Hygiène des mains : Principes et Pratique
Aucune carteL'hygiène des mains est une mesure préventive essentielle pour limiter la transmission des infections. Elle comprend le lavage des mains à l'eau et au savon ou la friction avec une solution hydro-alcoolique, ainsi que des règles d'hygiène personnelle comme le retrait des bijoux et le port de vêtements appropriés. Les professionnels doivent se laver les mains systématiquement lors de moments clés pour assurer la sécurité des patients.
Synthèse des Soins en Puériculture et à l'Enfant Sain
Cette synthèse couvre les aspects fondamentaux des soins en puériculture, incluant l'hygiène, l'ergonomie, les troubles courants chez l'enfant, l'alimentation, le sommeil, la sécurité et le jeu, en mettant l'accent sur le bien-être et le développement harmonieux de l'enfant.
1. Hygiène
L'hygiène est un concept de soins et une garantie de sécurité. C'est une science au service des soins, un comportement et un savoir-faire essentiels pour une qualité optimale. Les mains sont la principale voie de transmission des micro-organismes, d'où l'importance capitale de leur hygiène.
1.1. Hygiène des Mains
Il existe trois méthodes principales pour l'hygiène des mains :
- Lavage des mains au savon et à l'eau.
- Friction avec une solution hydro-alcoolique (SHA).
- Port des gants.
Recommandations pour les mains et les avant-bras :
- Ne pas porter de bijoux aux mains, poignets et avant-bras.
- Les ongles doivent être courts, propres, sans vernis et sans faux-ongles.
- Une tenue à manches courtes est recommandée pour dégager les poignets et permettre une hygiène des mains correcte.
Moments clés pour le lavage des mains des professionnels :
- Le matin, avant l'arrivée du premier enfant.
- Après tout contact avec un parent.
- Avant de manger, de donner à manger ou de manipuler des aliments.
- Avant et après chaque change.
- Avant et après la prise de température d'un enfant.
- Avant et après la préparation et l'administration d'un médicament à un enfant.
- Avant et après avoir accompagné un enfant aux toilettes.
- Avant et après être allé aux toilettes.
- Après avoir aidé un enfant à se moucher ou après s'être mouché, avoir toussé, éternué.
- Chaque fois que nécessaire.
Technique du lavage des mains à l'eau et au savon (20 à 30 secondes) :
- Humidifier les mains avec de l'eau.
- Prendre une quantité suffisante de savon et frictionner les mains :
- Paume contre paume.
- Paume de la main droite sur le dos de la main gauche et vice-versa.
- Paume contre paume en imbriquant les doigts.
- Face arrière des doigts dans la paume opposée, frictionner par un mouvement aller-retour.
- Frictionner le pouce de chaque main avec la paume de l'autre main.
- Frictionner le bout des doigts de chaque main en tournant dans la paume de l'autre main.
- Rincer les mains pour éliminer tout résidu de savon.
- Sécher les mains au moyen d'une serviette à usage unique (en tamponnant).
- Fermer le robinet avec la serviette si nécessaire pour éviter la recontamination.
Autres recommandations pour l'hygiène des mains :
- Si les mains doivent être désinfectées, l'application de la SHA doit se faire sur des mains bien sèches.
- Préférer le savon liquide en distributeur au savon en brique.
- Pour le séchage, utiliser du papier jetable ou une serviette sèche en tamponnant sans frotter.
- Appliquer une crème hydratante, surtout en cas de lavages fréquents, pour prévenir le dessèchement.
1.2. Port des Gants
Quand mettre des gants après l'hygiène des mains :
Lorsqu'une indication d'hygiène des mains se présente avant un contact nécessitant l'usage de gants, pratiquer l'hygiène des mains par friction hydro-alcoolique ou lavage au savon et à l'eau.
Technique d'enfilage des gants :
- Prélever un gant de son emballage d'origine.
- Ne toucher qu'une surface limitée du gant correspondant au poignet.
- Enfiler le premier gant.
- Prélever le second gant avec la main non gantée, ne toucher qu'une surface limitée du poignet.
- Retourner la surface externe du gant sur les doigts repliés de la main gantée pour enfiler le second gant sans toucher la peau.
- Une fois les gants enfilés, les mains ne touchent que les éléments définis par les indications d'usage des gants.
Technique de retrait des gants :
- Pincer un gant au niveau du poignet pour le retirer sans toucher la peau, le retourner.
- Tenir le gant retiré dans la main gantée. Glisser les doigts de la main dénudée entre le gant et le poignet de l'autre main. Retourner le second gant pour envelopper le premier.
- Jeter les gants usagés.
- Pratiquer l'hygiène des mains par friction hydro-alcoolique ou lavage au savon et à l'eau.
1.3. Hygiène Corporelle et Vêtements de Travail
Hygiène corporelle :
- Préserve la santé de la peau et permet la détente.
- Contribue à maintenir une image positive de soi.
Vêtements de travail :
- Protègent la personne contre les salissures.
- Créent une barrière entre le corps et l'environnement de travail, empêchant les contaminations biologiques d'atteindre les vêtements civils.
- Il est conseillé de ranger séparément tenues de travail et vêtements de ville dans un casier à double compartiment.
- Se changer et se doucher sur le lieu de travail (pour postes techniques) évite de ramener particules et substances à la maison.
- Les vêtements professionnels salis sont des vecteurs de contamination (micro-organismes, bactéries, molécules dans les fibres, surtout humides).
- Le personnel exposé doit changer de tenue chaque jour et les vêtements de travail doivent être lavés régulièrement.
1.4. Hygiène de l'Environnement
Nettoyage et désinfection du plan de travail :
- Assure l'hygiène et la sécurité de l'enfant face aux risques de contamination.
- Le plan de travail inclut la table de change, les tables, les surfaces de meubles.
- Pour chaque enfant, le plan de travail doit être recouvert d'une protection (alèze, essuie, papier jetable) ou d'un coussin de change nettoyé et désinfecté.
- À domicile et en structures d'accueil (crèche, garderie), le plan de travail doit être nettoyé et désinfecté au minimum 2-3 fois par jour (ou autant de fois que nécessaire), au début et à la fin du service, et au moment de la sieste.
- Éviter la dispersion aérienne de nettoyant ; vaporiser directement sur la lavette pour éviter l'inhalation et le contact avec les particules sur les surfaces touchées par les enfants.
Gestion des poubelles :
À domicile et en structures d'accueil, les poubelles doivent être :
- Protégées à l'intérieur par un sac-poubelle.
- Hors de portée des enfants.
- Vidées, nettoyées et désinfectées quotidiennement, et maintenues fermées.
- Respectées les spécificités des poubelles en institution (ex: poubelles spéciales pour couches souillées pour isoler les odeurs).
Distinctions importantes :
- Nettoyage / Désinfection.
- Hygiène du matériel et des équipements.
- Hygiène du linge.
- Hygiène des locaux.
2. Ergonomie
L'ergonomie est l'étude des conditions de travail et de l'aménagement de l'équipement dans le but d'optimiser le bien-être humain et la performance globale du système.
2.1. Objectifs de l'Ergonomie
- Étude des conditions de travail : Comprendre les positions, les gestes des professionnels et l'organisation du travail.
- Étude de l'aménagement de l'équipement : Élaborer des outils de travail (chaise haute pour enfants, plans de travail, poussettes) selon des recommandations et des normes définies.
2.2. Rôle Préventif de l'Ergonomie
- Améliore l'organisation du travail, réduisant la fatigue et augmentant la rentabilité.
- Réduit les risques d'accidents, notamment les troubles dorsolombaires.
- La manutention (du latin manus, main + tenare, tenir) désigne la manipulation ou le déplacement manuel ou mécanique de personnes.
2.3. But de l'Ergonomie
Travailler en respectant la physiologie du corps humain. Les professionnels sont exposés au quotidien à des risques de pathologies et d'accidents dorsolombaires, principalement dus aux mauvaises postures et au portage d'enfants.
Causes des problèmes dorsolombaires :
- Mauvaises postures pendant les soins, activités, rangements de jouets, et gestes répétitifs (se baisser, se relever).
- Portage d'enfants (ou de charges) : facteur clé de tassement des disques intervertébraux.
Mouvements fréquents à risque :
- Flexion du corps pour se baisser.
- Extension, abduction, adduction pour prendre l'enfant ou saisir des objets.
Les mouvements d'inclinaison latérale, dorsale ou de rotation peuvent réduire l'espace des trous de conjugaison et irriter les nerfs, comme le nerf sciatique ou crural. [Source 21]
2.4. Pathologies Dorsolombaires Principales
- Lumbago (lombalgie) : Douleur dans le bas du dos. Première cause de consultation rhumatologique et de nombreux arrêts de travail.
- Tassement de disques : Survient lors du port répété de charges lourdes sans temps de récupération, ou port prolongé. Phénomène naturel avec l'âge (usure physiologique), accéléré par le surpoids.
- Hernie discale : Causée par une flexion avant excessive, un mouvement brusque ou une charge trop importante, entraînant une déchirure de l'anneau fibreux et l'infiltration du contenu du disque vers la moelle épinière, provoquant une douleur intense.
- Sciatique : Résulte souvent d'une hernie discale qui comprime ou bloque la racine d'un nerf. Les mouvements d'inclinaison latérale (charges mal réparties) augmentent ce risque.
2.5. Prévention des Accidents Dorsolombaires
Pour réduire ces risques, il est essentiel d'agir sur trois axes :
- Adopter la position universelle de sécurité pour protéger la colonne vertébrale (solliciter les muscles des membres inférieurs).
- Assurer un bon équilibre des charges.
- Préparer l'effort physique.
Position universelle de sécurité :
- Pieds légèrement écartés.
- Genoux légèrement fléchis.
- Hanches fléchies, bassin en arrière.
- Dos plat.
Équilibre des charges :
Équilibrer les charges de chaque côté du corps pour préserver la symétrie de la colonne vertébrale et réduire les accidents lombaires (ex: porter deux sacs au lieu d'un seul, un de chaque côté du corps).
Préparation à l'effort physique :
Respecter un temps de préparation à l'effort. Les lombalgies sont souvent la conséquence de mouvements brusques et rapides.
Aménagements de l'environnement :
- Placards à la bonne hauteur.
- Tables de change avec tout le matériel à portée de main (y compris la baignoire).
- Petit escalier à côté du plan de change pour permettre à l'enfant de monter seul.
Tenue adaptée :
Un uniforme et des chaussures adéquates permettent de fléchir les jambes, tendre et plier les bras facilement, et prévenir les chutes.
Un travail bien préparé et organisé diminue les risques potentiels, assurant la sécurité de l'enfant et du professionnel.
2.6. Principes de Mouvement pour le Dos
- Stabilité du corps :
- Mettre les pieds parallèles, répartir le poids du corps.
- Rentrer le ventre, serrer les fesses, genoux en légère flexion.
- L'équilibre physique dépend de la bonne position des pieds (polygone de sustentation).
- Verrouillage de la région lombaire :
- Maintenir la position par contraction des abdominaux et fléchissement des jambes (quelle que soit la posture ou le mouvement).
- Se rapprocher de la charge :
- Travailler "corps à corps" avec l'enfant ou la charge pour rester près de l'axe central de gravité, réduisant l'effort et rassurant l'enfant.
- Utiliser les membres inférieurs :
- Pour soulever une charge, utiliser les muscles fessiers et des cuisses, qui sont les plus forts. Les hanches et les genoux doivent rester les pivots.
- Se faire aider :
- Évaluer ses forces avant un travail. Solliciter un collègue ou utiliser des aides techniques (ex: tabouret pour laver les mains de l'enfant, faire un lit à deux).
- Ménager ses efforts :
- Remplacer l'effort vertical (soulever) par un effort horizontal (rouler, glisser, pivoter).
- Travailler en souplesse :
- Les mouvements doivent être fluides et souples. Les mouvements brusques sont dangereux et peuvent causer des lombalgies aiguës.
- Entraîner son corps à l'effort :
- Pratiquer une activité physique pour maintenir la souplesse des articulations et la détente corporelle.
- Bien se reposer après l'effort :
- Le sommeil est capital. Un adulte doit dormir au moins 7 heures sur un matelas ferme dans un environnement frais et calme.
3. Soins d'Hygiène de l'Enfant
Les soins d'hygiène de l'enfant visent à maintenir une peau propre et saine, diminuer les risques infectieux, et procurer un état de bien-être.
3.1. Buts
- Entretenir la peau (propre, sans odeur, aspect soigné).
- Diminuer les risques infectieux et contribuer à maintenir l'enfant en bonne santé.
- Procurer à l'enfant un état de bien-être, de détente, et établir une relation privilégiée avec l'adulte.
3.2. Peau de l'Enfant
La peau de l'enfant est plus délicate que celle de l'adulte.
Structure :
- Épiderme mince, derme très élastique, donc très fragile.
Fonctions :
- Échanges et régulation thermique : Oxygénation très développée, mais thermorégulation mal régulée.
- Protection : Mélanisation peu développée.
- Toucher : Sensation tactile très développée.
La peau normale d'un nouveau-né, nourrisson et petit enfant est douce, souple, tiède, élastique, sans lésions. La coloration varie selon l'exposition au soleil ou l'ethnie.
Variations et anomalies de la peau :
- Dénutrition : fine, fragile.
- Déshydratation : sèche, moins élastique (« pli cutané »), fontanelles déprimées.
- Hyperthermie : chaude, rouge.
- Hypothermie : froide, pâle, blanche, cyanosée, marbrée.
- Ictère : jaune « citron ».
- Problème cardio-respiratoire/vasculaire : froide, pâle, blanche, cyanosée, marbrée.
3.3. Lésions Cutanées Courantes
- Érythème : Rougeur de la peau s'effaçant à la pression.
- Intertrigo : Rougeur au niveau des plis (orteils, plis inguinaux).
- Macule : Tache plane, rouge.
- Papule : Lésion cutanée en relief (surélevée), ferme, petite (« bouton »).
- Vésicule : Petite cloque ou poche remplie de liquide clair, apparaissant souvent sur une macule ou papule.
- Phlyctène : Bulle (grande vésicule).
- Pustule : Vésicule remplie de liquide purulent (pus).
- Croûte : Évolution d'une vésicule ou pustule vers la cicatrisation.
- Ulcération : Perte de substance cutanée (trou).
- Squames : Lamelles de la couche superficielle de la peau qui se détachent.
- Desquamation : Perte des cellules de la couche superficielle de la peau (invisible, physiologique/pathologique).
3.4. Muqueuse
La muqueuse est une membrane fine et humide tapissant certaines parties internes du corps (tube digestif, fosses nasales, bronches, anus). Elle protège et humidifie grâce au mucus visqueux qu'elle produit. Elle est reliée à la peau aux ouvertures naturelles (bouche, nez, anus).
Caractéristiques des muqueuses normales :
- Roses, hydratées.
Variations et anomalies des muqueuses :
- Problèmes respiratoires/cardiovasculaires : pâles, blanches ou cyanosées (bleues violacées).
- Hypothermie : idem.
- Déshydratation : sèches, gonflées, fendues ou cisaillées. Langue « rôtie ».
3.5. Hygiène des Mains chez l'Enfant
Principes :
- L'enfant doit apprendre tôt à se laver les mains seul, pour que cela devienne un automatisme.
- Avant 15-18 mois, l'adulte lave les mains du nourrisson avec un gant de toilette humide :
- Avant et après le repas.
- Après les changes.
- Lorsque l'enfant touche ses organes génitaux.
- Dans d'autres circonstances nécessaires.
- Après 15-18 mois, l'adulte apprend progressivement à l'enfant à se laver les mains seul (vers 2-3 ans).
Indications pour les enfants :
- À l'arrivée en milieu d'accueil.
- Avant et après chaque repas.
- Avant et après la sieste.
- Après usage du pot.
- Après les jeux extérieurs.
Autres soins d'hygiène pour l'enfant :
- Le change du lange.
- Le bain.
- Les soins annexes (nez, oreilles, yeux).
- Le soin au cordon ombilical et de l'ombilic.
- Les soins des dents.
3.6. Troubles Cutanés Courants
- Érythème fessier :
- Définition : Rougeur cutanée fréquente chez les nouveau-nés et nourrissons, affectant les zones convexes du siège en contact avec les couches, respectant les plis (forme de W). Dermite irritative.
- Causes : Manque d'hygiène, macération (urines/selles), irritations (lessives, crèmes, lingettes, selles acides), poussées dentaires, infections fongiques (candidose).
- Signes : Simple irritation, puis placard rouge vif (+/- luisant), suintement, puis assèchement et cicatrisation. Peut s'étendre rapidement.
- Traitement : Changes fréquents avec savon doux, rinçage et séchage minutieux. "Siège à l'air" le plus souvent possible. Avis médical pour crème protectrice ou traitement d'infection.
- Croûtes de lait (dermite séborrhéique du nourrisson) :
- Définition : Maladie de peau courante, liée à un excès de sécrétions grasses du cuir chevelu (sébum).
- Signes : Plaques épaisses et croûteuses, blanches ou jaunes. Peut aussi affecter les fesses et les plis cutanés. Sans démangeaisons ni inconfort. Non contagieux.
- Survenue : Habituellement dans les 6 premiers mois de vie, souvent dès la 2e semaine, avec un pic vers 3 mois.
- Durée : Généralement 3 à 4 semaines, mais peut durer jusqu'à 8 à 12 mois.
- Traitement : Laver doucement le cuir chevelu à chaque bain, même au niveau de la fontanelle, et rincer abondamment.
- Conjonctivite :
- Définition : Inflammation de la conjonctive (membrane tapissant la paupière et recouvrant le blanc de l'œil).
- Causes : Infections (virales/bactériennes), réactions chimiques, allergies, obstruction du canal lacrymal chez le nouveau-né, traumatismes (corps étrangers, produits toxiques).
- Signes : Yeux et paupières rouges, démangeaisons/sensation de brûlure, larmoiement (clair, jaunâtre ou verdâtre), paupières collées le matin (secrétions jaunâtres/visqueuses), légère photophobie, vision normale.
- Traitement : Soins des yeux avec compresses stériles + sérum physiologique. Application de collyres/pommade ophtalmique (sur prescription médicale). Massage de l'angle interne de l'œil si obstruction du canal lacrymal. Hygiène des mains essentielle.
- Pédiculose (poux) :
- Définition : Infestation contagieuse du cuir chevelu par les poux, causant des démangeaisons. Bénigne, touche surtout les enfants d'âge scolaire. Poux vivent max. 3 jours hors de l'homme, lentes 10 jours.
- Transmission : Directe (contact capillaire), indirecte (linge, vêtements infestés).
- Signes : Présence de poux/lentes, démangeaisons importantes, lésions de grattage (cuir chevelu, nuque, derrière les oreilles), surinfection bactérienne possible (impétigo).
- Traitement :
- Appliquer lotion, crème ou shampoing anti-poux sur cheveux secs (effet asphyxiant). Répéter après 7-10 jours (inefficace sur lentes nouvellement écloses).
- Éliminer poux et lentes au peigne fin sur cheveux lavés et mouillés.
- La coupe des cheveux est utile mais non obligatoire.
- Mesures complémentaires :
- Laver vêtements et linge (oreillers, peluches) en contact à 60°C ou 15 min au sèche-linge chaud.
- Isoler objets non lavables dans un sac plastique 7 jours minimum.
- Déparasiter brosses et peignes (trempage eau > 60°C pendant 10 min).
- Les sprays environnementaux anti-poux ne sont pas utiles.
- Traiter les animaux de compagnie est inutile.
- Protocole pour l'entourage :
- Dépister tous les membres de l'entourage, mais ne traiter que les personnes infestées (poux vivants ou lentes habitées).
- Rechercher poux et lentes après lavage avec un peigne fin.
- Traitement prophylactique non recommandé.
- Traiter toutes les personnes infestées le même jour.
- L'éviction scolaire n'est pas nécessaire pour les enfants traités, mais le traitement doit être rapide.
- Eczéma atopique (dermatite atopique) :
- Définition : Maladie inflammatoire chronique de la peau, non contagieuse, responsable de démangeaisons, évoluant par poussées. Survient sur terrain génétique favorisant les allergies. Touche principalement l'enfant (dès 3 mois).
- Évolution : Par poussées, disparaît souvent avant l'adolescence, mais peut persister.
- Eczéma de contact : Allergie cutanée locale à une substance (cosmétique, bijou). Plus rare chez le bébé, mais peut se combiner à l'eczéma atopique.
- Signes : Rougeurs, sécheresse et démangeaisons importantes. Chez les nourrissons, visage et corps ; chez les plus grands, plis articulaires, chevilles, poignets, cou, visage. Boutons et vésicules sous les plaques rouges, démangeaisons fortes, croûtes jaunâtres. Le grattage aggrave les lésions, altère le sommeil, rend l'enfant irritable. Aggravé par chaleur, transpiration, froid, air sec, laine, synthétiques.
- Traitement : Aucun médicament ne guérit, mais des traitements réduisent la fréquence et l'intensité des poussées :
- Local : Onguent/crème à base de corticostéroïdes (avis médical).
- Général : Antihistaminiques (démangeaisons), antibiotiques (infection).
- Mesures d'hygiène : Couper les ongles, hygiène des mains.
- Prévention : Allaitement maternel prolongé, identifier et éviter les déclencheurs (allergènes, irritants : acariens, poils d'animaux, pollens, détergents, fumée de cigarette, air sec).
- Muguet (candidose oropharyngée) :
- Définition : Stomatite mycosique due à Candida Albicans (champignon saprophyte devenant pathogène). Atteint les muqueuses digestives, souvent d'origine buccale.
- Contamination : Fréquemment par tétines, mains, objets, ustensiles. Survient après traitement antibiotique ou corticoïdes.
- Signes : Difficultés à prendre les biberons, refus alimentaire, troubles digestifs (diarrhée). Dépôts blancs adhérant à la muqueuse buccale (langue, joues, palais, gencives), ressemblant à du lait.
- Traitement :
- Buccal : Soins de bouche à l'eau bicarbonatée ou badigeonnages avec antimycosiques (ex: Mycostatine©).
- Siège : Traitement des candidoses cutanées (érythème fessier mycosique) souvent associées aux candidoses buccales/digestives.
- Mesures complémentaires :
- Éviter aliments chauds (aggravent la douleur).
- Favoriser aliments froids ou tièdes.
- Éviter jus de fruits (acides).
- Nettoyer et stériliser toutes les tétines.
- Nettoyer quotidiennement les jouets portés à la bouche.
- Matériel de soins : Bicarbonate de soude, antiseptiques, fongicides, set de soins de bouche, compresses, abaisse-langue, gants.
- Technique des soins buccaux :
- Préparer l'enfant : expliquer le soin, administrer l'antalgique si prescrit.
- Soins douloureux (muqueuses œdématiées et enflammées). Évaluer les lésions.
- Soins à distance des repas (risque de vomissement ou refus alimentaire).
- Maintenir l'enfant fermement mais en douceur, le rassurer.
- Positionner l'enfant : assis sur les genoux d'un parent face à une lumière ou couché avec la tête tournée pour éviter l'inhalation.
- Hygiène des mains et port de gants.
- Nettoyer de l'intérieur vers l'extérieur de la bouche, changer de tampons si nécessaire. Insister délicatement sur les lésions.
- Noter l'état et l'évolution des lésions. Surveiller l'hydratation et la nutrition.
4. Apprentissage de la Propreté
L'apprentissage de la propreté est une étape clé vers l'autonomie de l'enfant, qui se fait généralement vers 3 ans et doit être naturelle et respecter le rythme de chaque enfant.
4.1. Conditions Préalables
- Progression physiologique + maturité (neuromusculaire, intellectuelle, relationnelle et affective).
- Familiarisation avec le pot vers 18 mois (jouer avec, s'asseoir).
- Vers 2-2,5 ans, l'enfant peut rester assis sur le pot, on peut alors proposer d'enlever la couche.
4.2. Signes de Préparation
- Couche sèche entre les changes (maîtrise des sphincters).
- Intérêt pour le pot et les toilettes.
- Gêne causée par les couches pleines.
4.3. Démarche d'Accompagnement
- Proposer d'aller sur le pot toujours avec l'accord de l'enfant, puis remettre la couche.
- L'enfant s'habitue progressivement au pot.
- Proposer d'enlever les couches : d'abord le jour, puis à la sieste, puis la nuit.
Rôle de l'adulte :
- Laisser l'enfant agir, expliquer qu'il peut aller sur le pot quand il veut. Ne pas imposer un horaire fixe.
- Accompagner et valoriser sans excès (féliciter sans en faire trop).
- Laisser le pot à disposition.
- Aider à enlever la couche (privilégier couches-culottes faciles à retirer).
- Mettre des vêtements faciles à enlever.
- Demander à l'enfant s'il veut une couche s'il se salit.
- Privilégier le change debout.
- Dédramatiser les "accidents".
À éviter :
- Forcer, menacer, faire du chantage, se moquer, humilier, punir.
- Organiser des séances de pot collectives.
- Réveiller l'enfant la nuit, le priver d'eau le soir.
Emplacement du pot :
- Installer le pot dans les WC pour respecter l'intimité et préparer l'usage des toilettes des adultes.
5. Troubles Urinaires et Digestifs
5.1. Système Urinaire
Les urines, produites continuellement par les reins, sont recueillies par la vessie et excrétées par les voies urinaires. Elles permettent l'évacuation des déchets (urée, acide urique, sels minéraux).
- Miction : Fait d'uriner. Doit être facile et sans peine. Myctalgie = miction douloureuse.
- Diurèse : Quantité d'urines émises en 24h.
- Nouveau-né : 30 à 60 ml/24h.
- Nourrisson : 100 à 500 ml/24h.
Observation des urines (Méthode COQA) :
- C (Couleur) :
- Normales : jaune pâle, limpides, claires.
- Pâles si polyurie (trop d'urine), foncées si oligurie (peu d'urine).
- Rouges (sang), brun foncé (pigments biliaires, ictère).
- Colorées par certains aliments (betteraves), médicaments ou colorants.
- O (Odeur) :
- Légère initialement, ammoniacale au contact de l'air.
- Putride en cas d'infection urinaire.
- Q (Quantité) :
- Polyurie : Augmentation de la diurèse.
- Oligurie : Diminution de la diurèse.
- Anurie : Absence d'urine.
- Pollakiurie : Émission fréquente d'urines en petite quantité.
- Globe vésical : Impossibilité d'uriner malgré une vessie pleine.
- A (Aspect) :
- Stériles à la miction.
- Troubles si infections (accompagnées de mictalgie, fièvre, pollakiurie).
5.2. Troubles Urinaires Courants : Énurésie
- Définition : Urine involontaire et incontrôlée chez un enfant de plus de 5 ans, le plus souvent la nuit (énurésie nocturne). Non volontaire.
- Types :
- Énurésie primaire : Propreté nocturne jamais acquise.
- Énurésie secondaire : Propreté acquise pendant plus de 6 mois, puis perdue.
- Causes :
- Dysfonctionnement de la vessie, malformation urinaire.
- Sommeil paradoxal trop profond (rêver d'aller aux toilettes).
- Problèmes émotionnels (naissance d'un frère/sœur, problèmes scolaires).
- Prise en charge non médicamenteuse :
- Répartir les apports d'eau sur la journée, diminuer les boissons après 18h (sans priver l'enfant).
- S'assurer que l'enfant va aux toilettes avant de se coucher.
- Redonner confiance, encourager les progrès.
- Installer des veilleuses pour rassurer si l'enfant se lève la nuit.
- Éviter menaces, port systématique de couches, réveil systématique la nuit.
- Traitements :
- Médicamenteux : En cas de motivation de l'enfant et si les règles hygiéno-diététiques ne suffisent pas. Non la première solution.
- Psychologique : Si problèmes psychologiques (stress, difficultés émotionnelles). Thérapies comportementales, psychothérapie, thérapies de motivation peuvent être utiles.
- Prévention : Pas de moyens spécifiques pour prévenir l'énurésie nocturne.
5.3. Selles
Déchets de la digestion, composées de résidus alimentaires non digérés et de germes de la flore intestinale.
- Transit intestinal : Progression des aliments dans le tube digestif, varie selon régime et habitudes de vie.
- Méconium : Premières selles du nouveau-né (brun-verdâtre, visqueux, collant), éliminé dans les 24-36h. Son absence au-delà de 48h peut indiquer des pathologies.
- Selles méconiales : Mélange de méconium et de selles de transition.
Évolution des selles selon l'allaitement :
- Allaitement maternel : Liquides, grumeleuses, jaune or, odeur aigrelette, 5-6 fois/jour. Le colostrum a un effet laxatif.
- Allaitement artificiel : Plus moulées, jaunâtres (parfois vertes à l'air à cause du fer), moins nombreuses (3-4 fois/jour), malodorantes.
- Alimentation diversifiée : Moulées, brunes, faciles à émettre, 1-3 fois/jour.
Observation des selles (Méthode COQA adaptée) :
- C (Couleur) : Vertes, jaunes, claires, foncées, rouges (sang), noires (méléna), colorées par aliments/médicaments, blanches/décolorées (dysfonctionnement hépatique).
- O (Odeur) : Fétides, acides, aigres, aigrelettes.
- Q (Quantité) : Absentes, rares, nombreuses.
- A (Aspect) : Liquides, semi-liquides, molles, dures, sèches.
- Fécalome : Masse de matières fécales sèches et déshydratées dans le rectum.
- Les selles peuvent contenir des éléments anormaux (sang, glaires), aliments non digérés, parasites.
Échelle de Bristol (pour la consistance des selles) :
| Type 1 | Selles dures et morcelées (en billes) d'évacuation difficile. |
| Type 2 | Selles dures, morcelées en forme de saucisse. |
| Type 3 | Selles dures, morcelées en saucisse craquelée. |
| Type 4 | Selles molles mais morcelées, en saucisse (ou serpentine). |
| Type 5 | Selles molles morcelées, à bords déchiquetés. |
| Type 6 | Selles molles morcelées. |
| Type 7 | Selles totalement liquides. |
5.4. Troubles Digestifs Courants
- Diarrhée aiguë :
- Définition : Émission de selles trop liquides, trop fréquentes et trop abondantes. Symptôme fréquent chez l'enfant, à traiter rapidement (risque de déshydratation).
- Causes : Infections digestives (virales/bactériennes), infections extradigestives (ORL, urinaires), erreurs diététiques, réactions médicamenteuses (antibiotiques, laxatifs), poussées dentaires.
- Traitements :
- Traiter la cause (infection, erreurs alimentaires, changement de médicament).
- Diététique : Réhydratation orale (SRO), réalimentation précoce.
- Constipation :
- Définition : Ralentissement du transit intestinal, émission de selles trop dures et rares, évacuation difficile et douloureuse.
- Causes : Diététiques (pauvres en fibres, eau, trop riches en farineux), secondaires (rachitisme, hypothyroïdie), psychologiques (peur de la défécation, opposition, apprentissage rigide de la propreté).
- Traitements et soins : Traiter la cause, soutien psychologique. Médicaments (suppositoires de glycérine, huile de paraffine, laxatifs).
- Prévention : Hygiène alimentaire et de vie.
- Oxyurose (oxyures) :
- Définition : Infection intestinale commune et bénigne par un petit ver blanc (1 cm). Parasitose fréquente, très contagieuse, touchant surtout les enfants d'âge préscolaire/scolaire et leur entourage.
- Transmission : Orale (ingestion d'œufs présents sous les ongles, mains, vêtements, jouets, objets), crudités mal lavées, auto-réinfestation, voie nasale (œufs en aérosol).
- Signes : Prurit anal/péri-anal (plus intense la nuit), vulvite chez les filles, douleurs abdominales, signes urinaires chez les filles, irritabilité/agitation nocturne.
- Diagnostic : Clinique (symptômes), observation des vers (autour de l'anus, dans les selles), test au ruban adhésif (le matin avant les toilettes).
- Traitement : Antiparasitaire (ex: Vermox©).
- Mesures complémentaires (pour réduire la réinfection/transmission) :
- Ongles courts, lavage fréquent des mains.
- Ne pas se ronger les ongles, ni se gratter l'anus, ni porter les mains à la bouche.
- Changer sous-vêtements et pyjama tous les jours.
- Prendre une douche le matin (préférable au bain).
- Laver linge, literie, doudous à l'eau chaude. Aspirer les chambres.
- Éviter de secouer draps/vêtements.
- Encoprésie :
- Définition : Émission régulière de selles formées/semi-formées dans les sous-vêtements ou lieux inhabituels après 4 ans. L'enfant se retient volontairement, le rectum trop rempli déborde et laisse échapper des selles involontairement. Le sphincter anal et le rectum sont normaux.
- Causes : Constipation fréquente, facteurs psychologiques (erreurs apprentissage de la propreté, difficultés psychiques, modèle de communication), parfois sans cause psychologique (constipation + fissure anale => peur d'aller à la selle).
- Traitement : Traitement de la constipation (alimentation riche en fibres, hydratation, laxatifs, suppositoires) et prise en charge psychologique (famille pour cas bénins, psychologue/psychiatre pour cas sévères).
6. Boire & Manger
L'alimentation est cruciale pour le développement de l'enfant et représente également de nouvelles expériences sensorielles.
6.1. Règles d'Hygiène Alimentaire
Pour les professionnels :
- Hygiène corporelle quotidienne, vêtements propres, cheveux attachés.
- Port de gants et masque si nécessaire.
- Hygiène des mains.
- Vaccins à jour.
Pour les locaux :
- Laver et désinfecter le sol quotidiennement, balayage humide.
- Nettoyer et désinfecter très régulièrement les sanitaires.
Pour les équipements :
- Maintenir les équipements propres.
- Ranger la vaisselle après nettoyage.
- Désinfecter le matériel si nécessaire.
- Laver et désinfecter (en collectivité) les chariots et plateaux avant rangement.
Règles des techniques professionnelles (à domicile, en collectivité) :
- Règle des secteurs : Différencier et séparer le secteur souillé (légumes non épluchés, déchets) du secteur sain (légumes épluchés, lavés).
- Règle de la "marche en avant" : Travailler selon une démarche logique (lavage, taillage, stockage).
- Règles des circuits : Ne jamais croiser les circuits de préparation des repas, d'évacuation des déchets. Regrouper les déchets en un point unique. Adopter l'ergonomie.
6.2. Règles d'Hygiène pour la Conservation des Repas
- Ranger les aliments au réfrigérateur en respectant les zones de froid.
- Vérifier les dates de péremption : DDM (Date de Durabilité Minimale) ou DLC (Date Limite de Consommation).
- Vérifier la qualité de l'emballage, l'aspect, l'odeur et le goût de l'aliment.
- Respecter les temps et lieux de conservation.
6.3. Éducation Alimentaire de l'Enfant - L'Éducation du Goût
- Faire prendre de bonnes habitudes alimentaires (variété, structure des repas).
- L'alimentation est une source d'expériences nouvelles à découvrir.
- Dès 1 an, l'enfant a des goûts. L'alimentation ne doit pas être source de conflits.
- Le goût implique tous les sens (langue pour les 4 saveurs de base : sucré-salé-acide-amer, odorat, toucher).
Comment stimuler le goût :
- "Mettre l'eau à la bouche" : Présentation agréable du plat, apparence et odeur.
- Faire apprécier les couleurs : Aliments variés, disposés séparément (non en "bouillie"). Utiliser des assiettes à motifs.
- Laisser toucher l'aliment : Contact avec la matière pour mieux se l'approprier.
6.4. Favoriser l'Autonomie et les Bonnes Manières
- Tenir compte des capacités de l'enfant (ex: tenir la cuillère).
- Montrer l'exemple, aider l'enfant en utilisant une autre cuillère tout en le laissant faire.
- Apprendre à mâcher correctement.
- Apprendre à "aimer tous les aliments", éviter les interdits excessifs ou les récompenses.
6.5. Ambiance des Repas
- Créer une ambiance calme : Musique douce, éteindre écrans. Repas = moment convivial.
- Préparer le repas à l'avance pour être plus attentif.
- Associer les plus grands à l'éducation des plus petits.
- Échanger sur la journée.
- Faire preuve de souplesse : ne pas réprimander constamment un enfant qui ne mange pas proprement avant 2 ans.
6.6. Respecter les Besoins et la Personnalité de l'Enfant
- Respecter l'appétit de l'enfant.
- Respecter le rythme biologique selon l'âge :
- Jeune enfant : Ne pas réveiller pour manger, ne pas empêcher de dormir, ne pas nourrir systématiquement s'il pleure.
- Enfant plus grand (vers 2 ans) : Ne pas prolonger le temps de repas.
- Enfant vers 3 ans : Peut rester à table jusqu'à la fin.
- Respecter la personnalité de l'enfant (ses refus alimentaires ne sont pas définitifs).
- Lui laisser prendre des responsabilités (mettre le couvert, desservir).
6.7. Installation et Matériel
- Mobilier (chaise, table) adapté et stable, pieds à plat pour la stabilité.
- Couverts adaptés à la bouche et à la préhension de l'enfant.
6.8. Rôle du Professionnel
Savoir "jouer" sans excès lors des repas en collectivité.
Compétences de l'enfant selon l'âge et rôle du professionnel :
| Âge approximatif | Compétences : l'enfant peut | Rôle professionnel (ou parents) |
| Vers 8-12 mois | Boire à la tasse, manger à la cuillère, toucher son biberon | Installer l'enfant confortablement, lui parler en lui donnant son repas |
| Vers 1 à 2 ans | Plus autonome, passer à table, manger seul avec ses mains, manger à la cuillère (maladroitement) | Surveiller l'enfant, respecter son rythme, l'encourager verbalement |
| Vers 2 ans | Manger correctement avec la cuillère | Lui proposer la cuillère |
| Vers 3 ans | Manger avec la fourchette, mettre et ôter seul la serviette, participer à la préparation des repas | Lui apprendre la politesse à table, lui proposer la fourchette, l'inviter à participer à la préparation des repas |
| Vers 4 ans | Utiliser un couteau | Lui en donner un à bout rond, lui en expliquer la manipulation et le surveiller |
Objectifs principaux :
Développer le potentiel et l'autonomie de l'enfant.
- S'adapter à l'âge et aux compétences : Observer l'enfant pour dépister le bon moment pour l'apprentissage.
- Apprendre à respecter les règles d'hygiène et les autres convives (partager, attendre son tour, rester à sa place).
- Sécurité pendant les repas :
- Surveiller qualité et quantité.
- Surveiller température des plats.
- Respecter régimes alimentaires.
- Conseiller les parents sur les menus, l'équilibre alimentaire, les quantités adaptées, et les règles d'hygiène de vie (régularité des horaires, inconvénients du grignotage).
- Informer les parents sur l'appétit de l'enfant, les comportements, et le menu du midi pour l'adapter le soir.
6.9. Troubles Alimentaires et Digestifs Courants
- Le refus de nourriture de l'enfant.
- Les coliques du nourrisson.
- Le rot.
- Les régurgitations (remontée involontaire).
- Le reflux gastro-œsophagien (RGO).
- Le vomissement.
Le refus de nourriture :
- Refus du même plat : S'il est affirmé, remplacer par des aliments aux propriétés identiques.
- Refus des "changements" (aliments, instruments) : Adopter une progression quantitative et qualitative.
- Refus de la cuillère : Vérifier si une gencive sensible (poussée dentaire) ou choisir une cuillère souple.
- Refus de boire au gobelet : Faire plusieurs essais avant le biberon, laisser l'enfant jouer avec le gobelet vide.
- Les refus ne sont jamais définitifs : patience, éviter la nervosité. Tenir compte de l'effet de groupe.
Conduite à tenir en cas de refus :
- Ne pas entrer en conflit. Observer d'autres symptômes : comportement, toux, fièvre, éruption, nez qui coule. Vérifier la courbe de poids, poussées dentaires.
- Si refus de boire soudain et total + cris, vomissements, douleurs, sang dans les selles : avertir les parents et le médecin.
Les coliques du nourrisson :
- Définition : Syndrome comportemental chez les nourrissons de 1 à 4 mois, caractérisé par de longues périodes de pleurs difficiles à apaiser, sans cause évidente. Affecte le bien-être du nourrisson et la qualité de vie familiale.
- Signes : Pleurs, agitation, faciès rouge, poings serrés, jambes fléchies, distension abdominale, émission de gaz. Pleurs prolongés l'après-midi ou le soir, pic vers 4-6 semaines, diminuant jusqu'à 12 semaines.
- Causes : Complexes et multifactorielles. Facteurs psychologiques, troubles digestifs potentiels (RGO, intolérance au lactose, allergie aux protéines de lait de vache), dysmotricité intestinale, modification du microbiote.
- Prise en charge : Globale, visant à réconforter les parents (écoute, guidance). Les probiotiques peuvent avoir un effet prophylactique et thérapeutique.
Le rot :
- Définition : Échappement soudain d'air de l'estomac, emmagasiné en même temps que le lait. Phénomène physiologique qui peut favoriser une régurgitation. Environ 150 ml d'air pour 100 ml de biberon.
- Rot indispensable pour laisser de la place dans l'estomac. Disparaît quand l'enfant apprend à avaler moins d'air.
- Action : Favoriser le rot en maintenant le bébé en position verticale ou légèrement penché en avant, pendant ou après la tétée.
- Attention : Ne jamais coucher un bébé sans qu'il ait fait ses rots (risque de fausses routes ou malaises).
Les régurgitations :
- Définition : Rejet passif d'une partie du contenu de l'estomac par la bouche, sans contraction abdominale (contrairement au vomissement). Souvent du lait caillé, sortant doucement avec un rot ou 30 min à 1h après le biberon. Fréquentes et banales les premières semaines.
- Causes physiologiques : Lenteur de vidange de l'estomac, œsophage court, faible capacité gastrique (30-40 ml), cardia peu développé, alimentation liquide en position semi-assise.
- Prise en charge : Interrompre la tétée si trop rapide, réduire les quantités de lait ou augmenter la fréquence des repas.
- Normales si peu volumineuses, postprandiales, si l'enfant mange bien, prend du poids et ne semble pas souffrir.
Le reflux gastro-œsophagien (RGO) :
- Définition : Remontée du contenu gastrique vers l'œsophage, avec ou sans régurgitations ou vomissements. Courant chez les nourrissons.
- Causes principales : Immaturité des mécanismes anti-reflux (cardia), faible capacité gastrique, alimentation exclusivement liquide.
- Le cardia (jonction œsophage-estomac) s'ouvre grâce au sphincter œsophagien inférieur pendant la déglutition et doit rester fermé le reste du temps.
RGO non pathologique :
- Entraîne des régurgitations fréquentes et sans conséquences graves. Composées de lait intact.
- Guérit spontanément avec l'acquisition de la position debout. L'appétit n'est pas altéré, croissance normale.
RGO pathologique ("interne") :
- L'acidité provoque une inflammation de l'œsophage (œsophagite).
- Les reflux ne remontent pas toujours jusqu'à la bouche ou sont avalés, donc non apparents. Détecté par des pleurs inexpliqués.
- Signes : Pleurs inconsolables, vomissements (parfois avec filets de sang), refus d'alimentation (avec perte de poids), agitation pendant les repas, troubles du sommeil, facilitation/aggravation d'affections ORL (asthme, rhinite, otites), position du bébé évoquant un torticolis.
Traitement du RGO non pathologique (mesures hygiéno-diététiques) :
- S'assurer que bébé fait son rot régulièrement.
- Maintenir le bébé en position verticale pendant et 30 min après le repas.
- Éviter les gros repas (préférer plus légers et fréquents).
- Vérifier l'orifice de la tétine.
- Éviter les élastiques serrés aux vêtements ou couches.
Traitement du RGO pathologique :
- Médicamenteux : Anti-sécrétoires gastriques (inhibiteurs de la pompe à protons), anti-acides d'action locale.
- Chirurgie de correction : Très exceptionnelle.
Le vomissement :
- Définition : Rejets alimentaires ou non, gastriques et/ou intestinaux, par contraction involontaire.
- Se différencie des régurgitations (passives), des rejets non déglutis, et du mérycisme (régurgitation volontaire).
- Causes : Infectieuses (gastro-entérite, ORL, urinaires, méningites), anatomiques (malformations, sténose du pylore), diététiques (rations excessives, prise trop rapide), métaboliques (intolérance au gluten, allergie PLV), neurologiques (tumeurs, traumatisme), psychologiques (perturbation relation mère-enfant, forcing alimentaire), intoxications.
- Prise en charge : Traitement de la cause (infections, erreurs alimentaires, aide psychologique). Traitement symptomatique (posture, diététique, antiémétiques). Prévenir la déshydratation (petites doses de liquide fréquentes).
7. Température Corporelle
7.1. Définition et Régulation
- La température corporelle doit se situer entre 36.5°C et 37.5°C.
- Hypothermie : < $36°C.
- Hyperthermie : > $38°C.
- Le système de thermorégulation est contrôlé par l'hypothalamus (thermostat), équilibrant production et perte de chaleur.
7.2. Mesure de la Température
Le choix de la méthode dépend de l'âge et de l'état de l'enfant, ainsi que de la précision requise.
- Température rectale :
- Méthode précise, réservée aux nourrissons et enfants de moins de 5 ans.
- Ne pas enfoncer le thermomètre de plus de 2,5 cm (risque de lésions).
- Position de l'enfant : décubitus dorsal (jambes en l'air) ou latéral/ventral.
- Lubrifier (eau, pas crème).
- L'introduction peut stimuler miction ou défécation.
- Température axillaire/inguinale :
- Dans le creux de l'aisselle ou inguinal, le bras/jambe serré contre le corps.
- Solution intermédiaire, méthode la moins précise.
- Température frontale : Thermomètre "pistolet".
- Température auriculaire (tympanique) :
- Au niveau du conduit auditif externe.
- Facile, peu de risques, mais peu adapté avant 3 ans.
- Reflète la température hypothalamique.
- Avantages : rapide, enfant moins dérangé. Inconvénients : manque de sensibilité et de précision par rapport au rectal.
7.3. Troubles Courants : L'Hyperthermie (Fièvre)
- Définition : Élévation anormale de la température corporelle au-dessus de 38°C. Trouble de la régulation thermique, symptôme d'une cause à rechercher (infection, vaccin).
- Types de fièvre :
- Modérée : 38°C - 38,5°C.
- Élevée : 38,5°C - 40,5°C.
- Sévère : > $40,5°C.
- Signes : Peau chaude et rouge, frissons, transpiration, yeux brillants, pouls et respiration accélérés, soif, bouche sèche, oligurie. Changement de comportement (abattu, grognon, excité), perte d'appétit.
- Conduite à tenir : Devant un ou plusieurs de ces signes, prendre la température.
7.4. Traitements et Soins de l'Hyperthermie
- Moyens physiques :
- Découvrir l'enfant, proposer à boire en petites quantités.
- Passer un linge frais sur les membres et le visage.
- Vérifier la température de la pièce.
- Moyens médicamenteux :
- Associés aux moyens physiques.
- Antipyrétiques (Paracétamol, Ibuprofène), sur prescription médicale. Donner selon le poids de l'enfant.
- Surveillance de la température : Toutes les 3 heures au minimum jusqu'au retour à la normale, plus souvent si la température ne se stabilise pas ou si l'état de l'enfant s'aggrave.
- Remarques :
- Fièvre modérée (moins de 38,5°C) peut être respectée, mais un traitement est indispensable au-delà.
- En cas de fièvre et de purpura : urgence thérapeutique (méningite à méningocoque).
7.5. Sensibilité de l'Enfant au Coup de Chaleur et à la Déshydratation
- Les nourrissons et enfants sont sensibles au coup de chaleur et à la déshydratation rapide car :
- Thermorégulation et sudation moins efficaces.
- Part d'eau corporelle plus importante (75% à la naissance, 60% après 6 mois).
- Absence d'autonomie pour les apports hydriques.
- Besoins en eau : 100 à 150 ml/kg/24h chez le nourrisson (contre 20-30 ml/kg/24h chez l'adulte).
- Facteurs : Exposition prolongée à la chaleur sans ventilation + thermorégulation inefficace = hyperthermie.
- Symptômes : Fièvre, troubles du comportement (air hébété), irritabilité, pleurs (soif), cernes sous les yeux.
- Prévention du coup de chaleur :
- Donner à boire régulièrement.
- Aérer les pièces, occulter les fenêtres, vérifier la température.
- Habiller l'enfant selon la saison, l'activité et la température. Casquette au soleil.
- Adapter les vêtements de sommeil.
8. Le Sommeil
Le sommeil est un besoin fondamental, essentiel au développement harmonieux de l'enfant. Il permet la récupération physique et psychique, ainsi que la production d'hormones de croissance.
8.1. Fonctionnement du Sommeil
- Organisé en cycles (5 à 7 par nuit, de 90 min à 2h chez l'enfant).
- Centres du sommeil et de l'éveil : situés à la base du cerveau, sous l'influence d'hormones.
- Sommeil lent et profond : Récupération physique, sécrétion maximale d'hormone de croissance.
- Sommeil paradoxal : Récupération psychique (phase des rêves), maturation du système nerveux, mémorisation.
8.2. Rythmes de Sommeil selon l'Âge
- Le nouveau-né (NN) ne connaît pas l'alternance jour/nuit. Son rythme est dicté par les repas, les soins, le sommeil.
- Réveil spontané toutes les 3-4h (faim).
- Dort environ 18-20h/jour.
- Cycles de sommeil de 50-60 min (18-20 cycles/24h).
- De 1 mois à 3 ans, le temps de sommeil et sa répartition évoluent.
- Sommeil nocturne stable (9-11h).
- Sommeil diurne diminue progressivement (nombre et durée des siestes).
Tableau récapitulatif des besoins de sommeil :
| Âge | Sommeil nocturne | Sommeil diurne | Durée totale |
| 1-2 mois | 9 à 11 heures env. | 6 à 7 heures (3 à 4 siestes / jour) | 15 à 18 heures |
| 6 mois | 9 à 11 heures env. | 3 siestes (matin, début et fin d'après-midi) de 1h30 à 2h | 14 à 16 heures |
| 1 an | 9 à 11 heures env. | 2 siestes (matin et début d'après-midi) de 1h30 environ | 13 à 14 heures |
| 2 ans | 9 à 11 heures env. | 1 sieste (début d'après-midi) de 1h30 à 2 heures | 12 à 13 heures |
| 3 ans | 9 à 11 heures env. | 1 sieste (début d'après-midi) de 1h30 à 2 heures | 12 heures |
À la fin du 1er mois, le rythme évolue vers une prédominance du sommeil nocturne.
8.3. Phases d'un Cycle de Sommeil
Un cycle dure environ 90 min et comprend :
- Phase d'endormissement (5-10 min) : Bâillements, engourdissements, relâchement musculaire. Attendre le début du sommeil lent pour transporter l'enfant.
- Sommeil léger ou lent (10-15 min) : Cerveau réceptif mais ne comprend plus. Réveil facile au moindre bruit.
- Sommeil profond (30 min) : Ralentissement de l'activité cérébrale, respiratoire, baisse de tension artérielle et température, muscles relâchés. Visage détendu.
- Sommeil très profond (30 min) : Relaxation musculaire totale, récupération physique intense, forte sécrétion d'hormone de croissance.
- Sommeil paradoxal (10-15 min) : Sommeil agité mais profond. Activité cérébrale intense, rêves, récupération psychique, mémorisation. Mouvements du corps, secousses des membres, mimiques faciales.
- Phase intermédiaire ou de transition (quelques minutes) : Mouvements, soupirs, léger éveil. L'enfant peut se réveiller ou reprendre un cycle.
8.4. Favoriser un Bon Sommeil
- Assurer le confort :
- Atmosphère saine, sereine, rassurante, calme.
- Soigner l'installation de la chambre, le lit, la literie.
- Atténuer les bruits et stimuli.
- Respecter les besoins de sommeil selon l'âge :
- Organiser le travail pour ne pas réveiller un enfant.
- Vérifier la phase de sommeil, coucher l'enfant aux premiers signes.
- Respecter les rites d'endormissement :
- Connaître les habitudes de l'enfant (renseignements auprès des parents).
- Placer le lit au même endroit (besoin de repères sécurisants).
- Couvrir l'enfant, lui donner son objet favori.
- Câliner, chanter si l'endormissement est difficile.
Les rituels doivent être réguliers mais ne pas empêcher l'autonomie. L'enfant doit apprendre à s'endormir et se rendormir seul. Ne pas rester jusqu'à l'endormissement de l'enfant ni revenir lors de pleurs nocturnes (fermeté bienveillante). Éviter de présenter le lit comme une punition. Attendre 30 min après l'endormissement pour déplacer l'enfant.
8.5. Réveil de l'Enfant
- Ne jamais réveiller un enfant qui dort, sauf urgence ou exceptionnellement (en phase de sommeil lent léger ou intermédiaire).
- Pour le réveiller : caresser doucement la joue. S'il est prêt, il sourira. Sinon, il montrera son mécontentement.
- Signes d'un bon sommeil : visage détendu, position confortable, enchaînement des cycles sans interruption, réveil spontané et de bonne humeur.
8.6. Aménagement de la Chambre et Literie
- Chambre : Aération fréquente, air humidifié, éclairage doux, température entre 19-20°C, couleurs harmonieuses.
- Lit : Adapté à la taille et l'âge. Barreaux serrés. Facile d'entretien, solide, stable, profond, haut sur pied.
- Literie : Housse démontable, lavable. Matelas ferme et adapté, retourné quotidiennement.
- Mobilier : Murs et sols lavables. Pas de doubles rideaux, moquettes, tapis.
- Table à langer : Ne jamais laisser un enfant seul !
8.7. Troubles du Sommeil
Les troubles du sommeil sont normaux et liés à l'activité physique et au développement de l'imagination.
- Cauchemars (2-3 ans à 6 ans) :
- En phase de sommeil paradoxal. Non pathologique. L'enfant hurle et raconte son rêve au réveil.
- Calmer l'enfant, le rassurer, l'aider à s'exprimer. En reparler le lendemain si nécessaire.
- Fait partie de la maturation. Attention aux films et émissions effrayantes.
- Terreurs nocturnes (2-3 ans à 6 ans) :
- En phase de sommeil profond. L'enfant hurle assis dans son lit sans se réveiller. Ne se souvient de rien. Manifestation d'anxiété.
- Ne pas réveiller, éteindre la lumière, ni lui parler. Le recoucher calmement.
- Si fréquentes : prise en charge psychologique.
- Somnambulisme (2-3 ans à 6 ans) :
- En phase de sommeil profond. Ne pas réveiller, le recoucher calmement. Ne pas lui en parler le lendemain.
8.8. Co-sleeping
- Définition : Dormir avec le nourrisson dans le même lit. Courant dans certaines cultures, renforce le lien.
- Risques : Mort Inattendue du Nourrisson (MIN). Lit parental non conçu pour nourrissons.
- États de bébé : oreillers et couvertures inadaptés.
- Écrasement ou poussée.
- Chute.
- Avantages perçus par les parents : Allaitement facile, renforcement du lien, réponse rapide aux besoins du bébé.
- Pour rester proche, le lit du bébé peut être dans la chambre des parents.
- Habituer l'enfant à sa propre chambre à partir de 6 mois.
- Ou installer dans sa propre chambre dès la naissance, à proximité des parents.
8.9. La Sieste
Le repos en mi-journée est nécessaire car les jeunes enfants ont une fatigue biologique. La propension au sommeil et les performances réduites ne sont pas seulement le fait des jeunes enfants.
- Signes de fatigue :
- Physiques : Ralentissement des réflexes, bâillements, soupirs, picotements des yeux.
- Visuels : Rougissements, regard furtif.
- Cognitifs et émotionnels : Réduction de la concentration, irritabilité, agitation.
- Chez les jeunes enfants, signes de fatigue vers midi, baisse d'attention, apathie, irritabilité.
- Besoin de sieste pour rééquilibrer la forme physique et psychique.
8.10. Gestion de la Sieste
- Laisser l'enfant dormir au moins un cycle (70-90 min). Si impossible, réveiller après 15-20 min (avant le sommeil paradoxal).
- La sieste diurne ne réduit pas le sommeil nocturne si elle est après le repas de midi et ne dépasse pas 90 min.
- Supprimer la sieste chez un enfant qui en a besoin peut avoir l'effet inverse le soir.
- Ceux qui ne dorment pas après 30-45 min peuvent s'occuper calmement (jeux solitaires : dessins, puzzles, lecture), idéalement dans une autre pièce.
- Conditions favorables : Pénombre, calme, tendresse, stabilité, consignes douces.
Attitudes face aux problèmes de sommeil (parents exaspérés) :
- Empathie, reconnaître les réalités familiales. Rassurer les parents sur la normalité du refus de dormir.
- Expliquer que l'enfant curieux ne veut rien manquer, c'est aussi l'âge des cauchemars, terreurs nocturnes, imagination débordante.
- Problèmes passagers et mineurs.
- Compromis : Raccourcir le repos à 30-45 min s'il ne dort pas, remplacer la sieste par des activités tranquilles.
- Expliquer que le temps de repos est pour les enfants, pas pour libérer le personnel.
- Suggérer aux parents de modifier les habitudes du soir, informer sur les signes d'endormissement et les rituels.
8.11. Mort Inattendue du Nourrisson (MIN) et Mort Subite du Nourrisson (MSN)
- Mort Subite du Nourrisson (MSN) : Décès soudain et inattendu d'un bébé apparemment sain. Survient le plus souvent pendant le sommeil. Les examens identifient la cause dans 50% des cas. Pic entre 2 et 6 mois.
- Mort Inattendue du Nourrisson (MIN) : Décès subit d'un enfant de 1 mois à 1 an, apparemment sain, sans antécédents connus. Se produit le plus souvent pendant le sommeil. Après exploration exhaustive (anamnèse, lieu de décès, autopsie), la MIN peut être causée par infections, génétique, problèmes cardiaques, métaboliques, traumatismes, accidents.
- Si aucune explication après exploration (~50% des cas), on parle de MSN.
- Distinction : La MIN est une circonstance de décès. La MSN est une cause identifiée après exploration.
- Causes principales de MIN : MSN, suffocations, asphyxie.
- Autres causes : Infections virales/bactériennes (respiratoires, septicémies), cardiaques, environnementales (couchage inadapté), traumatiques.
- Hypothèses complémentaires : Causes génétiques, métaboliques, neurologiques, physiologiques.
Signes d'alerte ONE (Office de la Naissance et de l'Enfance) :
Consulter un médecin sans tarder si le bébé présente un ou plusieurs des signes suivants sans raison apparente :
- Température rectale > 38°C ou < 36°C.
- Changement récent de comportement (plus calme ou agité).
- Gémissements pendant le sommeil et l'éveil.
- Vomit ou refuse de s'alimenter.
- Difficulté à respirer.
- Transpiration abondante.
- Lèvres ou mains bleues (sans froid).
- Pâleur extrême.
Recommandations pour la prévention :
- Milieu sans fumée pendant la grossesse et après la naissance.
- Position de couchage : Sur le dos.
- Température de la chambre : 18°C à 20°C. Aérer 2x15 min/jour.
- Literie : Matelas ferme, adapté, barreaux serrés (<6cm). Pas d'oreiller. Gigoteuse au lieu de couverture. Pas d'objet autour du cou. Un seul doudou de petite taille.
- Demander conseil au médecin pour les médicaments (pas d'effet sur le sommeil).
- Privilégier un endroit calme pour le sommeil.
- Pas d'animaux dans la chambre ou le lit de l'enfant (risque d'étouffement).
9. Habillage et Déshabillage
L'habillage et le déshabillage sont des tâches complexes pour l'enfant, nécessitant apprentissage et développement de l'autonomie et de la dextérité.
9.1. L'Apprentissage
- Pour l'adulte, c'est automatique. Pour un enfant de 2 ans, c'est un gros défi (efforts, habiletés, concentration, répétition).
9.2. L'Environnement : Le Vestiaire
- Emplacement, dimension et organisation importants.
- Près de la pièce principale, de la sortie, de la cour (diminue attente et agitation).
- Si trop petit : risque d'encombrement, bousculade.
- Équipement : Porte-manteaux et casiers individuels (avec photo ou dessin), accessibles, grands. Bancs, chaises, table. Revêtement de sol adéquat.
- Accès des parents selon les lieux.
9.3. Durée de la Routine
- Trop court : enfant bousculé, tendu, incompétent.
- Trop long : impatient.
- Aviser gentiment les enfants, les inciter à collaborer, solliciter la collaboration des parents.
9.4. Méthodes d'Accompagnement
- Vêtements adaptés aux activités et à la température.
- Tâches adaptées à l'expérience et l'âge de l'enfant (les parents les font parfois pour eux).
- Tout-petits : Décrire à voix haute les vêtements et gestes, susciter la coopération (ex: aider à enfiler un bras, laisser l'enfant faire le reste). Répétition et encouragements.
9.5. Compétences d'Habillage/Déshabillage par Âge
| Âge — Compétences | Chaussures — l'enfant peut : | Vêtements — l'enfant peut : | Suggestions pour adultes/soignants : |
| 2 ans : Est plus habile à se dévêtir qu'à se vêtir. La phase du « non » peut le rendre réfractaire. | - Mettre son pied dans la chaussure qu'on lui présente. - Enlever ses chaussures si elles sont délacées ou détachées. - Enlever seul ses grosses chaussures. | - Trouver la manche pour enfiler son bras. - Enfiler le bras dans la manche. - Enlever quelques vêtements avec aide. | - Donner l'occasion de faire des jeux de déguisement. - Montrer l'ordre de l'habillage. |
| 3 ans : La motricité des mains se précise ; besoin d'autonomie croissant. | - Faire l'erreur de mettre ses chaussures à l'envers. - Mettre les chaussures seul. - Être capable de détacher les lacets. | - Enlever des vêtements. - Déboutonner les boutons. - Se tromper en mettant les vêtements à l'envers. | - Faire des jeux pour enfiler des manches. - Encourager les essais et erreurs. |
| 4 ans : Motricité fine de plus en plus développée. | - Est capable de se chausser avec des chaussures à fermeture velcro. | - Distingue le sens des vêtements et les met correctement. - Peut s'habiller seul si c'est facile. | - Encourager les enfants à s'entraider. |
| 5 ans : | - Commence à distinguer la chaussure droite de la gauche, mais avec quelques erreurs. | - S'habille et se déshabille avec soin. - Peut remonter une fermeture éclair complète. | - Faire des jeux qui exercent l'habileté de lacer. |
| 6 ans : Rapidité et précision augmentent. | - Est capable d'attacher ses lacets. - Distingue la chaussure droite de la gauche. | - S'habille avec rapidité. - Peut faire deux choses en même temps : parler et s'habiller. |
9.6. Étapes de l'Habillage (après la toilette)
Moment d'échange, expliquer les gestes, nommer les vêtements et parties du corps.
- 1ère étape (avant le bain) : Préparer les vêtements dans l'ordre (intérieur vers extérieur). Déposer sur le plan de travail à portée de main dominante.
- 2ème étape (après le bain/séchage) : Habiller le haut du corps pour éviter le froid. Pour le body, saisir la main fermée du bébé à travers la manche.
- 3ème étape : Habiller le bas du corps. Relever légèrement le body avant de mettre la couche. Fermer les pressions du body.
- 4ème étape : Mettre le vêtement extérieur adapté à la saison et situation.
Principes de base (pour faciliter) :
| Pour enfiler les manches | Pour enfiler un pantalon ou le bas d'un pyjama | Pour passer la tête |
| Rouler puis écarter le bas de la manche en ouvrant votre main à l'intérieur ; | Rouler la jambe jusqu'au pied du pantalon ou du pyjama ; | Rouler le vêtement jusqu'à l'encolure avec vos deux mains ; |
| Saisir toute la main fermée de l'enfant dans la sienne puis tirer doucement pour dérouler la manche le long du bras ; | Enfiler le pied de l'enfant dans le pied du pantalon ; | Écarter l'encolure au maximum et passer la tête de l'enfant ; |
| Faire de même avec l'autre bras. | Faire de même avec l'autre jambe ; | Enfiler les manches ; |
| Remonter le pantalon jusqu'au siège pour tirer de l'habiller. | Enfin soulever la tête et le thorax pour faire glisser le vêtement. |
Principes du déshabillage :
- Retirer les vêtements doucement.
- Ne pas tirer les membres.
- Tenir la tête si besoin.
- Écarter l'encolure pour passer la tête.
- Découvrir l'enfant du bas vers le haut.
Cas particulier : enfant avec un bras plâtré :
- Commencer à habiller par le côté non valide.
- Désabiller en commençant par le côté valide.
10. Sécurité des Enfants et Prévention des Accidents
La sécurité des enfants est une responsabilité essentielle des adultes. Les soignants et parents doivent être capables de mesurer, prévenir, éduquer et agir en cas d'accidents.
10.1. Principes Généraux
- Mesurer les risques et les prévenir.
- Éduquer l'enfant selon son âge.
- Effectuer les gestes d'urgence.
- Créer une atmosphère saine, chaleureuse.
- Organiser l'environnement selon les règles d'hygiène, sécurité et confort.
10.2. Facteurs de Risques d'Accidents
- Âge de l'enfant : entre 1 et 4 ans, pic d'accidents (découverte, non-maîtrise des gestes, absence d'anticipation).
- Degré de développement psychomoteur et cognitif.
- Rapports avec l'entourage familial : Pédagogie des parents, recherche d'opposition.
- Lieu de vie : Urbain ou rural, maison ou appartement.
- Habitudes de vie.
10.3. Types d'Accidents et Prévention
Chutes :
- Circonstances : Lit, escaliers, table de change, chaise, fenêtres, toboggan.
- Premiers gestes :
- Ne pas relever immédiatement. Observer état de conscience, coloration, pleurs.
- Si suspicion traumatisme crânien (somnolence, vomissements, maux de tête, troubles comportementaux, difficultés motrices, pupilles inégales) : Appeler les urgences (112).
- Si perte de conscience ou convulsion : Appeler les urgences (112), mettre en position latérale de sécurité (PLS), noter état de conscience et paramètres vitaux.
- Si suspicion lésions graves colonne vertébrale, tête, nuque : Ne pas déplacer.
- Fractures ou entorses : Immobiliser le membre (amont et aval). Pour fracture ouverte, limiter saignement et couvrir avec pansement.
- Corps étranger important : Ne jamais retirer.
- Prévention : Ne jamais laisser l'enfant seul. Installer barrières d'escaliers, grillages aux balcons, éclairage adéquat.
Brûlures :
- Circonstances : Liquides chauds, contact (fer à repasser), flammes, produits chimiques, électricité, soleil.
- Premiers gestes :
- Vêtements imbibés de liquide bouillant : Déshabiller, sauf si les vêtements collent à la peau.
- Vêtements en feu : Envelopper l'enfant dans une couverture, ne pas le laisser courir. Ne pas retirer les vêtements collés.
- Brûlures peu étendues : Immerger dans l'eau froide (ou laisser couler, ou compresses froides), recouvrir d'un linge propre et mouillé. Ne pas percer les cloques. Éviter le froid excessif. Maintenir l'enfant au chaud.
- Brûlures graves : Appeler les urgences (112).
- Brûlures chimiques : Déshabiller (sous l'eau si possible), rincer à l'eau froide 15-20 min. Appeler les urgences.
- Électrocution : Couper le courant, sinon tirer/pousser la victime avec un isolant. Appeler les urgences.
- Précautions :
- Ne pas appliquer pommade, crème, beurre, dentifrice, vinaigre. Traitement prescrit par médecin.
- Ne pas retirer un vêtement collé à la peau. Le découper autour si nécessaire.
- Prévention :
- Surveiller l'enfant +++.
- Liquides chauds : Vérifier temp. de l'eau du bain, sécuriser robinets, casseroles vers l'arrière, fixer les nappes.
- Contact : Grille ou protection sur four, éloigner de sources de chaleur. Ranger fer à repasser, sèche-cheveux. Pas de bouillottes.
- Électricité : Prises sécurisées, éloigner lits des prises.
- Produits chimiques : Ranger hors de portée (en hauteur, placard fermé à clé). Ne pas transvaser dans des bouteilles de boisson.
- Flammes : Ne pas laisser bougies sans surveillance, ranger briquets/allumettes. Apprendre à l'enfant que le feu brûle.
- Soleil : Pas d'exposition directe, chapeau/casquette, crème solaire écran total, vêtements clairs.
Asphyxies :
- Types : Inhalation de corps étrangers, strangulation, privation d'air ambiant, noyade.
Inhalation de corps étrangers :
- Circonstances : Nourriture, petits jouets.
- Premiers gestes (112) :
- Si l'enfant peut respirer, parler, pleurer, tousser : Ne rien faire, surveiller, rassurer. Le corps étranger sera retiré à l'hôpital.
- Si l'enfant ne peut ni respirer, ni tousser, ni émettre un son : Pratiquer la manœuvre de Mofenson (nourrisson) ou de Heimlich (enfant >1 an) en attendant les secours.
- Ne pas introduire un doigt dans la bouche sans voir l'objet.
- Manœuvre de Mofenson (pour nourrissons de moins de 1 an) :
- Poser l'enfant à plat ventre sur l'avant-bras, tête plus basse, visage vers le sol (appui sur la cuisse fléchie).
- Donner 5 tapes fortes entre les omoplates.
- Retourner l'enfant sur le dos, tête plus basse, soutenir sa tête.
- Effectuer 5 compressions thoraciques avec deux doigts sur le bas du sternum (sous la ligne des mamelons).
- Ouvrir la bouche. Si objet visible et facile à saisir, le retirer.
- Répéter la séquence jusqu'à délogement ou arrivée des secours.
- Manœuvre de Heimlich (pour enfants de plus de 1 an) :
- Se placer derrière l'enfant, l'entourer avec les bras (dos contre soi).
- Placer le poing juste au-dessus du nombril, pouce vers le ventre. Placer l'autre main par-dessus.
- Exercer une forte pression vers le haut et vers soi.
- Peut être répétée plusieurs fois.
- Prévention :
- Surveiller l'enfant +++ (apéritifs, petites pièces).
- Ne pas donner de nourriture en petits morceaux.
- L'enfant doit être assis en mangeant.
- Pas de mégots, aiguilles, petits matériels.
- Respecter l'âge indiqué sur les jouets.
Strangulation, privation d'air, noyade :
- Strangulation (chaînes, cordelettes) :
- Prévention : Pas de chaînes, colliers autour du cou. Pas de mobile accessible au-dessus du berceau. Ne pas laisser jouer avec des vêtements à risque (écharpe). Privilégier cols roulés/cagoules.
- Privation d'air ambiant (sacs en plastique, oreillers) :
- Prévention : Ne pas laisser sacs en plastique à portée. Ne pas laisser jouer dans coffres ou placards sans surveillance.
- Noyade (piscine, lac, baignoire) :
- Premiers gestes (112) : Évacuer l'eau inhalée (tenir enfant tête en bas 5 sec). Pratiquer les premiers gestes de réanimation (bouche-à-bouche, massage cardiaque externe).
- Prévention : Ne jamais laisser l'enfant seul dans la baignoire ou près de l'eau. Pas de cuvettes/seaux pleins d'eau. Attention à l'hydrocution.
Blessures :
- Types : bosses (chutes, coups), plaies (chutes, coups), coupures (ciseaux, couteaux), piqûres (insectes), morsures (animaux, humains).
- Bosse : Appliquer du froid (cold pack enveloppé), produit adéquat (pommade).
- Plaie superficielle sans saignement important : Comprimer 1-3 min, nettoyer (eau et savon), appliquer antiseptique, faire un pansement. Vérifier vaccin antitétanique.
- Plaie large, profonde ou béante : Poursuivre compression, consulter médecin rapidement (sutures).
- Plaie hémorragique : Appeler le 112. Comprimer. Allonger l'enfant, rassurer, le couvrir. Poursuivre compression jusqu'aux secours.
- Blessure importante au thorax : Position semi-assise.
- Blessure grave à l'abdomen : Allongé, cuisses et genoux fléchis, coussin sous les genoux.
- Plaie à l'œil : Faire fermer les yeux, fixer un point. Si corps étranger, ne pas frotter. Consulter ophtalmologue.
- Piqûres (guêpe, abeille, insecte) : Retirer le dard. Nettoyer (eau et savon). Appliquer antiseptique. Calmer douleur (cold pack). Si allergie, médicament prescrit. Si signes allergiques graves (urticaire, œdème de Quincke, vertiges, palpitations) : Consulter/appeler 112.
- Morsures :
- Grave/hémorragique : Appeler le 112.
- Superficielle : Nettoyer soigneusement (eau, savon), rincer, antiseptique. Consulter médecin (vaccin antitétanique, antibiotiques, centre antirabique).
- Morsure animale domestique : Noter coordonnées du propriétaire, demander examen vétérinaire.
- Corps étrangers (nez, oreille, œil) :
- Nez : Faire moucher l'enfant. Si non expulsé, ne pas retirer soi-même. Consulter ORL.
- Oreille : Consulter ORL.
- Œil : Protéger avec pansement. Ne pas frotter. Consulter ophtalmologue.
- Saignement de nez : Installer assis, pencher tête en avant. Faire moucher (évacuer caillots). Comprimer ailes du nez 10 min. Si ça reprend, téléphoner au médecin. Attention : Saignement de nez après traumatisme crânien = signe de gravité.
Prévention des blessures :
- Bosses et plaies : Équiper les locaux, protéger les angles. Éduquer les enfants (ne pas courir avec des objets tranchants).
- Coupures : Éloigner les objets coupants (ranger dans tiroirs sécurisés). Bloquer les portes (éviter pincements). Apprendre à ne pas claquer les portes.
- Piqûres : Détruire nids d'insectes. Éloigner des poubelles. Attention aux aliments qui attirent les insectes. Moustiquaires. Vêtements longs (promenade).
- Morsures : Ne jamais laisser l'enfant seul avec un animal (même familier). Éduquer l'animal. Apprendre à l'enfant à respecter l'animal et son territoire.
Intoxications :
- Origines : Produits toxiques (ménagers, insecticides), médicaments, plantes toxiques (intérieures/extérieures), monoxyde de carbone.
- En cas d'intoxication orale (produit avalé) :
- Appeler le Centre Antipoison (070 245 245) : âge, poids, produit, quantité, heure, état de l'enfant. Suivre instructions.
- Conserver un échantillon du produit/vomissement.
- Appeler le 112. Mettre enfant en PLS. Pratiquer réanimation si nécessaire.
- Ne jamais donner à boire (lait, eau) ni faire vomir sans avis médical.
- Intoxication au monoxyde de carbone :
- Signes : Maux de tête, vertiges, nausées, grande fatigue.
- Sortir rapidement l'enfant de l'atmosphère, le mettre en PLS.
- Appeler le 112. Pratiquer réanimation si nécessaire.
- Prévention (médicaments) :
- Ne pas laisser à portée, fermer les armoires. Lire prescription, respecter doses. Ne pas doubler dose oubliée.
- Ne pas donner de médicament non prescrit.
- Ne jamais dire "c'est bon" ou "comme un bonbon".
- Ne pas garder médicaments périmés (remettre au pharmacien).
- Prévention (produits d'entretien/hygiène) :
- Ranger hors de portée, en hauteur, placard fermé à clé.
- Ne pas transvaser dans des bouteilles de boisson.
- Utiliser des produits à fermeture sécurisée.
- Prévention (plantes toxiques) : Retirer toutes les plantes toxiques (maison, jardin). Vérifier comestibilité des champignons.
- Prévention (monoxyde de carbone) : Faire vérifier appareils de chauffage. Ne pas boucher aérations/grilles. Installer détecteurs de fumée. Ne pas faire tourner moteur de voiture dans garage fermé. Ne pas laisser enfant seul à la maison avant 10 ans.
10.4. Accidents les plus fréquents selon l'âge
- 0 à 6 mois : Chutes (lit, table à langer), étouffements (oreiller, draps), étranglements (chaînette).
- 6 à 12 mois : Inhalation de corps étrangers, intoxications (médicaments, produits de toilette), blessures (meubles).
- 12 à 18 mois : Chutes (escaliers, meubles instables), brûlures (four, fer), intoxications (nettoyage, poubelle).
- 18 mois à 3 ans : Tous types d'accidents + noyades. Tranche d'âge la plus risquée.
10.5. Lieux d'Accidents Domestiques
- Salon/Chambre : 30%.
- Cuisine : 24%.
- Jardin/Cour : 17%.
- Escaliers : 10%.
10.6. Accidents de la Circulation
- Installer l'enfant dans un siège auto adapté et réglementaire.
- Ne jamais installer un enfant sur ses genoux.
- S'arrêter pour s'occuper de l'enfant en cas de problème.
- Ne pas se laisser distraire en conduisant (téléphoner).
- Ne jamais laisser un enfant seul dans une voiture.
- Pas d'enfant à l'avant de la voiture avant 10 ans.
10.7. Éducation de l'Enfant face aux Dangers
Expliquer les dangers et la sécurité selon l'âge et la compréhension de l'enfant.
- Vers 1 an : Comprend les interdits. Dire "NON" et expliquer ("tu vas avoir mal", "ça coupe"). Percipit au son de la voix l'importance des explications.
- Vers 2-3 ans : Comprend les explications.
- Faire la différence entre petits et grands dangers.
- Faire découvrir le danger concrètement (approcher main de porte de four, toucher lame de couteau).
- Expliquer les règles de prudence au quotidien (ex: "on vérifie que la purée n'est pas trop chaude").
- Expliquer la cause des accidents ("tu es tombé car tu es descendu trop vite").
- Ne pas interdire sans explication.
- Consoler, ne pas punir.
- Personnalité de l'enfant : Certains (intrépides, téméraires, hyperactifs) nécessitent une surveillance accrue. Les activités sportives peuvent canaliser leur énergie.
- Moments à risque : Fin de matinée, soir, week-ends, vacances, événements festifs.
- Organiser l'environnement selon les règles de sécurité.
10.8. Numéros d'Urgence
- 112 : Aide médicale urgente et services d'incendie (Belgique, UE).
- 101 : Aide policière urgente.
- 107 : Télé-Accueil (crise sociale, morale, psychologique).
- 103 : Service Écoute-enfants.
- 116 000 : Child Focus (disparition, enlèvement, abus).
- 070 245 245 : Centre Anti-Poisons (intoxication).
Comment communiquer avec les secours :
Calmement, donner les informations suivantes :
- Numéro de téléphone, nom.
- Type de problème.
- Localisation précise.
- Nombre de personnes concernées.
- Description de l'état des victimes.
- Gestes et mesures prises.
- Rester en contact si possible.
11. Le Langage et la Communication
Stimuler le développement du langage verbal est crucial pour l'enfant.
11.1. Moyens et Attitudes pour Stimuler le Langage Verbal
- Communiquer fréquemment : L'enfant apprend en écoutant son entourage.
- Établir une véritable communication : Questions, réponses, silences, langage verbal et non verbal, chaleur humaine.
- Aménager temps et activités : Plus de temps pour la conversation, attention aux enfants réservés.
- Exprimer des réactions : Montrer de l'intérêt par des expressions verbales et non verbales.
- Poser des questions ouvertes : Qui ? Quoi ? Quand ? Où ? Comment ?
- Interagir en parlant des situations : Au présent, passées, futures (adapté à l'âge). Aider l'enfant à anticiper.
- Interroger sur les objets environnants. Laisser du temps à l'enfant pour s'exprimer. Ne pas répondre à sa place, ni le presser.
- Utiliser chansons, comptines, voix chantée ou rythmée : Plus captivant.
11.2. Attention aux Difficultés et Erreurs
Être attentif aux erreurs et difficultés d'expression évidentes et persistantes : bégaiement, zézaiement, absence de paroles, difficultés de compréhension ou d'audition.
12. Développement Psychomoteur
Le développement psychomoteur concerne l'acquisition des compétences motrices et psychologiques, qui sont interdépendantes et évoluent en parallèle.
12.1. Aspects du Développement
- Moteur : Motricité globale (grands mouvements) et motricité fine (petits mouvements précis).
- Psycho : Sensoriel, cognitif, affectif, social.
Le développement se fait par stades successifs (l'enfant s'assoit avant de marcher ; grasping avant la pince fine). Un stade est un ensemble de compétences à un âge donné.
Le développement n'est pas linéaire mais par paliers : périodes stationnaires qui servent de tremplin pour de nouvelles acquisitions.
12.2. Facteurs Influant sur le Développement
- Facteurs physiques : Grossesse, naissance, maturation cérébrale, alimentation, climat.
- Échanges affectifs : Amour, attention, sécurité avec la famille et les professionnels.
- Stimulations de l'environnement : Occasions d'apprendre, découvrir, expérimenter (repas, jeux, soins).
Chaque enfant a son propre rythme, qui doit être respecté pour favoriser le désir d'acquérir de nouvelles compétences et la confiance en soi.
12.3. Précocité et Surstimulation
- Les apprentissages trop précoces et induits sont souvent contre-productifs (ex: tenir un enfant assis trop tôt peut entraîner une mauvaise posture).
- Laisser l'enfant s'asseoir seul quand il est prêt.
- La surstimulation ou un manque de pauses entraînent une hyperexcitation néfaste à l'équilibre psychique.
12.4. Manipulation et Portage de l'Enfant
S'appuyer sur les règles d'ergonomie.
- Principes généraux :
- Préparer le geste par la parole, prévenir l'enfant.
- Agir en douceur, avec les deux mains.
- Faire coopérer l'enfant selon son développement.
- Soulever un enfant de son lit ou table à langer :
- Se mettre à hauteur (plier genoux, fente avant).
- Assurer son équilibre, incliner le thorax, dos droit.
- Serrer les abdominaux.
- Prendre l'enfant le plus près possible de soi et à deux mains.
- Soulever un enfant d'un siège ou tapis au sol :
- Se mettre à genoux, près de l'enfant.
- Incliner le thorax, dos droit.
- Glisser une main sous la tête, l'autre sous les fesses.
- Contracter les abdominaux.
- Prendre l'enfant près de soi.
- Ramener une jambe pliée (position du chevalier).
- Pousser sur la jambe pliée, verrouiller la région lombaire, se relever en souplesse.
12.5. Positions de Portage
L'adulte doit toujours porter un enfant à deux mains pour la sécurité.
- En berceau : Nuque dans le creux du bras, tête soutenue par le coude, dos sur l'avant-bras, main glissée jusqu'aux fesses.
- Redressé contre le thorax : Tête contre l'épaule, enfant maintenu par les mains de l'adulte (nuque et fesses).
- Position de sécurité de base : Dos de l'enfant contre le thorax de l'adulte. Une main entre les cuisses pour le soutenir sur ses fesses. L'enfant regarde vers l'extérieur.
Un nourrisson doit avoir la tête bien maintenue jusqu'à 3 mois (musculature insuffisante) pour éviter les pertes d'équilibre et insécurité.
12.6. Petits Sièges pour Jeunes Enfants
- Permettent : Varier les positions, mettre l'enfant en sécurité (si l'adulte ne peut pas le porter), faciliter sa socialisation, soutenir le dos, manger ou jouer.
- Précautions :
- Attacher correctement l'enfant (sangle entrejambe). Vérifier le bouclage.
- Installer sur un sol stable, loin du passage. Ne pas laisser l'enfant seul.
- Matériel pliant : vérifier le blocage.
- Choisir des normes conformes.
- Ne jamais installer un petit siège sur un meuble en hauteur.
12.7. Déplacements dans les Escaliers
- Vigilance +++ pour les jeunes enfants.
- Montrer à tenir la rampe. Demander aux enfants de se placer l'un après l'autre, distance respectée.
- L'adulte doit se positionner de manière à assurer la meilleure surveillance (tête ou queue de la file).
13. Le Jeu
Le jeu est essentiel à l'épanouissement et au développement de l'enfant (moteur et psychique). Le jouet est un accessoire qui apporte avant tout du plaisir.
13.1. Approche du Jeu par l'Adulte
- Ne pas le considérer uniquement sous l'aspect éducatif.
- Ne pas détourner l'enfant d'un jeu "puéril" pour un jeu "utile".
- Ne pas imposer un jouet, ni en proposer trop.
13.2. Types de Jeux et Bénéfices
- Motricité et autonomie :
- Motricité globale : Coordination des mouvements, équilibre (ballons, jouets à pousser).
- Motricité fine : Dextérité manuelle, précision (engrenages, encastrements).
- Observation, réflexion, analyse : Analyser les mouvements, les rendre efficaces (puzzles, mosaïques).
- Créativité : Expression, fantaisie, développement de la personnalité (marionnettes, jeux de rôles, peinture, collages).
- Socialisation :
- Jeux symboliques : Apprendre à résoudre des conflits, imiter, revivre des situations, s'identifier. Pousse l'enfant à s'affirmer. Peluches et poupées (dès 2 ans).
- Échange : Préparation à l'intégration sociale. L'enfant joue seul, puis avec d'autres. Nécessite une maturité pour accepter les règles du jeu.
- Compétition : Évaluation de soi, affirmation, maîtrise de soi.
13.3. Jeux Recommandés par Âge
- 0 à 6 mois : Mobiles, hochets, bouliers, jeux musicaux, berceuses. Stimulation tactile, visuelle, auditive.
- 6 à 9 mois : Tableaux de découverte, tapis d'éveil, animaux en caoutchouc, cubes, petites balles. Stimulation tactile, visuelle, auditive.
- 9 à 12 mois : Livres cartonnés, plastiques, tactiles, peluches (objet transitionnel), poupées de chiffon. Stimulation tactile, visuelle, olfactive.
- 12 à 15 mois : Instruments de musique, pyramides d'anneaux, trotteurs, pousseurs, ballons. Stimulation auditive, tactile.
- 15 à 18 mois : Disques pour enfants, comptines, chansons, livres d'images épais, imagiers, gros feutres et papiers. Développement du langage.
- 18 mois à 2 ans : Plans d'encastrement simples, jeux de construction simples (lego), seaux, pelles, crayons et papier, jouets à traîner/pousser. Développement de la proportion, du volume, de l'équilibre.
- 2 à 3 ans :
- Photos, images, livres : Vision, imagination, langage, connaissances.
- Livres de contes : Merveilleux, émotions, repères sociaux.
- Jeux moteurs et activités corporelles : Dépenser, s'exprimer, équilibre, motricité globale.
- Manipulations (pâtes à modeler, jeux de sable) : Créativité, préhension, coordination, toucher.
- Jeux éducatifs (construction, puzzles) : Logique, observation, concentration, imagination, créativité, préhension fine.
- Peinture et dessins : Précision, créativité, imagination, expression émotionnelle.
- Autos, camions, petits trains.
- Jeux symboliques (imitation, déguisements) : Mimer adultes, s'identifier, expérimenter les rôles sociaux, communication, socialisation, créativité.
- Marionnettes : Langage, créativité, mémoire, écoute, imagination.
13.4. Rôle de l'Adulte dans le Jeu
- Créer un environnement affectif sécurisant pour que l'enfant se concentre. (Un manque d'affection peut révéler un mal-être).
- Respecter l'autonomie : Ne pas imposer sa présence. L'enfant peut vouloir jouer seul ou avec un ami imaginaire.
- Accompagner du regard : Pour la sécurité et pour montrer l'intérêt à l'activité de l'enfant (encouragement).
- Organiser un espace de jeu suffisant : Pour bouger en sécurité, adapté à l'âge (ni trop grand, ni trop petit).
13.5. Sélection des Jeux et Critères
- Critères liés à l'enfant : Âge, capacités motrices/intellectuelles, tempérament, santé, environnement, intérêts. Respecter le besoin de jouer "sans jouer" (tout peut être jeu).
- Critères de sécurité liés aux jouets :
- Éviter toxicité, blessures, brûlures.
- Vérifier marquages (CE).
- Respecter les indications d'âge.
- Surveiller l'état des jouets (propreté, intégrité) et l'enfant en train de jouer.
- Quantité de jouets :
- Trop de jouets : dispersion d'attention, démotivation.
- Peu de jouets : risque de conflits chez les plus grands.
- Choisir les activités selon le moment : Lecture avant repas/sieste pour calmer. Jeux moteurs à éviter avant sieste/soir.
- Savoir dire "non" :
- "Non" utile : Pour limiter une activité débordante et épuisante (l'enfant est "ivre de jeux"). Permet à l'enfant de se sécuriser et s'apaiser.
- "Non" nuisible : Si le but est d'endiguer une suractivité motrice gênante ou de soumettre l'enfant par la force.
En pratique, repérer les signes de fatigue, ne pas forcer à finir le jeu, prévenir l'enfant à l'avance. Respecter le rythme de l'enfant (repos, sommeil, alimentation). Apprendre à ranger les jouets (dès 2-3 ans).
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