Hygiène Hospitalière et Prévention des Infections
88 cartesCe document traite de l'hygiène dans le milieu hospitalier, abordant notamment les infections nosocomiales, les précautions à prendre pour le personnel soignant et les patients, ainsi que les différentes mesures de prévention et de contrôle des infections.
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Hygiène et Santé en Ergothérapie
L'hygiène et la santé sont des piliers fondamentaux en ergothérapie, visant à préserver et améliorer la santé individuelle et collective. Elles englobent l'hygiène hospitalière, la santé publique, la promotion et la prévention de la santé, ainsi que l'éducation thérapeutique.
Hygiène Hospitalière
L'hygiène hospitalière a pour but la prévention des maladies infectieuses en milieu de soins, en particulier les infections nosocomiales. Ces infections, contractées à l'hôpital, peuvent avoir des conséquences sociales (prolongation des séjours, invalidités, décès) et financières importantes.
Types et Origines des Infections Nosocomiales
- Infection non hospitalière : déjà présente ou en incubation à l'admission.
- Infection nosocomiale : absente à l'admission mais contractée à l'hôpital. Le diagnostic est posé si l'infection apparaît 48 à 72 heures après l'admission, ou jusqu'à 30 jours (voire un an pour les implants) après la sortie pour les plaies opératoires.
Les origines peuvent être :
- Auto-infection (endogène) : le patient est infecté par ses propres germes (flore commensale) à la suite d'un acte invasif ou d'une fragilité.
- Infection croisée (exogène) : transmission de germes d'un autre malade, du personnel, des visiteurs, d'objets contaminés, d'aliments, ou même d'insectes.
Causes de la Sensibilité Accrue
La sensibilité aux infections est influencée par des facteurs inhérents (âges extrêmes, poids extrêmes, maladies chroniques, traumatismes) et acquis (actes invasifs, chirurgie étendue, traitements immunosuppresseurs, radiothérapie, chimiothérapie).
La Chaîne de Transmission
La transmission des infections suit une chaîne incluant :
- L'agent infectieux : bactéries (90%), virus (5%), champignons, protozoaires. Une identification rapide et un antibiogramme sont essentiels face aux résistances croissantes.
- Le réservoir : personnes (malades, porteurs sains, personnel, visiteurs) ou milieux inertes.
- La porte de sortie : orifices naturels, peau, muqueuses, plaies.
- La voie de transmission : aérienne, orale, contact (surtout manuportée), parentérale.
- La porte d'entrée : effraction cutanée ou circulaire, cavités naturelles.
- L'hôte réceptif : patients hypersensibles (inhérente ou acquise) et travailleurs hospitaliers.
Surveillance et Prévention
Le Comité d'Hygiène Hospitalière, composé de médecins et infirmiers hygiénistes, développe des stratégies pour prévenir la transmission, surveiller les infections nosocomiales, lutter contre les épidémies et conseiller sur l'hygiène lors des activités hospitalières.
Mesures d'Hygiène : Précautions Standards et Additionnelles
Ces mesures visent à interrompre la chaîne de transmission.
Précautions Standards
Ce sont des mesures simples, applicables à tous les patients, en tout temps, avec tous les liquides biologiques (sauf la sueur), pour réduire le risque de transmission de micro-organismes.
- Lavage et désinfection des mains : crucial pour prévenir la transmission.
- Port de gants : pour tout contact avec sang, liquides biologiques, muqueuses ou peau lésée.
- Manipulation du matériel : usage unique pour les piquants/tranchants, nettoyage/désinfection du matériel réutilisable.
- Port de tablier, lunette et masque : si risque de projection de liquides biologiques.
Précautions Additionnelles (Isolement)
Instaurées pour les patients infectés ou colonisés, elles visent à supprimer tout contact dangereux. L'isolement ne signifie plus "écarter physiquement", mais des mesures spécifiques en fonction de la voie de transmission.
- Isolement de contact : prévient la transmission directe ou indirecte. Exige un lavage des mains rigoureux, tablier et gants.
- Isolement gouttelettes : prévient la transmission par inhalation de gouttelettes. Nécessite un masque chirurgical pour le personnel et les visiteurs.
- Isolement aérien : prévient la transmission de fines particules en suspension. Exige un masque FFP2 (masque « BK ») pour tous.
- Isolement protecteur : barrière à l'entrée des agents infectieux pour les patients immunodéprimés (chambre seule, pression positive, masque, lavage des mains, matériel décontaminé).
Hygiène des Mains
L'hygiène des mains est un acte fondamental pour rompre la chaîne de contamination. Elle se base sur la distinction entre la flore bactérienne résidente (stable, peu virulente) et la flore bactérienne transitoire (acquise par contact, principale cause d'infections croisées). La « main récolte, la main transmet ».
Préalables au Lavage des Mains
Mains démunies de bijoux, ongles courts sans vernis ni faux ongles. Lésions cutanées protégées. Lave-mains adaptés avec eau courante, distributeurs de savon/antiseptiques et serviettes à usage unique.
Les séchoirs à air chaud sont interdits.
Procédure de Lavage des Mains
- Lavage simple (hygiénique) : savon liquide neutre, durée min 30 secondes. Diminue 90% de la flore transitoire.
- Lavage antiseptique (désinfection hygiénique) : savon antiseptique ou solution hydro-alcoolique (SHA). Durée min 30 secondes à 1 minute. Élimine >99,9% de la flore transitoire et diminue la flore résidente.
- Désinfection hydro-alcoolique (DHA) : frotter paumes, dos des mains, espaces interdigitaux, pouces, bouts des doigts et poignets pendant 20-30 secondes. Plus rapide et efficace que le lavage hygiénique pour mains non souillées.
La SHA est le plus souvent utilisée pour l'hygiène des mains et la désinfection chirurgicale. Néanmoins, en cas de mains macroscopiquement souillées, de présence de talc, ou de contact avec Clostridium difficile et/ou gale, un lavage avec savon est requis.
Gestion des Déchets Hospitaliers
Les déchets sont classés en trois catégories et nécessitent des filières d'élimination spécifiques :
- Catégorie A (55%) : déchets ménagers et d'hébergement. Élimination : mise en décharge ou incinération.
- Catégorie B (36%) : déchets contaminés ou à risque infectieux potentiel (B1: unités de soins; B2: bloc opératoire, isolement septique, cytostatiques). Élimination : incinération (B) ou centres spécifiques (B2).
- Catégorie C (9%) : toxiques, médicaments, radioactifs. Élimination : filières spécifiques.
La Santé Publique
La santé publique est la science de l'art de prévenir les maladies et d'améliorer la santé de la population via une action collective. Elle intègre des données médicales, sociales, économiques et environnementales.
Définition de la Santé
L'OMS (1946) définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et non seulement une absence de maladie ou d'infirmité ». Berthet (1983) la décrit comme « l'équilibre et l'harmonie de toutes les possibilités de la personne humaine, biologiques, psychologiques et sociales ».
Modèles de Prévention
La prévention se décline en plusieurs niveaux :
- Prévention primaire : prévenir l'apparition des maladies (ex. vaccination, éducation à la santé).
- Prévention secondaire : dépister précocement et arrêter l'évolution des maladies (ex. dépistage du cancer).
- Prévention tertiaire : éviter la rechute ou l'aggravation d'une maladie installée (ex. réadaptation, chirurgie).
- Prévention quaternaire : accompagner l'invalidité ou la fin de vie, sans objectif d'amélioration de l'état de santé, et protéger de la surmédicalisation.
Déterminants de la Santé
La santé est influencée par des facteurs complexes et interdépendants :
- Facteurs socio-économiques (40-50%) : habitat, emploi, consommation, loisirs.
- Facteurs environnementaux (20-25%) : écosystème, climat.
- Facteurs sanitaires (10-20%) : patrimoine génétique, système de soins.
- Facteurs psycho-culturels : scolarisation, mentalité, croyances.
- Facteurs politiques : législations, planification économique.
- Facteurs démographiques : répartition par âge, migrations.
Promotion et Éducation à la Santé
La promotion de la santé vise à donner aux populations les moyens de contrôler et d'améliorer leur santé (OMS). Elle renforce les aptitudes individuelles et modifie les conditions sociales, environnementales et économiques.
L'éducation à la santé est la création délibérée d'opportunités d'apprentissage pour développer des compétences et promouvoir la santé. Elle est présente dans divers milieux (hospitalier, communautaire, scolaire, professionnel).
- Éducation thérapeutique : s'adresse aux malades chroniques pour les aider à gérer leur maladie et traitement.
- Éducation à la maladie : aide le patient à vivre avec sa condition et gérer les problèmes quotidiens.
- Éducation pour la santé du patient : s'adresse au patient Consultant (y compris bien-portant), axée sur une démarche proactive de santé.
Lutte contre les Maladies Transmissibles
La surveillance des maladies transmissibles est essentielle pour établir l'incidence, alerter les autorités et mettre en place des mesures prophylactiques. Certaines maladies doivent être déclarées obligatoirement (ex. rougeole, méningite).
La vaccination est un enjeu de santé publique, protégeant l'individu et la collectivité. Les recommandations vaccinales évoluent en fonction des données épidémiologiques et des avancées scientifiques.
Acteurs de la Santé Publique en Belgique Francophone
- ONE (Office de la Naissance et de l'Enfance) : organisme de protection maternelle et infantile, offrant consultations et accompagnement.
- PSE (Promotion de la Santé à l'École) : détection des maladies, prévention des infections, promotion du bien-être à l'école.
- Médecine du Travail (SPMT) : veille à la santé des travailleurs, améliore les conditions de travail, prévient les accidents.
- CLPS (Centres Locaux de Promotion de la Santé) : organismes agréés par la FWB pour développer et coordonner la promotion de la santé au niveau local.
Hygiène Hospitalière et Prévention des Infections — Guide d'Examen QCM
Définition et Objectifs
L'hygiène hospitalière est l'ensemble des mesures préventives destinées à éviter à un malade hospitalisé une pathologie infectieuse d'origine iatrogène (provoquée par un acte médical). Son objectif principal est la prévention des infections nosocomiales — infections contractées à l'hôpital et absentes lors de l'admission du patient.
L'hygiène hospitalière fait partie intégrante de la qualité des soins et repose sur trois piliers : des connaissances solides, le sens des responsabilités et des comportements adéquats.
Conséquences des Infections Nosocomiales
| Domaine | Impact |
| Social | 6 % des patients hospitalisés contractent une infection nosocomiale. Chaque année, 103 000 à 116 000 patients souffrent de telles infections, avec 2 500 à 3 000 décès annuels. |
| Financier | Une infection prolonge l'hospitalisation d'une semaine en moyenne, coûtant près de 400 millions d'euros par an à la collectivité. |
| Clinique | Prolongation de la durée de séjour, invalidités, complications. |
Origines des Infections Nosocomiales
Auto-infection (voie endogène) : Le malade est infecté par ses propres germes commensaux (présents naturellement sur la peau, muqueuses, intestins) à la faveur d'un geste invasif ou d'une fragilité particulière. Exemple : septicémie suite à un cathéter.
Infection croisée (voie exogène) : Le malade est infecté par la flore d'un autre malade. Les voies de transmission incluent :
- Contact direct : d'un malade à un autre (gouttelettes de salive, mains).
- Voie indirecte par l'air : poussières de textiles chargées de flore.
- Par le personnel : qui récolte et transmet les germes (mains, blouse).
- Par les objets : sanitaires, couvertures, matériel de soins contaminés.
- Par les insectes : vecteurs de transmission.
La Chaîne de Transmission des Infections
La chaîne comprend six maillons : l'agent infectieux, le réservoir, la porte de sortie, la voie de transmission, la porte d'entrée et l'hôte (patient réceptif). On peut rompre la chaîne à chaque maillon.
Agents Infectieux (par ordre de fréquence)
- Bactéries (90 %)
- Gram négatif : Entérobactéries (E. coli), Pseudomonas
- Gram positif : Staphylocoques, Streptocoques
- Virus (5 %) : Influenza, Rotavirus, CMV, Herpès, Hépatite
- Champignons : Candida albicans, Aspergillus
- Protozoaires : Pneumocystis carinii
Attention : Résistances croissantes aux antibiotiques (MRSA, VRE, BLSE). Limite-les par identification rapide du microorganisme et antibiothérapie sélective basée sur l'antibiogramme.
Distinction Infection vs. Colonisation
| Infection | Prolifération de germes avec réactions immunologiques et/ou signes cliniques |
| Colonisation | Présence de germes sans réactions immunologiques ou signes cliniques |
Réservoir et Portes de Sortie
Réservoir : Essentiellement une personne (malade, visiteur, travailleur hospitalier porteur sain) ou des milieux inertes (aliments, sols, poussières, aérosols).
Porte de sortie : Matières infectées issues des orifices naturels (peau, muqueuses, plaies, drainages), produits infectés issus d'orifices naturels ou artificiels.
Surveillance des Infections Nosocomiales
La surveillance comprend :
- Recueil des informations et leur analyse
- Étude des caractères épidémiologiques
- Proposition et mise en place d'actions
- Évaluation des résultats
- Réajustement si nécessaire
Objectif : Identifier l'infection nosocomiale et établir une stratégie pour stopper le processus. Attention : les infections nosocomiales sont rarement déclarées officiellement.
Taux d'Infection par Service
Les soins intensifs présentent les taux les plus élevés (1 adulte sur 4, 13 % des nouveaux-nés). Les infections dominantes sont les pneumonies et septicémies. La maternité affiche le risque le plus bas (1 %).
Comité d'Hygiène Hospitalière (AR 2007)
Composition : Un ou plusieurs médecin(s) hygiéniste(s), infirmier(s) hygiéniste(s), sous supervision de la direction médicale et du département infirmier.
Rôles principaux :
- Développement et suivi d'une stratégie relative aux mesures de protection standard et à l'isolement des patients
- Surveillance des infections nosocomiales avec indicateurs de suivi
- Stratégie de lutte contre les épidémies
- Suivi hygiénique des activités hospitalières (construction, quartier opératoire, achat de matériels)
- Mise en œuvre des directives officielles
- Échange d'informations avec d'autres établissements
Précautions Standards
Définition et Principes
Les précautions standards sont l'ensemble de mesures simples appliquées lors de tous les soins, y compris les urgences, avec tous les patients pour réduire le risque de transmission de microorganismes. Elles s'adressent à tous les prestataires de soins et reposent sur les dernières recommandations internationales.
Principe fondamental : Tous les liquides biologiques sont potentiellement infectieux.
Quand Appliquer les Précautions Standards ?
Obligatoires pour tout contact potentiel avec :
- Peau intègre ou lésée
- Muqueuses (respiratoires, vaginales)
- Tous les liquides biologiques : sang, urines, selles, vomissements, expectorations, salive, sécrétions nasales, sperme, sécrétions vaginales, autres liquides organiques sauf la sueur
Mesures de Précautions Standards
| Acte | Quand ? |
Lavage des mains
|
Entre les soins chez 2 patients ; après contact avec du sang, liquide biologique ou produit d'origine humaine ou matériel souillé |
Port de gants
|
Si risque de contact avec sang, produit humain, muqueuses ou peau lésée ; soins à risque de piqûre (hémoculture, voie veineuse, cathéters, prélèvements) ; manipulation de tubes de prélèvements biologiques, linge et matériel souillés ; si mains lésées |
| Manipulation du matériel piquant/tranchant | Ne pas recapuchonner les aiguilles, ne pas les désadapter à la main, déposer immédiatement dans un conteneur adapté situé au plus près du soin |
| Matériel réutilisable | Vérifier qu'il a subi une procédure d'entretien appropriée (stérilisation ou désinfection) avant réutilisation |
| Port de tablier, lunettes et masque | Recommandé si soins exposent à un risque de projection de sang, liquides biologiques ou produits d'origine humaine |
Protection du Personnel
Recommandations :
- Appliquer rigoureusement les précautions standards
- Être vacciné contre l'hépatite B (Covid-19 selon institution)
- Campagnes d'information sur les modes de contamination
- Dépistage systématique des patients à risques (VIH, hépatite, grippe, covid-19)
- Prévention des accidents d'exposition au sang ou fluides
- Suivi médecine du travail
Protection des Patients
Objectif : Réduire le risque de transmission de microorganismes (patient-patient, patient-personnel, personnel-patient, patient-visiteurs).
Recommandations :
- Mettre à disposition des masques médicaux à élastiques dans tous les lieux communs (accueil, tri, admission, salles d'attente)
- Informer personnel, patients et visiteurs des mesures face aux signes d'infection respiratoire :
- Porter un masque chirurgical
- Tousser, cracher dans un mouchoir en papier
- Procéder à l'hygiène des mains
Hygiène des Mains
Importance Fondamentale
But : Prévenir la transmission de microorganismes d'un site à l'autre chez un même patient, vers d'autres patients, depuis l'environnement ou depuis le personnel en diminuant la quantité de microorganismes présents sur les mains.
Principe clé : « La main récolte, la main transmet. » Les mains constituent le vecteur et la voie de transmission la plus importante des infections croisées.
Flore Bactérienne des Mains
| Flore Résidente (Permanente) | Flore Transitoire |
| Vit et se développe dans les plis microscopiques de la peau et conduits des glandes sébacées et follicules pileux | Se trouve sur les couches superficielles de l'épithélium |
| Remonte à la surface et se mélange aux germes transitoires | Provient d'un contact avec des personnes ou des objets |
| Joue un rôle important sur l'équilibre physico-chimique de la peau | Reflète l'environnement et varie selon les activités |
| Constitue une barrière contre la colonisation par bactéries exogènes | — |
| Stable, s'élimine par desquamation | Survit peu de temps (max. 24 heures) |
Procédures de Lavage des Mains
| Lavage Simple (Hygiénique) | Lavage Antiseptique (Désinfection Hygiénique) |
Indications :
|
Indications :
|
Bonnes Pratiques pour la Préservation de la Peau
- Ne pas utiliser d'eau chaude
- Se sécher les mains par tamponnements
- Ne pas utiliser plusieurs produits en alternance
- Appliquer régulièrement une crème pour les mains
Équipements de Protection Individuelle (EPI)
Gants Propres (Non Stériles)
Objectifs :
- Protéger le prestataire : éviter contamination lors de contact avec liquides biologiques, peau lésée, muqueuses
- Protéger les bénéficiaires : prévenir colonisation/contamination lors de certains soins ou manipulations
Indications — Risque Septique :
- Contact ou risque de contact avec matières ou liquides organiques (sauf sueur, lait maternel)
- Contact avec muqueuse ou peau lésée
- Entrée en isolement septique
- Tâches sales : manipulation linge sale, vaisselle matériel sanitaire
- Manipulation déchets DASRI (déchets d'activités de soins à risque infectieux)
- Si lésions cutanées sur mains
Indications — Risque Chimique :
- Manipulation produits désinfectants ou détergents
- Manipulation chimiothérapies anticancéreuses
- Application topiques locaux (pommades)
Indications — Risque Physique :
- Manipulation objets piquants ou coupants
Présentation : Matières (latex, nitrile, PVC) ; par 100 unités en boîte carton ; tailles S-M-L. Attention allergies au latex !
Masques
Indications :
- Pour protéger le malade : au bloc opératoire, soins de malades très sensibles aux infections, ponctions de cavités, transport de malades sensibles
- Pour protéger le personnel : soins/transport de malades porteurs de maladies transmissibles (précautions additionnelles), pansements de plaies infectées, bronchoscopie
Principes à respecter :
- Le masque doit recouvrir le nez et la bouche sans bailler au niveau des joues
- Se laver les mains après avoir mis le masque
- Ne pas toucher le masque quand on le porte
- Masque à usage unique, enlevé et mis à la poubelle (ne peut pas resservir)
- Erreur courante : laisser le masque autour du cou
- Se laver les mains après retrait du masque
Lunettes de Protection
Objectif : Protéger les professionnels lors de toute activité présentant un risque de projection de liquides biologiques (moins de 2 mètres).
Utilisation :
- Tout soin présentant un risque de projection ou nébulisation de liquides corporels
- Manipulation de produits agressifs (caustiques)
Blouses et Tabliers
Objectifs : Prévenir la transmission de microorganismes en protégeant la tenue professionnelle de base. Fabriquées en plastique ou non-tissé, à usage unique.
Blouses non stériles : Lorsqu'on craint de souiller/contaminer ses vêtements, lors de soins à risque de projection, pour contact avec patient en isolement septique.
Blouses stériles : Actes invasifs, certains isolements protecteurs (grands brûlés, unités stériles).
Tenue de Travail
Doit être :
- Fermée, propre, facilement lavée et décontaminée
- Changée tous les deux jours au minimum
- Avec poches en nombre limité
Hygiène corporelle :
- Correcte (pas de parfum qui incommode ou masque odeur)
- Ongles courts, curés, sans vernis
- Montres, bracelets, bagues, alliance ôtés
- Cheveux attachés ; pas de couvre-chef en unité banalisée (indispensable certains secteurs)
- Barbe et moustache portées courtes
- Chaussures fermées, confortables, silencieuses, semelles plates antidérapantes
- Pas de mouchoirs en tissu
- Costumes sales : dans sacs à linge à la sortie des vestiaires
Précautions Additionnelles (Isolements)
Concept Général
Signification : « Isolement » ne signifie plus « écarter physiquement ». Il s'agit de mesures particulières de précautions additionnelles aux précautions standards, adaptées à la voie de transmission de l'infection reconnue ou suspectée.
But : Supprimer tout contact dangereux entre un individu malade (réservoir de germes transmissibles) et d'autres individus sains ou malades exposés à ces germes pathogènes.
Principes :
- L'isolement engendre alourdissement de la charge de travail, augmentation des coûts et risque d'altération de la vie sociale du patient
- La sensibilité à l'infection varie beaucoup d'un malade à un autre
- L'isolement concerne les personnes et le matériel
- Mesures préventives particulières se greffent sur les précautions standards
Responsabilité et Consignes d'Instauration
Responsabilité médicale : Le médecin prend la responsabilité d'instaurer la procédure et de la lever lorsque les risques ont disparu.
Consignes à suivre :
- Suivre les protocoles des unités de soins
- Se renseigner sur la nature des précautions additionnelles (C, G, A, Protecteur)
- Se procurer le document de référence de l'unité expliquant les modalités
- Individualiser la chambre
- Disposer un affichage sur la porte
- Aménager l'espace avec sas virtuel ou réel
- Plateau pour adaptation tenue vestimentaire, élimination déchets et linge
- Individualisation du matériel
Procédure Générale lors d'un Soin
- Regrouper les soins
- Effectuer la prise en charge après les autres patients
- Enfiler la tenue adéquate
- Sortir les déchets en (double) emballage identifiable
- Retirer la tenue et effectuer une DHA (désinfection hygiénique des mains)
Isolement de Contact
But : Prévenir l'infection transmise par contact inter-humain direct ou indirect.
Précautions essentielles : Lavage des mains, tablier et gants lors de soins directs.
Modalités :
- Isolement : Chambre seule ; si impossible, regrouper patients ayant même infection et même comportement
- Lavage des mains : À l'entrée et à la sortie ; chariot d'isolement
- Tablier et gants : Pour tout contact avec le patient et son environnement (matériel, surfaces contaminées)
- Linge sale : Double emballage, circuit linge contaminé. Pas de linge personnel de préférence
- Déchets : Double emballage, circuit déchets infectieux
- Excréta : Désinfection de tout l'environnement souillé
- Matériel médical : Reste dans la chambre, nettoyé et désinfecté à la sortie, utiliser au maximum des instruments à usage unique
- Visites et soins : Limiter les visites, regrouper les soins
- Transport : Limiter les déplacements, tablier + gants (ou lavage mains) au patient + services prévenus
- Nettoyage : Quotidien ; nettoyage-désinfection à la sortie ou à la levée de l'isolement
Isolement Gouttelettes
But : Prévenir l'infection par sécrétions oro-trachéo-bronchiques (transmission par inhalation de gouttelettes de salive ou sécrétions des voies aériennes supérieures lors de toux, éternuement).
Précaution essentielle : Masque filtrant à 99 % (particules ≥ 5 µ) lors d'approche à moins d'1 m du patient.
Modalités :
- Masque chirurgical : Pour personnel et visiteurs autour du lit du malade
- Isolement et porte fermée : Si impossible, regrouper patients même infection/comportement
- Lavage des mains : Avant pose masque, avant sortie avec savon antiseptique ; chariot d'isolement
- Tablier et gants : Pour tout soin à proximité et/ou soins à risque
- Déchets : Circuit risque infectieux, double emballage
- Linge, vaisselle, livres : Pas de précautions particulières
- Personnel et visiteurs : Regrouper les soins, limiter les visites
- Transport du patient : Masque chirurgical + lavage des mains au patient + prévenir services, limiter déplacements
- Nettoyage/désinfection : Quotidien, à la sortie et à la levée de l'isolement, masque pour le personnel
Isolement « Aérien »
But : Prévenir les infections transmises par l'air — fines particules < 5 µ (« droplet nuclei », poussières ou gouttelettes de condensation en suspension porteuses de germes).
Précaution essentielle : Masque à haut pouvoir filtrant (« bec de canard ») (masque BK) (masque FFP2) obligatoire pour tous dès l'entrée (personnel et visiteurs).
Modalités :
- Isolement et porte fermée : Si possible chambre à pression négative ; sinon regrouper patients même infection/comportement
- Lavage des mains : Avant et après port du masque ; chariot d'isolement
- Tenue : Tablier de protection, gants, lunettes
- Renouvellement de l'air : 6x/24h, en ouvrant la fenêtre
- Déchets : Circuit risque infectieux, double emballage
- Linge, vaisselle, livres : Pas de précautions particulières
- Personnel et visiteurs : Regrouper les soins, limiter les visites
- Transport du patient : Très limité, masque chirurgical + prévenir services
- Nettoyage/désinfection : Quotidien, à la sortie et à la levée de l'isolement, masque pour le personnel
Isolement Septique
Consignes pour le matériel :
- Vaisselle : « Disposable » jamais requise
- Déchets solides : Double emballage, container rigide
- Linge : Sacs réservés dans l'isolement puis double emballage
À la sortie du patient :
- Matériel recyclable individualisé le temps des précautions : évacué vers la stérilisation après emballage non spécifique (instruments, stéthoscope, tensiomètre)
- Reste du matériel (pompes, etc.) : Désinfection dans l'unité
Isolement Protecteur
But : Faire barrière à l'entrée des agents infectieux dans l'environnement immédiat du patient.
Qui est concerné :
- Malades avec défenses immunitaires réduites (leucémie, SIDA)
- Malades avec défenses réduites suite à certains médicaments (stéroïdes, chimiothérapie)
- Malades avec barrière externe altérée (brûlés, prématurés, allergies)
Mesures essentielles : Mise en place d'un masque chirurgical et lavage des mains du personnel avant entrée ; désinfection ou stérilisation du matériel avant entrée ; utilisation d'enceintes en surpression.
Directives :
- Isolement : Chambre seule ; selon cas : filtres HEPA, pression positive, sas
- Lavage des mains : À l'entrée, obligatoire, désinfection hygiénique
- Tenue : Masque obligatoire, tablier pour les soins, (surchaussures), (gants non stériles)
- Linge : Propre, emballé, changé quotidiennement
- Vaisselle : Si possible à usage unique ou soigneusement décontaminée
- Matériel médical et de soins : Décontaminé avant entrée, désinfecté quotidiennement, reste dans la chambre
- Entrées : Limiter visites (max. 2 personnes en chambre, consignes strictes, rien à apporter), regrouper les soins, soins rigoureusement aseptiques
- Alimentation et boissons : Particulières, petits conditionnements, régime « leukémiant »
- Objets personnels : Désinfectés avant entrée
- Transports : Limiter au maximum, masque + recouvrir drap stérile + désinfecter moyen de transport + éviter attentes + services prévenus (désinfection)
- Nettoyage : Désinfection quotidienne, désinfection à la sortie du patient
Résumé Pratique des Précautions
Dans les cas d'isolement (protecteur ou précautions additionnelles), des directives obligatoires existent, notamment l'adaptation de la tenue vestimentaire. Dans les autres cas, le personnel a la responsabilité de choisir les moyens appropriés basés sur la probabilité d'exposition aux matières infectieuses et les procédures de soins. L'importance de la collecte de données, de la réflexion personnelle et collective est capitale.
Gestion des Déchets Hospitaliers
La politique de gestion des déchets hospitaliers repose sur quatre principes : Sécurité, Hygiène, Économie, Recyclage.
Les déchets se classent en trois catégories (A, B, C), avec des modalités de traitement différentes selon leur nature et leur risque infectieux. Les déchets piquants/tranchants ou souillés de matières biologiques doivent être isolés dans des conteneurs rigides et adaptés.
Points Clés pour l'Examen QCM
- Définition : Hygiène hospitalière = prévention des infections nosocomiales (6 % des patients hospitalisés affectés annuellement)
- Chaîne de transmission : 6 maillons (agent, réservoir, porte sortie, voie transmission, porte entrée, hôte) — on peut la rompre à chaque maillon
- Bactéries = 90 % des infections ; virus = 5 %
- Précautions standards = applicables à TOUS les patients, TOUS les soins
- Lavage des mains = vecteur de transmission le plus important, acte de base fondamental
- Gants, masques, blouses = EPI à adapter selon le risque (septique, chimique, physique)
- Isolement de contact = lavage mains + tablier + gants
- Isolement gouttelettes = masque chirurgical à < 1 m, porte fermée
- Isolement aérien = masque FFP2 obligatoire pour TOUS dès l'entrée, chambre à pression négative si possible
- Isolement protecteur = pour patients immunodéprimés, masque + désinfection strict du matériel avant entrée
- Comité d'hygiène = composé de médecins et infirmiers hygiénistes, responsable de la stratégie globale
- Double emballage des déchets = en isolement septique/additionnels
- Tenue professionnelle = fermée, propre, changée tous les 2 jours, ongles courts, bijoux ôtés
- Responsabilité du médecin : instaurer et lever les précautions additionnelles
Hygiène Hospitalière, Infections Nosocomiales et Prévention : Guide Complet
Définition et Contexte de l'Hygiène Hospitalière
L'hygiène hospitalière est une branche de la science médicale qui étudie et met en œuvre l'ensemble des mesures préventives destinées à préserver ou améliorer la santé individuelle et générale au sein des établissements de soins. Elle constitue une partie intégrante de l'activité et de la qualité des soins hospitaliers, évoluant au rythme des progrès techniques et scientifiques.
Son objectif principal est la prévention des maladies infectieuses à l'hôpital et dans les établissements de soins, particulièrement la lutte contre les infections nosocomiales. L'hygiène hospitalière représente l'ensemble des moyens déployés pour éviter à un malade hospitalisé une pathologie infectieuse (ou non) d'origine iatrogène — c'est-à-dire provoquée par un acte médical ou par les médicaments, même en l'absence d'erreur du médecin.
Le patient dispose du droit inaliénable à des soins de qualité assurant sa sécurité. La prévention des infections nosocomiales est l'affaire de tous les intervenants hospitaliers et repose sur trois piliers essentiels :
- Des connaissances scientifiques et pratiques actualisées
- Le sens des responsabilités individuelles et collectives
- Des comportements adéquats systématiquement appliqués
Concept et Importance des Infections Nosocomiales
Une infection nosocomiale (ou infection hospitalière) est une infection contractée au cours d'une hospitalisation ou développée chez un patient hospitalisé, qui ne se manifestait pas au moment de son admission. Elle représente un problème majeur de santé publique affectant la sécurité des patients et la qualité des soins.
Les infections nosocomiales surviennent lorsque la chaîne de transmission des micro-organismes n'est pas rompue. Cette chaîne comprend six éléments critiques :
- L'agent infectieux (le germe pathogène)
- Le réservoir (son refuge — patients, personnel, environnement)
- La porte de sortie (son point de départ — voies respiratoires, digestives, urinaires, cutanées)
- La voie de transmission (son mode de propagation — directe, indirecte, aérienne)
- La porte d'entrée (muqueuses, peau lésée, voies respiratoires)
- L'hôte réceptif (personne susceptible à l'infection)
Toute personne infectée, atteinte d'une maladie contagieuse ou colonisée (notamment par des germes multirésistants) est à la fois réservoir de germes et disséminateur potentiel, représentant une source possible d'épidémie. La compréhension de cette chaîne permet d'identifier les points d'intervention pour la prévention.
Les principaux facteurs d'apparition des infections nosocomiales incluent :
- L'apparition de résistances aux antibiotiques chez les micro-organismes pathogènes hospitaliers
- L'augmentation du nombre de patients immunodéprimés (VIH, SIDA depuis 1985, chimiothérapie)
- Les actes invasifs augmentant les risques d'infection (cathéters, sondes, interventions chirurgicales)
- L'environnement hospitalier favorisant la colonisation bactérienne
- L'absence d'application rigoureuse des mesures d'hygiène
Surveillance des Infections Nosocomiales
La surveillance épidémiologique des infections nosocomiales est essentielle pour identifier les tendances, détecter les épidémies et évaluer l'efficacité des mesures de prévention. Les données de surveillance montrent que certains services hospitaliers présentent des taux d'infection plus élevés :
- Soins intensifs : taux le plus élevé en raison de l'immunodépression et des actes invasifs
- Néonatologie : patients vulnérables (nouveau-nés)
- Réanimation : patients critiques avec défenses immunitaires altérées
- Gériatrie : population âgée avec comorbidités
- Chirurgie : risques liés aux actes invasifs et à la période postopératoire
Rôle du Comité d'Hygiène Hospitalière
Le comité d'hygiène hospitalière est responsable de :
- L'établissement de protocoles d'hygiène et d'infection control adaptés
- La formation et l'information du personnel
- La surveillance épidémiologique des infections
- Le suivi des aspects ayant trait à l'hygiène dans les activités hospitalières (construction, transformation, quartier opératoire, salle d'accouchements)
- L'achat de matériels appropriés
- La mise en œuvre des directives des organismes officiels (Conseil supérieur de la Santé)
- L'échange d'informations et d'expérience acquise avec d'autres établissements
Précautions Standards : Fondement de la Prévention
Les précautions standards constituent le socle de toute démarche de prévention des infections hospitalières. Elles représentent l'ensemble de mesures simples devant être appliquées dans toutes les occasions de soins, y compris en situation d'urgence, et avec tous les patients, indépendamment de leur statut infectieux connu ou supposé.
Principes Fondamentaux des Précautions Standards
Les précautions standards reposent sur deux principes essentiels :
- Tous les patients porteurs de micro-organismes identifiés cohabitent potentiellement avec des patients porteurs de micro-organismes non identifiés
- Tous les liquides biologiques sont potentiellement infectieux, quelle qu'en soit l'apparence
Ces mesures sont basées sur les dernières recommandations internationales et les données scientifiques actuelles, s'adressant à tous les prestataires de soins sans exception. L'utilisation des précautions standards constitue une démarche d'anticipation et de réflexion permettant d'être autonome dans la prise en charge du patient.
Obligation légale et éthique : Les précautions standard s'imposent pour tous, par tous, partout, en tout temps. Quel que soit le statut infectieux du patient, il s'agit de précautions d'hygiène appliquées pour la protection systématique du personnel et des patients face au risque infectieux.
Quand Appliquer les Précautions Standards ?
Les précautions standards sont obligatoires pour tous les patients lors de tout contact potentiel avec des contacts biologiques incluant :
- La peau intègre ou lésée
- Les muqueuses (respiratoires, vaginales, oculaires, etc.)
- Tous les liquides et matières biologiques : sang, urines, selles, vomissements, expectorations, salive, sécrétions nasales, sperme, sécrétions vaginales et autres liquides organiques
- À l'exception de la sueur non contaminée
Composantes des Précautions Standards
Lavage des Mains
Le lavage des mains est l'action de base pour rompre la chaîne de contamination. Deux approches sont distinguées :
| Lavage hygiénique (savon liquide ordinaire pH neutre) | Désinfection hygiénique (savon antiseptique + SHA) |
| Entre les soins chez deux patients | Avant soins avec techniques aseptiques |
| Après contact avec du sang, liquide biologique, produit d'origine humaine ou matériel souillé | Entrée et sortie chambre d'isolement |
| Efficacité : action mécanique suffisante pour flore transitoire | Efficacité : 10 fois plus facile, 100 fois plus efficace pour prévention infections |
Port de Gants
Les gants constituent une barrière de protection physique. Indications :
- Risque de contact avec sang ou liquide biologique
- Contact avec muqueuses ou peau lésée
- Soins à risque de piqûre (hémoculture, pose/retrait voie veineuse, prélèvements sanguins)
- Manipulation de tubes de prélèvements biologiques, linge et matériel souillés
- Si mains du soignant sont lésées
Principes essentiels :
- Changement entre deux patients et deux activités
- Après port de gants : friction alcoolique ou lavage hygiénique obligatoire
- Un soin = une paire de gants = un patient
- Retrait immédiat après utilisation avec élimination en poubelle
- Important : Le port de gants ne dispense pas du lavage des mains avant et après
Manipulation du Matériel Piquant et Tranchant
Matériel à usage unique piquant/tranchant :
- NE PAS recapuchonner les aiguilles
- NE PAS désadapter les aiguilles à la main
- Déposer immédiatement après usage sans manipulation supplémentaire dans un conteneur adapté
- Conteneur situé au plus près du soin
- Niveau maximal de remplissage vérifié régulièrement
Matériel réutilisable :
- Manipuler avec précautions si souillé par sang ou produit humain
- Vérifier que le matériel a subi une procédure d'entretien appropriée (stérilisation ou désinfection) avant réutilisation
Port d'Équipement de Protection Individuelle (EPI)
Tablier, lunettes et masque : Recommandés si soins ou manipulations exposent à risque de projection de :
- Sang
- Liquides biologiques
- Produits d'origine humaine
Protection du Personnel Hospitalier
Les mesures de protection du personnel comprennent :
- Application rigoureuse des précautions standards
- Vaccination contre l'hépatite B et autres maladies (COVID-19 selon recommandations institutionnelles)
- Campagnes d'information sur les modes de contamination (VIH, COVID-19, etc.)
- Dépistage systématique chez patients à risques (VIH, hépatite, grippe, COVID-19)
- Prévention des accidents (exposition au sang, liquides biologiques)
- Suivi en médecine du travail
Protection des Patients
Les objectifs de protection des patients sont de réduire le risque de transmission de micro-organismes :
- De patient à patient
- De patient au personnel
- Du personnel au patient
- Du patient aux visiteurs
Recommandations pratiques :
- Mise à disposition de masques médicaux à élastiques dans tous lieux communs (accueil, tri, admission, salles d'attente, services ambulatoires)
- Information du personnel, patients et visiteurs concernant les mesures en présence de signes d'infection respiratoire (toux, crachat, encombrement, rhinite) :
- Porter un masque chirurgical
- Tousser/cracher dans mouchoir papier
- Effectuer hygiène des mains
Précautions Additionnelles : Adaptations aux Risques Spécifiques
Les précautions additionnelles sont des modalités spécifiques de prise en charge qui se greffent sur les précautions standards selon la nature de la maladie et sa voie de transmission. Elles visent à supprimer tout contact dangereux entre un individu malade (réservoir de germes indésirables transmissibles) et d'autres individus malades ou sains.
Concept de l'Isolement
L'isolement consiste à établir momentanément des barrières avec l'environnement habituel du patient pour deux raisons principales :
- Une infection confirmée ou suspectée : La personne malade est contagieuse et pourrait transmettre son infection à d'autres patients ou personnes → instauration de précautions additionnelles (isolement septique ou infectieux)
- Une hypersensibilité acquise : Patient immunodéprimé nécessitant une protection → isolement protecteur
Important : Le terme "isolement" ne signifie plus "écarter physiquement" comme autrefois. Il s'agit de mesures particulières et de précautions additionnelles dans les cas d'infections reconnues ou suspectées.
L'isolement engendre :
- Alourdissement de la charge de travail
- Augmentation des coûts hospitaliers
- Risque d'altération de la vie sociale du patient
La sensibilité à l'infection varie considérablement d'un malade à l'autre. La stricte application des techniques d'isolement, visant à couper les voies de transmission de l'infection, devrait garantir la sécurité des patients et du personnel.
Consignes d'Instauration des Précautions Additionnelles
La mise en place des précautions additionnelles suit un protocole strict :
- Le médecin prend la responsabilité d'instaurer la procédure sur base des éléments diagnostiques
- Le médecin lève la procédure quand les risques ont disparu
- Suivi des protocoles des unités de soins
- Identification de la nature des précautions additionnelles (contact, gouttelettes, aérien)
- Obtention du document de référence de l'unité expliquant les modalités
- Individualisation de la chambre si possible
- Affichage visible sur la porte de la chambre
- Aménagement de l'espace avec sas virtuel ou réel
- Plateau pour adaptation tenue vestimentaire, élimination déchets et linge
- Individualisation du matériel
Procédure de Soin en Isolement
Lors d'un soin en isolement additif, les étapes suivantes sont rigoureusement respectées :
- Regroupement des soins pour limiter les entrées/sorties
- Effectuer la prise en charge après les autres patients
- Enfiler la tenue adéquate (adaptation spécifique selon type isolement)
- Sortir les déchets en double emballage identifiable
- Retirer la tenue et effectuer une désinfection hygiénique des mains (DHA)
Isolement de Contact
But : Prévenir l'infection transmise par contact inter-humain direct ou indirect
Micro-organismes concernés :
- Infections à transmission directe (peau à peau)
- Infections à transmission indirecte (par objet contaminé)
- Germes multirésistants aux antibiotiques
Précautions essentielles :
- Lavage des mains (entrée et sortie)
- Tablier et gants lors soins directs
- Regroupement patients ayant même infection si isolement chambre seule impossible
- Chariot d'isolement
Spécificités :
- Lavage des mains : À l'entrée et sortie
- Tablier et gants : Pour tout contact avec patient et environnement (matériel/surfaces contaminées)
- Linge sale : Double emballage, circuit linge contaminé, préférence pas de linge personnel
- Déchets : Double emballage, circuit déchets infectieux
- Excréta : Désinfection de tout l'environnement souillé
- Matériel médical/soins : Reste en chambre, nettoyage-désinfection à sortie, instruments à usage unique
- Visites : Limitées, soins regroupés
- Transports : Minimisés, tablier + gants ou lavage mains, services prévenus
- Nettoyage chambre : Quotidien, désinfection à sortie patient ou levée isolement
Isolement Gouttelettes (Droplet)
But : Prévenir l'infection par sécrétions oro-trachéo-bronchiques — germes des gouttelettes de salive ou sécrétions voies aériennes supérieures (toux, éternuement) → transmission par inhalation
Particularités physiques : Gouttelettes de diamètre supérieur ou égal à 5 µm, transmission par inhalation directe à distance inférieure à 1 mètre
Précaution essentielle : Masque filtrant à 99% (particules ≥ 5 µm) lors d'approche à moins d'1 mètre du patient
Spécificités :
- Port du masque : Obligatoire pour personnel et visiteurs autour du lit
- Masque chirurgical : Adapté pour cette voie de transmission
- Isolement : Chambre seule avec porte fermée; regroupement patients si impossible
- Lavage mains : Avant port masque, avant sortie avec savon antiseptique, chariot isolement
- Tablier et gants : Pour tout soin à proximité patient et/ou soins à risque
- Déchets : Circuit risque infectieux, double emballage
- Linge, vaisselle, livres : Pas de précautions particulières
- Transport patient : Masque chirurgical, lavage mains patient, services prévenus, déplacements limités
- Nettoyage/désinfection chambre : Quotidien, sortie patient, levée isolement, masque personnel
Isolement Aérien (Airborne)
But : Prévenir infections transmises par l'air — fines particules < 5 µm ("droplet nuclei", poussières ou gouttelettes de condensation en suspension dans l'air porteuses de germes)
Particularités physiques : Particules très fines restant en suspension longtemps, transmission à distance supérieure à 1 mètre
Précaution essentielle : Masque à haut pouvoir filtrant pour fines particules ("bec de canard") — Masque FFP2 (Filtering Facepiece Piece 2) ou masque BK
Spécificités :
- Port masque : Obligatoire pour tous dès l'entrée — personnel ET visiteurs
- Masque FFP2 : Adaptation quasi étanche aux contours du visage
- Isolement : Chambre seule, porte fermée, si possible chambre à pression négative, regroupement patients si impossible
- Lavage mains : Avant et après port masque, chariot isolement
- Tablier, gants, lunettes : Protection complète
- Renouvellement air : 6 fois par 24h, ouverture fenêtres
- Déchets : Circuit risque infectieux, double emballage
- Linge, vaisselle, livres : Pas de précautions particulières
- Personnel/visiteurs : Soins regroupés, visites limitées
- Transport patient : Très limité, masque chirurgical, services prévenus
- Nettoyage : Quotidien, sortie patient, levée isolement, masque personnel
Maladies justifiant isolement aérien : Tuberculose, rougeole, varicelle, COVID-19 (certains cas)
Isolement Septique (Infectieux)
But : Protéger l'environnement et les autres patients d'une contamination massive par le patient infecté
Spécificités :
- Linge usagé : Sacs réservés en chambre, puis double emballage, circuit linge contaminé
- Linge personnel : De préférence absent
- Habillage : Tenue adaptée avec protections adéquates
- Matériel individualisé : Tout reste en chambre durant isolement
- Regroupement soins : Après autres patients
- Tenue vestimentaire : Adaptée aux risques
- Déchets : Double emballage obligatoire, circuit déchets infectieux
- Rien ne doit sortir : Sauf en double emballage identifiable
- Une tenue avant sortie : Sauf masque si isolement aérien
- Vaisselle : À usage unique, jamais vaisselle réutilisable
- Matériel médical recyclable : Individualisé durant isolement; au départ du patient, évacué vers stérilisation après emballage non spécifique (instruments, stéthoscope, tensiomètre)
- Autres matériels (pompe, etc.) : Désinfection en unité
- Nettoyage : Journalier, désinfection approfondie à sortie
Isolement Protecteur
But : Faire barrière à l'entrée des agents infectieux dans l'environnement immédiat du patient immunodéprimé
Populations concernées :
- Patients avec défenses immunitaires réduites (leucémie, SIDA)
- Patients avec défenses immunitaires réduites suite à certains médicaments (stéroïdes, chimiothérapie)
- Patients avec barrière externe altérée (brûlés, prématurés, allergie grave)
Mesures essentielles : Mise en place masque chirurgical et lavage mains avant entrée chambre, désinfection/stérilisation matériel avant entrée, enceintes en surpression si possible
Objectif : Éviter transmission tout agent infectieux à patients immunodéprimés (micro-organismes environnement, portés par autres patients, personnel, visiteurs)
Spécificités :
- Isolement : Chambre seule; suivant cas : filtres HEPA, pression positive, sas
- Lavage mains : À l'entrée obligatoire, désinfection hygiénique
- Tenue : Masque obligatoire, tablier pour soins, (surchaussures), (gants non stériles)
- Linge : Propre, emballé, changé quotidiennement
- Vaisselle : À usage unique si possible ou soigneusement décontaminée
- Matériel médical/soins : Décontaminé avant entrée, désinfecté quotidiennement, reste en chambre
- Entrées : Visites limitées (max 2 personnes chambre, consignes strictes, ne peuvent rien apporter malade), soins regroupés, aseptie rigoureuse
- Alimentation/boissons : Particulières, petits conditionnements, régime "leukémiant" (sans germes pathogènes)
- Objets personnels : Désinfectés avant entrée
- Transports : Limiter déplacements au maximum, masque + drap stérile, désinfection moyen transport, éviter attentes, services prévenus et préparés à désinfection
- Nettoyage : Désinfection quotidienne, désinfection approfondie à sortie patient
Hygiène des Mains : Pratique Centrale de la Prévention
Importance Fondamentale
L'hygiène des mains représente l'une des actions de base les plus importantes pour rompre la chaîne de la contamination. Selon le principe fondamental : « La main récolte, la main transmet ». Les mains constituent le vecteur et la voie de transmission la plus importante des infections croisées.
But : Prévenir la transmission de micro-organismes :
- D'un site à l'autre chez un même patient
- Entre patients différents
- De l'environnement ou du personnel
En diminuant la quantité de micro-organismes présents sur les mains, on réduit considérablement le risque d'infection nosocomiale.
Flore Bactérienne des Mains
Au niveau de la peau, les micro-organismes sont classés en deux groupes distincts ayant des caractéristiques très différentes :
| Flore Bactérienne Résidente (Permanente) | Flore Bactérienne Transitoire |
| Localisation : Vit et se développe dans les plis microscopiques de la peau et dans les conduits des glandes sébacées et des follicules pileux | Localisation : Se trouve sur les couches superficielles de l'épithélium |
| Origine : Remonte à la surface de la peau | Origine : Provient d'un contact avec des personnes ou des objets |
| Rôle biologique : Joue un rôle important sur l'équilibre physico-chimique de la peau | Rôle : Reflet de l'environnement et varie en fonction des activités |
| Fonction protectrice : Constitue une barrière contre la colonisation par les bactéries exogènes | Durée de vie : Survit peu de temps (24 heures maximum) |
| Stabilité : Stable, s'élimine grâce aux cellules mortes (desquamation) | Variabilité : Composition très variable selon les contacts |
| Virulence : Peu virulente, rarement cause d'infection croisée | Pathogénicité : Flore pathogène, principale cause infections croisées |
| Élimination par lavage : Non éliminée par lavage superficiel | Élimination par lavage : Facilement éliminée par action mécanique (eau courante + savon) |
| Réponse aux antiseptiques : Partiellement inactivée par un antiseptique (rémanence 2-6h après lavage chirurgical) | Réponse aux antiseptiques : Exceptionnellement, peut nécessiter usage d'un antiseptique |
| Composition : Plutôt stable — Corynébactéries saprophytes, Staphylococcus epidermidis | Composition : Très variable — Cocci pyogènes (Staphylococcus aureus, Streptocoques), Entérobactéries, Pseudomonas |
Cette distinction est capitale : la flore transitoire est la principale cible à éliminer par l'hygiène des mains, car elle représente le risque infectieux majeur.
Conditions Préalables au Lavage des Mains
Avant d'effectuer tout lavage ou désinfection des mains, plusieurs conditions sine qua non doivent être respectées :
État des mains :
- Mains démunies de bagues, bracelets, montres — « Tolérance 0 bijoux »
- Ongles courts et entretenus
- PAS de vernis à ongles
- PAS de faux ongles
- Lésions cutanées : Doivent être soignées et suffisamment protégées pour prévenir toute contamination et contamination croisée
- Manches courtes
Justification de l'interdiction des bijoux : L'hygiène des mains est impossible si montre ou bijoux au niveau des mains et poignets car ils empêchent un lavage et une désinfection corrects. Un anneau lisse est également déconseillé. Les bijoux peuvent abriter des micro-organismes et créer des zones inaccessibles au nettoyage.
Équipement du lave-mains :
- Eau : Eau courante froide et chaude
- Robinet : Actionné sans contact avec les mains (poignet, coude, genou, pied, œil électronique)
- Écoulement : N'occasionne pas d'éclaboussures
- Lave-mains lui-même : Large, non poreux, sans trop plein, facilement lavable, avec siphon démontable, désinfecté à l'eau de Javel 1 fois par jour
- Distributeur de savon : Fixé au mur, délivre produit en dose unitaire à usage unique, robuste, démontable, actionnable avec pied ou coude
- Distributeur de serviettes : Papier individuel à usage unique
- Poubelle : Présente et accessible
Eau utilisée :
- Pour lavage des mains et désinfection chirurgicale, eau courante obligatoire
- Eau de distribution répond aux exigences microbiologiques de l'eau potable
- Satisfait tous types de lavage et désinfection des mains
Distributeurs de savon et d'antiseptiques :
- Fixés au mur, délivrent produits en dose unitaire à usage unique
- Récipients contenant le savon jetés après usage ou nettoyés avant nouveau remplissage
- Réservoirs interchangeables
Techniques de Lavage des Mains
Lavage Simple (Hygiénique)
Savon pH neutre
Indications :
- Prise et fin de service
- Après geste de la vie courante (WC, se moucher, se coiffer)
- Avant et après un repas
- Avant et après une prestation hôtelière
- Avant la distribution de médicaments
- Avant et après tous soins non-invasifs (entre 2 patients, réfection lits, toilette)
- Après l'utilisation de gants
Procédure :
- Ouvrir robinet d'eau courante ; mouiller les mains
- Recueillir une dose de savon liquide ordinaire (pH neutre) en actionnant distributeur avec coude ou poignet
- Ajouter un peu d'eau pour mousse
- Savonner : paumes et dos des mains en mouvements circulaires, espaces interdigitaux, extrémités des doigts, les pouces, pourtour des ongles, poignets, pendant minimum 30 secondes (en évitant éclaboussures)
- Rincer à l'eau abondamment paume des mains vers le haut en débutant par doigts pour terminer par poignets
- Prendre un papier individuel, sécher en tamponnant des mains vers les poignets (un ou deux papiers par main)
- Refermer robinet avec papier ou à l'aide du coude
- Jeter le papier dans la poubelle
Lavage Antiseptique (Désinfection Hygiénique)
À base de savon antiseptique (exemple : Hibiscrub®)
Indications :
- Avant de pratiquer soins avec techniques aseptiques (cathéter, sonde vésicale, biopsie) — plus mise de gants stériles
- Entrée et sortie chambre patient en isolement
- Avant tous soins chez patient immunodéprimé
- Après tout contact avec patient infecté ou colonisé par micro-organisme multirésistant (Staphylococcus, Klebsiella)
- Après contact avec patient, objet ou liquide infectés
- Après port de gants
Procédure :
- Ouvrir le robinet d'eau courante ; mouiller les mains
- Recueillir une dose de savon liquide antiseptique en actionnant le distributeur au moyen du coude ou du poignet
- Ajouter un peu d'eau pour obtenir de la mousse
- Savonner paumes et dos des mains en mouvements circulaires, espaces interdigitaux, les pouces, extrémités des doigts, pourtour des ongles, poignets pendant minimum 30 secondes par main (en évitant les éclaboussures)
- Rincer à l'eau abondamment paume des mains vers le haut en débutant par les doigts pour terminer par poignets
- Prendre un papier individuel, sécher en tamponnant des mains vers les poignets (un ou deux papiers par main)
- Refermer le robinet à l'aide du papier ou à l'aide du coude
- Jeter le papier dans la poubelle
Désinfection Hygiénique des Mains (DHA) avec Solution Hydro-alcoolique (SHA)
Produits : Stérilium®, Anios Gel®, etc. Contiennent alcool + produit protecteur de la peau (1% glycérine ou 2 gouttes huile silicone par litre)
Efficacité : 10 fois plus facile et 100 fois plus efficace pour prévention infections que lavage hygiénique. Nous n'avons plus aucune excuse de ne pas le faire.
Indications :
- Pour l'hygiène des mains et aussi la désinfection chirurgicale
- La DHA élimine un plus grand nombre de germes que le lavage hygiénique
- Entraîne une meilleure compliance du personnel
Exception : NE PAS utiliser SHA si :
- Mains macroscopiquement souillées
- Présence de talc sur les mains
- Contact avec Clostridium difficile et/ou Gale
Procédure de DHA :
- Prendre une quantité suffisante de SHA pour couvrir l'ensemble des mains
- Frictionner les mains jusqu'à ce qu'elles soient sèches de la manière suivante :
- Paume contre paume
- Paume de la main droite sur le dos de la main gauche et paume de la main gauche sur le dos de la main droite
- Paume contre paume en imbriquant les doigts des deux mains
- Placer la face arrière des doigts dans la paume de la main opposée et frictionner les doigts par un mouvement aller/retour contre cette paume
- Frictionner bien le pouce de chaque main avec la paume de l'autre main
- Frictionner le bout des doigts de chaque main en tournant dans la paume de l'autre main
- (Terminer par les poignets des deux mains)
- Totalité de la procédure : 20-30 secondes
Zones fréquemment oubliées lors du lavage des mains : Les étudies montrent que certaines zones sont régulièrement oubliées :
- Très souvent oubliées : Poignets, espaces interdigitaux, pouces, ongles
- Moins fréquemment oubliées : Paumes, dos des mains
- Pas oubliées : Avant-bras
Une campagne de sensibilisation mondiale existe : le Global Hand Hygiene Day le 5 mai, avec le slogan « Sauvez des vies : désinfectez-vous les mains ».
Moments Critiques pour l'Hygiène des Mains
Après le dernier contact avec le patient et son environnement proche quand on le quitte :
- But : Protéger le prestataire de soins et l'environnement
- Exemples :
- Après gestes de politesse/confort : serrer la main, toucher le bras
- Après contact physique direct : aider patient à se déplacer, se laver, massage
- Après examen clinique : prendre le pouls, palper l'abdomen
Après contact avec l'environnement proche du patient même sans contact avec lui :
- But : Protéger prestataire et environnement
- Exemples : Changement draps lit, arrêt alarmes, mise/enlèvement barrières latérales de protection, nettoyage table de nuit
Principes de Préservation de l'Intégrité Cutanée
Une utilisation intensive et répétée des mains peut endommager la peau. Pour préserver son intégrité, les principes suivants doivent être respectés :
- Ne pas utiliser d'eau chaude (eau tiède ou froide)
- Se sécher les mains par tamponnements (non par friction)
- Ne pas utiliser plusieurs produits en alternance
- Appliquer régulièrement une crème pour les mains
Tenue de Travail et Équipements de Protection Individuelle (EPI)
Tenue de Travail Générale
La tenue de travail hospitalière doit respecter des normes strictes pour assurer l'hygiène et l'efficacité professionnelle :
- Fermée, propre, facilement lavée et décontaminée
- Changée tous les deux jours au minimum
- Poches : En nombre limité
- Hygiène corporelle : Correcte
- Parfum : Peut incommoder ou masquer une odeur — à éviter
- Ongles : Courts, curés, sans vernis
- Bijoux : Montres, bracelets, bagues et alliance ôtés
- Cheveux : Attachés; pas de couvre-chef en unité banalisée mais indispensable pour certains secteurs
- Barbe et moustache : Portées courtes
- Chaussures : Fermées, confortables, silencieuses, à semelles plates antidérapantes
- Mouchoirs : Pas de mouchoirs en tissu
- Costumes sales : Dans des sacs à linge à la sortie des vestiaires
Gants Propres (Non Stériles)
Objectifs :
- Protéger le prestataire de soins : Éviter contamination personnel lors de contact avec liquides biologiques, peau lésée, muqueuses
- Protéger les bénéficiaires des soins : Prévenir colonisation/contamination mains lors de certains soins ou manipulations
Indications :
- Risque septique :
- Contact ou risque de contact avec matières/liquides organiques (excepté sueur et lait maternel)
- Contact avec muqueuse ou peau lésée
- Entrée en isolement septique (selon protocoles)
- Tâches à caractère sale : manipulation/tri linge sale, manipulation/vaisselle matériel sanitaire
- Manipulation de déchets type DASRI (déchets d'activités de soins à risque infectieux) — ex: compresses sales, seringues
- Si lésions cutanées sur mains
- Risque chimique par résorption cutanée :
- Manipulation de produits désinfectant (surfaces inertes) et/ou détergents
- Manipulation de chimiothérapies anticancéreuses
- Risque physique :
- Manipulation d'objets piquants ou coupants
Présentation :
- Matières : Latex, nitrile, PVC — attention aux allergies au latex
- Conditionnement : Par 100 unités dans une boîte en carton
- Tailles : S, M, L
Bonnes pratiques d'utilisation :
- Gants adaptés aux mains, à l'acte et ajustés
- Pas dans les poches ou hors boîte
- Changement immédiat s'ils sont endommagés ou perforés
- Ongles courts et pas de bijou
- Sur mains sèches, propres
- Avant pose : Lavage simple ou friction avec produit hydro-alcoolique
- Ordre des soins : « Du plus propre au plus sale »
- Respect du temps d'utilisation des gants
- Si interruption de soin : Changement gants + DHA
- NE PAS désinfecter ni laver les gants à usage unique
- Changement entre deux patients ou deux activités
- Retrait immédiat après emploi en les retournant, élimination en poubelle
- Après retrait : DHA obligatoire des mains
Règle d'or : 1 paire de gants = 1 soin = 1 patient
Important : Les gants non stériles ne protègent PAS le patient. Retrait des gants = lavage des mains ou friction à la SHA
Retrait Correct des Gants
Le retrait des gants doit suivre une procédure précise pour éviter la contamination :
- Saisir le gant à l'extérieur près du poignet
- Pelant le gant en direction des doigts
- Tenir le gant retiré dans la main gantée
- Glisser les doigts non gantés sous le poignet du gant restant
- Peler en retournant le gant de l'intérieur
- Imbriquant les deux gants ensemble (le premier à l'intérieur du second)
- Jeter dans la poubelle appropriée
- Effectuer une DHA ou lavage des mains
Masques Médicaux
Objectifs :
- Protéger les professionnels et les patients lors de toute activité présentant un risque de projection de liquides biologiques
- Lors des soins à moins d'1 mètre ou lors de risque de contamination aérienne
Qui les porte :
- Les soignants ou les visiteurs
- Parfois le patient lui-même quand il se déplace (consultations, scanner, cafétéria)
- Depuis COVID-19 : Tout le monde doit porter un masque pour rentrer à l'hôpital
Types de Masques
| Type de Masque | Indications | Durée de Protection |
| Masques faciaux en papier double, pli avec élastiques | Actes aseptiques de courte durée; Protection du patient et du personnel | Courte durée : 10-15 minutes |
| Masques de procédures avec élastiques (chirurgicaux) | Protection standard | 4 heures; Filtration > 99% |
| Masques de protection individuelle FFP2 (= masque BK) | Soins patients suspectés ou porteurs du BK et COVID-19 | Filtration de haut niveau; Adaptation quasi étanche aux contours du visage |
| Masques chirurgicaux type FLUIDSHIELD avec ou sans visière | Protection environnement et personnel contre tout risque de projection (bloc opératoire, patient pneumopathie atypique) | Filtration > 99% durant 4 heures; Présence d'un film imperméable |
Indications Spécifiques des Masques
Protéger le malade :
- Bloc opératoire
- Soins et traitement malades très sensibles aux infections
- Ponctions de cavités
- Transport malades sensibles aux infections (malade portera aussi un masque)
Protéger le personnel :
- Soins ou transport malades porteurs de maladies transmissibles (précautions additionnelles)
- Pansements de plaies infectées
- Bronchoscopie
- Autres soins à risque selon précautions standards
Principes d'Utilisation des Masques
- Le masque doit recouvrir le nez et la bouche et ne pas bailler au niveau des joues
- Après avoir mis le masque : Se laver les mains
- Quand il est porté : Ne pas le toucher
- Usage unique : Doit être enlevé et mis à la poubelle, ne peut pas resservir
- Erreur fréquente : Laisser le masque autour du cou
- Après avoir enlevé le masque : Se laver les mains
Lunettes de Protection
Objectif :
- Protéger les professionnels lors de toute activité présentant un risque de projection de liquides biologiques lors des soins à moins de 2 mètres
Utilisation :
- Pour tout soin présentant un risque de projection ou de nébulisation de liquides corporels
- Pour la manipulation de produits agressifs (caustiques, etc.)
Caractéristiques : Doivent protéger les yeux complètement, avec coques latérales si nécessaire
Blouses et Tabliers de Protection
Objectifs :
- Prévenir la transmission de micro-organismes
- Protéger la tenue professionnelle de base
Caractéristiques : Plastique ou non-tissé, à usage unique
Blouses non stériles : Quand les utiliser ?
- Quand on craint de souiller ou contaminer ses vêtements de travail
- Lors de soins présentant risque de projection de liquides biologiques
- Pour entrer en contact avec patient en isolement septique
Blouses stériles : Quand les utiliser ?
- Lors d'actes à caractère invasif
- Certains isolements protecteurs (grands brûlés, unités stériles)
Résumé et Responsabilité
Dans les cas d'isolement (protecteur ou précautions additionnelles), il existe des directives obligatoires quant à l'adaptation de la tenue vestimentaire. Dans les autres cas, c'est le personnel qui a la responsabilité de choisir les moyens qu'il convient de mettre en œuvre. Ses décisions se fonderont sur :
- La probabilité de l'exposition aux matières infectieuses
- Les procédures de soins
- L'adaptation de la tenue vestimentaire
- Le strict respect des précautions standard
D'où l'importance capitale de la collecte des données, de la réflexion personnelle et collective pour adapter les mesures au contexte spécifique.
Prévention et Santé Publique : ONE et Vaccinations
L'Office de la Naissance et de l'Enfance (ONE) en Belgique
L'ONE est un organisme belge d'intérêt public jouant un rôle fondamental dans la santé maternelle, infantile et communautaire.
Missions principales :
- Promotion de la santé maternelle et infantile
- Prévention des maladies infectieuses et non-infectieuses
- Suivi médical des femmes enceintes
- Suivi pédiatrique des nouveau-nés et enfants
- Vaccination systématique selon calendrier
- Détection des problèmes**de santé précoces
- Education à la santé des familles
- Suivi socio-familial
Actions de prévention :
- Prévention primaire : Vaccinations (DTP, ROR, etc.), éducation pour la santé, mesures légales de protection
- Prévention secondaire : Dépistage précoce de maladies, diagnostics promptes
- Prévention tertiaire : Éducation thérapeutique, réadaptation, suivi des enfants atteints de maladies chroniques
Vaccination : Composante Essentielle de la Prévention
La vaccination représente l'une des mesures de prévention les plus efficaces en santé publique, particulièrement dans la prévention des infections nosocomiales en milieu hospitalier.
Objectifs de la vaccination :
- Prévenir les maladies infectieuses graves
- Réduire l'incidence et la mortalité
- Protéger les populations vulnérables (immunodéprimés, très jeunes, très âgés)
- Créer une immunité collective (herd immunity) quand le taux de vaccination est suffisant
Calendrier de vaccination : Un calendrier régulier existe pour tous les âges, listant les vaccinations recommandées et optionnelles. Le calendrier 2022-2023 inclut :
- Vaccinations recommandées avec ou sans prescription médicale : DTP (diphthérie, tétanos, poliomyélite), ROR (rougeole, oreillons, rubéole), hépatite B, varicelle, méningocoque, pneumocoque, HPV
- Vaccinations optionnelles : Selon recommandations des professionnels de santé
Vaccinations du personnel hospitalier : Le personnel doit être vacciné contre :
- Hépatite B : Obligatoire
- Tétanos : Obligatoire
- Grippe saisonnière : Recommandée annuellement
- COVID-19 : Selon directives institutionnelles et recommandations de santé publique
- ROR (rougeole, oreillons, rubéole) : Selon situation immunitaire
Épidémiologie et Surveillance
L'épidémiologie est la science étudiant la distribution et les déterminants des maladies dans les populations. Elle est fondamentale pour :
- Identifier les sources d'épidémies
- Comprendre les modes de transmission
- Évaluer l'efficacité des interventions préventives
- Prédire les tendances des maladies
- Justifier les politiques de santé publique
Surveillance des infections nosocomiales : Les données épidémiologiques montrent que les taux d'infection varient selon :
- Le type de service (soins intensifs > autres services)
- Les type d'actes pratiqués (invasifs = plus de risque)
- L'application des mesures de prévention
Lutte contre les Maladies Transmissibles
La lutte contre les maladies transmissibles repose sur plusieurs axes :
- Vaccination systématique des populations
- Éducation pour la santé — information sur modes de transmission, prévention
- Mesures légales — déclaration obligatoire des maladies transmissibles
- Isolement et quarantaine des personnes infectées
- Traitement médical approprié
- Surveillance épidémiologique — détection précoce d'épidémies
- Décontamination de l'environnement
Déclaration Obligatoire des Maladies Transmissibles
Certaines maladies transmissibles graves sont à déclaration obligatoire aux autorités de santé publique. Ces déclarations permettent :
- La surveillance épidémiologique
- La détection précoce d'épidémies
- La mise en place de mesures de contrôle
- La protection de la population
Maladies à déclaration obligatoire : Incluent la tuberculose, le VIH/SIDA, les infections à méningocoques, la rougeole, et autres maladies graves transmissibles selon la législation en vigueur.
Déchets Hospitaliers et Gestion
Politique de Gestion des Déchets Hospitaliers
La gestion appropriée des déchets hospitaliers répond à quatre objectifs majeurs :
- Sécurité — protection du personnel, patients, visiteurs, environnement
- Hygiène — prévention des infections
- Économie — optimisation des coûts
- Recyclage — respect de l'environnement et durabilité
Les déchets hospitaliers sont classés en trois catégories principales selon leur nature et leur risque infectieux :
Catégorie A : Déchets Ménagers et Non-Dangereux
Représentent environ 55% du volume des déchets hospitaliers
- Déchets ménagers : Papiers, emballages, restes de nourriture
- Matériels d'hébergement : Linges propres, fournitures hôtelières
- Produits en dehors des locaux de soins : Déchets administratifs, papeterie
- Déchets de construction : Lors de rénovations
Traitement : Élimination en tant que déchets municipaux ordinaires, ou recyclage selon programme local
Catégories B et C : Déchets à Risque Infectieux
Déchets contaminés par des agents infectieux ou biologiques dangereux
- DASRI (Déchets d'Activités de Soins à Risque Infectieux) : Compresses souillées, seringues, aiguilles, matériel de pansement contaminé, culture de germes, etc.
- Déchets chimiquement dangereux : Produits désinfectants, chimiothérapie, produits pharmacologiques
Traitement obligatoire :
- Emballage en double sac ou conteneur rigide identifiable
- Circuit spécifique de tri et de transport
- Incinération ou traitement thermal dans installations agréées
- Tracabilité
Importance des Déchets dans la Chaîne de Transmission
Les déchets contaminés représentent un maillon important de la chaîne de transmission des infections. Une gestion inappropriée peut conduire à :
- Contamination du personnel de nettoyage et d'élimination des déchets
- Contamination de l'environnement hospitalier
- Contamination du milieu externe (sites d'enfouissement, eau, sol)
- Transmission à la communauté
Par conséquent, la gestion rigoureuse des déchets fait partie intégrante des précautions standards et additionnelles.
Synthèse et Points Clés de Rétention
Principes Fondamentaux
- L'hygiène hospitalière est l'affaire de tous — prestataires de soins, patients, visiteurs, administrateurs
- Les précautions standards s'appliquent à tous les patients, toujours, partout
- Les précautions additionnelles complètent les standards selon le type de transmission
- La chaîne de transmission peut être rompue à plusieurs points d'intervention
Actions Critiques
- Lavage/désinfection des mains : La mesure de prévention la plus efficace et la plus accessible
- Port d'EPI appropriés : Selon le contexte et le risque
- Regroupement des soins : En isolement pour limiter expositions
- Gestion des déchets : Double emballage, circuits séparés
- Vaccination du personnel : Protection personnelle et collective
Zones de Vigilance et Erreurs Courantes
- Port de bijoux : Compromet l'efficacité du lavage des mains
- Non-changement des gants : Entre deux patients ou deux actes
- Recapuchonnage d'aiguilles : Augmente le risque de piqûre accidentelle
- Masque autour du cou : Inefficace et contaminant
- Oubli de zones lors du lavage : Poignets, espaces interdigitaux, pouces, ongles
- Manque d'actualisation : Des protocoles et recommandations
Approche Réflexive et Autonome
L'utilisation des précautions standards et additionnelles constitue une démarche d'anticipation et de réflexion permettant aux professionnels de soins d'être autonomes dans la prise en charge du patient. Chacun doit :
- Analyser la situation clinique
- Identifier les risques infectieux
- Sélectionner les mesures appropriées
- Appliquer les mesures rigoureusement
- Adapter les pratiques selon les contextes
- Évaluer l'efficacité des mesures
- S'améliorer continuellement par la formation
La prévention des infections nosocomiales n'est pas une charge administrative, mais une responsabilité éthique fondamentale envers les patients, le personnel et la communauté.
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