le vote).
Leçon 2: Du pouvoir à l'État
I) Pouvoir et pouvoir politique: pourquoi obéit-on ?
Caractéristiques du pouvoir politique:
Exercice sur un territoire déterminé.
Régit l'ensemble des activités sociales (méta-pouvoir).
Vise la régulation sociale etla cohésion collective.
"Discours de la servitude volontaire" (1576), Étienne de La Boétie:
L'obéissance est volontaire ; il suffit de ne plus servir pour être libre.
La relation de pouvoir: contrainte et légitimité:
Le pouvoir n'est pas une "possession" mais une relation.
Max Weber: Le pouvoir est "toute chance de faire triompher au sein d'une relation sociale sa propre volonté même contre des résistances" ("Économie et Société").
Robert Dahl: Le pouvoir s'exerce si A pousse B à faire quelque chose que B n'aurait pas fait.
Moyens d'exercice du pouvoir:
Contrainte: Physique, matérielle, juridique (recours ultime).
Domination légitime: Acceptation volontaire, croyance en la validité du pouvoir.
Sources de la légitimité (selon Weber):
Type de domination
Fondement de la légitimité
Exemple
Légale-rationnelle
Croyance en la légalité des règlements et le droit de commander de ceux qui sont désignés par la loi.
Fonctionnaires, ministres.
Traditionnelle
Croyance au caractère sacré des coutumes et des chefs désignés par la tradition.
Monarchies héréditaires.
Charismatique
Dévotion à la personne d'un chef en raison de son caractère exceptionnelsupposé (héros, prophète).
Leaders révolutionnaires, prophètes, certains chefs d'État.
Le charisme doit être routinisé pour perdurer (selon Weber). mais ne dure pas forcément
L'expérience de Milgram: Met en évidence la soumission à l'autorité légitime.
II) La différenciation du pouvoir politique et la naissance de l'État
L'État:
Définition: "Un groupement humain fixé sur un territoire donné et soumis à une autorité politique souveraine."
Max Weber: L'État est "une entreprise politique de caractère institutionnel dont la direction revendique avec succès dans l'application des règlements lemonopole de la contrainte physique légitime."
Pierre Bourdieu: L'État exerce le "monopole de la violence symbolique" (mécanismes idéologiques par lesquels les dominés acceptent la domination).
L'État n'est pas une réalité universelle:
Produit d'une histoire et de contextes.
Formes pré-étatiques: Empires (romain et ottomans , systèmes féodaux, cités-États.
Sociétés acéphales: Pas de chef centralisé (Pierre Clastres, "La Société contre l'État" – chefferie sans pouvoir coercitif). clastres à étudier des tribus avec un chef qui ne détient pas les pleins pouvoir si il cherche à prendre le pouvoir complet il peut être exclut ou bien tué
Formation de l'État moderne en Europe:
Norbert Elias ("La Dynamique de l'Occident", "La Civilisation des Mœurs"):
Monopole de la contrainte: Résultat de la concurrence entre seigneurs.
Monopole fiscal: Finance la guerre, qui renforce l'État ("la guerre a fait l'État et l'État a fait la guerre").
Double dynamique: Concentration des pouvoirs et pacification des mœurs (refoulement des pulsions, étiquette de cour).
Logique économique: L'État sécurise les échanges pour le marché(15e siècle).
Logique culturelle/religieuse: États protestants se développent plus vite (opposition au Pape).
Ernst Kantorowicz ("Les Deux Corps du Roi"): Le roi a un "corps naturel" et un "corps politique"(immortalité de l'institution royale). => "le roi est mort longue vie au roi"
III) Trajectoires et transformations de l'État moderne
Formes et trajectoires différenciées:
États forts / faibles: Capacité à appliquer les décisions (Michael Mann: pouvoir infrastructural).
état faible à du mal à faire payer les impôts comme la Grèce
États unitaires / fédéraux: Concentration vs. partage de souveraineté.
Universalisation du modèle étatique ("greffe de l'État"):
Par colonisation/décolonisation ou importation volontaire.
Bertrand Badie: Des "copies vides", "greffes incomplètes" (néopatrimonialisme, religion centrale, appareil administratif défaillant).
Les sociétés post-coloniales développent des logiques hybrides et locales.
Recompositions contemporaines de l'État:
Crise de l'État-Providence: Triple crise d'efficacité (financement), de légitimité (rejet), et d'adaptation (mondialisation).
Dépassement de l'État: Par le haut (instances supranationales) et par le bas (contestations internes).
Conclusion de la leçon:
L'État est une construction historique, diverse.
Il est universalisé, mais non uniforme. => ils existent plusieurs états mais différent => Europe , Afrique Amérique => not the same
Il se transforme, pivot du pouvoir et de la légitimité, mais ne disparaît pas.
Leçon 3: L'enchantement du politique
"Gouverner, c'est faire croire" – Machiavel, "Le Prince" (1532).
Le pouvoir a besoin d'être "enchanté" (sacralisé, mise en scène) pour exister et s'imposer.
I) Les assises sacrées du pouvoir politique
Origines mythiques et religieuses:
Hiérophanie: Manifestation du sacré dans le profane. Le pouvoir politique lui-même peut être une hiérophanie.
Pouvoir souvent présenté comme d'origine divine ("le choisi par Dieu", "tout pouvoir provient de Dieu").
Ex: Pharaons, rois thaumaturges (Marc Bloch, "Les Rois thaumaturges" – pouvoir de guérir les écrouelles).
Vecteurs de sacralisation (dramaturgie et rituels):
Georges Balandier ("Le pouvoir sur scènes"): Il n'y a de pouvoir que sur scène (théâtrocratie).
Rituels d'investiture: Transforment l'individu en chef, le séparent des autres (ex: sacre, couronnement).
Dramaturgie du pouvoir: Ex: Louis XIV ("Roi Soleil"), rites funéraires.
Ernst Kantorowicz: "Le roi a en lui deux corps, c'est-à-direun corps naturel et un corps politique" (immortalité de la fonction).
Persistance des mythes et cultes politiques:
Culte de la personnalité (régimes autoritaires: Hitler, Kim Jong-un)., (affiches nazis, films de propagande => construire un leader exceptionnel sacralisé le pouvoir par la personnalité
Sacralisation de la nation: Communauté imaginaire (Benedict Anderson), sentiment d'appartenance créé par l'école, l'armée, les fêtes nationales, les symboles (Marianne, coq). Fonctionne comme une "religion civile".
Cultes des héros civiques (Panthéon).=> les héros civiques remplacent les anciens saint religieux (certaine figure élevés à un statut quasi- sacré
II) Fonctions des liturgies politiques
Légitimer:
Rendre le pouvoir évident, nécessaire, admirer ou craindre.=> la mise en scène du pouvoir sert à l'idéaliser et le rendre admiré ou respecté parfois
=> pour effrayer
Ex: Exécutions publiques (Damiens), dernier guillotiné à Versailles (1939). => car il avait touché au roi
légitimation sert à Assurer la durée du pouvoir.
Hiérarchiser:
toute mise en scène classe, sépare et organise les individus
Distinguer les rangs (Norbert Elias, "La Société de cour": l'étiquette et les règles social servent comme moyen de domination sur les sujets ).
Rassembler (communion):
les rituels reproduisent des gestes et actes identiques pour assurer et structurer
Rites rassurants et unificateurs (ex: Mitterrand au Panthéon => montrer que le pouvoir de gauche et stable et durable ).
rituels =>rassemblent les individus et contrôlent les comportements =>
Comportements contrôlés et régulés (discipline émotionnelle – Marcel Mauss).
marcel mauss => dans les rituels funéraire traditionnels on doit montrer qu'on est triste mais les liturgies politiques imposent une discipline émotionelle
III) Un désenchantement du pouvoir ?
idée générale=> Progressivement, les grands récits, l’esprit religieux et les grandes valeurs sont moins centraux.
selon weber ce qui domine => rationalisation du pouvoir
Limites de la sacralisation:
Distinction entre la production du message et sa réception (Nicolas Mariot).=> mise en scène symbolique garantit pas le soutient réel
Adhésion réelle vs. mise en scène de l'adhésion. => ce qui est mis en scène est pas forcément reçu comme prévu
Crise de la représentation politique: méfiance ("lespolitiques agissent pour leurs intérêts" => 9 français sur 10 pensent ça ).
aujourd'hui la mise en scène passent par les médias
Métaphores de l'enchantement: la communication politique:
Avec le suffrage universel direct (1965), émergence du marketing politique (slogans, images).
objectif => faire apparaitre le candidat sous son meilleur jour => Apparaître "beau", bien à la télévision (François Hourmant, "Le pouvoir de la beauté").
Politiciens comme Donald Trump, Zelensky, Bardella utilisent les médias modernes (TikTok) => deviennent acteurs médiatique .
Nouvelles exigences de proximité et d'authenticité:
Politiques de "proximité" (Valéry Giscard d'Estaing avec les éboueurs il les a invitaient lors d'un déjeuner pour paraître jeune et proche du peuple ).
Idéal d'authenticité, "modestie ostensible" (Jean-Pascal Daloz): se présenter comme une personne ordinaire (Angela Merkel faisantses courses)=> la légitimité provient de la capacité à se présenter comme une personne ordinaire .
Mise en scène des émotions (colère, langage fleuri – Christian Le Bart, "Les émotions du pouvoir").
Peopolisation politique, storytelling.
Tension entre identification (ressembler au peuple – Pierre Rosanvallon, "représentation miroir") et incarnation (dépasser le peuple). => les dirigeants doivent ressembler au peuple
Leçon 4: Les régimes politiques
Comprendre la diversité et les transformations des régimes politiques.
Aristote: Classification selon le nombre de gouvernants (monarchie => peut devenir une tyrannie , aristocratie => peut devenir une oligarchi, démocratie => peut devenir une démagogie ) et leur forme "dégénérée" (tyrannie, oligarchie, démagogie).
Montesquieu (18e siècle):Ajout de la séparation des pouvoirs.
Aujourd'hui, trois types principaux: Démocratique, non démocratique , Autoritaire, Totalitaire.
The Economist: Indice de démocratie (25 démocraties complètes sur167 pays en 2023).
I) Les régimes démocratiques: de l'idéal antique au modèle représentatif moderne
Démocratie athénienne (antique ):
Née au 6e siècle av. J.-C. ("pouvoir du peuple"). valorisé mais critiquer par Platon et aristote
Démocratie directe (Ecclesia pour les lois). écclesia vote les lois mais celle-ci sont préparé par des mandataire appelés les boulès
Tirage au sort des magistrats ("chacun est de tour gouvernant et gouverné"– Aristote), rotation des charges.
Limites: Exclusion des femmes, esclaves, étrangers ; 40 000 citoyens sur 200 000 habitants.
Démocratie moderne (représentation, démocratisation, État de droit):
Absent du vocabulaire politique pendant des siècles. Réémergence après la Révolution américaine et française.
Inconcevable pour les Lumières (Rousseau, etc.) – le peuple est "incompétent".
Le gouvernement représentatif s'est installé avant la démocratie.
Bernard Manin: Principes des régimes représentatifs:
Indépendance des gouvernants.
Liberté de critique des gouvernés.
Soumission des décisions au débat public.
Respect des lois par le gouvernement.
Distinction libertés des Anciens (politique) et libertés des Modernes => reconnaissent l'égalité des droit de chacun donc => . => donc ce qui transforme =>
les mentalités et établit une égalité juridique et sociale entre les citoyens (analyse de Tocqueville).
Alexis de Tocqueville: Reconnaissance de l'égalité des droits change la mentalité.
II) Les régimes non démocratiques: autoritarismes et totalitarismes
Régimes autoritaires:
Norme historique.
Pas nécessairement fondés sur la terreur, peuvent avoir un consentement limité.
Pluralisme politique limité (refus de la critique, pas de contre-pouvoir réel).
Recrutement des dirigeants par élection, mais les élections ne changent/renverse pas réellement le pouvoir ("élections sans choix").
absence de contre pouvoir => réel => institutions et oppositions sont étouffées
Variétés: Dictatures, tyrannies, despotismes, régimes militaires, monopartisan, néopatrimoniaux (ex: Russie, Arabie Saoudite, Iran).
Régimes totalitaires:
le totalitarisme =>Concept introduit par les anti-fascistes, pour décrire le régime de Mussolini ("tout est dans l'État, rien en dehors de l'État").
Hannah Arendt ("Les Origines du totalitarisme"): Un phénomène inédit, et "terrifiant dans l'histoire ".=> pas simple dictature mais une tyrannie classique
Pas d'absence de lois, mais des lois "supérieures" (lois du mouvement: lutte des classes, lutte des races).
Volonté de réformer l'humanité.
Les régimes totalitaires ne respectent pas les lois habituelles, mais agissent selon des lois supérieures définies par l’idéologie du mouvement.
Terreur omniprésente,même en l'absence de menace (tout le monde peut devenir ennemi), constante.
Ex: Camps de concentration et d'extermination.
Recherche d'uniformité, tyrannie de l'idéologie ("désolation": neutralisation de la pensée).
Carl Friedrich et Zbigniew Brzezinski (1950s): "Syndrome en six points": => déf alternative du totalita
Idéologie officielle.
Parti unique de masse.
Police politique omniprésente.
Terreurde masse.
Monopole des médias.
Contrôle étatique de l'économie.
III) Régimes en mutation: transitions, recompositions et formes hybrides
les régimes autoritaire et totalitaire aujourd'hui: Certains régimes contemporains présentent encore des caractéristiques autoritaires ou totalitaires :
Autoritaires : Russie, Arabie Saoudite, République islamique d’Iran
Totalitaires/hybrides : Corée du Nord.
Transitions démocratiques:
Après la Seconde Guerre mondiale, puis dans les années 1990.
Les régimes autoritaires ne sont pas des blocs immuables. Historiquement, certains régimes ont évolué et se sont démocratisés, comme cela a été le cas en France. Depuis la Seconde Guerre mondiale, on observe une série de transitions démocratiques à travers le monde.
Francis Fukuyama ("La Fin de l'histoire et le dernier homme"): l'histoire serait achevée avec la Victoire finale du capitalisme et de la démocratie libérale. => idée aujourd'hui contestée
Samuel Huntington: Trois vagues de démocratisation (19e-20e s., post-1945, années 1970). Possible 4e vague en Asie/Afrique.
Depuis 2010, stagnation de la démocratie.
Formes hybrides contemporaines:
Démocratie illibérale ou Autoritarisme électoral (Fareed Zakaria):
=> Certains régimes contemporains combinent des éléments démocratiques et autoritaires, donnant lieu à des formes hybrides.
Compétitions électorales libres mais non-respect de l'indépendance de la justice, des médias (ex: Viktor Orbán).
Remise en cause des libertés individuelles. p 51
Le "libéralisme" (droits individuels) a souvent précédé la "démocratie" (suffrage).
Critiques: Une démocratie sans droits de l'homme n'est pas une démocratie. La démocratie ne se réduit pas à la majorité.
La démocratie doit accepter le désaccord, les critiques, le pluralisme. L'État doit être neutre. Le pouvoir n'appartient à personne, pas même au peuple (qui est source et non détenteur).
Synthèse du pluralisme:
Démocratie forte: pluralisme social + pluralisme politique.
Autoritaire: pas de pluralisme politique, mais pluralisme social accepté.
Totalitaire: ni pluralisme politique ni social.
Démocratie illibérale: pluralisme politique, mais pluralisme social/culturel remis en cause.
Ces distinctions permettent de comprendre la complexité des régimes actuels et la nécessité d’évaluer à la fois le processus électoral, les libertés civiles et l’existence réelle de pluralisme.
Leçon 5: La représentation politique
La représentation politique est le fait de déléguer à d'autres le soin de nous représenter, d'agir et de décider en notre nom.
Elle facilite l'organisation du pouvoir, crée une division du travail politique.
Elle crée une séparation entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés, instaurant une division du travail politique.
En France, sentiment de distance et de défiance envers la représentation.
I) Quand représenter le peuple devient un métier: la professionnalisation politique
Choix du mandat représentatif:
Ancien Régime: États Généraux, représentation "mimétique" =>
Les délégués ne faisaient que porter la parole de ceux qu’ils représentaient ; ils n’avaient pas de pouvoir d’autonomie.
Après la Révolution Française: Débat entre souveraineté populaire (Rousseau) et souveraineté nationale.
Contre le mandat impératif (Condorcet): Le représentant est l'interprète de la nation entière, non un porte-parole.
Principes du mandat représentatif (1848):
L'élu est libre de ses choix.
Aucun électeur ne peut imposer sa volonté.
L'élu est irrévocable (pasde "révocation" sauf très rare aux USA).
Le représentant représente la nation entière.
En pratique, les élus doivent montrer qu'ils agissent pour la "volonté du peuple" (Pierre Bourdieu).
Invention du métier politique:
Avant: Notables (riches, nantis) exercent la politique sans rémunération.
Suffrage universel: Potentiellement plus de candidats.
Max Weber ("Le savant et le politique", 1919):
Vivre pour la politique (notables, extension du pouvoir social – plutocratie).
Vivre de la politique (rémunération nécessaire pour une démocratie).
La rémunération parlementaire, supprimée et rétablie plusieurs fois, a permis l'accès de nouveaux acteurs.
Professionnalisation des notables: Obligés de dépenser pour se maintenir, développer des savoir-faire(campagnes).
Carrières et profils sociaux des élus:
Filières d'accès: => comment on devient un représentant ? => carrière et profit sociaux des élus
Notabiliaire/locale: Richesse, statut social , prestige local .
Partisane/militante: Engagement, formation dans les partis de masse.
Technocratique: Grandes écoles (ENA), cabinets ministériels , sélection sociale(depuis la 5e République cette filière domine )
Professionnelle: Collaborateurs d'élus, communication politique (jeunes diplômés).
Origine sociale: Surreprésentation des professions intellectuelles supérieures.
Féminisation: Progressive depuis les lois sur la parité (2000), mais faible aux échelons supérieurs.
Effet de la "transgression" d'Emmanuel Macron (2017): Ouerture politique mais pas sociale.
Pierre Bourdieu: "Clôture du champ politique" – maintien des barrières sociales malgré l'ouverture apparente.
II) Comment les partis politiques organisent cette représentation politique
Naissance des partis politiques:
Définition (La Palombara et Weiner, 1966): Organisation durable, volonté de prendre le pouvoir, recherche d'un soutien populaire.
Weber: "Enfants du suffrage universel et de la démocratie".
Maurice Duverger:Distinction partis de cadres (notables, financés par dons) et partis de masse (militantisme, cotisations).
Clivages politiques et sociaux ("théorie des clivages"):
Entre Centre et Périphérie.
Entre État et Église (partis laïques/religieux).
Entre Capital et Travail (partis socialistes/communistes vs. libéraux/conservateurs).
Villes vs. Campagnes (moins partout).
"Gel des clivages" (années 1960), puis "dégel" (années 1980) avec l'émergence de nouveaux partis (extrême droite, écologistes) face à de nouvelles "révolutions" (mondialisation, culturelle).
Fonctions des partis politiques:
Fonctions manifestes (officielles):
Électorale: Sélection et sanction des candidats (art. 4 Constitution).
Programmatique: Élaboration d'idéologieset programmes (affaiblissement par les think tanks).
Socialisation: Formation des citoyens, transmission des demandes sociales vers l'État (affaiblissement).
Fonctions latentes (non avouées):
Intégration sociale: Création de liens, de "contre-sociétés" (parti communiste).
Tribunitienne: Expression des doléances (ex: RN).
Déclin des partis politiques:
Faible adhésion (2% des Français). Partis "sans militant".
Montée des figures charismatiques (leader fait le parti).
Cependant, les partis persistent, parfois comme "partis-mouvements", et le "périmètre d'action" s'est affaibli plutôt qu'une disparition.
III) Reprise en cause de la représentation politique ?
Malaise dans la représentation:
Mauvaise image des élus, croissance de l'abstention (pas un rejet du vote mais un message).
Violence envers les élus.
Chute de la confiance politique.
Réinventer la représentation:
Développement de la démocratie participative (années 1980): Compléter les représentants, augmenter la participation (conseils de quartiers, budgets participatifs).
Démocratie délibérative: Améliorer les décisions par le débat informé(tirage au sort de citoyens informés).
Risques: Complexité, caractère local des préoccupations, difficulté à assumer la décision ("qui a fait le choix ?").
Vers une démocratie sans représentants ?
Créer des zones auto-gérées, sans élus.
Question de la disponibilité des citoyens à s'investir constamment.
La représentation politique, bien que contestée, n'est pas "la fin de l'histoire".
Leçon 6: Le vote
Le vote comme acte parfois irrationnel, mais fondamental de la participation politique.
Le vote n'est jamais purement individuel, influencé par appartenances sociales, identifications.
I) Pourquoi on vote?
Le vote comme construction historique:
Forme légitime et répandue, mais pas toujours un acte démocratique (ex: tirage au sort grec).
Développement dans l'Église (11e s.) – initialement volonté divine, unanimité, puis principe majoritaire (16e s.).
Révolution Française: Imposition de l'élection comme instrument.
1848: Suffrage universel masculin –augmentation massive du corps électoral.
Vote initialement collectif (cortèges, ratification), non individuel (Alexis de Tocqueville). => votes tous ensemble pour un seul et meme candidat
ne pas voté était fortement stigmatisé=> participation obligatoire socialement
La fabrique d'un rituel électoral:
Accoutumer les électeurs au vote, travail de sacralisation (Paul Bert, manuels d'instruction civique). => faire habituer les citoyens a votés et donc un rituel
L'abstention comme "dégradation" ou "immoralité".
Alain Garrigou ("Le vote et la vertu"): "Orthopédie sociale" pour apprendre à voter, à utiliser un bulletin.
Lutte contre la corruption.
Le secret du vote comme enjeu majeur.
Le vote devient une norme sociale, un acte individuel.
Pierre Rosanvallon: Le vote "pacifie" les conflits d'intérêts, délégitime les émeutes ("civilité électorale").
Ressorts émotionnels et symboliques du vote:
Philippe Braud ("Lesuffrage universel contre la démocratie"): Le vote représente l'unité du peuple plus qu'il ne décide des gouvernants.
Le vote comme vecteur de gratification affective (sentiment de peser, d'appartenir, d'exprimer des désirs).
Mobilisation des émotions des électeurs.
II) Comment expliquer l'orientation du vote?
Le vote comme produit des appartenances sociales:
André Siegfried: Analyse cartographique du vote (habitat, structure sociale, religion).
Paul Lazarsfeld (École de Columbia, années 1940): Influence des "variables lourdes" (religion, profession, milieu d'habitation) plus que des médias.
"Une personne pense politiquement comme elle est socialisée."
Les médias renforcent les choix préexistants:
Exposition sélective.
Perception sélective (dissonance cognitive).
Communication à deux étages (influence des "leaders d'opinion").
Validité actuelle: Le vote de classe s'est inversé (ouvriers votent à l'extrême droite).
Les religions minoritaires votent à gauche. Clivage public/privé (années 1980).
Le vote comme produit de la socialisation:
École de Michigan: Importance de l'identification partisane (attachement psychologique, émotionnel à un parti, souvent depuis l'enfance).
Loyauté partisane commefiltre de perception.
Annick Percheron ("L'univers politique des enfants"): Socialisation politique précoce, idées politiques diffusées par l'environnement familial.
Socialisation secondaire: Autres groupes d'appartenance (travail, associations) peuventnuancer.
Le vote comme produit/résultat de stratégies rationnelles:
Anthony Downs (années 1970): Montée des électeurs autonomes.
Vote selon des logiques économiques,des "votes sur enjeux".
Comportements stratégiques: Vote utile (choisir le candidat qui a le plus de chances de gagner).
L'instruction favorise l'électeur stratège.
Passage abstention/vote plusfréquent que passage gauche/droite.
Ces analyses sont complémentaires plutôt que contradictoires.
III) Pourquoi ne vote-t-on pas?
Formes et évolutions de la non-participation électorale:
Non-inscription sur les listes (ex: "exclus", déménagements).
Abstentionnisme:
abstention Structurelle: Ceux qui votent rarement.
abstention Intermittente: Ceux qui votent occasionnellement (en augmentation).
Vote blanc/nul: Manifestation d'un attachement au vote, mais sans choix exprimé.
Logiques sociales de la non-participation:
Daniel Gaxie ("Le cens caché"): Le niveau de diplôme comme facteur déterminant (plus de diplôme = plus de participation).
Le "cens" (barrière culturelle) et le "sentiment d'incompétence" excluent les catégories populaires.
Céline Braconnier et Yves Dormagen: L'abstention dans les banlieues populaires, les "ghettos électoraux".
Moratoire civique: Les jeunes votent moins après leurs premières élections.
Logiques politiques de la non-participation:
Certaines élections ne sont pas considérées comme importantes par les électeurs.
Élections de combat : mobilisent fortement en cas d’inquiétude ou d’enjeu majeur.
Élections d’apaisement : moins mobilisatrices, enjeux perçus comme faibles.
Importance perçue de l'élection ("élections de combat" vs. "élections d'apaisement").
Type de scrutin (proportionnel vs. majoritaire).
Effets de calendrier: Lassement si trop d'élections rapprochées.
Types d'abstentionnisme (selon Daniel Gaxie):
Hors-jeu politique: Éloignement de la politique.
D'enjeux: Choix de ne pas voter par insatisfaction.
Protestataire: Envoi d'un message, critique.
Sanction: Mécontentement vis-à-vis d'un parti.
Rejet de l'offre électorale (pas de candidat correspondant).
Abstention au second tour si le résultat semble joué d'avance.
Leçon 7: La protestation politique
La protestation comme extension de la participation politique au-delà du vote, souvent "conventionnel".
Exemple des Gilets Jaunes: Ampleur, longévité, caractère composite (personnes non habituées à manifester).
I)Pourquoi proteste-t-on ? Les modèles explicatifs de la mobilisation politique
la participation politique ne se limite pas au vote
La frustration comme moteur de la protestation:
Idée que le mécontentement mène à la protestation (explication courante mais insuffisante).
Ted Robert Gurr ("Why Men Rebel"): Ce sont les plus "frustrés" mais pas nécessairement les plus pauvres qui protestent (misère = apathie).
Analyse inspirée de Tocqueville (Révolution Française): Le décalage entre les attentes et la satisfaction réelle génère la frustration relative. (3 schémas possibles pour la frustration relative).
=>frustration relative
Décalage entre :
les attentes des individus
leur niveau réel de satisfaction
Plus ce décalage est fort, plus la frustration augmente
Trois situations de frustration relative (Gurr) :
Les attentes augmentent mais la satisfaction diminue
Les attentes restent stables mais la satisfaction baisse
Les attentes augmentent plus vite que la satisfaction
➡️ Mais cela n’explique pas encore le passage à une action collective
Le paradoxe de l'action collective (Mancur Olson):
Individus rationnels et intéressés ne s'engagent pas volontairement dans une action collective si le bénéfice est un bien collectif dont ils peuvent profiter sans coût direct ("passager clandestin").
Solution: Incitations sélectives (positives: récompenses, subventions ; négatives: culpabilisation, sanction).
Critique: Rationalité purement économique, ignore les motivations non marchandes.
Les conditions sociales de la mobilisation (Anthony Obershall):
Analyse des "lieux" sociaux où les individus se trouvent. => les individus se mobilisent d'avantage lorsque ils sont déjà intégrer dans des groupes sociaux
Modèle croisant:
Liens entre collectivités et sphères de pouvoir (intégration).
Type de liens sociaux (primaires/communautaires vs. associatifs).
Plus un groupe est intégré dans des réseaux préexistants (associatifs, communautaires, non directement intégrés au pouvoir), plus il est susceptible de se mobiliser (ex: mouvements sociaux, mobilisation d'ethnies).
Comprendre pourquoi les très démunis ne protestent pas.
Structures d'opportunités politiques:
La protestation dépend de l'environnement politique favorable ou non:
Degré d'ouverture du système politique.
Stabilité des alliances politiques.
Existence de relais politiques.
Capacité du système à répondre aux mouvements sociaux.
La mobilisation comme processus social (Théorie de la Mobilisation des Ressources - TMR):
La capacité à passer à l'actiondépend des ressources mobilisables (argent, réseaux, médias, savoir-faire).
Rôle des "entrepreneurs de causes" et des organisations.
Concurrence entre organisations pour une même cause.
Importance de la socialisation préalable etdes réseaux d'interconnaissance.
Doug McAdam: Étude sur l'engagement des citoyens blancs pour les droits civiques (USA) – disponibilité biographique (temps libre), rôle des liens sociaux préexistants.
Engagement marqueles individus (effet de "cristallisation identitaire").
Rétributions symboliques et émotionnelles stimulent l'engagement.
II) Comment proteste-t-on ?
Notion de répertoire d'action collective (Charles Tilly, "La France conteste"):
Ensemble de moyens d'action dont dispose un groupe pour se mobiliser.
Les répertoires sont façonnés par des conditions historiques, institutionnelles, sociales et culturelles.
Deux grands modes:
Local-patronné (1650-1850): Mobilisations locales, interpellations d'élites locales ("patron").
National-autonome (1850-1980): Avec le développement du capitalisme et de l'État-nation, interpellations de l'État central, manifestations de rue pacifiques (distinctes des émeutes).
Les répertoires changent, ne sont pas immobiles.
Vers un nouveau répertoire d'action collective ?
Trans-nationalisation des mobilisations (ONG, opinion publique internationale, Internet).
Cible: Non seulement l'État, mais aussi les grandes entreprises (ex: Palestine).
Déclin du militantisme ouvrier (chômage, désindustrialisation) => développement de mobilisations symboliques (groupes minoritaires).
Retour de formes d'actions plus violentes.
Transformations des modes d'engagements:
Déclin du militantisme traditionnel (partis, syndicats).
Essor du militantisme associatif.
Engagement plus distancié, focalisé sur des causes précises, plus éphémère ("engagement post-it").
III) Mutations des enjeux et causes de mobilisation
L'essor des mobilisations post-matérialistes (Ronald Inglehart, "LaRévolution silencieuse"):
Dans les sociétés occidentales post-industrielles, émergence de nouvelles valeurs (droit de disposer de son corps, écologie, identité).
Ces valeurs sont qualifiées de post-matérialistes.
Explique les "nouveaux mouvements sociaux" (antinucléaire, féministe, écologiste).
Logique de fierté (renverser un stigmate, ex: Martin Luther King).
Critiques:
Nouveauté de ces mobilisations contestée.
Institutionnalisation des nouveaux mouvements sociaux (partis verts, féminisme d'État).
Axel Honneth: Les mobilisations, même matérielles, sont aussi des luttes pour la reconnaissance etcontre le mépris.
Aujourd'hui, hybridation des mouvements (ex: lutte pour les retraites mobilisant des jeunes).
Coexistence de formes anciennes et nouvelles de protestation.
Leçon 8: L'action publique
L'action publique ("politiques publiques") est l'intervention de l'État (autorités publiques) pour traiter des problèmes sociaux. Comment un problème émerge, est traité et les décisions prises ?
I) Comment une question devient un problème public ?
Un problème public n'existe pas en soi, il est construit:
Tous les problèmes ne sont pas traités.
Construction d'un problème:Nommer, blâmer, formuler des revendications.
Rôle crucial de la médiatisation (ex: VSS, sac plastique).
Situations dangereuses peuvent rester des "non-problèmes" (ex:amiante) si des acteurs ont intérêt à ne pas les politiser.
Mise à l'agenda politique d'un problème public:
L'agenda politique: Ensemble des problèmes nécessitant un débat public ou une intervention desautorités.
Rôle des entrepreneurs de cause (ou de morale): Acteurs qui portent des valeurs et tentent de les transformer en lois. Justifient moralement/scientifiquement leurs causes.
Joseph Gusfield: Exemple de la législation contre l'alcool auvolant (cadrage comme "chauffard criminel").
Succès dépend de la crédibilité, des ressources (Luc Boltanski: "désingulariser" une cause pour la médiatiser).
Fenêtres d'opportunités: Moments favorables à l'émergence d'un problème (contexte politique, médiatique).
II) Comment se prend une décision publique ?
La décision comme moment d'un processus plus large:
CharlesJones (1970): 5 étapes du développement d'une politique publique (modèle idéal, top-down):
Identification du problème (mise à l'agenda).
Développement d'un programme (solutions, légitimation).
Mise en œuvre.
Évaluation.
Fin du programme.
En réalité, le processus n'est pas toujours linéaire (ex: urgence).
Le mythe du décideur rationnelet autonome:
Le décideur est rarement parfaitement informé, autonome.
Influence de "logiques organisationnelles" et "politiciennes" (ex: crise des missiles de Cuba – décisions influencées par enjeux pré-électoraux).
Processus décisionnels parfois chaotiques (modèle de la "poubelle").
Des décideurs publics sous dépendance:
Robert Dahl ("qui gouverne ?"): La polyarchie – le pouvoir est partagé et fragmenté (pluralité de groupes divisés).
l existe plusieurs modèles de relations entre groupes d’intérêt et pouvoir :
Modèle pluraliste : fréquent dans l’Union européenne, les groupes dialoguent régulièrement avec les gouvernants, surtout par la négociation et l’expertise, sans passer par la rue.
Modèle néo-corporatiste : certains groupes sont intégrés officiellement au processus de décision.
En France, le modèle dominant est protestataire : la manifestation et la grève sont vues comme des moyens légitimes d’influence.
Influence des groupes d'intérêt ("lobbies"): Coopération (modèle pluraliste/néo-corporatiste) ou protestation.
Influence de la haute fonction publique (Conseil d'État, Cour des Comptes).
Contraintes du système politique (juridiques).
Dépendance au sentier ): L'action publique tend à suivre des trajectoires passées (inertie, reconduction budgétaire).
Les décideurs ont une autonomie limitée, sous l'influence de leur entourage et des contraintes.
Les politiques publiques produisent elles-mêmes des contraintes : c’est la dépendance au sentier.
III) Les recompositions contemporaines de l'action publique
La longue transformation des politiques publiques:
Type d'État | Période | Fonctions principales |
L'État régalien | Avant19e s. | Maintien de l'ordre (défense, justice, police), impôt. |
L'État-nation | 19e s. | Création du sentiment national(infrastructures, école, culture commune). |
L'État-providence / social | Début 20e s. | Protection sociale (assurance-maladie, retraite) face aux risques sociaux. |
L'État producteur | Après 1930s | Intervention forte dans l'économie (nationalisations, planification) pour la croissance et l'emploi. |
L'État régulateur | Depuis 1980s | Fixe les règles, contrôle, évalue, incite (ouverture à la concurrence, NPM). |
Tournant néolibéral : montée chômage et inflation → remise en cause des interventions directes de l’État → émergence de la notion d’État régulateurL'État
régulateur et le New Public Management (NPM):
Ne produit plus directement, mais "fait faire" (externalisation, privatisation).
Pilote à distance par des normes, indicateurs de performance, évaluations.
Développement d'autorités spécialisées.
Instruments:classements, audits.
Des politiques publiques de moins en moins nationales:
Influences supranationales (UE: directives, règlements, principe de subsidiarité).
Organisations internationales (OMS, OCDE) fixent des normes.
Gouvernance multi-niveaux: Décisions prises à différents échelons (local, national, européen, international).
Question démocratique: La légitimité des décisions face à la fragmentation du pouvoir
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